voici une nouvelle rédigée à la va vite, après la canicule de 2003
LE SAULE PLEUREUR
Le saule pleureur est mort depuis un an dans le jardin d´en face. Comme s´il vivait et que la solitude l´avait tué. Avant de dépérir en quelques jours, il s´était amaigri, comme s´il savait ce qui l´attendait. Les arbres font des rêves prémonitoires teintés de vert et de brun.
Dans la maison d´en face, on voyait une ombre chinoise se dessiner de temps à autre derrière la fenêtre en bas à gauche. L´ombre n´était pas très large, épaisse comme des baguettes. Un jour l´ombre n´est pas réapparue derrière le rideau de la cuisine. Comme si l´ombre savait qu´elle allait mourir de vieillesse ou de chaud. Les vieilles ombres ont cette sagesse que les autres n´ont pas, leurs rêves sont gris comme les cheveux des centenaires.
On a emmené le voisin dans une grande voiture noire l´été dernier. On a recueilli son chat ; des fois, ses miaulements ont des airs de repproche. On n´était pas en vacances l´été dernier. On arrosait les plantes du jardin pour qu´elles ne finissent pas comme le saule pleureur. Elles sont toujours aussi vertes, mais je trouve qu´elles ont moins fleuri cet été.
Un jeune couple et son bébé ont eménagé dans la maison d´en face. Ils ont fait déraciner le saule pleureur et ont mis un jeune chêne à la place. La maman promène son bébé dans le jardin le soir, s´asseoit dans l´herbe verte et lui donne son biberon du soir.
Il fait vraiment chaud aujourd´hui, heureusement qu´on avait acheté trois ventilateurs l´an dernier...
Le bébé des voisins est vraiment adorable. Quand on a invité les voisins à prendre l´apéritif chez nous, j´ai joué avec lui, il n´arrêtait pas de rire. On verra bien qui de lui ou du jeune chêne poussera le plus vite... pendant que le saule pleureur finit sa vie dans un incinérateur.