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Le siège de Dümrist

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
24 novembre 2005 à 19:11:35

j´ai moins aimé ce chapitre... je trouve pas très naturelles les paroles de dario vis à vis de alice...je sais pas, enfin bref, très bon uand même :)

KaiM
KaiM
Niveau 11
26 novembre 2005 à 11:25:19

Long chapitre, qui présente une nouvelle galerie de personnages. Bonne lecture!

Au Sud-Est de Dümra s´étendait l´empire d´Ethiol, bassin de plaines immenses prolongé par une étroite péninsule où convergeait tout le commerce maritime de la mer Caspiée. Les relations des deux pays oscillaient presque mécaniquement entre l´alliance militaire, l´entente cordiale, les stricts accords commerciaux, la tension, la guerre froide, la détente et enfin la réconciliation. Cependant, jamais une seule bataille n´avait opposé leurs souverains.
L´explication tenait en un seul nom.
L´Echine du Dragon.
Une chaîne de montagnes de mille kilomètres qui courait sur toute la frontière, telle une monstrueuse cicatrice zébrant la surface du monde. Des pics vertigineux aux neiges éternelles, qui assaillaient le ciel au milieu des nuages. Au Sud, un amas de volcans crachant des flammes à longueur d´années, comme la porte de l´enfer. Au Nord, une région de grands lacs qui aurait pu être agréable si elle n´avait été aussi marécageuse. Au centre, des monts inhospitaliers, presque sans plateaux et dépourvus de tout col. Des étendues désertiques, des pentes abruptes, des torrents violents et des forêts peuplées de bêtes féroces.
Un obstacle dangereux pour un homme.
Infranchissable pour une armée.
Malgré tout, ces montagnes étaient peuplées. Des milliers d´habitants vivaient sur l´Echine du Dragon, parfaitement adaptés à ces conditions difficiles.
Des Orks.
Robustes, puissants, animés de la pire sauvagerie durant les combats, c´étaient des êtres taillés pour l´action. Leur peau verte et graisseuse, leur mâchoire prognathe munie d´incisives redoutables, leurs yeux rouges brillants de furie, suffisaient le plus souvent à terrifier leurs victimes. Quand ils ne lançaient pas de raids sur les royaumes environnants, ils se terraient dans leurs villages de huttes grossières nichés au coeur des montagnes, vivant de chasse, de chasse et encore de chasse, puisque le gibier ne manquait pas. Les différents clans passaient alors le plus clair de leur temps à guerroyer les uns contre les autres ou à panser leurs blessures, réduisant ainsi le nombre des attaques contre le royaume de Dümra ou l´empire d´Ethiol. En conséquence, ils ne représentaient qu´une gêne passagère au lieu d´une menace permanente.
Sauf quand ils mettaient leurs différends de côté pour s´allier, rassemblant tous les clans en une seule horde qui ravageait tout sur son passage pendant des années avant de rentrer au pays avec son butin.
Or, à l´heure où Dümrist se préparait à résister aux attaques d´Itraïr, un tel événement se préparait.

Au Nord de l´Echine, juste entre le pied des montagnes et la région des lacs, s´élevait un camp fortifié. Quatre palissades de bois hérissées de tours de guet formaient un carré qui abritait les tentes des chefs de clans et de leurs escortes. Autour du camp, on avait creusé un fossé qu´une seule passerelle permettait de franchir. Même en comptant le temps nécessaire à l´abattage des arbres dans la forêt voisine, il n´avait fallu que huit heures pour ériger l´ensemble. Du travail bien préparé, bien exécuté. Un avant-goût du potentiel de la horde.
Les chefs s´étaient donc réunis pour convenir d´une nouvelle alliance, d´un général et d´un objectif. Les deux premiers détails étaient d´ores et déjà réglés. Les guerriers se rassembleraient à la prochaine plaine lune, formant une armée de cinq mille Orks. Sharkan, chef du clan Kragat, en prendrait le commandement. Restait à choisir quel ennemi attaquer. Dümra, déjà assaillie par le roi Itraïr ? Ethiol, qui préparait une guerre contre le grand empire d´Affoth et comptait bien s´emparer de la riche province de Métaca ? L´empire d´Affoth lui-même, qui engagerait ses forces pour résister à l´invasion ethiolienne et s´en trouverait vulnérable sur d´autres fronts ? L´Histena, peut-être ? Il suffisait de longer les côtes de Dümra pour l´attaquer. Le choix ne manquait pas...
Ni l´embarras qui allait avec.
Les chefs délibéraient depuis trois semaines quand, un jour particulièrement froid, vers midi, une sentinelle repéra un groupe de cavaliers à l´horizon. Ils venaient du Nord-Ouest et se dirigeaient droit sur eux. Le temps de constater qu´il ne s´agissait que d´une trentaine d´hommes, et soixante Orks se tenaient devant la seule porte du camp pour les accueillir aussi aimablement que possible. C´est-à-dire les armes à la main, mais sans intention de meurtre. Du moins, au départ.
La tension montait peu à peu.
Les chevaux firent halte à cinquante mètres du camp. Un homme de haute taille, bâti comme un colosse et vêtu d´un habit rouge, descendit souplement de sa monture.
- Je viens en paix pour parler de guerre ! annonça-t-il.
Avant même que les Orks n´aient démêlé la phrase, il s´avançait déjà vers eux, souriant et l´air débonnaire, accompagné d´un second homme aussi grand que lui. D´autres cavaliers mirent pied à terre.
Hoktar vint à leur rencontre. Second de Sharkan, il représentait la plus haute autorité après les chefs de clans. C´était un Ork d´aspect encore plus robuste que la moyenne, plus grand et mieux armé, au faciès carré et couturé de cicatrices. Aucune inquiétude ne l´effleurait alors qu´il se dirigeait seul vers une troupe de trente soldats aux intentions inconnues.
L´homme en rouge et son compagnon continuaient d´avancer, et bientôt tous trois se retrouvèrent face à face. Hoktar nota aussitôt la ressemblance frappante entre les deux hommes. La même carrure solide, les mêmes cheveux gris mi-longs, la même barbe bouclée, le même sourire et le même gros nez. A peu près le même âge, soit presque cinquante ans. Seuls leurs yeux différaient : gris pour le premier, bleus pour le second. Hoktar chercha une raison à ces similitudes. Soit ces deux hommes étaient des frères jumeaux, hypothèse réfutée par la couleur de leurs yeux, soit ils avaient l´habitude d´échanger leurs rôles, ce qui traduirait un tempérament rusé, voire dangereux : seuls les diplomates les plus fourbes avaient recours à des sosies.
Hoktar baissa les yeux sur leurs habits. Là, aucune confusion n´était possible. Celui qui semblait le chef portait un habit rouge et or éclatant de luxe, une cape pourpre et une épée au pommeau orné d´un rubis, le tout contrastant fortement avec l´aspect militaire de l´autre : armure d´acier, casque ouvert, bottes de cuir, une large épée dans le dos et une hache à manche court à la ceinture.
- Vous êtes ? s´enquit Hoktar.
- Le comte Thibaut de Montfort, répondit l´homme en rouge. Je viens du Nord du royaume de Dümra. Ce chevalier est mon second. Il se nomme Galahad.
De ces quelques phrases, Hoktar déduisit trois choses : ces hommes étaient des victimes potentielles des prochaines invasions de la horde, ils venaient d´un royaume déjà en guerre et, plus étonnant, ils avaient réussi à contourner une armée entière pour rejoindre le camp des chefs Orks.
- Et que désirez-vous ?
- Nous souhaiterions nous entretenir avec vos chefs, répondit le comte Thibaut. C´est d´une importance capitale.
- Pourquoi ?
- Nous avons appris que la horde se rassemble pour partir en guerre...
- Vous êtes très fort, la nouvelle date d´un mois à peine et personne n´est jamais au courant.
- J´ai mes sources. Et une proposition à vous faire.
Hoktar n´hésita pas longtemps. Deux hommes venus négocier ne représenteraient aucune menace dans un camp défendu par quatre cents Orks.
- Très bien, dit-il. Veuillez me suivre. Vous devrez cependant attendre un peu : les chefs débattent jusqu´à ce soir. Ne vous inquiétez cependant pas pour vos plans : ils ne décideront rien aujourd´hui.
A ces mots, les Orks abaissèrent leurs armes. Leur capitaine avait choisi de ne pas se battre, ils pouvaient se détendre.
- Entendu, dit le comte. Vous permettez que j´emmène quelques personnes avec moi ?
- Dix hommes, tout au plus. Et vous laisserez vos armes à l´entrée.
- Parfait. De toute façon, je n´ai pas besoin d´une telle escorte. Mes soldats patienteront ici.
Il se retourna et fit un signe de la main. Trois personnes se détachèrent des rangs et s´approchèrent tranquillement. Une femme et deux garçons.
- Geneviève, mon épouse et mes deux fils, Jean et Théo, annonça le comte.
- Je l´en doutais un peu, répliqua Hoktar.
Il détailla les nouveaux venus avec attention. La comtesse n´avait rien d´une noble dame réservée à la beauté sans égale dont on parlait dans les histoires. Elle était grassouillette, joviale, inspirait tout de suite la confiance. Ses cheveux blonds parsemés de blanc encadraient un visage rond débordant d´honnêteté. Une robe de voyage bleue à la fois résistante et élégante tombait jusqu´à ses chevilles. Comme son mari, elle approchait de la cinquantaine.
Les deux garçons avaient quelques années et quelques centimètres d´écart. Tous deux très blonds, aux traits réguliers dessinant de beaux visages, vêtus de pourpoints rouges arborant le blason de leur père, armés d´épées courtes plus adaptées aux parades qu´aux combats, ils affichaient le même air hautain et quelque peu désagréable.
- Lequel est Jean ? demanda Hoktar.
- L´aîné, dit Thibaut. Il a seize ans et Théo treize.
- Venez avec moi.
Les Orks s´écartèrent pour libérer l´accès au camp. Hoktar et les étrangers pénétrèrent dans la place tandis que les hommes du comte s´installaient à l´extérieur. Un Ork s´avança vers le comte Thibaut.
- Votre épée, je vous prie.
Le comte détacha son fourreau et le tendit au guerrier. Théo et Jean lui confièrent également leurs armes. L´Ork se tourna vers Galahad.
Le chevalier resta immobile. Trois secondes. Un petit sourire aux lèvres.
L´Ork esquissa un geste dans sa direction.
Aussitôt, Galahad tira son épée, décrocha sa hache et les lui plaça dans les mains. A une vitesse surprenante, il dégaina ensuite trois ou quatre poignards qu´il jeta dans les bras de l´Ork avant de lui donner deux boules de fonte qu´il cachait dans ses poches. Le monstre réussit à tout rattraper, manqua de perdre l´équilibre, se reprit, tomba pour de bon.
Il s´étala par terre en répandant les armes dans toutes les directions.
- Très amusant... grinça Hoktar.
Il s´éloigna vers une grande tente brune qui se dressait au milieu du camp.
- Maintenant, excusez-moi, mais je vais prévenir mes maîtres de votre arrivée.

KaiM
KaiM
Niveau 11
26 novembre 2005 à 11:25:49

L´ autre Ork ramassa les armes et partit lui aussi. Le comte Thibaut poussa un très long soupir. Il n´aimait pas vraiment le sens de l´humour de Galahad, particulièrement quand le chevalier ne trouvait rien de mieux à faire que d´humilier un Ork au milieu d´un camp rempli de ses frères. Son compagnon d´armes était un valeureux combattant, un homme de confiance et un ami fidèle, mais il n´apprendrait jamais à ne pas se faire remarquer. Thibaut avait perdu le compte des soirées où Galahad s´était vanté bruyamment de ses exploits jusqu´à ce que tout le monde se jette sur lui pour le faire taire. Depuis trente ans qu´ils se connaissaient, le comte n´avait jamais réussi à le rendre un peu plus discret.
Enfin... Galahad fanfaronnait, engloutissait des litres de bière, s´amusait plus que de raison, mais ne se montrait jamais prétentieux, arrogant ou provocateur. Des défauts qui, malheureusement, entachaient les fils du comte, Jean et Théo.
Thibaut désespérait de les voir devenir un jour plus matures. Sous prétexte qu´ils étaient fils d´un comte et qu´ils maniaient l´épée depuis l´âge de dix ans, ils s´estimaient plus forts que tout le monde et n´hésitaient pas à rabaisser tous ceux qu´ils croisaient. Thibaut ne pouvait bien sûr s´en prendre qu´à lui-même. Il s´était montré trop tolérant, avait fermé les yeux sur leurs escarmouches avec les fils de fermiers, allant même jusqu´à encourager bien au-delà du raisonnable leurs progrès dans le maniement des armes. Pourquoi s´étonner maintenant de leur présomption ?
Thibaut aurait quand même apprécié plus d´humilité de la part des deux garçons. S´il les avait emmenés avec lui dans ce voyage, c´était justement pour les confronter à la réalité du monde et doucher leur suffisance. Visiblement, ça n´avait pas marché.
Le comte se désolait de l´attitude de ses fils, mais il avait déjà un plan à leur sujet. Jean et Théo deviendraient des guerriers tandis que leur soeur aînée, Anaïs, s´occuperait du domaine. Ainsi, chacun aurait la place qui lui convenait.
Thibaut reporta son attention sur sa femme, Geneviève. Son regard expert parcourait le camp, jaugeant l´état des défenses et l´équipement des guerriers. Le comte se reprocha de ne pas l´avoir imitée plus tôt. En temps que chef de l´expédition, c´était son devoir d´examiner ses alliés potentiels. Alors... Une construction simpliste mais solide, aucun angle mort, des soldats entraînés et munis d´armes hétéroclites mais redoutables. Certains s´exerçaient, d´autre préparaient à manger, d´autres encore entretenaient les armes. Une bonne organisation. Le comte échangea un regard entendu avec Geneviève. Ces Orks étaient bien les guerriers qu´il leur fallait.
Thibaut aimait profondément son épouse, mais en plus il se savait dépendant d´elle. Alors qu´il n´était avant tout qu´un soldat et ne connaissait presque que la guerre, elle gérait le comté avec une grande efficacité et s´occupait elle-même de négocier tous les traités, contrats et autres alliances. Jamais on n´aurait imaginé qu´une femme d´apparence aussi maternelle puisse être en réalité une gestionnaire hors norme et une diplomate inégalable. C´était d´ailleurs pour cela qu´elle se trouvait dans ce camp.
Plusieurs Orks émergèrent de la tente et se dispersèrent. Hoktar en sortit à son tour et rejoignit le comte.
- Les chefs de clans se séparent pour déjeuner, dit-il. Finalement, vous pourrez voir Sharkan tout de suite. Venez avec moi.
Thibaut lui emboîta le pas et se tendit. Venir jusqu´ici en évitant les troupes d´Itraïr n´avait pas été simple, rentrer chez lui se révélerait probablement encore plus difficile, pourtant la phase vraiment délicate de l´opération allait se dérouler maintenant. Convaincre Sharkan était vital pour l´avenir de Dümra. Vital pour le plan du général Pyers Thul´lod.
Hoktar écarta les pans de toile rabattus sur une ouverture dans la tente et s´engagea à l´intérieur.
Thibaut remarqua tout de suite la simplicité de l´ameublement, très différent de ce qu´on trouvait dans le quartier général du chef d´une armée. La tente ne contenait que des sièges de bois disposés en cercle et une table basse au milieu. Des montants de bois plantés dans le sol s´élevaient en cône et se croisaient à quelques mètres du sol, soutenant la toile de la tente. Un trou percé au sommet laissait filtrer la lumière du jour.
Le comte baissa les yeux. Sur le plus grand siège se tenait un Ork particulièrement laid, avec un nez de travers et un oeil plus petit que l´autre. Il portait une armure de métal mal ajustée et un long cimeterre à la ceinture. Sharkan, chef de la horde.
- Installez-vous, je vous en prie, fit l´Ork avec un sourire énigmatique.
Thibaut prit place sur un siège, imité aussitôt par Théo et Jean, puis par Galahad et Geneviève.
- Vous avec fait une longue route pour me rencontrer, continua Sharkan, et vous devez avoir faim, aussi vous demanderai-je d´aller directement aux faits.
Thibaut questionna sa femme du regard. Elle acquiesça en silence.
- Que savez vous de la guerre en Dümra ? demanda le comte.
Sharkan grimaça :
- Ca va mal pour vous. Votre roi a, je crois, six mille hommes retranchés dans sa capitale. Itraïr possède vingt mille Elfes et rien ne peut l´arrêter. C´est joué d´avance.
- Savez-vous ce que désire Itraïr ?
- Gagner la guerre et demander un tribut, je suppose.
- Vous avez raison de supposer ainsi, répondit courtoisement Thibaut. Mais je dois vous détromper : Itraïr veut massacrer les habitants du royaume, sans exception.
- Vous m´en voyez navré.
- Il prétend que les Elfes sont la race supérieure de ce monde.
- Voyez-vous ça...
- Et que toutes les autres doivent mourir.
Ni Sharkan ni Hoktar ne bronchèrent. Quelques secondes s´écoulèrent dans un silence absolu. Jean voulut parler mais, d´un seul regard, sa mère le fit taire.
Finalement Sharkan prit la parole :
- Je ne pense pas qu´Itraïr puisse vraiment nous menacer. Tout cela ne me concerne pas. Qu´attendiez-vous de moi en venant ici ? Pas que j´envoie mes guerriers vous soutenir, j´espère ?
Vue de l´extérieur, l´affaire paraissait mal engagée. En réalité, tout se déroulait comme prévu.
Geneviève hocha à nouveau la tête en réponse à une question silencieuse de son époux.
- Vous devez apprendre quelque chose sur le rapport de forces, dit Thibaut. Savez-vous combien la Dümra compte de généraux en chef ?
- Huit, je crois, répondit Sharkan.
- Sept. N´est-ce pas beaucoup pour six mille hommes ?
- Maintenant que vous le dites, si. Surtout s´ils ont d´autres généraux sous leurs ordres. Mais les rois humains ont toujours multiplié les postes haut placés pour faire plaisir à leurs sujets les plus influents.
Il accompagna sa phrase d´une grimace dédaigneuse qui en disait long sur l´opinion qu´il avait de ce genre de pratiques.
- L´armée royale compte trente généraux, expliqua Thibaut sans se démonter. Parce qu´en réalité, en rassemblant les hommes de tous les seigneurs, on arrive à trente mille soldats.
- Impressionnant.
- J´essaie en ce moment même de convaincre les barons des Marches du Nord d´envoyer plus de troupes au combat. J´espère ainsi rassembler des renforts de trois ou quatre mille hommes pour aller secourir Dümrist.
- Ca ne fait que neuf ou dix mille contre vingt mille Elfes, intervint Hoktar.
- Non. Car un autre fait doit entrer en ligne de compte.
Thibaut se tut un instant, puis reprit :
- Itraïr a déplacé sans cesse ses troupes pour faire croire à nos éclaireurs qu´il possédait une immense armée. La ruse a fonctionné un moment, mais nous savons désormais qu´en comptant les pertes qu´il a déjà essuyées, il ne lui reste pas plus de seize mille guerriers.
Théo lança un regard intrigué à son père. Il ne le savait pas, lui ! Le comte aurait quand même pu l´en informer avant !
- Un changement décisif, ironisa Sharkan, mais je ne vois toujours pas en quoi ça me concerne.
- J´y viens, répondit Thibaut. Même en comptant ce nouvel écart, si nos armées s´affrontent avec ce déséquilibre, ce sera un massacre dans les deux camps, le pays sera ravagé. Je veux inquiéter Itraïr avec mes renforts, mais pas le combattre. C´est là que vous intervenez.
- Ah oui, et comment ?
- Maintenant que son armée est en Dümra, le royaume d´Itraïr, Alméra, est presque sans défense. Il ne s´en soucie pas , car personne n´oserait s´attaquer à des Elfes. Sauf la horde des Orks.
Il y eut un nouveau silence. Sharkan réfléchissait intensément. Tous attendaient son verdict. Thibaut sentait sa gorge se serrer. Tout dépendait de cet instant.
- Vous me demandez de mener mes guerriers contre le royaume d´Alméra, dit finalement Sharkan. Vous savez que nous avons du mal à choisir une cible, vous nous en proposez une facile et pourtant sympathique : beaucoup rêvent d´en découdre avec des Elfes. Ensuite, Itraïr devra cesser la guerre contre Dümra pour revenir défendre son pays. Mais là, nous serons déjà loin.
- Et alors ? s´enquit Thibaut.
- Je refuse.
Le silence retomba. Le comte sentit ses espoirs s´effondrer.
- Pourquoi ? parvint-il à articuler.
- Trop risqué. Itraïr est rancunier. Je ne souhaite pas m´en faire un ennemi. D´autres Elfes, oui. Lui, non. Certains chefs approuveraient, Borkas par exemple. Mais moi je ne m´engagerai pas là-dedans.
Thibaut allait répliquer, quand sa femme le devança :
- Très bien. Nous nous excusons d´avoir présumé de vos ambitions. Permettez-nous de nous retirer. De plus, il nous serait agréable de passer la nuit ici avant de repartir demain matin.
- Entendu, dit Sharkan. Hoktar, raccompagne-les.
- Bien, chef.
Thibaut, sa famille et son second quittèrent la tente, dépités. Le comte se tourna vers sa femme.
- Pourquoi as-tu laissé tomber ?
- Je ne laisse pas tomber, murmura-t-elle.
- Quoi ?
- Sharkan ne peut pas décider seul de ne pas affronter les Elfes. L´avis des autres chefs compte aussi. Tu l´as entendu parler de ce Borkas qui, lui, accepterait de partir en guerre contre Itraïr ?
- Oui, et alors ?
Geneviève baissa encore la voix et lui dit dans un souffle :
- Cette nuit, nous allons mettre un peu de désordre dans les relations de ces clans.
Thibaut sourit largement. Tout n´était pas perdu.

:)

Grhyll
Grhyll
Niveau 7
26 novembre 2005 à 13:03:44

Bon ben tu continues dans ta lignée :) J´ai relevé ça :

la mer Caspiée => MWarf XD

Phrases nominales ou courtes => Au début, tu enabuses un peu je trouve.

mâchoire prognathe => Ca veut dire quoi ? <D

- Je l´en doutais un peu, répliqua Hoktar. => Euh ben petite faute.

:)

KaiM
KaiM
Niveau 11
26 novembre 2005 à 13:29:43

Grhyll :d) face prognathe signifie que la mâchoire est avancée. D´ailleurs tu as raison, on dit prognathe pour une tête mais je suis pas sûr que ça puisse qualifier la mâchoire.

Quant à la mer Caspiée... On s´amuse comme on peut.

KaiM
KaiM
Niveau 11
26 novembre 2005 à 13:32:44

Mâchoire inférieure avancée, j´entends. Pour plus de précisions, on parle d´angle de prognathisme pour désigner l´angle formé entre l´horizontale et la droite qui relie les incisives au point entre les deux yeux. Plus cet angle est proche de 90°, moins la face est prognathe, plus le cerveau est développé, plus l´espèce est évoluée. Sert généralement pour se repérer dans les ancêtres de l´homme.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
26 novembre 2005 à 13:33:39

Ouaip, mwarf la mer. :-) Sinon, c´cool ça on va voir plein d´Orks, mais j´ai comme l´impression que Thul´lod veut "secourir" la Dümra pour en prendre le contrôle...et un pays dirigé par un vieux grassouillet incompréhensible et trop ambitieux va rarement loin. :rire:

Rien d´autre à dire sinon, toujours aussi génial. :-)

Sunshadow
Sunshadow
Niveau 7
26 novembre 2005 à 13:33:54

C´est bien, j´attend la suite, mais j´ai remarqué deux choses:
´´plaine lune´´: pleine lune, non ?
´´Hoktar´´: Arem !! ! Ca sent le Warcraft !! !

Mais sinon c´est pas mal.
A quand la suite ?

KaiM
KaiM
Niveau 11
26 novembre 2005 à 13:36:36

Pour les noms, que veux-tu? Soit je place des références, soit je crois inventer un nom et en fait il existe déjà. (Faites une rechercher Google sur l´ensemble du web avec Tarlaq, Namâric ou Kandrill, noms que je croyais avoir inventés, et regardez le résultat.)

Sunshadow
Sunshadow
Niveau 7
26 novembre 2005 à 17:48:05

De toute façon c´est pas grave.
Je vais rechercher Tarlaq, Namâric et Kandrill.
Tu as une idée de la date de sortie de la suite ?

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
26 novembre 2005 à 17:52:40

J´ai recherché ces trois noms et ils sont, ainsi que Tektus, pris. Par contre, je n´ai rien trouvé d´autre que tes posts pour Hustouk, ce qui m´invite à dire que tu l´as bel et bien inventé. :-)

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
26 novembre 2005 à 19:49:43

"galahad" :d) et ca, ca sent le roi Arthur :-)

KaiM
KaiM
Niveau 11
26 novembre 2005 à 23:12:46

J´avoue... Il me fallait un cliché de chevalier.

Monself
Monself
Niveau 1
27 novembre 2005 à 10:39:14

Salut !! !
J´ai tout lu, ainsi que les Bracelets et la Cathédrale, et ça me plait bien (quoi que pas assez sadique avec les héros à mon goût).
Donc j´attend la suite.

KaiM
KaiM
Niveau 11
28 novembre 2005 à 11:36:54

Le problème piur les héros, c´est que beaucoup doivent rester en vie pour la suite. Néanmoins, d´autres périront dans cet épisode.
Une suite ce soir, au fait. En espérant que les autres aient le temps de lire le dernier chapitre d´ici là.

Sunshadow
Sunshadow
Niveau 7
28 novembre 2005 à 16:43:59

Ca y est !! ! On est le soir !! ! T´es pas à l´heure. * Quoi? Il fait même pas nuit ? OK, je vais me coucher...*

xbq_
xbq_
Niveau 9
28 novembre 2005 à 17:34:02

Rah, putain, c´est du bon, ce passage.

peu de choses à dire de nouveau...

[vc]

« Des pics vertigineux aux neiges éternelles, qui assaillaient le ciel au milieu des nuages. »

Le ciel n’étant certainement pas au milieu des nuages, ça ne veut pas dire grand-chose.

« Au Nord, une région de grands lacs qui aurait pu être agréable si elle n´avait été aussi marécageuse. »

  • Sans ses marécages.* Meilleur rythme, pas de verbe être, une proposition de moins. Maintenant, à toi de voir^^

« Robustes, puissants, animés de la pire sauvagerie durant les combats, c´étaient des êtres taillés pour l´action. »

Je n’aime pas l’expression *la pire sauvagerie*, mais elle est correcte, malheureusement pour ma bonne foi. Par contre, il serait nettement moins lourd de s’abstenir de cet impersonnel dans la phrase principale, et ce d’une manière fort simple : *ces êtres étaient taillés pour l’action*.

« leurs yeux rouges brillants de furie »

Et non ! Le nom que l’on tire de furieux, c’est la fureur. Une furie, c’est une personne, et non un sentiment. Si c’était bien la personne que tu voulais évoquer, il fallait la mettre au pluriel (et au passage, ce serait vraiment moche, nan ?)

« Les différents clans passaient alors le plus clair de leur temps à […] »

Le alors est injustifiable, selon le reste du paragraphe, puisque tu décris la situation au moment de ta narration.

« En conséquence, ils ne représentaient qu´une gêne passagère au lieu d´une menace permanente. »

Formulation lourde. Je propose ! *En conséquence, ce qui aurait pu devenir une menace permanente se réduisait à une gêne passagère.*

« Sauf quand ils mettaient leurs différends de côté pour s´allier, rassemblant tous les clans »

Oui enfin bon, là y a quand même quelques évidences. On se doute bien que s’ils s’allient, ils mettent leurs différends de côté, et on se doute bien que s’ils s’allient, ils se rassemblent. Y a moyen de raccourcir ce passage assez facilement, non ?

« Du travail bien préparé, bien exécuté. »

Si par *bien préparé* tu entends que les Orks ont une grande expérience de ce qu’ils font, qu’ils sont entraînés, ce n’est pas très clair et ça ne se ressent pas très bien dans ta formulation. On dirait plutôt que le terrain était idoine à ce genre de travail, et qu’ils n’ont eu qu’à s’y mettre.

« et s´en trouverait vulnérable sur d´autres fronts ? »

Bah non, pas sur d’autres fronts, sur les autres fronts. Pas de raison qu’il y en ait qui restent protégés.

« Le temps de constater qu´il ne s´agissait que d´une trentaine d´hommes, et soixante Orks se tenaient devant […] »

Faute de construction. Après une proposition introduite par *le temps de*, il n’est pas nécessaire d’utiliser *et*, la phrase peut (voire *doit*, faudrait que je vérifie) continuer directement.

« La tension montait peu à peu. »

Franchement, en te lisant, ça me fait plutôt l’effet qu’elle est montée d’un coup^^

« - Je viens en paix pour parler de guerre ! »

Très bien trouvé, j’adore xD

« le même sourire »

Tu pourrais préciser un peu le sourire ? Histoire qu’on comprenne direct leur état d’esprit en lisant…

« - Vous êtes ? s´enquit Hoktar. »

XD la formulation de noble du 17ème dans la bouche d’un Ork. C’est certainement pas ce que tu voulais, si ?^ ^

« Il se nomme Galahad. »

Ouip, je sais, tu as reconnu la référence. Mais franchement, à part si c’est vraiment nécessaire, je te dirais de changer de nom. Y a tellement de choix, et pourquoi pas garder ton autonomie autant que possible ?

« - Je l´en doutais un peu »

Fais gaffe, c’est très fourbe, un clavier.

« La comtesse n´avait rien d´une noble dame réservée à la beauté sans égale dont on parlait dans les histoires. »

Sachant que tu te places du point de vue de l’Ork, cette formulation fait un peu gauche. Ça m’étonnerait qu’une telle créature soit au fait des histoires de contes de fées.

« aux traits réguliers dessinant de beaux visages »

Ça, tu peux pas le dire comme ça. Désolé, faut reformuler, même si ça devient un peu plus lourd :/

« manqua de perdre l´équilibre »

Le « de » est superflu, voire gênant.

« tomba pour de bon.
Il s´étala par terre »

- Eh, mais tu l’as déjà dit !

« Il s´éloigna vers une grande tente brune qui se dressait au milieu du camp.
- Maintenant, excusez-moi, mais je vais prévenir mes maîtres de votre arrivée. »

Il est plus logique qu’il leur dise ça avant de s’éloigner.

[/vc]

Suite plus tard, I wouldn´t be a machine, quand même... ^^

xbq_
xbq_
Niveau 9
28 novembre 2005 à 17:36:02

Au temps pour moi, le nom "furie" existe bel en bien. Ceci dit, il est surtout employé dans l´expression *en furie*, du coup je persiste à dire que fureur convient mieux.

Sunshadow
Sunshadow
Niveau 7
28 novembre 2005 à 18:42:14

J´ai cru que KaiM avait posté la suite...
La prochaine fois c´est l´infractus directe.

chris12
chris12
Niveau 9
28 novembre 2005 à 20:32:04

Xpldr : mer caspiée bouh la vilaine

sinon je trouve bizarre que le gars amene ses gosses en camp ennemis

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