Le démon se tenait là, tout sourire, caressant son énorme lame. Il barrait entièrement le passage entre les deux entrepôts.
« Je suis passé par les toits.
Avoue que tu restes coi.
Maintenant il est temps d’en finir.
Je compte bien… »
Namâric s’élança et, ricochant d’un mur à l’autre, tenta de passer au-dessus du démon. L’épée du Sacrilège vint à sa rencontre, la sienne s’interposa. Le choc projeta le Paladin en l’air, mais son élan lui permit de passer. Une seconde attaque fondit vers lui alors qu’il n’avait pas encore rejoint le sol. Il la contra, mais perdit le contrôle de sa trajectoire et alla s’écraser sur les pavés du quai. Le goût du sang se répandit dans sa bouche.
Il se redressa, tuant distraitement les deux zombies qui l’entouraient. Le Sacrilège plongea sur lui et frappa. Namâric se jeta en arrière pour esquiver. Trop tard.
Une explosion de douleur submergea sa jambe lorsque l’acier fendit la karalite et entama sa cuisse. Aveuglé de souffrance, le Paladin suivit son instinct qui lui conseillait de glisser sur la gauche. Bien lui en prit : l’épée du démon s’abattit à dix centimètres de lui.
La lame de Namâric décrivit une courbe scintillante. Un sillon sanglant s’ouvrit dans l’épaule du Sacrilège, qui riposta d’un coup de pied retourné. Namâric le reçut en pleine tête et alla s’effondrer sur le sol, sonné.
Il entendit le démon se précipiter vers lui, comprit qu’il n’aurait pas le temps de réagir. C’était fini, il allait mourir.
- C’était quoi la fin du vers ? lança une voix nasillarde.
Le Sacrilège se retourna vers Frid, perché en haut d’un mât.
- Quoi ?
- Le patron t’a interrompu, tout à l’heure. Tu disais : « Je compte bien… »
- … t’anéantir ! rugit le démon. Evident !
- C’est ce que je pensais, confirma l’oiseau. Patron, à vous !
Namâric avait profité de ce répit inattendu pour se remettre sur pied. Il fondit sur le Sacrilège, ses lames convergeant vers la gorge du monstre. Le démon se déroba d’une pirouette et s’écarta pour se remettre en garde.
Namâric brandit ses deux épées, la sienne et celle qu’il avait prise au soldat. Puis il passa à l’attaque, le Sacrilège fonça à sa rencontre, et le port retentit du fracas furieux de leur combat. Les lames tourbillonnaient en un ballet mortel tandis que les duellistes, pareils à deux danseurs, glissaient sur le sol en alternant attaques et parades. Tous deux s’étaient fatigués. Le démon frappait moins dur à cause de sa blessure à l’épaule, et la plaie à la cuisse de Namâric le rendait moins rapide. Ils étaient à égalité. Dès qu’un cadavre de marin s’approchait, un balayage bien placé lui séparait la tête des épaules.
Namâric pivota. Son coude frappa le Sacrilège au menton avant de se déplier pour projeter son épée en un revers flamboyant. Le démon para l’attaque, évita gracieusement la seconde lame, puis riposta d’un coup vertical. Namâric le bloqua de ses lames croisées, puis ramena les armes contre le sol et plaça un coup de pied circulaire.
Trop lentement.
La main du Sacrilège se referma sur sa cheville, le souleva de terre et lui fit décrire une courbe harmonieuse avant de le lancer sur une cabane en bois qui se fracassa sous l’impact. La karalite absorba le plus gros du choc, mais Namâric était secoué. Quand une boule de feu fusa dans sa direction, il ne l’évita qu’au dernier moment, et l’explosion l’envoya rouler un peu plus loin. Quand l’épée de son adversaire fendit les étincelles et descendit sur lui, il eut tout juste le temps de la dévier avant de se redresser d’un mouvement reptilien.
Le Sacrilège agita son arme. Une onde de choc naquit du mouvement et frappa Namâric de plein fouet. Les pieds du Paladin quittèrent le sol et il retomba à dix mètres de là, au bord du quai, juste au-dessus des eaux glaciales du fjord. L’épée qu’il avait volée au garde y tomba dans une gerbe d’éclaboussures.
Le démon s’élança. Namâric songea qu’il en avait assez de se retrouver par terre toutes les deux secondes. Il était un Paladin Noir, oui ou non ? La frustration lui donna la force de se relever d’un coup de rein puis de pivoter en douceur, laissant passer la lame ennemie au ras de son visage. Le Sacrilège fit volte-face en plaçant une frappe horizontale. Exactement ce que Namâric voulait.
Il s’éleva d’une détente, et l’épée fendit l’air juste au-dessous de lui. Puis ses jambes se déplièrent, ses pieds frappèrent le démon à la tête avec un bruit sourd. Le Sacrilège fut projeté en arrière, tituba, dépassa le bord du quai...
Les éclaboussures s’élevèrent très haut. Puis retombèrent. Namâric pensa qu’il en avait fini avec cette créature. Le poids de son armure l’entraînerait au fond. Le démon allait se noyer proprement.
Puis il se rappela comment le Sacrilège avait échappé au puits. Non, il n’était pas encore mort. Il allait ressortir.
Trois cadavres se jetèrent sur Namâric qui les élimina d’un unique coup de taille et réfléchit calmement. Sa jambe le lança. Il se décida.
Il allait battre ce monstre à son propre jeu.
Le sacrilège en avait prodigieusement marre. Pourquoi ce guerrier ne voulait-il pas mourir comme les autres ?
Son épaule lui faisait mal, son sang s’échappait dans l’eau. Il avait froid. Il souffrait. L’eau était son ennemie. Il ne la supportait pas.
Le démon se secoua puis commença à nager. Agitant ses jambes à une vitesse phénoménale, il s’éloigna de son point de chute puis remonta vers la surface.
L’eau jaillit dans toutes les directions. Le Sacrilège émergea au milieu des éclaboussures et retomba sur le quai, au pied de la haute tour de garde, prêt à en découdre une bonne fois pour toutes avec son adversaire.
Il n’y avait personne.
Le rat ! S’était-il enfui ? Le démon proféra une terrible injure, bien qu’il eût oublié dans quelle religion elle était blasphématoire. Puis il se dirigea vers les rues qui rejoignaient la place centrale.
A cet instant, Namâric se laissa tomber d’une fenêtre de la tour de garde et s’abattit violemment sur son ennemi. Son épée manqua la nuque du Sacrilège, mais s’enfonça dans son épaule droite déjà blessée. Le démon hurla de douleur et, sous le choc, tomba par terre.
Namâric libéra son arme, posa un pied sur le dos du monstre et le larda de coups d’épée, tenant sa lame à deux mains pour plus d’efficacité. L’armure se disloquait, le sang giclait, la chair s’arrachait et, bientôt, le dos du Sacrilège ressembla à un champ de bataille. Il se protégeait la nuque de ses mains, qui elles aussi se couvraient d’entailles. Enfin Namâric leva son arme pour le coup de grâce, suspendant son attaque une infime seconde…
Et le démon agit.
Il retourna ses mains et projeta deux boules de feu qui cueillirent Namâric au ventre. L’armure de karalite engloutit une partie de la magie, mais le reste du choc le repoussa en arrière. Le métal avait rougi sous le tir, et le Paladin songea qu’il aurait de sérieuses marques le lendemain. S’il survivait jusque-là.
Le Sacrilège se releva, empoignant son épée. Il constata que Namâric avait profité de son répit dans la tour de guet pour panser sa plaie à la cuisse. Un bandage qui ne lui servirait pas à grand-chose, puisqu’il n’allait pas tarder à mourir.
Une nouvelle onde de choc ébranla le quai, jetant à terre les cadavres de marins qui restaient. Puis une sphère enflammée fila vers Namâric, qui l’évita en bondissant sur le pont d’un navire. Le propriétaire du bateau tendit une main vers lui, retenant de l’autre ses boyaux dévastés. Namâric coupa les deux et sauta sur le bateau voisin à l’instant où un globe de feu explosait sur le premier.
Le Sacrilège bondit à son tour et tomba sur un autre navire. L’embarcation tangua sous son poids, mais ne chavira pas. Il lança une boule de feu. Namâric l’esquiva d’un plongeon et entama une course folle.
Non pas vers l’endroit où le Sacrilège se tenait, mais vers celui où le démon se trouverait lorsque le Paladin y arriverait.
Le vaisseau de Nuhatïn.
Namâric virevoltait. Bondissant d’esquif en esquif, se balançant aux cordages des bateaux, glissant le long de leurs voiles, ricochant contre les mâts, sa présence même était une arme : les boules enflammées volaient autour de lui sans l’atteindre et se fracassaient sur les barques, réduisant les morts-vivants en cendres. Non seulement le Sacrilège s’épuisait par des tirs inutiles, mais il éliminait les agresseurs du Paladin. Et Namâric, ignorant la douleur de sa jambe, poursuivait sa route.
Le démon se mit en marche. Il se jeta sur une barque, rebondit vers une autre, prit pied sur un ponton et repartit sans cesser de projeter ses sphères ignées. Les gerbes de flammes explosaient tout autour de Namâric. Le Paladin se baisse pour en éviter une puis se propulsa vers l’avant. Une voile venait à sa rencontre. Il la trancha d’un coup d’épée et passa au travers alors qu’une boule de feu s’écrasait contre elle.
Le port n’était plus qu’un immense brasier.
Le Sacrilège lança un globe de flammes juste devant Namâric. Le bateau sur lequel il comptait atterrir s’embrasa comme une torche et chavira sur le côté. Le Paladin se réceptionna sur le mât qui basculait, courut sur toute sa longueur et, parvenu au bout, bondit. Tandis que le mât tombait dans l’eau, Namâric atteignit le pont du navire marchand.
Nuhatïn et ses hommes vinrent à sa rencontre, leurs yeux brûlants de rage. Namâric faucha le premier d’un revers à la gorge, trancha les jambes du second. Il pivota, plaça une manchette au coup du marchand et lui plongea sa lame dans l’œil droit. Le cadavre hurla.
- Mission deux fois accomplie, murmura le Paladin.
Un homme armé d’une hache se précipitait vers lui. Namâric para le coup, repoussa son agresseur et, d’un coup circulaire de gauche à droite, lui sectionna les deux bras.
Il savait exactement où se trouvait le Sacrilège. Sans même apercevoir la boule de feu qui fusait vers lui, il l’esquiva d’un saut périlleux. Sans même avoir repéré le démon, il retomba juste à côté de lui, à la proue du navire. Une onde de douleur parcourut sa jambe blessée, mais il n’y prêta pas attention.
La sphère enflammée explosa sur le pont, carbonisant l’équipage et boutant le feu au vaisseau. Le Sacrilège abattit son épée. Namâric para l’attaque, sauta et lança un coup de pied aérien. Le démon l’esquiva en se baissant puis, se redressant, porta un coup de taille. L’épée de Namâric s’interposa avec un claquement sonore. Le Paladin esquissa une feinte, mais le pied du démon le frappa à l’abdomen. Il faillit basculer dans l’eau, puis se reprit et bondit vers le milieu du pont, parmi les flammes.
Le Sacrilège se rua sur lui. Namâric contra l’épée démoniaque, pivota avec une rapidité ahurissante et assena un coup de taille des deux mains. L’épée brilla dans les flammes avant de s’abattre sur le monstre. Le démon esquiva, le Paladin perdit l’équilibre. Le Sacrilège passa dans son dos et, d’un formidable coup de poing, le projeta au loin.
Namâric n’avait pas touché terre quand il s’agrippa au grand mât, l’utilisa pour faire demi-tour et revint sur le démon en un prodigieux vol plané qu’il transforma en solide coup de pied. Frappé à la tête, le Sacrilège fut jeté à terre. Le pont racla les plaies de son dos tandis qu’il glissait sur le bois, avant de s’arrêter contre le bastingage.
Namâric se lança contre lui, propulsant son épée en une mortelle estocade. Le Sacrilège comprit que cet homme allait bien finir par lui ôter la vie. Il décida donc de ruser.
Il leva son épée…
… et trancha la chaîne qui retenait l’ancre du navire.
Le câble disparut dans les profondeurs du port, et le bateau, libéré de cette contrainte, tangua dangereusement. Cette secousse déstabilisa Namâric, laissant au Sacrilège le temps de se relever.
Poussé par le vent, le navire commença à avancer.
Le Sacrilège bondit sur le Paladin, passant au-dessus de lui dans l’intention de lui perforer le crâne. Namâric plongea en avant pour s’échapper. Ils touchèrent le pont en même temps. Repartirent au même instant dans l’autre sens. Ils volèrent au-dessus des flammes, leurs épées scintillèrent dans la lumière.
Ils se rencontrèrent en plein vol. Les lames se croisèrent à deux reprises avant que le Sacrilège n’abandonne son arme pour saisir les poignets de Namâric. Le Paladin tomba sur le dos, écrasé par le poids du démon. Il perdit son épée.
Le Sacrilège passa à l’attaque. Profitant de sa position dominante, il roua Namâric de coups de poings titanesques. A chaque impact retentissait un bruit sourd et effrayant. Les coups pleuvaient sur le Paladin, impitoyables. Il cracha du sang, et le démon sut que la fin était proche. L’excitation monta.
Namâric sentait les plaques de son armure se déformer, ses os commencer à craquer. Mais il entendait aussi les planches du pont qui gémissaient sous son dos. La karalite, les os, le bois… Quelque chose allait céder.
Ce fut le bois.
Le pont vola en éclats sous un dernier coup de poing, et Namâric tomba dans la cale, entraînant le Sacrilège avec lui. Leurs épées glissèrent sur le pont fracassé et rejoignirent leurs propriétaires.
Namâric se dégagea et récupéra son arme. La lame du démon fouetta l’air, manqua le Paladin et fracassa un des multiples barils qui emplissaient la cale. Un liquide noir se répandit sur le sol.
« Petra oleum, songea Namâric. De l’huile de roche. »
Cette substance inflammable servait à alimenter les lampes à huile. Le Paladin songea qu’au-dessus de sa tête, le pont était en flammes. Si le feu gagnait la cale…
Le Sacrilège chargea avec un hurlement de rage. Namâric avisa une corde qui, fixée au plancher de la cale, disparaissait par une écoutille et rejoignait probablement le grand mât. Rassemblant ses souvenirs de Prince of Persia : l’Âme du Guerrier – l’un de ses ouvrages cultes –, il se saisit du câble et le trancha à sa base. Par un effet de contrepoids, la corde remonta, emportant Namâric avec elle. Le Paladin échappa à l’épée du Sacrilège, traversa l’écoutille et s’éleva vers le sommet du grand mât en une ascension vertigineuse. Parvenu au sommet de sa trajectoire, il abandonna la corde avant de pirouetter dans les airs et de retomber sur la dunette arrière.
Juste à côté du lance-harpon.
C’était une énorme arbalète sur pivot, conçue pour d’éventuels abordages – étonnant chez un navire marchand, mais Namâric n’avait pas le temps de s’interroger sur la moralité de Nuhatïn. Apparemment, un homme l’avait armée avant d’être tué par le Sacrilège. La corde était tendue, prête à relâcher un harpon d’un mètre qu’un câble d’acier reliait au pont du navire.
Le vaisseau brûlait. Les flammes dévoraient le pont et léchaient les voilures. Le Sacrilège jaillit de la cale et reprit pied sur le pont, insensible au feu qui grondait autour de lui. Pareil à un démon régnant sur les enfers.
Namâric pointa le lance-harpon vers lui.
« Pourquoi tant de témérité ?
Tu sais pourtant que je vais l’arrêter !
J’ai déjà évité tes flèches,
Crois-tu que… »
Le Sacrilège s’interrompit. Il ne trouvait pas de rime.
Namâric eut un sourire en coin. Après quoi il fit pivoter l’arbalète et pressa la détente.
La corde se détendit et le harpon fendit l’air, déroulant derrière lui un câble fixé au navire. Il perça la porte d’un entrepôt sur le quai et alla se ficher quelque part à l’intérieur.
Ni Namâric ni Sacrilège ne pouvaient voir dans quoi le projectile s’était planté, mais ce devait être lourd et solide, car un nouveau choc ébranla le bateau quand le câble se tendit. Cette fois-ci, ce fut le démon qui perdit l’équilibre. Namâric en profita pour bondir au bas de la dunette et s’élancer contre son ennemi.
Les épées se heurtèrent tandis que le pied de Namâric frappait la hanche du démon. Le Sacrilège grogna puis assena un coup de poing au visage de son ennemi. Le Paladin dévia l’attaque d’un revers du bras gauche, pivota pour contourner son adversaire et, dans le même mouvement, cingla l’air de sa lame. Le démon para le coup de taille. Il tourna son épée vers le bas et la gauche puis soudain vers la droite, imposant une torsion qui écarta la lame de Namâric. Le Sacrilège saisit son arme à deux mains et frappa.
Le Paladin esquiva trop tard. L’épée fendit une seconde fois son armure et mordit sa chair, ouvrant son bras gauche jusqu’à l’os. Le sang jaillit en abondance. Le démon passa dans son dos et abattit son épée.
Au début du combat, Namâric n’aurait rien pu faire. Mais le Sacrilège s’était considérablement affaibli et le Paladin, faisant passer sa lame par-dessus son épaule, parvint à contrer l’attaque. Puis il se retourna d’un mouvement fluide, sans perdre le contact avec l’épée ennemie, et porta une rafale de coups qui repoussèrent le démon.
Leurs bottes piétinaient le pont brûlant, leurs épées fendaient l’air à travers les flammes. Le Sacrilège supportait ces dernières sans la moindre difficulté, mais Namâric devait se montrer très prudent. L’incendie était un danger mortel, et sa jambe blessée le faisait atrocement souffrir alors qu’il traçait son chemin dans le feu. Son bras gauche inutile pendait à son côté. Frappant du droit, il réussit toutefois à repousser le démon jusqu’au château arrière. Incapable de reculer davantage, le Sacrilège bloquait habilement les attaques de son adversaire, son épée scintillant dans les flammes.
Namâric porta un coup de taille puis, au moment où le démon levait sa lame pour parer, il transforma son attaque en estocade. Le Sacrilège rabaissa son arme, mais il était trop tard. L’épée du Paladin traversa son armure et se planta dans son flanc, le clouant cruellement au château arrière du navire. Le démon poussa un hurlement atroce et lâcha son épée…
… pour saisir Namâric au cou.
Le Paladin, sûr de sa victoire, ne s’attendait pas à une riposte si rapide. La main droite du Sacrilège se referma sur sa gorge tandis qu’une boule de feu s’allumait dans l’autre.
- Je vais te griller la tête, cracha le démon en approchant la sphère enflammée du visage de son ennemi.
- Gnlguglgargl… fit Namâric en essayant de récupérer son épée, toujours plantée dans le corps de son adversaire.
Le Sacrilège perdit une seconde à comprendre le sens de cette énigmatique réponse. Le Paladin en profita pour tirer le couteau qu’il portait à la ceinture. Il le leva aussi haut que possible et l’enfonça dans la main du démon, qui poussa un cri féroce et lâcha son adversaire.
Namâric tomba au sol. Un coup de pied l’envoya rouler près du grand mât. Avant qu’il ait pu se relever, le talon droit du Sacrilège se plaqua sur sa poitrine et commença à appuyer.
Le démon avait arraché l’épée plantée dans son flanc et surmontait maintenant le Paladin !
- Bientôt l’entendrai craquer tes os, misérable humain. A la réflexion, cette mort sera bien plus douloureuse qu’une boule de feu dans la tête.
Ecrasé par le poids de son ennemi, cerné par des flammes rugissantes qui échauffaient son armure, Namâric trouva la force de sourire. Il brandit son couteau.
- Que penses-tu faire avec ça ? railla le démon.
Les yeux du Paladin brillèrent d’une lueur étrange.
- Mon père m’a toujours sauvé, déclara-t-il.
Et il lança le couteau.
L’arme étincela dans les airs, reflétant la lumière des flammes. Elle vola droit vers sa cible et trancha un câble affaibli par l’incendie.
Une poulie suspendue à ce câble se balança violemment en direction du Sacrilège, qui dut bondir en arrière pour l’esquiver. Elle passa au ras du sol, frôlant le visage de Namâric, puis remonta en poursuivant sa course avant de s’arrêter et de repartir dans l’autre sens.
Namâric était prêt. Debout au milieu des flammes, il se tenait sur la trajectoire de la poulie. Lorsque la corde arriva sur lui, il l’empoigna fermement et se laissa emporter par l’élan, traversant le pont à une vitesse sidérante. Tendant son bras blessé vers le sol, il récupéra le couteau de son père puis lança un dernier regard au Sacrilège.
Un regard victorieux.
Se balançant au bout du câble, la poulie dépassa le bastingage et sortit du navire. Namâric lâcha la corde et profita de sa vitesse pour accomplir un incroyable vol plané qui le fit retomber sur le quai. Sa jambe lacérée le fit souffrir et lui tira une grimace.
Le Sacrilège avait suivi cette acrobatie avec des yeux stupéfaits. Il s’apprêtait à poursuivre le Paladin quand, tournant son regard vers la proue du navire, il comprit dans quel piège il était tombé.
Le tir du lance-harpon n’avait pas eu pour seul but de secouer le navire. Poussé par le vent qui gonflait ses voiles, et retenu par le câble planté dans l’entrepôt, le bateau avait fendu les eaux du port en décrivant un ample arc de cercle. Une trajectoire qui l’amenait tout droit contre…
La tour de guet !
Le vaisseau percuta l’édifice avec une violence effroyable. La proue se fracassa dans un bruit de tonnerre tandis que, sous le choc, le pont se brisait en trois morceaux. Les planches en flammes tombèrent dans la cale à l’instant où la secousse brisait les tonneaux d’huile de roche. Le feu et le pétrole entrèrent en contact.
L’explosion fut spectaculaire. On eût dit qu’une boule de feu géante tentait de s’échapper du navire par toutes les voies possibles. Les mâts s’envolèrent comme des flèches, leurs voiles brûlèrent en une fraction de seconde tandis que les flancs du navire éclataient et que le château arrière volait en éclats. Une immense gerbe de flammes monta vers le ciel et se refléta dans les eaux. Le souffle de l’explosion jeta Namâric à terre.
Le Paladin se redressa. Le vaisseau n’était plus qu’une épave difforme qui se consumait en sombrant dans les flots. Il avait bien calculé son coup.
Mais tout n’était pas encore terminé.
Alors que le bateau allait disparaître dans l’eau, un monstrueux rugissement retentit. Debout dans les décombres, le Sacrilège se dressait. Invincible.
« Le feu est mon élément !
Je ne le crains nullement ! »
Namâric soupira. Puis se fendit.
Non pas d’un coup d’épée, mais d’une remarque ironique.
- L’explosion n’était pas destinée à te tuer. Du moins, pas directement. Tu crains les chutes de pierres ?
A peine avait-il prononcé ces mots que la haute tour de guet chancela. Sa base, affaiblie par l’impact du navire et l’explosion de la cargaison, céda soudain avec un bruit terrifiant. L’édifice s’effondra dans un grondement d’apocalypse, ses énormes blocs de roche s’abattant sur l’épave. Les pierres tombèrent par tonnes, fracassèrent ce qui restait du bateau et anéantirent le Sacrilège. Une gerbe d’eau s’éleva à trente mètres avant de retomber dans un fracas assourdissant.
Sa jambe valide supportant tout son poids, le sang ruisselant sur son bras déchiré, Namâric rengaina son couteau. Cette fois, c’était fini. Le Sacrilège avait payé pour ses crimes.
C’est alors qu’il entendit un souffle régulier dans son dos.
En se retournant, le Paladin apprit deux choses. Premièrement, les esprits qu’il avait libérés pouvaient s’emparer de cadavres humains mais aussi d’animaux. Deuxièmement, l’un des habitants de Nazzlon, probablement un riche excentrique, conservait chez lui un lion blanc bicéphale de Krasnia. Séparément, ces deux idées ne constituaient que de vagues curiosités. Ensembles, elles représentaient une sérieuse menace, qui se tenait à présent devant le Paladin. Prête à mordre.
Namâric ressortit son couteau.
Au juge de trancher.
J´ai juste lu le premier post pour le moment.
j´ai peur ![]()
"Le Sacrilège et Kaim", ou comment decourager les autres combattants ...
Moi qui trouvait que mon récit était long
Bonne chance a tout les deux ![]()
Euh, question juste: je ne sais pas qui est notre juge, mowa. ![]()
Je crois que c´est... euh, merde, j´ai encore oublié.
J´ai lu ton texte. J´ai beaucoup apprécié.
C´est serré, je vous dis, c´est serré.
Hum, ouais peut etre mais c´est pas mon avis
J´ai pas trop le maitrise des combats, c´est la premiere fois que j´en fais dans ce genre. Donc bon, voila quoi ![]()
Et puis la quantité, eh bien c´est juste enorme^^
![]()
Niveau quantité, tu n´es pas en reste toi non plus.
Lecture terminée. Grand bravo, c´est la premiere fois que je lis un combat de toi.
Bon dieu aurais-je le courage de lire ces deux pavés?
Quand je me battrai contre l´un ou l´autre il va falloir revoir ma quantité moyenne, car 2 1/2 page ne vous suffira pas... ![]()
Je juge ce soir, parce que je n´ai pas trop le temps maintenant (en passant, ça va être très serré).
A ben c´est pas si énorme que ça! t´écris en quelle taille (les lettres)?
Je vais lire
Voir comment tu décris mon perso
J´écris en Times12.
Sinon, bon j´ai lu ton texte et je me permets de donner mon avis : le style n´est pas mauvais, loin de là. Juste : Grar n´est pas un homme, même de loin on peut pas confondre donc quand tu dis "il aperçut un homme", ça fait bizarre. Autrement, j´ai deux reproches principaux à faire à mon avis :
-La taille de combat pur. Le combat est très bref, du coup il n´y a pas réellement de suspense, et je sias que je suis chiant avec ça mais je continue de penser que c´est important^^.
-Tu n´as utilisé aucune des deux techniques de Grar, c´est dommage car pendant tout le combat il se contente de tapper comme un bourrin.
Voilà.
Mais l´avis définitif viendra bien évidemment du juge^^. ![]()
( qu´az va contester.. ^^ Mr vieux chieur ON )
J´ai lu ton texte Az´
Je trouve que y´a beaucoup de similitude en mon texte et le tien !
Bref, sinon, Lod´Phalek, c´est pas son nom, c´est sa ville
Et moi, je trouve que ton combat est répétitif
Enfin, on verra comment tranche le juge ^^
bon bon bon
Ariamis, assez court, ton perso se fait maîtriser et magiquement finit par prendre le dessus... Ton style de combat s´ameliore mais va falloir faire encore quelques efforts sur la longueur. L´humour avec le nain est sympa, mais change le cours du combat. Ce qui n´est pas trop un problème d´un autre coté...
Az´, bon style, vocabulaire varié, assez long, beau combat...
Mais tes rebondissements finissent par être tirés par les cheveux. Il meurt, un autre prend sa place mais remeurt apres il ressucite... Bof bof.
Pas vu d´humour tellement marquant.
Donc The Ouin´heur est :
Encore perdu
Bravo Az´ ![]()
Merci.
Je dois avouer que j´ai eu peur, en voyant "Azerty777 s´avance", je m´attendais à un "ah ben nan c´est pas toi".^^
Pour sa deuxième résurrection, l´explication est toute bête : j´ai oublié une phrase. XD Laquelle disait que le corps d´un Sligr n´est pas comme celui d´un humain, et donc que les épées n´avaient pas perforé le coeur mais un organe mineur.
Mais je l´avoue, ma fin est un peu précipitée.
J´essairai de faire moins tordu la prochaine fois.^^ Bon, retour à trois vies maintenant.
Je monte sur l´estrade, le coeur battant. C´est mon premier jugement, et celui de grands combattants, qui plus est. Respirer. Lentement. Le public discutait, discutait, sans me laisser une occasion de prendre la parole.
"Hum, si nous pouvions..."
Le brouhaha continuait.
"BORDEL, JE PEUX PARLER ?"
Le silence se fit, et tout les regards se portèrent sur moi. Je suis légèrement stressé, malgré ma facilité à parler en public.
"Ce duel magistral a opposé KaiM, grand maître de l´arène, au style affirmé, un des plus grands Magécrivains de la cité de Forumécriture. Pour celà, saluons-le."
Dans la Haute-Tribune, plusieurs des confrères de ce premier duelliste échangent quelques mots, surtout Azerty, déçu de sa dernière défaite. Ostramus, qui n´apprécie ce loisir, contemple la scène d´un oeil critique. Je reprends la parole :
"Toutefois, son adversaire est lui aussi très bon ! Il s´agit d´Unknowledge, qui a prouvé ssa valeur. Penchons-nous sur les combats. Odar a d´abord corrigé certains de ces défauts : son introduction a désormais les bonnes proportions par rapport au combat pur. C´est très interessant, mais petit reproche : il aurait mieux fallu que le duel soit vu par le Sacrilège, bien que cela soit mineur. L´humour est moyen, et la fin est certes un peu décevante. Le style est quand à lui au rendez-vous, avec un combat mouvementé, digne d´Azerty ! Les dialogues sont bien, contrairement à d´autres duels où ils étaient un peu plats."
"Quand à KaiM... Son écriture est soignée, le combat se lit rapidement. L´humour de bonne qualité, les morts-vivants apportent un interêt supplémentaire au duel..."
"Le vainqueur est donc..."
La foule retient son souffle. J´ai réussi à faire monter le suspens.
"KaiM !"
C´est la fête pour certains, d´autres sont déçus. Quand à moi, je m´éclipse rapidement, pour éviter les huées...
Fin decevante? je pensais avoir bien fait en faisant ressembler sacri a un ork a cause de la vision troublee de Namâric, due au combat.
Bon et sinon, y a pas photo. Bravo une nouvelle fois a Kaim.