Voila, comme ma fic "Desert" avait pas mal plu, en attendant une autre fic à laquelle je mets la touche finale, je poste une petite histoire que j´ai écrit... euh y´a pas mal de temps ![]()
J´espere qu´elle vous plaira
L’EQUATION DE DIEU
L’équation de Dieu. Des hommes avaient tué pour la résoudre, tandis que d’autres tuaient pour ne pas qu’elle soit résolue. L’équation de Dieu avait traversé des siècles, des frontières, des océans. Dans les universités d’Europe, dans des tenues franc-maçonniques, dans des réunions d’intellectuels, on l’avait étudiée. Elle avait été adulée, critiquée, jugée impie. Certains la considéraient comme la clé du savoir, d’autres comme la clé de la damnation. Pour des hommes, elle représentait le chemin vers la connaissance ultime, pour d’autres, c’était le plus haut blasphème à la face du Très-Haut. Des hommes d’une grande sapience avaient passé leur vie entière entre ses symboles, refusant d’écouter les hommes d’Eglise leur promettant des éons de souffrance dans la demeure de Satan.
Personne ne savait qui avait énoncé l’équation de Dieu.
Mais tous ceux et celles qui s’étaient penché sur elle savaient qu’elle avait tué. D’aucuns souhaitaient la résoudre pour la gloire, l’argent, d’autres n’aspiraient qu’au savoir. Certains encore n’espéraient comme autre récompense que l’élévation de leur âme, après avoir surmonté le plus gros obstacle que le Seigneur ait placé sur leur route.
Martin Blake voulait comprendre. Si l’équation de Dieu pouvait être résolue, révélant à l’esprit qui ayant su s’affranchir de toutes contraintes spirituelles, avait percé le plus grand secret de tous les temps, la connaissance ultime, nul doute qu’elle apporterait également la compréhension.
Et Martin Blake ne comprenait pas.
Il ne comprenait pas pourquoi des gens mouraient tandis que d’autres leur marchaient dessus, pourquoi des guerres étaient déclenchées au nom d’idéologies, pourquoi les maladies ne se soignaient pas. Il avait un temps imputé tout cela à la bêtise humaine, à son incapacité naturelle à comprendre et résoudre certains mystères de la nature.
Mais seize année auparavant, cela ne lui avait plus suffit, quand l’homme de science qu’il était avait vu mourir sous ses yeux son unique enfant, don du ciel que Dieu lui réclamait à présent, trop jeune, trop tôt. Trop innocente, du haut de ses 3 ans, pour mériter de mourir, violée puis assassinée par un homme qui lui n’était pas mort, simplement en prison.
Alors il s’était tourné vers Dieu, cherchant dans la religion les réponses à ses questions. En guise de réponses, il avait surtout eu l’impression d’avoir des excuses. Pas des excuses de Dieu, simplement du pasteur. Il avait fini par ne plus pouvoir supporter ses phrases dénuées de sens, ses constatations théologiques ne menant nulle part, et ses incessantes invitations à la prière. « Les voix du Seigneur sont impénétrables ».
Mais des hommes les croyaient pénétrables. Lors d’un congrès de scientifiques, il avait fait la connaissance d’un mathématicien, le premier à lui avoir parlé de l’équation de Dieu. Sur le coup, il n’y avait guère prêté qu’une attention polie, sinon intéressée. Lorsqu’un autre de ses amis lui en avait à son tour parlé, il avait cherché à en savoir plus. C’est à partir de ce jour que Martin Blake avait lentement mais inexorablement entamé son voyage vers une vérité dont il ne savait pas s’il était prêt à la recevoir.
Il avait contacté de nombreux mathématiciens, scientifiques, théologiens, kabbalistes, archéologues, conservateurs, écrivains, philosophes… Il avait voyagé aux quatre coins du monde, étudié un nombre considérable d’articles, livres, traités, s’était vu offert l’accès à des ouvrages considérés comme interdits, avait rencontré des hommes se prétendant magiciens, des femmes se prétendant sorcières vaudou, toujours, inlassablement, en quête de réponses. Lentement, au gré de ses voyages, de ses rencontres, il tissait une toile, partant d’un unique fil, que rejoignaient bientôt de nombreux autres. Mais cette toile était encore bien fragile.
Sa femme, lassé de son incapacité à avouer son impuissance, l’avait quitté. Il avait commencé à boire plus que de raisons. Les rares amis qu’il avait gardés s’éloignaient toujours plus de lui. Martin Blake passait le plus clair de ses journées dans son sous sol, négligeant le reste de la demeure, se négligeant lui-même. Il avait été renvoyé de sa chaire à l’université. Il ne sortait plus que pour s’acheter de quoi manger, et de quoi boire. Il ne se lavait plus, ne changeait que très rarement de vêtements, dormait peu. Sur un long tableau noir, qui occupait la totalité du mur du sous-sol, était inscrite à la craie blanche l’équation de Dieu. Ce mélange d’équations mathématiques et d’énigmes était entouré d’une série de symboles, mots, chiffres, phrases…
Au centre du sous-sol poussiéreux, une table était recouverte d’ouvrages et de feuilles volantes. Depuis plusieurs semaines, Martin parlait tout seul à haute voix. Il devenait fou, en avait conscience, mais ne pouvait pas lutter contre la folie qui lentement l’envahissait.
C’était le prix à payer.
Car il avançait dans la résolution de la plus grande énigme de tous les temps.
Là où tant d’autres avaient échoué, lui réussirait. S’il avait été capable de plus de lucidité, il en aurait hurlé de joie.
Ou se serait arrêté sur le champ.
Ce soir était le soir où l’humanité le vénèrerait pour avoir résolu l’équation de Dieu, il en était certain. La réponse était là, à portée de son prodigieux cerveau. Il en distinguait les contours, imprécis, flous, mais présents.
Il était allé plus loin que quiconque avant lui. Il avait découvert que, par une improbable série de calculs, transferts, transformations de symboles en d’autres, l’équation donnait une phrase.
Une phrase de douze mots.
Tels les douze apôtres.
Telles les douze tribus d’Israël.
Le doute n’était plus permis.
Martin Blake parlait tout seul, tantôt criant, tantôt murmurant comme sous l’effet d’une peur panique. Il marchait autour de la table, sa craie usée à la main, un tic nerveux agitant ses lèvres. Quiconque l’aurait vu dans cet état, son visage sale, ses vêtements crasseux, son pantalon témoignant de son absence de passages aux toilettes, l’aurait déclaré fou.
Fou, il l’était.
Lucide, il l’était aussi.
Son esprit semblait séparé en deux moitiés distinctes, l’une luttant contre la folie de l’autre, cherchant à tout prix à résoudre l’équation. De temps à autres, il gardait suffisamment le contrôle de lui-même pour étudier suffisamment un ouvrage posé sur la table, et griffonner quelque chose au tableau.
Puis on sonna à la porte. Il poussa un cri de rage, et ignora le bruit de la sonnette, qui s’insinuait sans répit dans les moindres recoins de son cerveau, l’empêchant de se concentrer.
Ce manège dura une dizaine de minutes, quand il prit la décision de monter voir et de tuer s’il le fallait la personne qui osait faire attendre l’humanité.
Il ouvrit la porte si brusquement que la vitre en son centre alla se briser contre le mur. L’homme qui sonnait était vêtu d’un imperméable bon marché. Il ôta le chapeau qui le coiffait, puis :
-M. Martin Blake ?
Sa voix était douce et posée, mais c’était un intrus qui l’empêchait de finaliser le rêve de centaines d’hommes.
-Quoi ? répliqua Blake d’une voix où se mélangeaient l’agressivité et la crainte.
-J’ai entendu parler de votre travail, M. Blake. Je sais que vous travaillez sur l’équation de Dieu, et je connais certains éléments qui pourraient vous aider à la résoudre. Je souhaite vous aider.
Blake réfléchit en se grattant le haut du crâne.
-Je ne recherche que la connaissance, reprit l’homme, pas la gloire. Je veux simplement voir l’équation résolue.
La folie qui s’était définitivement emparée de son être n’avait pas encore assez de force pour ignorer la partie rationnelle de son esprit qui lui criait de laisser entrer cet homme. Aussi s’écarta-t-il et murmura d’une voix lointaine :
-Oui… oui, entrez… Je travaille au sous-sol… ma femme m’a quitté…
Il continua à débiter d’une voix morne un galimatias de syllabes inintelligibles en menant l’homme au sous sol. Une fois arrivés, ce dernier jaugea les lieux, puis, son regard se portant sur le tableau, il murmura d’une voix ébahie :
-Incroyable… A ma connaissance, aucun homme n’est jamais allé si loin…
Il se rapprocha du tableau pour le contempler, et Blake le bouscula aussitôt ; il venait de trouver la première lettre de la phrase, évidemment, ce ne pouvait être que ça. Il écrivit un « d » majuscule en bas à gauche du tableau. Derrière lui, il entendit l’homme murmurer quelque chose en latin, et s’apprêta à lui demander en quoi il allait pouvoir l’aider.
Puis il se sentit étrangement perdre pied. Le monde semblait tourner autour de lui. Tout fut flou un bref instant avant de reprendre sa place.
Survint alors la douleur. Une intolérable brûlure lui déchira les chairs au niveau du dos, avant de parcourir le réseau de nerfs tissés autour de sa colonne vertébrale. La douleur était si intense qu’il ne pouvait pas même hurler. Blake baissa lentement les yeux, et vit un long morceau de métal recouvert de son sang saillir hors de son ventre.
L’homme arracha la lame du dos de Blake, qui se retourna aussitôt, ses yeux exorbités fixant la longue lame que l’agresseur tenait à la main. Les yeux bleus de ce dernier semblaient exprimer une profonde tristesse.
Blake porta la main à son ventre et la retira couverte de son liquide vital, chaud et poisseux. Une mare de sang se formait déjà à ses pieds. Et toujours, cette douleur, insoutenable, atrocement réelle. Sa bouche s’ouvrit sur un cri silencieux, ses yeux accusateurs s’exorbitèrent et des larmes en coulèrent.
Il lâcha la craie qu’il n’avait cessé de serrer dans son poing. En tombant au sol, elle devint aussitôt rouge.
Il fit quelques pas vers son agresseur, puis se retourna vers le tableau.
S’effondra.
Vit une jambe de l’homme passer devant son visage, suivie de la seconde. Les deux jambes s’arrêtèrent devant le tableau noir, complètement à sa droite, laissant Blake voir une dernière fois l’équation de Dieu.
-Notre Père qui Êtes aux cieux, murmura alors l’agresseur, que Votre nom soit sanctifié, que Votre volonté soit faite, sur la terre comme au ciel. Puissent par cet acte mes pêchés être rachetés.
Alors, dans un ultime sursaut de lucidité, Martin Blake lut une toute dernière fois l’équation qu’il connaissait par cœur. Ses yeux parcoururent le reste du tableau.
Et il comprit.
Il n’avait plus besoin de craie, plus besoin de livre.
Il avait résolu l’équation.
La phrase de douze mots apparut dans son esprit quelques brèves secondes avant qu’il ne meure, lui laissant le temps d’en comprendre la signification.
Il la comprit.
Des tâches de couleur apparaissaient par intermittence devant ses yeux voilés. Au milieu de ces tâches, s’en trouvait une blanche, brillante.
Il tendit lentement le bras et s’en saisit. L’approcha de ses yeux.
C’était une magnifique plume blanche.
La serrant dans son poing, il mourut.
Et un bon texte, un! Au moins, c´est original, bien mené, pas repéré de fautes, et je ne m´attendais pas à la chute. Il est pour quand le 3e écrit? ![]()
Mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmouais.
C´est très bien écrit, et tout le long on attend quelque chose de super, tellement il ne peut en être autrement.
Et finalement, quoi ? L´auteur ne s´est même pas donné la peine de donner la solution...
J´ai beau cherché, je ne trouve pas d´indice. En bref je suis déçu par cette fin... c´est vrai quoi, c´est tellement simple (mwaha, je me comprends, hein), de lancer une belle fic, d´écrire plein de trucs, de faire patienter le lecteur jusqu´à la fin, pour finalement ne rien lui donner...
´Fin bref... ben je suis un peu déçu quoi.
magnifique, nan serieux j´ai adoré
pour vos commentaires
grhyll
c´est expres que j´ai pas donné la solution aussi
az
le 3e écrit arrivera incessament sous peu, je suis pas entierement satisfait pour l´instant, je fais quelques retouches ![]()
Waow, vraiment super Hobbit !! !!
Mais (n´en déplaise à Grhyll), la solution est bel et bien donnée a la fin, non ? C´est un peu gros pour être un hasard. (au fait, il manque 4 mots)
Enfin, dès que t´as finit le 3eme, tu me prévient ok ?
là je vais au collège, je la lirais en rentrant, promis. et hobbit : vive twilight Princess !
houa, vraiment bien, mais pareil que Ghryll, où est la solution?
je la voulais...dommage, mais c´est un choix je crois donc bon. ![]()
Mais la vérité est surement ailleurs...
comme promis, je l´ai lu. le style est fluide et agréable à lire, le scénario est original mais c´est dommage que tu ne nous ai pas donné la phrase...
juste une question : la phrase, tu l´as connais ou tu as fait cette chute parce que tu n´avais pas d´idées ?
Woh...!
C´est effectivement trsè bien ecrit... Bien mené aussi...
Juste, comme d´autre, je voudrais connaitre la solution.... XD Argh, je vais aller m´enfermer dans ma cave, ma copine va me larguer, je vais me pisser dessus, mais je trouverais la solution... et j´ouvrirais la porte à personne. =)
exellente question...
Un texte comme je les aime. Fluide, un vocabulaire fouillé, une histoire cohérente et tellement palpitante. On a envie de savoir la fin, aussi envie de Martin veut savoir la solution. Un délice, il n´y pas d´autres mot, pour qualifier ton texte.
Ben oui, je me doute que tu as fait exprès de pas la donner, mais avoue que, du coup, tu n´as même pas pris la peine de l´imaginer ;)
J´aime beaucoup ^^ seul problême... LA SOLUTION
![]()
Contrairement a ce que tu dis Grhyll, je l´avais bel et bien imaginé, j´avais même 2-3 idées différentes, mais elles ne me plaisaient et je les trouvais trop en décalage avec le reste du récit.
Finalement j´ai préféré écrire cette fin là ![]()
mechant va pk tu veux pas nous donner la solution
bien, un tit récit avec un fou comme je les aime
ptit hobbit
tu peux donner tes deux trois idées comme ça, stp?
Alors,
1) il résoud l´énigme et se voit accordé la connaissance ultime, l´entrée au paradis et tout le tralala, mais je la trouvais vraiment pas terrible.
2) l´ange qui vient le voir essaye de l´arreter, l´autre se débat et parvient à résoudre l´énigme, et l´ange lui explique alors que l´énigme de Dieu est l´énigme du diable, et qu´en la résolvant il offrait la Terre a l´enfer et ses démons.
En gros c´était ca
(en gros hein)
Voila je les trouve pas terrible...
Nan, t´as pas compris la question petit hobbit^^. Nous, ce qu´on veut, c´est la SOLUTION DE L´EQUATION!!! Or, tu ne donnes même pas l´équation..c´est CA qu´on a l´impression que tu n´as pas recherché ![]()