Et voilà.
Tu m’as laissé. Seul. Pourquoi es-tu partie ? Il n’y a que quelques heures que nous sommes séparés, mais déjà tu me manques.
Il ne me reste plus rien à faire. Ou presque. Je n’ai plus goût à rien. J’ignore totalement ce que je vais faire dans les jours à venir. Une partie de mon esprit me souffle que ce ne sera pas joyeux. Plutôt inactif. Devant mon écran livide. A présent que tu n’es plus avec moi, mon ordinateur est la dernière chose qui peut me retenir ici. Manquerait plus qu’il me lâche, lui aussi.
Te rappelles tu le jour où nous nous sommes rencontrés ? Deux adolescents fuguant dans le même train, dans le même wagon pourri, en face du même panneau irritant de couleur. No smoking.
Nous avons sympathisé. Et bien plus. Et après plus de cinq ans durant lesquels, grâce à toi, je me suis senti revivre, tu me quitte. Pour de bon. No smoking. Je sais bien que personne n’aurait rien pu faire pour que tu restes, mais je m’en veux tout de même de n’avoir pas été plus clairvoyant. J’étais, et suis sûrement encore un peu, aveugle. Et une fois de plus je m’en veux. No smoking, hein ? Et bien oui. Jamais je n’oublierai cette phrase, ce panneau dans un train délabré. Ni toi.
Toi qui es partie.
Un aller simple vers l’au-delà.