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Liste des sujets

L'Arène des Duellistes

KaiM
KaiM
Niveau 11
30 juin 2006 à 17:05:01

Donc qui gagne ?

Sunshadow
Sunshadow
Niveau 7
30 juin 2006 à 17:05:40

A bas TAB.
Ariamis: c´est un peu brouillon vers la fin, quand tu utilises le bouclier et tu fais un coup foireux à Bob.

Donc chris: Peut-être que tu devrais moins tourner autour du pot.
Ariamis: T´as pas eu de bol de tomber sur lui à tes débuts.

Le vainqueur est donc chris.

chris12
chris12
Niveau 9
30 juin 2006 à 17:11:06

ok, Ariamis t´as un bon style clair et tout, maintenant t´as juste à approfondir le combat. Pour ça, lit du KaiM :fou:

KaiM
KaiM
Niveau 11
30 juin 2006 à 17:12:57

Et KaiM, c´est môôôôôôôâ.

  • Se la pète à mort*
  • Ne rentre plus dans ses bottes tellement ses chevilles sont enflées*
  • Met des sandales*
  • Se calme et respire*
Ariamis
Ariamis
Niveau 5
30 juin 2006 à 17:35:24

sunshadow n´est pas le juge :gne: mais lui oi=u quelqu´un d´autre, j´accepte la défaite et chris mérite entièrement de gagner :ok: bravo à toi

Ariamis
Ariamis
Niveau 5
30 juin 2006 à 17:42:19

Je pense pas que KaiM égal mes auteur de H-F préféré, maisje jeterai un oeil :ok:

chris12
chris12
Niveau 9
30 juin 2006 à 20:55:18

t´as raison Ariamis, il les dépasse largement :-)

KaiM
KaiM
Niveau 11
30 juin 2006 à 21:32:09

Présume pas trop de mes qualités non plus, chris...

Ariamis
Ariamis
Niveau 5
30 juin 2006 à 21:48:39

KaiM, as tu déja envoyé tes écrits dans des maisons d´éditions?

KaiM
KaiM
Niveau 11
30 juin 2006 à 21:51:53

Niet.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
30 juin 2006 à 21:58:01

Nan, y veut pas parce qu´il arrête pas de se sous-estimer, le bougre, malgré tout ce que tous les autres lui ont dit^^. Et je sais pas si on arrivera à le faire changer d´avis avant la fin de la décennie, voire même du siècle.^^ :o))

Dylfos
Dylfos
Niveau 5
30 juin 2006 à 22:02:30

Le HS c´est direction la Salle (le jeune rabajoie arrive ^^).
(entre parenthèses, les textes de KaiM sont meilleurs que ceux de certains auteurs publiés.)

Maitre_Chevelu
Maitre_Chevelu
Niveau 7
01 juillet 2006 à 17:49:17

ARG plus que 72 minutes :fou: I can do it :fou:

:dehors:

KaiM
KaiM
Niveau 11
01 juillet 2006 à 18:18:05

Plus que 45 minutes.

KaiM
KaiM
Niveau 11
01 juillet 2006 à 18:18:18

42 en fait.

Maitre_Chevelu
Maitre_Chevelu
Niveau 7
01 juillet 2006 à 18:18:59

Denier paragraphe!

Maitre_Chevelu
Maitre_Chevelu
Niveau 7
01 juillet 2006 à 18:28:41

CA Y EST! bon je relis une dernière fois, et je poste :)

]Le_Sacrilege[
]Le_Sacrilege[
Niveau 5
01 juillet 2006 à 18:33:07

Et hop!

3e post

Cette fois, Sacrilège était la proie, et Namâric le chasseur. Couché sur les tuiles, impassible, sans bouger un muscle, le regard uniquement fixé sur la vible, les orbites remuant en même temps qu’elle. La flèche suivait le cœur, le regard suivait le regard. Et le bras bandait la corde au maximum. Une première flèche siffla à travers la ville. Le démon entendit, et se cacha derrière un mat. Une deuxième flèche se ficha dans le bois avec un claquement sec. Il roula derrière une caisse, troisième flèche, cette fois dans le talon. Namâric se permit un sourire. Encore treize flèches, et le démon boitait déjà. Il se rua vers les quais, et plusieurs rais vinrent à sa rencontre. Le premier manqua, le deuxième toucha encore sa main ensanglantée, et le troisième fut paré par le hachoir. Dix flèches, et Namâric arrêta momentanément la traque. Le démon était montée sur le toit de l’eglise, intouchable, et gravissait petit à petit le clocher. Une fois au sommet, il sonna la cloche plusieurs fois. Pour sonner le glas de la défaite, pensa Namâric.
Il se hissa au sommet, tira son épée de sa main valide, et commença à la faire tournoyer en direction de Namâric, petite tache noire sur le toit enneigé. Petite tâche terriblement dangereuse. Namâric envoya une onzième flèche, mais les ondes engendrées par le démon la détournèrent de sa trajecoire. Stupéfait par cette prouesse, il ne vit pas le souffle des lames se matérialiser droit sur lui. Il roula derrière la cheminée, et les évita de justesse. Puis il reprit sa chasse, guettant le moment où les ondes protectrices se faisaient moins puissantes, mais rien à faire. Aucune ne passait, et pluisieurs fois Namâric manqua de chuter du toit. Il venait de gaspiller trois flèches. Il ne pouvait rien faire pour le moment, alors il se posta derrière la chemiinée, et attendit une erreur.
Le démon, voyant que l’adversair avait abandonné le combat, stoppa son attaque a distance, et mit ses jambes en position, prêt à bondir.
Erreur. Comme une machine implacable créée pour tuer, Namâric la décela, et tira la flèche en plein dans la cuisse. Sacrilège n’éprouva la douleur qu’au moment du saut, et chuta lamentablement, le hachoir en main.
Six flèches.
Il planta l’épée dans la pierre, et se raccrochant de justesse, tenta de remonter. Une ligne meutrière termina sa trajectoire dans sa paume.
Cinq flèches.
Il tomba lourdement sur le toit, et tendit la main vers une encoche. La douleur était fulgurante, et le fut encore plus lorsque une flèches atteignit son poignet.
Quatre flèches.
Il dégringola, et ce fut cette fois la gouttière qui l’empêcha de chuter au sol. Il fallut deux flèches en pleines côtes et sur le tuyau de métal pour le faire chuter. Son corps balourd fut noyé dans le bassin de l’église. Et encore une flèche pour l’envoyer au pays des rêves. Le démon gisait au fond de l’eau boueuse, le hachoir s’était planté dans la neige, instrument abandonné par un musicien déchu.
Namâric poussa un cri de victoire, et ce fut à ce moment que toute la douleur afflua. Il pouvait, enfin, quitter cette ville maudite.

Le cheval était mort. Eventré. Sa crinière avait été arrachée du crâne aquilin avec haine, révélant la cervelle rosâtre. Namâric devrait aller à pied jusqu’à la prochaine ville. Un vrai cauchemar.
Qui n’était pas fini.
Derrière lui, il y eut un grincement. Au loin, une forme. Le démon ? non, son regard troublé lui montrait que ca n’était pas lui. Une massue, il tenait une massue. Gros, grand, gras. Il avançait, lentement, il ressemblait à une torche vivante. Il était couvert d’un manteau de flammes. Les flammes de son enfance. L’arc, il fallait tirer, tirer une dernière flèche.
Mais rien ne vint. Rien ne peut vaincre un Ork. Namâric accepta son deston, ankylosé.
Et dans le reflet du hachoir s’abattant sur lui, il vit le visage de sa mère.

:(

KaiM
KaiM
Niveau 11
01 juillet 2006 à 18:40:14

Ok, à mon tour :

Dès qu’il avait aperçu le village, Namâric avait compris que quelque chose n’allait pas.
Nazzlon était une petite bourgade de pêcheurs nichée dans le creux d’un fjord. Perdue au milieu de plaines enneigées, elle ressemblait à une petite miette grise et brune dans un océan de blancheur. Des maisons de bois se pressaient autour du cœur du village, quelques bâtisses de pierre à un ou deux étages. Depuis la colline où il avait fait halte, Namâric avait reconnu un temple, une auberge, plusieurs boutiques et un hall où devait siéger le chef du village. Au bord de l’eau, une haute tour de garde surveillait les environs.
La mer et le fjord n’étaient pas encore pris par les glaces ; peut-être d’ailleurs ne l’étaient-ils jamais. Trente barques de pêche, amarres nouées et voiles repliées, mouillaient dans les eaux miroitantes du port. On y trouvait aussi quelques navires marchands protégés par des bâches et, surtout, l’imposant vaisseau à trois mâts du riche Nuhatïn.
L’homme que Namâric était venu assassiner.
La mission était des plus simples. Un concurrent du marchand avait acheté les services de l’Ordre. Il exigeait la tête de Nuhatïn et, comme Namâric se trouvait dans les environs, c’était lui qu’on avait chargé de remplir le contrat.
Mais quelque chose clochait. Le soleil était déjà haut dans le ciel, faisant scintiller la neige qui couvrait le paysage ; pourtant, il n’y avait aucune animation dans le village. Curieux.
Namâric avait mené Axeban, son cheval, jusqu’à un bosquet où il l’avait attaché. Puis il avait appelé Frid, son oiseau messager, et s’était dirigé vers le village, plus furtif qu’une ombre, plus silencieux qu’un chat, ses longs cheveux noirs voletant derrière lui, les plaques de son armure jouant à la perfection.
A présent, il était sur la place centrale, ses yeux aux iris rouges parcourant les alentours.
Et ses pires craintes se trouvaient confirmées.
Les corps des habitants gisaient sur le sol, abreuvant la neige de leur sang. L’un d’eux s’était écroulé sur la margelle du puits qui trônait au centre de la place. Un autre avait été coupé en deux alors qu’il se précipitait vers l’auberge. Plusieurs s’entassaient sous le porche du temple, affreusement tailladés.
Les cadavres étaient encore frais. Namâric sortit son arc et encocha une flèche empennée de noir. Si le massacre avait été l’œuvre de quelques brigands, il ne se serait pas inquiété : les pillards ne s’attardaient jamais sur les lieux de leurs crimes. Mais l’horreur du carnage, les corps lacérés, les femmes et les enfants éventrés ou décapités, laissaient imaginer une tout autre explication.
Une chose atroce était venue dans ce village.
Et elle était peut-être encore là.
Namâric s’approcha du temple, là où les dépouilles étaient les plus nombreuses. Le bâtiment, un long rectangle de pierre grise surmonté d’un toit en bois, avait été terriblement saccagé. Les vitraux étaient brisés, les murs couverts d’inscriptions blasphématoires, la statue du dieu décapitée. On avait même dessiné une moustache sur la tête de bronze qui gisait à terre.
Namâric n’accordait aucune importance à la religion. Il ressentit toutefois une légère peine devant ce temple dévasté. Après quoi il se secoua. Il avait une mission à accomplir.
Alors qu’il ressortait sur la place, Frid vint se poser sur son épaule.
- Tous morts, patron. Je sais pas ce qui s’est passé, mais ça devait pas être beau à voir. Ca l’est pas non plus maintenant, remarquez. Tous ces cadavres, ça fait désordre. On devrait voter une loi qui oblige les tueurs à tout ranger après la fête !
- Frid, ferme-la. Il faut qu’on parte le plus vite possible. Mais d’abord, nous devons nous assurer de la mort de Nuhatïn. C’est pour lui que nous sommes là.
- Entendu, patron.
Ils se dirigèrent vers le port, longèrent le quai de pierre, s’engagèrent sur un ponton flottant, traversèrent une passerelle et prirent pied sur le grand navire. Namâric remarqua que le vaisseau était prêt au départ. Les cordages étaient en place, l’ancre remontée. Le vent gonflait les voiles déployées. Il ne restait plus qu’à larguer les amarres.
Ce que l’équipage n’avait pas eu le temps de faire.
Etendus sur le pont dans des postures qui attestaient de la violence des meurtriers, les marins étaient tous morts. Leur sang se répandait en flaques sombres sur le bois clair du navire. Nuhatïn, un petit homme brun aux habits luxueux, gisait au milieu de ses hommes, éviscéré. Namâric vérifia qu’il avait bien péri puis retourna dans le village.

La place semblait plus sinistre qu’auparavant. L’auberge, qui avait dû abriter une joyeuse animation, s’était maintenant nimbée d’une aura de mort. Quant à l’échoppe du magicien, inquiétante en temps normal, elle paraissait désormais effrayante.
- Allez, fit Frid, on se tire !
- Un instant.
Namâric s’approcha d’un cadavre. L’un des gardes de la ville, vêtu d’un uniforme vert et brun par-dessus sa cotte de mailles. Un coup lui avait transpercé la poitrine, mais ce n’était pas son sang qui avait attiré l’attention du Paladin.
C’était celui d’un autre.
Un sang étrangement sombre, presque noir, qui couvrait la pointe de l’épée du soldat. Un sang qui n’avait rien d’humain.
Namâric se détournait lorsque son sixième sens d’Elfe Noir l’avertit d’un danger. Une seconde plus tard, un énorme projectile fila droit vers lui. Le Paladin l’esquiva en se jetant à terre, d’un plongeon impressionnant qui aurait fait honte à un champion de natation. Il se reçut sur les mains, roula dans la neige et se redressa sur un genou.
La masse noire qui avait failli le percuter creusa une longue ornière dans le manteau immaculé qui enveloppait la place. Puis elle s’arrêta, et Namâric la reconnut.
C’était l’avant de son cheval.
Quelque chose avait déchiré Axeban en deux avant de le traîner jusqu’ici. A la vue du sang de sa monture, Namâric sentit une froide colère naître dans ses entrailles. Quel monstre pouvait s’en prendre à un animal ?
Dans sa chute, il avait perdu son arc. Sans chercher à le récupérer, il tira son épée et recula. Des bruits étranges percèrent le silence. Comme des pas. Précipités. De tous les côtés.
Namâric était en alerte. Un frisson glacé parcourut son échine ; il n’y prêta aucune attention. Son corps essayait d’avoir peur, mais son esprit restait calme et concentré. Il recula jusqu’au fronton du temple, s’engagea sous le porche et jeta un coup d’œil circulaire autour de lui. Personne à gauche. Personne à droite. Personne dehors. Personne dedans.
- Frid, des hommes au-dessus ?
- Non, patron, fit le minuscule oiseau brun en voletant dans les airs.
Namâric se rassura.
- Pas des hommes. Autre chose.
Le Paladin leva la tête et aperçut une immense créature qui, se laissant tomber du toit, s’abattait sur lui avec une puissance colossale. Il s’échappa d’un bond, s’éloigna de six mètres et fit volte-face, se plaçant en position de combat.
Le monstre qui lui faisait face était un véritable titan qui dépassait les deux mètres. L’imposante armure qui couvrait son torse et ses jambes laissait deviner des muscles puissants capables de briser un homme comme une brindille. Les deux immenses épées qui brillaient dans ses mains semblaient faites non seulement pour tuer, mais pour arracher l’âme de leur victime et la plonger dans les tréfonds des enfers. Quant à son visage, c’était une abomination sans nom : on aurait un crâne pourvu de cornes, dont les orbites abritaient des yeux flamboyants et irréels.
Un démon.

Namâric n’avait pas bougé. Entièrement concentré sur l’affrontement à venir, il attendait un signe quelconque de la part de l’ennemi. Il savait que ce combat ne serait pas facile. La créature avait anéanti un village entier. Ses lames étaient trop lourdes pour que le Paladin puisse les contrer sans se rompre les bras. L’affaire était mal engagée.
Ce fut le démon qui parla le premier. Sa voix était étonnamment mélodieuse, presque déplacée dans un corps si massif.
« C’est aujourd’hui que ta vie s’achève.
Ton sang impur va inonder cette neige,
Je maudis le dieu qui te protège,
On me nomme le Sacrilège. »
Il n’eut pas le temps de se lancer dans une seconde strophe. L’épée de Namâric étincela au soleil du matin et traça une ligne sanglante sur le bras du démon. Le Sacrilège grimaça, tenta de se protéger ; une seconde entaille s’ouvrit dans sa joue. A la troisième attaque, il se ressaisit enfin. Ses épées repoussèrent l’arme de Namâric et les deux adversaires s’écartèrent.
- Joli coup, patron ! lança Frid perché sur le toit de l’auberge.
- Une règle importante pour survivre, énonça Namâric, c’est de ne pas parler quand on se bat.
Furieux de s’être laissé surprendre, le Sacrilège brandit ses lames et se prépara à charger. Namâric savait qu’il ne devait pas lui permettre de prendre l’initiative. Il s’élança donc sur son ennemi, tel un loup sur sa proie, levant son épée comme un prédateur aurait montré ses crocs. Les lames s’entrechoquèrent avec un claquement qui résonna dans tout le village. Namâric plaça une seconde attaque, visant le ventre du Sacrilège. Le démon contra l’assaut, esquissa une riposte… qu’il dut transformer en parade. Le Paladin poussa de toutes ses forces, faisant reculer son adversaire, puis frappa de nouveau. L’acier claqua avec violence.
L’épée du Paladin virevoltait, enchaînant les attaques fulgurantes avec une grâce mortelle. Le Sacrilège cédait du terrain, parant les coups violents et habiles sans trouver le temps de répliquer, sa formidable puissance contenue dans une attitude strictement défensive. Les trois lames étincelaient, si rapides qu’elles semblaient animées d’une vie propre.
Bien qu’il fût en difficulté, le démon ne s’affolait pas. Cet adversaire l’agaçait. Il allait prendre beaucoup de plaisir à le tuer. Dès qu’une occasion se présenterait, il en profiterait.
Et elle se présenta.
Sacrilège bloqua une attaque en projetant violemment son épée contre la lame du Paladin. Le choc déstabilisa Namâric, qui perdit une seconde à se reprendre au lieu de porter un nouveau coup. Le démon s’engouffra dans la brèche.
Ses deux épées fendirent soudain l’air en une série de coups puissants et vicieux, traçant devant lui un véritable réseau de métal. Un géant des steppes orientales aurait peut-être pu contrer les plus faibles de ces attaques. Ou peut-être pas. Ces considérations n’avaient toutefois aucune importance, car il n’y avait plus personne dans l’espace cisaillé par les lames.
A peine Namâric s’était-il laissé tomber à terre qu’il se rattrapa sur la main gauche et faucha du pied droit les jambes du Sacrilège. Emporté par l’élan de ses armes, le démon trébucha et manqua s’effondrer. Alors qu’il titubait, Namâric se redressa et abattit sa lame. Le Sacrilège l’aperçut au dernier moment. Ses épées croisées interceptèrent celle du Paladin avant de se dégager et de frapper de chaque côté, comme une monstrueuse paire de ciseaux.
Namâric se ploya en arrière, tel un roseau dans le vent, et les épées cinglèrent le vide au ras de se poitrine. Puis, se propulsant du pied gauche, il lança le droit dans la mâchoire du démon. Un craquement retentit ; une gerbe de sang vermeil vint souiller la blancheur de la neige. Le Paladin retomba au sol, son épée tournoya une nouvelle fois en visant la gorge de son ennemi.
L’épée droite du Sacrilège bloqua la lame de Namâric tandis que la gauche fondait vers son torse. Le Paladin se déroba d’un souple mouvement de pivot, libérant son arme et portant un coup de taille. Le démon l’évita en se baissant puis se rua sur Namâric, jetant tout son poids dans la bataille.
Le Paladin esquiva la charge furieuse et se remit en garde. Une épée fusa vers sa tête, il l’évita. La seconde décrivit une courbe rapide en direction de son cou ; il plongea au sol pour lui échapper. Le Sacrilège abattit son bras droit, projetant son arme de toutes sa force sur l’épaule de Namâric. Celui-ci dévia l’attaque d’un battement sec de son épée, et les lames glissèrent l’une contre l’autre dans une pluie d’étincelles.
Face à cet adversaire insaisissable, le Sacrilège commençait à s’énerver. Ses coups se firent plus violents, plus sauvages, peut-être plus grossiers. Namâric parvenait à les anticiper, mais il se savait en danger. Ce n’était plus lui qui attaquait, désormais. Il reculait, pressé par l’avance de son agresseur, et n’arrivait pas à s’enfuir pour reprendre l’initiative. A la première erreur, ç’en était fini de lui.

KaiM
KaiM
Niveau 11
01 juillet 2006 à 18:41:31

Ils firent trois fois le tour de la place, Namâric reculant sous le flot des attaques qu’il n’esquivait qu’à grand-peine. Puis, soudain, le Sacrilège lança une offensive d’une puissance phénoménale. Ses deux épées plongèrent sur le Paladin, furent détournées au dernier moment, remontèrent puis s’abaissèrent en un mouvement meurtrier. Namâric bondit en arrière, et les lames déchirèrent la couverture de neige. Le Paladin s’attendait à ce que le démon le poursuive, mais le Sacrilège, avec un fin sourire, leva son bras gauche. Puis sa main descendit, frôlant la neige avant de lâcher son épée.
La lame tournoya au ras du sol avec un effroyable vrombissement. Elle aurait tranché les jambes de Namâric s’il n’avait bondi sur place pour l’éviter. Satisfait d’avoir esquivé cette attaque, il reporta son attention sur le Sacrilège…
… et un bruit effrayant retentit derrière lui.
L’épée avait fracassé les piliers qui soutenaient le porche du temple. L’énorme structure de pierre s’effondra sur Namâric avec un grondement de fin du monde. Il bondit à l’écart, juste avant que la masse ne s’abatte à l’endroit précis où il s’était tenu.
Le vacarme n’avait pas encore cessé lorsque le Sacrilège leva sa main à présent libre. Une sphère enflammée en jaillit et fila droit vers Namâric. Elle explosa à ses pieds, creusant un cratère fumant dans la neige et projetant le Paladin à plusieurs mètres de là.
Etendu au sol, Namâric mit une seconde à rassembler ses esprits. Lorsqu’il y parvint, ce fut pour voir le Sacrilège s’élancer dans les airs et retomber sur lui, abattant son épée avec toute la force de ses quatre-vingt dix kilos.
Frid observait la scène depuis le toit de l’auberge. Voilà la réflexion qu’il se fit en cet instant :
« La formule donnant l’énergie cinétique en fonction de la masse et de la vitesse est Ec=½*m*v². Dans le cas présent, soit 90 kilogrammes tombant à une vitesse de 6 mètres par seconde, on calcule que le pectoral de Namâric, ou plutôt un point précis de ce pectoral, va devoir absorber 3240 joules. Autant dire qu’il est mort. »
Si Namâric avait eu connaissance de cette pensée, il aurait probablement gaspillé sa dernière seconde à maudire Frid pour ce détachement insolent. Mais, ignorant tout des réflexions de son serviteur, il préféra rouler sur la droite tout en propulsant son épée dans la direction opposée. Sa lame dévia celle du démon, qui se ficha dans la neige à un centimètre du Paladin. Pivotant pour se redresser, Namâric plaça un coup de taille à la gorge du Sacrilège. Ce dernier balaya l’air de son bras, cueillant le Paladin avant qu’il ne l’atteigne, et le rejetant vers le centre de la place. Puis il retira son arme du sol et fonça.
Namâric sauta pour esquiver le coup de taille, et retomba en équilibre sur le puits. Le Sacrilège se précipita sur lui et frappa. Le Paladin attendit le dernier moment avant de bondir.
Son corps se tendit en arrière, exécuta un double saut périlleux avant de toucher terre à l’endroit précis où se trouvait son arc. Sa main gauche se referma sur la longue branche d’if tandis que la droite abandonnait son épée pour tirer une flèche du carquois.
Namâric se rétablit en souplesse et mit un genou à terre alors que Sacrilège poursuivait sa course, dans l’intention d’enjamber le puits et de décapiter le Paladin.
Alors que le démon se préparait à sauter, une flèche siffla, rendue invisible par la vitesse. Elle perça l’armure et se planta dans la cuisse du Sacrilège, qui perdit l’équilibre et alla percuter la margelle du puits.
Celle-ci céda sous l’impact. Une pierre tomba dans le vide, suivie d’une seconde, puis d’une dizaine d’autres et, enfin, d’un démon.
Le Sacrilège disparut dans le puits avec un hurlement de rage qui s’éleva bien au-dessus des toits de tuiles qui coiffaient les bâtisses. Namâric reprit son souffle, soulagé d’en avoir enfin terminé avec ce monstre.

Mais ce n’était que le début.
Ce qui restait de la margelle explosa dans une gerbe de flammes. Le Sacrilège jaillit du puits à une vitesse hallucinante, pareil à un météore de feu fusant vers le ciel. Il retomba sur le toit d’un bâtiment, à quelques mètres de là, devant les yeux exorbités de Namâric.
« Croyais-tu qu’on simple trou
Pouvais m’avaler d’un seul coup ?
C’était bien mal me connaître !
Car en survie, je suis le… »
Une flèche fusa dans sa direction, aussitôt écartée d’un violent moulinet. L’épée du démon dévia un second trait, puis un troisième. Namâric enchaînait les tirs, bien décidé à occire le monstre avec son arc, puisque son épée se trouvait hors d’atteinte.
- Maître ! hurla le Sacrilège.
Et il s’élança, gagnant un autre toit pour aussitôt rebondir vers un troisième. Il ricochait de mur en mur avec une agilité sidérante, esquivant de justesse les flèches du Paladin. Puis, alors que Namâric fouillait son carquois pour un nouveau tir, le démon se propulsa droit vers lui.
Son pied frappa le Paladin en pleine poitrine et l’envoya s’écraser contre la devanture d’une échoppe. Namâric essaya d’encocher une flèche. Trop tard. Le poing du démon percuta son ventre le fit passer à travers la porte. Son arc lui échappa des mains.
Le Sacrilège s’élança dans la boutique. En voyant les amulettes, bocaux, flacons et parchemins, Namâric réalisa qu’il s’agissait de l’échoppe du magicien. Il sauta sur ses pieds pour éviter un coup vertical avant de s’accroupir devant une frappe latérale. Cherchant une issue des yeux, il repéra une seconde porte au fond de la boutique. Sans hésiter, il s’y élança.
Poursuivi par le démon.
Il traversa un sombre couloir, descendit un escalier et déboucha dans une cave. Le maître des lieux gisait là, éventré, à côté d’une sphère de cristal qui trônait au centre de la pièce. Dans ce globe translucide ondoyaient des volutes de fumée grises, que Namâric mit quelques instants à reconnaître.
Des spectres.
Le sorcier se livrait à la magie noire ! Il avait invoqué des esprits pour les enfermer dans cette cage ! Peut-être tentait-il de s’en servir quand Sacrilège l’avait tué…
Le démon s’arrêta dans l’encadrement de la porte, savourant sa victoire. Il n’y avait aucune issue, Namâric était condamné.
Le Paladin eut une idée. Faisant face au démon, il banda tous ses muscles, prêt à se détendre comme une lame d’acier. L’homme et le monstre se toisèrent, leurs regards fichés l’un dans l’autre.
Le Sacrilège frappa.
Son épée partit en une foudroyante estocade. Alors que la pointe de métal allait s’enfoncer dans la gorge du Paladin, celui-ci bondit dans les airs et prit appui sur le plat de la lame. Puis, d’une incroyable détente, il se propulsa vers l’avant et passa au-dessus du démon pour retomber dans son dos.
L’épée poursuivit sa course.
S’enfonça dans la sphère de cristal.
La fit éclater.
Les spectres emplirent aussitôt la pièce, tournant autour du Sacrilège comme autant de guêpes autour d’un intrus. Le démon hurla, affolé par cette étrange magie, puis se couvrit les oreilles pour se protéger des cris stridents que poussaient les fantômes.
Puis les esprits se dirigèrent vers la porte, remontèrent l’escalier, dépassèrent Namâric qui s’enfuyait et jaillirent de la boutique comme des chauves-souris quittant leur grotte.
Le Sacrilège continuait de gémir au sous-sol. Namâric jugea qu’il avait le temps de s’éclipser discrètement. Il sortit de la bâtisse…
Et un spectacle hallucinant se présenta devant lui.
A peine libérés, les esprits s’étaient mis en quête de corps à hanter. Et, pour le malheur des deux combattants, Nazzlon offrait des dizaines de dépouilles sans âme. Les victimes du Sacrilège se relevaient, ignorant leurs horribles blessures, regardant autour d’elles avec des yeux étonnés.

Namâric espéra vaguement que les morts, par vengeance, allaient s’en prendre au démon. Puis il réalisa que les esprits qui possédaient ces corps n’étaient pas ceux des villageois. Le mage avait dû préparer ce sort depuis longtemps, peut-être pour le vendre à un seigneur de la guerre. Lâcher ces spectres sur un champ de bataille, c’était s’emparer de tous les tués. Un moyen infaillible de remporter la victoire. Namâric imagina ce qu’une telle arme pourrait apporter à l’Ordre.
Puis il réalisa que les cadavres marchaient vers lui.
A croire que les esprits détestaient les vivants. Bon.
Le plus proche poussa un rugissement inhumain et se jeta sur le Paladin. Namâric bondit, passa au-dessus de sa tête, l’atteignit d’un revers à la nuque puis, en retombant, frappa de haut en bas. Son épée fendit le crâne du mort-vivant et s’enfonça jusqu’au milieu de sa cage thoracique. Le Paladin poussa son ennemi à terre et, appuyant son pied sur le dos du cadavre, dégagea son arme.
Un second passa à l’attaque. Namâric évita un coup de poing, se coula dans le dos de son assaillant et lui brisa le cou d’une clef imparable. Un autre frappa avec une rame. Se baissant et tournoyant sur lui-même, le Paladin esquiva puis porta un coup d’estoc à la gorge du cadavre, lui traversant la boîte crânienne.
Le garde qui avait blessé le Sacrilège se redressa, ramassa sa lance et chargea Namâric. La main du Paladin se saisit de l’arme et la détourna de sa cible tandis que son épée faisait sauter la tête du soldat. Un autre garde se rua en avant, abattant son épée. Namâric lui fit un croche-pied, et il alla s’empaler sur la lance. Le Paladin récupéra l’épée de sa victime et se tourna vers les autres villageois qui convergeaient sur lui, comme un piège diabolique se refermant sur sa proie.
C’est alors que la devanture de l’échoppe du sorcier vola en éclats. Le Sacrilège jaillit de la boutique, poursuivi par une nuée d’esprits. Apercevant les cadavres, il se jeta sur eux ; sa monstrueuse épée frappa de droite et de gauche dans des mouvements flous. Un buste s’envola, une jambe tomba. Le démon abattit le plat de son épée sur la tête d’un zombie, lui fracassant les vertèbres. Il en embrocha un autre et le souleva de terre avant de le lancer sur ses comparses.
Puis il aperçut Namâric.
Et se rua vers lui.
Le Paladin se dégagea de la mêlée et courut vers le port. Il prit ses deux épées dans une main, sortit son appeau de l’autre, souffla dedans. Une seconde plus tard, Frid apparut à son côté.
- Je ne vois rien, tu seras mes yeux. Vole en hauteur et guide-moi jusqu’aux quais !
- OK. Et en plus, ça rime !
L’oiseau prit de l’altitude. Namâric avalait la distance à grandes enjambées, abattant les cadavres qui se dressaient devant lui, laissant dans son sillage un amoncellement de corps que le Sacrilège enjambait avec aisance.
Leur course effrénée les mena hors du centre-ville, parmi les maisons de bois. Le démon poursuivait Namâric sans relâche, le sol vibrant sous ses pas aussi agiles que rapides.
- A gauche ! hurla Frid.
Haletant, Namâric s’engouffra dans une ruelle. Un zombie tenta de la barrer la route. Il le décapita d’un coup de taille et sauta par-dessus le corps qui s’effondrait.
- Droite ! Gauche ! Gauche ! Tout droit ! Droite ! Demi-tour ! Droite ! Dix mètres en avant ! Gauche ! Un pas en arrière ! Echangez vos cavalières ! Je rigole, droite !
Frid guidait Namâric dans le dédale de ruelles, le faisant louvoyer entre les bâtiments de bois. Enfin ils parvinrent aux entrepôts.
- Voilà, patron, passez entre ces deux-là et c’est bon, vous serez sur le port. Bonne chance, au fait.
- Pourquoi bonne chance ?
Namâric se jeta entre les deux bâtiments et se heurta à une dizaines de pêcheurs armés de harpons qui le fixaient de leurs yeux d’un autre monde.
- D’accord…
Le Paladin s’élança en tournant comme une toupie, ses deux épées fendant l’air autour de lui en une tornade d’acier. Les têtes des cadavres roulèrent à terre avant qu’un seul d’entre eux ait pu utiliser son harpon.
Namâric, essoufflé, jeta un bref coup d’œil derrière lui. Et se figea. Où était le Sacrilège ?
Il y eut un bruit de chute devant lui. Le Paladin se retourna vers l’avant.

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