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Ostramus
Ostramus
Niveau 32
13 novembre 2005 à 20:50:14

I. Une nouvelle planète.

Liron, une petite planète proche du centre d’une galaxie anonyme, perdu dans le néant sidéral. Liron n’était pas un monde important, avec une géographie variant principalement entre les déserts cuisants et de profonds océans.
Au beau milieu d’un de ses plus grands et arides déserts, il y avait la colline de Handigar. Elle avait comme particularité d’héberger un vaste laboratoire d’observation spatiale. Un laboratoire avec de puissants mais surtout de coûteux télescopes. Le site était parfait, loin de toutes pollutions limeuses que les villes provoquaient et à une latitude très favorable pour les observations astronomiques due à une atmosphère plus pure. En fait, toutes les installations avaient une seule vocation, trouver de la vie sur d’autres planètes et si possible pouvoir communiquer avec. Toutefois, cela faisait des décennies que les scientifiques donnaient très peu de résultat, se contentant de livrer des mesures et des photos astronomiques. Bref, ce laboratoire était un gouffre financier et une foule de politiciens avaient exigés la fermeture pure et simple du complexe. Néanmoins, le pays Livaron était une riche nation qui pouvait se permettre ce genre de recherche, et les savants, très tenaces, permirent le maintien du projet et on se contenta simplement de réduire les effectifs et le budget pour assouvir la colère des politiques.
Depuis dix ans alors, les astronomes et les physiciens menaient une vie tranquille, reclus sur leur colline comme des seigneurs tapis dans leur lointaine forteresse. Une atmosphère décontractée et très amicale s’était installée parmi les savants et tous s’occupaient à leur tâche avec le plus grand sérieux mais aussi avec la plus grande sérénité. En fait, même les physiciens et les astronomes avaient perdus l’espoir de trouver de la vie autre part dans l’espace mais ils restaient dans le laboratoire car le train de vie y était calme et ils étaient plutôt bien payés. Les années s’écoulaient lentement et les astres paraissaient toujours et imperturbablement vides et exempts de toute vie.
Pourtant, tout changea un soir d’Hiver et il se produisit ainsi un petit événement qui bouleversa l’univers pour plusieurs milliers d’années.

Turano Mandamus était l’un de ces astronomes, jeune diplômé fraîchement sorti de l’Université de Lironia, il avait récemment intégré la maigre équipe du laboratoire. Homme franc et honnête, il aimait plus l’astronomie à l’atmosphère paresseuse qui régnait et il était toujours le premier et le dernier à travailler.
Il retira son œil de l’objectif du grand télescope et se frotta les yeux, épuisé. Il voulut regarder l’heure mais sa montre était absente de son poigné, cependant il fut assez sage pour savoir qu’il était temps d’aller dormir. Il nota ses derniers relevés, éteignit les ordinateurs et entreprit de verrouiller l’énorme dôme qui abritait l’appareil astronomique. Les lourdes parois débutèrent leur rotation quand une porte claqua soudainement. Un homme maigre au visage rubicond et à la silhouette fine mais bien bâtie venait d’entrée et se précipita vers une des nombreuses cartes spatiales accrochées au mur de la salle.
Turano reconnu instantanément Ilan Dertio, le chef de cette section. Physicien émérite, il s’occupait plus à l’étude des signatures radios provenant de l’espace plutôt que l’observation. Il arracha violement une des cartes à la stupeur de Turano qui avait passé beaucoup de temps à y retranscrire minutieusement des données complexes. Ilan se dirigea vers un bureau à proximité, il semblait en transe, complètement ahuri et surexcité. D’un geste brusque, il renversa tout ce qui trônait sur le bureau et divers objets se brisèrent lors de la chute. Turano surmonta la surprise de voir son collège dément et voulut le réprimander. Il s’avança calmement vers Ilan tandis que celui-ci scrutait méticuleusement chaque trait et chaque symbole de la mappemonde céleste. Turano était à moins d’un mètre du physicien, il ravala sa salive …
- LA !
Ilan s’était soudainement retourné vers Turano qui fit un bond en arrière sous la surprise.
- Quoi ! Pardon ? demanda Turano éberlué.
Sans qu’il pût le retenir, Ilan attrapa sa tête pour la coller sur la partie de la carte qu’Ilan pointait d’un doigt tremblant.
- Là ! Reprit Ilan. Qu’est-ce qu’il y a là ? LA !
Turano se dégagea de l’emprise de son collègue et se força à étudier un instant le recoin de la carte froissée. Ilan, en tant que physicien et spécialiste en radiométrie et radiographie n’avait que des connaissances limitées en astronomie, d’où son incapacité à lire une carte des étoiles précise. Il avait les yeux écarquillés et la bouche sèche, il regardait Turano comme s’il était en train de découvrir un secret immense et fabuleux. Ce dernier se releva et se fit face à Ilan.
- C’est une petite étoile, à un peu moins d’un parsec de Liron, dit-il fermement. S-118, rien d’intéressant et surtout rien qui justifie un tel comportement. Vous vous rendez compte, ça ne se fait pas de …
Mais Ilan n’écoutait pas. Il arracha un morceau de la carte pour y inscrire au dos une série de chiffre. Il tendit le papier à Turano :
- Voici des coordonnés, rétorqua-t-il fébrilement. Vous allez y jeter un coup d’œil et vite.
- Mr Dertio, vous n’allez manifestement pas bien du tout, tenta Turano d’un ton plus compatissant. Allez vous couchez, je pense que …
- Soit vous collez votre œil dans le télescope et vous me dites ce qui se trouve à cet endroit de l’espace soit vous retournez dès demain pour la capitale.
Ilan avait parlé d’une voix nerveuse mais qu’il laissait clairement transparaître de la colère mais surtout de l’autorité. Turano resta un instant sans rien faire. Il repensa à toutes ses années d’études et la chance qu’il avait de travailler dans ce laboratoire, et finalement il préférait passer la nuit à satisfaire les caprices d’un scientifique fou que de briser sa carrière pour le restant de ses jours.
Résigné, il saisit le papier que tendait son supérieur et l’examina. Il eut un mouvement de recul et leva la tête en s’étonnant :
- Mais s’est juste à côté de l’étoile S-118, il n’y a rien …
Le regard dur d’Ilan suffit à lui faire comprendre qu’il devrait se soumettre sans poser de question. Après tout cela pourrait se montrait amusant de donner faux à la théorie de son supérieur, mais il se sentait à la fois coupable de contribuer à sa folie.
Il rouvrit les panneaux et grimpa sur la plateforme d’observations tandis qu’Ilan ralluma les ordinateurs et se cala devant l’un d’eux. Turano tapota sur les touches d’un moniteur et l’énorme télescope pivota sur lui-même pour changer de direction notamment pour le diriger vers les coordonnées astrales exigées par Ilan. Turano modifia également la convergence des lentilles et du miroir puis mit son œil dans l’objectif une fois l’opération terminée.
Comme il s’y attendait, il vit un disque lumineux dans les teintes bleuâtres qui brillait faiblement. Durant une fraction de seconde Turano s’éprit de la beauté de ce petit astre dont il apercevait l’image veille de quelques années. Ilan le sortit de sa contemplation en hurlant du bas de la salle :
- Que voyez-vous ?
- S-118, répondit Turano en hurlant à son tour.
- Il y a forcément autre chose ! s’emporta Ilan. Qu’est-ce qui cache en temps normal les corps célestes ?
Turano réfléchit un instant et se remémora ses cours à l’université. Il répondit presque scolairement :
- Généralement un autre corps céleste plus massif, un trou noir ou …
Soudain il comprit. Il regarda à nouveau l’étoile dans l’objectif et examina avec attention le disque. La lueur, qu’il y a à peine quelques secondes lui paraissait blafarde lui sembla très claire.
- … ou un nuage de gaz.
Il se souvint alors qu’en raison de la relative proximité de l’astre, il n’avait effectué que des mesures basiques. A l’instar de son supérieur, il entra dans un état second mêlé de surprise et d’excitation. Il descendit quatre à quatre les marches de la plateforme et se rua sur l’ordinateur devant lequel Ilan trônait. Il entreprit d’approfondir les relevés et alors que ses doigts se promenaient frénétiquement sur le clavier, Ilan semblait satisfait de voir qu’on l’aidait.
Pendant près d’une heure environ Turano analysa, revérifia et remesura les données qu’il avait obtenu. Il imprima les résultats et se rejoignit Ilan dont l’œil gauche semblait soudé à l’objectif du télescope.
- Je ne sais pas comment vous avez bien pu savoir, débuta-t-il d’une voix chevrotante. Apparemment un important nuage de gaz cache l’étoile S-118 et se serait un soleil du même type que le nôtre, le fait est d’autant plus remarquable qu’aux exactes coordonnées que vous m’avez fourni il y a une exoplanète. Vous venez de découvrir une sixième planète encore inconnu.
Ilan retira son œil dans un léger bruit de succion. Bizarrement, il semblait totalement sorti de son état de furie au contraire de Turano qui bouillonnait intérieurement. Il avait fait une découverte importante et c’était quelquechose d’inespéré, jamais il n’aurait rêvé faire une telle découverte, du moins pas de si tôt. Il se voyait déjà devant les médias en train de décrire avec précision la nouvelle planète qu’il avait décelé avec son chef de service, il imaginait son nom mentionné dans des revus spécialisés faisant les louanges de ses compétences et de son travail acharné.
- Nul ne doit en être averti.
Turano cessa de rêver et tomba brutalement de son rêve. Il ne comprenait pas pourquoi on devait cacher cette découverte. Le laboratoire fournissait de maigre résultat et il eut était plus profitable de faire connaître l’existence d’une nouvelle planète afin de démontrer l’utilité des installations et de surcroît celle des hommes travaillant dedans.
- Pourquoi ?
Ilan se détourna de lui et descendit délicatement de la plateforme, il traversa la pièce d’un pas décidé et au moment de sortir de la salle il se retourna et lança d’une voix solennelle, presque irréelle.

- Je ne pense pas qu’ « ils » le voudraient.

Biocolee
Biocolee
Niveau 8
13 novembre 2005 à 21:51:26

Pas mal :ok:

sinon 2 faute trouver

surmonta la surprise de voir son :d) collègue

chaque symbole de la mappemonde :d) map monde

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
13 novembre 2005 à 22:40:40

Merci d´avoir lu.

En fait j´ai déjà 36 fictions en cours et tout et tout mais j´avais envie de faire ça depuis longtemps. En fait c´est en lien direct avec Maîtres et Disciples même si ça se passe 25 000 ans avant.

Gna-Gna
Gna-Gna
Niveau 8
14 novembre 2005 à 18:11:55

jolie histoire enfin début d"histoire :)

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
14 novembre 2005 à 21:07:19

Et bien ! Quand je vois Elnanar qui patauge et moi qui m´embourbe je me dis que la SF n´intérèsse plus grand monde.

Qu´à cela ne tienne ! Je continuerais et je tiendrais bon comme je le fais avec Etiam periere ruinae.

Je ne vais pas me laisser choir dans l´ombre par l´esbrouffe inepte de la magie et l´illusion insipide du fantastique. Non mais !

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
14 novembre 2005 à 21:19:35

J´avais dit qu´j´te lirais plus, mais c´était débile donc j´pas t´nu parole. :-)

Que dire? Que tu fais toujours de grands pavés^^. Que je reconnais ta patte, que j´espère qu´on verra le bout de cette fic (il me semble que tu n´as fini ni EPR, ni Nemesis, mais pour la première suis pas sur), qui s´annonce ma foi fort intéressante. :-)

Ah, et aussi, si ça peut te rassurer : ma dernière fic est aussi de la SF, et tout comme toi je manque de lecteurs : s´il y´en a eu 6 au premier chapitre, je suis actuellement à deux... :hum: , la SF coule on dirait^^.

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
20 novembre 2005 à 18:12:07

II. Un monde différent

Ilan avait passé toute la semaine enfermé dans son bureau. Il avait donné l’ordre que personne ne le dérange et qu’on lui laisse la totale priorité pour l’utilisation du radiotélescope de la colline de Handigar. Son comportement avait eu des échos dans tout le laboratoire et à présent presque tous les savants s’interrogeaient que ce que faisait Ilan dans son bureau. De plus, ils étaient bloqués dans leurs recherches car incapable de pouvoir utiliser l’appareil. Finalement, les scientifiques s’inquiétèrent et avertirent à la capitale de ce qui se passait. Une semaine plus tard, une délégation de fonctionnaires arriva à Handigar pour savoir ce qui se passait.
Jonel Dors était secrétaire au ministère de l’économie, il connaissait bien le laboratoire car il y avait étudié l’astronomie. Il aurait pu devenir un brillant savant mais la politique et ses ambitions l’avaient rattrapés. Il savait que le laboratoire était comme une sorte de tour d’ivoire et qu’il n’était pas bon de se fâcher avec les savants qui pouvaient facilement se braquer. Le laboratoire était un projet international et il eut été fâcheux d’altérer les relations diplomatiques parce que l’on aurait brusqué un astronome.
Jonel et ses collaborateurs furent accueillis en grande pompe, il comprit que le problème qui se tramait ici devait être assez important pour qu’on l’accueille de la sorte. Rapidement, un homme s’avança vers lui et lui serra la main.
- Bonjour Mr Dors, dit-il d’une voix amicale. Je suis ravi de votre venue, je suis Turano Mandamus, astronome.
- Bonjour, répondit Jonel. Ne perdons pas de temps voulez-vous et dites moi ce qui se passe alors avec le professeur Dertio.
- Venez voir par vous-même.
Turano conduit Jonel à travers les méandres du laboratoire. Les installations avaient été conçues pour privilégier les recherches scientifiques mais pas la fonctionnalité, ce qui rendait les bâtiments de vrais labyrinthes. Jonel se rappelait vaguement du laboratoire mais il put tout de même reconnaître les couloirs et savoir qu’on le mener vers l’aile des études télémétriques.

Ils arrivèrent enfin devant une porte en bois sur laquelle étaient collées toutes sortes d’affiches sommant de partir et de ne pas déranger. Jonel tenta de forcer la porte mais elle était visiblement barricadée.
- Cela fait maintenant presque un mois qu’il s’est enfermé, reprit Turano. On ne pense pas qu’il soit mort car des modifications ont été apportées au circuit d’alimentations électriques et le radiotélescope a été reprogrammé, d’ailleurs on ne peut plus l’utiliser.
Jonel ne dit rien et fit signe à ses collaborateurs de venir. L’un d’eux sortit d’une mallette des petits appareils. Il en posa au niveau des gonds et de la serrure. Tout le monde s’écarta et quelques secondes plus tard la porte explosa, la projetant dans la salle.
Jonel s’avança dans la pièce sombre suivit de près par Turano. A l’intérieur, il y avait un enchevêtrement de composants électroniques et de câbles qui serpentaient sur le sol. Au fond, face à plusieurs écrans d’ordinateurs et des caméras, Ilan était prostré en pleine concentration et il éteignit un des moniteurs.
- Il a augmenté la puissance du radiotélescope, dit doucement Turano en regardant les machines. Il y a d’autres modifications mais je ne saurais dire à quoi cela sert.
Jonel s’approcha lentement d’Ilan et demanda doucement :
- Professeur Dertio ?
Ce dernier se retourna et écarquilla les yeux en voyant l’homme qui lui faisait face. Ilan avait une barbe issurte et des vêtements usés mais sa mine laissait parâtre une grande forme. Il se leva et serra la main de Jonel.
- Monsieur Dors, dit-il posément. J’avais justement dans l’idée de vous … contacter. J’ai fais une grande découverte vous savez.
- Mr Mandamus me l’a dit en effet, rétorqua Jonel. Cependant, vous empêchez les autres savants de mener leurs recherches correctement. Vous allez devoir arrêter.
Ilan n’eut que faire de la recommandation de Jonel. Il saisit un long papier sur la table et lui tendit. Il se rassit sur son siège avec un air triomphal. Jonel qui avait étudié la physique et qui servait d’intermédiaire entre les savants et les politiciens, avait beaucoup de connaissances en astronomie. Il parcourut sans vraiment d’intérêt les données puis regarda Ilan d’un air étrange.
- Non !
- Si ! répondit Ilan en rigolant.
Turano qui ne comprenait pas très bien ce qui se passait demanda qu’on lui explique. Jonel se dépêcha de refermer comme il pouvait la pièce et entreprit d’éclairer Turano.
- Il a découvert une nouvelle planète ! cria Jonel.
- Je suis déjà au courant depuis longtemps, répliqua Turano avec sarcasme.
- Oui, reprit Ilan. Mais il y a quelquechose qui fait que cette planète est très différentes des autres : il y a de la vie !

Turano ne pouvait le croire. Cela faisait tellement longtemps que le laboratoire en chercher qu’on avait quasiment perdu l’espoir de trouver de la vie dans l’espace autre part que sur la planète. Il saisit la papier et regarda à son tour les données. Il vit alors que le radiotélescope avait capté des ondes dont les fréquences étaient irrégulières. Cela était généralement du à une anomalie ou alors, comme dans ce cas, à l’émission d’une message codés d’une autre forme de vie.
- C’est fabuleux ! s’écria-t-il. C’est pour ça que vous vouliez vérifier dans le système S-118. Il va falloir avertir tout le monde maintenant.
- Non surtout pas ! répondirent simultanément Ilan et Jonel.
- Pourquoi ?
- Parce qu’il faut en apprendre plus sur eux et avoir le monopole des recherches sur ce domaine, dit-il Jonel. C’est un projet international et le pays doit profiter au maximum de cette découverte avant tous les autres.
Turano n’approuvait mais en tant que simple astronome il n’avait pas son mot à dire. Il s’assit sur une autre chaise et laissa les deux autres hommes parlaient entre eux.

- Rappelez-vous, dit Ilan. Il y a soixante ans, l’Agence Spatiale Lironienne avait envoyé une sonde dans l’espace pour d’éventuels êtres. Et bien ce monde a reçu notre sonde il y a trois ans. Ils ont décodés nos informations mais comme ils n’ont pas de technologie suffisamment avancée, ils se sont contentés de diffuser un message radio à notre attention. Un message radio que j’ai capté il y a un mois.
- C’est fantastique, félicita Jonel. Mais avec la distance il va être difficile de leur parler. Comme leur planète se trouve à trois années lumières il va falloir attendre six ans le temps qu’il reçoivent notre message et qu’à leur tout il nous répondent.
- Et bien non figurez vous ! Leur civilisation s’est développée surtout autour de l’énergie et ils ont envoyés dans leur message des plans pour pouvoir modifier l’influx des ondes et la vitesse de transmission dans l’espace.
- Et vous avez réussi, demanda Jonel presque avec de la bave au bord des lèvres.
- J’ai fais mieux que ça regardez.

Ilan alluma un moniteur et on put voir un homme, tout à fait humain. Il sourit et dit calmement :
- Le monde de Edolin vous salue, Mr Dors.

Biocolee
Biocolee
Niveau 8
20 novembre 2005 à 21:34:04

continue :-)))

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
04 décembre 2005 à 22:32:43

Personne d´autres ? :question:

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
26 décembre 2005 à 15:40:41

:up:

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
26 décembre 2005 à 16:18:15

J´avais pas vu que t´avais posté la suite^^. Je la lirai tout à l´heure^^. :-)

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
01 juillet 2006 à 14:18:01

3. Quelques précautions

Turano et Jonel restèrent un long moment figés devant l’écran. La scène avait quelque chose d’irréelle avec les trois personnages muets, seulement illuminés par la lueur bleutée du moniteur.
Durant des décennies, les écrivains les plus prolifiques, les cinéastes les plus imaginatifs et les plus brillants biologistes avaient fait une multitude de supposition quant à l’hypothétique apparence d’entités extraterrestres. Et voilà que toutes ces interrogations se réduisaient à néant car ladite entité qu’ils apercevaient sur l’écran était un homme, tout à fait semblable aux habitants de la planète Liron. Il avait une carrure svelte et un visage rond à la mâchoire carré, la seule chose qui pouvait le différencier étaient ses vêtements épurés, découlant manifestement d’une autre culture.
Constatant que ses interlocuteurs ne réagissaient pas, l’homme prit la parole.
– Je réponds au nom de Sylvat Néok Gulm. Je suis astrophysicien et habitant de la planète Edolin, la population est ravie de savoir que nous pouvons communiquer avec un autre monde.
Jonel ouvrit la bouche pour répondre mais Turano le prit de vitesse.
– Vous parlez notre langue ? s’exclama-t-il. Qu’est-ce qui nous fait croire que vous n’êtes pas Lironien ?
– Je parle votre langue tout simplement parce que la sonde de votre monde comportait les dictionnaires et les annales de plusieurs langues tout comme les détails de votre histoire et de vos cultures. Certains d’entre nous ont donc appris vos langues. Je suis même en mesure de vous donner le code d’identification de la sonde que nous avons décrypté qui est le H3JJIEY2UYHJH43Y.
Jonel croyait également à un canular mais il se souvint que certaines données de la sonde avaient été gardé secrets pour éviter justement toute supercherie. Un doute l’éprit.
– Il y a un téléphone dans cette pièce ?
Ilan lui montra du doigt l’appareil en retrait en regardant l’intéressé d’un air perplexe. Jonel décrocha le combiné et composa un numéro.
– Allo, oui, ici Dors. Je dispose de l’accréditation 4, vérifier. Passez moi le chef du service de l’agence spatiale, je … merci.
Il patienta une minute durant laquelle chacun, et même Sylvathe, attendaient sachant pertinemment ce que faisait Jonel.
– Lerthmi ? s’exclama ce dernier, j’ai besoin de connaître le code de la sonde, celle envoyer il y a soixante ans … Entendu je le note.
Il saisit un crayon et griffonna sur un schéma à moitié déchiré. Jonel raccrocha sans se soucier de la politesse et répéta ce qu’il venait de marquer.
– H3JJIEY2UYHJH43Y … c’est le bon code.
– En témoignage de bonne foi, poursuivit Sylvat, nous avons envoyé plusieurs plans de générateurs et diverses solutions à des problèmes mathématiques généraux. J’ai également communiqué à monsieur Dertio une encyclopédie pour que vous en sachiez plus sur notre monde et notre histoire.
– Tous les habitants de votre monde vous ressemblent ? s’enquit Jonel.
– Je suis navré mais le temps imparti que je disposais touche à son terme, nous vous contacterons comme d’habitude. Au revoir et à bientôt.
L’écran devint noir et Ilan ajusta différentes mannettes sans doute pour arrêter les influx d’ondes.
– Comme d’habitude ! s’étonna Jonel. Dertio, tout cela ne me plait guère, mais surtout comme avez-vous fait pour faire en sorte que l’on communique instantanément alors que des années lumières nous séparent !
– La liaison ne se fait pas par transmission standard mais par émission de fréquence subspatiale. Moi-même je n’y comprends rien, je n’ai fait que suivre leur plan et visiblement ç a marché. Pour répondre à votre autre question, cela fait quatre jours que nous parlons à chaque fois pendant une heure, j’ignore d’ailleurs pourquoi.
Turano était stupéfait. Il venait de parler à un extraterrestre. Il travaillait depuis des années dans le but de trouver de la vie ailleurs que sur Liron mais jamais il n’aurait cru pouvoir leur parler. Peut être pourrait-il en rencontrer de son vivant songea-t-il, la science progressait tellement vite.
– Ils m’ont l’air très avancé, fit Jonel en surmontant son émoi.
– Ca dépend dans quels domaines, rétorqua Ilan en allumant un ordinateur plus en retrait. J’ai parcouru cette fameuse encyclopédie et j’ai vu qu’en matière énergétique, ils nous devancent d’un siècles ou deux, mais je sais qu’ils souffrent souvent de la famine. Ils ont système politique principalement féodal et leurs sciences mécaniques ne sont pas très poussées, bien au contraire de leur médecine qui leur octroie une espérance de vie largement supérieure à la notre.
– Je suppose que les informations sont sporadiques, dit Turano. Ca ne m’étonnerait pas qu’ils se méfient de nous.
– En effet, j’ai dû négocier un temps fou pour qu’ils daignent m’envoyer un plan de générateur, mais en général ils sont très courtois. Mais je pense que s’ils ne nous communiquent pas tous les détails c’est qu’ils ont dû connaître la guerre et ils doivent probablement avoir des problèmes similaires aux nôtres. Ca ne m’étonne pas, après tout, ils ne prennent que des précautions élémentaires.

Les paroles d’Ilan résonnèrent un instant dans le bureau désordonné avant d’instaurer un silence pesant.
Jonel calculait dans sa tête les retombées politiques de cela allait entraîner et prévoyait l’évolution des relations diplomatiques futures. L’esprit d’Ilan vagabondait dans le néant du ravissement et de la gloire, il était le grand scientifique, le premier homme à avoir contacté les êtres d’une autre planète, lointaine et inconnue. Quant à Turano, il s’inquiétait. La joie des premiers instants fut rapidement remplacer par une angoisse à propos de son monde en se demandant comment réagiraient les lironiens en apprenant que les extraterrestres étaient parfaitement humains. Les religions, les cultures, les fondements même de toute la civilisation allait bientôt être chamboulés par cette découverte.
Après quelques minutes de mutisme cérémonieux, Jonel s’assura que personne ne les entendait et parla aux deux scientifiques d’une voix solennelle.
– Monsieur Dertio, Monsieur Mandamus, je vous prierai de garder tout ceci pour vous. La situation et les enjeux ont bien trop d’ampleur pour que nous nous permettions la moindre erreur. Je vais rassembler un comité consultatif pour étudier les moindres détails de cette affaire afin de nous assurer le monopole des recherches et après nous informerons la population.
– Ne pourrions nous pas garder tout ceci secret défense ? déclara Turano en visionnant l’encyclopédie edoline.
– Non, répondit Ilan. Hélas, le projet est d’ordre international et la politique de certains de nos alliés est la transparence. Il vaudra mieux prévenir en premier de manière à éviter les soupçons. Nous ne sommes jamais à l’abri d’un conflit c’est pourquoi nous devons prendre toutes les précautions envisageables.

Jonel salua les deux hommes et sortit du bureau. Avant de disparaître dans le couloir, il se tourna vers Ilan.
– Ce projet ne vaut rien monsieur Dertio, fit-il de manière suffisamment ostensible pour que les scientifiques dans le couloir entende. Je refuse de payer pour cette folie !
Sur ce, il partit d’un pas preste, suivi de près par ses collaborateurs.
Ilan sourit en voyant la diversion de son vieil ami. Il se leva de son siège et remit la porte dans ses gonds pour ensuite se tourner vers Turano qui s’émerveillait de l’histoire du monde Edolin.
– Ils vont nous retirer la découverte, dit doucement ce dernier. Je m’en veux d’avoir fait venir Jonel Dors.
– Vous avez très fait mon ami. Je m’apprêtais justement à la faire. Cependant, ils ne nous écarterons jamais du projet.

Turano se releva et regarda son chef qui arborait une mine réjouie. Celui-ci ne bougea pas dans un premier temps pour ménager son effet puis alluma un autre moniteur d’un geste fluide.
– Regardez.
Turano regarda le petit écran à droite du bureau et comprit instantanément que nulle personne sur cette planète ne pourrait lui porter atteinte.

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