Voici une nouvelle… nouvelle, je voulais m´essayer à la focalisation interne et je voulais écrire sur un sujet qui me perturbe un peu en ce moment, l´écriture n´est pas finie, mais j´ai besoin d´un peu de repos. Pour ceux qui m´avaient déjà lu, sachez juste que cette nouvelle n´a pas grand chose de commun avec celles que j´ai déjà pu écrire, elle ne dénonce rien et n´a pas pour but de dégouter de certaines choses
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Il fait jour, enfin, quinze heures de sommeil, c’est trop. Une vraie limace lui avait-on toujours dit, et ça pouvait se vérifier. Je me lève, mes pupilles se rétractent violemment lorsque les rayons du Soleil m’éclairent le visage, je me couvre avec mon bras et sors de mon lit d’un air lourd, comme si la nuit précédente des litres d’alcool eurent coulés. Un mal de crâne affreux me torture les tempes, c’est un peu comme si un groupe de neo métal avait installé une scène au centre de ma boîte crânienne. Bref, je vais me regarder dans la petite glace de la salle de bains, j’ai toujours la même tête au réveil, les cheveux qui partent dans tous les sens dans d’horribles bouclettes, la couleur marron de ma chevelure pelliculée renforce l’aspect terreux de mon visage. Je ne me souviens de rien, mais qu’ai-je fait hier soir ? C’est le noir, un trou aussi profond qu’il doit être possible de l’être. Je m’appuie sur le rebord du lavabo et m’observe un instant, de vulgaires boutons d’acné me parcourent le visage en suivant scrupuleusement le schéma de la cordillère des Andes. Ma main squelettique tire sur mon visage, avant de lui amener une gerbe d’eau en pleine figure. Ca y est, je suis enfin sorti de mon pseudo-sommeil, je m’essuie avec la serviette qui m’est réservée, où ma mère a trouvé judicieux d’apposer une énorme étiquette comportant mon nom : « Julien TRAI ». Soi-disant que je suis désordonné et tête en l’air. Je sors et descends les escaliers de mon humble demeure familiale, ma mère, femme typique des magazines people d’aujourd’hui, mange une biscotte allégée même pas beurrée. Ma sœur, fille complètement hors norme, fume une clope sur le rebord de la fenêtre, mon père est déjà parti au boulot. Je m’installe sous l’absence de regard des deux membres de ma famille qui sont censé m’être les plus chers et prend la moitié de toast rassis qui traîne sur le banc, avant de la tremper dans un chocolat chaud dont la chaleur ne provient visiblement que du nom. Sensation confirmée par la froideur horrible du lait, pourtant elle sait que je n’aime pas ça, direction le micro-onde. Après un déjeuner digne des plus grands banquets, je monte dans ma chambre en quatrième vitesse, me rendant compte que j’ai déjà du retard sur mon emploi du temps. Je m’habille avec un jean si grand que deux comme moi pourraient y rentrer, j’enfile un tee-shirt délavé et me donne un aspect de coiffure convenable. J’y vais, le bus est parti, déjà, je monte sur mon scooter et fonce à toute allure vers les portes de mon lycée. Les voitures passent très vite, je ne vois qu’une superposition d’images floues, les gens, les bâtiments, rien ne me reste, je connais ça par cœur, je le vois tous les jours, toujours les mêmes attitudes, les mêmes habitudes, et toujours la même décrépitude. Les portes sont fermées, fais chier ! Qu’est ce que je vais faire maintenant, si je retourne chez moi ma mère va littéralement me défoncer, et le lycée n’ouvre pas avant quatre heures… Je crois que je vais aller un peu traîner dans le parc, je gare mon scooter et y pose deux blocs disques, par les temps qui courent rien n’est plus sur. Voilà que je me retrouve donc à flâner dans un lieu de verdure si enchanteur qu’il en devient indescriptible, pas le moindre bruit, pas le moindre moteur qui ronronne ou le cri d’un appel au secours désespéré. Soudain, j’aperçois une petite tente reculée dans un coin de la place principale, je vais voir de quoi il s’agit : « Véronique : expert médium reconnue par son état ». Encore une connerie… Je pars me rasseoir sur le banc en béton blanc du par cet décide de prendre mon temps pour observer chaque vision que la nature daigne m’offrir, ici un couple d’oiseaux qui piaillent, là un écureuil qui évolue tranquillement dans les branches d’un grand chêne. Je m’emmerde, putain ! Il me reste dix euros, allez je vais la voir cette Véronique. Je rentre dans la petite tente, elle est là, assise sur un tabouret en bois de la hauteur de mes genoux, son visage est cachée par un voile noir, ses cheveux blancs et lissent lui retombent gracieusement sur les hanches, qu’elle a parfaites. Elle me fait signe de m’asseoir.
- « Bonjour, Julien, me dit-elle.
- Comment savez-vous mon nom ?
- Je savais que tu viendrais, garde ton argent, étant donné les circonstances, il serait mal venu de te demander un quelconque paiement pour cette consultation.
- C’est à dire ?
- On commence ?
- Qu’est ce qui me prouve que vous êtes médium ?
- Julien TRAI, il y a deux ans ta mère a divorcé avec ton père et ils se sont remariés trois mois et demi plus tard. Ton premier chagrin d’amour date du jour de tes huit ans, où la petite Stéphanie t’a laissé tomber pour ton meilleur ami, Jordan. Aujourd’hui ils sont toujours ensemble d’ailleurs. Tu es amoureux d’une certaine Gwen et tu envisages une carrière dans la sociologie.
- Ok, ça va, bon… si vous m’attendiez c’est que vous avez un truc important à me raconter ?
- Julien, il faut que tu saches que la mort nous guette tous un jour, même si tes seize ans te rendent complètement inconscient du danger. Nous vivons uniquement pour déterminer à quel monde nous appartiendrons lors du passage vers ce que nous appelons l’Au-Delà. Et un jour, nous disparaissons, pour certains la détermination de ce choix est plus rapide que pour d’autres. »
Là, mon cœur commençait à s’emballer, que me racontait cette folle, on l’aurait cru sortie d’un autre monde. Elle s’est approchée de mon visage et j’ai pu voir ses yeux, ses yeux si splendides, si profonds, si dénués de sensibilité. Sa pupille avait totalement disparu et l’on n’y voyait que du blanc.
- « Tu es mort, Julien »
Quoi ? Je me lève brusquement de mon tabouret et prends de longues et lentes inspirations, dévisageant Véronique, ou qui que ce soit d’autre, avec insistance, croyant d’abord à une farce, puis à un cauchemar, puis à une preuve de ma folie, un début de paranoïa ou de schizophrénie. Mais tout cela me semblait si réel, je sors et respire de l’air, horreur, rien ne rentre dans mes poumons, je suffoque, je m’écroule, mais je ne meurs pas, je me relève et marche, privé de la plus petite molécule d’air. Encore personne dans ce fichu parc, je me tiens la gorge, j’ai mal au ventre et aux jambes. Je m’arrête et me regarde… je vomis, j’hurle, ma jambe gauche est complètement entaillée de long en large, mon pied droit a été sectionné en son milieu, il me manque quatre doigts et j’ai une ouverture béante sur le torse. Comment j’ai pu courir sans m’en rendre compte ? Je dois rêver, c’est ça, je délire, je me gifle, me pince comme je le peux, je me mords, me rendant compte que j’ai perdu la plupart de mes dents. Aucune douleur ne m’assaille les membres et toujours personne à l’horizon, je retourne voir la voyante, personne, sa tente a disparu.
dénouement pour le moins surprenant!!!
histoire bien écrite, relativement peu de fautes, style fluide, sujet bien traité et de façon originale.
Y aura une suite? ou pas?
Oui il y aura une suite mais aujourd´hui je n´ai plus mon clavier, je me sers de celui de Windows doncpour écrire une nouvelle c´est compliqué ^^ ![]()
Voilà la suite
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C’est la panique, je m’écroule, j’hurle encore et encore et aucun son ne daigne sortir de ma bouche engourdie, mes membres se figent et dans un dernier glapissement je tombe dans ce qui ressemble à un sommeil profond.
Que ? Où est-ce que je suis ? J’ai mal au crâne, une lumière aveuglante remplit tout l’espace, cet espace si blanc, on dirait qu’il est sans fin. Ca y est, je suis devenu totalement fou, on m’a enfermé, ça doit être ça, je me déplace et me souviens de ces horribles images que j’avais de mon corps. Plus rien. Je suis à nouveau tout neuf, comme après être passé au garage. Je continue d’avancer, cherchant une quelconque paroi rendue invisible mais ma promenade semble se prolonger indéfiniment, alors je m’arrête et je réfléchis. Soudain un bruit de tonnerre retentit, tout est bleu, jaune, rouge, un bruit assourdissant, extrêmement aigu et à nouveau le noir. Je me relève, je vois une nappe rosée qui s’étend devant mes yeux, je me relève et ose porter mon regard plus en hauteur. L’espace blanc est occupé par une masse informe d’une teinte rose très claire, comme de la vapeur d’eau, à la différence que celle-ci semble… vivante ?
- « Bonjour, Julien. Ce bonjour est étrange, me diras-tu, ici le jour et la nuit n’existent pas. Comment vas-tu ?
- Je… Où je suis ? Qui êtes-vous ?
- Eh bien, tu es à la fois partout et nulle part, à la fois en dehors de l’Univers et dans son cœur. Et moi, je suis… tu le sauras bien assez tôt.
- LAISSEZ-MOI SORTIR ! »
Je devenais complètement taré, je parlais à une tâche rose dans un monde sans aucune cohérence, j’étais cinglé, complètement cinglé.
- « Mais non, tu n’es pas cinglé.
- Tu lis dans mes pensées ?
- Je SUIS tes pensées.
- Vous êtes… mon esprit ?
- Ton âme serait plus juste.
- Okay, okay, j’ai compris. Où sont les caméras ?
- La mort n’est pas un sujet à la rigolade, et la vie est précieuse, beaucoup ne l’ont toujours pas compris sur ta planète. Cette nouvelle est dure à apprendre, mais au stade où tu en es tu ne risque plus rien, ton cœur ne bat plus, ton cerveau non plus, tu ne vis plus qu’à travers moi. »
Je pose ma main sur ma poitrine, le « Boum ! Boum ! » habituel a complètement disparu. Mon poignet n’est plus agité par le passage rapide du sang dans les artères et les veines, et je me rends juste compte que ma respiration est coupée, et que je ne ressens pas le besoin de la mettre en marche.
- « Je suis donc vraiment mort ?
- Regarde par là »
Au loin, l’espace entre dans un tourbillon grisâtre, puis il y a des tas de petites tâches noires qui s’assemblent, et finalement ce qui semble être un hologramme commence à s’agiter. On y voit de haut un scooter, le mien, et quelqu’un dessus, moi, évidemment. Je me rappelle, c’était ce matin, l’image se brouille, on y voit un camion de marchandises qui roule à toute vitesse, il débouche sur la rue principale, je me vois, moi, le petit scooter, la vision devient interne, le pare buffle du camion me percute, vision externe, mon corps vole sur je ne sais combien de mètres, il s’écrase contre un mur et retombe sur le sol comme une loque. Je ne ressens rien, je suis juste interloqué, je n’ai pas peur, ni de frissons, plus rien de tout ça.
- « C’était moi ?
- Oui.
- Mais pourquoi suis-je en vie, ici ?
- Tu n’es pas en vie, c’est juste ton âme, moi, qui n’a pas encore été effacée, ce qui permet à ton corps de survivre.
- Pourquoi ?
- Contrairement à ce que vous croyez, pour beaucoup, sur Terre, le seul Dieu qui existe est celui qui a créé l’Univers, mais je ne peux pas t’expliquer ça, tu ne le comprendrais pas. Il n’y a pas de Dieu protecteur, de Diable etc. La seule règle est que quand une âme disparaît dans l’Univers, une nouvelle germe ailleurs. Mais certaines ne sont pas effacées directement, car il faut que tu saches que le destin d’une nouvelle dépend du passé de l’âme précédente. Mais le problème, c’est que toi, moi, personne ne sait si nous sommes « bons » ou « mauvais ».
- Okay, et je fais quoi alors ?
- « Il » te laisse une heure.
- Il ?
- Tu comprendras peut-être après. »
Flash. Cris. Pleurs. Explosions. Je me réveille dans le parc où j’avais vu la voyante. Des gens sont penchés sur mon corps, je me relève brusquement, donnant un coup de tête à un vieillard. Je souffle bruyamment, une femme me demande si je vais bien, je regarde tout autour de moi, me tâte le corps et m’en vais en courant. J’ai rêvé ? Je sens quelque chose remuer dans ma poche, je plonge ma main dedans, un papier. « Une heure, et ce sera tout ». Merde je… je suis vraiment mort ? Je m’appuie contre un arbre et prends de grandes inspirations, comme la première fois où j’étais bourré. Et puis je dégueule, je me vide l’estomac, je me sens plus léger, je titube vers un banc et me laisse tomber dessus. Je pleure. Je me rappelle d’une conversation que j’avais eue avec mon meilleur ami.
- « Dis, Julien, tu ferais quoi s’il te restait une journée à vivre ?
- J’en sais rien, je crois que... j’irai m’allonger sur la plage et j’attendrai.
- Pff, trop nul. Moi s’il me restait une journée à vivre, je me suiciderai. Je pourrai pas passer vingt quatre heures en pensant à ma mort sans arrêt. »
Mais moi, il ne me restait pas une journée, mais seulement une heure, enfin moins maintenant. Me suicider ? A quoi bon ? Je vois pas pourquoi, autant profiter de cette dernière heure.
Il faudra que je repasse un peu sur cet extrait. Trop plat à mon goût.
Personelement j´aime ![]()
Ca me rapelle une histoire à laquelle j´avais pensé, ça devait être en début de collège… Trois adolescents meurent ´par erreur´, se retrouvent au ´paradis´ et tentent de revenir sur terre… Mouhihi
Que de nostalgie, j´avais complètement oublié, enfin bref. Bonne histoire, bonne écriture… Je te donnerais un avis plus complet quand ce sera finit ![]()
désoler de remonter un topic si ancien mais je voulais savoir si l´auteur avait abandonné la suite ou si elle existais sur un autre topic.
merci d´avance