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Liste des sujets

Fic : La cathédrale de Kridath

KaiM
KaiM
Niveau 11
31 août 2005 à 17:43:24

J´attends d´avoir plus de lecteurs...
Mais là je vais ajouter un chapitre.

KaiM
KaiM
Niveau 11
31 août 2005 à 17:44:19

Sur les hauteurs du mont Düm, au coeur du pays de Dümra, s élevait sa capitale, Dümrist.
Cette grande ville, une ancienne place forte réputée imprenable, s était élargie car se trouvant au centre des échanges commerciaux entre l Est de l Aropa et les provinces les plus occidentales. L autorité de Dümrist avait souvent été contestée, mais la ville avait soutenu maintes guerres afin de devenir et de rester la capitale d une des plus grandes contrées du continent.
La cité comptait vingt mille âmes au bas mot, et autant de poules. De larges faubourgs s étendaient au-delà des fortifications, qui abritaient les riches quartiers et les centres névralgiques de la ville : la cathédrale d Hefard, dieu des marchands, le temple de Mogas, dieu de la guerre, le siège de la Guilde des Marchands et le Palais Royal, le plus grand de tous les bâtiments de la cité.
Surplombant de cent mètres les toits des plus hautes maisons, flanqué de tours massives, aux murs garnis de meurtrières, il renfermait à la fois plusieurs citadelles occupées en permanence par une garnison de huit cents hommes, des greniers, de nombreuses salles de travail, l académie de Magie, plusieurs centaines de logements destinés à accueillir les quelques deux mille personnes qui vivaient dans le château, les appartements royaux, et une immense bibliothèque. C est dans cette dernière pièce que se trouvait Alexandre, Prince héritier du royaume, qui compulsait un ouvrage très épais.
Alexandre avait fêté ses treize ans quelques jours après avoir regagné la cité, plus de trois mois auparavant. Il était vêtu en toutes circonstances d une armure de cuir et d une cape noires, pour, disait-il, s accorder avec ses cheveux courts et sombres. Il portait une dague à sa ceinture, et en dissimulait plusieurs autres dans ses manches et ses bottes. Sur chacun de ses poignets était fixé un bracelet d argent incrusté de pierres rouges.
Il s agissait des légendaires Bracelets d Arzhan, que la famille royale détenait en secret depuis plusieurs siècles. Peu avant de rejoindre Dümrist lorsque son père l y avait envoyé au début de l hiver, le Prince avait failli perdre ces objets. L organisation des Chevaliers Blancs ainsi qu une puissante sorcière du nom de Lida avaient tenté, chacun de leur côté, de s en emparer. Mais ils avaient tous échoué, et au cours de cette aventure Alexandre avait appris à utiliser les pouvoirs magiques que renfermaient les Bracelets, et qui n avaient pas été libérés depuis des millénaires.
Le Prince savait qu il devait se montrer discret dans le maniement de ces objets, pour ne pas attirer sur lui l attention de puissants magiciens, mais avait choisi de les porter de façon à ce que tous puissent les remarquer. Cette stratégie reposait sur un paradoxe très amusant : un secret finit toujours par être découvert, mais personne ne porte attention à ce qui se trouve juste sous ses yeux.
Alexandre allait refermer son livre lorsque la porte s ouvrit brutalement et qu un homme de haute taille et aux épaules solides pénétra dans la bibliothèque. Sa simple présence imposait le respect. Il avait le front large, la mâchoire carrée, les cheveux bruns grisonnants sur les tempes. Un collier de barbe soigneusement taillé encadrait son visage, et d épais sourcils surmontaient ses yeux noirs.
- Baron Tarlaq ! s exclama le Prince. Justement j allais vous trouver ! Je viens de faire une recherche dans tous les écrits traitant des Elfes ou leur faisant allusion. Et sur quatre mille sept cents trente et un ouvrages, savez-vous combien les présentent comme intelligents, sages, forts, adroits et d une grande beauté ?
- Vous avez lu quatre mille bouquins ? s étonna Tarlaq.
- Quatre mille deux cents soixante trois ! poursuivit Alexandre sans tenir compte de l interruption ! C est aberrant ! C est bien la preuve que notre Histoire, nos légendes, nos croyances, ont été écrits avant tout par les Elfes !
- Mais ne se pourrait-il pas que les Elfes soient réellement tels que la majorité des auteurs les décrit ?
- Impossible ! Qui aurait rédigé les livres prétendant autre chose ?
- Des menteurs, des gens qui ont rencontré des Elfes particuliers, très différents des autres... proposa le Baron.
- Cela m étonnerait ! Prenez un exemple au hasard...
Alexandre se pencha sur une pile d ouvrages et en tira un petit manuscrit.
- Voilà ! annonça-t-il. « Le Seigneur des Anneaux » de Jiherher Thaullkian. Dans cette histoire, les Elfes sont présentés comme ne voulant que la paix autour de leurs royaumes et, accessoirement, dans le monde entier. A votre avis, où ce Thaullkian a-t-il puisé ses informations pour passer à côté des milliers d Elfes qui nous combattent au Nord-Est ?
Cette dernière phrase rappela à Tarlaq pourquoi il s était rendu à la bibliothèque.
- Votre Altesse ! s écria-t-il. Un messager vient d arriver au palais ! L armée de votre père rentre à Dümrist à marche forcée ! La guerre contre les Elfes d Itraïr se déroule très mal pour nous !
- A-t-on des détails ?
- Aucun. Un Conseil va se tenir dès le retour du roi.
- Dans laquelle des deux tours ? demanda le Prince.
- Quoi ?
- Oubliez. Une blague pas drôle. Il faut un peu de culture pour comprendre. Et ce n est visiblement pas votre cas.
Alexandre remarqua soudain que le baron portait une tenue très différente de son uniforme habituel : il arborait une armure de parade étincelante surmontée d épaulettes d argent sur lesquelles brillaient trois étoiles en or, et une épaisse cape de velours rouge. Un épée au pommeau incrusté de pierreries pendait à sa ceinture.
- Que signifie cet accoutrement ? questionna le Prince, un grand sourire aux lèvres.
Tarlaq savait très bien que le jeune garçon avait parfaitement compris ce qui se passait, mais néanmoins il bomba le torse et parla d une voix cérémonieuse :
- Le messager était porteur d une autre triste nouvelle. Le général en chef Zorkov, qui commandait les armées des provinces du Sud, est tombé au champ d honneur - ou décédé d une indigestion, on ne sait pas encore trop. Quoi qu il en soit, je viens d être établi dans ses fonctions. Je ne fais que porter l uniforme réglementaire.
Alexandre réfléchissait aux implications de cette promotion. Que Tarlaq ait été nommé général peu après son retour du front, cela était normal, compte tenu de sa situation, de ses hauts faits d armes en tant que stratège et combattant, et surtout du petit coup de pouce personnel du Prince. Tarlaq était en effet à ses côtés lorsqu il avait affronté les Chevaliers Blancs et l avait sauvé à plusieurs reprises, c est pourquoi Alexandre avait revalu son aide au baron en le pistonnant au moment opportun, le rendant général à quarante-trois ans, un âge auquel il était en droit d espérer cette promotion.
Mais là, c était différent. La nomination de Tarlaq au poste du général Zorkov ne pouvait signifier qu une seule chose : tous les candidats plus âgés, plus sages, plus expérimentés, étaient morts ou hors d état de commander. Cela ne présageait rien de bon quant à la suite de la guerre.
- En tant que général en chef, je suppose que vous allez assister au conseil, dit finalement le Prince.
- C est exact, confirma Tarlaq. Et vous devriez vous y rendre aussi.
- Je n y manquerai pas. Ce sera très instructif...

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
31 août 2005 à 18:05:40

Bon, suis décidément accro et attends donc la suite avec une immense impatience.

KaiM
KaiM
Niveau 11
31 août 2005 à 19:44:25

Ah et, au fait, si tu regrettes l´absence des anciens personnages, dis-toi bien qu´ils reviendrons dans ma troisième fic.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
31 août 2005 à 20:37:07

Y compris Tektus?^^ Dans ce cas, je suis bien impatient de voir la 3e fic, bien que celle-ci m´intéresse tout autant.

P.S. Tu nous expliquera ce qu´ils ont fiat entre-temps ou pas?

Post-PS : La suite stp :)

KaiM
KaiM
Niveau 11
31 août 2005 à 20:52:29

Je vais attendre d´avoir un autre lecteur pour mettre la suite.
Entre-temps, j´aurais dû l´expliquer, ils ont rien foutu, ils sont restés à la capitale.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
31 août 2005 à 21:09:17

"P.S. Tu nous expliquera ce qu´ils ont fiat entre-temps ou pas? "

"Entre-temps, j´aurais dû l´expliquer, ils ont rien foutu, ils sont restés à la capitale."

Heu...ils vont rester à glander à la capitale pendant toute la fic? O_ô. Toi sur toi bien avoir compris question à moi?

KaiM
KaiM
Niveau 11
01 septembre 2005 à 10:40:09

Tu veux savoir ce que Les héros ont fait entre les deux fics? Rien. Ils ont soufflé un peu après cette première aventure.

Tu veux savoir ce que Dario, Tektus et les autres feront pendant cette fic? Pas grand-chose, vu qu´elle ne dure que quelques jours. Seul Alexandre et sa nouvelle escorte vont agir.

Pas d´autres lecteurs?

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
01 septembre 2005 à 11:59:25

ha ok, ca règle le problème :rire:

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
01 septembre 2005 à 12:13:27

Pas mal !! J´aime bien ton stile d´écriture :coeur:

Continue :oui:

KaiM
KaiM
Niveau 11
01 septembre 2005 à 12:14:37

Voilà un nouveau lecteur, merci.
Comme prévu, la suite (au prochain post) :

KaiM
KaiM
Niveau 11
01 septembre 2005 à 12:16:39

La salle du Conseil était l une des plus grandes de l aile droite du palais, dédiée à l administration. Sa décoration avait été refaite par des générations de monarques, ainsi elle était ornée de tentures, statues, tableaux et bas-reliefs assez disparates. Lorsque le Prince Alexandre en franchit le seuil en compagnie de Tarlaq, il constata que presque tous les membres du Conseil étaient déjà présents.
Le roi siégeait sur son large trône en marbre plaqué or, à côté d un siège vide rappelant à tous que sa reine n était plus de ce monde. Mais c était un sujet que l on n abordait pas. A droite du souverain se tenaient, sur de confortables fauteuils, les trois mages les plus importants du royaume : Onorius de Finglä, le très sage et très âgé directeur de l académie de Magie, Tanaril de Ganor, l Elfe Noir qui commandait les mages de combat, et le maître Chanteur Dario d Yrwald, officiellement l intendant de la cité et le précepteur du Prince Alexandre, officieusement l agent le plus efficace du pays. Bien qu âgé, ce mage n avait jamais perdu ses compétences pour le combat ni son goût de l aventure. Et si ses détracteurs étaient nombreux à la cour, il jouissait de la confiance absolue que lui accordait Alexandre VII.
A la gauche du trône royal se trouvaient cinq des sept généraux en chef des armées de Dümrist. Le Prince constata que son inquiétude était fondée : il n avait jamais vu ces hommes. C étaient tous des nouveaux venus au Conseil. Les précédents généraux étaient donc tous morts. Cela ne présageait rien de bon.
Tarlaq salua son souverain et s assit dans un fauteuil vide entre deux généraux, tandis qu Alexandre s installait sur le siège qui lui était réservé, à la droite de son père.
- Nous sommes presque au complet, déclara le roi. Comme d habitude, le général Thul lod est en retard.
- Il ne devrait pas tarder, signala l un des généraux. J ai croisé ses porteurs en venant.
Tarlaq tourna la tête vers la porte de la salle.
- Le voilà justement.
En effet, huit hommes franchissaient le seuil, soutenant avec peine deux poutres de bois qui ployaient sous leur lourde charge : la chaise du général Pyers Thul lod.
Cet homme était le stratège le plus illustre du royaume. On ne comptait même plus les batailles qu il avait remportées face à un adversaire supérieur en nombre et combattant sur son terrain. Depuis maintenant cinquante ans, il commandait les armées de l Ouest, intervenant toujours où il fallait, quand il fallait. Il avait assez d audace pour enfreindre les ordres quand il le fallait, et suffisamment de sagesse pour ne jamais se le faire reprocher. Bref, un héros. Mais tous les hommes ont un défaut. Celui de Thul lod était sa trop grande propension pour les festins. D année en année, il avait grossi jusqu à n être plus qu une boule de chair de laquelle dépassaient quatre membres boudinés et une tête enflée surmontée d un touffe de cheveux roux. Aucun médecin n avait jamais pu lui imposer un régime, de sorte qu il était désormais contraint de se déplacer sur une chaise à porteurs. Enfin, c est la vie.
Les serviteurs déposèrent Pyers Thul lod à la gauche du roi et s éclipsèrent. Seul son interprète demeura à côté de lui. En effet, le général ne pouvait plus s exprimer correctement, et seul un homme entraîné pouvait traduire les faibles borborygmes qu il émettait.
Alexandre VII prit la parole.
- Vous vous doutez que ce que j ai déclaré tout à l heure était faux. Même le peuple ne m a pas cru. Cette attitude annonce des temps difficiles pour les prochains politiciens. Enfin... La plupart d entre vous connaissent déjà notre situation. Mais pour ceux qui n étaient pas sur le front, un résumé s impose. Comme prévu, l hiver a été accompagné d une baisse importante des offensives des deux côtés. Mais alors que nous nous préparions à reprendre la guerre de la même manière que nous l avions commencée, Itraïr a changé de stratégie. Il est parvenu à rassembler une armée de Trolls - oui, une armée entière ! Plusieurs centaines ! Ne me demandez pas comment il y est parvenu, je ne l ai pas compris non plus. Quoi qu il en soit, ces Trolls ont lancé une série d attaques sur nos postes avancés, sur nos réserves de vivres et sur nos convois de ravitaillement. Nous n avons pas eu d autre solution que d abandonner nos positions et de nous replier ici.
Le roi laissa à son public le temps d assimiler ses paroles, puis reprit :
- Notre situation est périlleuse. J ai cru comprendre que des réfugiés affluent, fuyant les terres qui vont être envahies. Pourrons-nous les nourrir ?
- L hiver s achève, répondit Dario d Yrwald. Nos réserves sont bien entamées, mais nous préparons une telle situation depuis longtemps, et nous pouvons tenir jusqu à l été. Le danger est autre. Si les Elfes prennent possession de la campagne environnante, ce sont eux qui s empareront des prochaines récoltes.
- S ils tiennent jusque-là, compléta le roi. Bon, concernant l état de notre armée, il y a de quoi s inquiéter. Même en comptant la garnison permanente de la ville, nous ne sommes plus que six mille, alors qu Itraïr amène avec lui une armée de vingt mille Elfes, plus ses Trolls. Quant aux renforts que nous pourrions obtenir, n y pensons même pas. Au Sud, l Histena est aux prises avec les Singes du roi Gorios. A l Ouest, les empires d Ethiol et d Affoth refusent de nous soutenir, sous prétexte de respecter leur neutralité. Il est évident qu ils ont peur d Itraïr. A l Est et au Nord, nos vassaux rassemblent des troupes, mais ils ne seront jamais prêts à temps. Nous ne devons compter que sur nous-mêmes.
- Les défenses de la ville sont en parfait état, affirma Tarlaq. Aucun assaut ne pourrait franchir les remparts.
- Parfait ! s exclama un autre général. Nous n avons qu à retrancher toutes nous troupes dans la ville et soutenir le siège.
Un murmure d approbation parcourut le Conseil. Tanaril de Ganor intervint :
- Où est Itraïr en ce moment ?
- Il approche de la cité de Kridath, répondit Alexandre VII. Le gouverneur de la ville, Stall Kogard, se prépare au siège. Mais je crains qu il ne tienne pas longtemps. Il aurait mieux fait d accepter de nous rejoindre...
En prononçant ces derniers mots, le roi avait baissé la voix. Tous savaient que l autorité d Alexandre VII faiblissait auprès de ses plus puissants vassaux, comme Kogard. Dans le cas de ce dernier, c était d autant plus regrettable que le gouverneur de Kridath n était même pas un noble, mais un riche négociant. C était la première fois qu un simple marchand se permettait de contester les ordres de son souverain. Il faudrait songer à mettre de l ordre dans le royaume, après la guerre. Le débat s orientait dans ce genre de considérations, quand le Prince Alexandre se leva.
- Suis-je le seul ici à avoir quelques notions de stratégie ?! s exclama-t-il, coupant court à la discussion. Suis-je le seul à savoir que le seul moyen de contrer un siège est de l empêcher de s installer ?! Suis-je...
Son père l interrompit.
- Mon fils, je comprends votre volonté d aller au combat, mais nous n avons aucune chance de vaincre Itraïr dans l état où nous sommes. Aussi je vous prierai de vous modérer. Vous êtes ici pour apprendre, pas pour décider.
- Mais il existe un moyen de remporter la victoire... tenta Alexandre.
- Vous faites erreur, répliqua le roi.
Le général Thul lod marmonna alors quelques sons confus. Son interprète s empressa de traduire :
- Son Excellence comprend où le Prince veut en venir. Il n est pas question de vaincre Itraïr, mais de le repousser au Sud. Il ne fait aucun doute que l Histena va rejeter les Singes de Gorios au Nord d ici peu. C est bien un conflit que vous avez évoqué tout à l heure ? Nous savons que Gorios et Itraïr se détestent depuis la guerre d Ardoque. Il est évident que si leurs armées se rencontrent, elles s entretueront.
Alexandre se sentit soulagé. Il y avait au moins un stratège dans la salle. Dario intervint :
- Je pense que le général a raison. Il sera facile de forcer Itraïr à prendre la direction du Sud.
- Ah oui ? et comment ?! s emporta le roi.
Sans se démonter, le maître Chanteur exposa son idée :
- Les Elfes vont assiéger Kridath. Mais ils ne vont certainement pas tous rester sur place. Leur armée va devoir se scinder en deux pour continuer la marche vers Dümrist. En lançant une offensive massive sur leurs troupes les plus au Nord, nous les forcerons à se replier au Sud. Nous pourrons ensuite aller secourir Kridath. Les forces qui l assiègeront seront prises en tenaille et devront s enfuir elles aussi. Itraïr ne parviendra à rassembler son armée que bien plus au Sud, et il rencontrera Gorios.
- Ce plan est ridicule ! objecta Tanaril. Itraïr ne fuira pas si nous attaquons ses troupes. Au contraire, il enverra toute son armée pour nous écraser !
- Rien n est moins sûr, répliqua Tarlaq. Itraïr préfèrera filer sur Dümrist pour prendre la ville avant notre retour. Les informations qu il possède au sujet des défenses de la ville sous-estiment largement nos moyens de protection.
- Et pourquoi donc ? s étonna Onorius de Finglä.
- Parce que c est moi qui les lui aie fournies, intervint une voix.
Tous se tournèrent vers l entrée de la salle. Un homme en armure noire venait de franchir la porte. Le Prince Alexandre le reconnut aussitôt. C était Namâric, un représentant de l Ordre des Paladins Noirs, l une des organisations les plus secrètes et puissantes qui soient. Namâric avait récemment combattu aux côtés du Prince, lors de sa dernière aventure. C était quelqu un de fiable.
Le Paladin s avança jusqu au milieu de la pièce.
- Itraïr ne se doute pas que ses espions sont interceptés en cours de route par nos soins, expliqua-t-il. Pour l instant, il est convaincu qu il sera facile de prendre cette cité. Mais je ne partage pas votre vision optimiste de la situation. Vous ne pourrez pas repousser Itraïr. C est évident. C est évident à tel point que l Ordre a ne croit plus à votre victoire. Symboliquement, il reste votre allié, Sire, et les dix Paladins Noirs présents à Dümrist resteront pour défendre la ville. Mais n attendez rien d autre.
- Je maintiens qu une utilisation avisée des mages de combat pourrait nous permettre de mener ce plan à bien, déclara le Prince.
- Mes troupes ne sont pas assez puissantes pour cela, Altesse, répondit Tanaril de Ganor. Le mieux que nous puissions faire, c est de défendre la ville en attendant des renforts.
Le roi trancha la question.
- Je ne vais pas risquer mes troupes dans une entreprise hasardeuse. Nous allons résister ici. Namâric, vous ferez part de ma vexation à vos supérieurs. On n abandonne pas ses alliés ainsi !
Le Paladin s inclina légèrement, puis recula jusqu à la porte. Le silence se fit. Alexandre réfléchit. Il avait une idée en tête, et comptait bien la mettre à exécution.

KaiM
KaiM
Niveau 11
01 septembre 2005 à 12:18:15

Ous désolé, j´ai oublié un passage, juste avant ce chapitre :

Les grandes portes de Dümrist s ouvrirent pour laisser passer une longue file de cavaliers en uniformes bleus marqués des armoiries de Dümra : une tête de loup argentée encadrée d une épée et d un épi de blé. Les chevaux semblaient épuisés, les hommes abattus. Les drapeaux étaient déchirés. De nombreux soldats étaient blessés. Leurs vêtements étaient maculés de sang et de boue. Il n était pas nécessaire d être un excellent observateur pour comprendre que quelque chose avait mal tourné.
En tête venaient les seuls soldats encore présentables, qui brandissaient les quelques étendards intacts. Derrière eux avançait, au coeur de sa garde rapprochée, le roi Alexandre VII. C était un homme de taille moyenne, d apparence fragile, aux cheveux gris. Il portait un long manteau rouge brodé d argent. Sa tête était surmontée d une petite couronne en or incrustée de joyaux. Son regard exprimait une grande lassitude.
Sans fanfare, les troupes se dirigèrent droit vers le Palais Royal, sous le regard parfois curieux, parfois triste, d une foule immense et silencieuse. Lorsque le roi pénétra dans la cour d entrée de la forteresse, des centaines de soldats l attendaient, leurs lances levées, formant une haie d honneur. Alexandre VII amena son cheval devant ses cavaliers et avança seul au milieu des gardes, lançant quelques regards à droite et à gauche. Derrière l armée, la foule se massait, attendant.
Arrivé aux portes de la tour centrale du palais, le roi se retourna vers ses troupes, les observa pendant quelques secondes, prit une grande inspiration, puis brisa enfin le silence :
- Soldats ! Peuple de Dümrist ! L heure est grave ! En ce moment même, nos armées abandonnent les terres du Nord-Est et se replient vers cette cité ! Notre ennemi, le roi Itraïr, ce monstre, envahit aujourd hui notre territoire ! Par traîtrise, il a repoussé nos forces ! Et maintenant il vient nous détruire !
Des murmures d affolement s élevèrent dans l auditoire. Le roi attendit que le calme revienne, puis reprit :
- Mais nous n avons aucune raison d avoir peur ! L ennemi nous a mis en déroute, mais il est maintenant isolé dans notre pays ! Aucun renfort ne lui parviendra ! Alors que de notre côté, nos armées se rassemblent, et les murs de cette cité ne céderont jamais ! La victoire nous est acquise !
De tous côtés, les soldats levèrent leurs armes et poussèrent un cri de guerre assourdissant, mais le peuple paraissait plus sceptique. La grande majorité de la foule n avait réagi qu avec peu d entrain, se contentant d acclamer faiblement son souverain. Certains même étaient restés silencieux.
Ces événements n échappèrent pas au roi, qui préféra cependant se retirer. Les portes du donjon s ouvrirent, et Alexandre VII disparut dans son palais.

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
01 septembre 2005 à 12:18:55

Bon, Jvais lire tt ca :oui:
DSL pour la pub, mais bon.. J´écris aussi et chui en haut de la liste ac Insania, si tu peux jetter un coup d´oeil :merci:

KaiM
KaiM
Niveau 11
01 septembre 2005 à 12:20:30

Je vais lire ça...

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
01 septembre 2005 à 12:21:00

:merci:

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
01 septembre 2005 à 13:22:09

Et bien...rien à redire si ce n´est que ça se met en place, que j´ai toujours autant envie d´avoir la suite, qu´on se demande ce que veut (va) faire le Prince, que je veux la suite... :p)

Deathstone
Deathstone
Niveau 9
01 septembre 2005 à 14:53:02

Je viens de relire ton premier txt sur ce topic, et je me demande une chose : N´aurais tu pas lu la série des Quêtes d´Ewilan, par hasard ? :doute:

KaiM
KaiM
Niveau 11
01 septembre 2005 à 14:58:50

Laisse-moi deviner... "Les spires de l´imagination", c´est ça?

En effet j´ai lu les trois premiers tomes de la Quête d´Ewilan, j´attaquerai bientôt la deuxième série.

On peut parfois trouver des références directes à cette série dans mes fics, par exemple des répliques, mais surtout je m´en inspire pas mal en général (dans les Bracelets d´Arzhan, le style de combat de Dario est largement inspiré de celui d´Edwin Til´Illan).

Deathstone
Deathstone
Niveau 9
01 septembre 2005 à 15:01:52

OK pa grave, jlé assez fait pour pas pouvoir critiquer :lol:

Moi aussi j´ai lu les bouquins, et même la 2ème série. Sans spoiler, elle est plus sombre que la 1ère, mais tout aussi bien. VIVE PIERRE BOTTERO

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