Même si xbq n´en a pas fini avec le dernier chapitre, je poste la suite, qui ne présente d´intérêt que pour ceux qui n´ont pas lu la cathédrale (et pour xbq s´il veut s´amuser à virer les verbes être dans un texte au plus-que-parfait
)
Alice se sentait un peu dépassée par les événements.
Sans lui laisser le temps d´admirer la grandeur de Dümrist et de son Palais Royal, Dario les avait menés, Vladek et elle, jusque dans un salon confortable au coeur d´une des tours du Palais. Installés dans des fauteuils de cuir rouge, ils avaient raconté les derniers événements. Alice avait appris à cette occasion tout ce que Vladek n´avait pas eu le temps de lui expliquer. Comment le Prince Alexandre, Hustouk et lui avaient quitté Dümrist en compagnie de Seubal Artus, le magicien. Comment Jakarn, un mercenaire payé pour assassiner Alexandre, leur avait tendu une première embuscade. Comment ils avaient affronté des nains au sommet de la cathédrale de Kridath alors qu´ils étaient simplement censés récupérer des reliques auprès de l´évêque. Comment Stall Kogard, le gouverneur de la ville, avait essayé d´arrêter le Prince pour voir plus clair dans ses manigances. Comment Seubal Artus s´était révélé un espion du général Thul´lod, puis un traître. Comment Alexandre avait fui la forteresse et reçu une flèche magique qui l´avait fait disparaître.
Alice avait pris le relais, expliquant que son frère et sa soeur avaient retrouvé le Prince dans une ruelle et l´avaient soigné avant qu´il ne s´enfuie face aux gardes, aidé par un Elfe qui prétendait s´appeler Aladir. Alexandre, affaibli par un poison ou un sort enfermé dans la flèche, avait été soigné par un marchand puis s´était rendu à une chapelle, ayant révélé entre-temps qu´il était venu à Kridath pour résoudre une énigme millénaire. Jakarn était réapparu, cherchant désormais à tuer Aladir qui en fait se nommait Andorion, était le chef des nains rencontrés à la cathédrale et servait un puissant mage, Thenetos de Vordal. Andorion cherchait à la fois à capturer Alexandre mais aussi à ramener à son maître Alice, sa soeur et ses deux frères, car l´un des quatre possédait des pouvoirs magiques.
Vladek s´était chargé de narrer comment Hustouk et lui avaient affronté Andorion, comment l´Ork s´était sacrifié pour qu´ils puissent s´enfuir et comment ils avaient échappé à Seubal Artus, passé du côté du gouverneur. Jakarn s´était allié à eux pour vaincre Andorion, Alice avait découvert que c´était elle qui détenait des pouvoirs magiques et Alexandre avait révélé qu´un objet renfermant une grande puissance, l´oeil de Kashnir, était caché dans les souterrains de Kridath.
Pour une raison inconnue, Kogard avait alors décidé d´assassiner le Prince et chargé une vingtaine de soldats ainsi que des loups noirs géants d´accomplir cette mission. Artus était alors réapparu pour secourir Alexandre puis lui demander de l´aide. Lui aussi convoitait l´oeil de Kashnir mais n´arrivait pas à résoudre la dernière énigme qui empêchait d´y accéder. Alexandre s´en était chargé et avait ouvert une crypte renfermant l´oeil ainsi que deux armes dorées et argentées : un sabre et un bouclier ornés de runes, qui indiquaient comment rejoindre cette crypte et qui avait mené là leurs prédécesseurs, les moines qui avaient caché des énigmes dans la chapelle et la cathédrale.
A ce stade du récit, Vladek avait montré à Dario le bouclier en question, qu´Alice avait sauvé du désastre. Le maître Chanteur l´avait examiné avec attention, puis Vladek avait repris son récit :
Malheureusement, d´autres défenses protégeaient l´oeil. Une armée de squelettes les avait forcés à fuir. Artus était parti chercher du renfort et Andorion les avait pris au piège. Ses nains lui avaient permis de contenir les squelettes et il s´était emparé de l´oeil de Kashnir, qui désormais l´intéressait au plus haut point. Une bataille confuse avait suivi, et pour finir tout s´était effondré. Vladek et Alice, séparés des autres mais détenant le bouclier runique, avaient quitté les souterrains pour se retrouver en plein carnage.
Stall Kogard avait essayé de négocier avec les Elfes qui approchaient de la ville, et ces derniers en avaient profité pour attaquer en masse. Kridath était devenue le théâtre d´une bataille sanglante. Vladek avait combattu, menant Alice jusqu´à une porte de la cité avant d´être blessé à la jambe. Le cheval du capitaine était alors arrivé et leur avait permis de s´enfuir.
Si la distance entre Kridath et Dümrist pouvait être couverte en deux jours, la blessure de Vladek leur avait imposé un rythme bien plus lent. Sa plaie avait fini par s´infecter, la fièvre était montée et il était sur le point de mourir quand enfin ils étaient arrivés à destination.
Dario les avait écoutés sans les interrompre une seule fois, tressaillant parfois mais restant toujours silencieux. Enfin il avait demandé :
- Savez-vous qui a demandé à Alexandre de se rendre à Kridath pour découvrir cet « oeil de Kashnir » ?
Vladek avait hésité avant de répondre :
- Onorius de Finglä.
Dario était devenu livide. Un instant après, il quittait la pièce en toute hâte.
Et à présent, Alice se trouvait dans ce salon, sans trop savoir quoi faire.
- Pourquoi ce nom lui a-t-il fait autant d´effet ? s´enquit-elle.
- Onorius est l´homme qui lui a tout appris, expliqua Vladek. Il n´aurait jamais soupçonné qu´il était mêlé à tout ça. Je pense qu´ils vont s´expliquer de manière assez virulente.
A cet instant, la porte du salon s´ouvrit sur un homme solide à la mâchoire carrée, barbu et souriant, vêtu d´une armure de parade. Alice le trouva aussitôt sympathique.
- Vladek ! s´exclama-t-il en donnant une accolade au capitaine. Content de te voir ! Dès que j´ai appris ton retour, je me suis précipité ici.
- Je suis là depuis deux bonnes heures.
- Disons, dès que j´ai pu me libérer. La situation est grave, ici. Dario t´as mis au courant ?
- Non, que se passe-t-il ?
- Le roi a été empoisonné. Le développement de sa maladie s´est accéléré. Il va mourir.
Vladek accusa le coup. Alice, elle, ne comprenait pas vraiment.
- Du coup, les généraux essayent tous d´accroître leur pouvoir, poursuivit l´homme. J´essaye de limiter les dégâts.
- Mais qui savait pour la maladie du roi ? s´étonna Vladek. Je croyais que c´était secret...
- Ôte-moi un doute : tu n´en as parlé à personne ?
Le capitaine s´insurgea :
- Bien sûr que non ! Qu´alliez-vous imaginer ?
- Rien. Je voulais être sûr.
L´homme aperçut soudain la main argentée de Vladek :
- Tu ne l´avais pas perdue ?
- Le Prince Alexandre a trouvé un moyen de la remplacer. C´est une main magique, dans laquelle j´ai même pu dissimuler mes griffes.
Joignant le geste à la parole, le capitaine secoua sèchement les doigts. Avec un claquement de métal, trois griffes d´acier émergèrent de sa main.
- Impressionnant.
- Excusez-moi, intervint Alice, mais qui êtes-vous ?
L´homme en armure la regarda d´un air surpris, comme s´il venait à peine de se rendre compte de sa présence.
- Je me nomme Tarlaq, baron de Holarn, général en chef des armées du Sud.
Une vague d´horreur et de dégoût déferla sur Alice. Tarlaq ! L´homme qui, dix ans auparavant, avait mené un massacre dans sa région pour mater une rébellion ! Le maître de Vladek ! La jeune fille se reprocha de l´avoir imaginé sympathique.
Puis elle se rappela ce que Vladek lui avait dit à Kridath. Tarlaq était le demi-frère du capitaine et ne le savait pas. Vladek, issu d´une aventure que Sigurd de Holarn avait eue avec une fille de ferme, n´osait pas le révéler au baron. N´osait pas salir l´honneur de leur père.
Il le lui avait raconté comme s´il s´en moquait, mais Alice avait senti l´amertume dans ses paroles. La scène soudain lui parut étrange : deux frères face à face, l´un ignorant cette relation et l´autre refusant de l´avouer.
Un pas pesant interrompit ses réflexions. Une créature monstrueuse parut dans l´encadrement de la porte, terrifiante.
Un colosse de deux mètres de haut, avec une tête de lézard.
Couvert d´écailles vertes et muni de cornes menaçantes.
Vêtu d´une cuirasse d´acier, armé d´une hache à double tranchant et pourvu d´une lourde queue terminée par une lame étincelante.
Le nom s´imposa à Alice.
Un guerrier lézard. Un Varak.
- Tektus ! lança Vladek. Décidément, tout le monde se retrouve !
- En effet, répondit le monstre d´un voix étrangement grave et sifflante, mais pas totalement. J´ai cru comprendre qu´Hustouk n´était pas revenu avec vous.
- Je crois qu´il ne s´en est pas sorti, dit Vladek en baissant le ton.
- Cette nouvelle assombrit ma joie de te revoir. J´espère qu´il est mort en brave.
- Aucun doute.
Un silence tomba. Peiné. Etouffant.
Alice ne se sentait vraiment pas à sa place.
Effectivement c´est trop court, mais pour une fois j´ai quelque chose à reprocher :
"cherchant désormais à tuer Aladir qui en fait se nommait Andorion, était le chef"
==>il manque un mot entre la virgule et "était", probablement un "qui". Et je pense -xbq ou quelqu´un d´autre confirmera ou infirmera- que même dans ce cas la phrase restera lourde...m´enfin c´n´est qu´un détail.
Mais globalement, oui ce chapitre n´est qu´un résumé de la Cathédrale, donc l´intérêt baisse, mais il finit quand même sur la note de suspense entre Onorius et Dario...vivement la suite.
(demain c´est possible?
)
P.S. (désolé d´avance) : J´ai mis la suite de Vlad´, comme le pic´ est d´ja bien r´descendu j´te l´dis ici, histoire d´avoir un avis sur les erreurs.
(y´a qu´ekukas qu´a lu et on peut pas dire que "c´est génial" soit constructif^^)
la suite ce soir, ce serait possible??? ![]()
mxarf je suppose que c´est trop en demander ![]()
lol bin à part c´est toujours aussi bien écrit ![]()
![]()
premiere partie du chap : j´ai trouvé assez brouillon, n´ayant pas lu la cathedrale
seconde partie : on en apprend un peu plus mais c´est quand meme bizarre qu´un fermier se retrouve capitaine.
Yeah Tektus est là, ouin hustouk is dead
"mais c´est quand meme bizarre qu´un fermier se retrouve capitaine"
==>Ben non, depuis quand un fils de fermuier est-il obligé d´en devenir un à son tour? il a connu le baron Tarlaq, celui-ci l´a initié aux armes et voyant qu´il était doué, l´a gardé.
Y´a rien d´bizarre. ![]()
chris
Pour la première partie du chap, l´intérêt est justement de t´apprendre de quoi parle la Cathédrale. Evidemment, j´ai dû énormément condenser, d´où une certaine lourdeur. Si tout le monde avait lu la Cathédrale, j´aurais simplement dit qu´ils racontaient à Dario ce qui leur était arrivé.
Alors ? A quand la suite ?
Je plains en effet ceux qui n´ont pas lu la Cathédrale ^^ Non seulement parce qu´ils doivent avoir du mal à comprendre, mais surtout parce qu´ils ont raté un bon récit
Une "erreur" : "Andorion cherchait à la fois à capturer Alexandre mais aussi à ramener à son maître Alice"
Cette formule me paraît mauvaise.
Bon et pis bah sinon bah comme d´hab ![]()
Petite précision Az´ : c´est le père de Tarlaq, Sigurd de Holarn, qui dans les rares moments où il voyait Vladek, son autre fils donc, lui a enseigné à se battre et en a fait un véritable expert du style Makashi, alors que Tarlaq n´est, lui, qu´un honorable escrimeur, mais sans plus.
Humm... merci de cette précision.
Mais il est étrange qu´il lui aprenne tout un style de combat alors que d´un autre côté il n´a jamais pris le temps de lui apprendre à lire...il m´semb´ qu´t´avais expliqué pourquoi quelque part, mais j´sais plus où^^.
J´avais expliqué qu´ils se voyaient peu et que Vladek avait choisi de s´entraîner à l´escrime plutôt qu´à la lecture.
Ouais, c´est simple comme solution mais logique et ça se tient.
La suite pour quand? ![]()
ha ben voilà j´ai tout lu, et je suis d´accoods avec le premier post d´azerty sur la phrase lourde ainsi que celui de grhyll
C´est bon, j´ai corrigé les deux, enfin à peu près.
rôôô^
l première fois que je suis connecté en même temps qu le grand kaim^^
vite vite, direction blabla!!!
sinon, fais voir les phrases, histoire que je vois comment on fait pour corriger ^^ ![]()
Bon, vlà la suite.
Accessoirement, je vous signale que sous Word j´en suis à 79 pages.
Dario ouvrit d´un coup sec la porte du bureau d´Onorius de Finglä. Le directeur de l´Académie de Magie se tenait assis derrière une table de pin, au milieu d´instruments en cristal qui bourdonnaient sourdement, et compulsait un épais volume relié de cuir. Une plume flottait au-dessus des pages, les annotant parfois d´une écriture droite et sévère. Elle retomba dans son encrier quand Dario fit irruption dans la pièce.
Furieux.
- Dario, commença Onorius avec un air froissé, tu pourrais quand même frapper avant d´entrer...
- Silence ! J´attends des explications !
- J´aurais du mal à te les donner si tu m´interdis de parler...
Dario fulminait. Son maître se moquait de lui. N´y tenant plus, il explosa :
- C´est vous qui avez révélé à Alexandre l´existence de ce secret dissimulé dans Kridath ! Vous qui l´avez envoyé là-bas ! Vous qui m´avez empêché de le contacter, et qui m´en empêchez encore ! Vous qui êtes responsable de tout cela ! Je vous retiens avec vos : « Ne t´inquiètes pas, je prends l´affaire en main... » Vous aviez tout manigancé, oui !
Onorius repoussa lentement sa chaise et se leva.
- Admettons, dit-il. Je reconnais que je t´ai caché quelques détails.
- Quelques détails ? s´étrangla Dario. Quelques détails ?? ?
- Bon, c´était en fait assez important. Mais comprends-moi bien : tout cela devait rester secret, même pour toi. Il y avait trop d´intérêts en jeu.
Dario se força à se maîtriser. Il inspira profondément et fixa le vieux mage droit dans les yeux :
- Racontez-moi tout.
Onorius contourna son bureau et vint se planter devant lui.
- Le Prince Alexandre et moi menions tous deux des recherches sur l´ordre des moines Lémaniens. Il se trouve que j´an savais beaucoup plus que lui sur le sujet. J´ai fini par comprendre que les énigmes qu´ils avaient laissées à Kridath menaient à un objet d´une puissance incomparable. Quand nous avons appris qu´Itraïr se rapprochait de cette cité, il nous a paru important de récupérer cet objet avant que les Elfes ne le découvrent.
Dario réfléchit un instant à ces paroles, puis demanda :
- C´est donc vous qui avez jeté un sort au roi pour qu´il laisse partir son fils ?
- J´en suis désolé, mais oui. Alexandre devait y aller.
- Pourquoi pas vous ? C´était votre idée, après tout...
- Je suis trop vieux, Dario. Les voyages ne sont plus pour moi. Place aux jeunes.
- Et les loups géants que Kogard a utilisé pour essayer de le tuer ? Il n´y a que vous qui sachiez invoquer de pareilles créatures, maître.
- Je ne le nie pas. Ces loups devaient être remis au Prince pour l´aider à vaincre les éventuels gardiens de l´objet que nous recherchions. Stall Kogard a décidé de tuer Alexandre et a détourné mon présent, j´ignore encore pourquoi.
Un ange passa. Les deux hommes se sondaient du regard.
- Tout ça sonne faux, Onorius. Je sens que vous me cachez encore quelque chose...
- Que pourrais-je te cacher ?
Les yeux de Dario flamboyèrent :
- Je ne sais pas. Mais je ne fais plus confiance. Si Alexandre est mort par votre faute, je vous le ferez payer. Très cher. J´en fais le serment.
Onorius éclata d´un rire moqueur.
- Ah, Dario ! Tu donnes aux autres l´image d´un homme posé et réfléchi, mais tu n´as rien perdu de ton impétuosité ! En ce moment même, tu sais exactement combien de millièmes de secondes il te faudrait pour dégainer ton sabre et me trancher la gorge. Avoue, tu y penses !
Dario s´empourpra. C´était vrai. Il songeait bel et bien à assassiner ce vieil homme en face de lui. Il s´efforça de maîtriser sa colère. Se calma.
- Si c´était un autre, tu n´hésiterais pas, poursuivit Onorius. Sans aller jusqu´à le tuer, tu le ferais arrêter pour trahison ou que sais-je encore ? Mais voilà...
Son regard se fit dur, menaçant :
- Je suis ton maître, Dario. Je t´ai formé. L´élève ne peut pas se retourner contre son maître. Le monde est ainsi fait.
Dario se crispa. Serra les poings.
- C´est ce que nous verrons, siffla-t-il.
Il se détourna.
Quitta la pièce sans un mot de plus.
Bouillant de rage contre Onorius.
Et contre lui-même.
Son maître avait raison.
Dans la soirée qui suivit l´arrivée du comte Thibaut au camp Ork, sa proposition se répandit parmi tous les chefs de clans. Parmi les plus influents, une bonne moitié d´entre eux jugeait trop dangereux d´attaquer Alméra, le royaume d´Itraïr. D´autres restaient neutres tandis qu´une poignée de fous furieux menés par Borkas, chef du clan Strak, approuvait ce plan. On alla se coucher après un débat animé au cours duquel il avait été décidé de remettre l´affaire au lendemain. Comme toujours.
Durant la nuit, une petite silhouette se glissa dans quelques tentes. Silencieuse. Rapide. Efficace.
Le lendemain matin, le chef Thrall découvrit en se réveillant que son bâton de commandement, une sorte de sceptre en cuivre à valeur essentiellement symbolique, avait disparu. Ses hommes fouillèrent le camp pour retrouver l´objet sous la couchette du chef Gokhan. Thrall, furieux, égorgea Gokhan avant même que ce dernier ne puisse fournir une explication boiteuse. Le cousin de Gokhan, Skorr, défia Thrall en duel. Alors que le combat devait commencer, on le retrouva étripé dans sa tente.
Kranal, un autre chef, jugea l´affaire obscure et fit décapiter Thrall dans les plus brefs délais. Son escorte riposta en boutant le feu à la tente de Kranal alors qu´il prenait son bain d´huile quotidien. L´Ork brûla vif dans d´atroces souffrances. Ses troupes, vexées, donnèrent l´assaut à celles du chef Sirkan, désigné on ne savait trop pourquoi comme le suspect principal dans cet incendie.
Toute cette histoire remonta jusqu´aux oreilles de Sharkan qui, soucieux de la cohésion de ses alliés, fit égorger les Orks de Kranal et, pour faire bonne mesure, pendit Sirkan et les siens afin d´étouffer l´affaire.
Sharkan, satisfait, disparut dans sa tente et n´en ressortit que trois heures plus tard, les pieds devant. Sans aucun doute, il s´était attiré la malveillance d´un proche de ses victimes.
Tout ceci dégénéra en une bagarre sanglante. Au milieu de la confusion, Borkas s´imposa comme chef, accusa le chef Harfak d´être l´auteur de l´assassinat de Sharkan et l´élimina aussitôt.
La totalité des opposants à la guerre contre Itraïr venait de trouver la mort.
De nouveaux chefs de clans, favorables à Borkas, prirent la place des décédés.
Le comte Thibaut fut à nouveau reçu dans la tente de commandement, par Borkas cette fois-ci.
Au soir, on décida de suivre ses conseils et de lancer une attaque contre Alméra et son roi Itraïr. Des plans furent établis, des messagers envoyés pour quérir des troupes et du matériel.
Les préparatifs commençaient.
- Bon travail, Théo, commenta sa mère lorsque la famille se retrouva seule dans la tente qui lui avait été dédiée.
- C´était presque trop facile pour moi, répondit le garçon de son habituel ton hautain.
- Comment savais-tu ce qui allait découler du vol de ce sceptre ? intervint le comte Thibaut.
- J´ai posé des questions, expliqua Geneviève. Je me suis renseignée sur les tensions entre les chefs jusqu´à trouver le grain de sable à placer dans la machinerie.
Le comte poussant un sifflement admiratif.
- Tu m´étonneras toujours !
Je sais, conclut sa femme.
Le garçon arriva sur ces entrefaites.
Il faisait nuit noire. Quelques sentinelles, juchées sur les tours de garde, scrutaient la plaine sans discerner grand-chose. La lueur des torches n´éclairait pas les environs au-delà de trente mètres. Trente mètres absolument vides, puisque les chevaliers du comte Thibaut dormaient à présent derrière les palissades. De grandes formes sombres planaient dans le ciel, piquant parfois vers le sol avant de remonter en chandelle. Un petit cri animal s´élevait alors. Puis la malheureuse proie succombait et l´oiseau entamait son festin.
Descente, mort, remontée, repas. Un rituel immuable.
Que l´une des créatures finit par rompre.
Elle était plus grosse encore que les autres et les Orks l´avaient remarquée dès son arrivée. Après un plongeon fulgurant, elle s´immobilisa à terre, ombre parmi les ombres.
Quelques minutes s´écoulèrent. Les sentinelles commençaient à s´inquiéter.
Puis il parut dans la lumière, tout proche du camp fortifié.
C´était un garçon d´un peu moins de quinze ans, treize peut-être. Vêtu d´une armure de cuir noir d´aspect très abîmé, il avançait d´une démarche tranquille, insensible aux cris stridents des oiseaux dans le ciel. Un poignard brillait à sa ceinture, un sabre étrange dépassait de ses épaules et deux bracelets en argent décorés de pierres rouges enserraient ses poignets.
Il parvint devant la porte fermée du camp Ork. Les sentinelles purent alors discerner son visage avec plus de précision. Il avait les cheveux noirs et courts, des traits droits et un teint pâle qui lui donnaient une allure stricte et dure. Mais surtout, son regard marron emplissait les Orks, pourtant peu impressionnables, d´une frayeur incontrôlable. Un regard froid, sinistre. Glacial.
- Je veux parler au comte Thibaut de Montfort, dit-il enfin.
- Qui es-tu, d´abord ? demanda un garde.
Le garçon se tourna vers lui et l´Ork regretta aussitôt d´avoir posé cette question. Ces yeux le pénétraient, calculateurs, comme pour le jauger et chercher le moyen le plus rapide de lui régler son compte.
- Mon nom est Alexandre. Fils du roi Alexandre VII. Prince de Dümra.
Le garde, trop heureux d´avoir un prétexte pour lui échapper, lança :
- Je vais chercher le capitaine Hoktar.
Il quitta son poste d´un bond. Les autres armèrent enfin leurs arbalètes et les braquèrent sur le garçon.
Une attente de quelques minutes suivit. Pesante. Menaçante.
Le Prince restait immobile, sans une trace d´inquiétude.
Enfin la porte s´ouvrit.
Hoktar parut, l´air mécontent et impressionné à la fois. Le comte Thibaut le suivait, encore ensommeillé.
- Ah, vous voilà, dit le garçon.
- Prince Alexandre ! s´exclama Thibaut. Mais que faites-vous ici ?
- C´est une longue histoire. Si ceux qui commandent ici veulent bien nous laisser entrer, je me ferai un plaisir de vous la raconter.
- Bien sûr, entrez ! grogna Hoktar. Je me vois mal vous laisser dormir dehors. Et puis, les affaires de Dümra ne me concernent pas.
Puis, comme s´il venait de remarquer un détail avec un temps de retard :
- Attendez, comment ça, « nous » ?
Pour toute réponse, Alexandre fit un signe de la main.
Une nouvelle silhouette émergea des ténèbres.
Immense. Ecrasante.
Deux bras, deux jambes, une tête. Là s´arrêtait toute ressemblance avec les hommes.
Un plumage blanc couvrait cet être de trois mètres muni de serres tranchantes et d´une énorme tête d´aigle. Deux ailes sortaient de ses omoplates tandis qu´une épée presque aussi grande que lui scintillait dans sa main. Un mot était gravé sur la lame : « Ecorcheuse ».
L´être dégageait tant de puissance que les spectateurs restèrent figés, partagés entre la crainte et l´admiration. Jamais ils n´avaient vu de telle créature.
- Je vous présente Barn, déclara le Prince. C´est un Dylran, un homme-oiseau si vous préférez. Il m´a sauvé la vie.
Devant l´air incrédule des Orks et de Thibaut, il ajouta :
- Je vous avez dit que c´était une longue histoire. Longue et compliquée. Nous entrons ?
Hoktar sembla sur le point de dire quelque chose, se ravisa. Lâcha la poignée de son épée, où sa main s´était posée par réflexe. Hocha la tête.
Ils entrèrent.
Comme d´hab, trop court.
J´espère que Théo va perdre un bras, et que son frère va se faire torturer pendant des heures, ça devrait les rendre plus modestes^^.
Heu à part ça je n´ai pas grand-chose à dire, à part une question : sur les 78 pages, on en a vu combien?
La suite. ![]()
boooooooooooooooo
oin oin veut suite, belle suite
oui ben je sais je fais pas de commentaire en fait, c´est juste que j´ai bien aimé et que je souhaiterais avoir la suite si sa seigneurie le veut bien ![]()
Je suis complétement d´accord avec hipop_danseuse
poukoi on m´aime pas moi je lis toute vos fic
alors pourkoi vous en faite pas autant!!!
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