Voilà un petit texte que j´ai écrit à l´occasion du bac blanc de français (1ère S). Comme je le trouvais bien (on ne se flatte jamais assez
), je voulais vous le faire partager
Il m´a valu 10.5/14
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Sujet : Un citoyen qui a fait le même choix que Desnos, dans les mêmes circonstances historiques (la Résistance), explique sa démarche et la justifie. Rédiger le texte dans lequel il explique, à la première personne, ce qui l’a poussé –alors qu’il « haïssait la guerre », à s’engager.
La Guerre est le fléau de l’Homme, elle est ce qui lui est de plus dangereux et malfaisant. Non contente de semer l’horreur et la peur là où elle passe, et même là où on ne la voit pas ; cette peste pouvant s’étendre sur des centaines de kilomètres ; c’est petit à petit qu’elle dépèce les espoirs de chacun, qu’elle ruine l’Homme tant dans sa condition physique que morale. Elle peut transformer le meilleur des hommes en une bête monstrueuse et cruelle, assoiffée de sang et de violence. Comme le disait déjà Voltaire dans son articles « Paix », la guerre ne doit exister qu’au profit de la Paix, c’est-à-dire qu’elle ne doit survenir que si la Paix est menacé, et pour instaurer une Paix plus douce, plus agréable et plus longue. La guerre que nous vivons aujourd’hui, pour la quelle je me suis engagé à contrecœur, n’est motivée par notre ennemi que par la seule envie d’accroître son pouvoir, et d’étendre la mainmise de sa tyrannie sur l’ensemble des peuples. Or, comme l’a souligné Diderot, une autorité établie par la force n’a pas pour avenir de demeurer, car aucun homme, quels que soient son état, sa nature, sa provenance ou son intelligence, n’a le droit d’établir sur d’autres une autorité forgée par les deux métaux de la peur et de la violence ; par conséquent la guerre est interdite par Dieu, et la provoquer est une bravade à notre ultime supérieur, et donc une pure folie issue de la plus abominable des arrogances.
Mais alors pourquoi m’engager ? Pourquoi lier ma vie avec celles de millions d’autres hommes qui me sont inconnus, et ce dans le but d’en tuer d’autres ? Parce qu’il est de mon devoir, et du devoir de tous, de défendre les valeurs humaines comme la liberté. Mais alors qu’est-ce que la liberté ?
La liberté est un droit commun à tous les hommes. Il est un don du Créateur, et s’il a eu la grâce de nous l’offrir, il ne tient qu’à nous de le défendre et de le préserver ? C’est parce que la liberté est divine que nous devons la considérer comme inaliénable, inattaquable et incontestable. Malgré tout, la liberté, ce magnifique droit, dont, je le rappelle, nous jouissons tous, a ses limites. En effet, celles-ci sont nombreuses et diverses, qu’elles soient physiques, légales ou simplement humaines. Il paraît bien fou d’aller sur la Lune en un bons, et tuer quelqu’un m’est interdit, j’entraverai ainsi sa liberté de vivre. Ces limites ne doivent pas être perçues comme une conception bâclée de la liberté, mais comme des raisons en plus de la défendre.
Or, il a été maintes fois vu que la guerre est l’ultime entrave à l’Union des hommes et à leur liberté. Prenons l’exemple d’un prisonnier de guerre, nous ne sommes pas sans ignorer que ce pauvre homme, malheureuse victime du destin, est privé de ses droits les plus élémentaires, comme la parole. Sa vie est ainsi soumise à la volonté de ses détenteurs, il n’a plus de liberté de vivre. L’homme qui a lancé cette guerre – dans laquelle nous avons été des millions à nous jeter ou à y tomber, Hitler, a mis en place son pouvoir par la propagande, en jouant avec l’effet de masse, et en sanctionnant l’opposition, il a supprimé le droit issu de la liberté le plus intouchable, le droit de pensée. Prenons un dernier exemple, qui clôturera ma démonstration, lorsqu’une armée arrive dans un petit village, peut-on dénombrer le nombre d’objets cassés ? Combien de morts innocents ? Combien de jeunes filles ou de femmes ont perdu la fleur de leur innocence dans le macabre champ des envies des hommes ? Leur dignité traînée dans la boue avant d’être tuées, n’y a-t-il rien de plus horrible que de mourir indigne ? Voilà pourquoi je me suis engagé, et voilà pourquoi nous devons lutter, si nous ne faisons rien, alors serons-nous seulement dignes d’exister ?