vlà mon pote Barn l´abbé
(à lire à hautes voix, le ptit bide du jour)
Sinon j´aime bien ce chap, bon ressentiment de l´aura de puissance d´Alexandre (mais qui qu´a cassé la télé, c´est ALEXANDRE !! Mais qui qu´a caché Mirza, c´est ALEXANDRE !! ).
La suite ??
Ps : tu peux vraiment pas m´envoyer la cathédrale de Kridath par msn sur TheChris007@msn.com ?
Désolé chris, ce serait avec plaisir mais j´ignore tout de MSN. Puis-je t´envoyer la Cathédrale avec Outlook?
Sinon, ben sut les 79 pages, vous en avez vu 25, soit un peu moins d´un tiers.
Waaah lourd ! Désolée, mais tout le long, ces phrases nominales, ou très courtes, j´avoue que ça m´a paru lourd, mais lourd ! Déjà rien que les premières, elles m´ont gênées, je ne sais pas, je les ai trouvé pas vraiment bien placées ou construites, bref, elles ne m´ont pas plues. Et vas-y que tu nous en remettais pendant tout le chapitre, par pelletés, des tonnes et des tonnes ! C´est un procédé de style qui, d´après moi, doit être employé avec extrêmement de parcimonie, vraiment en cas exceptionnel, et je trouve que tu en abuses très, trop largement, même si à priori ça n´a pas gêné les autres.
Ceci mis à part, j´ai repéré une faute pask´elle est grosse :
"- Je vous avez dit que c´était une longue histoire."
Pour le truc des Orks qui s´entretuent... mwarf, ça fait un peu blague en fait
J´imagine que tu étais sûr qu´on te ferait des remarques là-dessus, nan ? ^^´ Paske bon, ça fait légèrement hâtif sur les bords, et même si on connaît le caractère des Orks, là ils sont censés s´être alliés, ils paraissent vraiment cons, surtout quand ils ne comprennent rien lorsqu´il s´avère que tous les opposants à l´attaque du pays des elfes sont morts. ´Fin bon, je ne sais pas trop qu´en pense au final, parce que c´est tout de même drôle à lire, bien que l´oeuvre ne prête que peu à rire dans ce sens (je veux dire que les évènements ont plutôt tendance à être réalistes, d´habitude). Alors... ben voilà, je n´ai rien de mieux à proposer
Le reste, très bien, je suis bien contente de voir le retour d´Alexandre et de son grand ami ^^ Aloors... La suite !! ^_^
PS : A ceux qui voudraient contester mes remarques, tout est contestable, mais ne vous fatiguez pas, je ne mets pas ça ici pour débattre de la qualité de son texte, mais juste pour lui donner un avis, qui est le mien ![]()
bon ben oui par outlook mais alors ici TheChris007@aol.com
Il fallait que je tente le coup, Grhyll. Avant je ne le faisais pas, mais depuis il m´est arrivé de lire dans certains livres des chapitres entiers écrits comme ça, alors j´ai voulu m´y essayer. Mais bon si ça passe mal, je vais diminuer la dose. J´en ai déjà viré pas mal dans ce chapitre, je relirai la suite en y faisant attention. Merci du conseil.
Pour les Orks... Ben oui c´était de l´humour. En espérant que ça passe bien.
chris
Je t´envoie ça.
Après relecture attentive, c´est vrai que ça regorge de phrases nominales. J´ai dû en mettre de façon systématique, "parce que ça fait classe", je pense. Je vais relire les chapitres suivants pour essayer d´en supprimer le maximum et je pense qu´une telle erreur ne se reproduira plus. Néanmoins, si ce n´est pas le cas, je compte sur toi, Grhyll, pour me le signaler.
Je compte quand même en placer quelques séries dans des passages auxquels j´ai réfléchi depuis longtemps, mais je pense que ça marchera bien.
ha oué, maintenant que grhyll le dit, et en relisant (si si!) je me rend compte que bon effectivement...
Deathstone le fait magnifiquement bien dans Insania je trouve, mais bon...
après en relisant, j´ai repéré un autre truc...
le coup des orks qui s´entretuent, ben en fait, avec tout les noms qu´on connait pas, ben ça fait un peu fouillis. On comprend un peu près, mais c´est pas très clair ![]()
Pour les Orks qui s´entretuent, le fait de connaître les noms a-t-il une importance? Dans la mesure où j´ai pu écrire la scène sans rien savoir d´eux, je ne pense pas que leur anonymat puisse empêcher de comprendre. Enfin bon...
La suite, longue et sans grand événement :
Quelques minutes plus tard, Alexandre s´installa dans la tente du comte Thibaut. Ce dernier s´assit en face de lui, attentif, tandis que sa famille et son second prenaient place autour d´eux. Barn se pencha pour passer la porte et s´accroupit sur le sol, son épée posée sur ses genoux.
Par hasard, le regard de Théo croisa celui du Prince et durant une fraction de seconde, une tension inquiétante crépita entre eux.
Ce bref échange leur avait suffi à se jauger, sans que personne n´en ait conscience. Alexandre garda l´image d´un garçon prétentieux et peu mature, Théo jugea le Prince distant et malsain.
Ils se détestèrent dès le premier regard.
- Alors, Altesse ? lança le comte Thibaut. Pouvez-vous me donner une explication ?
- Bien entendu...
Alexandre entreprit de relater ses aventures, de son départ de Dümrist jusqu´à son combat final dans la cathédrale contre Andorion, l´envoyé du mage Thenetos de Vordal. Un combat sans pitié, au cours duquel Stall Kogard, le gouverneur de Kridath, et Dorzak Hagarat, le capitaine de sa garde d´élite, avaient trouvé la mort.
Le Prince ne cacha pas l´existence de l´oeil de Kashnir, un objet finalement inutile, ni du sabre orné de runes qu´il avait ramené de Kridath. Il montra également le poignard à lame serpentine que lui avait confié Jakarn le mercenaire avant de mourir, lui révélant par la même occasion l´identité de son employeur...
- Un traître, à Dümrist, a ordonné ma mort pour que je ne touche pas à l´oeil de Kashnir. Quelqu´un qu´on aurait cru au-dessus de tout soupçon...
- Qui donc ? s´enquit Geneviève.
- Tanaril de Ganor, commandant des mages de combat.
Un silence lourd de sous-entendus tomba soudain sur la tente. Les regards de Thibaut et de sa femme reflétaient un étrange mélange de surprise et de scepticisme. Jean et Théo hochaient la tête, l´air entendu. Galahad n´y comprenait rien.
- En êtes-vous sûr ? articula enfin le comte. Tanaril est quelqu´un d´influent, qui pour parvenir à son poste a subi un bon nombre d´épreuve. Se pourrait-il vraiment qu´il change de camp aussi vite ?
- Je n´ai que la parole de ce mercenaire, répondit Alexandre. Je ne sais pas vraiment pourquoi Tanaril m´en veut, même si l´oeil de Kashnir n´y est pas étranger. Et c´est entre autres pour cette raison que je me trouve ici...
- Doucement, coupa Geneviève. Racontez-nous d´abord comment vous avez quitté Kridath.
Le Prince expliqua volontiers comment, en pleine bataille, il avait tenté de se frayer seul un chemin jusqu´aux portes, et constaté qu´il n´y parviendrait jamais. C´est alors que Barn était apparu pour le tirer de ce mauvais pas et l´avait conduit jusqu´ici.
- Et pourquoi ce Barn vous a-t-il aidé ? questionna Geneviève.
- Vous pouvez vous adresser directement à moi, intervint le Dylran. Je sais parler. Mais de toute façon, mes raisons d´agir ne regardent que le Prince, qui a choisi de les tenir secrètes.
La phrase avait été prononcé d´un ton sans équivoque. Une expression étonnée passa sur le visage de la femme du comte, vite remplacée par son sourire rayonnant.
- Bien entendu... Veuillez excusez mon ignorance. Vous comprenez, je n´ai guère l´habitude d´entendre parler les oiseaux.
Un rapide bruissement d´ailes au-dessus de sa tête lui fit lever les yeux. Un minuscule volatile au plumage brun et à la crête rouge vif tournoya dans la tente et vint se poser sur l´épaule d´Alexandre.
- Je crains de bouleverser un peu plus vos habitudes, ma bonne dame, lança la bestiole d´une voix nasillarde. Bon, gamin, ce camp est tranquille. Aucune menace, aucun problème.
- Quelle est cette créature ? demanda le comte Thibaut.
- Je m´appelle Frid, Monseigneur, je bosse pour Namâric, commandant des Paladins Noirs de Dümrist, et le maître Chanteur Dario d´Yrwald m´a envoyé à Kridath pour vérifier si le Prince allait bien. En route, j´ai rencontré Barn, et après je les ai suivis. Le résumé vous convient ?
Galahad fixait l´oiseau avec des yeux émerveillés, emplis de larmes.
- Jamais rien vu d´aussi mignon, murmura-t-il.
- Ouais, c´est ça, répliqua Frid. Allez, le gros, tu laisses parler les gars intelligents, maintenant.
Le chevalier ne s´offusqua pas de l´insolence du volatile et continua de l´admirer. Thibaut poussa un long soupir devant la niaiserie de son ami, se prit la tête entre les mains pendant de longues secondes pour ensuite la redresser et demander :
- Bon, Altesse, c´est très bien, mais que faites-vous ici ?
- Ah... Bonne question. Voyez-vous, si les Elfes assiègent Dümrist, je n´y serai pas en sécurité. Je préfère me trouver du côté où vont réellement se jouer les événements importants, c´est-à-dire dans l´armée que vous essayez de rassembler. Je crois savoir que de nombreux barons hésitent encore à se lancer dans la guerre, malgré les promesses de gratitude royale. Mon aide vous sera précieuse pour les convaincre.
Geneviève pesa le sens de ces paroles, pensive.
- Et comment saviez-vous que nous serions ici et pas dans les Marches du Nord ? demanda-t-elle.
- Barn le savait. Le reste n´a pas d´importance.
La femme du comte jeta un regard intrigué au Dylran, conçut un vague soupçon, choisit de ne pas insister puis hasarda :
- Vous aviez parlé d´une raison en rapport avec Tanaril de Ganor.
- C´est vrai. Je préfère qu´il me croie mort afin de me donner un peu de champ libre pour enquêter. Je renverrai bientôt Frid à Dümrist pour que quelques personnes dignes de confiance se chargent d´arrêter Tanaril sous un prétexte crédible. Tout va se passer pour le mieux.
- Bon stratagème, approuva Geneviève.
Théo se leva.
- Je ne sais pas pour vous, mais moi j´ai été réveillé en pleine nuit par l´arrivée d´une joyeuse compagnie et maintenant j´ai besoin de sommeil.
- Tu as raison, acquiesça son père. Retournons nous coucher. Altesse, je vous fais préparer une couchette. Pour votre ami Barn aussi, je suppose ?
- Je ne dors pas, déclara le Dylran.
- Ah...
Alexandre étouffa un bâillement.
- Très bien. Au lit !
Dario ne parvint pas à rencontrer Pyers Thul´lod.
Après son entretien avec Onorius, il avait décidé d´aller poser quelques questions au général obèse. Après tout, celui-ci avait ordonné à l´un de ses hommes d´accompagner et d´espionner le Prince Alexandre. Une décision compréhensible, mais qui prenait un sens nouveau au regard du rôle ambigu joué par Seubal Artus dans l´affaire de Kridath. Pyers Thul´lod n´aurait-il pas chargé Artus de cette mission pour d´autres raisons que la curiosité ?
Malheureusement, Dario n´avait pas pu obtenir de réponse. Les soldats de la garde rapprochée du général lui avaient interdit de pénétrer dans ses appartements, s´amassant devant la porte. Soucieux de sauvegarder son image d´homme tranquille, le maître Chanteur ne s´était pas énervé comme il l´avait fait face à Onorius, malgré la colère qui bouillonnait en lui. Il avait insisté poliment pendant deux minutes, envisagé de passer en force, puis renoncé à un affrontement direct avec les hommes de quelqu´un aussi influent que Pyers Thul´lod. Frustré, furieux, mais toujours d´un calme olympien, il s´en était allé.
Sans savoir que la personne qui avait demandé aux gardes de lui barrer la route se trouvait à cet instant derrière la lourde porte, juste devant le général.
Pyers Thul´lod étalait ses épaisses couches de graisse sur l´imposant fauteuil qui trônait au milieu de son bureau. Enfin, bureau...
La pièce, située dans une tour du Palais, était parquetée d´un bois ocre qui s´accordait à merveille avec les meubles vernis et finement décorés qui emplissaient l´essentiel de l´espace. Des tentures pourpres représentant des scènes de batailles pendaient aux murs tandis que des cartes du royaume couvertes de figurines recouvraient le plancher. Une étagère, dans un coin, supportait la vaste collection de médailles du général. L´ensemble donnait l´impression d´un désordre étouffant.
Deux gardes aux visages durs croisaient leurs lances de combat en travers de la porte massive du bureau. Jaydun, l´interprète, restait debout à côté du général. Onorius de Finglä se tenait au centre de la pièce, totalement inexpressif.
- J´avoue que vos agissements m´échappent, général Thul´lod. Avez-vous conscience du mal que je vais devoir me donner pour que Dario ne vous tombe pas dessus à la première occasion ? Nous sommes amis, d´accord, mais je veux la vérité.
Pyers Thul´lod grommela une phrase incompréhensible.
- Quelle vérité ? traduisit Jaydun.
- Pourquoi avez-vous dépêché Seubal Artus à Kridath ? Il n´était pas là que pour découvrir les plans du Prince, n´est-ce pas ?
Nouveau borborygme, nouvelle traduction :
- Son Excellence s´étonne de vos insinuations. Artus devait simplement veiller à ce que les cendres de Saint Gapor soient bien récupérées et que...
- Ne jouez pas à ça avec moi !
Onorius avait crié, faisant sursauter l´interprète et se raidir les gardes. Lorsqu´il reprit la parole, ce fut d´une voix froide comme une nuit d´hiver :
- Je ne sais pas ce que vous complotez, général Thul´lod, mais je sens que quelqu´un d´autre se cache derrière vos actes. Si vous m´en parlez, vous avez une chance de vous en sortir. Si vous refusez...
Le mage marqua une pause avant d´achever d´un ton menaçant :
- Si vous refusez, alors ne vous étonnez pas quand vos manigances vous retomberont dessus.
Un silence pesant succéda à sa dernière phrase.
Thul´lod ne daigna pas répondre.
Onorius de Finglä lui tourna le dos et quitta la pièce.
- Que penses-tu de cette histoire ?
Geneviève se retourna vers son époux et, comme lui, chuchota pour ne pas réveiller ses fils qui dormaient à côté.
- Le Prince paraît honnête. Il est évident qu´il nous cache certains éléments et que l´homme-oiseau garde lui aussi ses secrets, mais à mon avis nous n´avons pas à nous en préoccuper. Un seul détail me dérange, en fait...
- Quoi donc ? s´étonna Thibaut.
- Tu as vu ce Barn ?
- Oui, et alors ?
- A quand remonte la bataille de Kridath ?
- Une semaine, environ.
- Penses-tu qu´une pareille créature ait besoin de sept jours pour venir ici depuis Kridath ?
Thibaut réfléchit un instant, soucieux.
- Non, déclara-t-il. Un jour ou deux devraient lui suffire. Peut-être moins.
- Alors, qu´a fait le Prince pendant ce temps ? Il aurait pu nous rejoindre en route au lieu d´attendre notre arrivée dans ce camp pour entrer en scène...
- Je ne saisis pas...
Geneviève prit un air supérieur.
- C´est pour ça que je suis là, pour t´éclairer quand tu ne saisis pas. A vrai dire, j´ignore aussi comment Alexandre s´est occupé en attendant, mais mon instinct me souffle qu´il y a là un mystère à élucider.
- Qu´allons-nous faire ?
- Rien pour l´instant. Attendons une occasion d´en apprendre davantage.
Elle referma les yeux.
Nurmill Aqlaï était vieille, à moitié sourde et myope comme une taupe.
On peut supposer qu´une femme de ce genre passerait plus de temps chez elle à tricoter au milieu de sa famille qu´à arpenter les routes, seule et sans défense. Et pourtant...
Ses longs cheveux blancs s´agitant en désordre dans le vent qui serpentait entre les troncs, ses vêtements de cuir et son manteau de laine brune se gonflant dans les rafales, elle avançait d´une démarche chancelante dans l´une des nombreuses forêts du comté de Ganor. Ses yeux gris et fatigués admiraient les arbres en fleurs peuplés d´oiseaux chanteurs aux couleurs chatoyantes. La lumière du petit matin achevait de rendre l´ensemble magique. Nurmill ne vivait que pour ces instants.
S´appuyant d´une main sur un bâton noueux, tenant de l´autre le sac de toile qui renfermait ses seuls bagages, elle avançait.
Inlassablement.
Aussi loin que remontaient ses souvenirs, Nurmill avait toujours vécu ainsi, allant sans but de village en village. D´abord avec ses parents, puis seule quand la mort était venue les chercher. Ses dons de conteuse lui suffisaient à faire parfois un bon repas dans un village de campagne et le reste du temps, elle se nourrissait des herbes qu´elle trouvait sur sa route, de ces plantes qui poussent partout mais que peu savent comestibles.
Bien sûr, il y avait les pillards, les bandits de tout poil qui guettaient les voyageurs à l´orée des forêts. Mais elle ne les craignait pas : qui s´en serait pris à une vieille femme couverte de rides et dépourvue de tout bien ?
Ainsi allait-elle, sans objectif, ne s´intéressant qu´aux merveilles de la nature et à la danse des étoiles. Un vie paisible. Parfaite.
Nurmill aperçut au dernier moment un animal blessé qui gisait sur le sentier. Il s´en fallut de peu pour qu´elle ne l´écrase, mais elle parvint à l´éviter puis se baissa pour le recueillir entre ses doigts longs et délicats.
C´était un petit rongeur roux aux incisives acérées et aux yeux noirs comme l´ébène. Sa patte saignait, porteuse d´une grave morsure. Il avait dû échapper de justesse à un prédateur pour ensuite s´effondrer ici. Nurmill sentit un os déboîté sous la fourrure de l´animal. Elle le remit en place avec un bruit sec. Le rongeur gémit, puis sentit le sol sous ses griffes. La vieille femme l´avait relâché. Avec des petits cris de joie, il s´éloigna d´un pas vif.
Nurmill sourit, heureuse.
- Excusez-moi, savez-vous quel est le village le plus proche ?
La voix s´était élevée dans son dos. Une voix d´homme. La vieille femme se redressa lentement puis se retourna.
Deux personnes se tenaient face à elle, l´une de taille adulte, l´autre plus petite. Ses yeux ne lui offraient pas plus de détails.
- Où se trouve le village le plus proche ? répéta la même voix.
Nurmill dut d´approcher pour mieux les distinguer. L´homme, un grand gaillard aux longs cheveux blonds, devait avoir dans les vingt-cinq ans. Son visage anguleux marqué par la fatigue et son manteau rouge sang barré de plusieurs déchirures témoignaient d´épreuves récentes et dangereuses. L´autre était un garçon de treize ans environ, bien maigre. Il portait des vêtements de toile et ne semblait guère intéressé par la scène, ses yeux marron reflétant un profond ennui sous ses cheveux d´un brun clair.
- Qui êtes-vous ?
- Je m´appelle Seubal Artus, répondit l´homme. Ce garçon est mon élève, Adrien Heinkel. Où puis-je trouver un village ?
- Enchantée. Je suis Nurmill Aqlaï. Et je crois qu´il y a un hameau au bout de ce sentier, en prenant à droite à la prochaine bifurcation. Je m´y rends également.
- Fort bien. Nous ferons donc route ensemble pendant quelques heures.
Nurmill aurait pu poser quelques questions, mais elle sentait que l´homme ne voulait pas s´étendre sur son histoire. Elle acquiesça en silence et reprit sa marche hésitante.
un longagne et on en apprend peu. Tjrs plus de personnages, ca devient dangereux pour ceux, comme moi, qui ont du mal avec les noms
Bwarf aucun de ces noms n´est nouveau, so si t´as pas lu les aut´ textes en diagonale ça d´vrait aller^^.
Heu sinon juste une faute de frappe "d´approcher".
Ah, et vivement que Seubal Artus crève...et Onorius aussi, et Pyers aussi, et Itraïr aussi.
(par contre, j´ai la légère impression que Tanaril n´est pas celui que tu nous amènes à croire^^)
Si, Nurmill Aqlaï est un nouveau personnage, et loin d´être secondaire.
Hé hé, ben moi ça me plaît toujours autant ^^ Même les passages sensés être longs et sans grands évènements me ravissent
Et moi Seubal, jlaime bien, pis je suis sûr qu´Onorius et Pyers ont bien plus à cacher que ce qu´on peut imaginer, surtout l´elfe.
Ah oui excuse j´avais oublié la vieille^^. Hum, tu nous reproduis le scénario de Greta==>Une vieille en apparence qui se révèle êt´ aut´ chose? Hum, la question est : cette vieille-là est-elle du côté Dümra ou Elfes, ou autres?
Et moi j´pense que Pyers est un enfoiré qui veut le pouvoir, mais Tanaril...hum, p´têt qu´il est pas si mauvais qu´ça en fin d´compte, j´sais pas j´sens qu´c´est pas l´méchant, ce qu´on aurait tendance à croire en lisant les précédents chapitres et celui-ci^^.
On verra bien dans quelques temps...(que j´espère le plus court possible^^)
Oui, bien.
On attend la suite !! !
C´est pour quand ?
"SunShadow Posté le 28 novembre 2005 à 18:42:14
J´ai cru que KaiM avait posté la suite...
La prochaine fois c´est l´infractus directe."
ça m´étonnerait fort, sachant que ce terme n´existe pas.
Sinon, j´ai bossé sur la suite, en fin de compte^^
___
[vc]
« humilier un Ork au milieu d´un camp rempli de ses frères. »
Cette formulation est assez lourde, elle me gêne un peu. Vu qu’on se doute bien qu’ils sont dans le camp, il y a moyen de l’alléger facilement, en disant simplement *au milieu de ses frères*.
« n´avait jamais réussi à le rendre un peu plus discret. »
Rendre discret, c’est faire quelque chose de précis, soi-même, pour que l’autre soit discret. Dans un souci de précision, ce que tu évoques là, c’est enseigner la discrétion. Je ne nie pas que c’est très voisin.
« Sous prétexte qu´ils étaient fils d´un comte et qu´ils maniaient l´épée depuis l´âge de dix ans »
L’expression correcte est « fils de comte », non *d’un*. En outre, tu l’as déjà employée à la fin du paragraphe précédent, d’où l’idée de reformuler. Je pensais *sous prétexte de leur ascendance*, mais il faut pour cela remanier le reste de la phrase aussi, c’est chiant…
« Thibaut aurait quand même apprécié plus d´humilité de la part des deux garçons […] Le comte se désolait de l´attitude de ses fils »
Ça va, on avait compris xP
« c´était son devoir d´examiner ses alliés potentiels. Alors... Une construction simpliste mais solide »
Le *alors* marque une pause trop prononcée. Si tu voulais insister sur ce qui précède, une virgule est de mise, plutôt qu’un point. Si c’est pour accentuer ce qui suit, je supprimerais directement, même si c’est du langage parlé logique puisque c’est quelqu’un qui pense.
« Alors qu´il n´était avant tout qu´un soldat et ne connaissait presque que la guerre »
Ça fait beaucoup de que, ça…
« Hoktar écarta les pans de toile rabattus sur une ouverture dans la tente »
Je me représente mal… le truc le plus logique d’après ta phrase, c’est de penser que tu parles d’une *ouverture dans la tente*… C’est assez gauche… un truc comme *l’entrée de la tente* facilite la compréhension de la phrase, et évite de s’arrêter dessus.
« très différent de ce qu´on trouvait dans le quartier général du chef d´une armée. »
Ils sont dans le quartier général du chef d’une arme, et ils ne trouvent pas ça. Ce que tu veux évoquer, c’est *ce qu’on s’attendait à trouver dans le quartier général* […]
« plantés dans le sol […] à quelques mètres du sol »
Hop
« un Ork particulièrement laid, avec un nez de travers »
Pourquoi ce pronom indéfini ? Il a plusieurs nez ? >p
« et vous devez avoir faim, aussi vous demanderai-je d´aller directement aux faits. »
Si tu mets *demander*, tu impliques une notion d’ordre, dans la bouche d’un chef. Or, le fait d’avoir faim n’est pas une raison pour ordonner cela, donc le *aussi* est injustifiable. Je suggère de remplacer *demander* par quelque chose de plus nuancé, comme *proposer*
« - Que savez vous »
Manque le tiret.
« Jean voulut parler mais, d´un seul regard, sa mère le fit taire. »
Elle aurait pas vraiment eu le temps de lui envoyer une ribambelle de regards, donc le *seul* me paraît superflu. En remplacement, je propose soit rien, soit quelque chose comme *impérieux*…
« - Je ne pense pas qu´Itraïr puisse vraiment nous menacer. »
Etant donné qu’il s’adresse à quelqu’un, le *nous* semble inclure Thibault & fils SA. Je remplacerais par *la Horde* ou *mon peuple*.
« Thibaut sourit largement. »
Oui enfin bon, c’est quand même pas mal exagéré, ça… Que je sache, leur mission est loin d’être facile et le plan de sa femme n’est pas infaillible, alors qu’il s’autorise un sourire en coin je veux bien, mais là il apparaît comme bien naïf^^
___
[/vc]
Et hop !
Merci des comms, et même si certains n´ont pas lu, voilà la suite :
Alice sortit de son bain et s´enveloppa dans une grande serviette bleue.
Elle se trouvait dans une tour du Palais Royal, à l´intérieur d´une chambre aux murs tapissés de vert et meublée d´un grand lit à baldaquin. Un coffre reposait dans un angle, à côté d´une table en bois de sapin, tandis qu´une grande fenêtre exposée au Sud laissait entrer le jour naissant.
La veille au soir, après d´interminables discussions concernant l´avenir du royaume, on s´était enfin soucié de sa présence et des dispositions à prendre à son sujet. Un serviteur l´avait conduite dans cette chambre avant de lui apporter un repas consistant, du porc et des fruits séchés. Epuisée, elle s´était couchée en essayant de ne penser à rien. Le sommeil était venu rapidement.
Alice enfila une robe de soie fine qu´un autre serviteur avait déposée sur le coffre en lui apportant son bain, dix minutes auparavant. Elle chaussa ensuite des bottines de cuir, ajusta ses manches et se regarda dans le miroir accroché au mur en face du lit.
En tant que jeune fille de la campagne n´ayant jamais connu le luxe, sa première impression fut qu´elle avait l´air ridicule. Les petites dentelles, la collerette et les plis excessifs lui donnaient un aspect surchargé, grotesque. Puis elle remarqua avec quelle perfection la robe mettait son visage en valeur, ses cheveux bruns ressortant sur le bleu de l´étoffe, ses traits réguliers s´accordant avec les formes du vêtement. Ca n´était pas mal, finalement.
Ses yeux verts tombèrent alors sur les deux mèches blanches au-dessus de son front. Le résultat d´un coup violent donné par son frère. Son frère...
Une boule d´angoisse se noua dans sa gorge. Elle ne savait pas ce qu´était devenu Conrad. Pas plus qu´Adrien, son frère adoptif, ni sa soeur Katja. Ni le Prince Alexandre. Tous piégés dans Kridath quand Vladek et elle s´étaient enfuis.
Le contrecoup de ses épreuves, qu´elle avait contenu jusqu´à présent, déferla soudain sur elle. Elle avait frôlé la mort. Elle avait vu d´autres gens périr. Elle s´était trouvée plongée dans une histoire qui la dépassait. Elle se sentit soudain très faible, vacilla une seconde avant de se laisser tomber sur le lit. Sa famille... Ses amis...
Si elle les avait sus morts, peut-être aurait-elle pu les pleurer, comme ses parents tués par les Elfes. Mais l´espoir empêchait son chagrin de sortir, rendant sa peine plus douloureuse encore.
On frappa trois coups à la porte.
Alice émergea.
- Qui est là ?
- Puis-je entrer ? répondit un vieil homme.
Alice songeait que cette voix lui était familière quand, sans attendre de réponse, le nouveau venu ouvrit la porte. Un manteau bleu parut dans l´ouverture.
Dario d´Yrwald.
- Bonjour, jeune fille. J´espère que tu as bien dormi.
Alice resta silencieuse. Elle n´avait pas encore compris quel rôle jouait vraiment ce Dario dans la politique du royaume, mais elle voyait déjà en lui un homme sympathique, qui inspirait confiance.
Un pan du manteau s´écarta furtivement, révélant la poignée d´un sabre. A la vue d´une arme, Alice se sentit mal de nouveau.
Comme s´il avait suivi son regard, Dario referma son manteau et parla d´une voix douce :
- Je sais ce que tu as vécu, petite. Je sais combien ç´a été dur. Et, crois-moi si tu veux, je peux imaginer ce que tu ressens.
Alice hocha la tête.
- Je t´ai posé beaucoup de questions hier, poursuivit le mage. Je pense que toi aussi, tu dois avoir besoin de réponses. Je t´écoute.
Le jeune fille s´assit sur le bord de ton lit et demanda :
- Que va-t-il se passer maintenant ?
Dario fit trois pas vers la fenêtre.
- Vaste question... Les Elfes vont mettre en place un siège autour de cette ville, nous allons tenir jusqu´à les fatiguer. J´ai quelques mystères à éclaircir, à commencer par la maladie du roi. Un autre sujet de préoccupation est le sort d´Alexandre...
- Il est vivant ?
Le maître Chanteur perçut toute l´espérance dans sa voix, ordonna quelques vagues pensées puis répondit :
- J´en suis sûr. J´aurais senti sa mort. C´est mon élève, après tout.
- Votre élève ?
- Je lui ai enseigné le maniement des armes, entre autres.
- Vous ? s´étonna Alice.
Elle ne comprenait pas comment un homme aussi vieux pouvait encore tenir une lame.
- Je suis âgé, certes, mais pas encore incapable, répondit Dario avec un sourire amusé. En escrime, je me défends.
- Vous êtes encore meilleur que le Prince ?
- Encore meilleur ? remarqua le maître Chanteur. Serait-il enfin devenu un bon combattant ?
- En tout cas, je n´ai jamais vu quelqu´un d´aussi adroit que lui.
- Possible... Mon entraînement a dû finir par porter ses fruits.
Il resta pensif un instant, puis ajouta :
- Pour répondre à ta question, oui, je me bats mieux que le Prince Alexandre. Quant à savoir combien de temps ça va durer...
Un instant de silence s´écoula. Dario sembla soudain se rappeler d´un détail :
- Au fait, Vladek t´a dit hier : « Je sais que tu me détestes ». A quoi faisait-il allusion ?
Alice hésita un peu avant de répondre. Encore débordée par les événements, elle craignait de s´attirer le mépris du mage.
- Il y a dix ans, ma région a souffert d´une grande famine, commença-t-elle finalement d´une petite voix. Beaucoup de gens ont du se rendre hors-la-loi pour ne pas mourir de faim, puis ils se sont organisés. Vladek et son maître, ce baron Tarlaq, ont alors été envoyés pour les écraser. Avec leurs soldats, ils ont traqué et massacré des centaines d´hommes ! Ce sont des monstres !
Si elle avait débuté timidement son récit, à la fin elle criait presque. Sa rage et sa haine explosaient soudain avec plus de force qu´elle n´aurait cru en détenir.
Dario conserva son calme et plongea ses yeux dans ceux de la jeune fille.
- J´ai entendu parler de cette histoire. Je sais ce que tu dois penser d´eux, j´imagine ta colère, si grande que tu ne peux même pas l´exprimer. Cependant, je te conseille de prendre un peu de recul.
Il marqua une pause avant de reprendre :
- Tout cela c´est passé il y a dix ans, comme tu l´as dix. Ces événements ont dû prendre de l´ampleur dans les mentalités. Tes parents ont dû grossir tout ça quand ils te l´ont raconté.
- Même Vladek admet que c´était un carnage !
- Je te crois. Mais lui aussi a des remords. Pense que les hommes peuvent changer...
- Ce sont des tueurs, ils le resteront !
- Pourtant, tu as aidé Vladek...
- Parce que je vaux mieux que lui ! Je n´allais pas le laisser mourir là-bas !
Dario leva la main en un geste d´apaisement.
- Je ne te convaincrai pas aujourd´hui, alors je vais te laisser réfléchir. Si tu n´as pas d´autres questions, je vais même partir.
- C´est ça, allez-vous en ! Ca m´écoeure de vous entendre défendre des hommes pareils !
Le maître Chanteur recula jusqu´à la porte.
- Une dernière chose toutefois. Tu voulais certainement me le demander, mais tu l´as oublié quand tu t´es emportée : tu es ici chez toi. Tu peux rester au Palais jusqu´à la fin de la guerre. Après, nous devrons parler de ton avenir.
Alice se contenta de lui lancer un regard glacial.
- Et au fait, acheva la mage, cette robe te va très bien. Quoi qu´un peu chargée...
La porte se referma.
Alexandre achevait de dicter un message à Frid quand Barn les rejoignit.
Ils se tenaient au milieu des pierres qui tapissaient les premières hauteurs des montagnes, au pied d´u immense rocher qui déployait son ombre dans la lueur du matin. A cette distance, le camp Ork n´était plus qu´un amas de couleurs et de vie au entre les plaines de l´Ouest balayées par un vent froid et la région des lacs, sombre menace endormie.
Dans un ultime claquement d´ailes, Barn freina sa descente et se posa avec une légèreté que sa carrure ne laissait pas soupçonner.
Du sang gouttait encore de son bec acéré.
- Vous avez fait bonne chasse ? demanda Alexandre.
- Une chèvre des montagnes. Un repas acceptable.
- Mais t´es dingue ou quoi ?! s´exclama Frid. Moi, si je pouvais manger une chèvre, je trouverais ça génial ! Et toi, tu te contentes de dire : « Acceptable » ! Je rêve !
Sous l´effet de sa colère, ses plumes se hérissaient et la crête rouge qui courait de sa tête à sa queue s´agitait nerveusement.
- Frid, calme-toi, je t´en supplie, fit Alexandre. Je ne supporte plus ton...
Il regretta aussitôt d´avoir parlé.
- Quoi ? rugit le volatile. Tu ne me supporte plus, c´est ça ? Merci ! Qui t´a aidé à prévenir tes amis il y a trois mois ? Qui s´est fait griller par un de tes adversaires ? Qui va encore devoir se faire tout le chemin jusqu´à Dümrist pour transmettre ton message ? Hein ? J´en ai marre, moi !
- D´accord, capitula le Prince. Je n´ai rien dit.
- Ca vaut mieux ! Parce que... Mais non ! Tu as bien dit quelque chose, c´est trop tard ! Excuse-toi !
- Je m´excuse platement, à tel point que je m´enfonce sous la terre et que je ressors de l´autre côté.
- Parce qu´il y a un autre côté ?
- Je crois, répondit Alexandre, heureux de changer de sujet. Certains savants pensent que le monde forme une boule.
Frid éclata de rire.
- Des imbéciles ! Comment feraient ceux qui sont à l´autre bout pour ne pas tomber dans le vide ? La terre est plate, forcément !
- Tu as sûrement raison. Peux-tu partir pour Dümrist, maintenant ?
- Pas de problème, gamin !
- Et n´oublie pas cette feuille !
L´oiseau referma ses petites serres sur le parchemin roulé que lui tendait le Prince.
- Qu´est-ce que c´est ? interrogea Barn.
- A Kridath, des hommes ont attaqué ce mercenaire, Jakarn. Des assassins envoyés par son employeur qui souhaitait rompre le contrat. Chacun portait le même tatouage étrange sur la poitrine. Jakarn en a fait une copie sur ce parchemin. Je me suis dit que Dario pourrait se renseigner à ce sujet. A mon avis, ça n´aboutira à rien, mais on ne sait jamais... Ca pourrait être une guilde de tueurs.
- Ah...
Le minuscule volatile prit son envol.
- Frid ! appela Alexandre.
- Quoi, encore ?
- Rien de plus que le message que je t´ai donné. Pas de précisions supplémentaires. Et tu ne parles qu´à Dario. Namâric reste en dehors de ça.
- Namâric est mon maître, s´offusqua Frid. Je me dois de tout lui dire.
- Frid...
- Désolé, gamin, mais c´est un point que tu ne me feras pas refuser. Namâric saura tout ce que je sais.
- Sauf si c´est moi qui te demande de ne pas en parler, intervint Barn.
Alexandre se tourna vers le Dylran.
- Qu´est-ce que... ?
- Très bien ! le coupa Frid. Je ne peux rien te refuser. Allez, salut !
Il accéléra ses battements d´ailes et fila soudain en avant, rapide comme une flèche.
Bientôt, il ne fut plus qu´un point minuscule dans le ciel. Puis il disparut complètement.
- Pouvez-vous m´expliquer ça ? interrogea Alexandre.
- Tous les oiseaux sont tenus d´obéir aux Dylrans, répondit Barn. Nul ne sait pourquoi, mais c´est ainsi. Une règle ancestrale.
- Ah...
Le Prince n´insista pas. Il avait d´autres questions en tête.
- Je voulais vous parler seul à seul, Barn. J´ai besoin d´explications.
La créature ailée poussa un long soupir.
- Je m´y attendais. Sache que je ne pourrais pas tout te révéler, moi non plus. Par ordre de mon maître...
- Molloch ?
- C´est son nom.
- C´est de lui que je voulais parler, dit Alexandre. Qu´est-il ? Un homme ? Un Zahr ? Un magicien ? Un devin ?
- Pas exactement un devin. Il gouverne les destins.
- Vous m´en aviez parlé. Mais ce n´est pas vraiment un dieu, si je vous ai bien compris...
- Les dieux ne sont que le produit de l´imagination des hommes. Molloch est plus que ça. Il veille à ce que les événements suivent un cours que lui seul connaît.
- Toute cette histoire me dépasse. Est-il vraiment dans mon camp ?
- Bien entendu. Ses projets passent par ta survie et la victoire de Dümra dans cette guerre. Je n´en sais guère plus.
Alexandre contempla l´horizon et passa ses doigts sur les bracelets argentés qu´il portait aux poignets.
- Les Bracelets d´Arzhan ont-ils un rôle dans cette histoire ?
- Chaque chose a son rôle. Tu possèdes ces bracelets, donc un immense pouvoir magique orienté vers le combat. Il faut croire qu´il te seront encore utiles.
- Des gens sont morts en essayant de me les voler. S´ils avaient réussi, des pays entiers seraient peut-être déjà sous leur coupe. Et ces objets m´effraient encore. Leur puissance est si grande...
- Tu la maîtriseras toute entière un jour. D´après Molloch, le pouvoir dont tu disposeras alors égalera celui de leur créateur, Arzhan.
- Vous ne m´en aviez pas parlé !
- Non.
- Aucune importance, soupira Alexandre. Par contre, il y a encore trois détails que je souhaite éclaircir.
- Vas-y.
Le Prince tira de sa poche une pierre verte grosse comme un oeuf. L´oeil de Kashnir.
- A quoi cet objet sert-il ? J´ai été envoyé à Kridath pour le récupérer, et je découvre que son pouvoir ne peut quasiment pas être utilisé.
- Je ne peux te répondre, déclara Barn. Ca me dépasse autant que toi. L´oeil est une source d´énergie, mais j´ignore ce qui peut permettre de puiser dedans. Question suivante ?
Un peu déçu, Alexandre poursuivit :
- A Kridath, j´ai failli mourir une bonne dizaine de fois. Vous n´êtes intervenu que tard, très tard. Juste au moment où j´en avais besoin. Et comme par hasard, Frid était avec vous. Ca fait beaucoup de coïncidences...
- Je suis apparu quand il le fallait, c´est tout.
- Êtes-vous en train de me dire que, quoi qu´il arrive, Molloch me protège ?
Barn soupira.
- Je m´attendais un peu à cette question. Sache que si Molloch est puissant, cela ne signifie pas que tu ne cours aucun danger. Si d´aventure tu mourais, il lui suffirait de trouver quelqu´un d´autre. Même s´il connaît nombre des événements qui doivent survenir... Par exemple, je n´avais pas d´arme quand je suis venu à ton secours, car je devais en trouver une à ce moment-là...
- L´Ecorcheuse ?
- Exact. Cette épée m´était destinée, pour cette bataille. Ensuite, j´ai intercepté Frid en route et je lui ai ordonné de ne pas se montrer avant le moment opportun.
- Et tout ça pour quoi ?
- Pour que tu n´aies pas le choix. Tu devais accepter le marché de Molloch.
- Il m´a sauvé la vie, je lui en dois une ?
- En effet. Tu devras tuer ou sauver quelqu´un de son choix pour t´acquitter de ta dette.
- Et si je refuse ?
- Tu ne pourras pas.
- Mais, insista Alexandre, si je désobéis quand même, que m´arrivera-t-il ? Je mourrai ?
Barn planta son regard dans celui du jeune Prince :
- Ecoute-moi bien. Quand Molloch te demandera de lui rendre ce que tu lui dois, il te sera impossible de le lui refuser. Absolument impossible.
Alexandre acquiesça. Apparemment, cette discussion n´aboutirait à rien.
- Et vous ? s´enquit-il.
- Moi ? Je reste à tes côtés jusqu´à ce que Molloch me donne un nouvel ordre.
- Non, ce n´est pas ça que je voulais dire. Molloch m´a sauvé la vie, je lui en dois une autre. Mais vous, vous lui semblez dévoué corps et âme.
- C´est le cas.
- Mais qu´a-t-il bien pu faire pour vous qui justifie cela ? Grâce à lui, je ne suis pas mort, et je n´ai qu´une vie à lui offrir. Vous, vous lui obéissez en permanence.
Barn répondit d´un ton solennel.
- Parce qu´il a fait plus que sauver ma seule existence. Grâce à lui, et lui seul, mon peuple entier ne s´est pas éteint.
- Votre peuple ?
- Les Dylrans sont encore nombreux, mais vivent loin d´ici. Je ne t´en dirai pas plus.
Alexandre médita longtemps le sens de ces paroles. La tournure que prenait son marché avec Molloch lui plaisait de moins en moins.
Un groupe de trente guerriers quitta le camp Ork pour s´élancer dans la plaine.
Le Prince se leva du rocher qui lui servait de siège.
- J´ai à faire, maintenant.
Galahad courait.
Derrière lui, les hommes du comte Thibaut essayaient de respecter l´allure.
Chargé de leur entraînement quotidien, le vieux chevalier considérait qu´un petit parcours matinal représentait le meilleur moyen de s´échauffer avant de combattre. Et il n´allait pas faire une croix dessus sous prétexte qu´ils étaient en voyage !
Malgré son grand âge, il restait en tête du groupe. Son coeur solide, ses grands poumons et ses muscles encore puissants faisaient de lui un coureur imbattable. Quelques-uns de ses hommes avaient parfois tenté de le dépasser. Ils n´avaient pas tenu le rythme plus d´une minute.
Galahad comprenait à peine les événements qui se déroulaient en ce moment. Le Prince Alexandre, ses deux oiseaux, les complots et la magie, tout ça le dépassait. En tant que guerrier, il lui fallait des ennemis à occire, rien d´autre. Le reste importait peu.
Une petite forme noire sur sa gauche attira son attention. Quelqu´un se rapprochait en courant.
Le Prince Alexandre.
Il avançait d´une bonne foulée, à un rythme soutenu. Galahad se demanda un instant ce que le garçon faisait ici, puis il décida d´attendre qu´il les rejoigne pour l´interroger.
Une minute suffit à Alexandre pour couvrir la distance que le séparait des chevaliers et se ranger à côté de Galahad.
- Bonjour ! lança-t-il. Entraînement, je suppose ?
- Effectivement, répondit le vieux chevalier sans ralentir sa course. Je vous conseille de ne pas trop forcer. Nous tenons un rythme difficile pour quelqu´un de votre âge.
- Ne vous inquiétez pas pour moi. Je voulais vous parler.
- Ah bon ? Pourquoi donc ?
- Eh bien... J´aimerais en apprendre plus sur le comte Thibaut.
Galahad tourna à droite et accéléra. Les autres chevaliers l´imitèrent. Alexandre força l´allure pour se maintenir à la bonne hauteur.
- Alors ?
- Que savez-vous de lui ? questionna Galahad.
- Peu de choses, en fait. On raconte que c´est un héros dans le Nord, doublé d´un homme de bien et tous les clichés du genre.
- Ce n´est pas faux. Thibaut est un chef courageux et responsable, sage dans ses paroles mais toutefois redoutable une épée à la main. Un homme organisé, dévoué et fidèle à son roi.
- Je vois...
- Dans les Marches du Nord, poursuivit le chevalier, il est presque devenu une légende. Il a accompli de nombreux exploits et on lui en prête d´autres encore plus fantastiques.
- Et vous dans tout ça ?
La plaine défilait sous leurs pieds, toujours identique. Le camp se rapprochait vite désormais.
- J´ai connu Thibaut il y a longtemps, expliqua Galahad. Nous avons sympathisé, je suis entré à son service et me voilà ici.
- Vous me rappelez quelqu´un...
- C´est une histoire banale...
- J´ai déjà entendu ça...
Ils franchirent la porte du camp et firent halte dans un ensemble plus ou moins synchronisé. Les chevaliers, essoufflés, tentaient de retrouver leur respiration. Galahad s´essuya le front puis remarqua un détail surprenant.
Alexandre s´était arrêté. Il ne semblait pas fatigué, aucune goutte de sueur d´emperlait son visage, preuve d´une endurance surhumaine.
- Et Théo ? demanda le Prince.
- Un garçon un peu présomptueux, mais sympathique. Le voilà justement.
En effet, Théo s´avançait vers eux, un sourire féroce aux les lèvres. Il s´adressa à Alexandre d´une voix mielleuse qui contrastait avec son regard chargé de malveillance.
- Père vous propose un entraînement au combat, Altesse. Si vous n´y voyez pas d´inconvénient, il me serait agréable de croiser l´épée avec vous...
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Tu ne pourrais pas tout me passer en version Word ?
Je pourrais, si j´avais ton adresse (e-mail, pas MSN), et si tu te sentais prêt à lire presque trois cent pages de Fantasy, genre dont je croyais jusque-là que tu n´étais guère friand...