Bonjour à tous ;)
Cela fait un certain temps que je fréquente le forum. Pour autant, je n´ai jamais posté de fiction. J´ai donc décidé de sauter le pas en vous proposant le texte qui suit.
cependant ATTENTION, ce texte est SOPORIPHIQUE! je m´en suis rendu compte en le relisant, mais comme j´avais une idée bien précise à la base, je ne souhaite pas le modifier
Si, malgré ces avertissements, certains me font l´insigne honneur d´aller au bout du récit, je serais heureux d´entendre leurs commentaires (et leurs corections au niveau de la syntaxe et de l´orthographe bien entendu
)
Merci d´avance ( et désolé pour la longueur...
Ses doigts se refermèrent délicatement sur les barreaux que cette matinée de Novembre avait rendu délicieusement froids. André resta un petit moment sur place pour reprendre son souffle, calmer son angoisse et laisser grandir en lui le profond sentiment d´excitation qu´il avait senti naître au contact du fer glacé. Son coeur bondissait joyeusement dans sa poitrine et, pour la première fois, André s´en inquiéta. Il est vrai que son corps ne lui permettait plus les folies de sa jeunesse, et il se demanda si ce trop plein quotidien d´émotions n´allai pas, sous peu, mettre un terme à ses vieux jours.
Une légère brise, porteuse de senteurs magiques, vint lui caresser le visage. André prit une profonde inspiration et retint son souffle pour concerver ce plaisir olfactif aussi longtemps que possible. Son inquiétude cessa instantanément.Il commença alors à marcher le long de la grille, sa main droite touchant les barreaux un par un.André restait très près d´elle comme s´il craignait que l´environnement extérieur ne l´en arrache. Il accéléra progressivement le pas, poussé par l´envie d´atteindre sans plus tarder la destination tant convoitée. Lorsqu´il parvint devant unne petite plaque d´argent suspendue à la barrière, il s´arrêta brusquement. Il passa doucement ses doigts sur la surfacce, sentant ainsi les lettres gravées qui signalaient au promeneur inaverti le nom de l´endroit dans lequel il allait pénétrer, ainsi que les horaires d´ouverture du site: Parc Bordelais.
Bien qu´il fut parfaitement conscient du lieu où il se trouvait, André fut profondément rassuré d´y être parvenu sans encombre. C´était pourtant uune épreuve qu´il remportait avec succès chaque jour depuis son plus jeune âge, mais sa condition actuelle la rendait bien plus problématique, si bien que chaque réussite constituait une véritable victoire sur lui-même et sur son mal. Sans plus attendre, André s´engagea d´un pas décidé à travers l´entrée du parc et ne ralentit le mouvement que lorsqu´il fut pleinement envahi par des senteurs et des sonorités qui lui étaient depuis longtemps extrêmement familières. Conscient de la subjectivité du bonheur, André était tout à fait à même d´itenfier le sien: l´état d´ivresse dans lequel le plongeaient ces stimulus ne lui laissait pas le moindre doute. Comme à son habitude, pour profiter sans contrainte de cette extase, il se dirigea vers le banc le plus proche.
"Mon banc" pensa André avec amusement. On l´avait en effet tant de fois aperçu sur ce banc que l´esprit des promeneurs réguliers avait fusionné ces deux là en une entité indivisible. Il pouvait y rester des heures durant, à assister simplement à la vie du parc. A cette époque de l´année, les adeptes du bain de soleil avaient deserté les pelouses, mais aucune condition météorologique n´avait encore pu dissuader André de venir prendre son "bain d´atomosphère" quotidien. Il ne pouvait vivre sans cela et il ne manquait son rendez-vous avec la nature que lorsque la vie plaçait sur son chemin de grâves contre-temps.
André se releva soudainement; comme chaque jour, il avait vingt ans de moins. Croisant les mains derrière le dos, il marcha lentement, écoutant le bruit des gravillons sous ses semelles et savourant le délice d´une promenade dominicale. Les quelques passants le saluaient et il leur répondait chaleureusement. Le parc avait décidément un effet apaisant, ce qui rendait les relations entre individus bien plus agréables qu´elles ne l´étaient à l´extérieur. Les habitués des lieux avaient affectueusement surnommé André: "Le proprio"; non pas que l´endroit fut d´une quelconque façon sa possession, mais il en avait si souvent arpenté les allées, que seuls les écureuils présents depuis toujours dans les pins du parc pouvaient légitimement lui disputer ce titre. Mais ce sont surtout les nombreuses heures passées à aider à l´entretien du parc, dans sa jeunesse, qui lui en donnèrent créance.
André se dirigea vers les berges du petit lac central. On disait autrefois qu´il aurait pu se diriger dans le parc les yeux fermés; aujourd´hui cette idée le faisait sourire. Il connaissait effectivement les lieux comme sa poche mais plus il se promenait là, plus il avait l´impression que c´était le parc qui le connaissait, mieux que n´importe lequel de ses proches. Lorsqu´il arriva sur la berge boueuse, André plongea dans la poche de son manteau une main noueuese, et en ressorti un chiffon soigneusement plié. Ce simple geste eu l´effet escompté: une foule de canards et de cignes se pressa à ses pieds, le bec tendu vers les morceaux de pain providentiels qu´André commença à distribuer au hasard. Il le faisait d´ailleurs plus par habitude que par envie. Il ne pouvait cependant pas oublier la jubilation que ce simple acte lui procurait pendant son enfance: cette délicieuse impression d´utilité, mais aussi de domination de la nature; ce formidable costume de bienfaiteur qu´il avait plus d´une fois endossé. Mais les années sont cruelles avec les joies innocentes de l´enfance. André s´acquitait pourtant bien volontier de cette tâche qui avait au moins le mérite de le rendre satisfait face au devoir accompli, à la tradition respectée.
En remontant l´allée centrale, André ralentit le pas. Il voulait à tout prix prolonger ce moment, retarder l´inévitable.
- Bonjour monsieur Duval! entendit-il derrière lui.
- Bonjour Gérard, répondit André sans se retourner, comment allez vous?
- Et bien, je ne suis pas fâché que le parc se soit vidé, voyez-vous? C´est plus agréable pour travailler, surtout dans cet endroit.
André connaissait bien le personnel d´entretien avec qui il avait souvent de fabuleuses conversations passionnées sur la faune et la flore environnantes. Il avait un immense respect pour le travail de ces hommes et femmes à qui il venait donner un coup de main dès que faire se pouvait.Il remerciait également la municipalité de conserver en si bon état son petit coin de paradis car, somme toute, il n´y avait aucune perspective de profit à entretenir un tel endroit. Ceci était suffisamment rare à notre époque pour qu´on daigne en saluer l´effort.
André avait désormais le sourire aux lèvres. En cet instant, afficher uun visage plus neutre lui aurait demandé un effort considérable qu´il se reffusait à fournir. A mesure qu´il avançait, son esprit semblait se séparer de son corps, grrossier et pesant. Il était autre: léger, joyeux, extrêmement à l´aise. Chaque jour apportait une nouvelle couleur à son bonheur. Sans plus se soucier de rien, il se dirigeait au hasard, tournant la tête de droite et de gauche pour capter toutes les ambiances qui s´offraient à lui.
C´est alors qu´il survint, l´événement. Pas de doute possible: tout avait changé. Les parfums s´étaient volatilisés, l´air était devenu irespirable. Des bruits sourds et désagréables lui emplissaient les tympans; le sol avait troqué sa délicieuse souplesse contre un revêtement dur et froid. André sentit son corps perdre toute consistance: il était sortit. Non. Apeuré, il fit quelques pas en arrière et s´adossa contre un mur. La respiration haletante, il tenta de se remémorer le fabuleux bien-être dans lequel il s´était surpris quelques minutes auparavant. Mais le contraste était trop saisissant pour qu´il puisse envisager l´avoir un jour ressenti.Il était seul, face à l´homme, responsable de son désarroi.
Alors, résigné, la main tremblante de rage et d´impuissance, André entrouvri la doublure de son manteau et en retira une longue baguette blanche qu´il tendit droit devant lui. Puis, l´agitant de droite à gauche dans un mouvement de balancier, il s´enfonça dans la grisaille d´un pas mal assuré.