Au risque de passer pour un cul cul fleur bleue, un petit texte pour ma femme que j´aime
La vie m’a tout donné… et ne m’a rien repris…
Il aura fallu vingt trois longues années à la vie pour ce rendre compte de ma présence. Vingt trois longues années sans âme, sans envies et sans souvenirs…
Vous l’aurez compris, je ne retiendrai rien de mon enfance, et encore moins de mon adolescence. Je ne garderai de ces deux périodes de ma vie aucune nostalgie. Certaine personne s’émeuve d’un parfum, d’une image, ou de petits riens qui les ramènent au passé. Pour moi il n’en est rien. Au contraire, la moindre réminiscence de mon passé, aussi petit soit elle, me plongerai même plutôt dans un profond désarroi.
Pour moi, tout commence donc l’année de mes vingt trois ans, une année ou la vie et le destin, d’un commun accord ont décidé de m’offrir le plus beau des cadeaux… la femme de ma vie.
En effet, au moment ou résigné, je n’attendais plus rien d’elle, la vie à donc pensée qu’il était temps pour elle de faire quelque chose pour moi.
Je l’ai donc rencontré… elle.
Curieux ce sentiment de n’avoir rien, puis d’avoir tout la seconde qui suit. Etrange cette sensation de ne vouloir plus rien, de n’attendre plus rien, puis l’instant d’après de vouloir tout et d’attendre plein de choses.
Le vide de mon cœur c’est donc rempli en à peine un regard, presque trop vite. Trop vite et trop fort pour lui qui n’avait pas l’habitude.
Du jour au lendemain j’ai commencé à vivre en couleur. Je vivais maintenant aux pieds d’un arc en ciel et sa seule présence suffisait à effacer des années de grisaille. Ma morosité perpétuelle laissa sa place à une joie de vivre qui jusqu´alors mettait inconnue. Tout ce qui m’entourait prenait une autre dimension, une autre saveur. Les battements de son cœur me redonnaient goût à la vie.
Moi qui n’avais toujours vu la bouteille qu’à moitié vide, la voyais à présent entièrement pleine.
Très vite nous avons emménagé ensemble, chaque minute passait loin d’elle étant pour moi à la fois inutiles et insupportables. J’oubliais auprès d’elle mais douleurs passé, chacun de ses baisers cicatrisaient mes plaies, chacune de ses paroles me redonner confiance.
Logiquement nous nous marièrent très vite et le jour des noces elle portait déjà en elle le fruit de notre amour. Par deux fois elle m’offrit le bonheur d’être père.
Aujourd’hui je suis parfaitement guéri.
Cet amour qui me faisait tant défaut m’est rendu au centuple par ma femme et mes fils, que demander d’autre ?
D’un naturel insatisfait et râleur je continue de me plaindre et de m’apitoyer sur mon sort, mes au fonds de moi je sais parfaitement que maintenant je ne pourrais avoir plus…
Je n’avais rien…
La vie m’a tout donné…
Elle m’a tout donné… et ne m’a rien repris…