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Liste des sujets

Le siège de Dümrist

Sunshadow
Sunshadow
Niveau 7
15 mars 2006 à 13:20:40

B

Sunshadow
Sunshadow
Niveau 7
15 mars 2006 à 13:22:05

Merde

Bon, c´est bien, personnellement je m´attendais un peu à une révélation de ce genre.

En effet vivement jeudi !

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
15 mars 2006 à 13:59:10

Après lecture du siège de Dümrist, je me dis que le titre est presque inapppropié. J´entends par là que l´histoire du siège en devient presque secondaire devant l´importance des complots et des histoires parallèles. Même au début de l´histoire on ne sentait pas tellement la menace. Et si on y regarde bien; lors du siège, qui n´a pas duré un mois, il n´y a eut qu´une seule grande attaque.

Disons que l´histoire du siège, la panique des habitajnts, les enjeux politiques auraient mieux dû être explorés car le récit avec Alexandre fait de l´ombre. Le récit est ressort déséquilibr je trouve tant dans sa forma evace les chapitres qu´avec le récit.

je termine car j´ai pas le temps de mieux expliquer mais j´y reviendrait.

KaiM
KaiM
Niveau 11
15 mars 2006 à 14:05:09

Je comprends tout à fait ce que tu veux dire. Mais je n´ai jamais été très doué pour évoquer des enjeux politiques plus complexes que ce que j´ai fait dans cette fic. Si tu as des idées...

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
15 mars 2006 à 19:56:53

Des idées ?
J´en ai plein.

=> Déjà tu aurais pu faire un complot avec les autres pays avoisinant qui auraient voulu profiter de la faiblesse de Dümra pour s´emparer des terres frontalières, et ainsi attaquer par derrière pendant que les efles assiégeaient Dümrist. On aurait pu voir avec Thenetos, l´empereur de Vordal en train de réflechir à une attaque de son côté.

=> Ou encore des petites guerres entre seigneurs qui veulent accroitre leur pouvoir, profitant de fait que le roi ou ALexandre soient occupé à des tâches plus importantes que la gestion de seigneurs. Ainsi, tu aurais pu encore plus creuser avec Thibault qui aurait du faire signer des traités de paix ou réorganiser une alliance dans un pays qui se fragmente.

=> Tu aurais aussi pu faire le clergé qui essaierait de tirer son épingle du jeu et de s´appropier le pouvoir des villes, profitant que les seigneurs ou les gouverneur soient partis en guerre.

=> Tu aurais aussi pu appuyer sur les conséquences économiques de la guerre avec un arrêt presque totale des récoltes présentes et à venir à cause des pillages et des destructions. Dümra aurait du acheter les marchandises et les récoltes aux pays voisins, créant des dettes pour le royaume.

=> Ou alors aussi l´aspect politique qu´il résultera de la guerre contre les Efles, Dümra ayant réussi à repousser l´envahisseur cela pourrait impressioner les pays voisins. Provoquant ainsi de la crainte ou de l´admiration. Tu aurais pu brosser un portrait situant les nations par rapport aux autres et décrivant les différents rapports de force présents et futur, même si tu le fais quand l´action se passe avec les Orks, se serait bien de resituer les choses car on oublie des informations quand le récits avance.

=> De plus, comme l´armée est très sollicité, Alexandre, s´il devient roi, pourra profiter de ça et réorganiser le pays sous autorité militaire afin d´assoir son pouvoir.

=> Mieux encore, Dümra pourrait donner des terres aux Orks. En effet, le royaume pourrait conclure une alliance, évitant de se faire piller par eux, mais aussi permettant de les avoir sous la main en cas de guerre.

=> Du point de vue d´Adrien, qui est un peu excentré, tu aurais pu appuyer sur la mentalité des gens et de ce qu´ils pensaient de la guerre loin des combats. Tu aurais pu faire découvrir leurs craintes ou leurs espoirs mais aussi comment s´organiser la vie en temps de guerre. On aurait eu ainsi une vision des strates inférieurs de la population, ce qui changerait des comtes, généraux et autres princes. Pour te donner une comparaison, les moments ou Alexandre était dans la famille d´Alice était géniaux.

=> A propos d´Alice, je fais une parenthèse, c´est une cruche. Elle a l´air naïve, candide, ingenu. On a l´impression d´avoir là une potiche qui suit comme un petit caniche le prince et qui a des sentiments très primaires. Il aurait fallu ajouter plus de nuances, accentuer sur son amour avec le prince, affaire qui semblent se tasser d´elle même par ailleurs. Bref, ce personnage est le moins réussi et le récit gagnerait à améliorer.

=> En outre, on aurait par la même occasion pu voir en quoi la magie était utile dans le quotidien des paysans, ou alors comment le monde était enchanté. Car depuis un certains temps, la mague est devenue banale ou discrète et c´est moins mystèrieux que dans les Bracelets d´Arzhan. Il faudrait remystifier tout ça en montrant des aspects méconnues de la magie. Et aussi, les différents acteurs : mage, nécromancien, sorcier, alchimiste, etc ... afin de rendre de mon monde plus ancré sur lui-même.

=> Concernant le siège, tu aurais pu faire ressentir une pression, une peur pour Dümrist plus importante, notamment avec les Efles. Ces derniers auraient pu tenter de s´introduire dans la cité en creusant un souterrain, essayer d´empoisoner la nappe phréatique, faire une guerre psychologique en envoyant des têtes par catapultes ou des torches emflammées pour affaiblir les défenses. Mieux encore, les efles auraient pu envoyer par catapultes ou par magie ou je ne sais quel autre moyen, des cadavres pourries d´animaux pour tenter de répandre la maladie dans la cité et ainsi affaiblir la cité.

Bon, je n´ai pas tout débalé car sinon ça prendrait des pages. Ce que j´ai dis ne sont pas des choses qui manquent à ta fiction, car elle est déjà très bien, mais se sont des choses, qui j´en suis certains, enrichieraient considérablement lerécit et le monde.

Et je tiens à rappeller qua c´est mon avis et non une vérité générale, tu en fais ce que tu veux. :ok:

Voilivoilou. :)

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
15 mars 2006 à 20:43:37

Bizarrement, j´approuve quasiment tout ce que t´as dit^^. Sauf un point, celui des seigneurs==>Les seigneurs de Dümra sont, dans leur grande majorité, attachés à leur pays et donc peu d´entre eux iraient piller et faire une guerre intérieure alors que le pays est au bord du gouffre (et que si Dümrist tombe, bah eux aussi ils auront à affronter les milliers d´Elfes). Concernant les Orks, je ne pense pas que ceux-ci accepteraient de part leur tempérament qui a toujours (du moins de ce que je me rappelle et de ce que montre KaiM) été de l´ordre du pillage. Ils n´ont rien à gagner à posséder des terres, je ne pense pas qu´ils veulent se sédentariser.

Mais le reste, j´agree. :-d

KaiM
KaiM
Niveau 11
15 mars 2006 à 21:30:02

En effet, toutes ces idées sont bonne et viendraient enrichir la fic. De plus, il y en a qui sont simples à mettre en oeuvre, comme l´attitude des gens à Ganor (facile de rajouter des scènes où Adrien se balade en ville, fait connaissance avec les habitants...), ou l´état des récoltes, quelques attaques des Elfes en plus, des scènes où Alexandre se rend sur les remparts pour sonder le moral des hommes...

Ca, je pourrais m´en occuper quand j´aurai bouclé le cycle, si j´ai envie de m´y remettre.

En revanche, il y des idées qui seraient beaucoup plus dures à placer. Les complots des autres pays ou des nobles, même si je les mets en place, seraient forcément voués à l´échec pour ne pas renverser le cours des événements. Le clergé, à part à Ganor, je ne vois pas trop où le faire intervenir, ni comment. Revenir sur Alice, ce sera délicat.

Un descriptif des relations internationales... déjà il faut vraiment que je fasse une carte un jour ou l´autre. Ensuite j´ai commencé à développer un peu ce point dans le tome 4.

Pour la magie... à voir. Difficile d´établir une bonne fois pour toutes un système de magie organisé, mais j´y réfléchirai. Au passage, j´ai jamais pigé ce qu´était un nécromancien, alors si vous puviez m´éclairer...

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
15 mars 2006 à 21:41:35

Le nécromancien, c´est celui qui s´occupe de magie généralement considérée comme "noire", c´est celle qui touche à la mort, à la douleur, au poison, à la réanimation de cadavres/zombis (si on est puriste, c´est uniquement ce qui touche la mort elle-même, mais on étend quand même généralement ne serait-ce qu´à la réanimation) bref ils ne sont généralement pas très légaux, même si un nécromancien n´est pas forcément mauvais, disons que ce sont des gens vraiment spéciaux que le commun des mortels n´apprécie généralement guère, bref je ne pense pas que tu puisses en mettre, enfin je vois pas où, parce que c´est pas les Orks ni les Elfes qui le seront, et les humains nécromant bah...je vois pas trop où tu pourrais en faire intervenir.

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
15 mars 2006 à 22:45:18

Perso, j´aurais bien vu les Migrodis en nécromanciens. Se seraient, à mon humble avis, les personnes les plus compétentes pour résusciter un démon tel que Arkos.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
16 mars 2006 à 15:55:52

Je crois que généralement démonistes et Nécromanciens sont distincts...mais effectivement je n´y avais pas pensé mais certains Migrodis pourraient effectivement être des nécros...seulement les ritualistes n´en seraient pas, du moins je pense.

Agraf
Agraf
Niveau 10
16 mars 2006 à 18:18:57

Oui, et il pourraient faire revenir ce cher maître chanteur...

Ca y est, j´ai lu ce que j´avais de retard et... c´est très bien, mais je suis tout de même un peu frustré de n´avoir pu lire que des petits morceaux. Vu que j´étais habitué à lire cette fic à coup de cinquante pages, le fait de ne me contenter que de huit ou neuf me chagrine. On rentre moins facilement dans le recit et je n´ai d´ailleurs pas aprécier que Alice s´en sorte. Ce perso est décidemment trop con, et de plus sa mort permettrait à Antoine de prendre -enfin- une place interressante dans le récit.

Bon, tjs du très bon, malheureusement trop court.

KaiM
KaiM
Niveau 11
16 mars 2006 à 20:10:05

C´est qui Antoine?

chris12
chris12
Niveau 9
16 mars 2006 à 21:50:33

devait pas y avoir une suite aujourd´hui ?

Agraf
Agraf
Niveau 10
17 mars 2006 à 14:34:48

Bon, pas antoine alors, le frère à Alice, il s´appelle comment ?

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
17 mars 2006 à 14:52:07

Adrien, peut-être ?

Je profite de l´occasion pour signaler que j´ai tout lu, que j´approuve les critiques d´Ostramus, et que j´espère de tout coeur qu´Alexandre va mourir pour laisser la vedettes à des personnages un peu moins creux.

A plus.

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
17 mars 2006 à 18:30:55

Juste à titre d´information, la formule : " Enjoy :ok: " est du génial auteur Ffrules qui n´est plus des notres.

Cela montre à quel point il a eu une influence sur le forum et aussi à quel point les gens sont des copieurs.

:)

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
17 mars 2006 à 18:42:00

Mais la formule "Enjoy (ou pas)" utilisée par KaiM a été inventée bien après par la nouvelle vague de forumers...je pense que ça doit être Softy, moi ou Ash´ qui l´a utilisée en premier.

:)

chris12
chris12
Niveau 9
17 mars 2006 à 18:59:24

Il est pu là FFrules ? ouinnn
Pour la formule, je pense l´avoir sur une fic d´un forum de jeux avant l´existence d"Ecriture".

Mais là n´est pas le sujet, Quand es-ce qu´on aura la suite ? ! ? ! ? ! ?

KaiM
KaiM
Niveau 11
18 mars 2006 à 09:02:40

Un long chapitre. Explications, conclusions, fin des bastons.

Juvorn jeta la vieille femme dans sa salle de travail, ferma la porte à clé et poussa un soupir soulagé. Il n’aimait pas être confronté au surnaturel, et cette histoire ne lui disait rien qui vaille. Heureusement que cette Nurmill Aqlaï n’avait pas fait de difficultés supplémentaires.
Quand Juvorn se retourna, Strelian avait disparu. Etrange. Au même instant, des éclats de voix lui parvinrent depuis le cloître.
Juvorn réfléchit à toute vitesse. Strelian avait dû se faire repérer, auquel cas il risquait d’être retenu. Il s’en sortirait, bien sûr, mais pendant ce temps le garçon pouvait aller n’importe où. Il fallait le trouver sur-le-champ.
Juvorn s’engagea dans le couloir en prenant la direction opposée à celle d’où s’élevaient les voix. Il parcourut une dizaine de mètres, ouvrit quelques portes pour vérifier que personne ne se cachait dans les pièces qui jouxtaient le corridor, puis trouva la sortie du bâtiment.
Il réfléchit un instant à la mission. D’après Strelian, il était essentiel de ramener le garçon vivant. Plutôt habitué aux assassinats, Juvorn ne se sentait pas vraiment dans son élément. Mais enfin, Thenetos l’avait toujours très bien payé pour ses services, il pouvait bien se diversifier un peu.
Il sortait de la bâtisse lorsqu’une autre porte s’ouvrit sur sa droite et qu’un garçon s’échappa du monastère. Et pas n’importe quel garçon. Celui qu’il était censé capturer. Adrien Heinkel.
Juvorn s’élança à sa poursuite, étonnamment rapide en dépit de son poids. Le garçon l’aperçut et accéléra.
Il traversèrent la grande cour du monastère, courant plus ou moins au même rythme. Adrien sauta une petite barrière, longea le mur principal et se dirigea vers la grande porte. Aussitôt, Juvorn lança son poignard. La lame d’acier se planta dans le mollet du garçon, qui poussa un cri et s’arrêta presque. Juvorn en profita pour lui bondir dessus.
Luttant contre la douleur, Adrien évita sa charge puis leva la main. Une boule d’énrgie jaillit de sa paume, mais se dissipa en pleine course.
- C’est tout ce que tu sais faire ? le railla Juvorn. Pas brillant...
Le second tir explosa au sol, juste devant ses pieds. Un nuage de poussière s’éleva. Juvorn toussa puis s’élança vers la sortie du monastère, barrant le passage pour empêcher sa proie de s’enfuir.
Quand la poussière retomba, il vit la porte du cellier se refermer.
Juvorn avança vers le petit bâtiment. Le garçon n’était visiblement pas très malin. Il avait avisé l’abri le plus proche et couru s’y cacher. Il aurait bien mieux fait d’aller chercher de l’aide à la cathédrale ! A présent, il était piéger.
Juvorn pénétra dans le cellier. C’était une construction rectangulaire à un seul étage, bâtie en pierre et couverte d’ardoises. A l’intérieur de l’unique pièce s’entassaient des sacs de grain et de farine, des tonneaux de vin et de fruits, des caisses de viande et de poisson séché, en bref toutes les réserves de nourriture du monastère.
Un moine de petite taille et d’âge avancé s’approcha, l’air contrarié. Probablement le seul qu’on ait dispensé de l’office de midi, afin de ne pas laisser le cellier sans surveillance.
- Mon frère, que signifient ces intrusions ? D’abord le garçon, puis vous ! J’ai besoin de tranquillité pour...
Un violent coup de poing le cueillit au menton, un autre à la nuque. Assommé net, il s’effondra.
Juvorn referma la porte et observa le sol. Son poignard gisait à quelques mètres de l’entrée, maculé de sang. Une traînée rouge s’éloignait vers les stocks de nourriture, aussi facile à suivre qu’une route balisée. Juvorn soupira. Le gamin n’aurait pas dû arracher la dague, il aurait ainsi évité de laisser une piste aussi évidente. Là, ce n’était pas drôle.
Juvorn avait l’habitude de traquer sa victime de manière implacable, utilisant à bon escient ses incroyables dons de pisteur. Il s’immobilisa et tendit l’oreille.
Au bout de quelques secondes, il distingua très nettement une respiration faible et saccadée, tout au fond du bâtiment, derrière un tas de sacs de légumes.
Il esquissa un sourire et se dirigea vers sa proie.

L’épée d’Hustouk fendit l’air en un arc de cercle impressionnant de force et de vitesse. Son adversaire ne dut qu’à un prodigieux réflexe de ne pas être coupé en deux. Il bondit en arrière, passant au ras de la lame, et releva son fouet.
Hustouk évita le coup cinglant avec aisance, et fondit sur son ennemi. Son épée s’abattit de nouveau sur l’homme, manquant lui trancher la jambe. Le second tenta une attaque de son fouet. L´Ork l’esquiva sans mal.
Depuis qu’il avait laissé ressurgir l’Autre, le combat s’était équilibré. Le démon lui prêtait sa force colossale et son incroyable vitesse. Aveuglément, furieusement, Hustouk taillait et hachait en tous sens à s’en rompre les bras, ses cornes tordues luisant dans la lumière des torches, ses muscles épais comme des troncs se tendant avec une puissance titanesque.
Les deux hommes, désormais plus prudents, mais encore loin d´être surclassés, l’affrontaient avec méthode. Ils se relayaient pour lui faire face, l’un s’exposant aux coups tandis que l’autre essayait de frapper. Et cette tactique fonctionnait.
Un fouet entailla le front d’Hustouk. Empoignant son épée à deux mains, il attaqua l’homme le plus proche. Sa lame fendit l’air à un millimètre de son adversaire, et brisa une dalle de marbre en s’abattant sur le sol.
L’homme bondit et lança son pied dans le visage d’Hustouk. Il sentit son nez se casser, mais parvint à porter un coup de poing au ventre de son assaillant. L’homme partit en arrière et roula au sol.
L’autre fit claquer son fouet. Le cuir mordit le bras d’Hustouk, qui se jeta sur son attaquant et lui assena un violent coup d’épée. L’homme esquiva d’un pas sur le côté, puis plaça une manchette en visant la gorge de l’Ork.
La main d’Hustouk se referma sur son poignet et commença à serrer avec une force surhumaine. L’homme grimaça, gémit. Un craquement écoeurant se fit entendre. L’homme poussa un cri.
Hustouk le souleva de terre et le projeta sur une table, où il s’étala avec fracas au milieu des alambics. Le second guerrier revint à l’assaut. L´Ork évita le fouet et porta un coup de taille.
Sa lame ouvrit une profonde blessure dans le mollet de son adversaire. Celui-ci recula devant une nouvelle attaque, bondit en arrière puis abattit son fouet.
Hustouk faucha la lanière en plein vol avec son épée. Le bout du fouet retomba, tranché net. L’homme fit quelques pas en arrière, la peur apparaissant sur son visage. D´un grand geste du bras, l´Ork lança son arme.
Le guerrier esquiva l’épée projetée contre lui. La lame poursuivit sa course et fracassa les pieds de l’armoire à potions. Dans un vacarme infernal, le meuble se renversa sur l’homme, le faisant tomber à terre et le bloquant à hauteur de taille.
Hustouk sentit un choc sur sa nuque. Des morceaux de verre brisé se répandirent autour de lui. Il se retourna.
L’autre homme venait de lui lancer un flacon au visage. Paniqué, il s’emparait de tous les alambics et fioles qui lui tombaient sous la main pour les projeter sur l’Ork. Malgré son affolement et son poignet brisé, la précision de ses tirs restait redoutables, et toute une série d’instruments en verre se fracassa sur Hustouk.
Celui-ci se rua en avant. Les objets pleuvaient sur lui dans un scintillement d’éclats de verre. Les coups auraient dû ouvrir de terribles entailles dans sa peau, mais il n’en était rien. Le pouvoir du démon vibrait en lui, invincible.
Son pied cueillit l’homme au niveau des genoux. Il bascula, se rattrapa d’une roue sur une seule main, retomba un peu plus loin, esquiva un revers furieux et contre-attaqua en bondissant sur le dos de l’Ork. Hustouk se sentit saisi au bras d’une clef impitoyable. Expert en la matière, l’homme lui infligea une terrible torsion capable de lui casser le poignet.
Ce qui ne se produisit pas.
Les os d’Hustouk étaient devenus aussi résistants que de l’acier. D’une secousse, il se dégagea de la prise, puis se retourna vers son adversaire en frappant.
Un monstrueux coup de poing qui percuta l’homme en plein visage, le souleva de terre et l’envoya voltiger dans les airs. Quand, une seconde plus tard, il retomba sur le sol, il était déjà mort.
Hustouk alla ramasser son épée. Son dernier ennemi se libéra de l’armoire sous laquelle il était coincé, puis se releva. Ses yeux allaient de l’Ork à la sortie de la pièce comme si, pour la première fois, il envisageait la fuite.
Hustouk fit un pas en avant, animé d’une effroyable volonté meurtrière.
L’homme finit par prendre une décision. Il n’avait pas le droit de décevoir son maître, il savait trop bien ce qu’il risquait. Il avait vu ce qui était arrivé à Andorion.
Il se dirigea vers Hustouk, poings serrés, muscles tendus. Puis, quand il ne fut plus qu’à un mètre de l’Ork, il bondit.
Sa jambe se tendit, son pied fouetta l’air en un arc de cercle dévastateur en fondant sur le visage d’Hustouk...
... qui l’esquiva en se baissant et projeta son coude dans les côtes de son adversaire. L’homme toucha terre, chancela, se redressa.
Hustouk souleva son épée à deux mains, et l’abattit avec assez de force pour décapiter un éléphant.
La lame dentelée frappa le serviteur de Thenetos à l’épaule, traversa son torse jusqu’au coeur et ressortit au niveau de la hanche.
Les deux moitiés de l’homme se séparèrent et s’écroulèrent en répandant une mare de sang.
Hustouk poussa un long soupir. Encore une fois, il avait gagné.
Puis il se rendit compte de son erreur.
Il avait laissé les commandes à l’Autre pendant trop longtemps. A présent, le démon avait pris une influence énorme sur lui. Il fallait le repousser au plus vite.
Hustouk lutta de toutes se forces pour repousser l’intrusion dans sa conscience. Profitant de la faiblesse qui l’avait envahi à la fin du combat, le démon se lançait tout entier à l’assaut de son esprit. Quelques minutes de plus lui suffiraient pour l’emporter.
Hustouk se convulsa. Il devait à tout prix résister. Sa vue se brouillait. Il n’allait quand même pas se laisser dominer alors qu’il touchait au but !
Au but ?
Quel but ?
Les flacons !
Ses yeux tombèrent sur les fioles posées sur la table. Par miracle, l’affrontement les avait épargnées. Hustouk se leva, fit un pas vers elles.
La terrible volonté du démon le plia en deux. Il continua d’avancer. Une de ses jambes se déroba sous lui. Il se reprit et se rapprocha encore alors qu’une douleur atroce irradiait dans son crâne.
Chaque pas lui coûtait autant qu’une journée de combat. Il marchait inlassablement, ignorant la souffrance et la jubilation du démon sur le point de l’emporter, sa volonté tendue vers un seul but : les fioles.
Trois mètres, deux, un. Zéro. Hustouk était arrivé à la table. Le démon poussa un cri de rage et redoubla ses efforts. L´Ork tendit une main vers les flacons. Il n’y voyait presque plus. Sa vision, teintée de rouge, lui permettait à peine de distinguer les deux fioles. Il savait cependant que la verte était celle de gauche. Ne restait qu’une question.
Laquelle ?

KaiM
KaiM
Niveau 11
18 mars 2006 à 09:04:00

Artus entendit sonner les cloches avec soulagement. L’office se terminait enfin. Avec un peu de chances, les moines allaient rapidement gagner le cloître.
Il se pencha, évita un coup de taille, tenta une riposte qui échoua. Strelian attaqua de nouveau. Sa rapière plongea vers le ventre d’Artus. Le magicien esquiva puis abattit son poignard. Son adversaire lui agrippa le bras et dévia la dague lancée vers sa tête, puis assena à Artus un coup de pied circulaire qui le percuta à la poitrine et le projeta à la renverse.
Le magicien se releva. Une nouvelle série de balayages le força à reculer. Il sentit soudain le muret du cloître derrière lui. Strelian plaça une estocade. Artus se décala pour échapper à la rapière, et vit la lame revenir vers son cou en une courbe mortelle. Il bondit en arrière pour esquiver l’assaut, roula sur le muret de pierre et retomba de l’autre côté. Strelian enjamba souplement la rambarde. Son pied frappa le menton d’Artus, qui se trouvait encore à terre. Le spadassin afficha un sourire cruel en entendant l’os craquer.
Artus roula sur le côté et se redressa pour faire face à son adversaire. Les coups qu’avait reçu le magicien le faisaient atrocement souffrir. Seule sa volonté le maintenait debout.
Comprenant qu’il n’avait plus le choix, il retira la bague qu’il portait à l’index. Il se raidit, se prépara à recevoir la formidable vague de pouvoir qui allait déferler en lui pour anéantir son adversaire... Il ne se passa rien.
Un horrible sentiment d’impuissance saisit Artus quand il comprit que l’amulette en dantarium enrichi parvenait aisément à bloquer un pouvoir aussi incroyable que le sien. Le talent de Thenetos n’avait-il donc aucune limite ?
Strelian, sûr de sa victoire, abattit son épée. Artus dévia l’attaque avec son avant-bras gauche. Le cuir amortit un peu l’impact, néanmoins l’acier trancha la manche et entailla la peau. Sans se soucier de cette nouvelle blessure, Artus frappa de son poignard.
Il avait visé la gorge, mais sa lame ne fit qu’effleurer la joue de l’épéiste. Strelian profita de l’ouverture pour porter un coup de poing au sternum de son adversaire. Artus recula d’un pas, le souffle coupé.
La rapière de Strelian s’enfonça dans sa cuisse. Artus grimaça, s’éloigna en titubant. Le spadassin le suivit, ravi de l’effet de son coup. Affolé, le magicien fit un autre pas en arrière.
Puis il bondit.
Pris au dépourvu, Strelian ne put esquiver le pied qui percuta son visage. Son nez se brisa sous l’impact. Il sauta en arrière pour éviter un coup de poignard, mais l’acier parvint à taillader son bras. Strelian riposta d’un furieux coup d’épée, qu’Artus évita en s’accroupissant. Ralentis par leurs blessures, les deux hommes s’écartèrent.
C’est alors qu’une porte s’ouvrit. Artus tourna la tête : Liffip ! Le prieur venait de déboucher dans le cloître, suivi par quelques moines.
- Que signifie tout ceci ?
Artus se sentit à la fois soulagé et inquiet. Soulagé, parce qu’il n’était plus seul, et inquiet parce qu’il doutait fortement de la capacité d’une bande de moines à maîtriser un tueur comme Strelian.
Personne n’avait bougé. Strelian jeta un regard méprisant à Liffip, puis se retourna vers Artus.
- Je vois que tu as du renfort. Mais à ta place, je ne crierai pas victoire trop vite. Même si tes amis parviennent à me battre, ce dont je doute fort, mon équipier se chargea de capturer ton élève.
Le visage d’Artus se décomposa. Quoi ? Il y avait un second homme ? Et pendant tout le temps qu’il avait passé à affronter Strelian, son compagnon avait pu partir à la poursuite d’Adrien. Une bouffée de colère balaya les dernières peurs d’Artus. Il se ne laisserait pas voler son élève !
Le magicien s’élança. Son poignard passa la garde de Strelian et manqua de peu sa tête L’épéiste de dégagea et riposta par un revers de sa rapière qui faillit égorger Artus. Celui-ci recula devant un second coup, puis se remit en garde.
N’y tenant plus, Liffip s’interposa entre les deux combattants.
- Arrêtez ! gronda-t-il. Êtes-vous fous, tous les deux ?
Poussé par sa foi inébranlable en la paix et l’amour, le prieur mettait sans crainte sa vie en jeu pour faire cesser l’affrontement. C’était un acte très courageux.
Mais guère intelligent.
La rapière de Strelian traversa l’épaule droite de Liffip avant d’en ressortir, ruisselante de sang. Le prieur poussa un cri et s’écroula. Les autres moines, horrifiés qu’on s’en prenne à un homme d’Eglise, se précipitèrent pour l’aider.
Artus avait vu suffisamment de blessés pour savoir que Liffip s’en sortirait. Il se rua en avant. Strelian essaya de le transpercer, mais manqua son coup. Artus tourna sur lui-même, écarta de sa dague l’épée du spadassin et abattit son bras. Le tranchant de sa main frappa Strelian sur le côté du cou. L’épéiste vacilla. Artus porta un coup de poignard. Strelian parvint à le contrer et répliqua par un coup de genou à l’entrejambe. Le magicien se plia en deux. Le genou de son adversaire remonta et lui percuta le visage.
Artus s’écroula au milieu des moines.

Le Prince déglutit péniblement. L’épée levée au-dessus de sa tête, il suspendit son geste et retint son épée, tandis que l’Orgue débutait un air mystérieux et envoûtant.
« Je ne suis pas ton père. » Ces six petits mots avaient suffi à le plonger dans une mer de doutes et de panique. Qu’est-ce que cette nouvelle histoire pouvait signifier ? Que se passait-il encore ? Qui était-il, à la fin ?
- Expliquez-vous, père.
Le roi poussa un grognement et afficha un sourire narquois.
- Ah ? D’un seul coup, tu renonces à m’achever ? Et si je te mentais pour survivre, tout simplement ?
- EXPLIQUEZ-VOUS !! !
Le Prince n’y tenait plus. Il lui fallait savoir, il ne pouvait pas supporter de rester dans l’ignorance. Ce vieil homme devait à tout prix l’éclairer avant de mourir.
- Très bien, fit le roi. Mon fils, le Prince Alexandre, est mort il y a plus de douze ans. Il avait à peine atteint sa première année. Son santé était très fragile, et son coeur a fini par lâcher...
- Balivernes ! Je suis le Prince Alexandre, point final ! Cette histoire n’existe que dans votre imagination !
- Et si tu me laissais parler ? J’ai des chose à t’apprendre, mon garçon.
Le Prince s’efforça de ne pas frapper. Cette affaire avait trop d’importance.
- Une nuit, poursuivit le roi, on est venu me réveiller pour me dire que mon fils était au plus mal. J’avais l’habitude, tu sais, et ce ne fut pas la première fois que je passai des heures à attendre, seul dans sa chambre, qu’il se rétablisse. Alexandre souffrait, je pense, de la même maladie que sa mère et moi. Mais chez les enfants, elle doit être beaucoup plus violente. Personne ne pouvait rien pour lui, il n’y avait qu’à espérer qu’il se rétablisse de lui-même. D’ordinaire, après quelques heures éprouvantes, il se remettait. Mais ce soir-là...
Le roi réprima un sanglot. Ces souvenirs douloureux, qu’il avait dû cacher des années, remontaient d’un seul coup.
Ses côtes brisées le lancèrent comme il se tordait sur le sol. Il gémit puis reprit la parole :
- Ce soir-là, il n’a pas résisté. Je le tenais dans mes bras quand son coeur a fini par cesser de battre. Définitivement. Tu ne peux pas savoir quel chagrin ça m’a causé. Après ma femme, je perdais mon fils unique, mon seul héritier. Et s’il était bien mort de la maladie que Frigôl Slir avait repérée en moi, cela signifiait que, même si je me remariais, mes autres enfants connaîtraient le même destin. Crois-moi, Alexandre, je dis la vérité. Le vrai Prince est mort.
Sa voix se brisa. Des larmes perlèrent aux coins de ses yeux.
Le Prince ne s’en émut pas.
- Et moi, alors ? Qu’allez-vous inventer pour justifier mon existence ?
Quand le roi rouvrit la bouche, sa voix n’était plus qu’un murmure presque inaudible :
- Mon fils est mort. Pendant des heures, je n’ai pas pu bouger. Jusqu’à l’aube, j’ai serré dans mes bras le corps sans vie de l’enfant qui aurait dû devenir le nouveau roi. Puis, quand les premiers rayons du soleil ont filtré par la fenêtre, je suis enfin parvenu à me lever. J’ai déposé mon fils dans son berceau et je me suis dirigé vers la porte.
Il laissa planer le mystère, posa une main sur son torse fracassé, puis lâcha :
- Alors, j’ai entendu un bruit. Aujourd’hui encore, après y avoir réfléchi si longtemps, je serais encore incapable de définir ce son. Une sorte de bruissement, comme le vent dans les arbres, mais pas tout à fait. Peut-être était-ce teinté du murmure de l’océan, je ne me souviens plus. Quoi qu’il en soit, je me suis retourné. Et un autre bruit a retenti. Le rire d’un bébé.
Le Prince commençait à comprendre. Et à s’embrouiller davantage.
- Tu étais là, Alexandre, poursuivit le roi. Allongé dans le berceau, à la place du Prince mort. Un instant, j’ai simplement cru que mon fils était revenu à la vie. Mais ce n’était pas possible. J’étais peut-être le seul à pouvoir le remarquer, mais vous étiez légèrement différents l’un de l’autre. En une seconde, quelqu’un - ou quelque chose - avait remplacé le cadavre par un nouvel enfant.
Le Prince avait énormément de mal à croire ne serait-ce qu’un mot de cette histoire, mais elle sonnait tellement vrai !
- Pendant un moment, je n’ai pas su quoi faire. Puis j’ai pris ma décision. Savoir d’où tu venais ne m’importais pas. Je te voyais comme un don des dieux, une consolation à mes malheurs, peut-être un formidable joyau. J’allais t’élever comme mon véritable fils.
« La suite, tu la connais. Les crises du Prince cessèrent comme par miracle, il devint un garçon solide, intelligent et travailleur. Tout le monde en était ravi, sauf peut-être moi.
« Parce qu’au final, malgré toutes mes résolutions, j’avais du mal à te considérer comme mon fils. Enormément de mal. Nous sommes trop différents, Alexandre. Je n’ai pas réussi à m’attacher à toi. Et encore moins à t’aimer.
Le silence retomba, rompu de temps à autre par quelques accords de l’Orgue. La pluie se calmait, la foudre se faisait moins fréquente.
Le premier sentiment clair qui s’imposa au Prince fut le soulagement. Après tant d’années, il comprenait enfin pourquoi un fossé semblait le séparer du roi, pourquoi il ne parvenait pas à l’accepter comme père, pourquoi il le détestait autant. Une pièce longtemps absente venait de trouver sa place dans son esprit.
Puis vinrent les questions. Non pas qu’il mît en doute la parole du roi - il y avait trop de conviction dans ses aveux pour qu’il puisse s’agir de mensonges. C’était sur lui-même qu’il s’interrogeait. Il avait du sang Zahr dans les veines, il portait la marque d’un sorcier - sans savoir de quoi il s’agissait -, et à présent il découvrait qu’il n’était pas le fils du roi ! Dans ce cas, d’où venait-il ? Qui étaient ses vrais parents ? Qui était-il, lui ?
Alors que toutes ses certitudes chancelaient sur leurs bases, un flot de pensées confuses acheva de les balayer. Une gigantesque énigme venait d’être dévoilée.
Soudain, une question pratique se dégagea. Si le roi n’était pas son père, il ne pouvait prétendre à la couronne. On pouvait très facilement user de cette information contre lui ?
Une boule d’anxiété et de panique se noua dans ses entrailles.
- Qui est au courant ? demanda le Prince.
Le roi eut un petit rire.
- Tu aimerais le savoir, hein ? Et bien non ! Vas-y, tue-moi, et attends ! Passe ta vie dans l’angoisse que quelqu’un ressorte un jour cette histoire de l’ombre pour te chasser du trône !
Le Prince sentit la colère monter. Le miracle qui avait guéri son père - enfin, son... bref - lui avait aussi insufflé un peu d’esprit chevaleresque, allant jusqu’à le pousser à choisir de régler leur querelle par un combat singulier. Mais à présent, sa personnalité reprenait le dessus. Le roi redevenait l’homme mesquin et haïssable qu’il avait toujours été.
- Dans ce cas, meurs ! rugit le Prince.
Il se tendit, éleva Dümkaras aussi haut que possible...
- Altesse, non !
Le cri avait retenti depuis l’escalier. Le Prince sentit son sang se glacer avant même de bouger. Il tourna la tête vers la gauche, se préparant au pire...
Le pire était bien là.
Les généraux Jusdol Torhân et Jorgun de Borion se tenaient dans l’encadrement de la gigantesque porte, l’air totalement incrédule. Derrière eux venaient une bonne vingtaine de gardes tout aussi stupéfaits.
Les genoux du Prince flanchèrent en même temps que son assurance. Tout était perdu. Plus de vingt hommes le voyaient lever une épée contre son père, prêt à achever sa victime blessée. Il ne pouvait plus rien faire, désormais. S’il frappait, il serait pendu pour meurtre. Et s’il ne frappait pas, le roi le ferait exécuter pour trahison.
Il n’y avait pas d’issue possible.
Aucun moyen de se tirer d’affaire.
L’Orgue jouait un air inquiétant, comme s’il annonçait une effroyable catastrophe. La gorge du Prince se serra. Il contempla longuement les hommes qui lui faisaient face, incapable de prendre une décision. Pendant une folle seconde, il envisagea de les tuer tous, jusqu’au dernier. Peut-être restait-il assez d’énergie aux Bracelets d’Arzhan pour cela...
Puis ses yeux tombèrent sur Alice.
Il ne l’avait pas vue tout de suite. Elle venait de surgir de la masse, dépassant les premiers rangs des gardes. L’air à la fois horrifiée et désolée, elle regardait le Prince, ses lèvres frémissant sans qu’un seul mot ne s’en échappe. Ainsi, elle l’avait trahi. Elle était allée chercher de l’aide. Elle causait sa perte.
Une immense déception s’empara d’Alexandre.
C’est alors que l’ombre revint.
La vue du Prince s’obscurcit, il perdit son souffle alors qu’une voix presque amicale lui murmurait à l’oreille.
« Elle a trahi ta confiance, Alexandre. Elle mérite la mort. Tue-la. »
Le Prince agit sans même réfléchir. Son dépit se transforma soudain en une terrible colère. Molloch avait raison. Alice l’avait vendu. Peu importait ce qu’il éprouvait pour elle, elle n’était pas digne de vivre !
Aveuglé par la rage, il libéra les Bracelets d’Arzhan. Un éclair jaillit de chacune des pierres rouges incrustées dans l’argent. Ils se rassemblèrent entre ses mains, se condensèrent en une sphère d’énergie crépitante...
La foudre fendit l’air, fusa en une ligne droite avec une puissance démesurée.
Lorsqu’elle frappa Alice en pleine poitrine, la jeune fille fut projetée dans les airs.
L’Orgue lâcha un accord strident.
Alice s’effondra sur le sol.

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