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Mon Rêve

HaZck
HaZck
Niveau 10
29 juillet 2005 à 03:51:41

Ceci est tiré d´une fic à laquelle je participe. Ce texte représente beaucoup, c´est un vent nouveau pour mon personnage mais également un rêve qui ne restera que désir. Néanmoins, je pense que cette partie puisse être comprise sans le reste de l´histoire. Je décide donc je poster ce passage, n´étant pas trop mécontant de mon travail. J´espère en tirer des commentaires, merci :)

HaZck
HaZck
Niveau 10
29 juillet 2005 à 03:54:50

=== RECAPITULATIF ===

Première partie :

L´ambiance du camp devenait presque bonne malgré les évènements. Bien sûr, « bon » n´avait pas le même degré que d´habitude, néanmoins compte tenu de la situation, je pense pouvoir dire que le climat était bon. Certains soldats souriaient, d´autres, plus rare, rigolaient. On en voyait quelques uns jouer aux cartes, ou encore astiquer leurs armes et armures, mais la plupart discutait autour d’un petit feu.

Oui, les petits feux par temps de guerre, c’est ce qui prolifère le plus. Qu’y a-t-il de plus doux - après une épouse, des enfants, un foyer, sa famille qu’on laisse derrière soi pour partir au champ - qu’un feu de bois ? Une petite lueur d’espoir, douce et chaleureuse qu’on partage avec ses amis, ses frères d’armes. Elle brûle dans notre cœur, elle le ravive après temps d’atrocités, à moins que certains soldats soient comme moi. C’est vrai, est-ce la folie qui m’atteint ? Je ne sais pas… je ne sais plus… Commencerais-je à prendre goût à tout cela, à toute cette horreur, à tous ces carnages, ces bains de sang ? Toujours cette même réponse en écho dans mon esprit, aussi désolante soit-elle. Seulement la réalité est là : « je ne sais pas… »

Mais désormais, mon cœur ne brille qu’en compagnie de la mort, il ne bat que pour elle. Je me suis engagé en ne laissant rien derrière moi, si ce n’est la confusion d’un passé perdu. Or aujourd’hui, j’ai trouvé une épouse, elle hante mes jours et accompagne mes nuits. Elle me rend plus fort lors des batailles, tout en tenant mon cœur à sa merci. L’ennemi ne me fait plus peur, désormais, je ne suis soumis qu’à cette fiancée. Oui, elle est toujours à mes côtés, à planer sur moi comme une ombre, son souffle m’enveloppe et m’ensorcelle. C’est sûr maintenant, je deviens fou, fou d’elle. Je suis esclave, elle devient reine. Je vivrais pour elle, puis je mourais, toujours pour elle. Mourir pour la mort, quel étrange sentiment… Mais pour l’instant, je n’ai qu’elle…

Arrête de penser ! C’est fou, mais si tu commences à t’enfoncer dans ces méandres, tu ne seras pas près d’en ressortir. Détache ton attention ! Trouve quelque chose ! …Tient donc ? Serait-ce un nouveau membre de la famille de Lukeeera ? Il semblerait bien. Qu’est-ce que j’en ai a foutre, puis merde, tant que ça m’occupe. De toute façon, un allié en plus ne fait pas de mal. Je me demande bien de quoi peuvent-ils discuter. Cette forêt est charmante… Le ciel est beau… Rah, occupe toi l’esprit ! Et si tu allais voir un proche… Zell ! Oui, va le voir…

Je me lève, déterminé, il faut que je me sorte de là, oui, que je me sorte de là…

Zell ne pourra rien pour moi, pas maintenant, non, il faut que je me sorte de là…

Que je sorte de là…

C’est décidé, tout le monde est avec tout le monde, je suis seul, je pars. Personne ne remarquera ni ne s’occupera de mon départ. De toute façon, je ne suis pas un déserteur, j’ai juste besoin de prendre mes distances et puis la nuit est belle, la nuit m’appelle, il faut que je file.

Et me voilà sorti de la clairière où le camp avait été établit. Je cours à toute vitesse, je ne veux pas sentir mes jambes, je m’éloigne c’est tout ce qui compte. Je n’ai jamais dû sprinter aussi vite, ça y est, mes jambes me font mal alors que je ne sais pas depuis combien de temps dure ma course. Je m’arrête, me retourne et constate qu’il n’y a qu’arbres et buissons qui s’étendent par delà quelques kilomètres. J’ai donc parcouru un bon chemin, cet exercice m’a permis de ne penser à rien, mais voilà, je me suis arrêté et tout ce tiraillement revient à l’assaut. Je ne veux pas raisonner, il faut que je coure ! Seulement je m’assois, à qui j’obéis ? Et… Et si je n’obéissais qu’à moi-même ? Peut-être que je me voile la face. Faire le vide ! Je fais le vide… En y réfléchissant, je ne refuse pas ces pensées, j’ai seulement peur des conséquences. Mais je ne vais pas renier mon futur, déjà que je n’ai pas connaissance de mon passé ! J’abandonne, non, je m’abandonne à tout cela, je vais laisser mes envies filer, désormais, je suis une feuille qui se laisse tranquillement transporter par le courant d’une rivière. Une feuille morte, une rivière gelée, peu importe, c’est mon chemin. C’est bien beau tout ça, mais il faudrait peut-être songer à rentrer au camp maintenant, errer dans les bois en pleine nuit c’est... c’est mon truc, oui, je ne vais pas rentrer tout de suite. De plus, les gens m’exaspèrent, non, je suis bien là. Je me lève et reste alors figé.

La nuit est fraîche et le vent souffle. Il la rend froide et frissonnante. La nuit m’appelle, la nuit m’excite, je le sens, mon cœur s’emballe et ça remonte jusque dans ma nuque, où je peux sentir mon pouls qui palpite. Mon sang dilate mes veines, il doit être chaud. Quel goût à mon sang ? Peut-être est-il sucré, peut-être est-il raffiné ou bien gelé. Gelé par le désespoir comme l’hiver glace les lacs et les paysages, il les endort jusqu’à l’attente du printemps. Seulement voilà, moi mes attentes ne seront peut-être jamais comblées. Pourtant je te sens. Tu es là, cachée quelque part parmi les feuillages, ton parfum embrume cette forêt. Tu me frôles, tu valses avec moi à mon insu. Ton odeur, elle est merveilleuse, elle me promet l’accomplissement de tous mes désirs… Mais tu n’es pas la mort… Non, pourtant tu fais parti de la nuit, comme elle, ton âme est noire… Je sens ta présence, comme celle d’un ange… Ange noire… Je comprends, une lumière jaillit de l’obscurité… Tu es ce que j’ai toujours attendu, et tu te tiens là, à quelques pas, non je ne fabules plus… Seulement te découvriras-tu ?

Alors que ces bois, plus sombres que jamais, inspirent aux cauchemars. Alors que le vent souffle et essaye de me faire tomber. Je reste là, immobile, je n’ai rien d’autre à faire qu’attendre.

Tu saisis, et décides apparemment de faire le premier pas, car le bruit d’une branche piétinée parvient à mes oreilles. Ca y est, c’est reparti, je suis tout excité… Tu te rapproches, j’en suis sûr, tu n’as fait qu’un pas, mais le reste arrive… Ce son provient de mon dos, je ne me retournerais pas, qu’importe ma dose de curiosité. Un bruit de feuilles froissées, tu as fait un second pas…

Où est HaZck ?

=== Au camp ===

Axtras : Hein, de quoi ?
Zell : Je t’ai demandé où était HaZck.
Axtras : Et bien, je ne sais pas. A vrai dire je le croyais avec toi.
Zell : …
Axtras : En quoi cela te perturbe ?
Zell : Il n’est plus au camp !
Axtras : En es-tu sûr ? Et puis même, c’est un grand, tu sais comment il est, c’est la nuit… Il a dû trouver son tour de garde plus ennuyeux que d’habitude et s’est offert une balade avec Itosys…
Zell : C’est bien possible… En tous cas je constate l’intérêt que tu portes au tient…
Axtras : Comment ça ? Je j’étais dans mes pensées c’est tout !
Zell : Tu dormais…
Axtras : Somnolait !
Zell : Bah voilà, on se rapproche un peu plus de la vérité =)
Axtras : …
Zell : T’inquiète pas va, c’est derniers jours ont été éprouvant pour tout le monde, c’est normale. Au moins toi, tu ne désertes pas ton post…
Axtras : Bon le tient vient dans quelques heures, quant à nos plans pour demain, rien n’a encore été décidé, alors pour le cas où une dur journée nous attendrait, tu ferais bien de dormir un peu.
Zell : J’vais essayer, bon courage.
Axtras : *bail* Bah moi tu sais, dans moins d’une heure mon tour est fini, je vais direct au lit après ça, je suis mort…
Zell : :) … ( HaZck aussi peut-être…)

Le camp dormait à quelques exceptions. Deux, trois cadavres de feux subsistaient par ci, par là. Un tas de braises rougies et incandescentes, qui ne réchauffait que très peu et n’éclairait guère plus. Mais ces amas rougeâtres semblaient bien être les seuls compagnons d’un veilleur de nuit. Bien sûr, on ne parle pas à du charbon comme à un ami mais il peut susciter certains sentiments. Axtras, lui, - désormais réveillé par l’intervention de Zell - le contemplait d’un air rêveur. Il repensait à l’avant guerre. Le temps où il vivait encore aux côtés de sa femme, dans son chez-soi.

Quand je disais que derrière chaque feu de camp se cache une femme, une famille, une maison… Alors on trouve dans les restes d’un feu, le désespoir, la mélancolie et le regret.

Une larme coula le long de la joue d’Axtras, laissant derrière son passage une traînée humide. Etait-ce peut-être dû à la fatigue et à son bâillement précédent, ou peut-être pas…

Zell était retourné d’un pas lent et chancelant jusqu’à sa tente, il songeait à son compagnon disparu. Il pensait que c’était peut-être bien plus qu’un simple compagnon, sans vraiment réfléchir à ce que ça puisse être d’autre. A présent, il s’allongeait sur son fin matelas, se recouvrit de sa grosse couverture, se recroquevilla puis s’endormit, en même temps que les braises et rêves d’Axtras…

Lukeeera partageait sa tente avec son cousin, ils avaient longuement discutés puis avaient fini par tomber de sommeil également.

Milou se sentait bien seule, il lui était impossible de trouver le sommeil. Emmitouflée dans sa couverture, elle songeait à l’homme qui pourrait la rendre heureuse, la prendre dans ses bras et la réchauffer par des nuits comme celle-ci, où la solitude vous ronge jusqu’à la chaire. Si forte se montrait-elle, elle n’en restait pas moins faible par de telles soirées. La paix, un homme, un foyer, une famille, voilà ce qu’elle désirait, voilà avec quelle chimère finit-elle par s’endormir. Mais vivrait-elle assez longtemps pour donner naissance à ses rêves ?

=== Quelque part dans la forêt ===

La créature de tous mes fantasmes avait pris tout son temps, mais elle semblait désormais juste derrière moi. Elle devait y être depuis quelques bonnes minutes, car plus aucun bruit de pas ne se faisait entendre et un souffle tiède et humide - autre que celui du vent - parcourait à intervalle régulier mon épaule et ma nuque. Si elle continuait à prendre son temps, le désir et l’excitation céderaient place à l’impatience, mais c’est peut-être ce qu’elle désir… Seulement je ne lui offrirais aucune possibilité de partir comme une voleuse, non, je l’ai trop attendu pour ça… Alors j’attends…

Intermède de Zell :

Les rêves avaient pris possession de mon esprit. Ils y croissaient selon leurs propres lois, me faisant voir des troupes de gens sur de fiers destriers. Les inconnus s´approchaient d´un fleuve qui semblait éloigné de tout. La plupart des cavaliers avaient les cheveux argentés et portaient d´immenses lances. Un étrange et solide bateau les attendait, étincelant au clair de la lune. Lentement, ils montèrent à bord du vaisseau. Deux d´entre eux, plus grands que les autres, marchaient bras dessus bras dessous. Leurs visages étaient dissimulés par des capuches sombres, mais je devinas que l´une des silhouettes était celle d´une femme. Ils prirent place sur le pont du navire, le regard tourné vers la berge.

Sur la rive de galets, un homme se tenait à l´écart. C´était le seul à ne pas avoir embarqué. Il rejeta la tête en arrière et poussa un long cri de souffrance. Lorsque le cri s´évanouit, le bateau se mit à glisser sur les eaux du fleuve. Pas un souffle de vent pour gonfler les voiles ; personne ne ramait, et cependant le navire s´enfonçait dans une territoire plat et désolé. L´image se dissipa ; mais, peu avant qu´elle ne disparût, j´aperçus deux dragons qui filaient dans le ciel. Un occupé par HaZck et l´autre par... moi?

HaZck
HaZck
Niveau 10
29 juillet 2005 à 03:55:20

Intermède de Lukeeera :

Je me réveillai en sursaut dans la nuit encore sombre, alors que seul la lumière d´un feu de camp éclairait ma tente. Je m´habilla rapidement et sortit à l´extérieur pour regarder la nuit et penser à la signification du rêve que je venais de faire sur HaZck. Je m´inquiétais à propos de lui et une fois sortit de ma tente, j´allais immédiatement voir à la sienne pour vérifier s’il y était. Mais une fois arrivé là, je vis qu´il n’y était pas. Je pris donc le chemin des bois pour aller à sa recherche.

Deuxième Partie :

Ce souffle tiède, toujours là à caresser ma peau, toujours là à me faire languir d´avantage, comme si mon impatience n’avait pas déjà dépassée de très loin son endurance. Pourtant, malgré cette attente qui m´obsédait, j´avais pendant un instant, rêvé de Zell et d´une journée splendide, où ensemble, nous volerions à dos de dragons dans un ciel si bleu. Mais après cette nuit, rien ne serait plus pareil, après cette nuit, je m´éloignerais peut-être de mon plus grand ami, peut-être même que c´est lui qui s´éloignerait de moi. Et puis, quand j´y pense, cette si douce créature derrière moi ne me donnera peut-être pas l´occasion de revoir le jour. Mais je m´en balance, je vais prendre mon pied, vivre ce que j´ai toujours désiré et mourir pour ce qui m´a toujours attiré.

Tient, le souffle se rapproche de mon cou et sa cadence accélère au fur et à mesure que moi-même j´approche d´une mort certaine. Serait-elle excitée elle aussi ? Soudain, deux mains frôlent mes hanches. L’une reste là, l´autre remonte doucement puis passe derrière mon dos. Ce souffle... Je crois qu´elle me sent... Elle me sent comme une voyante pourrait lire en moi. Elle me met à nue. Drôle de sensation que celle d´être à nu devant n’importe quel être. Mais cette créature... non... je suis, de toute façon, à elle.

Moi qui m’étais changé au camp, je portais un pantalon en cuir et un manteau fait de la même matière. Avec le premier, j’avais associé une ceinture arborant un pentacle et en dessous du second, j’étais revêtu d’un simple T-shirt. Le tout de la même couleur que mon caractère, de la même couleur que la nuit sauf le pentacle d’argent qui brillait comme les étoiles. De son côté, j’avais le droit à deux mains gantées. Mais des gants fins, en dentelles, noirs et transparents. Ils commençaient à partir de ses premières phalanges et devaient sûrement remonter le long de son bras, jusqu’au coude, ou peut-être presque jusqu’à l’épaule. Je ne savais pas, je ne voyais pas. Je pouvais juste me contenter d’un aperçue grâce à sa main encore posée sur ma hanche gauche, alors que l’autre me caressait maintenant les cheveux et la nuque. J’aurais tellement aimé l’admirer, laisser glisser mon regard sur tout le long de son corps, puis remonter le long de ses bras avec mes mains. Mais non, pour l’instant je n’avais que les sensations qu’elle me procurait et un morceau de son gant. Même si l’on pouvait trouver cela un peu mince, je n’allais pas faire l’exigeant alors que mon rêve, petit à petit, promettait de se réaliser.

Et soudain, crise de tétanie, sinon presque ! Mes muscles s’étaient d’un bond contractés alors que d’un mouvement rapide de sa langue, elle m’avait léché la nuque. Sa langue, aussi tiède que son souffle, me sifflait tendrement une comptine :
« L’histoire d’un homme perdu, un homme qui cherchait, mais qui cherchait quoi, qui cherchait qui ? Lui-même ne le savait… Puis un jour, ou plutôt une nuit, on mit cet homme face à face avec ses désirs. Une divine créature venait pour le sauver de l’emprise qu’avait le monde sur lui. Elle allait le libérer, répondre à ses pulsions. Il allait pouvoir dîner aux chandelles avec ses rêves. »
Tout ça en un coup de langue qui m’avait pourtant semblé inattendu. Un coup de langue qui s’était par la suite, transformé en un long baisé qui parcourait les moindres recoins de mon cou. Toujours là à me caresser les cheveux, à me basculer la tête de gauche à droite pendant que sa bouche s’accordait toutes sortes de plaisirs. Je n’étais décidément plus qu’un pantin. Seulement un pantin charmé et fier de l’être. Elle arrêta ses baisés, je pouvais ressentir une nouvelle fois sa respiration, plus rapide qu’avant et surtout plus chaude. D’abord elle m’avait senti, puis ensuite m’avait goûtée. A quoi allait-elle passer maintenant, la dégustation ? Toujours est-il que la main, anciennement sur ma hanche, parcourait désormais mon buste. Des passages lents, d’autres plus rapides, certains presque sauvages. Par moment, elle y mettait toute la main, d’autres fois juste le bout des doigts et enfin par moment la pointe des ongles. Mon cœur battait tellement fort, aussi fort que chaud était son souffle. Puis, comme si la première étape touchait à sa fin, elle me fit un court baisé, toujours dans la nuque, et replaça ses mains, objets de ma joie, sur mes hanches.
Je rouvris les yeux. Non pas pour découvrir que tout cela n’était qu’un rêve, mais justement pour sortir de celui dans lequel elle m’avait plongée. Elle ne faisait plus rien, elle me collait simplement, et m’enlaçait. Je profitais toujours de son souffle, qui ralentissait comme pour récupérer d’une hausse d’excitation. Sa tête posée sur mon épaule, elle tentait peut-être de s’endormir, de se reposer. A moins que… A moins qu’à son tour, elle attende…

C’était à mon tour de réagir. Je pris ses mains dans les miennes, j’entrecroisais mes doigts avec les siens, puis les décroisais pour caresser sa paume et remonter son avant bras pour finalement redescendre et les entrelacer à nouveau. Ensuite, je me détachai de son étreinte et me retournai tranquillement. Encore une fois, je me cru victime de paralysie. Elle m’avait perchée dans un si haut nuage que je n’avais songé qu’à cela. En me retournant, j’allais enfin découvrir son visage, la découvrir toute entière. Je m’étais retourné lentement, certes, mais sans penser à cette découverte, quelle fut donc ma surprise. Cette créature démoniaque possédait le visage le plus angélique qu’il m’avait été permis de voir jusqu’à aujourd’hui. Un visage qui aurait conduit un saint au vice, et un démon à l’admiration. Je devais avoir la chance de tenir un peu des deux. Et les rayons de la Lune qui resplendissaient sur sa peau, merveilleuse et sublime, d’une beauté endormis et figée par un doux hiver. Un être infernal pourtant blanc comme neige. Refroidis par le temps, son charme semblait tout de même à l’épreuve des âges. Elle possédait des yeux charmeurs, à faire rêver l’homme le plus terre à terre. On pouvait facilement se perdre dedans, le noir qui y régnait pouvait troubler n’importe qu’elle esprit qui y pénétrerait trop profondément. Pourtant, je vous promets qu’un seul regard de cette somptueuse créature est le plus beau des apaisements… Appartenir à ses bras est une bénédiction, avoir sa tête au creux de son cou et sentir son souffle sur sa nuque, une sensation divine. Ces yeux se détachaient du reste du visage. Certes, ils étaient fins comme les traits de sa figure, mais ils étaient en parfait contraste avec sa pâleur de peau. Oui, ses yeux noyaient en eux un océan de noir, leurs pourtours affichaient les mêmes ténèbres, ils représentaient un véritable enfer dans cet hiver. Elle possédait des lèvres qu’on rêverait de caresser, que ce soit avec les nôtres, un doigt ou une langue. Son corps quant à lui comprenait de légères formes qui ne faisait que l’embellir d’avantage. Il restait élancé et une silhouette gracieuse se dégageait de chacun des mouvements qu’elle pouvait effectuer. Elle revêtait une robe d’un style médiéval, noir, avec un haut en corset et un bas d’un fin tissu lui arrivant à la cheville.

Un ange, c’était un ange perdu dans une forêt en plein hiver, un ange noir, mélancolique, un ange… mon ange…

Un désir puissant m’envahissait. Il fallait que je la goûte à mon tour. Que je la consume. Elle éveillait en moi une flamme intense, je brûlais pour elle. Si pâle mais incandescente, si froide et pourtant si chaude. Je n’aurais su comment mieux m’expliquer. Elle était les opposés : été et hiver, chaud et froid, ange et démon. Une chose restait tout de même indiscutable : sa beauté, ainsi que le désir qu’elle suscitait. Je crois que mon enfer a réellement commencé quand j’ai croisé son regard, je ne pouvais plus le quitter. Il m’appelait, alors je lui obéissais sans aucune résistance. Je m’approchai et l’embrassai avec passion. Un baisé si long et si fort, un baisé prometteur, ce soir, j’accèderais au bonheur. Sa langue chaude et humide se mêlait à la mienne et mes lèvres dévoraient les siennes, si ce n’était l’inverse. Mes mains laissaient cour à leur inspiration, caressant chaque parcelle de son corps. Ses gants étaient d’un doux, mais ce mot prenait une réelle dimension seulement lorsque mes mains parcouraient le haut de ses bras, ses épaules – bien qu’en partie cachées par les bretelles de sa robe qui retombaient – le creux de son cou et celui-ci. Alors venait le visage, émerveillement pour mes sens, mêlés aux caresses qu’elle m’apportait et au baisé qui hanterait mes rêves. Torse contre torse, nos corps se mélangeaient comme nos langues. J’avais chaud, j’aurais pu mourir de cette fournaise. Elle, semblait s’amuser. Je mis fin au baisé et d’un regard provocateur je m’approchai de son cou. C’était à mon tour d’en faire un festin. Je l’entendais pousser de petits souffles tandis qu’elle passait sa main dans mes cheveux. Mes lèvres vagabondaient, elles n’avaient jamais été aussi libres, mon imagination allait bon train et je me plaisais sur cette peau. Quand vint la fin du baisé, je remontai jusqu’à son oreille, la mordillai légèrement, descendit un peu plus sur la nuque et fit de même. Je levai la tête, un petit sourire sur le visage, je comptais l’embrasser à nouveau mais elle en avait décidé autrement. On aurait presque dit qu’elle semblait outré pas mon initiative. Elle me lança un regard vif et ses premiers mots : « Tu n’aurais jamais dû… Non, il ne fallait pas m’éveiller… Maintenant, les conséquences… »
Elle allait pencher sa tête vers moi, s’avisa et ajouta dans un murmure à mon oreille : « Mais c’est ce que tu attendais, n’est-ce pas ? »
Elle avait repris sa position initiale et arborait un sourire sombre mais toujours provocateur.
« Je ne sais ce que j’attend, sinon toi, lui répondais-je paisiblement, fixant ses yeux.
- Oh, mais j’ai sentis ton appel, tu m’intrigues… Tu m’attires…
- Mon appel ? Ce que je sais c’est que je souffre d’un mal, un mal que je n’ai compris que ce soir, un mal qui comme je l’ai sentis à ta présence, ne pourrait me quitter sauf si tu daignes m’en libérer.
- Oui… Mais si je t’en libère, comprends bien que tu seras privilégié… Je pourrais t’en dire tellement, autan conseil que mise en garde… Seulement je te fais confiance et te laisse quelques surprises à découvrir. De plus, je ne veux pas gâcher ce moment magnifique… Je crois que j’ai trouvé ma raison de vivre. »
A ces mots elle éclata de rire. Un rire puissant, avec une connotation morbide à mon sens. Puis elle enchaîna : « La nuit est belle, n’est-ce pas ? Tu l’admires depuis peu… La lune t’émerveille et le sang t’excite… C’est cela qui nous rapproche, et je te garantie que ces sensations ne feront que grandir si tu me suis.
- Oui la nuit est belle, oui la lune comme la nuit m’attire, ou le sang m’appel, mais pas comme toi, pas autan… Je te suivrais… murmurais-je. Je crois que je t’aime… avais-je ensuite laissé échapper.
- A en mourir ? Me rétorqua-t-elle avec le même sourire qu’auparavant. »
Je n’eu le temps de répondre à cela, elle avait de nouveau baisser la tête vers mon cou. J’entendis un « pas tout de suite, je tiens à en profiter encore un peu » puis j’eu le droit à un baiser. Plus court, plus simple, mais tellement intense, c’était la fin d’une promesse, le début d’un renouveau, la fin d’une vie, le début d’un rêve, la fin de notre rencontre, le début d’une hantise. Ses lèvres quittèrent les miennes, glissèrent sur mon menton et commencèrent à caresser mon cou. Elle le survolait, de temps à autre avec sa langue, sinon de ses lèvres. Elle me fit quelques baisés plus insistés et remonta vivement à mon oreille. « Je t’aime » me chuchota-t-elle comme un « bonne nuit ». Elle mordilla mon lobe et revint à mon cou, le mordilla légèrement. Je sentis un frisson dans toute ma nuque. La chaleur qui régnait en moi m’étouffait à présent, le désir se faisait obsédant, le mal pressant. Je sentais sur ma peau quatre dents plus longues et aiguisées que les autres. Mon cœur raisonnait dans mes oreilles comme un tambour. Chaque seconde se faisait plus longue et intense. Puis, ses dents perforèrent ma chair, elles s’enfonçaient avec grâce au travers de ma peau. Je ressentis un mince liquide chaud se répandre sur mon torse. Une odeur qui ne m’affolait pas mais que j’affriolais au contraire. Ses dents rentraient toujours plus profondément en moi, j’avais mal, j’étais bien, j’avais chaud, j’étais froid, je me sentais enfin vivre mais le souffle me quittait. Elle me caressait le visage avec sa main dégantée, elle était divinement douce. J’étais en extase, mes yeux s’étaient fermés, le sang continuait à couler, elle le faisait exprès pour que j’en profite un peu. Je respirais mon rêve à pleins poumons. Elle poussait de petits soupirs de plaisir, mon souffle s’accélérait toujours plus. Je planais, j’atteignais un plaisir merveilleux et morbide. Elle m’offrait tout ce que j’espérais avec douceur et amour. Mon souffle était à présent saccadé, ma nuit approchait sa fin, ou plutôt commençait enfin. Ca y est, mon souffle me quitte, je la sens profiter d’un dernier plaisir, pour ma part je m’évanouie dans le bonheur divin d’un rêve exaucé. Mon souffle me quitte, oui, et moi je quitte ce monde. Je la quitte aussi malheureusement, mais à nous deux, nous seront uni pour la vie… et bien plus encore…
Oui, bien sûr… à en mourir…

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