Bon, une courte nouvelle dont je me dis à l´instant que l´histoire est pitoyable. Mais je tente le coup quand même, car si l´on devait se retenir à chaque fois que l´on veut faire/dire quelque chose de pitoyable, et bien je ne sais pas pour vous, mais moi je ne ferai/dirai pas grand chose^^.
Donc, essayez d´enjoyer un tant soit peu, et si vous aimez pas, ce n´est pas grave...
Un homme entre en ville. Il passe les portes monumentales et lourdement gardées d’un pas lent. Les soldats affectés à la surveillance frissonnent. Il est vêtu de noir de la tête aux pieds, mais d’une façon apeurante.
Une paire de bottes, de cuir noir, munies de boucles d’argent terni.
Une tunique, noire , serré à la taille d’une ceinture, noire.
Une longue cape de laine grossière, noire, prévue pour supporter les intempéries. Le capuchon lui recouvre la tête. De longues mèches de cheveux, noirs, en dépassent comme des serpents.
A son côté bat une épée, dissimulée par un fourreau de m étal sombre recouvert par endroits de velours.
Il pénètre dans la première auberge qu’il rencontre. Les quelques regards qui se tournent machinalement vers lui lors de son entrée se muent en expressions d’horreur qui ont tôt fait d’alerter ceux qui ont préféré rester à leur partie de cartes. L’ambiance amicale, rude et joviale s’effondre d’un coup au profit d’un silence de mort.
Il marche d’un pas régulier, ses bottes claquant sur les dalles de pierre polies par les allés et venue. Droit vers le bar.
Le tavernier tremble de tout son corps, et les gouttes de sueurs qui perlent sur son front n’ont rien à envier à la rosée sur une feuille de rhubarbe au petit matin. Lorsqu’ils sont face à face, l’inconnu abaisse sa capuche et retire ses gants (noirs). Ses yeux sont plus obscures qu’une nuit d’hiver, et sa peau plus pâle qu’une aube de printemps. Son regard par dessus tout est dérangeant. Triste, découragé, désabusé, mortifié, désespéré. Mais aussi empli d’une indicible cruauté, dissimulée derrière ce voile de mélancolie profonde.
Il s’adresse au tenancier d’une voix à glacer les entrailles, mélange de vent humide, sifflant, et de peste, étrange compromis entre le froid mortel des pôle et le feu dévorant des enfers.
- Une bière, je vous prie.
Le patron s’exécute, les mains tremblantes. Il présente rapidement un bock de boisson ambrée et mousseuse à l’inconnu, puis retire prestement sa main. Il bredouille :
- Vous en serez content, messire, cette année elle est particulièrement…
L’homme lui jette un regard inexpressif qui stoppe net les paroles du commerçant dans sa gorge. Il lève le récipient et avale en de longues goulée le demi litre amer. Tout le monde le regarde faire, hypnotisé, comme s’il doutait qu’il s’agisse là d’un humain.
Ce dernier repose le récipient métallique avec un tintement sourd, et s’essuie la bouche de sa cape. Fixant à nouveau l’aubergiste de son regard si particulier, il déclare de sa voix d’outre-tombe :
- Merci. Et maintenant…
Relevant brusquement les bras en arrière, à la grande terreur de la foule de client, il s’étire longuement. Le tenancier semble près de tourner de l’œil, presque aussi livide à présent que son étrange buveur.
Le nouveau venu fouille un instant dans une de ses poches et en retire une pièce de bronze. Il l’envoie négligemment sur le comptoir, où elle sonne et trébuche quelques secondes.
Il se dirige vers la porte. On le regarde partir avec soulagement. Mais au moment de passer le chambranle de bois sombre, il se retourne vers l’assistance, toujours comme paralysée, et s’exclame d’une voix chantante :
- Bonne journée à tous !
Puis il disparaît, happé par la foule de la rue.
Eh ! Vous vous rendez compte ? Pas un seul mort...
- parti se faire examiner par son neurologue attitré*