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Le siège de Dümrist

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
23 mars 2006 à 21:53:19

Ouais, le Prince est mort ! :fete:

Juste une question KaiM : après ça, comment Alexandre pourra-t-il sauver Kristal et Adrien dans la Guerre du Tigre ? Si je ne m´abuse, c´est à ce moment que tu le fais réapparaître...

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
23 mars 2006 à 21:55:05

C´est sympa de venir tout nous spoiler Chakall...oui oui très sympa, merci beaucoup!

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
23 mars 2006 à 21:58:55

En même temps, c´est lui qui m´a raconté les grandes lignes par mail... D´ailleurs tu ne sais même pas qui est Kristal.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
23 mars 2006 à 22:03:00

Non mais quand j´en entendrai parler je le saurai...tssss KaiM pourquoi tu racontes tout à une personne et pas aux autres, hein?

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
23 mars 2006 à 22:06:55

Parce que je le lui ai demandé, et qu´en fait KaiM et moi nous nous connaissons irl, ce que je lui ai appris il y a quelques mois et que visiblement il a gardé pour lui.

KaiM
KaiM
Niveau 11
24 mars 2006 à 10:47:59

Doc, tu fais chier, on avait dit qu´on gardait le secret sur nos relations privées...

Par ailleurs, j´ignore aussi qui est Kristal. Autant que je m´en souvienne, je ne t´ai confié que les très grandes lignes et aucune scène de ce genre n´en faisait partie. Mais bon, pour te faire plaisir, je placerai un perso qui s´appellera Kristal. (Notez bien que je ne dis pas ce qu´il adviendra de lui/elle)

Bon, et maintenant, la suite :

Dernier chapitre avant l´épilogue.

C’est fini.
Je vais mourir.
Devant moi, Dhakas frappe le boeuf avec sa longue baguette. Je sens mes pieds qui glissent du rebord du chariot.
Je tombe.
Vers le sol et la mort.
A vrai dire, c’est mieux comme ça. J’ai échoué dans toutes mes missions, et je ne pourrai jamais réparer mes erreurs. Dès lors, cette vie n’a plus aucun sens. Il est préférable que tout s’achève ici. Au moins, je ne finis pas dans l’ombre.
Ma chute semble interminable. J’ai largement le temps de voir toute ma vie défiler devant mes yeux. Quelques moments de joie, certes, mais surtout des malheurs.
Une série d’images s’impose à moi. Un groupe. Tarlaq, Vladek, Dario, Namâric, Hustouk, Tektus...
Quelle incroyable équipe nous aurions pu former ! Moi pour établir les plans, Tarlaq pour les miner en imaginant le pire, Vladek pour le remettre à sa place avec des vannes stupides, Dario pour calmer le jeu, Namâric pour éloigner les curieux, Hustouk pour déclencher les bagarres et Tektus pour faire la vaisselle. Chacun apportant ses talents, tous unis dans le combat. Nous aurions été invincibles !
Et au lieu de ça, qu’ai-je fait ?
J’ai abandonné Tarlaq et Vladek au moment où ils avaient le plus besoin de mon aide.
Incapable de protéger Dario, je l’ai laissé mourir sans parvenir à lever le petit doigt.
J’ai tué Namâric de mes propres mains.
J’ai autorisé Hustouk à partir à des milliers de kilomètres d’ici.
Il ne reste plus que Tektus, quelque part dans la foule. Je sens qu’il veut m’aider, mais je ne veux pas de son secours. Lui, au moins, ne périra pas par ma faute.
En haut de son balcon, mon père adoptif doit jubiler. Il attend sûrement cet instant depuis des années. Lui, j’aurais bien aimé l’abattre. Mais à sa place, j’ai tué Alice.
Alice...
Une autre mort que je ne me pardonnerai jamais. Je n’aurais jamais dû accepter l’aide de Barn à Kridath. Il m’avait averti, pourtant ! Mais je n’ai vu en lui qu’une planche de salut, en aucun cas un piège de ce genre.
Pourquoi fallait-il qu’elle meure ? Quel intérêt Molloch pouvait-il y trouver ? Maintenant qu’elle est morte, je réalise à quel point je l’aimais.
Mais il est trop tard.
Je suis un incapable.
Je dois mourir.
« Vraiment ? »
Quoi ?
« Tu veux vraiment mourir là ? »
Le temps paraît s’être arrêté. Je suis immobile dans les airs. Plus personne ne bouge sur la place soudain assombrie. Et cette voix qui résonne à mes oreilles...
Cette voix...
Molloch !
« Quelle perspicacité ! »
Disparais ! Je ne veux plus entendre parler de toi !
« C’est fâcheux. Parce que je n’en avais pas encore fini avec toi. Tu vas vraiment te laisser faire par ces imbéciles ? »
Va-t-en !
« Non, je ne m’en irai pas. Je m’étonne que tu aies fait ce choix. Et j’ai quelque chose à te révéler.
« Non seulement je t’ai ordonné de tuer cette Alice, mais en plus c’est moi qui ai guéri ton... père. Cette maladie, qui donnait tant de mal à vos médecins, n’a rien d’insurmontable pour moi. J’ai soigné le roi, et je lui ai tout dit de tes plans. »
Quoi ?
« C’est moi qui t’ai dénoncé, et c’est moi qui ai ordonné à ton père de te défier en duel, sachant très bien comment tout cela finirait. »
Hein ?! Comment as-tu pu me faire ça ?!
« Au final, pour exposer simplement les choses, c’est moi qui ai provoqué ta chute. »
Traître !
« Insulte-moi tant que tu veux, tu ne peux rien contre moi. Rien de ce que tu pourras faire ne m’atteindra ! »
Je...
« Je le sens monter en toi. Et tu le sens aussi, n’est-ce pas ? Après la surprise, la colère, voilà le désir de vengeance... »
Qu’est-ce que tu...
« Tu veux ma mort, je le vois bien. Tu ne connaîtras pas de paix tant que je ne serai pas tombé sous ta lame. »
...
Oui ! J’aurai ta tête, Molloch ! Je le jure ! Ou que tu te caches, je te trouverai !
« Tu veux me trouver ? Je te propose un marché. Découvre le quartier général des Migrodis, Alexandre. Anéantis ses occupants. Brise cette organisation. Quand ce sera fait, je viendrai à toi. »
Je ne comprends pas.
Quel est ton but, Molloch ? Que recherches-tu ?
« Tu le sauras bien assez tôt. N’oublie pas. Les Migrodis d’abord, moi ensuite. Je tiens toujours ma parole.
« Au revoir. »
La lumière revient. Le temps reprend son cours. Je tombe. Le noeud de la corde se referme sur mon cou...
Non ! Je ne veux pas ! Je ne veux plus mourir ! Je veux vivre !
Vivre pour me venger !

Un craquement sinistre retentit.
Il ne provenait pas des vertèbres du Prince.
Sous les yeux ébahis des milliers de spectateurs, la poutre horizontale de la potence se fissura. Une large brèche s’ouvrit juste à côté du noeud. Puis, subitement, le bois cassa net et tomba en sciure.
Hixbykiû, en artisan expérimenté comprit en un éclair ce qui se passait devant lui. Durant la nuit, une colonie de termites devait avoir rongé la poutre, la rendant si fragile que le poids d’Alexandre avait suffi à la briser ! Mais comment était-ce possible ? Pourquoi ces insectes se seraient-ils retrouvés là ?
Aussi vite qu’il se les était posées, le forgeron oublia ces questions. L’heure n’était plus à ce genre de préoccupations.
Alexandre n’avait pas touché terre quand son pied fouetta l’air pour frapper Dhakas à la tempe. Assommé net par l’incroyable violence du choc, l’énorme bourreau s’effondra comme une masse.
Le Prince ne perdit pas une seconde. Son talon droit fusa, cueillit l’un des auxiliaires de Dhakas au niveau de l’entrejambe. L’homme se plia en deux. Venant à sa rencontre, le genou d’Alexandre le percuta en plein visage.
Le second adjoint, faisant preuve d’une présence d’esprit inattendue, saisit la corde que le Prince portait encore au cou. Alexandre s’élança, rebondit contre le rebord du chariot, et assena à son agresseur un fulgurant coup de pied à la nuque. L’homme s’écroula.
Alexandre s’immobilisa, seul au centre de la place, les mains liées dans le dos, les corps de ses adversaires étendus à ses pieds. Un faible vent se leva, agitant ses cheveux.
Le roi se ressaisit le premier.
- Gardes, saisissez-vous de lui ! commanda-t-il.
Nul ne bougea. Devant la foule ébahie, soldats et cavaliers restaient figés. Planté au milieu de leur formation, le Prince semblait les retenir par la seule force de son regard, dans lequel brûlait à nouveau la flamme farouche d’une combativité à toute épreuve.
A nouveau, le silence.
Puis le roi rugit une seconde fois.
- A l’attaque, soldats ! C’est un ordre !
Un premier garde, plus courageux que les autres, pointa sa lance et se rua sur le Prince. Il ne parcourut pas la moitié de la distance.
Dans la foule, une épée jaillit de son fourreau et décrivit une courbe étincelante qui faucha l’homme à la gorge, le décapitant sur le coup. Alors que la tête roulait contre les pavés, un guerrier en armure, coiffé d’un heaume au panache blanc et nanti d’une longue lame elfique, se rangea à côté du Prince, sa cape ondulant dans la brise.
Simultanément, de puissantes détonations claquèrent au milieu des chevaux. Des gerbes de flammes bleues volèrent en tous sens. Les bêtes se cabrèrent, jetant leurs cavaliers au sol, pendant que deux hommes vêtus de cuir et de métal, la main droite serrée sur un sabre, la gauche nimbée d’un halo bleuté, bondissaient dans les airs.
Les deux serviteurs de Thenetos se campèrent aux côtés d’Alexandre et de Karen.
- Heureux de voir que mes alliés ne m’ont pas lâché, commenta le Prince sans manifester de surprise. Cela dit, vous n’auriez pas pu trouver un meilleur moment pour me faire sortir de là ? Quand j’étais dans ma cellule, par exemple, ou sur le trajet vers la potence ?
Des cris d’affolement montèrent de la foule, et une effroyable cohue se déchaîna lorsque chacun entreprit de quitter les lieux au plus vite. Karen, quant à elle, s’attaqua aux cordelettes qui enserraient les poignets d’Alexandre.
- Cellule trop bien gardée. Thenetos voulait aussi qu´on essaye ses termites. Et puis, on s’est dit que vous voudriez une évasion un peu théâtrale...
Autour d’eux, les gardes se relevaient pour les encercler. Ils étaient bien cinquante, auxquels s’ajoutaient les centaines d’autres qui attendaient plus loin.
- Pour être théâtral, c’est théâtral ! s’exclama Alexandre. Mais ce serait bien si nous pouvions nous en sortir, aussi ! Vous n’êtes pas plus nombreux ?
- Non, Altesse. Notre nombre se doit d’être réduit. Pour l’évacuation.
- Magnifique... C’est vraiment une opération planifiée dans les moindres détails.
- Vous n’aviez qu’à vous en occuper vous-même ! s’emporta Karen. C’est déjà bien que Thenetos tienne assez à vous pour vouloir vous récupérer !
Et elle acheva de libérer les mains du Prince, puis trancha la corde à son cou.
- Je n’ai pas le temps de vous retirer ce collier, signala-t-elle. Mais je peux vous rendre ceci...
Elle lui tendit son glaive. Alexandre l’empoigna avec un sourire de satisfaction et se mit en garde.
Au même instant, les soldats chargèrent...
... et se heurtèrent à l’écran de protection érigé en hâte par les deux mages de Thenetos. Le bouclier flancha un peu, mais tint bon.
- J’espère que votre fameuse « évacuation » est bien préparée, fit Alexandre.

Le roi se retourna vers les hommes qui se tenaient à côté de lui.
- Eh bien, généraux ? Faites quelque chose ! Je ne tolèrerai pas que quatre fous nous tiennent tête ! Thibaut, allons !
- Ce n’est pas ma ville, Sire, se défendit le comte. A priori, vous êtes le mieux placé pour diriger la riposte.
Furieux, le roi jeta un regard à Azbédial Kotèil.
- Commandant ! Rassemblez vos mages et brisez ce bouclier ! Ensuite, tuez ces misérables !
Azbédial acquiesça en silence et bondit du haut du balcon. Il se reçut en souplesse sur le parvis du Palais de Justice, puis se dressa de toute sa hauteur en tirant son épée.
- Mages de Combat, à moi !
Il jaugea les défenses de l’ennemi. Les gardes avaient beau frapper sans relâche sur l’écran d’énergie, celui-ci tenait bon, abritant sans faillir le Prince et ses alliés. En dépit de l’empressement avec lequel il avait été construit, c’était de l’excellent travail.
Leurs manteaux colorés virevoltant sur leurs épaules, quinze Mages de Combats se regroupèrent autour de leur commandant.
- Tous ensemble ! ordonna Azbédial. Utilisez l’Eclair de Jarlaï !
Seize mains se levèrent. La même incantation fusa de seize gorges différentes. Seize rayons d’énergie filèrent droit sur le bouclier...

Tektus n’hésita pas une seconde. Il avait suivi l’affrontement depuis le début, et se tenait prêt à agir en cas de danger.
Jusqu’au bout, il servirait le Prince.
Le Varak bondit, dépassa les rangs des gardes, et s’interposa devant les Mages de Combat. Les sortilèges s’écrasèrent avec fracas sur sa poitrine, sans lui causer le moindre mal.
Voilà, c’était fait. Il était intervenu. A présent, en une seconde lui aussi était devenu un traître. Il n’avait plus qu’une seule chose à faire.
Se battre.

Alexandre ne put retenir une grimace en voyant la hache de Tektus entamer une danse de mort au milieu des soldats. Il n’avait aucune chance ! Pourquoi se sacrifiait-il ?
Enfin, se sacrifier...
Le Varak ne semblait pas vraiment gêné par le nombre de ses adversaires. Solidement campé sur ses énormes pattes, il moissonnait le flot de ses assaillants avec la désinvolture d’un paysan fauchant les blés. Très vite, les gardes cessèrent le l’attaquer pour tenter de l’aiguillonner avec leurs lances. Plus loin, dans la foule, la plupart des spectateurs se bousculaient et se piétinaient en tentant de gagner une sortie, pendant que d’autres luttaient de toutes leurs forces pour voir comment tout cela allait se terminer. Il en résultait un magnifique chaos qui empêchait le plus gros des gardes de rejoindre leurs compagnons au combat.
Autour du bouclier, les Mages se déchaînaient, libérant une pluie de sortilèges dévastateurs. Mais, Tektus les empêchant de coordonner leurs attaques, ils n’avaient pas encore abattu la protection.
Sur le balcon du Palais, le roi fulminait, hurlant, pestant, tempêtant contre ses généraux, ses hommes et tout son peuple.
C’est alors que des cris stridents retentirent dans le ciel.
- Voilà notre comment nous allons nous enfuir, annonça Karen.

KaiM
KaiM
Niveau 11
24 mars 2006 à 10:48:44

Quatre ombres noires masquèrent un instant le soleil, puis s’abattirent sur la place. Monstres hideux aux immenses ailes de cuir, créatures improbables aux gueules garnies de crocs, ces êtres faisaient irrésistiblement penser à d’ignobles chauves-souris. Des chauves-souris de cinq mètres d’envergure, aux yeux rouges effrayants, et aux cornes menaçantes.
Battant lourdement des ailes, les monstres passèrent au travers du bouclier, rivèrent leurs yeux sur les quatre combattants et vinrent tournoyer au-dessus de leurs têtes.
Alexandre ne se démonta pas.
- Voilà donc comment Thenetos a pu faire parvenir ses hommes ici, malgré le siège. Fascinant...
- Tout à fait, répondit un des mages en rengainant son sabre, finalement inutile. Maintenant, ne bougez plus.
L’une des créatures referma ses énormes serres sur les épaules du Prince. Les autres saisirent de la même manière Karen et les deux mages.
- Attendez ! s’écria Alexandre. On ne part pas sans Tektus !
- Il n’était pas prévu ! répliqua Karen. On n’a plus le temps !
Le bouclier s’éteignit.
Sous les tirs désordonnés des Mages de Combat, leurs fardeaux solidement calés dans leurs griffes, les quatre chauves-souris s’envolèrent vers le ciel.

Tektus jeta un regard bref aux monstres qui s’en allaient. Apparemment, il n’y avait pas de place pour lui...
Tant pis.
Le Varak ne doutait pas de ses capacités. Sa hache tournoya, lui ouvrant rapidement une brèche vers une ruelle. Il progressait sans difficulté, d’autant plus que les gardes n’essayaient pas vraiment de lui barrer la route.
L’air impassible, Artus le regarda s’enfuir.
- Alors on va laisser Alexandre s’en tirer comme ça ? s’indigna Adrien. Après tout ce qu’il a fait ?
Artus se tourna vers les créatures ailées qui, après s’être élevées à quelques centaines de mètres, prenaient la direction du nord-est.
- Certainement pas, murmura le magicien.
Ses traits se durcirent.
Il retira sa bague.

Même sur le dos de Barn, Alexandre n’avait jamais connu une telle sensation.
Fermement agrippé par la créature, ses jambes se balançant à trois cent mètres du sol, il filait dans le ciel à une vitesse enivrante, le vent fouettant son visage et faisant voler ses cheveux.
Il ne s’inquiétait guère pour Tektus. Après quelques secondes de réflexion, il avait conclu que le Varak parviendrait à quitter Dümrist sans difficulté. Il se reprochait juste de l’avoir forcé à abandonner son statut et à devenir un criminel. D’un autre côté, sans Tarlaq et Vladek, la vie à la capitale ne devait plus valoir grand-chose pour Tektus.
Alexandre jeta un regard à ses compagnons. Karen et les deux mages volaient à ses côtés, portés par leurs énormes chauve-souris, sans paraître s’inquiéter de la hauteur vertigineuse à laquelle ils se trouvaient.
Le Prince ne se faisait aucune illusion sur la raison qui avait poussé Thenetos et les Chevaliers Blancs à organiser son évasion. Il en savait énormément sur les Migrodis, plus qu’eux tous réunis. Son aide serait précieuse pour la suite des recherches.
Ca tombait bien. Les derniers mots de Molloch bourdonnaient encore dans ses oreilles. Traquer, trouver et tuer les Migrodis lui permettrait de se venger. Molloch devait être fou pour lui faire une telle offre. A moins qu’il soit certain de ne rien risquer en cas d’affrontement...
Mais que signifiait cette mission ? Molloch lui demandait d’éliminer les Migrodis. Que cherchait-il ? Voulait-il simplement empêcher le retour d’Arkos, ou avait-il une autre raison, bien plus inavouable ?
Alexandre se penchait sur la question quand sa chauve-souris fit une brusque embardée. Une seconde après, une sphère d’énergie rouge fendit l’air à sa droite. La créature s’éleva brutalement, et un autre projectile mortel passa en vrombissant sous les pieds du Prince, jetant des étincelles de pouvoir dans toutes les directions.
Stupéfait, Alexandre tourna la tête.
Lancé en plein ciel à une vitesse ahurissante, ne se maintenant dans les airs que par la seule force de sa magie, un homme en manteau rouge se rapprochait de lui.
Un autre tir faillit lui percuter la tête. Alexandre l’évita d’extrême justesse, puis distingua enfin le visage de son poursuivant.
Seubal Artus !
Les traits déformait par la haine, le magicien fusait à travers le ciel comme une flèche mortellement ajustée. Alexandre pouvait sentir la force de son pouvoir. Un frisson glacé lui parcourut le dos. Artus ne le lâcherait-il donc jamais ? Après avoir essayé de le faire assassiner à Kridath, allait-il continuer à tenter de le tuer ? Vu l’attachement qu’il semblait porter au général Thul’lod, c’était plus que probable.
Ce qui ne laissait qu’une seule solution.
Reprendre l’initiative.
- Demi-tour ! hurla le Prince.
Sa chauve-souris volta sans difficulté et fondit sur Artus en ouvrant toutes grandes ses redoutables mâchoires. Les compagnons d’Alexandre comprirent la menace et rebroussèrent chemin à leur tour pour venir à la rencontre de l’ennemi.
Le pouvoir d’Artus semblait ne plus connaître de limites. Il lui fallait déjà une prodigieuse énergie pour flotter dans les airs, et à cela s’ajoutaient encore la puissance requise par ses attaques. Depuis quand était-il aussi redoutable ?
Alexandre arriva sur lui. Le magicien esquiva les crocs du monstre, échappa au glaive du Prince, croisa ses adversaires, se retourna...
Karen lui tomba dessus. Artus ne dut qu’à un ample virage de ne pas être décapité. Il se laissa tomber vers le sol, remonta en chandelle vers la chauve-souris du Prince. Projeté par les deux hommes de Thenetos, un éclair de lumière s’abattit sur lui, mais il le bloqua d’un simple écran d’énergie, tout en levant son autre main.
Un rayon de lumière déchira le ciel et, cette fois, atteignit sa cible. Frappée de plein fouet par la décharge, la créature qui portait Alexandre s’enflamma comme une torche et lâcha son fardeau. Le Prince tomba dans le vide en hurlant de terreur.
Les autres chauve-souris réagirent sans hésiter. L’une d’elle abandonna sans remords le mage qu’elle transportait, et piqua vers le sol pour rattraper le Prince. Alors que le mage s’écrasait contre terre sans la moindre chance de survie, le monstre referma ses griffes sur les épaules d’Alexandre.
Le Prince vit arriver le sol avec effroi, mais la créature parvint à redresser sa trajectoire et fila en rase-mottes le long d’un champ de blé. Alexandre poussa un long soupir de soulagement.
Une explosion retentit derrière lui. Une gerbe de terre et d’épis arrachés s’envola dans les airs. Une autre sphère d’énergie éclata à droite, une suivant à gauche.
Artus ne lâchait pas prise.
La chauve-souris obliqua vers la droite, remonta le cours d’une rivière. Des éclaboussèrent jaillirent quand une série de tirs se fracassa dans l’eau. Alexandre sentit monter la panique. Sans les Bracelets d’Arzhan, il n’était pas de taille à lutter contre Artus !
La rivière s’engageait dans une forêt de chênes. La créature s’y engouffra alors qu’une nouvelle attaque pulvérisait les premiers rangs des arbres. Alexandre ne put s’empêcher de constater que les explosions se faisaient de plus en plus violentes.
Artus survolait le bois, lâchant assaut sur assaut. La chauve-souris luttait de toutes ses forces, poursuivie par une rafale de tirs qui ne laissaient derrière eux qu’un sillage de cendres et de troncs calcinés.
La créature émergea du bois et regagna un champ. Du coin de l’oeil, Alexandre vit Karen et le dernier mage arriver à son secours, leurs chauves-souris piquant droit sur Artus. Il restait peut-être un espoir.
C’est alors qu’Artus réussit à le toucher. Une sphère ardente percuta le dos du monstre ailé, qui poussa un cri de douleur et s’abattit sur le sol. Alexandre se dégagea au dernier moment, tenta d’amortir sa chute, rebondit contre terre, roula sur quelques mètres jusqu’à perdre sa vitesse. Une douleur atroce lui parcourut la jambe. Brisée, sans aucun doute.
Les deux autres chauves-souris se posèrent à côté de lui. Karen et le mage se campèrent face à Artus. Celui-ci atterrit calmement et se permit un sourire sardonique.
- Aujourd’hui, j’élimine le meurtrier du général Thul’lod, cracha-t-il. Double profit : ma vengeance, et la reconnaissance du roi. Vous m’offrez un beau cadeau, Altesse.
Il leva la main. L’énergie crépita dans sa paume.
- Je m’en occupe, assura le mage de Thenetos. Je sui le seul à pouvoir lutter contre lui.
Pour la première fois, Alexandre le regarda. Grand, efflanqué, le teint pâle et les cheveux longs, il arborait une fine barbiche noire qui soulignait la droiture de ses traits. Son sabre au poing, l´air résolu, l´image même de la confiance en soi, il avança d’un pas et débuta une incantantion. Artus se contenta de lui jeter un coup d´oeil méprisant, puis fit un grand geste du bras, comme s’il avait voulu chasser un insecte.
Les membres de son adversaire se tendirent brusquement sous l’action de la magie. L’homme eut le temps de pousser un cri d’agonie déchirant, puis le pouvoir d’Artus acheva de l’écarteler. Les bras et les jambes du mage s’arrachèrent à son corps avec un écoeurant jet de sang.
Alexandre, toujours à terre, le visage déformé par la douleur de sa jambe, se mit à trembler.
- Karen, retirez-moi ce collier. Tout de suite.
La jeune Elfe s’empressa d’agripper l’anneau de dantarium, mais ne parvint pas à le déverrouiller.
- Inutile ! s’exclama Artus. A votre tour de mourir !
Sa main luisit d’une aura de pouvoir.
- Non !
Une voix nouvelle venait de s’élever au-dessus de leurs têtes. Le Prince, le magicien et l’Elfe levèrent les yeux au ciel.
Un garçon vêtu de blanc se laissa tomber à côté d’Artus. Alexandre mit quelques secondes à le reconnaître.
Adrien.
Le frère d’Alice, de Katja et de Conrad. Le Prince ne l’avait pas revu depuis Kridath, mais il comprit aussitôt ce qui se passait. C’était Adrien, pas Alice, qui détenait ce pouvoir magique qui intéressait tant Thenetos. Et il le maîtrisait.
Adrien avait profondément changé. Il n’avait plus rien du garçon détaché et réservé de Kridath. Au contraire, il rayonnait de puissance et de confiance en lui. A l’idée qu’il était venu se venger lui aussi, Alexandre sentit son coeur s’arrêter.
Adrien posa sur le Prince un regard plus glacial encore que le sien, puis se tourna vers son maître.
- Alexandre n’a assassiné que votre maître. Ma soeur m´était certainement beaucoup plus chère que Thul´lod ne l´était à vous. C’est à moi que sa vie appartient.
Le Prince fit un effort pour hausser les épaules.
- Vous savez, pour moi, l’un ou l’autre...
Artus braqua sur lui des yeux brûlants de haine.
- Hors de question, disciple. Alexandre mourra de ma main. N’essaye pas de me voler mon plaisir.
Rassemblant toute sa puissance, il projeta contre le Prince une formidable vague d’énergie. Une force titanesque. Une vitesse hallucinante. Aucune chance d’y échapper.
Adrien se montra pourtant encore plus rapide. Le pouvoir coula jusqu’au bout de ses doigts, se condensa en une sphère de lumière blanche.
Le projectile, attaque peaufinée jusqu’à la perfection, fonça sur Alexandre en une vrille empreinte de grâce. Il s’interposa devant l’attaque d’Artus, avala jusqu’à la dernière parcelle de la colossale énergie puis, implacable, fondit sur sa cible.
La frappa en pleine poitrine.
Irradia dans son corps entier.
Seubal Artus perdit connaissance.

:)

scoien
scoien
Niveau 10
24 mars 2006 à 13:32:36

KaiM je ne sais pas où tu trouves cette inspiration, peut-être que c´est le fait de me cotoyer tous les jours :-p...

En tout cas bravo!

Signé : Scoien, un de tes camarades, qui est comme toi resté chez lui ce matin! J´espère que tu m´auras reconnu!

KaiM
KaiM
Niveau 11
24 mars 2006 à 13:45:35

Je t´ai reconnu, c´est bon. Tu m´avais déjà montré ce pseudo il y a un certain temps.

Alors, finalement, tu as renoncé à forcer le blocus ?

scoien
scoien
Niveau 10
24 mars 2006 à 13:48:11

Ben oui, en + j´ai reçu un courrier comme quoi j´étais pas venu en cours Lundi, Mardi Et Mercredi (alors que Mardi je suis venu tte la journée) donc je vois pas pkoi je me casserai le c** pour passer le blocus si c´est pour recevoir ça chez moi!

Enfin bon...

KaiM
KaiM
Niveau 11
24 mars 2006 à 14:03:28

Et lundi prochain, on tente ou on reste chez nous ?

scoien
scoien
Niveau 10
24 mars 2006 à 14:06:30

Je ne sais pas encore, j´en dicute avec les autres, faudra voir ce week-end! Je vais au foot moi! A+ et bonne écriture!

KaiM
KaiM
Niveau 11
24 mars 2006 à 14:13:14

A la prochaine ! (Fixer une date me paraît hasardeux...)

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
24 mars 2006 à 16:22:20

"Les traits déformait "
"des éclaboussèrent"

Sinon, je vois pas pourquoi tu voulais garder ça secret, après tout c´est pas interdit de se côtoyer entre forumers hein. :-d Au fait t´es à quel lycée?

Euh sinon voilà quoi, comme on a passé quatre jours sans suite on pourra l´avoir demain? :-d

KaiM
KaiM
Niveau 11
24 mars 2006 à 16:28:58

Lycée Henri Bergson, Angers.

http://www.tourisme.fr/carte/carte-departement-maine-et-loire.htm

KaiM
KaiM
Niveau 11
24 mars 2006 à 16:31:47

Maine-et-Loire (49), région Pays de la Loire, France.

http://www.media-cartes.fr/cartes_France_admin.htm

(si t´arrives pas à situer le Maine-et-Loire)

http://bergson-lycee49.ac-nantes.fr/

Réponse assez complète ?

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
24 mars 2006 à 16:35:46

Oui, oui, réponse assez complète sur la localisation. :-d Par contre la suite...? :-)

KaiM
KaiM
Niveau 11
24 mars 2006 à 16:42:21

La suite, c´est l´épilogue. Après, cette fic sera finie... pourquoi se presser ?

"Les tribulations époiustouflantes des pelures d´orange avariées" compte à présent 113 pages.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
24 mars 2006 à 16:45:39

Parce que j´ai envie de conaître la fin, et que j´ai bon espoir que tu commences rapidement à nous poster "Les tribulations époiustouflantes des pelures d´orange avariées", même si pense que le titre "L´antépénultième combat du poulet aux oeufs durs" est plus adapté au genre de la fiction. :o))

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
24 mars 2006 à 18:24:01

Diantre,voilà un chapitre impressionant. Le récit avance mais jeveux dire que j´ai été imprésionner par le vol des chauves-souris et la poursuite avec Artus. J´ai vraiment ressenti le pouvoir et le danger, c´était vraiment fantastique. Merveilleusement bien écrit, l´action est parfaitre, un bon chapitre !

Mais !. ..

Il y a des parts d´ombres qui restent à éclairer. Un des fils du comte Thibault a un contrat avec Molloch, et je me demande bien comment il va l´honorer dans l´épilogue surtout qu´il a l´air d´être un personnage plutôt mineur. Ensuite, vient le tour de Namaric, c´est vague : au dernière nouvelle Molloch lui proposaitun contrat mais il a refusait. Au même instant, Barn a abandonné la famille de Thibault pour aller faire quelque chose qui nous est absolument inconnu. Ainsi, si dans l´épilogue il n´y a rioen à son propos, ton récit contiendra un vide dans l´histoire car on n´aura aucune mais aucune certitude que Namaric soit mort et on ne saura pas ce que Barn est partie bricoler durant un temps. Tout done l´impression que le scénario a été fait de bric et de broc et que tu n´as pas réussi à tout faire imbriquer correctement.

J´éspère que l´on en vas se retrouver avec un fin à la Arzhan où tout se fait dans le dernier chapitre car pour es migrodis et tous ce qui s´en suit ... je sais pas comment tu vas caser tout ça, et aussi l´oeil on sait pas ce qu´il est devenu.

Bref, l´histoire à légèrement l´air de dérailler comme si la fin ne coller pas vraiment avec le reste de l´histoire. C´est vraiment bizarre car ça me laisse comme une impression de vite fait mal fait. Ca reste bien écrit cependant mais il y a un je ne sais quoi qui fait éclater que le vernis que tu as étalé.

Je ne sais pas si tu m´as compris mais c´est le fond de ma pensée.

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