C´est avec beaucoup d´appréhensions que je viens poster ma fic ici. Elle était initialement prévue il y’a longtemps pour un autre forum. Mais celui-ci ne ressemble plus à celui que j’avais connu auparavant. Pour ne pas que mon travail sombre dans l’oubli je la met ici pour le pire comme pour le meilleur.
Chapitre 1
Il pleut. Chaque goûte qui touche ma peau me rappelle à la vie. Mais pour combien de temps encore? Et quand l’une d’elle plus malicieuse que les autres se glisse dans mon dos elle coule lentement, très lentement, tout mon être la ressent ; je ressuscite. Perché et accroupis sur le mur d’enceinte d’un vieux château j’attends. On peut remarquer quelques vestiges sa gloire passée. Aujourd’hui ce n’est plus que le symbole d’une aire en déclin où l’existence de Dieu et la légitimité des puissants sont remises en cause. C’est une époque de traîtrise bien plus sombre que la précédente : Rapt, torture, assassina et règlement de comptes sont monnaies courantes. Personne n’est épargné. La guerre se fait en silence. Faute de posséder une armée de soldats les Seigneurs et autres Barons disposent d’une véritable armée de mercenaires. L’empereur vieillissant n’est plus en mesure de réagir. Son autorité a baissé significativement durant les dernières années. En dehors de ses murs elle s’évanouit comme par enchantement ou est tout simplement bafouée. En raison à cela : La réduction de ses effectifs armés pour inciter à la paix. A ce jour c’est sa plus grande erreur. Ses seigneurs disposent depuis de forces conséquentes et bien supérieurs au siennes. Sa mort prochaine et sa succession sont signes de mauvais présages. Le monde plongera alors dans une vague de violence qui risque de mettre un terme pour de bon au peu de cohésion encore existante en ce bas monde. Et moi dans tout ça? Que faire d’autre que de suivre le mouvement? Si on ne veut pas être transpercé par la lame, il faut être de l’autre côté: Je suis mercenaire et mon nom est Sydney.
Juché sur mon mur je scrute le lointain. L’horizon voilé cache à mon regard ses formes qui parfois me font penser à celles d’une femme tant elles sont parfaites. L’homme se rend t’il compte à quel point sa planète est belle? Mais peut être que pour profiter de la vie il faut être deux. Pour ma part je n’ai toujours eu que deux véritables amies. Une, fidèle à jamais. C’est Elle, j’ai vécu jusqu´à maintenant avec sa présence. Elle rode. Me séparer d’elle le pourrais-je? Toute ma vie j’ai survécu à la…..mort. Quelle ironie!
Cette nouvelle mission n’est pour moi qu’un énième contrats que je dois honorer. Au cour de mes différentes escapades j’ai toujours fait montre d’un sang froid extraordinaire. Du moins jusqu’à aujourd’hui…. Mon corps se raidit, je tremble. Est ce la peur ou le froid ambiant? Mais soudain une bouffée de chaleur m’envahit. Je la perçois, c’est Neihyziade. Elle saute avec élégance et grâce de son propre perchoir. Je la regarde et elle semble planer indéfiniment sous mes yeux. Pourtant elle touche bientôt la terre ferme et ce spectacle enchanteur cesse. C’est le signal. Tous mes doutes se sont consumés comme par enchantement. Je quitte mon poste à mon tour. Nonchalamment je bondis pour choir sans bruit dans la cour déserte du château. C’est l’heure de l’assaut. Le moment n’est plus à la parole, il est à l’action. Que le bal commence….
Chapitre 2
Comme une ombre je file le long du mur. Le vent souffle et ébouriffe mes cheveux dans un son qui me parait être un râle, si bien que je me retourne pour constater que personne ne m’observe ou me suit. Je remarque alors que Neihyziade a déjà disparu de l’autre côté de la cour. C’est elle ma deuxième amie. Je la revois tomber telle une plume saisie dans un vent tourbillonnant refusant de la laisser choir. A cet instant elle me manque terriblement. Pour d’obscures raisons je fus éloigné d’elle les deux jours précédents cette mission. Depuis deux lunes déjà j’ai touché sa peau pour la dernière fois. Deux nuits interminables sans humer le parfum fruité de son enveloppe qui m’enivre lorsqu’elle est à mes côtés. Mais je ne dois pas me laisser envahir par de tels sentiments. Un nouveau et rapide coup d’œil aux alentours me confirme que la voie est libre. Je reprends ma course rapide et légère. En une poignée de secondes je suis rendu aux pieds de l’édifice. Je m’accroupis, j’attends mais surtout j’écoute. Avant de poursuivre je veux m’assurer que nul ne m’a vu. Je profite alors de l’occasion pour me remémorer ce que je sais de l’endroit.
Ce domaine est assez simple du fait de sa petitesse. La demeure niche en plein milieu d’une petite cour assez sobre. Hormis quelques chemins fais de pierres taillées ne menant nulle part et quelques luminaires de granites elle est dénudée. Quelques touffes d’herbes d’ici de là viennent disputées aux cailloux, sur cette terre noire, une place au centre de la cour là où le soleil brille tous les jours d’avantage. En faisant le tour par l’Est on débouche dans une impasse. Le mur d’enceinte bifurque en angle droit pour couper le passage et rejoint le mur du château en un angle droit similaire. Au final cela forme un goulet idéal pour réduire l’avantage de la supériorité numérique en cas d’affrontement direct. Par le côté Ouest le passage est dégagé et mène une l’arrière cour semblable en tous points à celle de devant. Pour des raisons que j’ignore l’architecte de ce domaine ne désirait pas que l’on puisse faire le tour complet de la demeure. La bâtisse est tout aussi simple. Elle ne propose que deux entrées: La porte Sud et la porte Nord. Elle se déploie sur quatre étages. Chacun est pourvu d’une multitude de fenêtres. A chaque étage un demi toit s’affale sous ces sources de lumière naturelles. Les influences nipponnes sont ici perceptibles que ce soit dans les agencements, les tuiles faîtières ou même les formes des fenêtres. Quoi qu’il en soit cela va me faciliter la vie : Il est plus facile de gravir une maison architecturalement irrégulière qu’un château tout lisse.
Mais il faut maintenant me hâter. Il ne serait pas singulier que Neihyziade soit déjà à l’intérieur des murs. La porte Sud, une grande porte noire à deux battants gravée d’inscription incantatoire incompréhensible, est close. En pleine nuit et par les temps barbares que nous traversons j’imagine que peux de seigneurs laisse leur porte ouverte… D’ailleurs, de mémoire d’assassin je ne crois pas être déjà entré par une porte… J’avais prévu de tout façons de passer par le haut. C’est la seule issue. Un détour par l’Est du bâtiment m’amène directement dans le cul de sac. En prenant mon élan je bondis pieds en avant, je rebondis sur le mur et j’agrippe sans difficultés le bord du toit pentu. Je reste un bref instant dans cette fâcheuse posture. La douleur parcoure mes bras tel un frisson parcourant l’échine. J’y prends un curieux plaisir mêlé de crainte, de douleur, et tout un florilège de sentiments inexprimables. Je m’en abreuve. Telle une spirale tout cela s’enfonce en moi dans le puit sans fond de mon être. C’est la lave et je suis le volcan en sommeil qui n’attend qu’une chose pour s’embraser : une improbable étincelle. Mes bras peine à me hisser. Mais une fois sur le toit à mon grand damne je m’aperçois que les fenêtres du premiers sont obstruées de barreaux en aciers bleutés. Même si mon katana les coupaient le bruit que cela provoquerait me ferait immédiatement repérer. Encore une fois je me surprends à me décourager et je songe à Neihyziade. C’est la première fois que je me sépare d’elle en mission et l’anxiété m’empêche d’agir comme à l’accoutumer, comme un réceptacle vide et insensible à la douleur d’autrui. Que penserait-elle de moi si elle me voyait de la sorte? Il faut que je me reprenne. Il doit fatalement y avoir une issue. Une petite fenêtre isolée sur la face Ouest n’ait obstrué que par des barreaux en bois. Une aubaine. En deux coups habiles de katana j’en tranche deux silencieusement. Je me plaque contre le mur et je passe discrètement la tête à l’intérieur. Personne! Je m’introduis…
Dites moi si vous la lisez au moins.
J´en doute fort mais ça m´éviteras de perdre mon temps comme ça ![]()
J´ai pas encore tout lu mais c´est pas mal ![]()
Il faudra que je finisse ca ![]()
Chapitre 4
Je tourbillonne comme une feuille soumise au caprice du vent. Je ne contrôle plus rien. Pourtant une sensation étrangement agréable parcoure mon corps. Je m’élève, je m’élève. Le monde défile sous mes yeux à une vitesse vertigineuse. Et enfin, je m´immobilise. Mon âme en peine ne semble pas décidée à rejoindre l’éternité. Suis-je destiné à errer ? Sans Neihyziade à mes côtés ? Non ! Noooooon ! Je sombre dans un état d’inconscience. Mon état ne me permet pas d’avoir la moindre parcelle de volonté. Combien de temps vais je rester ainsi, suspendu entre deux mondes ? Je l’ignore.
J’entends des voix lointaines. Que disent t’elles ? Je ne m’y intéresse guère. Je préfère ouïr le souffle qui se propage dans l’air. C’est une mélodie qui semble se rapprocher inexorablement. Toujours plus vite, toujours plus fort, toujours plus près. Mon esprit s’affole. Une bourrasque me traverse. Je m’éveille, le souffle coupé, les yeux écarquillés : C’était elle…
Une lumière blanche venue de l’horizon et dévorant tout sur son passage me happe alors…
Chapitre 5
Il pleut. Au sommet de la colline qui surplombe Promethée se dessine la silhouette d’un sombre cavalier, la capuche sur la tête, immobile, scrutant le lointain avant de fondre sur la ville. Mais avant d’en arriver là Glaurung avait eu toutes les peines du monde à mener sa monture. Le chemin menant au sommet est caillouteux, très étroit et le cheval craintif. Très souvent on dit que le maître ressemble à l’animal. Ce duo là n’échappe pas à la règle. Cela fait maintenant 10 jours qu’ils ont quitté leur village pour s’enquérir d’un médecin à Promethée, la ville la plus proche. En théorie seulement 3 jours suffisent amplement pour rallier la ville au galop. Mais lorsque l’on ne connaît pas le chemin et que c’est le cheval qui décide du parcoure à suivre, il arrive que cela prennent des jours et des jours… Pourtant le temps lui est compté : sa vieille mère se meurt. Ce qu’il ignore, c’est qu’elle avait déjà rejoins les anges au deuxième jour de son voyage. Aussi vite qu’il aurait pu aller, sa quête était veine. Malgré tout, lorsque qu’à l’aube du 9ème jours il avait aperçu les fumées de la ville sa joie était si grande qu’il força l’allure au mépris de l’épuisement de sa bête.
Maintenant il ne lui reste plus qu’à dévaler la colline. Il frappe les flancs de sa monture. Celle-ci refuse pourtant d’avancer. Au mépris des cris et indications de son maître elle préfère reculer, puis s’affaisser. Glaurung complètement désappointé décide donc de laisser sa bête se reposer quelques heures. Ils descendront vers la ville à la nuit tombée.
Il se réveil en sursaut. La nuit est déjà là alors que le soleil n’a pas pointé à travers les nuages de toute la journée. C’est frigorifié qu’il reprend son bagage et tente de relever son cheval. En vain. Quelque chose semble l’effrayer. Le cœur gros il décide de l’abandonner provisoirement le temps de ramener un médecin. Ici il ne manquera de rien, l’herbe est dense et certainement goûteuse pour un gros gourmant comme lui. De plus, attacher à un piquet il n’ira pas bien loin.
C’est le regard attendrit que le cheval regarde son maître se lancer dans la vallée. Sûrement se doute il qu’il le voit là pour la dernière fois…
Glaurung n’a jamais vu de ville semblable. Il faut même bien le dire : c’est la première fois qu’il sort de son village natal. Deux rues principales pavées se coupent en angle droit au centre de la ville. Des petites ramifications désordonnées et boueuses forme de multiples ruelles donnant à la ville un effet labyrinthique. Les habitations les bordant sont d’une teinte blanche et à bordure bleu, montrant que cette ville s’est battit et a prospéré de l’exploitation des carrières de pierres blanches. Quand le soleil luit, ses faisceaux se réfléchissent et une aura de lumière blanche est visible à des lieux à la ronde. Jusqu´au jour d’aujourd’hui elle a toujours revendiqué son indépendance du fait qu’elle soit capable de vivre en autarcie. En effet, son activité économique interne demeure très efficace, même après la fin de l’exploitation des carrières. Ce qui lui valu d’accueillir de nombreux immigrés des villes voisines bien plus récentes et souvent frappés par un manque de dynamisme. Une fois ces villes désertées elles ont progressivement disparu. Le vent et l’érosion faisant le reste. Depuis maintes années Promethée est retranché du monde. Pourtant elle est située sur les terres d’un puissant seigneur qui voit d’un œil douteux les multiples déclarations d’indépendances de cette ville millénaire, Promethée, ou dite la Cité Blanche. Il se murmure même que certain des ses habitants possèdent de bien étranges pouvoirs…
Ses membres engourdis par le froid le rappel bien vite à la raison. Il faut se hâter de trouver un médecin. Mais repartir sur les chemins dès ce soir ne semble pourtant pas l’emballer. Une bonne nuit de sommeil dans un vrai lit, cela fait dix jours qu’il en rêve. La taverne est le lieu idéal pour trouver une chambre à bas prix se dit il. On y trouve de tout : informations, voyageurs, mais aussi chasseurs de primes et traînes savates en tout genre. Il voulait voir cela de ses propres yeux. Comme toute bonne taverne, celle-ci est placée à l’entrer de la ville, prête à accueillir les voyageurs et leurs gosiers desséchés. Glaurung pousse la porte avec une certaine appréhension, pareillement à s’il avait s’agit de la porte de la tanière du diable. Lorsqu’elle est ouverte assez largement, une exaltation de sueur et d’alcool lui monte au visage. Il en reste cloué sur le seuil. Après un large coup d’œil il constate qu’on ne lui avait effectivement pas menti sur ces lieux mythiques à ses yeux. Il essaye de s’imaginer la vie de ces hommes, une vie faites d’aventures et d’imprévues. Qu’il aimerait lui aussi parcourir le monde si seulement le courage ne lui manquait pas. Deux voix fortes et puissantes ne laissent point le temps à son imagination de vagabonder :
- Ferme la porte microbe, on a froid !
- Ouai c’est vrai ça !
Glaurung s’exécute à la hâte. Il n’ose même plus tourner le regard en direction des deux hommes et file tout droit au comptoir en regardant devant lui et s’installe sur un grand tabouret.
- Une cervoise et une chambre s’il vous plait.
- Ça marche. Vous avez de la chance que les deux loustics soient de bonne humeur aujourd’hui.
- Les deux loustics ?
- Les gars derrières vous.
En se retournant il aperçoit les deux hommes qui l’ont interpellé à l’entré de la taverne.
- C’est deux tueurs professionnels. Ils se font appeler Guildenstern et Grissom. Le bruit cours qu’ils étaient sur un gros coup. Ils ont été chargé d’une mission la nuit dernière par le grand seigneur du coin…Ils viennent de revenir.
- Tueurs professionnels….
Glaurung entreprit de finir sa cervoise pour aller se coucher plus tôt. Un petit pincement au cœur lui rappel qu’il a laisser son cheval sur la colline. C’est d’ailleurs le dernier sentiment qu’il éprouve en ces lieux. Une lumière blanche lui envahie les yeux. Le bruit ambiant ne s’apparente plus qu’à un lointain bourdonnement. Il s’écroule de son tabouret, à genoux sur le sol, la tête basse, secoué de spasme…