Pour dire comme tout le monde ( et en plus c´est vrai), c´est mon premier texte sur ce forum, j´ai déjà fait des fanfics mais c´était de l´Héroic Fantasy.
Voila, merci d´être déjà venu jusque là, merci pour vos commentaires.
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Tout est noir.
J’ouvre soudain les yeux.
La lumière crue du plafonnier m’éblouit, après quelques instant pour m’y faire je tourne la tête sur le coté.
Je suis dans ma chambre, elle n’a pas changé depuis la dernière fois. Tout le monde est toujours là on dirait. Non, il y a un lit vide dans le coin près du radiateur. C’est étrange.
Le plafonnier tourne en vrombissant. Je dois me concentrer pour entendre un étrange râle provenant du couloir.
Mais, si j’entends du bruit ce que la porte hermétique n’est pas bien fermée. Je me lève doucement. Debout combien de temps ne me suis-je pas redressé ? Tout me semble à la fois familier et étranger. Les autres gens ne bougent pas, ils sont allongés, certains semblent fixé le plafonnier, perfusés et endormis. Comme toujours.
Je prends alors conscience des perfusions que j’ai dans les bras, je les débranche doucement. La poche est vide, on a du oublié de la changer, voilà donc l’explication à ce réveil.
Je saigne légèrement. J’aspire le sang qui coule de mon avant bras. J’aime bien ce goût.
Par contre, la douleur est insoutenable lorsque j’enlève ma sonde gastrique, je ne crie pas, on finit par s’habituer à souffrir en silence.
L’obscurité du couloir contraste violemment avec l’éclat de la chambre. C’est un très long couloir, il y a plein de portes comme la notre.
Je n’avais jamais fait attention, elles ont toutes un petit judas. Je risque un œil dans un d’eux.
Rien. C’est tout blanc. Soudain un visage distordu apparaît, je sursaute.
Il a l’air de crier, mais je n’entends qu’un gémissement étouffé.
Celle ci est capitonnée. Pas toute.
Derrière certaines des gémissements lugubres, parfois des rires, parfois des pleures, souvent des coups.
J’arrive devant la porte tout fond.
Je tremble.
J’appuie sur la poignée. Ca s’ouvre.
Un homme, vêtu comme un agent de police, dort sur une chaise, accoudé à un petit bureau de bois. Il porte un petit badge " Centre Egas Moniz". Le son de la télévision est coupé, sur l’écran des personnages se promène, se regardent, se parlent, partent, puis reviennent, comme dans un manège. Comme dans la vraie vie.
Je m’approche de lui. Il ne réagit pas.
Il fait nuit dehors.
Je n’avais pas vu le ciel depuis…
C’est la seule pièce avec une fenêtre. Je l’entrouvre, un courrant d’air froid s’y engouffre aussitôt et me glace les os. Je ne porte qu’un pyjama en toile. Je me mets encore plus à trembler. L’homme qui dort frissonne à son tour. Il entrouvre les yeux un instant, celui d’après il les a déjà écarquillé. Il porte la main à sa ceinture. Je saute immédiatement par la fenêtre sans réfléchir.
Je retombe lourdement plusieurs mètre plus bas sur un petit buisson encore vert malgré l’hiver. Mes vêtements sont déchirés, j’ai froid, j’ai mal. Je reste avachi dans l’arbuste plusieurs minutes. La lune brille loin là haut, je l’imaginais plus blanche, elle est blafarde, presque morose.
Je tremble toujours, mais ce n’est pas que le froid. Des milliers de souvenirs fugaces me reviennent, je ne parviens à en saisir aucun malgré mes efforts. Je ne vois que des fantômes, des visages déformés.
Une voix tonitruante me tire de mes souvenirs.
« J’en sais rien moi, on m’avait dit qu’on leur avait donné de quoi dormir pour des mois… Je sais pas lequel c’est, ils sont tous pareils… Oui Monsieur… Il a sauté par la fenêtre de mon bureau… Très bien Monsieur… Oui … J’y vais Monsieur... »
L’homme au costume de policier est à sa fenêtre, il crie dans un téléphone en balayant la région du regard.
Je me relève péniblement et marche tout droit dans un grand jardin, laissant derrière moi une grande maison blanche. J’arrive à un mur, je l’escalade, me laisse retomber de l’autre côté et marche encore longtemps à travers des champs… Jusqu’à épuisement…
Il fait déjà jour lorsque je reviens à moi. Je grelotte, je suis fatigué, j’ai mal partout. Je dois continuer, je marche toute la journée dans la campagne. A la nuit tombée je traverse un petit bourg de campagne mais ne croise personne. Je continue sur le bord de la route, jusqu’à un croisement.
Une petite pancarte attire soudain mon attention. Sans savoir pourquoi je tourne à gauche, puis après une centaine de mètres me retrouve devant une maison, apparemment inhabitée.
Instinctivement, je la contourne, et pose ma main sur la poignée de la porte du garage.
Je me demande un instant ce que je fais là. Mais je suis trop fatigué pour y réfléchir, j’ai des crampes au ventre et je meurs de froid. Je la tourne, la porte s’ouvre.
Il n’y a pas de lumière non plus ici, je reconnais peu à peu l’intérieur. Je crois que c’était chez moi, en tout cas je suis déjà venu.
Dans la chambre, il y a un miroir.
Je ne suis pas très grand mais j’en donne l’impression. Ma taille est accentué par la maigreur que mon pyjama peine à cacher. Une longue cicatrice barre mon front. Une autre traverse mon crâne rasé dans le sens de la longueur. Dans mon cou et dans le creux de mes bras je discernes des traces de piqûres nombreuses.
Je n’en peux plus, je m’allonge.
Un bruit me réveille, je ne sais pas combien de temps j’ai dormi, je n’ouvre pas immédiatement les yeux.
Une douleur aiguë me prend à la gorge.
Je grimace et ouvre les yeux.
On a beau être habitué ça fait toujours mal une piqûre.
Il y a un homme près de moi. Peut être plus.
« Je vous l’avais dit, ils rentrent tous chez eux, je ne sais pas comment ils se souviennent encore. »
Je ferme les yeux doucement.
Tout est noir.