Une petite nouvelle policière que je viens de concocter, c´est pas très long mais c´est très subtile.
Pulsion…
16h55. Je pose mon stylo à bille sur ce dossier et je fais tourner mon siège vers la fenêtre. Je fais sans doute le boulot le plus ennuyeux au monde : je travaille dans un bureau de consommation. Et chaque jour, de lundi à vendredi, de 9h à 17h, j’analyse dossiers, sondages, budgets et autres. Encore trois minutes et je serai libre pour le week-end.
J’ouvre mon bureau et je prends mes clés. Je travaille dans pour cette fichue boîte depuis six mois maintenant, et il ne faut pas avoir le vertige à treize étages de haut ! Je regarde mes clés. Des taches rouges entre la partie métallique et le caoutchouc. Je déteste quand mes objets sont sales. Surtout de « ça ». Je me précipite vers l’évier et fais couler l’eau. Je trempe ma clé pendant quelques secondes et regarde avec joie les taches partirent. Je me regarde dans le miroir : moi, jeune homme de 19 ans, les yeux bleus, les cheveux châtains, suis obligé de travailler dans une boîte minable ainsi. Mais je suis pressé de rentrer chez moi et de retrouver Pierre.
Non, je ne suis pas gay, je ne suis pas homo, je n’ai pas de copain qui s’appelle Pierre. Pierre est mon chat, un magnifique félin au pelage gris et aux yeux verts. Je l’aime, il est si magnifique et si doux. De plus il a besoin de moi, surtout depuis une semaine. Une saleté de chauffard l’a percuté pendant que je sortais mes poubelles. Il ne s’est même pas arrêté mais j’ai relevé la plaque et grâce à quelques billets donnés à un informateur de la police, je l’ai retrouvé. Il n’est pas prêt de recommencer à percuter les chats maintenant ! Il est l’heure.
Je descends les marches, je préfère faire ainsi : l’ascenseur est toujours bondé et je n’aime pas la foule. C’est à peine si j’aime sortir en discothèque. Pourtant c’est là que j’ai rencontré Carine. C’était ma petite amie jusqu’il y a trois jours, elle m’a quittée pour un autre. Je ne l’ai plus jamais vu depuis. Enfin sur le parking, j’ouvre ma voiture. Je suis en route vers mon appartement. Ah ! Comme j’aimerai y être déjà. Je n’ai pas vraiment envie de laisser trop seul mon chat. Soudain, j’entends une sonnerie. Mon GSM sonne. Je vérifie le numéro de téléphone qui s’affiche. C’est mon psy.
D’après lui, je suis violent et ai des pulsions violentes envers les gens qui me contrarieraient, du blabla psychiatrique. De plus j’aurai des troubles obsessionnels comportementaux pour la propreté. Il est vrai que je suis du genre à ranger, à nettoyer, et autres, mais de là à dire que c’est un toc…
J’entre enfin chez moi. Et tout de suite le ronronnement de mon chat m’accueille dans une tempête infinissable. Sur ma droite, mon canapé, ma télé, devant moi, au fond de la pièce, la porte de ma salle de bain, mon frigo, ma table et ma chaise. L’autre a été cassée dans une altération avec mon propriétaire qui voulait que je m’en aille, même si j’avais payé le loyer. Je me précipite vers le frigo, l’ouvre, et sors une bouteille de lait pour abreuver mon chat. Ensuite je me dirige vers une pièce adjacente à celle-ci. La porte est entrouverte. Je bondis à l’intérieur pour ouvrir mon réfrigérateur. Ouf, rien n’a bougé qui est à l’intérieur. Je referme la porte en sortant et je vais dans mon frigo voir si il ne resterai pas une lasagne à réchauffée dans le four. Il ne m’en reste plus qu’une, la dernière, les autres je les ai offertes à mes voisins quand mon réfrigérateur est tombée en panne (du moins c’est ce que je leur ai dis). J’allume la télé, le journal télévisé. Toujours les même choses : la ville a peur car on a trouvé deux cadavres dépecé et impossible à identifier.
Une fois mon assiette rangée dans le lave-vaisselle, je fais mon sac poubelle, et je le descends en bas, suivi par mon cher Pierre. Je balance les ordures dans le conteneur et regarde la voiture noire du chauffard qui avait disparu depuis que je lui ai parlé. Les contredanses s’accumulent sur les essuie-glaces. Je remonte avec le félin devant moi et j’entends la femme de mon propriétaire se plaindre à une de ses amies. Son mari aurait disparu. Je m’étends sur mon canapé et mon chat vient s’étendre sur mon ventre. Je ferme les yeux mais le téléphone sonne. Je décroche. La mère de Carine. sa fille aurait disparue et elle me demande quand je l’ai vue la dernière fois. Je réponds à la date de notre rupture. Je raccroche et je me relève, ça m’a rappeler que mes couteaux sont ébréchés. Je les jette directement dans la poubelle, ça m’évite de devoir faire un boulot supplémentaire.
Je retourne me coucher, avec mon chat sur moi. Je m’endors rapidement, en entendant le journal se terminer pour une autre série débile. Vers 23h, j’entends un poing frapper à ma porte. Je me lève. Le chat glisse sur le sol et va se réfugier derrière le frigo. Je vais à la porte et, au moment où je pose ma main sur la poignée, j’entends un homme qui crie :
- POLICE ! ouvrez cette porte !
J’ouvre la porte, je vois cinq hommes, matraque en main, et un inspecteur en civile me regarder.
- Monsieur Stevenson ? Me demanda-t-il. Nous avons un mandat arrêt à votre encontre, veuillez me suivre.
Ils auront mis le temps.
NA: si vous n´avez pas compris pourquoi cette nouvelle est policièe, relisez!!!