CONNEXION
  • RetourJeux
    • Sorties
    • Hit Parade
    • Les + populaires
    • Les + attendus
    • Soluces
    • Tous les Jeux
    • Gaming
  • RetourActu Gaming
    • News
    • Astuces
    • Tests
    • Previews
    • Toute l'actu gaming
  • RetourBons plans
    • Bons plans
    • Bons plans Smartphone
    • Bons plans Hardware
    • Bons plans Image et Son
    • Bons plans Amazon
    • Bons plans Cdiscount
    • Bons plans Decathlon
    • Bons plans Fnac
    • Tous les Bons plans
  • RetourJVTech
    • Actus High-Tech
    • Intelligence Artificielle
    • Smartphones
    • Mobilité urbaine
    • Hardware
    • Image et son
    • Tutoriels
    • Tests produits High-Tech
    • Guides d'achat High-Tech
    • JVTech
  • RetourCulture
    • Actus Culture
    • Culture
  • RetourVidéos
    • A la une
    • Gaming Live
    • Vidéos Tests
    • Vidéos Previews
    • Gameplay
    • Trailers
    • Chroniques
    • Replay Web TV
    • Toutes les vidéos
  • RetourForums
    • Hardware PC
    • PS5
    • Switch 2
    • Xbox Series
    • Switch
    • Pokemon pocket
    • FC 25 Ultimate Team
    • League of Legends
    • Tous les Forums
  • PC
  • PS5
  • Xbox Series
  • Switch 2
  • PS4
  • One
  • Switch
  • iOS
  • Android
  • MMO
  • RPG
  • FPS
En ce moment Genshin Impact Valhalla Breath of the wild Animal Crossing GTA 5 Red dead 2
Liste des sujets

Fic : La cathédrale de Kridath

KaiM
KaiM
Niveau 11
17 septembre 2005 à 11:00:53

C´est vrai qu´à la réflexion... En fait j´essaye de montrer que Jakarn est un peu acrobate mais c´est vrai que j´aurais pu trouver mieux qu´une roue.

KaiM
KaiM
Niveau 11
17 septembre 2005 à 11:07:04

Nouveau chapitre. Si vous comprenez, ça va vous intéresser. Si vous comprenez pas, ça va être long et ennuyeux. Une pause en quelque sorte.

- Regarde ! Il se réveille !
- Il se réveille, il se réveille... C est vite dit ! Ce n est pas la première fois qu il s agite !
Alexandre émergeait péniblement, vaguement conscient des voix qui s élevaient autour de lui. Pourquoi maintenant ? Il dormait si bien... Soudain, tout lui revint en mémoire. Une vague d adrénaline le submergea, et il se redressa d un coup, prêt à affronter d éventuels adversaires... lorsqu une douleur à l épaule le foudroya. Il retomba aussi vite qu il s était levé, grimaçant et plissant les yeux sous la souffrance. Il se ressaisit aussitôt : un Prince ne se laissait pas impressionner par une petite blessure, et lui moins que les autres !
- Là, je crois qu il est bien réveillé !
Prudemment, Alexandre écarta les paupières. Tout était flou. Il remarqua d abord qu il faisait bien sombre. La seule lumière provenait de sa gauche, mais il ne pouvait pas en apercevoir la source. C était probablement une chandelle, il devait donc faire nuit. Tâtonnant autour de lui, il réalisa qu il se trouvait sur un matelas, blotti sous plusieurs couvertures. Enfin ses yeux semblèrent remarquer son réveil, et sa vue se fit plus nette.
Le Prince distingua un visage, dont les contours s affinèrent peu à peu. Des yeux verts. Un vert dont la profondeur l engloutit. Il parvint à détacher son regard de ces yeux pour étudier le reste. Des traits doux. Une peau légèrement halée. Un petit nez. Des cheveux blancs. Non, bruns. Seules deux mèches à l avant étaient blanches. Le visage d une jeune fille. Une fille particulièrement jolie. Avec un petit air espiègle.
- Où suis-je ? demanda Alexandre.
La faiblesse de sa voix le surprit. Il était donc si mal en point ?
- A l abri. Chez nous.
- A Kridath ?
- Oui.
- Qui êtes-vous ?
- Je m appelle Alice Heinkel. A côté, c est mon frère, Adrien.
Le Prince tourna la tête et découvrit un garçon du même âge que lui. Plutôt maigre, il portait de courts cheveux d un brun très clair et des habits usagés en gros tissu. Il semblait assez détaché de la scène. Alexandre observa son épaule. La flèche n était plus là, remplacée par un bandage parfaitement posé.
- C est vous qui m avez soigné ?
- Nos parents étaient médecins, répondit Adrien. Ils nous ont appris les rudiments du métier.
- Etaient ?
- Ils sont morts, souffla la fille. Tués par les Elfes.
- Désolé.
Un silence se fit, que le Prince brisa au bout d un temps qui lui semblait suffisant pour respecter la peine des deux orphelins.
- Comment suis-je arrivé ici ?
- Tu as eu de la chance, expliqua Alice. Conrad voulait t abandonner dans la ruelle. Mais Katja a insisté pour t aider. Et vu son état, Conrad n a pas pu s y opposer. De toute façon, il n ose pas souvent la contredire.
- Vous les connaissez ?
- Ce sont ma soeur et mon deuxième frère.
- Ah...
En temps normal, Alexandre aurait posé quantité d autres questions, mais là, il était trop épuisé pour parler davantage. Il avait appris l essentiel, ça suffisait. Il détailla davantage la pièce. C était une petite chambre très modeste, seulement meublée d un lit et d un coffre, sur lequel se trouvaient les bottes et l armure du Prince. Pris d un doute, il tâta ses vêtements et constata aussitôt qu il lui manquait quelque chose.
- Où sont mes poignards ?
- On a préféré te les retirer et les éloigner. Tu sembles un peu rapide à taillader les gens qui t entourent.
- J étais dans mon droit ! protesta Alexandre. Il voulait ma peau !
Alice pouffa.
- Conrad ? D accord, il est violent, mais il n irait pas jusqu à tuer quelqu un.
- Ca, ça reste à voir !
Conrad venait justement d entrer dans la pièce, suivi d Adrien. Alexandre réalisa qu il n avait même pas remarqué le départ du garçon, trop absorbé par sa conversation avec Alice. Ce genre de chose ne lui arrivait pas souvent. Aucun doute, il n allait vraiment pas bien.
- Je n oublie pas ce que tu m as fait ! poursuivit Conrad. Si nous n étions pas blessés tous les deux, je te...
- Moi aussi, coupa le Prince. Mais nous sommes blessés, donc nous nous battrons plus tard.
Alexandre sourit en remarquant les pansements que son adversaire de tout à l heure portait à la jambe et au bras gauches ainsi qu à la tête. Conrad aurait plutôt dû le remercier de n avoir pas fait plus de dégâts.
- Bon, ça suffit ! s exclama une nouvelle voix.
Une jeune fille fit irruption dans la pièce. Le Prince se souvint qu elle s appelait Katja.
- Allez, sortez tous ! Il a besoin d air ! Je m occupe de lui !
Adrien partit sans discuter, visiblement soulagé de ne plus avoir à veiller sur le malade. Les deux autres protestèrent, mais leur soeur se montra inflexible, et ils durent finalement quitter la pièce eux aussi. "Dommage", se dit Alexandre. La présence d Alice avait quelque chose de rassurant. Katja referma la porte puis posa sa main sur le front du Prince.
- Tu es toujours brûlant, déclara-elle. Espérons que ça passera. De toute façon, il n y a rien à faire. Je ne sais guérir que les blessures, pas les maladies.
- C est un poison, dit Alexandre. Où un sort magique.
- Quoi ? Comment le saurais-tu ?
- Je le sens. Avez-vous vérifié la pointe de la flèche ?
- Oui, évidemment. Mais il n y avait rien de suspect. C est une flèche ordinaire. Cela dit, je n y connais rien en magie...
- Pourrais-je la voir ? demanda le Prince.
- Plus tard. Pour l instant, j ai quelques questions à te poser.
Alexandre se raidit. Il se doutait depuis un moment qu il ne s en tirerait pas par un "Merci, au revoir", et à présent ses soupçons se confirmaient. Devait-il dévoiler toute la vérité ou mentir sur toute la ligne ? Depuis plusieurs jours, il n employait que la deuxième solution. Mais quand il voyait où cela l avait mené, le Prince hésitait à dissimuler encore ses plans. D un autre côté... Il était recherché par la garde, incapable de se défendre. Cette famille pouvait très bien le trahir. Il valait donc mieux continuer à mentir. Alexandre élabora en quelques secondes une explication crédible. Le plus difficile serait de s arranger pour ne pas rencontrer le gouverneur, alors que Katja l avait reconnu comme un membre d une riche famille.
- Que voulez-vous savoir ? questionna-t-il.
- Tu peux me tutoyer, tu sais. Et bien, pour commencer, quel est ton nom ?
- Jolian de Torka.
- Ah ? Tu es noble ? Je crois avoir déjà entendu ce nom...
Le Prince sourit intérieurement. Jolian de Torka existait réellement, mais il vivait à l autre bout du royaume. Aucun risque qu il ne se rende à Kridath dans les prochains jours. Et si on l interrogeait sur son passé, Alexandre n aurait aucun mal à répondre : il connaissait presque par coeur la vie des nobles du royaume.
- Oui, répondit-il. Mon père dirige plusieurs des armées royales.
- Et que t est-il arrivé ?
- On m a envoyé pour convaincre le gouverneur de rejoindre Dümrist. Nous nous connaissons depuis longtemps, je pensais qu il m écouterait... Mais il n a rien voulu savoir et m a fait jeter dehors. Alors que je repartais, j ai reçu cette flèche à l épaule et je me suis réveillé dans la ruelle où vous m avez trouvé. Visiblement, je dérange quelqu un.
- Tu devais bien avoir une escorte, remarqua Katja. Tu devrais la rejoindre.
- A mon avis, ils sont repartis, se lamenta le Prince. Il ne pouvaient attendre davantage. La ville sera bientôt assiégée. Même avec des montures rapides, rejoindre Dümrist à temps n est pas simple, maintenant. D ailleurs, je suppose que c est pour cela que vous êtes restés ici.
- Tout juste. Tous les chevaux ont été réquisitionnés par l armée pour les batailles à venir. Nous n avions aucun moyen de fuir les Elfes, alors nous avons préféré rester ici, comme beaucoup d autres.
- Vous semblez venir de la campagne. Vous n habitez pas à Kridath, n est-ce pas ?
- Non. Cette maison appartient à notre oncle. Mais quand nous sommes arrivés ici, il était déjà parti. La plupart des habitants de Kridath ont fui, tu sais. Il n y a presque que des réfugiés, ici. Malgré les promesses du gouverneur.
- Quelles promesses ? s étonna Alexandre.
- Depuis qu on sait que les Elfes vont passer par ici, le gouverneur proclame partout qu il emploiera tous les moyens possibles pour empêcher le sac de la ville.
Le Prince réfléchit un instant à ces paroles. Ca expliquait pourquoi la ville n était pas plongée dans la terreur. Mais comment Stall Kogard pouvait-il assurer de telles choses ? Avait-il un plan ? Voulait-il simplement éviter la panique ? Ou pire, comptait-il se rendre ? A moins que... Kridath était une ville bien fortifiée, capable de soutenir un long siège. Kogard aurait-il pris contact avec...
Alexandre mit de côté ces réflexions et reporta son attention sur son interlocutrice.
- Ta soeur m a dit que vos parents ont été tués par des Elfes. Comment est-ce arrivé ?
- Je préfère ne pas en parler, répondit Katja.
La jeune fille réalisa soudain qu au départ, c était elle qui posait les questions.
- Tu sais ce qui s est passé en ville aujourd hui ? demanda-t-elle. Tout le monde en parle, mais la milice ne veut rien dire. Les gardes recherchant plusieurs fugitifs.
- Je n ai pas beaucoup d informations. Il semble qu un excentrique soit venu récupérer des reliques dans la cathédrale, et qu il ait provoqué pas mal de dégâts, notamment en s évadant de la forteresse alors qu on voulait l arrêter.
- Espérons que ce fou soit vite capturé. Il paraît que ses hommes ont assassiné l évêque.
- Quoi ?! s exclama Alexandre. Je ne savais pas !
- C est arrivé pendant que tu dormais. Bon, je vais te laisser te reposer. Demain, nous te ramènerons à la forteresse.
- Il ne vaut mieux pas. Kogard a dit qu il ne voulait plus jamais me revoir. Mais ne t inquiètes pas, je me débrouillerai.
Katja parut surprise, puis retrouva une expression normale. Les différends des nobles ne la concernaient pas. Elle se dirigea vers la porte, puis sembla se souvenir de quelque chose.
- Je ne sais pas guérir les blessures magiques, dit-elle, mais je connais quelqu un qui en est capable. Je te le présenterai.
Et elle quitta la pièce pour découvrir Alice, qui espionnait la conversation.
- Tu sais que ce n est pas poli d écouter aux portes.
- Désolée. Bon, apparemment, il n y a rien à en tirer. On n obtiendra aucune récompense !
- Nous avons quand même sa bourse, répondit Katja. De toutes façons, nous n aurons pas vraiment besoin d argent avant la fin du siège.
- Tu crois que c est vrai, ce que dit le gouverneur ? Qu il n y aura pas de victimes ? Ou alors la ville sera pillée et nous devrons encore nous enfuir ?
Katja ne répondit rien. Comprenant que sa soeur n avait pas envie d évoquer cette idée, Alice enchaîna avec une autre question :
- Et tu lui as demandé, pour ses bracelets ?
- Non. J ai l impression que ces objets cachent un secret. Il ne faudrait pas qu il commence à se méfier de nous.
Katja s éloigna, puis se retourna vers sa soeur.
- Où est Conrad ?
- Sorti, répondit Alice. Tu le connais. Il va bouder quelques heures parce qu on n a pas abandonné ce Jolian, et puis il va revenir comme si rien ne s était passé.
- Il m agace !

Alexandre réfléchissait. Dans son état, il serait difficile de poursuivre ses recherches. Pour ne rien arranger, son rêve ne lui avait pas apporté grand-chose. Tout ce qu il avait pu faire, c était signaler qu un mercenaire nommé Jakarn et un nain appelé Anamïn s en étaient pris à lui. Mais il ne risquait pas de recevoir de l aide, désormais. Enfin...
Le Prince se demanda s il pouvait faire confiance à ses sauveurs. Ils ne semblaient pas le soupçonner, mais ils l auraient certainement dénoncé s ils avaient su qui il était. Ce qui dérangeait le plus Alexandre, c était que Katja ne lui avait posé aucune question sur les Bracelets d Arzhan. N importe quel curieux aurait voulu savoir au moins pourquoi on ne pouvait pas les retirer de ses poignets. En ne demandant rien à Alexandre, Katja avait trahi un grand intérêt pour ces artefacts. Mais bon, il n y avait rien à craindre. Comment pourrait-on lui voler les Bracelets ?
Le Prince aperçut son sac à côté de son lit. Il en tira un livre et commença à le lire, espérant trouver quelque mention d une bannière dorée...

KaiM
KaiM
Niveau 11
17 septembre 2005 à 11:09:04

Ah au fait Grhyll : Je connais quelqu´un qui fait des roues pendant les combats : Neo dans Matrix.

Grhyll
Grhyll
Niveau 7
17 septembre 2005 à 11:16:41

Ouais mais c´est pas des combats au corps à corps :D Et pas des combats humains tout courts d´ailleurs ^^" Il se bat contre des machines. Au corps à corps, faire une roue, non seulement c´est très difficile parce qu´il faut avoir l´espace, mais en plus l´autre tend le bras en avant et t´es bloqué...

Sinon très bon nouveau chapitre :) Même si... enfin je sais pas, j´ai beau ne pas m´être ennuyé, je me dis que j´ai pas dû tout comprendre, puisque je n´ai pas trouvé ce qui était dur à comprendre...

KaiM
KaiM
Niveau 11
17 septembre 2005 à 14:12:38

Il y aura sûrement un autre chapitre ce soir, à suivre...

KaiM
KaiM
Niveau 11
17 septembre 2005 à 14:26:59

Ben non en fait, mon père me coupe l´accès pour le week-end. Donc la suite lundi.

Grhyll
Grhyll
Niveau 7
17 septembre 2005 à 18:20:59

Erf... j´hésite quand même à dire vivement lundi, paske bon, ça voudra dire que demain sera passé... bah, tu donnes au moins une bonne raison de ne pas avoir peur du lundi ^^

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
17 septembre 2005 à 18:47:29

"me coupe l´acces à l´ordi pour le week-end" :d) tes parents sont donc semblables aux miens...mais mpi, des fois c´est pas seulement l´ordi c´est aussi la play.... :o))

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
17 septembre 2005 à 19:07:29

Bon...chapitre un peu lent effectivement, mais rien de grave on apprend quelques choses...ah oui, j´aime quand il ment le Prince, je l´préfère honnête^^.

P.S. Voudras-tu bien m´envoyer les suites par mail? Avec ces couleurs affreuses je pense ne plus revenir, mais si ça te dérange je ferai l´effort de venir ici pour te lire...ainsi que quelques autres.

KaiM
KaiM
Niveau 11
17 septembre 2005 à 19:17:02

Je trouve le temps de poster un nouveau chapitre, j´ai quand même pu écrire. Mais piur demain c´est foutu...

Conrad arpentait les rues de Kridath, ruminant sa colère. Pour qui les autres se prenaient-ils ? Lui, il savait que le garçon qu ils avaient recueilli était dangereux ! Ne l avait-il pas blessé à coups de poignard ? N avait-il pas menacé de le tuer ? Conrad ne se rappelait même pas que c était lui qui avait attaqué ce garçon, au départ. Tout ce qui comptait pour lui, c est qu il avait été battu.
En marchand, Conrad croisa plusieurs patrouilles. Ils recherchaient quelqu un depuis des heures, mais visiblement ils ne l avaient pas encore trouvé. Pourquoi la garde n informait-elle pas la population ? Pourquoi ne placardait-elle pas partout des avis de recherche avec la description des fugitifs ? "Si ça se trouve, se dit Conrad, c est le gamin que Katja a soigné qu ils recherchent... Dans ce cas, je n ai qu à le dénoncer. Non, ce serait vraiment trop incroyable..."
Le garçon passa devant l entrée d une taverne : "Chez Tanord". Il connaissait bien cet endroit. Le propriétaire était un ami de son oncle, qui les avait renseignés sur l emplacement de la maison. Conrad poussa la porte et pénétra dans la taverne. A voir l ambiance animée y régnait, on n aurait pas dit que la guerre était aux portes de la cité. Les torches fixées aux murs éclairaient de nombreux hommes accoudés au comptoir ou assis à des tables, occupés à boire, jouer, discuter, regarder les serveuses, jouer, s accuser de tricherie, faire des avances aux serveuses, élever la voix, boire, s empoigner, se cogner dessus, bref autant d activités saines et instructives. Quelques musiciens assuraient un fond sonore de piètre qualité, mais personne ne les écoutait.
Dans un coin de la salle se tenait un vieux Wolk, que le patron prétendait avoir dressé pour maintenir l ordre dans la taverne. Le monstre passait son temps à dormir, mais sa tête de loup aux crocs acérés, son épaisse fourrure blanche masquant mal ses muscles puissants, et les griffes d acier fixées à ses poignets, dissuadaient la clientèle de causer trop de problèmes. On racontait d ailleurs que la créature avait autrefois égorgé quelques clients turbulents, et personne n avait envie de vérifier si ces rumeurs étaient fondées. Il est à noter que la limite entre agitation et turbulence n était pas clairement définie, même si beaucoup s accordaient à dire que c étaient l usage d armes blanches et le bris de matériel qui poussaient le Wolk à intervenir.
Conrad aperçut Tanord, un gros homme au teint rougeaud planté derrière le comptoir, et se dirigea vers lui avec la vague intention de discuter un peu.
- Salut ! lança le garçon. Il y a du monde ce soir !
- Ne m en parle pas, répondit le propriétaire en remplissant une dizaines de gobelets. Il vont vider mes réserves ! A croire que tout le monde veut faire la fête le même soir !
- Demain, il y aura peut-être des batailles. Certains risquent de mourir...
- Nous pouvons faire confiance à notre gouverneur, assura Tanord. Il a toujours pris les bonnes décisions. Tu prends quelque chose ?
Conrad porta la main à sa ceinture, et réalisa que sa bourse n était pas là. Il l avait pourtant emportée avec lui ! On la lui avait volée ! Mais quand ? Personne ne s était approché de lui ! Le garçon scruta la salle, mais il savait bien qu il n avait aucune chance de retrouver son argent. C est alors qu un bruit de piécettes s entrechoquant retentit derrière lui. Conrad se retourna et découvrit, sur le comptoir, sa petite bourse de cuir. Un Elfe se tenait à côté de lui.
- Tu devrais faire plus attention, déclara le nouveau venu. Tu t es fait avoir comme un débutant. Pitoyable...
- Qui me l a volée ? Et comment l avez-vous récupérée ?
- Ton voleur est déjà bien loin, gamin. Il n a même pas remarqué que je lui avait repris ta bourse. Quand à savoir comment... Je ne révèle pas mes secrets au premier venu.
Le garçon détailla son interlocuteur. L Elfe, apparemment jeune, était d une grande beauté. Ses longs cheveux dorés pendaient le long de sa nuque, ramenés derrière ses oreilles pointues par un bandeau orné de runes mystérieuses. Il portait d élégants vêtements gris et verts. Un sabre pendait à sa ceinture, logé dans un fourreau finement décoré, tandis que deux bracelets cuivrés ceignaient ses poignets.
- Les Elfes ne sont pas les bienvenus par ici, avec la guerre, remarqua Conrad.
- Je sais. Dans d autres villes, tous les Elfes ont été emprisonnés, par précaution. L armée voit des espions partout, c est lamentable.
- Il faut bien prendre des précautions, intervint Tanord. On ne sait jamais...
- Si j étais Itraïr, répliqua l Elfe, j enverrai plutôt des humains pour espionner. Ils passeraient beaucoup plus inaperçus. L idéal serait un gamin comme toi, ajouta-t-il en se tournant vers Conrad. Qui se méfierait d un benêt maladroit et naïf avec une pareille tête d ahuri ? Remarquez, il ne saurait certainement pas ramener la moindre information...
La réaction du garçon ne se fit pas attendre. Il empoigna l Elfe par le col de sa tunique et leva le poing.
- Tu me cherches ? Tu penses que tu vaux mieux que moi parce que tu as retrouvé ma bourse ?
- Ca ne fait aucun doute. Qu espères-tu faire avec ta petite main ? Me tirer l oreille ?
- S il vous plait, protesta Tanord pour la forme, tout en servant un autre client. Pas de bagarres dans cet établissement. Enfin, évitez juste de faire de la casse...
- Aucun risque, répondit calmement l Elfe. Ce gringalet ne risque pas d abîmer grand-chose avec la blessure qu il a au bras. Tu t es sûrement coupé avec le grand couteau de papa ? Fait attention, la prochaine fois...
Conrad décocha un grand coup de poing qui frappa l Elfe en plein visage. Sans perdre de temps, le garçon écrasa son coude dans le torse de son adversaire, puis passa dans son dos et lui lança son pied dans le genou. L Elfe perdit l équilibre et tomba sur le plancher, où il demeura étendu tandis que Conrad le rouait de coups. La colère du garçon, un instant oubliée, s était réveillée. Il frappait, frappait et frappait encore, bien décidé à briser tous les os de son adversaire, qui se défendait peu et mal. Les clients s intéressèrent à la bagarre et formèrent un cercle autour des deux combattants.
Conrad s acharnait sur l Elfe sans lui laisser de répit, mais celui-ci résistait toujours. Le garçon tira alors son couteau, et réalisa aussitôt son erreur. Une boule de poil jaillit du fond de la salle, passa au-dessus des spectateurs et retomba devant lui. C était le Wolk de Tanord. Le monstre à tête de loup posa ses griffes contre la gorge de Conrad et le fixa d un air menaçant, découvrant ses dents tranchantes par un rictus carnassier.
- C est bon ! s exclama le patron. On se calme !
L Elfe se releva en époussetant ses habits. Conrad déglutit péniblement. Même si le Wolk ne le mettait pas en pièces tout de suite, après un coup pareil, la milice allait certainement l arrêter. Mais au lieu de s énerver, l Elfe sourit.
- Voilà longtemps que je ne m était pas fait corriger d aussi belle façon ! Je vois que tu n es pas si nul que tu en as l air ! Félicitations ! Il faudra que tu m expliques comment tu as fait pour me battre !
- Si vous m apprenez comment vous avez récupéré ma bourse, répondit Conrad en souriant à son tour.
Le Wolk se détendit et retourna s affaler dans son coin. Les clients se dispersèrent : le spectacle était terminé.
- Je me nomme Aladir, déclara l Elfe en serrant la main du garçon.
- Conrad, répondit ce dernier.
- Tu prends un verre ?
- Pourquoi pas ?
Aladir commanda un pichet de vin et s installa à une table avec le garçon. Il parlèrent de tout et de rien pendant quelques minutes, puis l Elfe en vint à évoquer son histoire.
- Je suis né en Ertussie, bien à l Est d ici, expliqua-t-il. C était il y a soixante ans. Mes parents possèdent un grand domaine. J ai un frère, de cent ans mon aîné. C est lui qui doit hériter du fief. Moi, je voyage.
- A la recherche de quoi ?
- Je n en sais rien. Mais je sens que je n ai pas ma place chez moi. En voyageant, je découvre bien des choses...
Et Aladir entreprit de raconter ses innombrables aventures. Il avait exploré des temples enfouis sous la terre, affronté des monstres terrifiants, découvert des trésors, cotôyés des gens étranges et fascinants... Conrad sentait que l Elfe exagérait, mais tout cela le faisait rêver. Que n aurait-il donné pour vivre la moitié d une vie pareille ?! Lui n avait eu qu une enfance de paysan, entre le champ et le village. Ses parents n avaient même pas voulu lui apprendre leur métier de guérisseurs, préférant l enseigner à ses soeurs. Travailler la terre, payer l impôt, craindre les guerriers. On ne lui demandait rien de plus. Et ainsi le garçon parla de lui à son tour. Aladir l écouta attentivement et tenta de le consoler un peu.
- Tu sais, il faut de tout en ce monde. Même si ça n a rien d héroïque, il faut bien que quelqu un cultive la terre. Sinon, comment mangerions-nous ? Mais bien sûr, rien ne te force à mener cette vie. Si tu te sens fait pour autre chose, tu n as pas à hésiter. Mais quoi que tu fasses, n oublie pas : plus une vie est excitante, plus elle est risquée. Il peut être préférable de mener une existence tranquille... Que valent la gloire et la richesse si l on meurt avant de les obtenir ?
L Elfe proposa une partie de dés à Conrad. Le garçon misa peu au départ, et remporta plusieurs manches. Il risqua de plus en plus d argent, jusqu à gagner une belle somme. Aladir se lamenta, pestant contre son manque de chance. Au bout d une heure, ils étaient toujours assis à leur table.
Il devait être quatre heures du matin quand les soldats arrivèrent. Deux gardes en uniforme entrèrent dans la taverne et ouvrirent la porte toute grande. Une énorme botte de cuir pénétra dans la salle, bientôt suivie par son propriétaire. Jamais Conrad n avait vu un homme aussi imposant. Ce colosse mesurait plus de deux mètres de haut et au moins un de large. Sa lourde cotte de mailles privée de manches mettait en valeur les muscles saillants de ses bras. Sa barbe et ses longs cheveux cachaient un peu les cicatrices qui labouraient son visage, dont l une passait sur son oeil gauche. Un oeil en bois. Le géant portait l écusson des gardes de Kridath sur son torse, et deux immenses haches d armes à double tranchant dans le dos.
- Un barbare des contrées de l Est, commenta Aladir. Il est étonnant qu il fasse partie de la garde.
Le colosse s avança jusqu au centre de la salle tandis que le brouhaha des conversations s éteignait rapidement.
- Peu d entre vous me connaissent, aussi vaut-il mieux que je me présente, annonça-t-il. Je suis Dorzak Hagarat, le capitaine de la garde d élite du gouverneur. Et sachez-le tout de suite : on ne discute pas avec moi. C est tout ce qu il y a à dire à mon sujet.
Il attendit quelques secondes, afin d être sûr d avoir l attention de toute la taverne, puis reprit :
- Depuis cet après-midi, nous recherchons plusieurs personnes. Tout ce que vous avez à savoir, c est qu ils ont causé pas mal de problèmes, dont lme meurtre de l évêque, et que nous les voulons le plus vite possible. Nous patrouillons depuis des heures, mais nous n avons toujours rien trouvé. Alors maintenant nous faisons appel à toute la population pour retrouver ces fugitifs. Il y a une belle récompense pour quiconque aidera à leur capture. Soyez attentifs, je ne répéterai pas !
Les clients commencèrent à s exciter. Enfin on allait leur dire à quoi ressemblaient les criminels recherchés ! Dorzak n aimait pas cette pratique. Ces gens allaient tous chercher dans leur coin et causer encore plus d agitation. Mais les ordres du gouverneur ne se discutaient pas.
- Il y a quatre personnes à retrouver, déclara le géant. Ils ont pu changer de vêtements depuis la dernière fois qu on les a vus. Le premier, Seubal Artus, est un magicien aux pouvoirs redoutables. Il porte un manteau rouge et des cheveux blonds. Le second, est un Ork de taille moyenne, sans signe particulier. Il s appelle Hustouk. Le troisième, est un capitaine de l armée royale, nommé Vladek. A la place de sa main gauche, il porte des griffes d acier. Quant au quatrième, c est de loin le plus dangereux. Il s agit du Prince Alexandre, qui semble être devenu fou. Treize ans, taille normale pour son âge yeux noirs, cheveux noirs. Aux dernières nouvelles, il portait une armure de cuir noir, deux glaives et deux bracelets en argent.
Le sang de Conrad ne fit qu un tour. La dernière description correspondait au garçon que sa soeur avait recueilli ! Si ce Prince était vraiment dangereux, il risquait de tuer toute sa famille ! Il se leva d un seul coup et s avança vers le colosse, quand la main d Aladir se posa sur son épaule.
- Que se passe-t-il ? demanda l Elfe, étonné.
- Le Prince Alexandre ! s écria le garçon. Il est chez moi !
Conrad avait parlé si fort que Dorzak l entendit.
- Tu es sûr de ce que tu dis ? questionna le géant.
- Ma soeur et moi, ce soir, on a trouvé un garçon dans une ruelle. Il était exactement comme vous l avez dit : environ treize ans, avec une armure noire, des cheveux noirs, deux fourreaux dans le dos, des bracelets d argent ! Il s est battu avec moi, il a perdu connaissance, on l a soigné.
- Où habites-tu, mon garçon ?
- Près de la Fontaine des anges ! La maison d Axel Heinkel ! Je vais vous guider !
Alors qu il quittait la taverne en compagnie de Dorzak et de ses hommes, suivis d une partie des clients, Conrad sourit. Enfin il tenait sa vengeance. Ce gosse allait payer pour l humiliation qu il lui avait infligée. Sur la table à laquelle le garçon s était assis, il restait un pichet, quatre dés et deux gobelets, l un à moitié plein, l autre à moitié vide. Aladir se saisit de celui de Conrad, en vida le contenu dans le sien et racla consciencieusement la poudre blanche collée au fond. L instant d après, l Elfe avait disparu.

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
17 septembre 2005 à 19:35:02

Dis moi, KaiM... Comment peux-tu tant écrire ? Tu sèches les cours :question: Là je suis débordé de travail, j´arrive à peine à placer deux misérables chapitres en une journée.

Es-tu une divinité ?

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
17 septembre 2005 à 19:47:31

ashnruins :d) pas une divinité qu´en même, mais un demi-dieu serait possible...

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
17 septembre 2005 à 19:49:47

qu´en même ? :gne: ne serai-ce pas "quand même" ?
:lol: faut pas que je me foute de l´orhto des autres, ça va me retomber dessus...

Peut-être aussi que KaiM a deux cerveaux et quatres mains...

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
17 septembre 2005 à 20:15:13

:lol:

Bon, encore un chap´ qui bouge pas des masses...cependant il en annonce un qui va probablement bcp plus bouger^^. J´aime pas ce Conrad...quant à l´Elfe, j´sais pas...on dirait un persnnage secondaire voire même tertiaire (^^) mais quelque chose me dit qu´il est plus que ça...je n´ose dire "vivement lundi" car y´a les cours^^. :)

KaiM
KaiM
Niveau 11
17 septembre 2005 à 20:19:07

Ben en fait ce chapitre contient comme le précédent des indices assez petits pour qu´on puisse à paine faire des rapprochements.

Grhyll
Grhyll
Niveau 7
17 septembre 2005 à 21:24:31

Deux remarques :

"Il porte un manteau rouge et des cheveux blonds." Formule bizarre, "porter des cheveux blonds"
Et sinon, même s´il est pour moi clair que l´elfe est effectivement un espion, ou du moins n´est pas du tout aussi limpide qu´il le paraît, je trouve tout de même sa provocation un peu faiblarde...

Après, je trouve que Conrad est quand même fichtrement idiot... ne serait-ce que parce que, l´elfe ayant 60 ans, pourquoi friquotterait-il avec ce naïf de gamin humain ? Bon et puis y a les indices pour le lecteur, comme le fait que l´elfe perde aux dés...

Mais j´aime beaucoup :)

KaiM
KaiM
Niveau 11
17 septembre 2005 à 21:41:17

Il faut bien que le lecteur comprenne, et tant mieux si Conrad parait idiot, c´est recherché.

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
17 septembre 2005 à 21:48:55

Est ce que le nom de Conrad est fait exprès?
pasque si on enlève le R qu´on le place juste avant le D... enfin, ché pas, j´ai peu être les idées mal placées....

qu´en même ? ne serai-ce pas "quand même" ? :d) :nah: :o))

Grhyll
Grhyll
Niveau 7
17 septembre 2005 à 22:23:11

Au fait, c´est quoi le problème avec tes apostrophes, exactement ?

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
17 septembre 2005 à 22:51:11

JV ne les accepte pas apparamment...c´doit être des trucs spéciaux, j´sais pas...

Sous forums
  • Modélisation 3D
  • Montage vidéo
  • Arts Graphiques
  • Ecriture
  • Modélisme
La vidéo du moment