Première ébauche d´une Fic que j´ai en tête depuis quelques temps, ça doit être bourré de fautes et j´en suis désolé, malgré tout votre avis m´intéresse...
LA STRATEGIE DU TAUREAU
- Je t´ai dit que je n´aimais pas faire équipe avec toi ?
- Tu me l´as dit oui.
- Je t´ai dit pourquoi je n´aimais pas ?
- A chaque fois oui.
- Je n´aime pas bosser avec toi parce que tu n´as aucune méthode. Tu te contentes d´arriver et de buter tout le monde, sans jamais penser à assurer nos arrières.
- Je me contente de faire ce qu´on me demande de faire. Pas besoin d´établir des stratégies pendant des heures.
- Ecoute Vince, le prend pas mal mais moi je préférerais que l´on fasse un peu plus preuve de finesse dans notre façon d´agir.
- Ecoute "Napoléon" le prend pas mal mais la stratégie dans notre bouleau c´est un truc de fiotte, ensuite je me fous de savoir ce que tu préfères et t´est gentil c´est Monsieur Di Meco, pas Vince.
Il marqua une pose.
- Et de mon côté sache que faire équipe avec un jeune trou du cul dans ton genre ne m´emballe pas plus que si je devais aller faire le maillot de la vieille Lola !
- De qui ?
- T´inquiète j´me comprends.
Il avait dit ça tout en sortant de la voiture, deux heures qu´ils poirotaient devant cet hôtel minable à écouter le monologue d´un jeune blanc bec d´au moins quinze ans son cadet tout fraîchement débarqué en ville et qui avaient des théories sur tout et n´importe quoi, et là il arrivait à saturation.
- Eh ! Où tu vas comme ça ? On ne nous a dit pas avant trois heures ?
Il ne prit même pas la peine de se retourner.
- C´est moins vingt, t´a qu´à m´attendre là si tu veux, on dira que tu surveilles nos arrières.
Le jeune novice sortit précipitamment de la voiture et accéléra le pas pour revenir au niveau de Di Meco.
- Tu sais quand cas de problème je me ferai une joie d´en parler à Mr Roland.
- C´est comme tu le sens !
Les deux hommes gravirent les escaliers deux à deux avant d´arriver sur le palier du troisième, là ils marquèrent un temps d´arrêt. Tout les deux à l´affût du moindre bruit suspect. Ils remontèrent le couloir à pas de loup et s´arrêtèrent devant la chambre N°28. C´était un hôtel de passe minable de la banlieue Parisienne où ils ne risquaient pas d´être dérangés pas le service d´étage. D´ailleurs quiquonques les auraient vus se serait bien gardé de dire quelques chose, on voyait de suite qu´ils n´étaient pas là pour vendre des encyclopédies et de toutes façons il n´était pas coutumier dans le quartier de voir ou d´entendre quoi que ce soit.
Di Meco colla son oreille contre la porte, il entendit deux, non trois voix, les voix étaient respectivement celle de Messieurs Leguerec, Benisti et Zamorra, le conciliabule dont on leur avait fait part avait bien démarré. Il sortit son arme, un Glock 17 automatique de calibre 9 mm, il tira lentement la culasse en arrière et recula d´un pas. Il regarda son partenaire et lui fit signe qu´il allait entrer, à partir de là tout se passa très vite il explosa la porte d´un coup de pied, pénétra dans la pièce mis une balle dans la tête du garde assis dans l´angle face à la porte, et mit aussitôt en joue les troix hommes. Seul Leguerec fut assez rapide pour se saisir de sa propre arme.
- Inutile de vous préciser que le premier qui bouge subira le même sort que Monsieur !
Il avait dit cela d´un ton glacial tout en désignant du menton le garde qui assoupit sur son tabouret n´avait même pas pu se saisir du canon scié posé sur ses cuisses.
- Déjà si Monsieur veut bien lâcher son arme.
Leguerec marqua une seconde d´hésitation. Celle-ci lui fut fatale, Mr Vincent lui mit quatre balles dans la poitrine, les deux autres reculèrent machinalement contre le mur, acculés ainsi il ne semblait plus en mesure d´avoir une infime chance de s´en tirer.
- Il me reste exactement 12 balles dans le chargeur. J´aimerai assez en conserver pour notre prochaine destination aussi je vous serai reconnaissant de bien vouloir répondre à mes questions, et cela sans hors sujet ou débordements verbaux qui pourraient vous être dommageable.
Les deux hommes acquiescèrent d´un signe de tête, visiblement le message était passé.
- Qui a eu l´idée de cette petite réunion ? Quelle était son but ? Et pourquoi tout cela se passe dans le dos de Mr Roland ?
L´homme le plus prés de Di Meco désigna le cadavre effondré à coté de lui.
- C´est Leguerec qui nous a dit de venir et vous lui avez pas laissé le temps de nous dire pourquoi !
Un silence pesant tomba sur la pièce. Di Meco fit claquer plusieurs fois sa langue en signe de réprobation.
- T´entends ça Einstein ? Monsieur Benisti se fout de ma gueule !
Il marqua un temps d´arrêt puis reprit.
- Monsieur Benisti, vous voulez me dire que vous êtes là depuis... il regarda sa montre, depuis maintenant quatre heures et que Monsieur Leguerec ici présent, n´avait toujours pas commençait à vous dire pourquoi il vous avez réuni ? Vous faisiez quoi ? Une réunion Tupper Ware ?
- Non je vous jure, nous on est arrivés à onze heures, mais lui et son gorille ils sont arrivés y a quoi ? Cinq minutes.
- Cinq minutes ? Et lui là bas, avec son canon scié sur les genoux il était narcoleptique c´est ça ? Il arrive, il s´assied et il s´endort ! Sans déconner le petit personnel de nos jours !
Il ponctua sa phrase de quatre détonations qui ne laissèrent aucune chance à Benisti. Puis il se tourna vers le dernier des trois conspirateurs. L´homme pourtant bien campé sur ses jambes ne put s´empêcher de blêmir, ses lèvres bougeaient mais aucun son ne semblait vouloir sortir de sa bouche. Di Meco reprit.
- Tu vois le jeune derrière moi ? C’est un pro de la stratégie, il pourrait te parler stratégies pendant des heures et des heures, à la fin t´en pourras tellement plus que c´est toi qui vas me supplier de t´achever ! Alors crache ce que t´as a dire une bonne fois pour toute et après on statuera sur ton sort, façon c´est pas compliqué ou je te laisse partir ou je te laisse par terre ! À toi de voir.
Zamorra ne comprenait absolument pas l´allusion au plus jeune, mais il avait bien saisit le peu d´options qui lui était proposé, il paraissait prêt à collaborer.
- Je peux m´asseoir ?
Di Meco lui indiqua une chaise sans un mot et l´invita à passer à table.
- En fait c´est Benisti qui nous a dit de venir, le gorille c´était son gars à lui.
Il avala sa salive et poursuivit.
- Benisti voulait nous proposer de s´associer à lui pour monter un réseau avec des filles de l´Est, il avait d´après lui noué des contacts intéressants avec un roumain et il voulait essayer de contrer le monopole grandissant de Mr Roland.
- Et qu´est ce que tu lui as dit ?
L´homme reprenait des couleurs.
- Que j´étais contre évidemment, que Mr Roland me paye toujours très bien et que j´ai pas besoin de plus !
- Evidemment...
Di Meco rangea son arme. Il plongea son regard glacial dans celui de son interlocuteur et se fit encore plus menaçant qu´il ne l´était déjà.
- On va te laisser te tirer, mais bien entendu, si ce fameux roumain prend contact avec toi, Mr Roland te serai gré de bien vouloir nous l´adresser, si en revanche, j´entends parler à nouveau de cette parodie de réunion je viendrai te voir personnellement pour m´occuper de ton cas, et tu n´auras sûrement pas la chance d´avoir une mort aussi douce que tes petits camarades.
Sur ce, les deux tueurs quittèrent la pièce, le carnage avait eu lieu en l´espace de quelques minutes, et durant ce laps de temps pas une porte de l´étage ne fut ne serait ce qu´entrebâillé. Il ne s´était pour ainsi dire rien passé, la police ne trouverai que trois cadavres de gens fort peu recommandables, quelques douilles de 9 mm on ne peut plus classique et naturellement aucun témoin. Le seul rescapé serai alors bien loin à ce moment là et l´affaire sera au fil du compte classé parmi les dossiers de règlement de compte non élucidés, personnes ne viendrait pleurer les cadavres, et personne ne viendrait réclamer justice.
Les deux hommes montèrent en silence dans la Ford Focus noire garée sur le trottoir dans face.
- Ramènes moi chez moi.
- Quoi, déjà ?
Le visage de marbre de Di Meco semblait suintait d´exaspération.
- Il est 3 h 10 et j´ai pas la tête à la bagatelle alors tu m´épargnes ton cortège d´idées reçues sur la différence d´âge ou je ne sais quelles conneries et tu me ramènes chez moi !
- N´empêche...
- Et en silence ou je te finis mon chargeur dans les rotules !
Le silence se fit, Di Meco du haut de son mètre quatre vingt cinq n´était pas homme à répéter plusieurs fois ses doléances, par nature fermée et antipathique il inspirait le respect et convenait parfaitement à son poste ou justement la grandeur d´âme n´était pas la principale qualité requise, homme de main de Mr Roland depuis des années on le disait insensible et impitoyable, et nombreux dans le milieu ne se serait pas risqué à le contrarier, seul les petits nouveaux se permettaient des familiarités durant les premiers temps et bons nombres de jeunes requins étaient repartis sans les dents dans leurs provinces voire avez complètement disparus au large sans que l´on ne sache jamais vraiment pourquoi.
yop!!! bon, j´ai fais de nombreuses promesses pour ces vacances et j´espère avoir le temps de toutes les faire, donc:
j´ai pas lu, mais je vais lire, bientôt, pendant les vacances. le titre me dis bien
sinon, juste comme ca, c´est quoi le style SF? HF?
Et c´est cool !!
! ça te dirais de le faire en livre ? Non je rigole mais sérieux, continue !
Sympa, même si le coup du petit jeune et du vieux roublard est tout ce qu´il y de plus classique (quoique, on voit surtout ça dans la police... Bon, à voir...)
Pas encore d´histoire, juste de quoi présenter les personnages. Par contre attention, des phrases parfois trop longues, comme la dernière, alors que c´est pourtant pas dur de mettre des points.
C´est du style bon vieux polar...
Merci à vous trois, en tout cas, j´ai déjà une bonne partie de la suite mais je sais pas si ça vaut le coup de la mettre déjà ?
Mets-la !! !
Voilà les suite, j´ai mis tout ce que j´ai fait... mais en plusieurs parties, désolé pour l´orthographe, j´ai pas eu le temps de me relire.
Sur le trajet, les lumières des lampadaires agissaient sur Di Meco comme un métronome, hypnotisait par le flux régulier de ces lumières il paraissait comme somnoler, ou peut être feignait-il seulement l´assoupissement pour ne pas risquer de subir une nouvelle litanie de la part de son très récent et très agaçant partenaire. Le trajet ne prit que quelques minutes, à cette heure tardive les rues de Paris étaient désertes et le trafic était on ne peut plus fluide.
- T´as qu´à me laisser là.
La Focus se gara le long du trottoir, Di Meco sortit du véhicule, claqua la portière, fit deux pas puis revint.
- Tu m´appelles les fouines et tu leur dis de surveiller Zamorra, jour et nuit.
- On devrait peut être...
- Fais ce que je te dis et ferme ta gueule !
Sur ce, il referma la portière et partit.
Le digicode parut hurler dans la nuit, il poussa la porte, traversa la cour intérieure, et gravit le plus silencieusement possible les quatre étages qui le séparaient de son appartement, le vieil ascenseur était si bruyant que le faire fonctionner à cette heure-ci aurait été d´une totale indécence et d´un manque de discrétion flagrant. Une fois chez lui il jeta son trois quart en cuir sur le porte manteau, se dirigea dans la salle de bain et s´enfouit sous la douche. Ici, il pouvait faire autant de bruit qu´il voulait, il avait toujours vécu seul. Par nature il ne s´était jamais attaché à qui que ce soit, il n´avait jamais eu de relation suivie, il n´en avait d´ailleurs jamais ressentit le besoin. En fait il n´aimait personne. Il n´avait rien contre l’individu, mais il détestait les gens, leur façon de faire, leur connerie, leurs manies. La vérité c´était que la nature humaine elle-même l´exaspérait.
Sous le flot continue d´eau chaude qui lui ruisselait sur le visage il essayait de comprendre, le front contre la faïence il tentait de donner un semblant de sens à sa vie, la fatigue devait sans doute altérer sa façon de voir les choses mais là, comme presque chaque nuit en fait il cherchait une raison de continuer à vivre, il n´avait pas d´ami, pas de famille, pas d´ambition, pas de vices quelconques, pas de sentiments pour qui que ce soit, pas même un flirt. Il n´attendait rien de la vie, et la vie ne semblait ne rien attendre de lui. On le disait tête brûlée, on le surnommait même le taureau parce qu´il fonçait toujours dans le tas sans jamais réfléchir aux conséquences, mais en fin de compte, le taureau, qu´il s´était d´ailleurs fait tatouer sur le torse symbolisait parfaitement sa vie. Il se sentait comme un taureau dans l´arène, acculé, désespéré, il savait que l´issue ne pouvait être que la mort, quel pourcentage de chance avait-il de vaincre la mort bariolée qui s´agitait face à lui ? Certains se voyaient dans un tunnel avec comme seule sortie une lumière tout au bout, lui se voyait dans une arène avec pour seule échappatoire un drap rouge et des banderilles.
Le contact prolongé de l´eau brûlante sur sa peau commençait à avoir sur lui un effet anesthésiant. Il sortit de la douche fumante, encore humide il se dirigea vers son lit et s´y laissa tomber de tout son poids. Rapidement gagné par le sommeil, son esprit cessa la corrida, les aficionados attendraient.
La sonnerie du portable résonna longuement dans la chambre, affalé sur le lit il fallut un bon moment à Di Meco pour pouvoir émerger et se saisir de son Nokia, la sonnerie cessa, l´écran affichait plus de six appels en absence, toujours du même numéro, il reconnut au premier coup d´oeil le numéro de Roland, Monsieur Roland.
Roland Lopez était un petit caïd parisien, petit mais suffisamment grand pour que l´on hésite à marcher sur ses Weston. Le taureau travaillait pour lui depuis maintenant plusieurs années, fidèle il savait tenir son rang, il ne s´occupait que de son boulot, ne donnait son avis que lorsqu´on lui demandait, et surtout, surtout il ne se liait avec personne. L´ami d´aujourd´hui pourrait très bien être le passage à tabac de demain. Un flirt pourrait se changer en cible sur simple coup de fil, cela s´était déjà produit par le passé et défenestrer la fille avec qui il venait de passer la nuit n´avait pas été la chose la plus agréable qu´on lui ait demandé de faire. Il s´était promis que cela ne se reproduirait plus, et pour l´instant, il tenait bon. Il s´assit sur le bord du lit et composa le numéro de Roland, celui-ci décrocha dés la première sonnerie.
- Bordel, ça t´arrive de répondre quand on t´appelle ?
- Désolé Mr Roland.
- La nuit a été dure à ce qu´on m´a dit !
- On vous a dit des conneries.
Il y eut un blanc de quelques secondes. Roland reprit le ton un peu plus dur.
- Justement faut qu´on en discute, passe à l´occasion j´aimerai assez éclaircir certains points avec toi.
- J´arrive.
" Passe à l´occasion " était une formule édulcorée pour dire qu´il valait mieux se ramener le plus rapidement possible, Di Meco savait qu´il avait la situation sous contrôle, mais dans le milieu il valait mieux crever les abcès avant qu´ils ne s´infectent, comme antibiotique il existait plus pratique que le 9 mm.
Il s´habilla, rien dans sa façon d´agir ne laissait entrevoir une quelconque crainte de l´entretien post massacre de la veille, car c´était bien de cela qu´il était question, le jeune stratège qu´on lui avait collé sur le râble avait dû baver sur la façon dont s´était traité l´affaire, trop expéditif, pas assez de psychologie dans l´approche, peut importait, des comme lui, il en avait vu défiler comme au quatorze juillet et il était toujours là, lui.
Il sortit de chez lui, et emprunta l´ascenseur qui descendit dans un râle métallique qui étage après étage semblait s´amplifier comme pour culpabiliser son utilisateur. Il traversa la cour intérieure.
- Bonjour Monsieur Di Meco !
Il se contenta de répondre d´un léger signe de tête, même s´il entretenait de bon contact avec ses voisins depuis son arrivée il n´était cependant pas adepte de la promiscuité et limitait au maximum les échanges verbaux avec ceux-ci. La résidence était essentiellement occupée de personnes âgées, et avec ses quarante ans il y faisait office de petit jeune.
- Bonne journée Monsieur Di Meco !
Une fois sur le trottoir il n´eut à attendre que quelques minutes avant de voir arriver la Focus noire.
Di Meco attendit sagement devant la porte que Monsieur Roland l´invita a entrer, sitôt fait il s´approcha de lui le salua et se laissa tomber dans le fauteuil le plus proche. Le boss fit de même de son coté du bureau, il croisa ses mains sous son menton et l´interrogea aussitôt.
- David m´a dit que t´avais mis toutes nos sangsues sur le dos du même gars ! Vrai ?
- Vrai.
- Je peux savoir pourquoi ?
Di Meco se redressa dans son fauteuil.
- En fait j´ai pensé que...
Roland le coupa dans son élan.
- Attends attends attends ! T’as pensé ? Non mais tu sais que je te paie pas pour penser ? Moi je pense et vous tous vous êtes mon bras armé ! JE PENSE !
Di Meco attendit que l´orage s´éloigne. Et l´orage s´éloigna. Roland reprit plus calmement, presque gentiment même.
- Bon... admettons, excuse moi je m´énerve toujours trop vite, j´attendrai que tu te sois expliqué avant de t´en vouloir.
D´un signe de la main il le convia à poursuivre.
- David a du se faire une joie de vous donner tous les détails concernant cette nuit alors en bref, je pense que c´était Zamorra l´instigateur de cette soirée.
- Qu´est ce qui te fait dire ça ?
Dans le fond du bureau le jeune David qui pensait avoir marqué un bon paquet de points sentait que son capital allait fondre comme neige au soleil.
- D´abord les deux que j´ai aéré étaient deux gonzesses, et ça ressemblait à tout sauf à un quart d´heures américains ! Ensuite c´est une accumulation de détails. D´abord Benisti et Zamorra ont accusé Leguerec, mais qui connait Robert Leguerec sait qu´il avait un cerveau du genre " je bosse qu´a mi-temps " et que le jour où il aurait une idée à lui, ça passerait au vingt heures ! Ensuite j´ai refroidi Benisti, et Zamorra lui a de suite jeté la pierre, seulement pour trouver plus raciste que Benisti fallait avoir une sacrée patience, alors j´ai du mal à l´imaginer tisser des liens avec des polacs ou des roumains ! Donc par élimination il reste que Zamorra...
Roland s´égaya.
- Par élimination !
- En effet.
- Par élimination !
Il s´esclaffait de plus en plus.
- Alors toi je t´adore ! Cette façon que t´as de prendre certaines expressions à la lettre, c´est désopilant. En fait t´as fait une version trash du maillon faible quoi ?
- Si on veut.
Roland cessa de rire.
- N´empêche que ça se tient, je suis ok pour que les fouines restent sur Zamorra.
Di Meco sourit.
- Vous voyiez que vous m´aimez encore ! Et je vous facturerai même pas le raisonnement !
Monsieur Roland lui rendit son sourire.
- J´taime bien parce que tu buterais ta propre mère si je te le demandais !
Le visage de Di Meco se referma aussitôt.
- Vous me dites ça alors qu´elle est morte la semaine dernière.
Roland prit un air faussement gêné.
- Elle est morte de chagrin quand elle a vu le tocard que vous me filiez comme équipier.
Le chef eut un rire discret. David lui, sourit sans rien dire, un de ces sourires qui ne laissait pas forcément présager du meilleur.
Quelques minutes plus tard ils quittaient tout les deux le bureau du boss. Roland leur avait communiqué trois noms, trois créances qui tardaient à être réglé, Di Meco connaissait bien deux d´entres eux, un était un habitué du passage à tabac pour diverses raisons, l´autre avait travaillé pas moins de dix ans pour Mr Roland, il avait même fait équipe avec Di Meco durant toutes ses années, vu le gabarit du gars en question ça ne serait pas aussi simple que pour les autres mais bon, il avait une petite idée concernant la manière d´aborder le problème.
Le premier, Bonaventure était abonné aux ecchymoses, c´était un martiniquais qui fumait toutes sortes de substances illicites, en fait le moindre de ses euros partait en fumée, facile à trouver il squattait inlassablement le même bar, et une fois n´était pas coutume il était là, à moitié défoncé dans le fond de la salle, Di Meco se tourna vers son jeune partenaire :
- Tu vois le nuage là bas ? Bonaventure est au milieu, alors tu y vas, t´évite d´inhaler la fumée et tu lui dis que t’es pote avec Tony du Boom Boom Bar et que t´as un truc pour lui. Puis tu me l´emmènes aux chiottes.
David acquiesça sans un mot et parti en direction du brouillard. Di Meco, lui, se faufila jusqu´aux toilettes. Une fois en place il attendit sagement. Un instant plus tard, la porte s´entrebâilla, il reconnut aussitôt le mauvais payeur , le saisit par la nuque et l´envoya valdinguer dans le fond de la pièce. Bonaventure s´effondra au sol et commença à geindre avant même d´avoir prit la première gifle, il était défoncé, mais pas assez pour ne pas comprendre se qui se passait. Devant le début d´explication ou de complainte foireuse que semblait vouloir amorcer le martiniquais Di Meco pris les devant :
- Alors Bona... t’a rien oublié ?
Il accompagna sa question d´un magistral coup de pied en plein visage. L´homme déjà au sol saisit son visage entre ses mains. Di Meco poursuivit sous l´oeil attentif de David.
- 1500 Euros ! Tu dois toujours 1500 Euros à Mr Roland, et au lieu de t´affairer à rembourser ta dette tu restes à fumer je ne sais qu´elle saloperie !
A nouveau il décocha un puissant coup de pied dans les côtes de Bonaventure.
- Dis moi quelque chose ! Donne moi une bonne raison de pas te crever de suite !
Il cessa les coups, attrapa le martiniquais par les cheveux, et le souleva du sol, celui ci gémit et découvrit son visage ensanglanté.
- J´vous en prie Msieur... donnez moi un peu de temps...
Sans le lâcher, Di Meco hurla littéralement au visage de Bonaventure.
- DU TEMPS ? POURQUOI ? POUR RETOURNER FUMER ? POUR TE BARRER DANS TON PAYS ?
Di Meco gardait toujours en main la tignasse de son souffre douleur. Celui ci tentait en vain de faire non de la tête.
- Non Msieur, j´vous en prie... du temps pour réunir l´argent... pour tout vous rendre... demain, je vous rends tout demain !
Di Meco lui lâcha la tête, le plaqua contre le mur et reprit plus calmement.
- Non seulement t´auras tout demain, mais en plus t´auras 2000 Euros ! Il articula bien, 2000 Euros !
- 2000 ?
Vincent lui saisit l´oreille droite et attira son visage sanguinolant prés de sa bouche :
- Trois mois ! Ça fait trois mois que tu nous tiens le bec dans l´eau et que tu te fous de notre gueule, alors maintenant c´est 2000 ! Sinon demain mon pote derrière moi il va venir te causer stratégie, et crois moi t´aimeras pas ça !
Dans son dos David leva furtivement les yeux au ciel, il allait en bouffer des remarques à la con, ça c´était sûr. Di Meco relâcha l´oreille de Bonaventure, lui au teint si halé était maintenant aussi blanc que les cuvettes qui l´entouraient. Il écarta les mains en signes d´impuissance et s´affaira à négocier :
- Mais je...
Un redoutable crochet à l´estomac mis fin instantanément aux négociations. Manifestement Di Meco avait tout l´air d´être bien plus douer en politique que le pantin désarticulé qui se traînait à nouveau à ses pieds, une véritable pluie de coups s´abattit sur celui ci, tous plus violent les uns que les autres, coups de poings, coups de pieds, au visage, au corps, dans les jambes, dans les parties génitales, Di Meco savait faire mal, et il pouvait se montrer particulièrement méticuleux quand il le voulait, et là en l´occurrence il s´acharnait autant pour faire bien passer le message au martiniquais que pour impressionner son partenaire qui se cantonnait toujours à faire le plancton prés de la porte. Lorsque les coups cessèrent Bonaventure baignait dans son sang, couchait sur le dos son regard vitreux fixait le plafond et il ne paraissait plus en mesure de confirmer ou d´infirmer quoi que ce soit. Di Meco sortit son arme, ôta la sécurité et mis sans ménagement le canon dans la bouche du martiniquais.
- Demain ! À 20 h ! Soit dans ses chiottes avec les 2000 Euros ! Et t´avise pas de débouler avec la compagnie créole parce que je vous ferai passer à tous l´envie de zouker.
Di Meco se lava les mains, puis ils sortirent du bar sous les regards inquiets des clients ayant entendus ou devinés ce qu´il s´était tramé dans les WC, ils regagnèrent la Focus sans s´échanger un mot, ce fut évidemment David qui brisa le silence en premier.
- En fait la compagnie créole c´est des antillais !
Di Meco le regarda incrédule.
- Non parce qu´en fait tu lui en as parlé, mais lui il est martiniquais !
- Roule !
David mit le contact et renchérit :
- Et concernant les 500 Euros de plus ? Mr Roland est au courant bien sur ?
Di Meco lui jeta un regard antarctical.
- Continu ce genre d´insinuation, et toi et le crépu allait devenir copain de mercurochrome !
Le jeune chauffeur poursuivit tout de même :
- Non mais je me dis que s’il n’est pas au courant...
- Je t´arrête de suite, soit t´espères me piéger et ça prouve à quel point t´es con, soit tu penses vraiment doubler Mr Roland et ça prouve à quel point t´es con !
Le silence était retombé dans la voiture, seul le clignotant continuait son tic tac orgueilleux, quelque avait été l´idée de David elle était avorté avant même qu´il ai pu la développer.
Deux heures et quelques coups de fils plus tard il arrivait aux abords d´un bar PMU du quartier latin qui de toutes évidence ce donnait un mal de chien pour ne pas apparaître dans le guide du routard. La Ford noire fut garé non loin de là, ils entrèrent dans le bar, scrutèrent la salle du regard, mais ne virent pas leur deuxième client.
- Je crois que ça va être moins pépère que pour notre ami de tout à l´heure.
Di Meco ne releva pas. Il se contentait d´observer les comportements des clients, en principe il voyait de suite qui était les habitués, et c´est ça qu´il cherchait pour l´instant. Son attention se porta sur un gros à moustache, fort en gueule et pas très au vu de la mode vestimentaire actuelle. Sans même se tournait vers son équipier il prit la direction de la vedette et se planta juste devant lui :
- Je cherche Léopold Bremer !
Le gars le dévisagea.
- Et qu´est ce que vous lui voulez à Léo ?
Bien, il le connaissait.
- T´es sa secrétaire ? Je veux juste savoir où il est.
Le gros bomba le torse et remonta son pantalon.
- Non mais...
- Ecoute tête d´airbag, dis nous où il est et tu t´épargneras une bonne migraine !
- Tête de quoi ?
Le coup de tête qui s´en suivit donna tout son sens à l´expression "tête d´airbag", la tête de Di Meco s´était littéralement écraser sur la face de l´adipeux, toute le visage paraissait avoir éclater sous l´impact. Le ventripotent avait maintenant la tête en sang, le cul par terre, et une humiliation qu´il aurait du mal à effacer de son ardoise. Toutes les conversations avaient cessé, les regards convergeaient tous dans leur direction. David en profita pour jouer ce qu´il aurait qualifié de carte psychologique.
- Nous cherchons Monsieur Léopold Bremer, la tête de mon ami ne pourra sûrement pas tous vous interroger, aussi nous vous serions gré de bien vouloir nous dire si vous savez ou il se trouve !
Les regards s´entrecroisèrent mais personne ne semblait prêt à dire quoi que ce soit. Di Meco ramassa le gros moustachu.
- Je cherche Léopold Bremer !
- Mais enfin...
Un second coup de tête, tout aussi meurtrier mis à mal l´obstiné, il retomba à nouveau sur le sol de tout son poids, le visage tuméfié. Le taureau se tourna vers le barman :
- Appelle les flics et t’es un homme mort !
Laissant la vedette gémir tranquillement sur son sol pourris, il ajusta sa veste et passa à "sa" phase de psychologie :
- Je suis pressé, j´ai dans la poche un 9 mm et je ne quitterai pas ce bar sans une info sur Léopold Bremer !
David soupira, il se demandait comment après tant d´année un gars comme Di Meco n´était pas encore en prison, la journée n´était pas fini et il s´était déjà fait remarquer dans deux bars, il y avait moins de 24 heures il avait abattu trois gars dans un hôtel de passe, et maintenant il menaçait de mort plus du dizaines de gars, et ce en plein jour. Dans le fond du bar une voix tremblante s´éleva :
- Dernièrement il vivait chez sa soeur, au 3 rue du Maréchal Leclerc...
Di Meco se tourna en direction de la voix, sans voir vraiment qui avait parlé.
- J´espère que ce renseignement est fiable, sans quoi je serai désolé de devoir revenir !
Ils sortirent du bar, accompagnés d´un silencieux soupir de soulagement général. Une fois en voiture David le questionna.
- Pourquoi lui ? Questionna David.
- Pourquoi qui ?
- Le moustachu.
- C´était le plus gros et le plus bruyant, pour marquer les esprits c´était lui qui fallait plier.
David sourit légèrement.
- C´est de la stratégie ça !
Di Meco soupira.
- Roule !
Ils ne mirent que quelques minutes pour arriver à l´adresse que leur avait communiqué le corbeau du PMU. Le bâtiment était vétuste mais en très bon état, les propriétaires ou co-propriétaires avait manifestement l´air d´avoir les moyens d´entretenir leur immeuble. Un rapide coup d´oeil sur les boites aux lettres leur permis de trouver une Bremer Yvette. Ils gravirent les trois étages qui les séparaient de la dame en questions et se présentèrent devant la porte. David passa alors devant.
- Vu ton capital sympathie il serait sans doute préférable que je passe devant.
- Mon capital sympathie ? Tu m´as vu avec un brumisateur ? Non ? C’est justement parce qu´on est pas là pour lui parler du plan canicule alors dégage du milieu.
Di Meco donna trois coups de sonnette assez secs.
Il perçut le craquement d´un vieux plancher derrière la porte puis plus rien.
- Madame Bremer ?
Plus rien ne semblait bouger dans l´appartement.
- On a qu´à péter la porte. Chuchota David.
Le taureau leva les yeux au ciel.
- Evidemment que je vais péter la porte ! Tu crois que je vais rester planté là jusqu´a ce qu´ils aient plus rien à bouffer !
Aussitôt dit, aussitôt fait, il mit un coup d´épaule dans la porte, celle-ci s´ouvrit sans la moindre résistance. Les Bremer était bien là, dans leur salon, collés l´un contre l´autre et tout deux terrorisés. Léopold Bremer implora la clémence avant même que Di Meco ai dit ou fait quoi que ce soit.
- Pitié ne faites pas de mal à ma soeur.
- oh mais j´ai rien contre elle !
Bremer soupira.
- Par contre toi tu vas passer par la fenêtre si t´as pas les 1500 Euros de Monsieur Roland !
L´homme se décomposa. Il tomba à genoux et se mit à pleurer à chaudes larmes. Sa soeur en fit autant, il tombèrent dans les bras l´un de l´autre et supplièrent de concert, ils avaient tout les deux la cinquantaine et la scène n´en était que plus pathétique. Bremer était un de ces pigeons qui jouait des fortunes en courses de chevaux, persuadé qu´il allait finir par toucher le jackpot, Et évidemment il ne pariait que sur des bourrins et avait fini par emprunter à Monsieur Roland.
- Madame Bremer, avez vous de quoi recouvrer la dette de votre frère ?
Aucun des deux ne répondit, trop occupé à s´époumoner, et à prier à voix haute. Di Meco saisit Bremer par l´épaule et le poussa dans un coin de la pièce, puis il releva sa soeur et lui mit une gifle qui aurait pu lui décoller la tête. Tout deux parurent comprendre à ce moment là que geindre ne les mèneraient à rien, il réitéra sa question :
- Avez vous oui ou non de quoi rembourser ce que doit votre frère ?
La femme avait retrouvé miraculeusement ses esprits.
- J´ai peut être ce qu´il faut à la banque. Marmonna t´elle.
David saisit ce coup-ci son frère et lui administra un très perfide coup de poing dans les parties sensibles.
- JE VEUX DES REPONSES UN PEU PLUS PRECISES MADAME BREMER ! Hurla Di Meco.
Au sol son frère se tordait de douleur. Di Meco lui flanqua un coup de pied en pleine tête, histoire d´accélérer la réflexion de sa soeur.
- D´accord, d´accord je dois avoir ce qu´il faut, mais il me faut jusqu´à demain !
Di Meco et David cessèrent les coups.
- Vous avez jusqu´à demain midi ! Sans quoi vous et votre frère ferez la course entre votre salon et le trottoir d´en face, et croyiez moi, aucun de vous deux ne passera par le cage d´escalier !
La précision était inutile, mais c´était toujours bon de l´entendre.
- N´oubliez pas ! Demain midi !
Ils s’apprêtaient à quitter l’appartement lorsque voyant ses tortionnaires s’éloigner Yvette Bremer fut subitement porté par un élan d’héroïsme.
- Et, et si j’appelais plutôt la police ?
Di Meco se retourna calmement.
- Avec un peu de chance, votre frère et vous atterriraient sur le toit de la même voiture !
- Il est venu ?
Le barman du Marilyn’s jeta un rapide coup d’œil au alentour avant de répondre.
- Il est venu oui.
L’homme continuait d’essuyer ses verres tout en scrutant la salle. Le « Taureau » n’avait rien d’un trèfle à quatre feuilles, et être vu en train de lui balancer des infos pouvait attirer plus d’ennui que de bénéfices.
- Il est parti comment ?
L’homme se tourna comme s’il n’avait pas entendu, il alla servir un client un peu plus loin puis revint.
- Disons qu’y avait de la houle.
Di Meco marqua à son tour une pause, il but une gorgé de son verre et questionna à nouveau.
- Il habite toujours au même endroit ?
- Toujours.
David qui avait suivi le semblant de conversation régla les consommations, il suivit Di Meco jusqu´à la voiture et exigea qu’on lui explique ce qui venait de se passer.
- Césare est un client du Marilyn’s, un bon client même, il vient s’y torcher tout les soirs ou presque. En journée on a aucune chance, même à deux, mais dans l’état où il doit être maintenant il va pas faire un pli.
- Pas un pli ? Je croyais justement qu’on nous envoyer le froisser un peu ? Ironisa le jeune.
- T’enflamme pas, Césare est une montagne, le genre de gars qui te calme une foule, autant te dire que quand on arrivait les créances tombait toutes seules, c’est même pas dit que blindé à la vodka il ne nous pose pas de problème, et si c’est le cas j’espère que tu sais coudre parce qui vas y avoir de la balafre !
David se trouvait déjà nettement moins drôle, amocher un quinquagénaire mort de peur c’était un boulot plutôt pépère, mais bousiller un King Kong dopé au tord boyaux sa paraissait déjà bien moins folichon. Di Meco sentit bien le malaise qu’il avait créé chez son coéquipier et intérieurement il jubilait, en plus ce que le jeune ignorait c’est que les instructions de Mr Roland étaient claires, soit il avait le pognon, soit il servirait d’exemple.
Césare habitait à deux rues du Marilyn’s, un immeuble miteux, sale et nauséabond. Manifestement la concierge s’embarrassait pas trop avec le nettoyage de la cage d’escalier mais vu les locataires ça devait pas poser un trop gros problème. Ils montèrent jusqu’au quatrième, s’arrêtèrent devant la porte et marquèrent un temps d’arrêt. Le ronflement régulier et bruyant derrière la porte semblait inviter les deux hommes à entrer sans trop se poser de questions, cependant Di Meco, malgré sa réputation, n’était pas totalement inconscient, il avait pratiqué Césare durant une décennies entière et ne comptait pas faire la moindre erreur qui pourrait leur être préjudiciable. Il crocheta sans mal la serrure qui ne faisait ici office que de décoration et entra l’arme au poing. Il faisait sombre, le colosse dormait bien profondément et puait l’alcool à plein nez. Le studio était à l’image du reste, dans un état de saleté relevant de la tentative de record, et d’une pestilence suffocante. Le géant était vautrait sur le lit et une partie de ses 2 m 10 dépassait largement de celui-ci. Di Meco jeta un rapide coup d’œil autour de lui, il vit tout de suite de quoi faire son bonheur. Césare avait encore toutes ses petites affaires, poing américain, batte de baseball, armes contondantes et autres flingues en tout genre. Il se saisit de la batte sans même se poser de question, il la leva au dessus de sa tête et l’abattit de toutes ses forces sur une des chevilles qui avançait hors du lit. Le bruit sourd du choc se mêla au hurlement du poivrot, l’adrénaline et la douleur le désenivrèrent dans la seconde, le coup fut tel que le pied ne semblait plus tenir que par les cartilages, avant même qu’il ait pu se saisir de sa cheville la batte s’abattit une nouvelle fois, ce fut son genoux droit qui sembla exploser cette fois ci sous l’impact, il hurla de plus belle et tenta de se protéger d’un éventuel nouvel assaut, mais celui-ci ne vint pas. Durant toute la scène David était resté en retrait, il n’avait tout d’abord pas saisit le geste de son partenaire puis rapidement il avait comprit quand agissant ainsi il le privait d’une mobilité qui l’aurait sûrement rendu beaucoup plus contrariant. Césare jura à n’en plus finir avant même d’avoir reconnut son agresseur, le visage de Di Meco lui apparut soudain dans la lumière et ce fut un véritable almanach d’insultes qu’il lui cracha au visage.
- Espèce d’enculé de fils de pute de sale raclure de merde, tes toujours le même Vincent, t’as toujours pas compris qu’on causait avant de tabasser !
- Toujours pas non !
Di Meco gardait toujours fermement la batte en main. Il la leva une nouvelle fois avant d’être arrêté par les supplications de son ancien acolyte.
- Attends putain ! Fait au moins semblant de me poser deux trois questions avant de remettre le couvert, qu’est ce que tu veux ?
- Devine ?
David tenait toujours le mastodonte dans sa ligne de mire, il l’aurait bien flingué de suite mais il ne voulait pas donner l’impression d’avoir la trouille, et ça aurait été le cas. Césare, lui, faisait mine de réfléchir et jouait la carte de l’innocence.
- Tu vois pas ?
- Non vraiment.
Di Meco articula sa phrase à grand coup de batte.
- TU…DOIS… 3000… EUROS… A… MONSIEUR… ROLAND…
Césare prit quasiment tout les coups au corps, le premier lui ayant apparemment brisé le bras droit, Il continua à jurer tout en encaissant les coups, tous plus violents les uns que les autres.
- OK OK ARRETE !
Le taureau stoppa la charge.
- T’as le fric ?
- Non mais j’ai mieux !
Di Meco se tourna vers David.
- Y a mieux que le fric tu crois ?
Le jeune hocha des épaules, de toute façon la question n’attendait aucune réponse.
- C’est bien ce que je pense moi aussi !
Il éleva à nouveau son assommoir.
- J’ai des infos sur Zamorra !
La batte cessa sa course à quelques centimètres de sa cible.
- Je sais que tu cherches des poux à Zamorra, et moi j’y en ai trouvé !
Di Meco s’appuya nonchalamment sur la batte et invita son hôte à poursuivre.
- Tu craches ou je fais un home run avec ta tronche en souvenir du bon vieux temps.
- Le Roumain a envoyé une première fille à Zamo, il l’a crèche dans un hôtel minable de la rue Kleber. Zamo à flashé sur elle et pour l’instant il a tendance à ce la garder pour sa consommation personnelle.
Il marqua un temps d’arrêt.
- C’est pas une info à 3000 ça ?
Di Meco le dévisagea longuement puis lâcha son verdict.
- Non, c’est une info à rien du tout ! Mais je prends note de ta bonne volonté et on va donc te finir vite !
A ces mots il lâcha la batte et fit signe à David de terminer le travail, Césare n’eut quasiment pas le temps de comprendre ce qui se passait que celui-ci vida son chargeur sur lui. Les flics le trouveraient dans quelques heures, en morceau et criblé de balles.
Au vu de l’heure tardive Di Meco se contenta de faire un rapide topo de la situation à Mr Roland depuis la voiture, il lui fit part également de l’info sur le roumain et l’informa qu’il se rendrait rue Kléber à la première heures le lendemain matin. En fait si ce qu’avait dit Césare était vrai alors Zamorra était sûrement avec la fille en ce moment, et il voulait qu’elle soit seule pour l’interroger. David le raccompagna chez lui, demain il partirait tout deux chacun d’un coté, lui irait voir la fille, David surveillerait Zamo pour s’assurer que celui-ci ne déboule pas à un moment inopportun.
Une fois chez lui Di Meco refit les mêmes gestes qu’il faisait tous les soirs, il se débarrassa de son trois quarts en cuir, fila dans la salle de bain et se jeta à corps perdu sous la douche. Le film de sa journée défilait en boucle dans sa tête, le martiniquais, les Bremers, et l’exécution de Césare. Une journée de plus au compteur, de nouvelles douleurs, de nouveaux ennemis, et un mort de plus sur la conscience. Il aurait pu épargner Césare, Monsieur Roland aurait sûrement ajournée la dette au vu de ses révélations, il aurait même pu s’ajouter à la longue liste des fouines à avoir une dette envers le caïd. Mais c’était lui, lui et lui seul qui avait décider de tuer son ancien complice.
Pourquoi ?
Aucune importance, il était froid à l’heure qu’il est, et y repenser ne le mènerait à rien. Pourtant le front contre la faïence il partait à nouveau dans des raisonnements sans fin sur le pourquoi de ses actes, en fait il détestait tout le monde, et frapper ou tuer n’était que l’aboutissement de cette haine. Peut être était tout simplement fou. Peu lui importait, tôt ou tard le matador ferait son œuvre, le taureau finirait le nez dans le sable et le nombre de coup de cornes qu’il avait donné jusqu’ici n’aurait aucune importance. L’eau ruisselait sur son visage et dans son dos comme l’aurait fait le sang d’un bouquet de banderilles. Il finit par sortir de la torpeur qui l’envahissait et quitta la douche. Il se fit un plateau repas et s’avachit dans un fauteuil, il alluma la télé et rapidement finit par s’endormir devant la mire.
L’hôtel de la rue Kléber était exactement comme ce qu’il imaginait, c’était un hôtel de passe lamentable où venait copuler la lie des bas quartiers. Di Meco sonna le réceptionniste qui sembla ne pas en revenir que sa clochette fasse encore « Ding Ding ».
- La chambre de la roumaine !
L’homme feint de ne pas comprendre.
- Je suis désolé mais vous savez y a beaucoup de passage…
Di Meco soupira.
- Tu sais… je vais passer derrière ce comptoir, et je vais t’en foutre plein la gueule jusqu´à ce que tu me répondes, et le plus triste dans l’histoire c’est qu’une fois lancé je m’arrêterai même pas quand tu m’auras répondu.
Le réceptionniste vira coquille d’œuf, prit son registre et en quelques secondes donna le numéro de la chambre.
- Chambre 57.
Di Meco resta campé devant lui comme s’il n’avait pas entendu, puis il se décida à rompre le silence qu’il avait lui-même instauré.
- Il va de soit que si quelqu’un, Monsieur Zamorra par exemple ou n’importe qui d’autre, apprenait mon passage, je serai très contrarié, et je suis sur que t’aimerai pas me voir contrarié ?
Le réceptionniste fit non de la tête, puis ayant eu l’aval de son interlocuteur repartit se terrer dans son bureau. Di Meco le fixa jusqu´à se qu’il ai complètement disparu, puis il monta lentement jusqu´à la chambre 57. Une fois devant celle-ci il écouta à travers la porte, plus par habitude que par sécurité, puis il entra comme s’il était chez lui, sans taper ni dire quoi que ce soit.
La jeune roumaine était là. Mais dans quel état, elle était recroquevillée dans un coin de la chambre, immobile, elle ne bougea même pas quand il s’approcha d’elle. De plus prés il s’aperçut qu’elle était couverte de contusions et d’hématomes.
- Tu parles français ?
La fille resta impassible, il l’a saisit par les épaules et compris rapidement qu’elle était morte. Son corps était glacé et pétrifié comme une statue. Elle ne lui apprendrait pas grand-chose sur Zamorra, hormis le fait que ce salaud avait la main lourde avec les filles. Il fouilla ses affaires et ne trouva rien qui puisse lui être d’une quelconque utilité, il s’apprêtait à partir lorsqu’un bruit attira son attention dans son dos, en un clin d’œil il saisit son Glock, fit volte face et mit en joue le placard d’où provenait le murmure.
- Tu sors de là doucement ou je te refroidis à travers la porte !
Le bruit cessa mais personne ne sortit.
- Je compte jusqu´à trois !
Plus rien.
- UN…Il y eut de nouveau un bruit mais le placard resta bel et bien fermé.
- DEUX…Le bruit cessa à nouveau.
- TROIS !
Malgré son avertissement personne n’était sortit du placard, il allait tirer lorsqu’il lui vint soudain à l’esprit que la personne à l’origine du bruit n’avait peut être tout simplement pas compris ce qu’il avait demandé, une autre roumaine peut être. Il s’approcha lentement de la porte, toujours arme au poing et l’ouvrit d’un geste vif. Personne. Il n’y avait absolument personne. Il inspecta cependant le placard et fini par trouver la source du murmure.
- Bordel !
Di Meco aurait sûrement préféré trouver une roumaine voire un roumain, et quelque part c’était sûrement le cas.
- Qu’est que tu fous là toi ?
Un bébé, c’était un bébé, un concentré d’innocence qui le regardait droit dans les yeux en gazouillant et en faisant de grands sourires. Lui machinalement, braquait toujours son arme dessus. Il s’en rendit compte et pour la première fois en ressentit une certaine honte. Il rangea l’arme, sortit le panier qui faisait office de couffin du placard et s’assit sur le bord du lit. Il était désarçonné comme rarement il l’avait été. Il devait avoir quoi ? Trois mois ? Quatre mois ? Qu’est ce qu’il en savait, il y connaissait rien en bébé. C’était un ange au coeur de l’enfer, et à quelques mètres à peine du cadavre de sa mère qui plus est. Il n’était pas à sa place ici, même une ordure comme Di Meco le savait, même lui se rendait compte de toute l’horreur de la situation. Mais que pouvait-il donc y faire ? Appeler Monsieur Roland ? Pour lui c’était au pire un détail à régler, au mieux une marchandise à revendre, Appeler les flics ? Même dans une situation pareille c’était exclus, ou l’emmener dans un hôpital ? non ça non plus il le sentait pas.
L’enfant continuait à le regarder en souriant, sans même sans rendre compte il lui rendit son sourire. Depuis combien de temps cela n’était pas arrivé, depuis quand n’avait il pas sourit, enfin un vrai sourire, pas une annonce de mort ou une menace déguisé non, un vrai sourire. Il allait le garder ! Il ne savait pas pourquoi mais il allait le garder, en tout les cas, au moins le temps que le ciel au dessus de lui s’éclaircisse.
Voilà ou j´en suis...
J´ai lu la première partie.
C´est pas mal du tout, j´aime bien ![]()
Parcontre coté scénar, bah c´est pulpfiction en changeant les nom quoi ![]()
Faudrait un peu d´originalité^^
Ta touche a toi quoi ![]()
Le reste ne ressemblera pas à pulp fiction, mais je t´en veux pas parce que en me relisant je me suis dit qu´on allait me faire ce reproche...
yop, lu la première partie, et donc même commentaire que chocobo3, et t´as posté vachement d´un coup! enfin bon bref, je lirais la suite plus tard ![]()
J´ai mis tout ce que j´ai fait !
Au plaisir de te lire à nouveau... ![]()
ça serait cool si quelqu´un avait le courage de lire tout ce que j´ai mis... ![]()
Vu que personne veut lire je vais sûrement changer le titre en :
LA TRAGEDIE DU TAUREAU
![]()
Je maintiendrai mon topic tout seul !
Je ne tomberai pas dans l´oubli sans un avis...
Dites moi du bien, dites moi du mal, mais dites moi quelques choses. Aprés promis je chuterai tout seul sans résister...
mrno, a mon avis, on ne lis pas ta fic pour une autre raisn que pour ce qu´elle vaut, car elle est relativement bien écrite ![]()
bon, faut que je m´y mette à ta fic, j´me souvies de la première partie, mais faut que je lise les autres!