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Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop

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Everlasting
Everlasting
Niveau 22
02 septembre 2005 à 21:25:02

le dico est un outil, saches en profiter
et je ne parlais pas de responsabilités de modero, mais de responsabilités en rapport avec soi-même, de manière plus large.

redsissi
redsissi
Niveau 10
02 septembre 2005 à 21:30:47

bin maintenant que je bosse j´ai déjà suffisamment de responsabilités comme ça...

dois-je en déduire que tu penses que j´en prends pas assez?

Oskitz
Oskitz
Niveau 10
03 septembre 2005 à 00:40:07

Ca ne m´aurait pas déplu, de modérer ce forum. C´est un forum fréquenté par des gens intelligents et possédant beaucoup de maturité, pour la plupart. Il y a, de plus, très peu de flood. Je n´en ai, en tout les cas, pas encore vu depuis mon arrivée ici.

redsissi
redsissi
Niveau 10
03 septembre 2005 à 01:44:34

Oskitz c´est parce que Sergei est très efficace! un vrai Lucky Luke!!!

moi j´en ai déjà vu mais pas longtemps, Sergei y voit assez rapidement.

C´est vrai que ce forum est bien fréquenté et beaucoup de gens très sympathiques s´y trouvent et il y règne un respect des autres que j´aime bien... c´est d´ailleurs pour cela que j´y reviens toujours... :coeur:

Oskitz
Oskitz
Niveau 10
03 septembre 2005 à 01:52:10

Je ne voulais pas dire que Sergei n´avait rien à faire. J´espère que ce n´est pas ce qui ressort de mes propos, en tous les cas.

Mais il n´y a pas de secret. C´est le forum écriture, et pas le forum d´un quelconque jeu vidéo. La modération y est plus simple, car le forum est moins fréquenté, il n´est pas source de débats mouvementés, ou alors très rarement, et les habitués sont, pour la plupart, plus intelligents et plus respectueux.

Oskitz
Oskitz
Niveau 10
03 septembre 2005 à 01:53:36

Un nouveau texte, un peu différent des autres. Un peu ridicule, mais tant pis.

Mercredi matin, David m’a réveillé. Il voulait me proposer une sortie, le soir même, avec Loïc. Rien que nous trois, comme au bon vieux temps. Je n’étais pas vraiment chaud, à vrai dire. J’avais refusé, la fois précédente, par pure paresse. Et aussi, par envie d’isolement, de solitude. Mais cette fois, c’était différent. Je ne pouvais pas leur faire faux bond, encore une fois. J’ai alors dit oui.

Je suis donc arrivé, comme à mon habitude, en avance, devant Le Palace, le cinéma du coin qui, dans cette avenue bondée qu’est la rue Cathédrale, nous sert de lieu de rendez-vous. Le point de départ de toutes nos soirées, ou presque, depuis quelques temps. Première surprise, Loïc arrive, mais pas tout seul. Pierre l’accompagne. Pierre, c’est un garçon étrange. Enfin non, lui n’est pas étrange, à proprement parler. Ce qui est étrange, c’est qu’il me donne l’impression de le connaître depuis très longtemps. Enfin, de savoir qui c’est, en tous les cas. Alors qu’en fait, David me l’a présenté quelques mois avant les examens de l’année précédente. Etrange. Enfin soit, Pierre est là, et après tout, c’est pas plus mal. Je l’aime bien, le Pierre. Et puis, au moins, il nous empêchera de déprimer, ce qui est inévitablement ce que l’on fait lorsque nous ne sommes que nous trois, Loïc, David et moi.

Ils finissent par me dire qu’en fait, David arrivera plus tard, avec Vincent, l’un de ses meilleurs amis. Je ne le connais pas, ce Vincent, et ça, ça m’énerve vraiment. Je n’aime pas ce genre de soirée ou on se retrouve avec des personnes qu’on ne connaît pas, qu’un ami cher apprécie et qu’on pourrait très bien ne pas apprécier. Rien de plus malsain. C’est vrai, c’est un ami de mon meilleur ami, ce qui est un gage de qualité, en quelque sorte, mais tout de même. Bref, ce n’est pas bien grave, parce qu’entre-temps, on m’apprend que Massi doit venir aussi. Massi, parce que personne, dans le groupe ne connaît son vrai prénom, en fait. C’est peut-être vraiment Massi. C’est sympa, comme prénom, c’est exotique. Bref, Massi, c’est aussi un copain de David, à l’origine, qui m’a été présenté à la fin des examens. Je l’aime bien, le Massi. C’est un gars qui attire vraiment la sympathie. Belle gueule, mais pas trop. Pas assez pour vous faire trop d’ombre, lorsque vous êtes à côté. Voix chaude, rassurante. Préoccupations d’étudiant. Les filles, les sorties, les études. Un peu beau parleur, mais pas assez pour énerver, non. Juste assez pour faire sourire.

Le début de soirée s’est donc passé ainsi, David et le fameux Vincent devant arriver plus tard. C’était sympathique, mais comme d’habitude, il m’a fallu un peu de temps, pour être vraiment à l’aise. David est ensuite arrivé, seul. J’ai cru un instant que Vincent s’était désisté, mais ce n’était pas le cas. Il le suivait de près, en fait. Il m’a étonné. Son physique, en tout cas. Je m’attendais vraiment à autre chose. Pas plus beau, pas plus moche, mais différent. Et puis, mentalement aussi. Je le connaissais pour être le fournisseur de David, en herbes, et pour être celui qui l’a fait basculer du côté obscur, en quelque sorte. Je m’imaginais donc un mec un peu plus… étrange. Enfin, le genre de mec qui ne me plait que moyennement. Et bien en fait, ce n’était pas ça du tout. Très sympathique, très drôle. Il est passé par pas mal d’emmerdes, aussi, au niveau familial. Et, détail amusant, lui aussi a connu les menottes. Pour une connerie aussi, évidemment. Il était juste au mauvais endroit, au mauvais moment.

Enfin, bref, la soirée se passait relativement bien, et on se sentait de plus en plus à l’aise, au fur et à mesure que les verres se vidaient, et se remplissaient. Tellement à l’aise, d’ailleurs, que David et Vincent se sont mis en tête d’aborder deux filles, à l’Aller Simple. Je ne les voyais pas, d’où j’étais, mais lorsqu’ils se sont élancés… Je les ai suivi. Pour la première fois depuis des lustres, l’envie de me tester, de m’évaluer, en quelque sorte, me prenait. Je n’avais pas vraiment envie de sortir avec une de ces filles. Je n’en ressentais pas vraiment le besoin, en fait, d’autant plus que la seule des deux visible, de ma place, ne me plaisait pas, de prime abord. J’avais simplement envie de savoir, depuis tout ce temps, si quelqu’un pouvait encore me trouver… Quelque chose. Physiquement. Je m’en fous royalement, de mon intellect, dans mes moments de déprime. Je le donnerais volontiers contre un corps d’athlète, et une faconde facile.

Je crois qu’ils ont été surpris, David et Vincent. Ils n’ont rien fait, et m’ont laissé faire. Je prenais la direction des opérations pour la première fois depuis… Depuis elle.

Je ne me sentais ni stressé (merci, alcool chéri), ni détendu, en fait. Je voulais d’abord capter son regard. Le regard de la fille qui ne m’était pas visible, au début. Une brune, cheveux longs bouclés. Joli sourire. Jolies lèvres. Je voulais capter son regard, et savoir donc si il y avait une infime chance qu’il se passe quelque chose. Je ne regrette pas de l’avoir pourchassé, ce putain de regard, au final. J’ai lu dans ses yeux ce qu’aucun regard ne m’avait plus dit depuis bien trop longtemps. Elle semblait vraiment intéressée. Mais comme souvent, dans ces cas là, la demoiselle était prise. Par un mec qui ne se trouvait pas là, à ce moment, d’après ses dires. Et là… J’ai un peu honte, tout de même. Je lui ai demandé quel était le problème, alors, puisque son copain, avec qui elle est depuis dix mois, n’était pas là. Je me sens un peu… dégueulasse, avec le recul. Mais l’important, c’est qu’elle a sourit, qu’elle a regardé son amie - son enfoirée d’amie -, à la recherche de sa permission. Ca m’a fait sourire, parce que c’est un peu ce qui se passe, entre moi et David. Lorsqu’on sait qu’on est un peu plus… un peu moins dans notre état normal que l’autre, on recherche l’aval de celui qui est encore « frais » avant de faire quoi que ce soit. Histoire d’être sûr que l’on ne s’apprête pas à faire une grosse bêtise. Enfin… Malheureusement, sa copine l’a fortement rappelée à l’ordre, alors qu’elle s’apprêtait à m’embrasser.

Pétasse. David, lui, m’avait donné sa permission, merde.

Elle n’a pas voulu me laisser partir comme ça, et m’a tout de même donné son numéro, au cas ou… Je ne l’ai pas encore appelée. Je me demande si… Je dois le faire ?

Ensuite, sur ma lancée, j’ai abordé deux autres filles, devant le Géo. Seule la blonde m’intéressait un tant soit peu, mais elle avait l’air attirée par un autre, un peu plus loin. La brune, elle, ne me plaisait pas vraiment, mais apparemment… Je lui plaisais, moi. Elle se montrait pressante, même. C’est à ce moment là que le barman du Géo m’a gentiment demandé de reprendre ma place. Cette brune, c’était sa sœur. Comme par hasard, putain. Il n’y a qu’à moi que ce genre de connerie arrive. Enfin, Loïc lui a expliqué la situation, et tout s’est arrangé. Il s’en foutait un peu, en fait, il voulait simplement s’amuser… Et me dire que Vincent, pas trop loin, prenait un peu trop ses aises. Assez comique, comme situation.

Cette soirée s’est finalement terminée peu après. Nous sommes tous, à l’exception de Massi, rentré plus tôt pour préparer sa deuxième session sérieusement, rentré chez Loïc, l’hôte attitré de la bande, pour prendre une nuit de repos bien méritée. Sur le chemin, comme d’habitude, les abrutis qui me servent d’amis ont ramassé tout ce qui leur plaisait. Panneaux d’un mètre sur deux racontant des conneries sans nom, cône de chantier… Des conneries d’adolescents.

J’ai, cette nuit là, pour la première fois depuis longtemps, dormi en paix avec moi-même.

redsissi
redsissi
Niveau 10
03 septembre 2005 à 03:14:44

Eh bien! je crois que c´est positif dans l´ensemble alors...

redsissi
redsissi
Niveau 10
03 septembre 2005 à 03:42:02

Tu vas la rappeler?

LOVEISGREAT
LOVEISGREAT
Niveau 10
03 septembre 2005 à 07:35:56

Mais appelle la, didjiou, petit belge idiot !

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
03 septembre 2005 à 14:44:29

Est-ce que vous acceptez aussi l´heroic fantaisy ?

En fait j´hésite à poster mon texte ici car j´ai déja créé un tpoic pour lui, donc dites moi si je peux quand même le mettre ici

Désolé de vous déranger :coeur:

:merci: d´avance :oui:

ladyinred
ladyinred
Niveau 10
03 septembre 2005 à 15:23:49

Bin voilà... encore une fois je me retrouve sur ce pic que j´aime bien... en fait j´ai pas grand chose à dire, ou plutôt je sais pas trop de quoi parler...

En fait je trouve que ma vie tourne à rien... j´ai la mi-quarantaine bientôt et qu´est-ce que j´ai réussi dans ma vie? pas grand chose en fait... quand on y regarde bien... La seule réussite dont je serai toujours fière, c´est mes deux enfants que j´adore. Bon je leur dis pas assez souvent je sais... Pourtant ils sont ma plus grande fierté! Ils sont devenus de beaux enfants, presque des adultes maintenant, et à leur tour ils vont entrer dans ce monde du travail, des responsabilités et des principes pas toujours facile à tenir... Mais bien sûr y a aussi des avantages. Je suis un peu inquiète que ma fille ait pas encore décidé de son domaine d´études, elle entreprend sa dernière année de secondaire... Pour mon fils, ce sera l´armée sans doute, il veut devenir pilote d´hélicoptère, j´espère qu´il pourra réaliser ses aspirations, c´est important d´avoir un rêve et d´y croire... de tout faire pour le réaliser!

Je me rend compte aujourd´hui que je me suis mise trop de barrières dans ma vie (j´ai même pas attendu que les autres m´en mettent, j´ai fait ça toute seule comme une grande... c´est bien moi ça...) et j´ai pas osé foncer assez, j´aurai pt dû... mais j´aurai sans doute pas la vie que j´ai présentement non plus... des fois ce serait sympa de pouvoir anticiper l´avenir et de voir ce que l´on deviendrait pour ensuite faire un choix plus éclairé.

Bien sûr, j´ai réalisé des rêves... mais d´autres ne verront sans doute jamais le jour... J´en suis à un point de ma vie où je me questionne beaucoup (j´ai toujours été très cérébrale et analytique faut dire...) Vais-je continuer dans cette voie? Vais-je en emprunter une autre?

Heureusement que j´ai trouvé un nouveau boulot... en fait il était bien temps!!! Ça m´oblige à sortir un peu de mon marasme...

Niveau carrière, j´ai un peu une vie en dents de scie... rien de concret ou de bien stable, mais de l´expérience dans plusieurs domaines. Ce qui fait de moi une personne assez polyvalente mais experte en rien de bien précis. Je suis également très facile d´adaptation (il le faut bien quand on change de travail presque tous les ans, mais c´est pas toujours facile à vivre non plus). J´aurais aimé faire une carrière toujours dans la même entreprise, mais un truc qui me donne de la latitude pour agir, car j´aime prendre des initiatives et innover. On a ressorti mon profil personnel dans un atelier d´orientation professionnelle, je suis artistique - investigatrice - sociale, je pense que ça correspond bien à ma personnalité... j´aime les arts, la culture et travailler de mes mains, je suis curieuse de nature et j´aime bien résoudre des problèmes et savoir comment tout fonctionne et j´aime aussi le contact avec les gens, pis tous les métiers qu´on m´a fait miroiter après, sont tous des trucs qui m´étaient déjà passé par la tête! Le problème avec moi c´est pas de trouver une carrière... c´est de décider laquelle parmi toutes va vraiment me plaire! Rapetisser l´entonnoir comme il disait... Au fond j´ai toujours su que ma carrière me correspondait plus ou moins, mais en fait j´ai eu plus ou moins le choix... Mes parents ne voulaient pas payer de longues études et ne voulaient pas que je m´éloigne trop non plus pour aller finir mes études, je les ai écouté et respecté, avec le recul j´aurai pt dû me rebeller un peu et faire comme j´avais envie... mais je mets pas la faute sur eux, ils ont fait eux aussi du mieux qu´ils pouvaient... quand on est parents à son tour on comprend plein de choses que nos parents nous disaient... Y a pas de mode d´emploi pour être parents... et puis de toute façon, qui le suivrait??? Je suis fermement convaincue que chacun essaie de faire de son mieux, avec ce qu´il a...

J´aurai pu faire tellement de choses... et finalement j´ai rien fait d´extraordinaire, de remarquable ou d´étonnant... c´est pt aussi bien dans le fond, mais j´aspirais à plus... pour moi je considère qu´il est trop tard pour entreprendre une autre carrière, mais on ne sait jamais... L´espoir fait vivre...

ladyinred
ladyinred
Niveau 10
03 septembre 2005 à 15:36:05

AshNruins Posté le 03 septembre 2005 à 14:44:29
Est-ce que vous acceptez aussi l´heroic fantaisy ?

Bin oui on prend tous les genres sur le forum...

En fait j´hésite à poster mon texte ici car j´ai déja créé un tpoic pour lui, donc dites moi si je peux quand même le mettre ici

je le vois mal dans ce topic mais tu peux le poster sur le forum sans problème! ici c´est plus un topic pour dire ce qui nous passe par la tête, nos pensées, nos préoccupations, nos délires, nos envies... tu vois le genre?

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
03 septembre 2005 à 15:42:42

So, je vous met les deux premiers chapitres. Ne vous fiez pas au préambule, il est plus que moyen. Pour ceux à qui ça plait, il y a le lien vers le site sur lequel est le texte en entier sur le topic du même nom.

Place au texte :

Préambule

Insania est vaste. Insania est belle. La plus belle ville du monde connu, affirme-t-on. Qui « on » ? Les étrangers. Ceux qui n’y restent pas. Ceux qui habitent autre part, loin d’ici. Et c’est vrai. Insania est belle.

À regarder. De loin. Et pas tous les quartiers.

De sa topographie.

C’est sans doute elle qui ajoute un charme étrange à Insania. Située au nord-est de la Mer, autour d’une montagne placée au milieu d’une plaine, la montagne se divise ensuite en sept pics, chacun habité par un Seigneur des Hauteurs. Personnages troubles dont nous reparlerons, ils sont au cœur de cette histoire. En descendant, après une longue étendue de terrain rocheux inhabité, se trouve la Ville. Plus précisément, les résidences des nobles, et leur gouvernement. Plus bas, les quartiers bourgeois. Enfin, tout en dessous, à cheval sur la plaine et les contreforts, en un cercle noirâtre, la bordure extérieure. Toute la misère, la honte d’Insania y réside. Elle est séparée des riches par une muraille, et trois grands ponts l’enjambent, permettant aux gens d’entrer et sortir. Pas question pour eux de côtoyer mendiants, prostituées et clochards sales qui y pullulent. Sans parler de la violence...

Autant de raisons de ne pas vouloir y habiter.

Deux soleils baignent la ville durant une quinzaine d’heures par jour, dans une température quasi tropicale. Les riches s’en protègent. Les autres cuisent. Il pleut rarement la journée, fréquemment la nuit, laquelle s’illumine de cinq lunes. Leur période de révolution est si aléatoire que personne jusqu’ici n’a réussi à en tracer une carte précise.

CHAPITRE I : Introduction

La nuit est claire, pour une fois. À cette heure, même dans la Bordure extérieure, on dort. Entassés par dizaines dans de pauvres cabanes délabrées, au milieu des puces et autres parasites, ou tout simplement à la belle étoile.

Sous un pont de bois détérioré par le manque d’entretien, une femme est en train d’accoucher. Seule sa sœur l’assiste dans cette épreuve qui emporte ici une femme sur trois. C’est sa première naissance, et sa douleur est si intense qu’elle ne peut s’empêcher de hurler. Enfin, il est sorti. Il pleure, comme s’il savait déjà la misérable vie qui l’attend dans ce rassemblement de loques du monde. Mais il se calme vite, et contemple de ses yeux neufs sa tante qui le berce doucement. Sa mère est trop fatiguée, trop essoufflée pour s’occuper de lui tout de suite. Sa respiration est encore trop saccadée pour qu’elle puisse bouger beaucoup. Elle ne peut pourtant pas rester là toute la nuit, pas avec ce nouveau-né.

Après un bon temps de repos, elle se lève en s’accrochant à ce qu’elle peut, prend son fils dans ses bras et suit lentement, laborieusement, sa sœur. Cette dernière a peut-être une idée pour un endroit où dormir. Les rues sales faute de nettoyage sont désertes.

Une grande silhouette les attend à un angle, appuyée contre le frêle mur de bois. C’est visiblement un homme, plutôt grand, recouvert d’une longue cape noire à capuchon et de lourdes bottes. Le tout d’excellente facture. À leur approche, il se dresse sur leur chemin.

— Donne-moi l’enfant.

Sa voix est chaude, tout le contraire de ce à quoi on aurait pu s’attendre. Malgré cela, elle fait se dresser les cheveux des deux femmes sur leur tête.

— Ça va pas ? C’est mon fils.

— Ne t’inquiète pas, je ne lui ferai aucun mal. Au contraire, je le sortirai de l’immondice auquel tu le destines.

— T’es pas d’ici, toi. T’es un riche. Et p’t’être bien un noble, même.

— Il n’en sera que mieux avec moi. Pense un peu à lui avant de te tourner vers toi.

Toujours les humains et leur petite vie égoïste.

Tout en parlant, il avance vers elles. La mère donne l’enfant à sa sœur.

— Va-t’en ! Vite ! J’vais le retenir !

L’autre s’élance, imitée par l’homme. Malgré le peu de forces qu’il lui reste, la mère lui attrape le poignet. Avant qu’elle ait compris quoi que ce soit, l’acier tinte, lui sectionnant la main, puis revient en un large arc de cercle. La mère s’écroule, une plaie béante ouverte dans son ventre. Elle hurle. Pas très longtemps. Puis se tait. Pour toujours. Sa sœur court, sans se retourner.

L’homme saisit le poignard par sa lame poisseuse et l’envoie. Tournoyant. Droit sur sa cible. À plus de dix mètres, il l’atteint en plein dans le rein gauche. Elle trébuche, comme si son pied avait heurté un obstacle. Comme au ralenti, le nourrisson s’envole dans les airs, décrivant une courbe qui le ramènera immanquablement au sol. Il ne crie pas. Déjà, l’assassin de sa mère l’a rattrapé, parcourant la distance qui les séparait avec une incroyable vélocité. Il reprend son souffle. Cet effort lui a coûté en énergie. Il pose son fardeau par terre, retire son couteau du cadavre et l’essuie dans les pauvres hardes. Il tourne les talons et s’en va. L’enfant dans les bras. Il est soucieux.

La nuit continue. S’achève. À l’aube, deux corps sont retrouvés, à moitié rongés par les rats. Personne ne s’étonne, c’est si courant. On ne cherche pas à identifier les morts. La vie ici continue, miséreuse, affairée. Ou ne continue pas.

CHAPITRE II : Don d’enfant

Une grande salle, éclairée. Peu. De façon chaleureuse. Deux hommes autour d’une table richement sculptée, face-à-face. Sur cette table, un paquet de chiffons. Il remue, c’est un enfant.

Le premier homme est plutôt grand, les épaules carrées. Son visage est fin, sévère. Des cheveux sombres à peine clairsemés. Il porte une épaisse cape sombre, humide. Des médaillons, amulettes et autres bijoux s’y entrechoquent.

L’autre est plus petit. Il porte tout un assemblage de tuniques et gilets vivement colorés. Il est agité de mouvements d’exaspération mêlés d’impuissance. Il ne cesse de lancer des regards en coin à son interlocuteur. Celui-ci est calme.

— Je ne te demande pas grand-chose. Fais-le. Tu as une dette envers moi, mais j’espère que notre amitié suffira à t’y décider.

— « Pas grand-chose » ? Es-tu devenu fou, avec toutes tes combines, tes plans dans l’ombre ? Comment veux-tu seulement qu’il accepte ?

— Il acceptera, ne t’en fais pas. C’est le dernier service que je te demande. Après, je m’en irai... loin d’ici.

Un temps de silence. Le Coloré réfléchit. Le Sombre attend.

— Je ne te promets rien, mais...

— Merci. Je te jure qu’il n’y aura pas de problèmes. Je te suis reconnaissant pour tout ce que tu vas accomplir en mon absence. En fait, je compte voyager. Longtemps.

— Alors prends garde à toi.

Le Sombre regarde l’enfant. Le Coloré regarde le Sombre. L’enfant les regarde tous le deux, à tour de rôle, de ses grands yeux clairs. Le Sombre s’écarte. Attrape sa cape. Fait coulisser une porte. Dehors, l’orage se déchaîne. Il est arrivé soudainement. Il pleut à verse. Les éclairs transpercent l’ébène du ciel, illuminant fugitivement les belles demeures avoisinantes. Il rabat sa capuche et sort, faisant coulisser le battant sur son rail. Il a disparu de leur vue. Le Coloré reste pensif. L’enfant fixe les peintures qui ornent le plafond.

— Eh bien. Tu vas en vivre des choses. Peut-être.

Le bébé gazouille.

Le Coloré sourit. Demain. Puis après-demain.

Il part se coucher.

Au matin, les bruits d’activité reprennent. Un serviteur vient le réveiller. Le Coloré se prépare. Des bottes de marche, des vêtements de voyage. Des provisions. Il est prêt. Il se dirige vers la porte. Sa femme lui bloque le passage.

— Alors tu y vas ? Malgré tes réticences.

— Bien sûr. Je le lui dois.

— N’y a-t-il réellement aucun risque ?

— On ne trouve aucune bête sauvage dans la montagne, et les bandits sont cantonnés à la Bordure Extérieure.

— Ce n’est pas à ça que je pensais. C’est ce... Seigneur des Hauteurs qui m’effraie. On ne sait rien d’eux. Personne ne les a jamais vus, sauf dans les légendes. J’ai le pressentiment qu’ils sont maléfiques.

— Tu sous-entends que mon ami m’a menti, et qu’il m’a entraîné dans un piège ?

Le ton est monté d’un cran.

— Non, je n’oserais pas l’accuser sans preuves. Tu le connais mieux que moi, mais je pense qu’il n’a pas totalement conscience de ce qu’il te demande.

— Comme tu l’as dit, c’est moi qui le connais, et je peux t’assurer qu’il ne me ferait courir aucun risque. N’aie crainte. Je serai de retour dans trois jours, quatre au maximum. Tu n’as aucune raison de t’inquiéter.

— Puisque tu le dis... fais tout de même attention.

— Promis. Maintenant, je dois y aller.

Elle s’écarte et le laisse passer. L’enfant est placé dans un sac spécial qu’il porte en bandoulière.

À mesure qu’il avance, la pente se fait plus raide, donc la marche plus ardue. En fin d’après-midi, il dépasse les dernières maisons. Tard le soir, il atteint la Jonction. Ici, la montagne se divise en sept pics, dans lesquels sont taillées des marches permettant d’accéder au niveau supérieur, le domaine des Seigneurs des Hauteurs. Personne ne sait ce qui s’y trouve. Personne n’est jamais entré chez eux.

Il doit passer la nuit dans un petit refuge, à l’intersection. Il est en ruines. Plus personne ne l’utilise depuis longtemps. Il y allume un feu avec de vieilles planches pas trop humides. Il fait chauffer son dîner : pain de marche, viande séchée. Un flacon de vin. Du lait pour l’enfant.

Ça lui rappelle sa jeunesse, quand il partait ainsi fréquemment, avec quelques amis. Il s’endort sur cette note nostalgique.

L’aube le réveille. Il lui faut continuer à gravir jusqu’au sommet. L’escalier est de roche brute, parfois recouverte d’une mousse glissante. Le vide à sa droite l’obsède. Il tente de se concentrer. Compter les marches. Voilà. À midi, il a perdu le compte depuis longtemps. L’escalier s’arrête ici, une paroi rocheuse lisse comme un mur se dresse face à lui. Il appelle. Il connaît la procédure.

— Qui es-tu ?

— Je suis un marchand d’Insania, du cercle bourgeois.

— Ton nom ?

— Je me nomme Karl.

— Que veux-tu ?

— Un... ami... m’a demandé de vous confier cet enfant. Un petit Exterior.

Il le place de façon à ce que son interlocuteur le voie bien.

— Pourquoi devrais-je l’accepter ? Pourquoi prendrais-je un enfant chez moi ? Un Exterior, qui plus est...

— Mon ami a dit que vous le feriez. Je lui avais dit que vous refuseriez...

— Bonne réponse. Accroche-le à cette corde.

— Vous l’acceptez ? Pourquoi ?

— Ici, c’est moi qui pose les questions.

— Excusez-moi, Seigneur.

— Va à présent, je ne te retiens pas.

— B... bien.

Karl tourne les talons et entame sa descente.

À l’intérieur, un grand homme vêtu de noir sourit, tenant le bébé dans ses bras.

Maintenant, à nous deux.

En vous saluant bien :lol: :coeur:

ladyinred
ladyinred
Niveau 10
03 septembre 2005 à 15:49:55

je crois que t´as zappé une partie de mon post AshNruins... :(

ladyinred
ladyinred
Niveau 10
03 septembre 2005 à 15:54:11

pis t´as oublié ton lien... mais refait tout cela sur le forum et pas sur ce topic, ici c´est pas vraiment l´endroit approprié pour une histoire...

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
03 septembre 2005 à 15:54:52

Mais c´est pas vrai !! !! Je fais tout de travers en ce moment, je m´en excuse platement (c´est la cinquième fois que j´emploie cette expression aujourd´hui) en tout cas désolé :desole:

:snif2: :snif2:

KaiM
KaiM
Niveau 11
03 septembre 2005 à 16:01:03

:lol:

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
03 septembre 2005 à 16:02:56

Va dormir une bonne douzaine d´heures d´affilée, ca ira mieux :) (parole de feignant je sais, et j´en suis fier :-) :fier: )

Deathstone
Deathstone
Niveau 9
03 septembre 2005 à 16:19:03

Je vais plutôt aller me suicider une bonne fois pour toute. Adieu :lol:

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
03 septembre 2005 à 16:20:58

d´abord, dis-moi comment tu vas faire...et quand tu s´ras mort, pense à m´envoyer un message me disant si c´est douloureux ou pas, que je sache si je dois utiliser la même méthode^^. (c´que j´suis cynique n´empêche, je plaisante sur ma mort^^ :/ )

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