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Liste des sujets

Spéciale : 'L'Ombre des ses Yeux'

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
17 septembre 2005 à 09:47:37

Bonjour tout le forum !

Après le vieux up de Azerty sur une de mes plus anciennes mais ma plus congraculée histoires de ce forum, j´ai décidé de remettre la main sur cette archive que j´ai remastorisée depuis...

Initialement publiée sous le nom de "Un Amour sans Amour" l´hiver dernier, "L´Ombre de ses Yeux" est exactement la même histoire avec des corrections partout, des ajouts, des suppressions, des corrections de langue, des meilleures descriptions...

Je voulais donc soumettre cette histoire à la nouvelle génération sans leur imposer le pavé de 105 réponses qui se trouve pas très loin...Personnellement, ce genre de texte ne m´enchante pas tout le temps, au même titre que vous, je pense, mais faites l´effort de lire, et vous serez partis pour neuf chapitres...J´en posterai un à deux par semaine, OK ?

Bon...Bonne lecture :-)))

_____________L´Ombre de ses Yeux__________________

Chapitre 1

Encore une grise matinée. De toutes façons, il était habitué aux grises matinée. Le Finistère où il avait toujours vécu était très souvent gris le matin, d’autant plus que la période de Noël approchait…

La veille, un mouvement de grève de l’Éducation Nationale avait été annoncé pour ce jour-là. Aucun de ses professeurs n’assurait ses cours, il aurait donc pu rester faire la grasse matinée, mais même si elle était bien grise, il avait décidé d’aller au collège malgré la grève et la grisaille…

Le bus scolaire qui desservait son petit village tous les jours se gara sur le parking du collège. Laurent se leva, il regarda le car dans toute sa longueur et constata, d’ors et déjà blasé de sa solitude, que le car était désert…Il descendit du véhicule sans même jeter un regard au chauffeur qu’il haïssait. L’idiot qu’il était avait envoyé dans son très lourd sac toutes ses affaires de cours et, les yeux baissés, il contourna le parking par le trottoir prévu à cet effet. De l’autre côté de l’impériale haie de sapin qui bordait l’espace de garage se trouvait le terrain de football recouvert d’une couche de rosée.

Laurent arriva bientôt dans la cour principale, il passa sous le premier lampadaire qui abritait sous sa lumière un de ses amis tout aussi bizarre ; Gauvain. Gauvain était en effet un garçon étrange, été comme hiver, il était vêtu d’un bermuda et d’un T-short à motifs de dragons et surtout de sandales de plage qui lui attiraient bien des sarcasmes…Cette personne était pourtant très cultivée et peut-être même beau avec son épaisse chevelure blonde comptant autant de nœuds qu’un filet de pêche…

Les deux amis se serrèrent la main et errèrent dans la cour, passant devant les groupes d’élèves en parlant de tout et de rien, mais de rien surtout. D’ailleurs, Laurent préférait s’aventurer dans ses rêveries et imaginer de quoi serait faite la prochaine heure plutôt que de se hasarder à écouter Gauvain le bavard…Lorsque retentit la sonnerie, les deux élèves s’aventurèrent dans le grand hall où il était coutume que les quelques cinq cents élèves attendent leurs profs. Mais en temps de grève, les jeunes étaient dirigés vers la permanence ou le CDI par les surveillants. Dans le couloir bleu et blanc menant au bâtiment secondaire où étaient installés les salles de Français et la permanence, Laurent et Gauvain durent se séparer. En effet, si Laurent n’avait pas un seul cours, Gauvain commençait sa dure journée avec de l’Allemand.

Encore une grise matinée. Nous étions le mardi neuf décembre 2002, il était bientôt neuf heures et Laurent sur sa table de permanence commençait à s’ennuyer. Le pion lisait son journal avec une tasse de café. Quelques filles jouaient au fond de la classe aux échecs…Laurent aurait bien aimé aller jouer avec elles, mais il ne savait pas jouer à ce noble jeu, mais en réalité, il n’osait y aller parce que c’était un des plus grands timides qui soit et surtout très maladroit…Son intelligence reconnue par ses profs le mettait avec sa pancarte d’intello à l’écart des grands groupes d’adolescents, sa laideur affirmée avec ses cheveux noirs très courts, ses petits yeux marrons sombre, son visage constellé d’acné et son appareil dentaire ,du haut de son mètre 55, et avec sa musculature peu convaincante, il avait un physique peu attrayant…

Laurent était donc un garçon commun, laid, en marge de ce qui se passait dans son environnement. Il ne savait pas ce que signifiait « sortir avec quelqu’un » et considérait que « partager une affinité avec une personne du sexe opposé constitue le plus grand luxe ».

Si il avait conscience de sa situation sociale catastrophique auprès des jeunes de son âge, Laurent ne vivait nullement en martyr, au contraire, il s’affirmait dans la bande-dessinée dont le scénario était écrit par son groupe de copains. D’ailleurs, il avait amené son matériel de dessin et depuis le début de l’heure, il s’était attelé au crayonnage de la planche 41 du deuxième tome de son projet.

Il baladait son stylo à encre noire depuis une demi-heure en toute la quiétude dont il était capable lorsque…

En temps normal, il aurait senti, perçu l’arrivée de cette personne dans son entourage, mais toute son attention était absorbée dans son travail d’artiste, si bien qu’il fut surprit lorsque lui parvint la voix la plus douce et gracieuse qu’il n’eut jamais entendu :

« Qu’est-ce que c’est ?  »

Laurent douta un moment que cette question lui était destinée, mais il se rendit compte en une fraction de seconde que beaucoup de choses allaient se jouer dans les prochaines secondes, car elle lui était effectivement destinée…Sans relever les yeux, il vit du coin de l’œil la fille qui s’était assise sur le coin de sa table et qui semblait elle-aussi absorbée par la bande-dessinée…

Il dévisagea enfin la locutrice et resta ébloui devant la beauté de la jeune adolescente…Cette vision le traversa de part en part et il se décrocha complètement de sa bande dessinée et même de la réalité, si violemment qu’il tomba bien bas et sa maladresse, sa timidité et sa naïveté prirent le dessus. Il balbutia quelques mots et se risqua à répondre :

« -C’est…C’est ma bande dessinée…
-Cool ! Commença la mystérieuse adolescente en se penchant sur le classeur noir que lui avait glissé le dessinateur. De quoi ça parle ?
-Et bien…Hésita Laurent ne sachant que répondre, car lui non plus ne savait plus trop le fil de son histoire. C’est de la…de la science fiction…Tu n’aimerais pas… »

La fille resta silencieuse, ramassa une mèche qui lui tombait sur le visage, et regarda Laurent dans les yeux, ce qui faillit le tuer de bonheur. Elle lui sourit gracieusement et se leva pour rejoindre ses amies au fond de la salle. Laurent la regarda s’en aller, impuissant…

Elle n’était pas beaucoup plus petite que lui qui était en quatrième. Elle, elle devait être en sixième, elle était vêtue d’un anorak rouge surmontant un vêtement d‘hiver gris-noir. Son visage radieux était toujours souriant, ses douces lèvres révélaient de belles petites dents blanches, son nez d’une perfection indescriptible séparait ses enivrants yeux noirs un peu maquillés et cachés dans l’ombre de leur arcade. Son grand front lisse était surmontée d’une implantation de cheveux si particulière, et ses cheveux eux-même étaient les plus luisants, les plus noirs que Laurent n’eut jamais vu…Ils étaient en ce jour-là attachés dans un chignon…

Cette vision resta à jamais gravée dans sa mémoire, tant par sa beauté que par la révolution qu’elle représentait dans sa vie. Vous pourriez maintenant croire qu’il va vous être conté une fade histoire d’amour adolescent, l’histoire d’une éphémère idylle, mais pourtant, c’est une histoire d’amour particulière qui vaut la peine d’être écrite et comprise, puisque Laurent venait d’être happé à son insu dans un puissant engrenage ; le sien…

Elle s’appelait Adeline

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
17 septembre 2005 à 10:08:02

"aux grises matinée" :d) grises matinéeS

"Laurent se leva, il regarda le car dans toute sa longueur " :d) le "il" n´était pas necessaire, je pense, cela fait un peu lourd

"Gauvain était en effet un garçon étrange, été comme hiver, il était vêtu d’un bermuda et d’un T-short " :d) après étrange, il vaut mieux mettre un point je pense, où alors faire "étrange, car été comme[...]"

voilà, et tu te rends compte des fautes que je te reproche?
des trucs minimes, et c´est vraiment pour te rerocher queque chose. en tout cas, moi j´adore...
vraiment bien écrit, superbe!
la suite pour quand? :)

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
17 septembre 2005 à 15:28:58

Merci :-)))
Le prochain chapitre pour mercredi, si tout se passe bien...

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
17 septembre 2005 à 16:32:49

bon, ben vivement mercredi alors
:o))

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
18 septembre 2005 à 11:20:01

Bah ouais, j´espère te retrouver régulièrement...
Quelqu´un d´autre a lu :rire2: ?

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
21 septembre 2005 à 12:34:55

lol...salut tout le monde !
Bon, une promesse est une promesse, alors voici sans plus attendre le 2° chapitre :ok:
Bonne lecture !

Chapitre 2

Chapitre 2

Laurent avait l’habitude de subir ses idylles, il savait que son mal de cœur s’éteindrait bientôt…Mais il avait honte de penser à la beauté de cette fille tant il se sentait hideux…Qui était-elle ? Elle s’appelait Adeline, elle était en sixième…Mais quoi de plus ?

Nous étions le mardi seize décembre 2002. Une semaine et deux heures venaient de passer entre ce moment et l‘instant où le regard de Laurent avait croisé celui d‘Adeline…Une semaine durant laquelle Laurent s’était enterré dans sa timidité et ses états d’esprits les plus morbides…L’image des beaux yeux noirs de la jeune adolescente le hantait…Une semaine durant laquelle il avait inventé un stratagème pour pouvoir enfin réentendre sa gracieuse voix…

L’idée l’avait effleuré d’inviter la jeune fille à apparaître dans la bande dessinée dont il était finalement le seul maître. Cela aurait en effet put être un moyen d’engager une conversation avec elle, et d’enfin pouvoir jouir de la beauté de ses iris, quitte à aller au devant d’une humiliante désillusion qui au rait au moins le mérite de le ramener à sa place ; au bas de l’échelle ; comme il aimait avoir pitié de lui-même…

Le mardi, il prenait des « cours » de bandes dessinées, si l’on pouvait nommer cela ainsi. En fait, il s’agissait d’avantage d’une activité extra-scolaire animée par intervenante extérieur à l’établissement et répondant au nom de Catherine. La jeune femme était elle aussi inspiré par cet art, mais ne le montrait pas tant que ça ; elle se contentait de venir tous les midis dans sa vieille Renault 5 bleue et de surveiller ceux qui s’invitaient à son heure. En fait, elle était considérée comme une pionne encore plus proche des élèves. L’activité se tenait de treize heures quinze à quatorze heures moins le quart dans une baraque de bois mise en marge de l’établissement. Ce jour-là, il y faisait une chaleur torride malgré la période de l’année et la lumière entrait dans la salle en masse par les vastes fenêtres scellées. Alors qu’il sortait son sommaire outillage d’artiste sur la table qu’il occupait, Laurent s’inquiétait de savoir où étaient passés ses deux collaborateurs. Ils étaient toujours en retard, et en attendant, il n’aurait qu’à se divertir en suivant de loin la covenantaire que tenait Catherine avec deux jeunes filles au premier rang. Ces derrières ne venaient effectivement pas pour la bande dessinée, mais pour discuter gratuitement…

Soudain, il entendit des bruit de pas dans le couloir aux lattes de bois. Deux personnes allaient entrer. Attendant ses deux collègues, Laurent se dressa sur sa chaise et regarda s’ouvrir la porte. Mais ce fut Adeline qui apparut, ses longs cheveux noirs ondulés flottaient dans son dos avec grâce sur son fameux anorak rouge. Ses yeux noirs qui faisait toute sa beauté brillaient à l’ombre de leur maquillage et de leur arcade…Et elle était également suivie d’une amie qui était de cinquième…La belle Adeline alla rejoindre la discussion de Catherine, suivie par sa copine qui semblait un peu naïve…Son visage maigre semblait un peu pâle, surtout au niveau de ses lèvres souriant tout le temps en montrant son appareil dentaire et ses grosses dents en-dessous. Elle apparaissait relativement petite, impression accentuée par ses longs cheveux châtains et extrêmement frisés descendant jusqu’au milieu de son dos et enfin, elle portait une grande veste noire imprégnée de l‘odeur de la cigarette…

Agressé par sa maladroite lâcheté, Laurent s’empressa de faire semblant de s’atteler à un travail imaginaire en se penchant sur une feuille comme transparente qu’il gribouillait avec crayon qui n’existait pas…Son cœur s’accélérait…Il se l’était promit…Il s’était promit qu’il l’inviterait à être dans sa BD…Non, il allait se faire humilier…Non, il fallait qu’il revoit ses yeux noirs ! Mais il allait se ridiculiser ! Les choses s’accéléraient dans sa tête et ce désordre mental le brusqua ; il se retourna soudainement et chercha Adeline du regard…Elle n’était plus avec Catherine…

Elle reparut soudainement derrière lui et sembla d’ailleurs reconnaître Laurent, mais sans plus…C’était déjà un point de marqué…C’est bon, c’était là ou jamais qu’il faudrait qu’il le lui demande ; le moment était venu ! Laurent laissa tomber sa timidité et balbutia quelque chose qui ressembla à ceci :

« -Tiens, sa…salut !
-Salut, lui répondit Adeline sans intonation particulière…C’était pour Laurent un mauvais point, il faillit d’ailleurs se replier mais continua son offensive.
-Je…Je me disais que…comme tu…aimais…avait aimé la bande dessinée, je me demandais si ça t’intéresserait de…d’avoir un rôle dans l’une de…dedans ? Quel exploit ! Il avait réussi ! Adeline changea alors d’attitude et tourna enfin la tête vers le dessinateur pour le regarder de ses fameux yeux noirs. Elle ramassa une mèche qui lui tombait sur le visage.
-Ouais…Ca m’intéresserait…mais alors je voudrais que Fanny soit aussi avec moi…Déclara-t-elle en se retournant vers sa copine qui souriait tout le temps…
-Ou…Oui. Oui, aucun problème ! Conclut Laurent qui retenait à grande peine sa joie infinie… »

Sur un hochement de tête, elle se leva et se dirigea vers la sortie, suivie automatiquement de Fanny. Un départ tout aussi mystérieux que la semaine précédente…Laurent ne voulais pas affronter cette vision d’horreur, il profita alors d’être dans un soudain élan de folie et d’inconscience pour se lever et annoncer tout haut aux deux filles : « Je vous tiendrez au courant ! » Voilà. Maintenant il était satisfait. IL avait eu le dernier mot. IL garderait un bon souvenir de cette deuxième rencontre.

Mais en quittant la salle, Fanny prit un air primitif et se mit à faire une grotesque mais bonne imitation de la parole de Laurent : « Je vous tiendrez au courant ! ». Adeline éclata de rire à la suite de cette apophtegme, ce qui dérangea profondément le jeune homme tombé de bien haut mais pas trop déçu car il s‘attendait bel et bien à une douloureuse chute. Il retomba, comme désarticulé sur sa chaise, prêt à verser une larme suite à cette désillusion qu’il n’avait finalement pas pu pas éviter ; était-il par hasard amoureux ?

Ses deux collaborateurs arrivèrent quelques secondes plus tard, Laurent oublia sa mélancolie et sortit ses planches de BD. Catherine arriva à leur table, c’était une jeune femme avec un job à temps partiel dans un bureau à Brest mais dont le principe restait flou aux yeux de l‘artiste…Elle était dans l’ensemble assez fine, une longue chevelure raide et marron clair flottait dans son dos, elle était dotée d’épaisse joues rouges et ses petits yeux bleus brillaient de malice derrière une paire de lunettes carrées…Mais elle était avant tout très bavarde, si bien qu’elle engagea la conversation avec le groupe jusqu’à la sonnerie…

Il était fou amoureux d’elle. Quoi de plus beau que de vivre une telle idylle ? Mais ses tentatives d’approche, resteraient-elles aussi vaines, tous les mardis ? Endurerait-il toujours le même désappointement ?

Laurent pensa ; il fallait qu’il dessine Adeline dans ses bandes dessinées, mais son visage était si pur, si beau…Il ne savait s’en rappeler lorsqu’il essayait de tracer une esquisse de ses traits…Vendredi qui venait, donc trois jours plus tard, ce serait le dix-neuf décembre, la fin des cours pour les vacances de Noël…Deux semaines sans la voir, rien que l’imaginer…Il fallait que Laurent use de son imagination pour trouver un nouveau stratagème pour pouvoir…Il venait de trouver une idée…Une bonne idée…Mais non, il n’oserait pas encore une fois, il était beaucoup trop timide…Mais il avait pourtant réussi à lui demander si elle serait intéressée par être dans sa bande dessinée…Mais elle s’en moquait après…En plus, si il faisait cela, elle se douterait certainement qu’il l’aimait…Il n’aurait qu’à prétexter qu’il en avait besoin pour la dessiner ! Oui, c’est cela ! Un simple et innocent modèle !

Laurent irait lui demander une photo d’elle…

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
21 septembre 2005 à 13:10:36

J´ai pas (re) lu mais j´peux t´dire qu´y a eu un problème dans le transfert du message, avec les &54463 qu´y´a un peu partout dans ton texte^^.

Shinou-ElfeG
Shinou-ElfeG
Niveau 8
21 septembre 2005 à 13:12:19

Ca c a cause de word qui remplace les ´ par des codes
Ca fait pareil qd tu postes un texte sur un blog depuis word, faut tt rechanger XD

C´que tu peux faire tu copie/colle ton texte sur un bloc note et tu le prend de la pr poster ici =)

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
21 septembre 2005 à 18:28:02

Je suis désolé, c´est parceque j´ai posté depuis le lycée, il y a du avoir un problème à ce niveau-là...Maintenant, ça risque de faire un peu con de poster une deuxième fois...
Ca n´empêche pas de lier, non ?

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
21 septembre 2005 à 18:31:32

ho, pitié oste une deuxième fois pasque la voilà quoi ca rebute un peu, voire beaucoup...
mais si tu veux pas, tant pis, je me résignerais...mais j´attends ta réponse pour commencer à lire.

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
22 septembre 2005 à 17:45:04

Bon bah si ça a l´air de compter tant que ça, je reposte :-)))

Chapitre 2

Laurent avait l’habitude de subir ses idylles, il savait que son mal de cœur s’éteindrait bientôt…Mais il avait honte de penser à la beauté de cette fille tant il se sentait hideux…Qui était-elle ? Elle s’appelait Adeline, elle était en sixième…Mais quoi de plus ?

Nous étions le mardi seize décembre 2002. Une semaine et deux heures venaient de passer entre ce moment et l‘instant où le regard de Laurent avait croisé celui d‘Adeline…Une semaine durant laquelle Laurent s’était enterré dans sa timidité et ses états d’esprits les plus morbides…L’image des beaux yeux noirs de la jeune adolescente le hantait…Une semaine durant laquelle il avait inventé un stratagème pour pouvoir enfin réentendre sa gracieuse voix…

L’idée l’avait effleuré d’inviter la jeune fille à apparaître dans la bande dessinée dont il était finalement le seul maître. Cela aurait en effet put être un moyen d’engager une conversation avec elle, et d’enfin pouvoir jouir de la beauté de ses iris, quitte à aller au devant d’une humiliante désillusion qui au rait au moins le mérite de le ramener à sa place ; au bas de l’échelle ; comme il aimait avoir pitié de lui-même…

Le mardi, il prenait des « cours » de bandes dessinées, si l’on pouvait nommer cela ainsi. En fait, il s’agissait d’avantage d’une activité extra-scolaire animée par intervenante extérieur à l’établissement et répondant au nom de Catherine. La jeune femme était elle aussi inspiré par cet art, mais ne le montrait pas tant que ça ; elle se contentait de venir tous les midis dans sa vieille Renault 5 bleue et de surveiller ceux qui s’invitaient à son heure. En fait, elle était considérée comme une pionne encore plus proche des élèves. L’activité se tenait de treize heures quinze à quatorze heures moins le quart dans une baraque de bois mise en marge de l’établissement. Ce jour-là, il y faisait une chaleur torride malgré la période de l’année et la lumière entrait dans la salle en masse par les vastes fenêtres scellées. Alors qu’il sortait son sommaire outillage d’artiste sur la table qu’il occupait, Laurent s’inquiétait de savoir où étaient passés ses deux collaborateurs. Ils étaient toujours en retard, et en attendant, il n’aurait qu’à se divertir en suivant de loin la covenantaire que tenait Catherine avec deux jeunes filles au premier rang. Ces derrières ne venaient effectivement pas pour la bande dessinée, mais pour discuter gratuitement…

Soudain, il entendit des bruit de pas dans le couloir aux lattes de bois. Deux personnes allaient entrer. Attendant ses deux collègues, Laurent se dressa sur sa chaise et regarda s’ouvrir la porte. Mais ce fut Adeline qui apparut, ses longs cheveux noirs ondulés flottaient dans son dos avec grâce sur son fameux anorak rouge. Ses yeux noirs qui faisait toute sa beauté brillaient à l’ombre de leur maquillage et de leur arcade…Et elle était également suivie d’une amie qui était de cinquième…La belle Adeline alla rejoindre la discussion de Catherine, suivie par sa copine qui semblait un peu naïve…Son visage maigre semblait un peu pâle, surtout au niveau de ses lèvres souriant tout le temps en montrant son appareil dentaire et ses grosses dents en-dessous. Elle apparaissait relativement petite, impression accentuée par ses longs cheveux châtains et extrêmement frisés descendant jusqu’au milieu de son dos et enfin, elle portait une grande veste noire imprégnée de l‘odeur de la cigarette…

Agressé par sa maladroite lâcheté, Laurent s’empressa de faire semblant de s’atteler à un travail imaginaire en se penchant sur une feuille comme transparente qu’il gribouillait avec crayon qui n’existait pas…Son cœur s’accélérait…Il se l’était promit…Il s’était promit qu’il l’inviterait à être dans sa BD…Non, il allait se faire humilier…Non, il fallait qu’il revoit ses yeux noirs ! Mais il allait se ridiculiser ! Les choses s’accéléraient dans sa tête et ce désordre mental le brusqua ; il se retourna soudainement et chercha Adeline du regard…Elle n’était plus avec Catherine…

Elle reparut soudainement derrière lui et sembla d’ailleurs reconnaître Laurent, mais sans plus…C’était déjà un point de marqué…C’est bon, c’était là ou jamais qu’il faudrait qu’il le lui demande ; le moment était venu ! Laurent laissa tomber sa timidité et balbutia quelque chose qui ressembla à ceci :

« -Tiens, sa…salut ! 
-Salut, lui répondit Adeline sans intonation particulière…C’était pour Laurent un mauvais point, il faillit d’ailleurs se replier mais continua son offensive.
-Je…Je me disais que…comme tu…aimais…avait aimé la bande dessinée, je me demandais si ça t’intéresserait de…d’avoir un rôle dans l’une de…dedans ? Quel exploit ! Il avait réussi ! Adeline changea alors d’attitude et tourna enfin la tête vers le dessinateur pour le regarder de ses fameux yeux noirs. Elle ramassa une mèche qui lui tombait sur le visage.
-Ouais…Ca m’intéresserait…mais alors je voudrais que Fanny soit aussi avec moi…Déclara-t-elle en se retournant vers sa copine qui souriait tout le temps…
-Ou…Oui. Oui, aucun problème ! Conclut Laurent qui retenait à grande peine sa joie infinie… »

Sur un hochement de tête, elle se leva et se dirigea vers la sortie, suivie automatiquement de Fanny. Un départ tout aussi mystérieux que la semaine précédente…Laurent ne voulais pas affronter cette vision d’horreur, il profita alors d’être dans un soudain élan de folie et d’inconscience pour se lever et annoncer tout haut aux deux filles : « Je vous tiendrez au courant !  » Voilà. Maintenant il était satisfait. IL avait eu le dernier mot. IL garderait un bon souvenir de cette deuxième rencontre.

Mais en quittant la salle, Fanny prit un air primitif et se mit à faire une grotesque mais bonne imitation de la parole de Laurent : « Je vous tiendrez au courant !  ». Adeline éclata de rire à la suite de cette apophtegme, ce qui dérangea profondément le jeune homme tombé de bien haut mais pas trop déçu car il s‘attendait bel et bien à une douloureuse chute. Il retomba, comme désarticulé sur sa chaise, prêt à verser une larme suite à cette désillusion qu’il n’avait finalement pas pu pas éviter ; était-il par hasard amoureux ?

Ses deux collaborateurs arrivèrent quelques secondes plus tard, Laurent oublia sa mélancolie et sortit ses planches de BD. Catherine arriva à leur table, c’était une jeune femme avec un job à temps partiel dans un bureau à Brest mais dont le principe restait flou aux yeux de l‘artiste…Elle était dans l’ensemble assez fine, une longue chevelure raide et marron clair flottait dans son dos, elle était dotée d’épaisse joues rouges et ses petits yeux bleus brillaient de malice derrière une paire de lunettes carrées…Mais elle était avant tout très bavarde, si bien qu’elle engagea la conversation avec le groupe jusqu’à la sonnerie…

Il était fou amoureux d’elle. Quoi de plus beau que de vivre une telle idylle ? Mais ses tentatives d’approche, resteraient-elles aussi vaines, tous les mardis ? Endurerait-il toujours le même désappointement ?

Laurent pensa ; il fallait qu’il dessine Adeline dans ses bandes dessinées, mais son visage était si pur, si beau…Il ne savait s’en rappeler lorsqu’il essayait de tracer une esquisse de ses traits…Vendredi qui venait, donc trois jours plus tard, ce serait le dix-neuf décembre, la fin des cours pour les vacances de Noël…Deux semaines sans la voir, rien que l’imaginer…Il fallait que Laurent use de son imagination pour trouver un nouveau stratagème pour pouvoir…Il venait de trouver une idée…Une bonne idée…Mais non, il n’oserait pas encore une fois, il était beaucoup trop timide…Mais il avait pourtant réussi à lui demander si elle serait intéressée par être dans sa bande dessinée…Mais elle s’en moquait après…En plus, si il faisait cela, elle se douterait certainement qu’il l’aimait…Il n’aurait qu’à prétexter qu’il en avait besoin pour la dessiner ! Oui, c’est cela ! Un simple et innocent modèle !

Laurent irait lui demander une photo d’elle…

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
23 septembre 2005 à 18:08:50

:up:

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
23 septembre 2005 à 18:34:59

oui, vraiment bien... ta fic m fait penser a une amie, qui s´appelle adeline justement, et qui a une amie (voir plusieurs) qui fume, sauf que le truc, c´est que elle même elle fume... oui bon passons... j´ai adoré.

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
26 septembre 2005 à 09:54:25

lol, beaucoup de mes persos peuvent en effet rapeller quelqu´un quelques fois...
C´est drôle de relire ces passages, ça change carrément après...M´enfin, soyez patients...

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
26 septembre 2005 à 17:47:27
  • attend patiemment mais commence a s´impatienter*
bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
28 septembre 2005 à 09:01:32

:-)))
Oh bah zut, j´ai laissé tomber deux chapitre aujourd´hui...

Chapitre 3

Qu’elle était belle sur cette photo…Ses yeux très noirs et brillant d’une lumière si particulière contrastaient avec la pâleur de son front dégarni…Et son sourire…Ses petites dents bade porcelaine…Ses cheveux d’ébène…Laurent l’avait finalement eue. Peu importe la façon dont il l’avait eue, il pouvait alors l’avoir à tout moment au creux de sa main, la contempler et se lamenter de sa mélancolie…

De plus, il avait eu l’autorisation de l’adolescente de prendre des croquis d’elle pendant les récréations…Quel bonheur…Il pouvait rester à quelques mètres autour d’elle, esquisser amoureusement ses traits, il aurait même put lui demander son timide avis…Laurent n’avait alors plus si peur de l’approcher, de lui parler…Il espérait plus que tout au monde qu’un jour il puisse se rapprocher d’elle…

Il l’avait regardé une dernière fois au travers des vitres de son car, assise sur une barrière, à rire insouciante avec ses amis. La vision de cette belle jeune fille s’était effacée au fur et à mesure que le car s’était éloigné du trottoir vers les vacances de la Noël, éclairée par la douce lumière tamisée du coucher de soleil breton…

Pendant ces vacances où les festivités traditionnelles de fin d’année lui permirent de laisser de côté cette stupide histoire, Laurent laissa sa curiosité s’emparer d’un CD trouvé dans la table de nuit de son grand frère ; il y avait marqué dessus le nom d’un chanteur dont il avait entendu parler…Daniel Balavoine…Laurent n’avait aucune culture musicale, tout juste pour savoir que ce Balavoine était mort une décennie auparavant ; aucune idée du genre de musique qui pouvait s’écouter en cette période. Si bien qu’il laissa vagabonder son oreille dans son lecteur CD… « L’Aziza » était un titre qu’il avait déjà du entendre sur une radio quelconque… « Aimer Est Plus Fort Que d’Être Aimé » était une chanson qu’il n’avait jamais entendue, mais les paroles lui plaisaient bien…Mais toute son attention, tout son amour, son âme fut retenue sur la troisième chanson… « Sauver l’Amour ». C’était la plus belle chanson, le plus beau poème, la plus belle musique que jamais il n’eut entendu…Les frissons lui vinrent lorsqu’arriva le refrain soutenu par les voix si tristes et sensuelles à la fois des cœurs féminins « Qu’est ce qui pourrait sauver l’amour ? Qu’est ce qui pourrait sauver l’amour ? Et comment retrouver le goût de l’envie ? Qui pourra remplacer le besoin par l’envie ?  » Ce légendaire refrain l’émut profondément. Il réécouta une dizaine de fois cette chanson, la découvrant à chaque fois, s’enfonçant dans le désarroi des paroles auxquelles il s’identifia bientôt…Laurent venait d’avoir un coup de foudre pour « Sauver l’Amour », la première musique qu’il n’eut jamais écouté avec intérêt…

Le mois de janvier passa avec la lenteur qui lui était traditionnellement attribuée, mais Laurent dans sa bulle de bonheur paradoxal vit le temps passer à toute allure autour de lui…Pas à pas, Laurent put adresser la parole à Adeline, comme il en rêvait, mais n‘en usait jamais top de peur de voir son épée de Damoclès lui crever sa sphère…Même si ces conversations étaient sommaires, éphémères et rares, il en tirait un bonheur inimaginable, rien qu’à voir briller sur lui ses doux yeux noirs et se mouvoir ses fines lèvres si bien dessinées, il s’enivrait de joie et sa légendaire gaucherie reprenait le dessus et il perdait ses mots, il pataugeait dans les répliques qu’il avait préparées et il finissait par abréger lui-même le contact pour ne pas crouler sous la honte de voir son visage si laid rougir…

Toutes ces tentatives de rapprochements avaient échouées parce qu’elles avaient été préparées. En effet, les répliques téléphonées tuaient le charme recherché d’une conversation au cours de laquelle l’amoureux aurait aimé se rapprocher d’Adeline…Mais elle était si belle qu’il ne faisait tout cela que pour le simple bonheur de savoir qu‘elle le regardait. Oui, évidemment, il se sentait bien trop inférieur en beauté et en estime pour se donner l’honneur de croiser son regard…Mais qu’il était ridicule lorsqu’il se lançait dans toutes ces réflexions qui le rabaissaient…

Nous étions le vendredi tente et un janvier 2003, le début de la dernière récréation de la journée venait de sonner. Il était donc seize heures lorsque apparut la belle Adeline dans un couloir, ses cheveux d‘ébène était ramassés en deux couettes de chaque côté de son crâne . Elle passa devant les casiers rouges posés contre le mur jaunâtre lorsque quelqu’un l’interpella. Il s’agissait de Kévin. Kévin était un vieux camarade de classe de Laurent. D’assez grande taille, ses cheveux noirs étaient coupés au bol au dessus de son visage ovale dont le gros nez séparait ses deux grands yeux marrons. Si il n’avait comme seul module humoristique et mental le sexe, Kévin était doué d’un don divin aux yeux de Laurent pour engager facilement une conversation et se faire des amis. Laurent l’avait d’ailleurs déjà vu parlant sur la cour avec Adeline, comme si ils étaient…amis…

Laurent sortait de Français. Les yeux rougis par les larmes, il se tracassait inutilement sur ce qu’il venait de faire… C’était bien plus la honte, comme toujours, et la peur des conséquences qui avait appelé les larmes, mais celles-ci étaient maintenant évanouies, il n’en restait que des sillons fossilisés sur les joues boutonneuses de Laurent…

A l ‘angle qui séparait le couloir menant au nouveau bâtiment et le grand hall, il lui sembla entendre au travers du murmure infini de la foule la douce voix gracieuse d’Adeline…Elle parlait avec une autre personne dont la voix lui rappelait quelque chose, celle-ci disait quelque chose comme… « Il a vraiment besoin d’être consolé… »

Lorsqu’il dépassa l’angle, il se retrouva face à la croisée des chemins ; il était devant Kévin et…Adeline…De sa taille qui égalait presque celle de Laurent, elle tourna la tête et demanda : « Ca va Laurent ?  »

Si il allait bien ?! Comment aurait-il put se sentir mieux ?! Lui qui venait de recevoir une question faisant preuve d’attention de la part de la personne élue par son cœur devait dire si il se sentait bien ?! En temps normal, il aurait mal prit cette question qu’il aurait interprété comme une question ironique et moqueuse, mais là, il n’y avait ni mensonge ni méchanceté dans son regard et dans sa voix…Il n’es revenait tout simplement pas !

Aucune réplique téléphonée. Aucune maladresse. Aucune trace de timidité. Laurent décroisa le regard de la jeune adolescente et regarda le chewing-gum collé au sol en répondant simplement : « Ouais. Ça va. T’inquiète pas. ». Adeline tendit le bras. Laurent crut qu’il allait mourir de plaisir, ou de fierté au minimum ; elle posa délicatement sa main sur son épaule. Pétrifié, Laurent ne put que se laisser faire et affirmer que tout aller bien…Elle lui tendit un mouchoir en papier qu’il accepta volontiers…Jamais il ne se moucha dedans…

Il passèrent la récréation ainsi ensemble. Lorsque retentit la sonnerie, Laurent se retourna et chercha Kévin qui s’était en fait volontairement volatilisé…Prenant un air indifférent, il se retourna vers Adeline et lui demanda ce qu’elle avait alors… « Permanence » lui répondit-elle en souriant. Quel beau sourire… « Moi aussi. Allons-y…ensemble… » Proposa-t-il.

C’est ainsi que tous les deux, ils traversèrent la cour principale, passant devant le grand bâtiment, servant de logement de fonction au directeur, décorée de deux mouettes de peinture et d‘un phare. Ils longèrent la route bétonnée jusqu’au préau du nouveau bâtiment. Tous les deux, rien que tous les deux l’un à côté de l’autre, on aurait pu les prendre pour deux amoureux…Lui venait d’entrer dans une nouvelle crise d‘angoisse, il resta muet comme si jamais il n‘avait parlé, comme si jamais il n‘avait éprouvé un secret sentiment pour la fille qui était à côté de lui. Elle se dandinait un peu ridiculement en portant sur son épaule son sac en bandoulière comme un fagot.

Lorsqu’ils rentrèrent dans les rangs, Laurent perdit connaissance ; il se déconnecta…Lorsqu’il recouvrit ses esprits, il était au troisième rang gauche du car, la tête sur son épaule, admirant Adeline assise sur sa barrière, riant avec ses amies…Dans ses écouteurs passait alors en boucle cette chanson…Sauver l’Amour…

Pendant tout le week-end il médita. Il pensa, il se demanda le sens de ce qui s’était passé ce jour-là…Qu’allait-il se passer après ? Laurent ne se souciait jamais du moment futur, juste du présent…Il aimait vivre au jour le jour.

Le lundi trois de février, il attendait que ses camarades arrivent comme chaque matin au compte-goutte au pied du deuxième lampadaire. Comme tous les matins depuis plus de deux ans, d’ailleurs. Gauvain attendait avec lui. Thibaut, un gars fort sympathique à la grosse chevelure en chou-fleur arriva bientôt, suivi de Sylvain, puis Gaël, ses deux coéquipiers de bande dessinée…Tous partirent discuter sous le préau de l’autre côté de la cour pour échapper au crachin. Seul Laurent resta là. ON pouvait voir au fond des ses yeux qu’il avait quelque chose dans la tête. Durant treize années il avait vu autour de lui des filles et des garçons de son âge se saluer le matin, se dire au revoir le soir, rire, jouer, se toucher, se tenir la main, s’embrasser pendant toute la journée…Pourquoi lui n’avait jamais pu faire cela ? Pourquoi lui n’avait jamais eu d’amie, de confidente ? Pourquoi lui n’avait jamais fait la bise à une fille le matin ?

Pourquoi ? Le moment était venu. Bientôt sa joue effleurerait celle d’Adeline, il prendrait cela comme une revanche sur lui-même... Un nouveau groupe de jeunes descendus du car desservant Irvillac arriva sur le trottoir, dans cette épaisse foule, Laurent reconnut le visage d’Adeline, ses cheveux battants au vent…

Son estomac se serra, se noua, sa gorge le brûlait, la fièvre vint sur son front qui commençait à dégouliner de sueur…Adeline arriva, elle était au niveau du premier lampadaire, à une dizaine de mètres devant lui…Il commença à trembler, à se demander si il ne serait pas favorable de fuir…Toute la théorie et la préparation mentale qu’il avait construit s’effondra comme un château de carte ; il s’était simplement débiné…Comme le nul qu’il était…Il mit un pied devant l’autre et s’engagea dans le flux d’élèves, il s‘éclipsa simplement...

Mais le vent tourna bien vite ; il se prit lui-même au piège puisqu’il se retrouva dans une situation qu’il n’avait nullement prévue ; il s’était retrouvé à côté d’Adeline ! Il la regarda le plus simplement du monde et avec un sourire comme ironique, il lui tendit la joue avec ce si simple mot qui change souvent bien des choses : « Salut !  »

L’amoureux se retourna vers ses rangs, se haïssant de s’être ainsi prit au piège, mais le cœur léger…Ce jour-là, Adeline lui avait dit bonjour, chose si commune mais si chaleureuse. Peut-être sortirait-il avec elle un jour ? Non. Il ne faut jamais attendre trop de la vie et de ce qu’elle réserve…

« La joie est une brûlure qui ne se savoure pas. »

bravo_leader
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Niveau 10
28 septembre 2005 à 09:04:19

Chapitre 4

Cela faisait deux semaines que Laurent allait voir Adeline tous les matins avec le plaisir de la saluer, de savoir qu’elle pensait à lui au moins une fois par jour, mais cette impression n’était rien comparée à la joie infinie d’un amoureux aussi naïf que Laurent de faire la bise à une fille aussi ravissante qu’Adeline…

Une feuille de papier imprimée d’un questionnaire à l’ordinateur était une aubaine pour lui : Il avait fini le tome deux de ses aventures et comme le troisième impliquait la participation d’Adeline, ce questionnaire classique s’imposait pour en savoir un peu plus sur elle…

Mais c’était en fait un moyen caché de connaître la personnalité d’Adeline. Le questionnaire avait été tiré en deux exemplaires, un pour Adeline et un pour Fanny, l’acolyte de l’adolescente ; il les récupéra tous les deux remplis d’une belle écriture féminine quelques heures à peine plus tard…Rose pour celle d’Adeline…

Les vacances de l’hiver arrivèrent. Le fait de pouvoir effleurer tous les matins la joue d’une fille sans se faire crier dessus avait été un progrès énorme dans la vie de Laurent qui s’en alla dire au revoir à Adeline ce soir-là. Elle était si belle assise sur sa barrière, ses yeux très noirs à cause du soleil orange dans son dos que cette vision resta longtemps gravée dans sa mémoire…

Un soir de ces vacances, entre deux écoutes de « sauver l’Amour », Laurent détourna le regard et parcourut la grande chambre. Sa curiosité peu gourmande s’attarda sur une jaquette de CD sur le bureau de son grand-frère. Elle était étrange, c’était du moins la première fois qu’il voyait une telle couverture ; elle était rose ou rouge, mais sombre. Elle représentait en premier plan une fille mystérieusement belle en train de se masturber. Le nom du groupe était inscrit en plein milieu de l’image sous une imposante croix noire : I-N-D-O-C-H-I-N-E…

Il inséra le CD de la jaquette dans son baladeur et lança la lecture ; les premiers morceaux ne l’intéressèrent pas beaucoup, peut-être était-ce encore un de ces groupes de rock à deux francs cinquante…Impatient de découvrir une chanson captivante et émouvante, il n’écouta que les introductions des quatre premiers titres qui l’ennuyaient fortement, mais soudain, au démarrage du cinquième titre, son attention fut totale.

Quelle était cette douce guitare électrique qui entamait un air semblant éternel ? Quelle douceur, quelle compassion…Il ne comprit pas très bien les paroles qui s’avéraient peu articulées, mais qu’est-ce qu’elles étaient belles et douces…Elles exprimaient une mélancolie et une nostalgie infinie... Comment s’appellait-elle ? Il retourna la jaquette et parcourut la liste des chansons pour arriver jusqu’à celle qu’il était en train d’écouter… « J’Ai Demandé à La Lune »…

C’était le premier groupe de musique contemporain que Laurent avait écouté avec intérêt. Content de sa découverte, il prit avec lui le CD intitulé « Paradize » pour l’écouter dans le car le jour de la rentrée. Depuis sa découverte de « J’Ai Demandé à La Lune », Laurent avait accroché une nouvelle chanson : « Mao Boy ! ». Ces violons, ces guitares violentes et ces paroles de vie et de mort lui plaisaient beaucoup…

Comme tous les matins, il attendit qu’arrive ce que le destin lui réservait au second lampadaire. Le destin, tous les matins très clément, lui montrait arriver le gros car blanc de la compagnie Cadiou décoré d’un dessin du pont de l’Iroise…Il se garait tous les matins à la première place du parking et ouvrait ses portes aux élèves du secteur Irvillac - St-Urbain qui se ruaient sur le trottoir, comme pressés de se rendre en cours…

Adeline arrivait toujours en bout de la file d‘élèves, elle apparaissait comme elle était disparue aux yeux de Laurent la veille au soir ; entourée de ses trois amies qu’il connaissait de vue et de nom ; Mélodie, la blonde, Morgane, la rousse et Marina la brune…Et lorsque la belle Adeline voyait que Laurent l’attendait, elle se séparait de son groupe et tendait amicalement la joue à Laurent qui s’exécutait maladroitement…Parfois, elle esquissait un petit sourire et un timide « salut » lorsqu’il faisait beau…

Ce jour-là, Laurent passa la matinée avec la tête dans les étoiles, si bien que après-manger, il décida comme souvent depuis qu’il connaissait Adeline de laisser ses quelques copains pour aller « chez Catherine » c’est-à-dire en salle vingt-quatre, dans la vieille baraque. Il aurait aimé raconter sa vie à Catherine qui avait fait la critique de sa bande dessinée, mais elle racontait déjà la sienne au groupe de filles du premier rang, alors il prit une place éclairée par le soleil au travers des fenêtres condamnées et médita comme il se plaisait à le faire…

Soudain, sortie de nulle part, une adolescente de petite taille fit alors irruption dans la salle ; Laurent la reconnut, Kévin, son ami était tombé sous son charme…La fille explora du regard la salle en soupirant. De parts et d’autres de son long nez pointu, ses grands yeux verts en amande cherchaient une personne qu’elle connaissait et ses longs cheveux châtains clairs pendaient dans son dos. Alors, sans raison apparente, elle se laissa tomber sur la chaise en face de Laurent qu’elle connaissait certainement de vue…

Elle le regarda et en voyant les fils d’écouteur qui pendaient de ses oreilles, elle demanda, comme blasée avec une voix révélant une certaine maturité et un accent paysan forcé : « C’est quoi que t’écoutes ? » Étrangement, Laurent ne réalisa pas qu’une fille venait de lui adresser la parole, et que cela aurait été digne des ses plus grandes galanteries et politesses, il répondit alors simplement : « Indochine. »

Alors il leva les yeux vers son interlocutrice dont les yeux brillaient d’une joie plus intense encore, illuminant son visage qui prenait des airs de caricature tant elle respirait la joie. L’adolescente poussa simplement une série de gloussements heureux sans queue ni tête mais exprimant le fait qu’elle était une fan de longue date de ce groupe mystérieux pour Laurent.

Ce dernier se retrouva bien vite à partager sa paire d’écouteur avec la nouvelle venue qui lui fit écouter sa chanson préférée ; « La Nuit Des Fées ». Pendant que les paroles et la mélodie se mettaient en place, la folle raconta sa vie à Laurent. Vie selon laquelle il comprit vaguement que l’album « Paradize » avait été emportée par sa sœur partie faire des études supérieures à Nantes…

Elle parlait sans fin en s’extasiant de la musique, mais Laurent ne l’écoutait pas ; il était happé par les paroles plutôt que par l’opportunité de se faire une nouvelle amie qui continuait à parler…Avant de partir en suppliant le jeune homme de lui prêter le disque un jour, ils se présentèrent tout de même ; elle s’appelait Hoëla…

La journée passa très vite et le souvenir d’Hoëla se gomma très rapidement de la mémoire de Laurent aveuglé par la seule pensée d’Adeline, ce qui différait peu du reste du temps en fait... Si bien que le lendemain, lors de la rituelle attente sous le lampadaire, il ignora complètement la fan d’Indochine lorsqu’elle descendit du car Cadiou juste avant l’apparition d’Adeline…Laurent se livra toujours aussi machinalement mais maladroitement au cérémonial qui lui donnait son courage pour la journée en lui effleurant la joue…C’était si doux, si agréable à chaque fois…

Mais ce jour-là, Laurent l’avait senti, quelque chose n’avait pas été normal dans l’expression qu’Adeline avait fait passer au travers de ce contact quotidien. Pourtant, c’était physiquement la même chose que tous les matins depuis quatre semaines qui s’était passé. Non, la différence se trouvait être ailleurs…

Laurent l’avait perçu, mais rien ne lui permettait de modifier ce que l’avenir lui avait promit ce jour-là. Peut-être aurait-il put avoir une gastro-entérite ce jour-là ? Ou une jambe cassée ? Mais non, les choses avaient été faites de façons à ce que Laurent se retrouve face à ce que le destin lui avait réservé ce mardi onze mars 2003...

Oui, il avait certainement exagéré pour une fois, mais après tout, il avait fini le tome deux de ses aventure dessinées et une sorte de mini interview d’Adeline pour savoir quelles seraient ses préférences pour la bande dessinée était parfaitement justifiée…Pour une fois…Mais il restait là, assis dans l’herbe boueuse et adossé contre le mur impropre , la main droite sur le front, la gauche tenant pitoyablement son carnet et son crayon, tombant entre ses deux jambes. Il était sourd aux consolations veines de Thibaut. Enfoui dans sa bulle, il était devenu pour la première fois ce jour-là Laurent. Le vrai Laurent, celui qui errait dans ses pensées à la recherche d’une souffrance, d’une explication, d’une beauté…Un Laurent perdu dans les méandres de sa vie…

Une larme coula sur sa joue et son visage laid prit une triste expression qui lui tordit les traits…Il était devenu moche, mais ce qu’il venait de subir aussi était moche…

De toutes façons, c’est toujours moche d’entendre dire des paroles directes dont on ne comprend pas le début, mais dont seule la fin nous parvient pour nous dire : « …de toutes façons, je ne veux pas sortir avec toi ! »

bravo_leader
bravo_leader
Niveau 10
30 septembre 2005 à 19:20:25

:up:

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