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Fic : La cathédrale de Kridath

KaiM
KaiM
Niveau 11
07 octobre 2005 à 17:40:19

Le capitaine se retourna. Alors le Prince avait quand même une idée ! Evidemment ! Comment aurait-il pu en être autrement ?
Alexandre scrutait le sabre et le bouclier, ses yeux plissés à l´extrême.
- Certains caractères sont plus profonds que d´autres, annonça-t-il.
- Quoi ? s´étonna Alice. Tu arrives à voir ça ?
- A mon avis, aucun oeil humain ne pourrait le distinguer, dit le Prince. Mais ça me semble de plus en plus évident. J´espère que ce n´est pas un effet de mon imagination...
Il saisit sa plume et recopia les symboles suspects à toute vitesse, comme s´il craignait que son éclair de génie ne s´échappe aussi subitement qu´il était apparu. Enfin il se redressa et lança d´une voix forte :
- Kashnir Arador, Gornis Tewean, Arkos Renovial Filiae !
La roche du mur gronda et trembla. Tout près du plafond, une dalle de pierre se détacha et vint se briser sur le sol. Dans l´ouverture ainsi dégagée brillait une pierre verte de la taille d´un oeuf.
- On l´a trouvé ! s´écria Alice.
- Oui, dit Alexandre. Ce type avait vraiment un nom compliqué.
- Ca voulait dire quoi, d´ailleurs ? intervint Adrien.
- Kashnir l´Ecarlate, Destructeur des faibles, Fils neuvième d´Arkos, répondit le Prince.
- Sympathique...
- Je ne voudrais pas vous tirer de vos débats linguistiques, dit Vladek, mais je crois que cette pierre est légèrement hors de notre portée.
- Ca fait trente mètres, quoi, ajouta Jakarn.
- Je sais, répondit Alexandre. Artus ? Pouvez-vous l´attraper ?
- Je vais essayer...
Le magicien tendit le bras vers l´oeil de Kashnir et se concentra. Rapidement, il abandonna :
- Impossible d´utiliser ma magie. Il y a une énorme activité autour de cette pierre, qui brouille tous mes sorts. C´est bon signe, après tout, ça prouve que ce caillou renferme une immense puissance, mais va falloir trouver autre chose pour le prendre...
- Jakarn ? demanda Alexandre. Pouvez-vous...
- Non, pour les mêmes raisons. Il y a comme une barrière d´énergie qui m´empêche d´utiliser mon pouvoir pour me rendre là-haut.
Le grondement persistait et résonnait dans toute la salle. Soudain Alexandre s´exclama :
- Regardez ! La pierre descend !
C´était vrai. La partie du mur sur laquelle se trouvait l´oeil de Kashnir s´enfonçait lentement dans le sol. Très lentement.
- A votre avis, demanda Vladek, combien de temps allons-nous devoir attendre comme ça ?
Le Prince calcula rapidement.
- Vu la vitesse de descente, environ une demi-heure, annonça-t-il.
- Bon, ben attendons, alors, conclut Adrien. S´il n´y a rien de mieux à faire...
Un chuintement se fit entendre. Alexandre se retourna : Jakarn avait tiré son sabre.
- Malheureusement, je crois que nous avons mieux à faire, dit-il
- Vous allez essayer de nous tuer ? s´étonna le Prince.
- Moi, non. Ca, peut-être.
Tous baissèrent les yeux vers l´endroit qu´indiquait le mercenaire. Un pentacle s´était creusé dans le sol et brillait d´une lumière vert pâle. Soudain, des ombres grises s´en échappèrent avec des hurlements stridents et s´enfoncèrent dans les catacombes.
- Qu´est-ce qui se passe ? questionna Vladek.
- Des démons, expliqua Alexandre. Ce pentacle invoque des démons, probablement avec l´énergie de la pierre. Et il leur donne des corps à hanter. Pas des corps vivants, mais des corps quand même, ce qui demande donc moins d´énergie que de les faire apparaître sous une forme matérielle.
- Comment ça, « pas des corps vivants » ? fit Alice.
- Comme ça, répondit simplement le Prince.
Des cliquetis s´élevèrent depuis les deux couloirs. Les squelettes entassés dans les catacombes se levèrent et s´avancèrent vers eux en brandissant des épées, des haches ou des lances. Ils formaient une véritable armée macabre, leurs mâchoires figées dans des rictus déments.
- Maintenant on sait à quoi servaient ces tombes, dit Artus. Un autre piège !
- Allons-y, dit Jakarn.
Le mercenaire bondit sur un squelette armé d´une hache et le coupa en deux d´un mouvement de son sabre, puis trancha le bras d´un autre avant de lui arracher la tête. Assailli depuis l´autre couloir, Vladek esquiva l´attaque d´une main hideusement griffue et fendit de son épée la nuque de son adversaire. Il frappa un autre squelette au bassin, lui fit sauter un bras et l´éparpilla à coups de talons. Alexandre tira sa lame, plongea sur un attaquant, roula au sol pour éviter l´assaut d´une épée et trancha le tibia de son adversaire. Alors que le squelette tombait, le Prince se redressa et lui enfonça le plexus avec le pommeau de son glaive, puis fit face à un autre squelette armé lui aussi d´une épée. Il para une attaque dans une gerbe d´étincelles, pivota sur lui-même et d´un violent coup de coude fit éclater le crâne de son ennemi.
Artus se tourna vers un groupe de squelettes qui fonçait sur lui et tendit la main vers le premier. La colonne vertébrale se brisa dans un craquement. A l´aide de sa magie, Artus souleva les deux morceaux de son attaquant et les projeta sur le reste de la bande. Les os volèrent en éclats et se répandirent sur le sol de marbre. Le magicien vit alors que ses soldats, morts devant la porte, pénétraient dans la pièce et filaient vers eux, menés par une Sylvia privée de tête. Artus l´évita en souplesse et la cloua au sol avec un des ses sorts. D´autres cadavres de gardes s´attaquèrent à Alice et Adrien, figés au milieu de la pièce. Il y eut un flash aveuglant et les soldats tombèrent en poussière.
- Qu´est-ce c´était ? demanda Artus. Ca venait de vous, j´en suis sûr.
- J´ai des pouvoirs, expliqua Alice, mais je ne sais pas comment m´en servir. Ca arrive comme ça, quand je suis en danger.
- Comme pour tous les débutants, commenta le magicien en rejetant au loin un autre groupe d´adversaires. Tu t´amélioreras.
Sous ces propos légers, Artus était très intéressé. La puissance qu´il avait ressentie quand la jeune fille avait lancé son attaque était formidable. Il faudrait qu´il la présente au général Thul´lod...
Vladek planta ses griffes dans la tête d´un squelette et l´arracha des épaules avant de la projeter dans le bassin d´un autre assaillant, qui se brisa sous le choc. Il esquiva ensuite un coup de hache, recula, contra une autre attaque et vit le bouclier d´or qui gisait au sol. Sans hésiter, la capitaine s´en empara et s´en servit pour bloquer un nouvel assaut, puis abattit lourdement son épée sur le torse de son adversaire.
Non loin de lui, Jakarn se pencha pour esquiver un coup d´épée puis, faisant tournoyer son sabre, pulvérisa la cage thoracique de son ennemi. Il ne vit que trop tard un autre squelette qui derrière lui brandissait une masse d´armes. Alexandre l´aperçut également.
Le Prince ne songea même pas que Jakarn voulait encore le tuer. Il ne pensa pas non plus à la promesse que le mercenaire lui avait faite de tout lui expliquer si le garçon venait à lui sauver la vie. Non, il ne vit qu´un compagnon en danger.
Alexandre lança son glaive à travers la salle. La lame se ficha dans les côtes du squelette, laissant à Jakarn le temps de l´achever d´un coup de sabre. Le mercenaire lui adressa un sourire reconnaissant. Le Prince songea furtivement que c´était la première fois qu´il voyait Jakatn sourire, puis saisit le sabre d´argent couvert de runes qui traînait à ses pieds. Sans la moindre considération pour la merveille qu´il tenait entre ses mains, il reprit le combat et continua de faucher ses ennemis.
Vladek se fraya un chemin jusqu´à lui :
- Ils sont trop nombreux ! Chacun que nous abattons est remplacé par un autre ! Partons ! De toutes façons, nous ne pourrons pas récupérer l´oeil avant une demi-heure !
Alexandre fracassa de son sabre le fémur de son adversaire, puis ramassa son glaive de sa main libre.
- D´accord avec vous ! Quittons cet endroit !
Ils firent signe aux autres et ouvrirent à coups de lames un passage vers la sortie. Bientôt ils furent tous tirés d´affaire. Encore secoués par ce qu´ils venaient de vivre, ils traversèrent en courant l´allée des héros avant de constatés que les squelettes ne les poursuivaient pas. Ils se tenaient devant la porte comme des gardiens, prêts à combattre si quelqu´un s´approchait.
- Ils doivent simplement protéger la salle de l´oeil de Kashnir, supposa Alexandre.
- Nous aurons du mal à passer quand nous reviendrons, affirma Jakarn.
- Il nous faut du renfort, déclara Artus. Si vous le voulez bien, je vais m´en charger. Kogard acceptera peut-être de me confier une nouvelle escorte.
Avant que quiconque puisse l´en empêcher, il disparut dans les couloirs, et même le bruit de ses pas s´évanouit bientôt.
- A votre avis, il nous trahira quand il reviendra ou pas ? demanda Vledek.
- Je n´en sais rien, avoua Alexandre. Il est assez imprévisible.
- Bon, qu´est-ce qu´on fait ? questionna Alice.
- On attend, répondit Jakarn.

:)

Az´ :d) intéressant, je réalise qu´il y a des idées que je n´ai pas creusées, faudra voir...

KaiM
KaiM
Niveau 11
07 octobre 2005 à 17:40:49

Oups, c´est idiot, mais le début du chapitre est à la page précédente...

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
07 octobre 2005 à 18:16:46

Ben c´est cool c´est un chapitre plutôt long^^. :) Je sais pas si c´est fait exprès, mais Alexandre dit ouvertement qu´il n´est pas humain, et nul ne le remarque. (il dit "aucun oeil humain ne pourrait le voir" en même temps qu´il dit qu´il le voit). Et j´ai hâte de voir si Jakarn va tenir sa promesse et tout expliquer. Et j´ai hâte de savoir c´que c´est qu´cet oeil de Kashnir. En bref, j´ai hâte de lire la suite, elle sera pas plus tard que demain, hein, dis, hein? :-)

  • a un tout petit espoir que ce soit même aujourd´hui* :)
miss_allsunday
miss_allsunday
Niveau 7
07 octobre 2005 à 19:11:31

mais comment vont -ils faire pour s´emparer de l´oeil???quels sont les véritables pourvoirs de l´oeil???on ne sait toujours pas où en est hustouk!!!
:fou:
j´adore :ange:

Grhyll
Grhyll
Niveau 7
07 octobre 2005 à 19:25:53

J´adore aussi :D Très bon combat, très bon tout d´après moi :) Vraiment hâte de lire la suite ^^

Pour le combat, plusieurs en parallèle :p) Alexandre et ses bracelets contre Artus déchaîné, Hustouk contre Kogard...

red-rock
red-rock
Niveau 10
07 octobre 2005 à 20:31:09

Ca a l´air d´être une suite passionante Kami, j´essairais de trouver le temps au moins de lire les premiers chapitres pour me faire une idée, genre ce week-end. :)
Ca me remettra dans le bain pour commencer ma nouvelle fic.

KaiM
KaiM
Niveau 11
07 octobre 2005 à 22:15:36

Bon ben merci. Pour les duels, vous avez des idées vraiment intéressante, mais il va bien falloir que je me fixe.
Au pire je pourrais replacer quelques trucs dans ma prochaine fic... Parce qu´apparemment vous voulez voir Hustouk dans un duel et que je ne l´avais pas prévu du tout...

KaiM
KaiM
Niveau 11
08 octobre 2005 à 11:07:25

Allez, la suite :

Le combat faisait rage à la porte Est de Kridath. Les Elfes défendaient vaillamment leurs positions, attendant l´arrivée imminente des renforts, et avaient bouté le feu à plusieurs maisons pour accroître la confusion. Les soldats des deux armées luttaient au corps à corps dans une mêlée confuse tandis que des volées de flèches fusaient en tous sens. Le fracas des armes et les cris des mourants noyaient le champ de bataille duquel montait peu à peu l´odeur écoeurante du sang.
Au centre de la bataille se dressait Dorzak Hagarat. Tel un titan de métal déchaîné, le géant frappait de tous les côtés avec une puissance surhumaine. Ses deux haches tourbillonnaient, tissant une toile de mort qui prenait un par un les Elfes à son piège. A lui seul, il dominait le combat.
L´armée ennemie était toute proche désormais, mais des Elfes à la porte il ne restait qu´une dizaine de guerriers qui se défendaient désespérément. Dorzak commençait à se dire qu´il allait remporter la victoire, quand le Troll arriva.
Haut de presque trois mètres, la peau grise et rugueuse, les dents pointues et les yeux furieux, le monstre avait devancé l´armée Elfe qui accourait et comptait bien occuper les défenseurs de Kridath pendant quelques minutes décisives. Il brandissait d´une main une massue de bois aussi large qu´un tronc d´arbre - c´était un tronc d´arbre, en fait, constata Dorzak - et serrait l´autre en un poing menaçant. Aucune armure ne le protégeait, mais malgré cela il semblait indestructible.
Dorzak Hagarat n´avait jamais vraiment compris comment l´armée royale avait pu subir les grandes défaites dont on lui avait parlé. Maintenant qu´il voyait le Troll en face de lui, il réalisait ce qu´une horde de ces créatures, alliée à une armée Elfe, était capable de faire sur un champ de bataille.
Le monstre s´avança vers les soldats terrifiés et d´un seul coup de sa massue balaya trois de ses adversaires. L´arme revint et faucha encore deux autres hommes. Puis le Troll saisit un garde dans son énorme main gauche et l´écrasa entre ses doigts jusqu´à n´avoir plus dans son poing qu´une bouillie d´os et de sang. Les autres soldats reculèrent.
Dorzak comprit qu´il était le seul à pouvoir venir à bout d´un tel monstre. Il s´élança sur lui et abattit ses haches. Les lames s´enfoncèrent profondément dans le corps du Troll, l´une dans son épaule et l´autre dans son flanc. Cela ne sembla pas indisposer le monstre, qui riposta par un terrible coup de sa massue. Dorzak l´esquiva d´un bond en arrière tout en dégageant ses armes, puis frappa son adversaire au bras, entamant son poignet. Le Troll poussa un grognement et lâcha sa massue, mais d´un revers de l´autre main repoussa Dorzak contre un mur. Sous le choc, le géant perdit ses armes.
Dorzak, étourdi, s´imaginait que le monstre allait l´achever d´une seconde à l´autre. Mais quand il retrouva la vue, ce fut pour constater que le Troll était encore plus stupide qu´il n´en avait l´air. Au lieu de porter le coup de grâce à son adversaire, il avait ramassé les haches couvertes de son sang et les broyait entre ses dents. "Très impressionnant, mais complètement inutile", songea Dorzak.
Le Troll recracha des morceaux d´acier déchiquetés et enfin s´avança vers le colosse. Dorzak eut une pensée émue pour ces haches qui lui avaient été si fidèles, puis évita un coup de poing qui aurait enfoncé son armure et riposta par un uppercut au menton de son ennemi. Les mâchoires du monstre claquèrent l´une contre l´autre et il vacilla. Dorzak en profita pour s´emparer de l´immense massue de son adversaire et la lui abattit sur les jambes. Il y eut un craquement sinistre et le Troll bascula en avant. Le colosse bondit sur son dos et cribla sa nuque de coups de poings avec ses gants de mailles. A chaque fois qu´il frappait, Dorzak entendait craquer les os de son ennemi.
Le monstre tenta de se redresser, mais dès qu´il levait un bras pour l´appuyer sur le sol, le géant le repoussait à terre d´un revers du bras.
Enfin il cessa de remuer. Dorzak ajouta cependant quelques coups puis, pour faire bonne mesure, tira un couteau de sa ceinture et l´enfonça jusqu´à la garde entre les omoplates du Troll. Le monstre cracha un dernier filet de sang.
Dorzak vit alors un Elfe qui plongeait sur lui. Il l´empoigna par les jambes, le souleva comme s´il n´avait été qu´une plume, lui fit décrire une grande parabole et le fracassa contre le cadavre du Troll. Le colosse se leva pour examiner le champ de bataille.
Une vision d´horreur l´attendait.
Certes lui et ses hommes avaient abattu tous les Elfes du premier groupe, mais l´immense armée ennemie était désormais aux portes de la ville. Les soldats luttaient de toutes leurs forces pour refermer les battants, mais il était trop tard. Les flèches volaient à travers l´ouverture, Ce combat était perdu, les Elfes allaient entrer sans grand mal.
Dorzak n´aimait pas devoir faire cela, mais il cria pour attirer l´attention de ses hommes et ordonna :
- Retraite ! On abandonne !
Sans discuter, les soldats se retournèrent et détalèrent vers la forteresse. Dorzak contempla un instant l´armée d´Itraïr qui s´engouffrait dans la ville telle une vague vivante, puis s´enfuit à son tour.

La dernière chaîne céda.
Hustouk était libre.
L´Ork poussa un grognement. Depuis des heures, il rongeait ses entraves à coups de dents et enfin il s´était détaché. Il avança jusqu´à la grille de sa cellule et attendit une occasion de s´enfuir.
Une grande agitation semblait régner dans la prison. Depuis sa geôle, Hustouk entendait des pas précipités, des grincements de portes et des ordres brefs.
Un gardien passa devant sa cellule. Sans hésiter, Hustouk passa la main à travers la grille et l´empoigna par le cou.
- Ouvre la porte, exigea-t-il.
- Espèce de malade ! articula le soldat. Je venais pour te libérer !
- Ah bon ? Pourquoi ?
- Lâche-moi et tu sauras.
- Dis d´abord, je te lâche ensuite.
- D´accord. Les Elfes sont entrés dans Kridath. Tout homme capable de tenir une arme est réquisitionné pour la défense de la ville. Même les prisonniers. Ils pourront d´ailleurs gagner leur liberté au combat.
- Même moi ? s´étonna Hustouk. Je pensais que le gouverneur tenait à me garder prisonnier.
Le soldat passa la clé dans la serrure.
- En fait, personne n´a donné d´ordre précis à ton sujet. Je suppose que Stall Kogard ne tient pas vraiment à ce que tu sortes de prison, mais qu´il t´a tout simplement oublié.
- Pourquoi me libérer, alors ?
Le gardien sourit autant qu´il put, compte tenu du poing de l´Ork toujours serré sur sa gorge.
- Parce que tu es, parait-il, un excellent soldat. Le genre de type dont on a besoin dans des cas comme ça.
Il tourna la clé et ouvrit la porte de la cellule.
- Où est mon équipement ? questionna Hustouk en lâchant son interlocuteur.
- Dans la salle des gardes à l´entrée de la prison, je suppose.
L´Ork grommela un vague merci et s´élança vers la sortie, un sourire aux lèvres. Tout allait pour le mieux. On le libérait, on le réarmait, et il allait pouvoir se livrer à son activité favorite.
Casser de l´Elfe.

- Quand avez-vous mangé pour la dernière fois ? demanda Jakarn.
La question prit tout le monde au dépourvu. Alexandre, Adrien, Vladek et Alice se regardèrent un instant, étonnés.
- Fang-Li, le marchand qui m´a soigné, nous a offert du thé et des biscuits ce matin, répondit Alexandre.
- J´ai aussi déjeuné ce matin, jouta Vladek. Hustouk s´est servi copieusement à l´étal d´un marchand.
- Et depuis, dit Jakarn, vous avez combattu un Elfe, des monstres, des soldats et des squelettes, et il est maintenant midi passé. Vous ne vous sentez pas un peu fatigués ?
Alexandre se sentit intrigué. Ce n´était pas du tout dans le genre de Jakarn de se préoccuper de nourriture. Lui-même était en pleine forme, comme toujours. Il avait un peu faim, mais sans plus.
- A vrai dire, répondit Vladek, je suis épuisé, j´ai des courbatures dans le corps entier et le suis presque mort de faim. Tout ça n´est plus de mon âge ! J´aurais presque préféré une bonne bataille à toute cette agitation !
- Je m´en doutais, déclara Jakarn. Prenez ça.
Il tira un petit sachet d´une poche cousue sous son armure et l´ouvrit, révélant une dizaine de lanières de viande séchée.
- C´est assez répugnant, mais c´est excellent pour une situation pareille. Une seule de ces langues vous reconstitue et vous tient au ventre pour la journée. Nous en avons tous besoin, je pense.
Personne ne se fit prier pour manger. La viande était dure à mâcher, et Jakarn n´avait pas exagéré : elle avait un goût âcre, comme un mélange de terre et de cendres.
- Ecoeurant, commenta Vladek, mais incroyable. Je me sens déjà beaucoup mieux.
- Merci, dit Alice.
- Pareil, ajouta Adrien.
Alexandre examina le sabre et le bouclier runiques qu´il avait trouvés dans la salle secrète.
- Je me demande d´où viennent ces objets, murmura-t-il. Il faudra que je me renseigne là-dessus quand nous serons rentrés à Dümrist...
- A propos, questionna Vladek, comment allons-nous rentrer ? Maintenant que nous touchons au but, je serais déçu d´apprendre que vous n´avez aucun plan pour nous tirer de là.
- J´en ai plusieurs, répondit le Prince. Le premier est très simple : Jakarn, avec le pouvoir de l´oeil de Kashnir, pourrez-vous nous transporter près de Dümrist ?
- C´est tout à fait possible si je peux en tirer assez d´énergie, déclara le mercenaire. Les objets magiques servent à ça.
- Et si ça ne marche pas ? demanda Alice.
- Alors nous attendrons la nuit, nous passerons la muraille de la ville et nous éviterons l´armée des Elfes pour reprendre la route de Dümrist. Je ne pense pas que les garde puissent nous arrêter. Il ne seront jamais assez nombreux pour couvrir toute la ville. Il n´y aura même pas de combat.
- Combien de temps encore ? interrogea Adrien.
- Un quart d´heure, je pense, répondit Alexandre.
Jakarn s´éclaircit la gorge :
- Altesse, tout à l´heure, dans la crypte, vous m´avez sauvé la vie. J´avais promis de vous donner quelques explications si cela se produisait. Alors écoutez bien, parce que je ne me répèterai pas.
Alexandre se rappela soudain cette promesse. Il sentit un poids s´envoler : enfin il allait savoir pourquoi Jakarn ne désobéissait jamais !
- Tout d´abord, dit le mercenaire, concernant ma mission, j´ai tout simplement reçu un ordre écrit par le biais d´un intermédiaire. Mes instructions étaient claires, comme toujours : vous tuer, tuer si possible ceux à qui vous parleriez de vos plans, et vous dérober le Livre d´Or. L´idée générale était que le secret de Kridath ne devait pas être découvert. C´est pourquoi je pense bien que nous devrons nous affronter une fois que nous aurons récupéré l´oeil.
Vladek se tendit et ouvrit la bouche pour parler, mais Jakarn poursuivit :
- Ensuite, vous devez savoir pourquoi je ne renonce jamais. Je viens d´un pays du Sud. J´ai été à bonne école. La règle primordiale, dans mon métier, est « Seule la mission compte ». Ce qui signifie surtout que je ne dois pas me préoccuper des conséquences et des causes de mes ordres, juste obéir. Une fois, une seule, j´ai oublié cette règle.
Jakarn baissa les yeux et soupira :
- Une petite princesse. J´avais pour ordre de l´assassiner. Je ne comprenais pas pourquoi, et une fois parvenu jusqu´à elle, je n´ai pas osé frapper. Je pensais au chagrin que sa mort occasionnerait dans sa famille et son pays, au chaos qui surviendrait dans un royaume privé d´héritier direct. Je ne l´ai pas tuée. Un an plus tard, ses parents sont morts. Elle s´est alors révélée telle qu´elle était. Un monstre. Elle a fait exécuter tous ses opposants, a mis son pays et les royaumes voisins à feu et à sang pour étancher sa soif de pouvoir. Et je n´ai pas pu réparer cette erreur. Tout ça, c´était ma faute. Depuis, dès qu´on me désigne une cible, je l´élimine. Il y a toujours une bonne raison derrière l´ordre.
Le silence se fit. Jakarn conclut :
- Voilà pourquoi je vous tuerai, Altesse.
Alexandre riposta aussitôt :
- Franchement, vous croyez que moi, je pourrais devenir un monstre ?
- Je ne pense pas. Mais ça n´a pas d´importance.
Alexandre se tut. Il essaya de se mettre à la place de Jakarn. Le poids d´une telle culpabilité devait être lourd à porter. Ce n´était pas étonnant qu´il se montre radical pour ne pas répéter les erreurs du passé.
Vladek enfin parla à son tour :
- Puisque l´instant est aux révélations, je pense que j´ai des choses à dire. J´ai un mauvais pressentiment, et si d´aventure je venais à mourir, je préfèrerais que mon secret ne soit pas perdu.
- Vous parlez de votre style Makashi ? demanda Alexandre.
- Tout à fait. Je l´ai appris de mon père.
- Mais seuls les nobles se battent ainsi, objecta le Prince.
- Justement, mon père était noble.
Alexandre commençait à comprendre. Le capitaine laissa planer le suspense, puis reprit :
- Je suis le fils illégitime d´un seigneur et d´une fille de ferme. Je ne connais pas les détails de leur liaison, mais je sais que mon père était déjà marié, et avait un fils. Ce n´était qu´une aventure. Il ne pouvait donc pas me reconnaître officiellement. Vous devinez la suite, je suppose...
- Votre père a probablement offert des terres ou de l´argent à votre mère en compensation, supposa Alexandre. Et il est venu vous voir de temps en temps. C´est là qu´il vous a appris à vous battre. Et c´est pour ça que vous avez vaincu Tarlaq quand vous l´avez rencontré.
- Je vois que vous avez tout compris...
- Deux choses cependant : votre père ne vous a pas appris à lire ?
- Il n´avait pas beaucoup de temps à me consacrer, alors il m´a donné le choix entre la plume et l´épée, expliqua Vladek. J´était jeune, fasciné par le métier des armes. Je n´ai pas hésité longtemps. La deuxième chose ?
- Qui était votre père ?
Le capitaine prit une grande inspiration, mais ne dit rien. Il semblait hésiter.
- Mon père, dit-il enfin, se nommait Sigurd de Holarn.
Alexandre était stupéfait.
- Mais alors, souffla-t-il, vous êtes...
- Le demi-frère du baron Tarlaq.

:)

Grhyll
Grhyll
Niveau 7
08 octobre 2005 à 12:15:27

Même si on s´y attend un peu, ça n´empêche pas d´être parcouru de frissons quand on lit la dernière phrase :D

C´est toujours très bien tout ça, ça me plaît :) Ils ont juste l´air d´avoir oublié l´éventuel retour de Seubal...

Sinon : "- A vrai dire, répondit Vladek, je suis épuisé, j´ai des courbatures dans le corps entier et le suis presque mort de faim. "

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
08 octobre 2005 à 12:41:33

C´est cool ça, une suite quand on rentre du bahut^^. Que dire...ahem...ben heu quasiment rien hein^^. Un "s" oublié à "les garde".

Et aussi, que j´ai bien envie de voir ce que Dorzak et Hustouk réunis peuvent faire.

Par contre, y´a un truc que j´ai eu du mal à piger : comment Dorzak, qui fait juste un peu plus de deux mètres, peut-il tailler l´épaule du Troll (qui fait trois mètres)?

Bref, la suite ! :-)

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
08 octobre 2005 à 14:40:02

voilà tout lu :d) et ben j´ai pas trop aimé le combat entre dorzak et le troll, mais bon, pas mal quand même. sinon super.
y aurait tellement de combats possibles à la fin de la fic!
hustouk VS dorzak
alexandre VS le gouverneur
vladek, jakarn, et les autres, ben je sais pas... :)

miss_allsunday
miss_allsunday
Niveau 7
08 octobre 2005 à 18:13:58

trop bien :ange:
c´est sûr que pour vladek et tarlaq on s´y attendait un peu...

Grhyll
Grhyll
Niveau 7
09 octobre 2005 à 11:37:04

Au fait, une question : ça tient quelle place dans word, ça ?

KaiM
KaiM
Niveau 11
09 octobre 2005 à 18:32:01

125 pages pour l´instant. La suite mardi.

Grhyll
Grhyll
Niveau 7
09 octobre 2005 à 19:06:21

125 o_o

Euuh... En quelle police, corps et format de page ?

Sinon, mardi, ça fait long é_è Enfin, vivement mardi.

Grhyll
Grhyll
Niveau 7
09 octobre 2005 à 19:10:34

[C´est bête qu´il n´y ait pas de fonction éditer]

Plus simple : combien de caractères, espaces compris ou non ?

KaiM
KaiM
Niveau 11
10 octobre 2005 à 19:30:27

125 pages, times new roman, police 12, marge 2,5 de chaque côté.

72 610 mots
352 103 caractères (espaces non compris)
422 881 caractères (espaces compris)
6113 lignes.

Assez précis à ton goût?

Deathstone
Deathstone
Niveau 9
10 octobre 2005 à 19:31:37

Salut, KaiM ^^

Bon, je m´incline dvant tes chiffres...

KaiM
KaiM
Niveau 11
10 octobre 2005 à 19:33:39

Ah, au fait, désolé mais...

Je tenais ce rythme en tapant au CDI, au lycée.

Or, depuis aujourd´hui, je ne peux plus me servir du CDI pour avancer (méchante documentaliste : "Ah non pas de disquettes sur les postes, tu vas me mettre un virus"!)

Donc je pense quand même finir d´ici les vacances, voire m´avancer sur la suite, mais plus poster des chapitres aussi longs et aussi souvent.

Encore désolé.

KaiM
KaiM
Niveau 11
10 octobre 2005 à 19:34:52

Ah oui, tant que j´y pense : pour vous faire une idée, au final il devrait y avoir 160 pages, vous voyez ce qu´il me reste encore à faire...

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