KaiM (et les autres^^). Bon, je suis en train de rapatrier le cathédrale sur mon disque, mais cela prend du temps. Je me prépare pour les vacs´. Avec cette saloperie de Word, il y a plus de rouge que de noir (bikoz auf les noms propres) mais sinon, j´ai feuilleté et je ne comprends pas comment tu ose prétendre Insania supérieur à ton...oeuvre^^, même compte tenu de la modestie chronique dont nous avons parlé^^
Sur ce...
Je sais pas trop, Ash. En fin de compte cette fic est un peu trop bourrée de combats, la psychologie des personnages n´est guère travaillée, j´arrive pas trop à rendre le côté fantastique des phénomènes surnaturels, je me laisse toujours un échappatoire en réant des héros surpuissant ce qui fait qu´on n´a jamais peur pour eux, il n´ont pas assez de faiblesses en fait, voilà quoi...
C´était la parenthèse "sévérité de l´auteur quant à son boulot".
PS : la suite, long épisode se déroulant dans la cathédrale, constituera la scène-clé de cette histoire, enfin d´après moi, et risque de me prendre pas mal de temps. Ne l´attendez pas avant Mercredi, mais je pense que vous en aurez pour votre patience.
Mais ton génie ne consiste il pas justement à avoir rendu cela interressant ? Car on peut le dire, je pense, ne serai-ce qu´au vu du nombre de tes lecteurs.
Bon, sinon... et bien bonsoir^^
Je me retire jusqu´à demain, have a good night
powaaaaaaaaaaa!!!!trop bien!!! ![]()
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Avec un sacré temps de retard.
Je pense pouvoir tenir mon planning. J´ai déjà six pages, ça devrait en faire dix demain. Je préfère poster tout ça d´un coup, vu que c´est une seule scène.
Et à part ça, une question : A votre avis, qui va gagner la bataille de Kridath? Les hommes ou les Elfes? Juste histoire de voir si je vous ai bien fait comprendre la situation, parce que dans le cas contraire, il faut revoir ça.
pour ta question, kaim, ben on sais pas qui va gagner...
si alexandre réussit à prendre la pierre, c´est les hommes qui vont gagner...ce qe je pense être la plus plossible des suites. ensuite, si alex peut pas prendre la pierre, alor ce sera les elfes... c´était ca la réponse?
bin...ça dépends.logiquement, ça devrait être les elfes qui vont gagner.mais dans quasiment toutes les histoires de fantasy, c´est les défenseurs qui gagnent.donc si tu restes dans cet esprit là, c´est les hommes qui vont gagner.mais si tu veux pas faire des "stéréotypes" de la bataille, c´est les elfes qui vont gagner.
bon franchement c´est nul ce que je viens de dire alors vous êtes pas obligé de lire!!!
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Alors...
Si l´on compte juste les soldats de "base", les Elfes gagnent sans aucun problème.
En intégrant les très bons combattants comme Dorzak Hagarat, il y a une chance minime que les humains remportent la victoire.
Et intégrant Alexandre, ben tout repose sur l´Oeil de Kashnir quoi.
En bref, tu nous a bien fait comprendre que les humains sont surmenés et désespérés et qu´ils perdront si Alexandre ne récupère pas l´Oeil. Dans le cas inverse, je pense que les humains triompheront.
P.S. 10 pages?! ![]()
OUAAAAAAAAAAAAAIIIIIIIIIISSSSSSSSSSSS!!!!!!!!!!!!!
!!!!!
^^
Mince, faut que je réserve mon après-midi de demain ^_^
Sinon, pour ce qui est de qui va gagner, tout est en faveur des humains d´après moi. Ok, au début, les elfes gagnaient. Ils encerclaient les humains de partout, et les défenseurs commençaient à faiblir. En même temps, avec l´arrivée du groupe d´Alex et des autres, les humains commencent à reprendre un peu d´avantage, petit à petit. Le problème, c´est les Trolls, quand même, qu´est-ce qu´ils vont devenir, eux ?
Et bien évidement, il y a l´oeil ![]()
Grhyll
Donc, ce sur quoi je n´ai pas assez insisté, c´est que quelques bons combattants ne peuvent pas renverser le sort d´une bataille où s´affrontent des centaines de soldats. Parce que je voulais vous faire comprendre que les hommes ne pouvaient pas l´emporter sans l´oeil.
Salut KaiM^^ Ca va ?
Totalement d´acord avec toi, c´est d´ailleurs pour ça que je n´aime pas les jx de strat. où les héros sont trop puissants.
J´ai hésité, quand même
C´est vrai que la logique me dictait que même d´excellents héros ne pourraient pas totalement gagner, mais comme l´a dit Vagalame, on est habitué, avec les jeux de stratégie ou les autres histoires de fantasy, à voir trois personnages défaire une armée, d´où mes hésistations. Et puis je ne connais pas la situation exacte des humains, y a-t-il encore beaucoup de poches de résistance, presque plus ? Une expectative teintée du mauvais avis ^^"
Bon la suite
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KaiM==>Sisi moi je l´ai bien compris, ils peuvent faire couler beaucoup de sang elfe mais pas remporter la bataille. On le voit bien à un moment, quand le Wolk se fait tuer car y´a des tas d´Elfes qu´arrivent. Bon, ça vient ces 10 pages?^^
D´un autre côté en fantasy, si t´as le chef des Enfers qui se ramène sur une bataille, c´est relativement logique qu´il décime à lui seul des armées...mais c´est vrai que j´aime globalement pas les types qui en massacrent 500 sans problème, ou sinon faut un bon argument. (comme le fait qu´il ait un lance-grenade à neutrons^^)
Chose promise, chose pas dûe, mais quand même voilà :
Calez-vous bien sur votre fauteuil, respirez profondément et... bonne lecture!
Il me faudra bien 3 posts.
Katja et Conrad, essoufflés, s´arrêtèrent sur le parvis de la cathédrale, où quelques hommes et Elfes agonisaient aux côtés de leurs compagnons, morts les armes à la main. Le combat était terminé dans ce quartier-là, même si personne n´aurait su dire qui l´avait emporté. Aux alentours, de nombreuses maisons brûlaient, mais la cathédrale se dressait toujours devant eux, intacte, inébranlable.
- Je ne comprends pas, dit le garçon. Pourquoi as-tu volé cette pierre ?
- Tu ne les as pas entendus ? répliqua Katja, agacée. C´est un objet magique ! Tous ces gens, cet Elfe, ce mage en manteau rouge, le gouverneur, le Prince Alexandre aussi, peut-être, le veulent pour accroître leur pouvoir ! Tu as vu ce qu´ils valent déjà, imagine-les tout-puissants ! Les carnages comme celui d´il y a dix ans deviendraient monnaie courante !
- Ca ne te ressemble pas de t´occuper des affaires des magiciens, observa Conrad.
- Et bien, j´ai changé ! Personne ne touchera à cette pierre !
Conrad ne répondit rien. Il connaissait assez bien sa soeur pour savoir combien elle pouvait se montrer inflexible.
- Et pourquoi Adrien n´est pas venu ? demanda-t-il.
- Je ne sais pas, peut-être qu´il n´a pas compris quand je lui ai dit de partir. Il a toujours été très lent d´esprit.
- Et pourquoi on va à la cathédrale, alors ?
- Tu réfléchis, des fois ? Cette ville est plongée dans une bataille terrible, même si ça s´est calmé par ici. Personne ne s´en prend à ceux qui ont trouvé refuge dans une église !
- Ah, d´accord...
Ils gravirent les marches du parvis et poussèrent les portes de la cathédrale.
Un spectacle atroce les attendait à l´intérieur.
Partout dans la nef gisaient des corps d´hommes, de femmes et d´enfants, criblés de flèches ou lacérés à l´épée. Katja hoqueta à la vue de ces centaines d´innocents massacrés sans pitié, alors qu´ils se croyaient en sécurité. Les Elfes ne respectaient plus aucune règle. Plusieurs tentures achevaient de se consumer. Conrad parcourut du regard des hommes tués en essayant de protéger leurs familles, des femmes abattues en serrant leurs bébés dans leurs bras. Ne supportant plus cette vue, il vomit sur le sol.
- Au moins, dit Katja d´une voix faible, personne ne viendra plus ici...
Ils avancèrent dans la nef au milieu des colonnes. La cathédrale restait silencieuse. Ils commençaient à peine à reprendre leurs esprits quand une formidable explosion ébranla la bâtisse, les jetant à terre.
Un projectile enflammé venait de percer le toit. Des débris s´abattirent sur toute une partie des travées, n´épargnant que par miracle Katja et Conrad. Le feu prit peu à peu dans ce qui restait de la charpente.
Katja, encore sonnée, releva la tête. Ses yeux tombèrent sur la porte principale, et son sang se glaça.
Andorion se tenait sous l´arche, son sabre à la main.
L´Elfe ne paraissait pas en colère, au contraire son visage reflétait un grand calme. Mais tout au fond de ses yeux, derrière son masque de tranquillité, brillait une rage effrayante.
- Sauvons-nous ! cria Katja.
Ils s´enfuirent vers les colonnes qui bordaient l´allée centrale. A peine s´étaient-ils engagés dans une travée qu´Andorion surgit devant eux.
- Dommage, lança-il d´une voix sans émotion. La pierre, je vous prie...
- Comment avez-vous fait... balbutia Katja.
- Tu as déjà oublié ? La poudre de localisation que j´avais fait avaler à ton frère, ça ne te dit rien ?
Katja écarquilla les yeux. Comment avait-elle pu commettre une erreur pareille ? Elle recula jusqu´au centre de la nef avec son frère. L´Elfe les suivit d´un pas tranquille.
- Bon, je suis pressé, déclara-t-il. Alors si vous vouliez bien me donner...
- Tu vas voir ce que je vais te donner, moi ! rugit Conrad.
Son poing fusa vers le visage d´Andorion. Katja essaya de le retenir. Trop tard.
Le sabre de l´Elfe siffla. La main droite de Conrad tomba sur les dalles de pierre. Il hurla en serrant son moignon contre lui.
Katja se précipita et comprima la blessure pour empêcher le sang de couler.
- La pierre, répéta Andorion.
- Si je vous la donne, sanglota-t-elle, vous partirez sans nous faire de mal ?
- Bien évidemment.
D´une main tremblante, Katja tendit l´oeil de Kashnir à Andorion. Celui-ci s´en empara d´un geste vif.
- Merci.
Sa lame fendit l´air. Il y eut un craquement. La tête de Conrad roula au sol.
- Non ! hurla Katja.
En pleurant, elle se jeta sur le corps de son frère qui laissait échapper son sang à gros bouillons.
- Mais pourquoi ? fit-elle. Vous aviez dit que...
- J´ai menti, pauvre naïve. C´est ta soeur Alice qui possède un pouvoir magique. Toi, tu ne sers plus à rien.
Il frappa à nouveau. La pointe de son sabre plongea dans la poitrine de Katja et transperça son coeur. Ses yeux s´écarquillèrent, puis elle s´effondra à son tour.
- Ordure !
Andorion se tourna vers la porte. Le Prince Alexandre, le gouverneur Stall Kogard, Dorzak Hagarat et une vingtaine de soldats venaient de pénétrer dans la cathédrale, l´air menaçant.
- Trop tard, Altesse ! s´exclama l´Elfe. Il faut croire que vous avez un don pour échouer dans tout ce que vous entreprenez !
- Tu vas payer pour ça ! s´écria Alexandre. Pour ça et pour tout !
- Ah ? Et c´est vous qui allez me faire payer ? Une bande d´incapables en déroute après une bataille perdue ? Laissez-moi rire !
Dorzak leva l´Ecorcheuse :
- Altesse, Excellence, je m´occupe de lui avec les hommes. Vous ne devez pas prendre de risques.
Il laissa passer une seconde, puis tonna :
- A l´attaque !
Le géant et ses soldats traversèrent la nef en courant pour se jeter sur Andorion. Alexandre se rassura : jamais l´Elfe ne pourrait vaincre vingt hommes. C´était joué d´avance. Il n´y avait pas à s´inquiéter.
Andorion laissa venir ses assaillants sans s´affoler. Alors qu´ils n´étaient qu´à dix mètres de lui, il tira de sa poche un flacon de cristal qu´il brisa contre le sol. Une épaisse fumée grise s´éleva et noya toute la scène.
Alexandre se dit soudain que l´issue du combat n´était pas tout à fait certaine. Son intuition se confirma quand un claquement de métal retentit, suivi du cri de douleur que poussa un garde. Un autre hurlement vint troubler le crépitement des flammes qui dansaient dans la charpente de la cathédrale, puis un troisième, et un quatrième.
La fumée se dissipait peu à peu. Andorion soudain surgit du nuage, repoussé par cinq hommes qui l´accablaient de coups d´épée.
L´Elfe ne se laissait pas impressionner. D´une main il maniait le sabre argenté, dessinant un réseau tourbillonnant de métal au milieu de la mêlée. De l´autre, dans laquelle brillait l´oeil de Kashnir, il tirait une à une ses flèches du carquois pour les planter dans les gorges de ses adversaires. Bientôt les cinq gardes tombèrent et d´autres prirent leur place, menés par Dorzak Hagarat.
Alexandre comprit que les soldats ne pourraient l´emporter. Quatre-vingts huit cinglés n´auraient pas vaincu Andorion. Quatre-vingts huit cinglés ? Mais pourquoi un nom aussi grotesque venait-il à l´esprit du Prince à cet instant critique ? De toute évidence, il devenait fou. Quoique... Les quatre-vingts huit cinglés, ce n´était pas si mal comme nom en fait. Alexandre décida d´appeler ainsi sa future garde personnelle et reporta son attention sur la bataille.
Andorion avait abattu tous les soldats, et désormais seul Dorzak l´affrontait. L´Ecorcheuse étincelait à la lueur des flammes tandis que l´Elfe lui échappait par de périlleuses acrobaties. Dorzak porta un coup latéral. Andorion esquiva, riposta. Le géant para l´attaque et frappa à nouveau. Comme l´Elfe bondissait pour se dérober, Dorzak lança son poing vers lui. Un instant, Alexandre crut que le colosse avait atteint sa cible, car Andorion chancela, recula d´un pas. Un éclat de lumière brilla furtivement. De façon étrange, au lieu de pousser son avantage, Dorzak s´éloigna lui aussi.
La seconde suivante, l´Elfe repartit à l´assaut. Son sabre s´abattit en une grande parabole, heurta le casque du géant, revint et trancha un lien de cuir. Dorzak, son heaume déformé, ne vit pas le baudrier de son armure qui tombait sur les dalles. Stall Kogard poussa un cri d´avertissement.
La lame d´Andorion siffla à nouveau. Elle perça la tunique du géant et s´enfonça dans son abdomen. Avec un grand rire, l´Elfe dégagea son arme. Un flot de sang jaillit de l´horrible blessure.
A reculons, d´un pas chancelant, Dorzak vint tomber entre Alexandre et le gouverneur. Il lâcha l´Ecorcheuse Le Prince aussitôt tenta de comprimer la plaie pendant que Kogard retirait le casque du colosse.
- Altesse... gémit Dorzak.
- Ne parlez pas, commanda Kogard. Vous êtes gravement blessé.
- Je n´en ai plus pour longtemps de toute façon... Altesse, écoutez-moi.
Alexandre tendit l´oreille tout en essayant de passer un garrot sur la plaie du géant. Dorzak poursuivit :
- Vous êtes quelqu´un d´exceptionnel, Altesse. Même si nous ne nous sommes pas connus longtemps. J´aimerais que vous deveniez mon héritier...
- Quoi ?
Andorion les regardait d´un air dédaigneux. La voix du colosse faiblit encore :
- Laissez-moi tout vous raconter pendant qu´il en est encore temps. Mon père était le chef d´une tribu dans l´Est. Les Klamr. Suite à un complot, il a été banni. Moi, son fils, j´ai dû partir avec lui, mais à sa mort j´aurais pu revenir pour être le nouveau chef.
- Et alors ? demanda Alexandre.
Il ne se souciait plus de soigner Dorzak. Il était condamné, maintenant. Mais il se devait d´écouter ses derniers mots.
- Je ne voulais pas devenir un guerrier, murmura le géant. Mais mon père n´a pu m´enseigner que ce métier. Avant de mourir, il m´a fait promettre de suivre son enseignement. Et aussi...
Il désigna l´Ecorcheuse, son immense épée :
- Il m´a transmis son arme. Et m´a fait jurer que si un jour elle m´apportait la victoire, je devrais rejoindre ma tribu et en devenir le chef. Je ne pourrais plus le faire, alors prenez cette épée vous-même, Altesse. Quand vous serez roi, vous irez chercher mes frères. L´Ecorcheuse les convaincra...
- Mais vous avez perdu cette bataille, Dorzak...
- Non, Altesse. J´ai gagné.
Il leva sa main gauche et l´ouvrit. Au creux de sa paume reposait l´oeil de Kashnir. Alexandre contempla la pierre, ébahi.
- Merci, Dorzak Hagarat.
Le géant sourit. Puis ses yeux se fermèrent. Son souffle s´éteignit. Il était mort. Alexandre et Kogard le contemplèrent longuement.
Un grand éclat de rire les fit sursauter.
- Ah, c´est fini ! lança Andorion. J´ai bien cru qu´il allait tenir encore longtemps !
- Taisez-vous ! s´écria Alexandre. Vous avez perdu ! J´ai l´oeil de Kashnir !
- Oui, admettons, et alors ?
Le Prince se dressa de toute sa hauteur et brandit la pierre :
- Je ne suis pas un mage, mais je sais comment utiliser de tels objets ! Adieu !
Il ne se passa rien. L´oeil de Kashnir demeura inerte.
- Pitoyable ! s´exclama Andorion. Si vous aviez pris le temps d´examiner la pierre, vous sauriez qu´elle ne peut vous servir !
- Quoi ?
- L´oeil de Kashnir referme bien un pouvoir magique ! Mais il ne peut se révéler qu´au coeur de sortilèges très complexes comme celui qui donnait vie aux squelettes. Il vous faudrait des mois pour élaborer ne serait-ce qu´un seul sort ! Voire des années ! Aucun de nous ne serait capable de s´en servir !
Ces explications anéantirent Alexandre. Lui qui avait cru que tout s´arrangerait dès qu´il trouverait l´oeil, voilà qu´on lui annonçait qu´il ne servait à rien. Tous ces morts, toute ces souffrances... pour rien ? Pour avoir à portée de main une puissance aussi considérable qu´inutile ?
- Dois-je comprendre, Altesse, siffla Kogard, que ce caillou ne pourra pas sauver ma ville ?
- Malheureusement, oui...
Une poutre enflammée se détacha du plafond et vint éclater au sol.
- Je pensais qu´un enduit protégeait la charpente, murmura Alexandre. Décidément, je n´aurais fait que des erreurs ici...
Stall Kogard, furieux, débordant de haine, leva sa rapière.
- Vous pouvez me tuer, dit le Prince. Je le mérite. J´ai été nul sur toute la ligne...
Le gouverneur réalisa qu´Alexandre était sincère. Après un tel échec, il pensait vraiment devoir mourir. Incroyable de la part de quelqu´un d´aussi déterminé ! Sa défaite l´avait écrasé à un point inimaginable !
- Non, répondit Kogard. Vous n´êtes pas à blâmer. J´ai mieux à faire.
- Rentrer à la citadelle ? En effet, c´est plus intelligent. Les hommes qui vous restent devraient tenir un peu, avec vous à leur tête...
- Non, encore mieux.
Soudain, le gouverneur fonça sur Andorion en brandissant son épée. L´Elfe, surpris, se ressaisit très vite. Il avait espéré diviser ses deux adversaires, mais ce ne serait pas si difficile de les combattre tous les deux. Il empoigna fermement son sabre et se mit en garde.
Kogard porta un coup d´estoc qu´Andorion esquiva facilement avant d´abattre sa propre lame. Le gouverneur rompit, puis avança et feinta pour finalement frapper l´Elfe à la jambe. Ce dernier para l´assaut et décocha un coup de pied qui manqua la tête de Kogard. Le gouverneur se fendit, mais son adversaire reprit son équilibre et le contra à nouveau. C´est alors que la rapière de Kogard, d´un mouvement presque imperceptible, remonta puis s´abattit sur la garde du sabre d´Andorion. L´arme tomba au sol.
Sans s´inquiéter, l´Elfe bondit en avant et plaça une manchette au coup de son adversaire, juste au-dessus de son épaule. Le gouverneur tituba, mais tenta néanmoins de toucher Andorion au visage. L´Elfe se pencha pour éviter sa rapière et lança son pied dans le ventre de Kogard. Un instant libéré, il ramassa son sabre et repartit à l´attaque.
Le gouverneur cingla l´air de sa lame. Andorion l´esquiva en plongeant en avant et d´un coup violent lacéra la cuisse de Kogard. Le gouverneur s´écroula. Il lâcha son arme, resta un instant immobile puis, affolé, se mit à ramper en direction de la porte avec l´énergie du désespoir.
- C´est ça, sauve-toi, railla l’Elfe. Tu ne vaux rien !
- Très bien, dit soudain Alexandre. Finissons-en.
Le Prince avait regardé le duel sans intervenir. Il avait décidé de tuer Andorion en combat singulier. Et rien ne pourrait plus le faire changer d´avis.
- Tout cela finit donc entre vous et moi, dit l´Elfe. Tout mes nains ont disparu, vos amis et alliés sont morts. Il ne reste plus que nous. Un unique combat pour décider de qui conservera l´oeil de Kashnir. Vous savez que vous pourriez aussi fuir ?
- J´ai besoin de l´antidote à votre sort, répliqua Alexandre.
- Ah, ça ?
Andorion ouvrit sa poche de ceinture et lui montra brièvement une fiole en cristal doré avant de la ranger.
- Je vais être honnête, déclara-t-il. Si vous me battez, vous pourrez récupérer cet antidote. Mais ça n´arrivera pas. Vous allez mourir.
- Je croyais que votre maître me voulait vivant, fit remarquer le Prince.
- Possible. Mais si vous refusiez, je devais vous tuer, quitte à perdre les Bracelets d´Arzhan. J´ai déjà essayé dans la crypte. Maintenant je vais réussir.
- Qu´il en soit ainsi, dit Alexandre en passant l´oeil de Kashnir dans une poche à l´intérieur de son armure en cuir.
Leurs lames se levèrent en même temps. Leurs regards se plantèrent l´un dans l´autre. Il s´observèrent ainsi un long moment, indifférents à l´incendie qui se déchaînait au-dessus de leur têtes. Puis, au même instant, ils s´élancèrent.
Les murs de la cathédrale répercutèrent l´écho de leurs pas tandis qu´ils se ruaient l´un sur l´autre, leurs armes scintillant sous les flammes. Juste avant leur rencontre, Alexandre lança un coup de poing de sa main libre, prêt à se défendre avec son glaive si son adversaire essayait de lui trancher la main. L´Elfe saisit son poignet et bondit pour le frapper à la tête. Le Prince agrippa à son tour le bras d´Andorion et s´éleva comme lui dans les airs.
Emportés par leur élan, retenus par les mains, ils virevoltèrent l´un autour de l´autre. Leurs lames se rencontrèrent deux fois, au-dessus puis en-dessous de leurs bras. Puis ils retombèrent sur les dalles et se lâchèrent pour frapper à nouveau.
Le sabre d´Andorion fendit l´air. Le Prince para le coup destiné à sa tête et riposta par une attaque au ventre. Son adversaire esquiva d´un pas sur le côté, fléchit les genoux quand le glaive d´Alexandre siffla ensuite au-dessus de sa tête, essaya de le frapper à la jambe. Des étincelles jaillirent quand leurs lames se croisèrent. L´Elfe d´une violente détente bondit par-dessus le Prince et abattit son sabre sur sa tête. Alexandre le contra et fit volte-face pour placer un assaut avant que son ennemi ne touche terre. Andorion parvint cependant à bloquer sa lame et décocha un coup de pied vers la poitrine du Prince. Celui-ci d´une main dévia l´attaque et de l´autre propulsa son glaive vers le visage de l´Elfe. Andorion plongea sur le côté pour lui échapper, évita de justesse une nouvelle poutre qui tombait du toit, et se redressa.
Il porta la main à sa ceinture et en décrocha trois couteaux de lancer qu´il projeta sur Alexandre. Le Prince esquiva facilement le premier. Le second lui frôla la joue. Le troisième lui entailla l´oreille. La douleur lui fit relâcher son attention une fraction de seconde pendant laquelle Andorion se jeta sur lui. Alexandre parvint cependant à parer le coup, recula d´un pas et reprit le combat.
Après ces premières passes durant lesquelles chaque duelliste avait sondé les forces de l´autre, l´affrontement devint acharné. Aucun ne se souciait des bardeaux du toit qui s´écrasaient autour d´eux, trop concentrés sur leurs mouvements. Andorion bondissait, tournoyait, plongeait, frappait, avec une grâce, une vitesse et une puissance incomparables. Mais il ne parvenait pas à prendre le dessus sur Alexandre. Le Prince attaquait sans relâche avec une détermination féroce, parait et esquivait chaque coup sans trahir le moindre signe de tension. Ses enchaînements semblaient ne jamais finir, et quand enfin sa lame interrompait sa course, c´était pour repartir à la seconde suivante, plus rapide et mortelle que jamais. Andorion ne pouvait qu´admirer le talent de son jeune et inépuisable adversaire tout en bloquant chacune de ses attaques. L´Elfe aurait pu n´être qu´un spectateur émerveillé, sans la haine sauvage qu´il lisait dans les yeux d´Alexandre. Le Prince semblait avoir perdu tout contrôle de lui-même, tout sens des réalités. Une seule chose lui importait : tuer Andorion. L´Elfe devait reconnaître qu´il ne s´était pas montré des plus sympathiques avec le Prince, mais cependant la violence de cette haine l´inquiétait. Qui sait jusqu´où elle pourrait mener Alexandre ? Il fallait en finir vite.
La lame d´Alexandre s´enroula comme un serpent autour de celle d´Andorion. L´Elfe sentit son sabre lui échapper par la droite. Il tenta de compenser, mais aussitôt son adversaire inversa son mouvement. L´arme d´Andorion vola au loin tandis que le glaive du Prince filait vers son coeur.
Andorion détourna l´assaut avec le bras de son armure. Alexandre récidiva. L´Elfe se laissa guider par son instinct et, bougeant à peine, para et dévia chaque coup avec ses brassards et ses gants de métal. Alexandre s´étonna de la résistance de son armure : elle semblait assez souple et légère pour ne pas gêner l´Elfe dans ses mouvements, et pourtant elle supportait les attaques bien mieux que n´importe quelle autre cuirasse. Cependant, peu à peu, les plaques se déformaient, se fendaient. Le brassard droit d´Andorion tomba soudain sous un coup de glaive. Alors qu´il allait toucher le sol, l´Elfe d´un coup de pied le projeta sur Alexandre. Le Prince l´évita de justesse mais l´instant d´après, profitant de la diversion, Andorion lui assenait un coup de poing à la main qui lui fit lâcher son arme. Alexandre voulut tira le poignard à lame de serpent glissé dans sa ceinture. A peine l´avait-il levé que l´Elfe le lui arracha d´un revers de la main. L´arme roula à terre. Le Prince riposta par un coup de genou que son adversaire contra aisément avant de s´éloigner pour se remettre en garde.
- A mains nues, maintenant ? dit Andorion. Voyons donc ce que vous valez !
Le pied de l´Elfe fouetta l´air dans une courbe rapide. Le Prince l´intercepta de la main droite, répliqua par un coup de poing. Son ennemi se baissa pour l´esquiver puis, tournant sur lui-même, frappa du pied les jambes d´Alexandre tout en lui plaçant une manchette dans le ventre. Le Prince tomba au sol, le souffle coupé.
Andorion réalisa un saut périlleux et retomba sur son adversaire en abattant sa jambe droite. Alexandre roula sur le côté, saisit un casque qui traînait sur le sol à côté du cadavre d´un soldat et le jeta sur l´Elfe. Celui-ci le repoussa d´un revers de la main et comprit une fraction de seconde plus tard qu´il venait de tomber dans un piège.
Alexandre en effet profita de son mouvement pour lui lancer son pied dans la hanche. Pendant qu´Andorion reculait, le Prince se releva, feinta en visant son ventre et le frappa à la mâchoire. L´Elfe, furieux, décocha une violente manchette pour repousser son adversaire. Alexandre bondit sur place pour l´esquiver. Andorion voulut mettre la situation à profit pour cogner le Prince dans les airs, et remarqua trop tard ses genoux repliés et son mouvement tournoyant.
L´instant d´après, les jambes d´Alexandre se détendirent et percutèrent l´Elfe en pleine poitrine. Il fut projeté à dix mètres de là, remarqua son sabre à côté de lui, tenta de se relever...
Le Prince se contenta de sourire.
Toute une partie de la charpente dégringola alors sur Andorion dans un fracas infernal. Des éclats de bois enflammés volèrent en tous sens. Alexandre soupira : c´était fini. Puis il se souvint avec horreur qu´il était censé récupérer un antidote sur son adversaire...
C´est alors qu´une silhouette se dressa dans le feu.
Andorion, son armure en pièces, son sabre à la main, enjamba les poutres sans même se brûler. Le calme sur son visage avait fait place à une colère sans bornes. Alexandre courut vers son glaive et s´en saisit. Dans le grondement de l´incendie, l´Elfe bondit en avant. Les lames se heurtèrent encore une fois. La violence du choc fit reculer Alexandre. Un nouveau coup l´ébranla. Alors que le Prince était épuisé, jamais son adversaire n´avait paru aussi puissant. Alexandre comprit qu´il devait trouver un plan.
Reculant encore, il parvint jusqu´à l´entrée d´un escalier qui montait en spirale à l´intérieur du mur et devait déboucher sur la charpente. Sans s´interroger sur son utilité, le Prince s´y engagea : une position haute représentait toujours un avantage sur l´ennemi.
Alexandre gravit plusieurs marches à reculons. Andorion abattit son sabre sur ses jambes. Le Prince esquiva et voulut frapper son adversaire à la tête. L´Elfe intercepta sa lame, le repoussa en arrière. Alexandre manqua de trébucher contre une marche, mais réussit à la monter. Andorion porta un nouvel assaut. Le Prince para le coup, en évita un autre. Le sabre de l´Elfe percuta le pilier central de l´escalier et l´ébrécha largement. Alexandre riposta par une nouvelle attaque verticale. Andorion lui échappa en se plaquant contre le mur et plaça une violente estocade. Le Prince céda du terrain.
Combattant ainsi, ils montèrent tout l´escalier et se retrouvèrent sur les poutres de la charpente. Alexandre se demanda s´il avait vraiment eu une bonne idée en décidant de venir ici : la moitié des madriers brûlait, et les autres étaient bien étroits pour livrer un duel.
Andorion avança en frappant de taille. Le Prince s´engagea sur une poutre pour se dérober. L´Elfe le poursuivit. Parvenu au-dessus du milieu de la nef, à côté d´une immense tenture blanche à moitié consumée représentant la croix renversée, Alexandre comprit qu´il devait faire face. Les lames s´entrechoquèrent en claquant.
Andorion enchaîna des attaques complexes, feintant souvent, frappant toujours selon un angle imprévu. Alexandre faillait se laisser déborder, puis soudain lança un coup de pied vers le ventre de son adversaire. L´Elfe le bloqua du genou, essaya d´attraper sa jambe. Aussitôt le Prince pivota et lui assena un coup de coude dans le torse. Andorion perdit l´équilibre et tomba de la poutre. Au dernier moment, il parvint à décocher un coup de pied dans les jambes d´Alexandre, qui bascula à son tour. Tous deux se retirent d´une main au-dessus du vide, sans lâcher l´arme qu´ils tenaient dans l´autre.
Alexandre se balança, essaya de frapper Andorion du pied. L´Elfe se décala pour l´éviter et entreprit de se hisser sur la poutre. Le Prince l´imita et réussit le premier à reprendre pied sur le madrier. Epuisé par l´effort, il resta un instant, haletant, allongé sur le bois. Puis il se redressa et s´approcha d´Andorion, qui était parvenu à passer ses bras sur la poutre.
L´Elfe le vit lever son glaive et décida de s´enfuir. Alors que les flammes qui couraient sur la tenture derrière lui parvenaient à leur hauteur, Andorion appuya ses pieds sur le madrier et dans une puissante détente se propulsa en arrière, échappant à l´attaque du Prince.
L´Elfe vola un instant en direction de la tenture, puis brandit son sabre, déchira le tissu et passa à travers. Il rattrapa une poutre de l´autre côté tandis que les flammes s´emparaient de la tenture entière.
Les deux adversaires s´observèrent longuement à travers le mur de feu en attendant que les liens qui retenaient la tenture cèdent et la libèrent. Il y en avait pour plusieurs minutes. Mus par la même inspiration, ils enroulèrent autour de leurs bras une des nombreuses cordes qui pendaient au plafond et s´entassaient sur les poutres à intervalles réguliers. Aucun n´aurait su dire quelle était leur fonction en temps normal, mais ils admettaient volontiers qu´il y avait derrière la présence de ces câbles une raison essentielle à l´entretien d´une cathédrale. Puis ils se firent à nouveau face à travers la déchirure bordée de flammes. De longues minutes passèrent encore.
Soudain la tenture tomba, ses attaches rongées par les flammes.
Alexandre et Andorion bondirent.
Leurs lames se rencontrèrent en plein vol, quarante mètres au-dessus du sol.
Alexandre porta un coup à la tête de son ennemi. L´Elfe para l´attaque et abattit son sabre sur la taille du Prince. Le garçon le contra et pivota pour lui lancer un coup de pied. Andorion écarta les bras pour ralentir sa chute et l´esquiver, puis frappa à nouveau de sa lame. Alexandre lâcha une longueur de corde, se balança afin d´éviter le sabre, bloqua le câble entre ses mains et revint sur son adversaire
Il combattirent ainsi pendant toute leur descente, abandonnant parfois dix mètres de corde d´un seul coup pour élaborer une attaque, se rattrapant toujours juste avant que leur bras ne puisse se casser sous le choc de l´arrêt. Enfin ils regagnèrent le sol de la cathédrale.
Andorion estima que le duel avait assez duré. Il ne souhaitait pas y recourir, mais il allait utiliser sa botte secrète.
Toute sa force se concentra dans son bras, pour un unique coup de sabre qui rassemblerait son énergie entière. L´Elfe en sortirait épuisé, mais Alexandre n´y survivrait pas. Il n´avait aucune chance.
La lame d´Andorion fendit l´air, invisible tant elle était rapide. Le Prince dans un réflexe leva son glaive...
Le claquement du métal résonna dans toute la cathédrale, couvrit le bruit de l´incendie. Andorion poussa un long soupir de soulagement avant de chanceler, la vue brouillée. Il avait gagné.
Un coup de poing le cueillit au creux de l´estomac, puis un autre au visage. Etourdi, l´Elfe essaya de regarder devant lui.
Alexandre avait survécu.
Son glaive gisait au loin, à moitié brisé, mais lui se tenait toujours debout. C´était impossible ! Même si la lame ne l´avait pas touché, le choc aurait dû lui briser tous les os ! Aucun humain ne pouvait résister à une telle attaque, même avec du sang Zahr dans les veines !
Andorion se souvint alors de l´autre résultat qu´avait donné le nain rouge : Alexandre portait la marque d´un sorcier. Cela aurait-il pu lui permettre de...
Le talon du Prince frappa l´Elfe sous la clavicule, interrompant ses réflexions. Andorion se rappela qu´il disposait d´une arme, lui. Il cingla l´air de son sabre et força Alexandre à reculer. Le Prince s´empara d´une lance au bout de laquelle flottait un étendard en flammes et se mit en garde.
Les deux adversaires se toisèrent. Tous deux savaient que la prochaine passe déciderait de l´issue du combat.
Devant la porte de la cathédrale, Stall Kogard s´était redressé pour les observer, comme hypnotisé. Lui aussi sentait la tension, conscient du talent immense d´Alexandre et d´Andorion.
Tout se termina très vite.
Alexandre avança et lança un balayage avec sa lance. Andorion se pencha pour l´esquiver et riposta par un coup aux jambes du Prince. Celui-ci l´évita en sautant par-dessus son adversaire et abattit son arme sur sa nuque. L´Elfe para l´attaque. La lance tournoya et revint vers son visage. Andorion bloqua la pointe d´acier à l´aide de son sabre, et oublia dans le feu de l´action qu´un drapeau enflammé flottait à l´extrémité de l´arme. L´étendard claqua sur son visage, brûla ses sourcils. Alexandre retomba derrière lui. D´un coup il arracha son sabre aux mains de son adversaire, puis lui planta la lance derrière le genou. Andorion s´effondra pendant qu´Alexandre rattrapait le sabre et vol et le posait sur sa gorge.
Andorion sentit le métal s´appuyer sur son cou. Il réalisa qu´il avait perdu. Il allait mourir. Alors monta en lui un sentiment terrible, qu´il n´avait pas éprouvé depuis une éternité. Un sentiment glacial qui figea ses entrailles. La peur.
- L´antidote, dit Alexandre, immobile, prêt à trancher sa gorge.
L´Elfe ne discuta pas. Il plongea la main dans la poche de sa ceinture en priant pour que la fiole ne soit pas brisée.
Puis il repéra Kogard debout devant la porte. Une idée lui vint.
Au même instant, Andorion tira de sa pochette le fragile flacon d´antidote qu´il jeta au loin, et un poignard qu´il lança sur le gouverneur.
Alexandre comprit qu´il devait réagir vite. Il avait trois options : tuer Andorion, rattraper la fiole, ou dévier le poignard d´un coup de sabre. Les conséquences de son choix étaient tout aussi graves les unes que les autres. Si Kogard mourait, la citadelle de Kridath, privée de chef, tomberait à coup sûr. S´il ne tuait pas Andorion maintenant, l´Elfe pourrait s´enfuir et rejoindre son maître. S´il ne récupérait pas l´antidote, il courait le risque de ne plus jamais pouvoir se servir des Bracelets d´Arzhan.
Un centième de seconde plus tard, Alexandre ne s´était toujours pas décidé. Si Kridath tombait, les Elfes avanceraient droit sur Dümrist. Si Andorion fuyait, il reviendrait. Si la fiole se brisait, il perdrait le pouvoir des Bracelets. Alexandre en voulait au destin de lui imposer un choix si difficile.
Alors ? Sauver Kogard ? Tuer Andorion ? Prendre l´antidote ?
La ville ? La vengeance ? Le pouvoir ?
Le pouvoir.
Alexandre plongea sur le flacon, glissa sur les dalles... Ses doigts se refermèrent sur la précieuse fiole.
A la même seconde, le poignard se planta dans la gorge de Kogard, qui bascula en arrière. Andorion bondit vers la sortie malgré sa blessure, enjamba le corps du gouverneur et cria :
- Ordanaz teka tofparig, Erkanium !
Alexandre déboucha le flacon et en avala le contenu. La potion avait un goût sucré. Aussitôt, il sentit le pouvoir des Bracelets d´Arzhan l´envahir. Il se précipita vers la porte, rassembla de l´énergie...
Andorion volait dans les airs, déjà bien loin, les épaules enserrées par une immense chauve-souris. Alexandre, dépité, projeta plusieurs rayons argentés dans sa direction mais ils se dissipèrent avant de l´atteindre.
Stall Kogard était mort. Andorion s´était échappé. Le combat était terminé.
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Ehhh... bleh... y a tellement de choses à dire pour le coup... bon je dis presque rien pour l´instant, je commenterai vraiment plus tard. Juste qu´Alexandre il aurait dû faire comme ça : un ptit coup dans la gorgre, il lance son arme pour infléchir la course du poignard puis il attrape la fiole
Mwarf super tout ça !! !!!!!! ![]()
Ah ,je l´ai pas dit? J´aurais dû préciser que tout va si vite qu´Alexandre ne peut faire qu´une seule chose : s´il perd une fraction de seconde à tuer Andorion, c´est foutu pour le reste, et s´il lance son sabre sur le poignard, il perd trop de temps pour rattraper la fiole. Ca se joue au dixième de seconde!