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Celui Qui A Des Armes Dans Le Coeur

Teen_Spirit
Teen_Spirit
Niveau 10
20 juin 2005 à 01:58:06

J´ai tout mon temps, alors je vais raconter une histoire. Je sais pas combien de temps j´y passerai, je sais pas si j´y repenserai à la fin de ma petite vie. Peut-être que je me dirai que ces trois heures que j´ai passées à écrire ce texte on été bonnes, ou peut-être mauvaises, ou peut-être que je repenserai pas à ces 10 petites minutes.
Improvisation, mais ça commence.

C´était à une soirée. Une soirée chic, une soirée costumée? Une soirée alcool, une soirée normal? Je sais plus. Peu importe se dira-t-on, voyons-nous, on ne sait pas encore si ça sera important; cependant je pense pas. On attire mon attention à un moment: tu l´as vue avec sa robe? Comme elle est jolie!
Et regarde le mec habillé tout en computers, toi, tu l´as vu? Il venait de la première ville qui me vient à l´esprit; et que j´ai perdue de vue depuis. Peu importe, j´essaie de me souvenir. J´y vois beaucoup de sable, et beaucoup de métal. Peut-être même un peu de sable métallisé. Jour sur jour, il y fait nuit. Il y a pas mal d´insectes, des verts et des pas murs, et des bleus aussi. Peu d´humains, un, ou deux, ou cinq. Il y a celui qui porte des computers, il a le front et les joues bleues, et ça fait " sssss" quand il sourit. Il a les yeux verts au milieu entourés finement de rouge, et après, soit blanc, soit bleu. Ses cheveux aussi sont verts; je sais pas s´il est jeune ou vieux, mais en tout cas c´est celui qui se comprend le mieux. Appelons-le Celui Qui Porte Des Computers. Parlons ensuite de Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes. Une dune de sable nait à chaque endroit où il s´apprête à poser le pied. Ce qui implique, naturellement, qu´il ait de longues jambes. Il porte parfois des lunettes de nuit, bleues. Sa tête est bleue clair, un peu comme de la glace, un rien transparente, et Monsieur à des cheveux un peu ébourrifés, mais immobiles, comme des pics de glace. Enfin, immobiles, ce n´est qu´un mot; il n´a jamais la même coiffure d´un jour sur l´autre. Il a, en général, un petit air endormi mais joyeux. Je le revois me saluer alors qu´il avançait, à grandes enjambées, immenses enjambées, de dune en dune. Je crois qu´il est jeune. Parlons ensuite de Celle Qui A Des Doigts A La Place Des Cheveux Et Vice-Versa. Une femme! Une mère? Je sais pas. Je la voyais, plutôt dans ce qui correspond à notre trentaine, au début. Maintenant, je sais pas, mais je préfère garder ça comme ça. Elle a donc des doigts sur la tête. Ces doigts-là ont des ongles rouges; je sais pas, en revanche, si c´est des doigts de femme ou des doigts d´homme. Ca doit dépendre des jours, peut-être, suivant son humeur. Peut-être que ses ongles deviennent bleus aussi, quand elle est un peu triste, et noirs quand ça va vraiment mal. Et moi-même ça me fait mal de dire ça, ça me fait de la peine rien que de dire qu´elle puisse avoir mal. Je l´imagine avec ses ongles noirs et j´avoue que j´ai une petite boule dans la gorge. Elle ne doit pas mériter d´aller mal. Et vice-versa, elle a des cheveux à la place des doigts. De longs cheveux. Mais ne faisons pas de confusion: Elle ne peut pas bouger les doigts qu´elle a sur la tête, mais elle peut bouger ses cheveux qu´elle a aux mains, comme des doigts. Et attention! Elle n´a pas 5 cheveux pour remplacer 5 doigts. Elle a une épaisse mèche de cheveux pour chaque doigt. Bruns, au fait, les cheveux. En fait, ça a plein d´avantages. Premièrement, c´est plus beau qu´on le pense. Ensuite, il n´y a presque jamais de noeuds dans ses doigts! Le fait qu´il puisse y en avoir dans ses cheveux n´est pas un problème, puisqu´elle a le contrôle de chacun de ses cheveux elle peut facilement les défaire. Et puis, vous le constatez très aisément, des cheveux c´est beaucoup plus souple que des doigts, elle peut les tordre dans n´importe quel sens, et ses mains ont constamment l´air emprunts d´une magie insolite. Ses yeus et ses dents sont de la même couleur que ses ongles; ça dépent des jours. Elle aime bien se promener; mais pas trop. Au fait, je sais pas si ses doigts de pied sont aussi des cheveux; mais en tout cas elle a pas de doigts de pied sur la tête. Et puis, il y a aussi Celui Qui A Du Vent Sur La Tête. Il est vraiment, bizarre, celui là. Mais marrant. Il fait toujours onduler ses doigts, comme pour dessiner des petites vagues, et ses bras aussi. Tout son corps ondule, de ses pieds à son sourire. Et ses cheveux n´arrêtent pas de tourner, de tourner... Verts, ses cheveux. Il vit complètement dans sa bulle, tout le temps à danser sur une musique de lui seul entend. Il a une petite voix aigue qu´on entend comme si on parlait sous l´eau. Il est heureux comme ça, c´est celui qui se fait le moins de souci; il a toujours un grand sourire et les yeux grands ouverts. Et enfin, Celle Qui A Plusieurs Voix et Des Instruments Dans La Gorge. Elle a les cheveux blancs, et un masque de snowboard, elle a l´air jeune. Elle aussi est plutôt joyeuse. Et elle, elle peut tout faire avec sa voix, ses voix, enfin... ce qu´elle a quoi. Rien qu´en ouvrant la bouche, elle peut vour réciter un morceau à elle toute seule, tout en même temps. Ca lui fait se bouger les lèvres bizarrement, et je pense que sa langue aussi, mais c´est joli à voir, et surtout à entendre.
Mais reprenons. L´autre est donc parti voir la fille en robe, et moi, Celui Qui Porte Des Computers est venu me voir. Sur ses dents et dans ses yeux défilaient des chiffres, des mots, des pensées; et j´ai tout de suite admiré sa pureté, sa franchise. Son haleine mystérieuse... Ses mots sentaient l´étrange, le lointain; la liberté. Il me raconta qu´il était venu ici parce qu´il s´ennuyait dans on désert; mais que comme à chaque fois, cette ville, au bout de quelques heures, l´exaspérait. Mais il me dit également qu´il serait intéressant que je vienne le voir. Il m´invitait dans sa ville de métal. Puis il partit.
Je réfléchis. Pas longtemps. Ca faisait longtemps que je voulais partir. Le désert, c´était une route que je voulais emprunter.
J´entrai donc dans la nuit qui s´étendait paresseusement au dessus de leur petite ville de métal. Je passai sous l´arche d´entrée. Bien sûr, je ne l´ai peut-être pas dit, il n´y avait pas de plafond: c´est une ville et pas une maison. D´ailleurs il n´y avait pas de maison proprement dite dans cette ville. Celui Qui Porte Des Computers m´acceuillit à l´intérieur avec un sourire. Les cinq habitants s´étaient réunis, ils m´attendaient. Ils me souhaitèrent la bienvenue. Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes se pencha de toute sa hauteur et me serra la main entre deux de ses doigts, Celle Qui A Des Doigts A La Place Des Cheveux Et Vice Versa enroula sa main autour de mon avant bras avec un sourire; elle avait ses yeux d´un rouge clair, un peu délavé, qui signalait qu´elle était dans un bon jour. Celui Qui A Du Vent Sur La Tête me salua d´une main souple et avec sa drôle de voix; et Celle Qui A Plusieurs Voix Et Des Instruments Dans La Gorge me salua cinq fois en même temps.
Ce soir là on a tous mangé ensemble, assis sur les baskets de Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes, et on a ri. On a ri.
Les jours passaient. On était heureux tous ensemble. Et puis, un jour, une nuit, Celui Qui Porte Des Computers et moi regardions les autres s´amuser. Fatigués, on s´était retirés du jeu pour quelques minutes. Et il me demanda:
" Dis, ça fait quoi d´avoir quitté ton monde?
-Ca me rend heureux.
-Ah bon? Et ta famille?
-Je l´aimais pas.
-Oh..."
Ma réponse l´avait surpris. Je lui souris. Il me sourit en retour, mais pas d´un sourire aussi franc que d´habitude. Ce que j´avais dit l´avait troublé. Ce que j´avais dit l´avait troublé. Et puis, Celle Qui A Des Doigts A La Place Des Cheveux Et Vice Versa nous appela. On est retournés jouer.
Et puis un jour, . .. Une nuit... On n´a plus vu Celui Qui Porte Des Computers. Il était parti. Tout le monde s´inquiéta de sa disparition; d´habitude quand il partait il prévenait. On attendit... On attendit toute une nuit. Celui Qui Porte Des Computers ne revint pas. Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes partit dans le désert à sa recherche à grandes enjambées rapides, précipitées. Celle Qui A Plusieurs Voix Et Des Instruments Dans La Gorge l´appela, l´appela de toute son âme, de tous les sons qu´elle avait en elle... Celui Qui A Du Vent Sur La Tête essaya de sentir, dans les vents, venant du Nord, de l´Est, du Sud, de l´Ouest et de partout, l´odeur de Celui Qui Porte Des Computers. Il ne souriait plus, n´ondulait même presque plus. Celle Qui A Des Doigts A La Place Des Cheveux Et Vice Versa et moi scrutions le désert en tous sens. Elle avait des noeuds dans les mains, et n´essayait même pas de les défaire. Ses yeux, ses ongles et ses dents étaient tout noirs...
Celui Qui Porte Des Computers n´apparut pas à l´horizon, ne répondit pas à aucun appel, ne laissa aucune trace dans le vent, et demeura introuvable. Nous restions silencieux, accablés, nous ne comprenions pas, nous ne pouvions plus rien comprendre. J´essayais de défaire les noeuds des mains de Celle Qui A Des Doigts A La Place Des Cheveux Et Vice Versa, et elle, elle... son regard tout noir transperçait ses mains sans rien voir. Celui Qui A Du Vent Sur La Tête n´ondulait plus du tout. Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes errait sans but dans la ville. Celle Qui A Plusieurs Voix Et Des Instruments Dans La Gorge tentait encore un appel de temps à autres, et passait le reste du temps à pleurer avec des dizaines et des dizaines de voix en même temps, remplissant le silence de douleur. La ville rouillait sous une pluie de tristesse.
La ville rouillait sous une pluie de tristesse.
La ville rouillait sous une pluie de tristesse.
Et un jour, on aperçut quelque chose au loin. C´était lui. Celui Qui Porte Des Computers revenait vers nous. Il marchait droit, lentement, seul dans le sable du désert. Nous l´attendions, tous les cinq alignés, lorsqu´il passa l´arche d´entrée. Heureux et en colère à la fois, nous étions tous en feu, les mains sur les hanches et un immense sourire aux lèvres...
Nous nous éteignimes tous aussitôt. Celui Qui Porte Des Computers passa entre Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes et Celle Qui A Plusieurs Voix Et Des Instruments Dans La Gorge sans s´arrêter. Presque plus rien ne défilait dans son regard, et en tout cas il n´y avait plus rien de sencé. Vouté, trainant des pieds, il continua sur sa trajectoire, tout droit, jusqu´à rencontrer un pilier de métal. Son front le heurta. Il continua cependant, dans la même posture, à marcher. Il n´avançait plus. Ses pieds glissaient dans le sable, et le pilier le bloquait. Toujours ce regard perdu. On était autour de lui, tous les cinq. On est restés là pendant plusieurs heures, peut-être même plusieurs nuits. Et on a compris que Celui Qui Porte Des Computers n´était pas revenu. Et ne reviendrait certainement jamais.
Tout repris son cours comme si ce corps n´était jamais revenu, en pire. Au fil des jours, les yeux de Celle Qui A Des Doigts A La Place Des Cheveux Et Vice Versa devenaient gris. Et une nuit, un matin, quand je suis venu démêler ses mains, elle était couchée par terre, ses yeux étaient tout blancs. Elle était partie elle aussi. Elle était morte. Je me suis penché sur elle, et j´ai mis ma tête au creux de son cou. Et je suis resté, comme ça. . ..Comme ça.
Je suis sorti après sans doute plusieurs nuits. Personne ne parlait. Personne ne parlait. Le silence. Jusqu´au jour, à la nuit où Celle Qui A Plusieurs Voix Et Des Instruments Dans La Gorge laissa sortir tout ce qu´elle avait. Ce son horrible, cette terrible bombe détruisit le verre de son masque de snowboard... Il laboura nos entrailles pendant plusieurs minutes, et nous le laissions faire, Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes, Celui Qui A Du Vent Sur La Tête et moi. Puis le son détruisit un pilier de métal qui s´effondra sur Celle Qui A Plusieurs Voix Et Des Instruments Dans La Gorge; et elle se tut. Et elle mourrut.
A nouveau, plusieurs jours, plusieurs nuits s´écoulèrent. Dans le silence. Même le vent ne soufflait plus. A la limite de mon champ de vision, et surtout de mon champ de conscience, je vis Celui Qui A Du Vent Sur La Tête grossir, se gonfler, se gonfler, peu à peu, au fil des jours, des nuits. Et a un moment, il y eut une explosion. Celui Qui A Du Vent Sur La Tête était parti lui aussi. Il était mort.
Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes marchait toujours. Il tournait désormais autour de la ville, il tournait en rond, sans plus dire bonjour à personne. Il passait à intervalles réguliers sur la ligne figée que traçaient mes yeux vers l´horizon. Et puis une nuit, il s´arrêta. Il resta là, sans rien faire du tout. Il attendit des nuits entières. Et tout à coup, il se mit à courir. En un instant il fut à l´horizon, et il en disparut un tout petit peu plus tard. Alors, je me levai. Et j´allai voir Celui Qui Porte Des Computers. Il était toujours bloqué contre le pilier de métal, il s´était enfoncé dans le sable à force de le piétiner. On ne voyait plus ses genoux. Je restai là à le regarder. Au bout de douze nuits je m´assis par terre. Et une vingtaine de nuits plus tard il s´arrêta de marcher. Je me dis qu´il était mort lui aussi. Mais il recula d´un pas dans le trou qu´il avait creusé, et tourna vers moi ses yeux presque vides. Celui Qui Porte Des Computers ouvrit la bouche. Je m´approchai. Ses yeux se vidèrent complètement. Une nuit s´écoula. Et puis les lettres défilèrent verticalement, sur une seule colonne.

Q

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Et puis il retourna la tête vers le pilier, et se remit à marcher. Son front se replaca là où il était avant, et ses pieds se remirent à piétiner le sable. Je me rassis. Il creusa son trou, au fil des dizaines de nuits qui passaient, devant mon regard mort. Il s´enterra jusqu´aux épaules, jusqu´au menton, jusqu´au nez, jusqu´aux cheveux. Il s´enterra tout entier et s´enfonça encore, jusqu´à ce que je n´entende même plus les bruit de ses pas.
J´attendis encore, et puis, à quatre pattes, m´avançai vers le trou. Je jetai un regard et ne vis rien. Alors, je m´éloignai, j´allai sur la terrasse depuis laquelle nous scrutions l´horizon, Celle Qui Avait Des Doigts A La Place Des Cheveux Et Vice Versa et moi, en attendant le retour de Celui Qui Portait Des Computers. Et je restai là.
Et je restai là des nuits, des nuits, des nuits... L´odeur de tous Ceux-Là s´estompa petit à petit. Je les revoyais ça et là... Et je restais là. Je me rappelais.
. ..
. ..

. ..

. ..

. ..

. ..

. ..

. ..
Et un jour, une nuit, quelque chose apparut à l´horizon. Il vint vers la ville. Il passa l´arche de métal, regarda autour de lui, me regarda. Il vint jusque dans mon dos.
Et il brisa le silence, il brisa la bulle de souvenirs, il dissipa les mirages...
" Je suis Celui Qui A Des Marionettes Dans Les Yeux. Et toi, comment tu t´appelles?
-...
-...
-...
-...
-... Je sais pas.
Tu sais pas? Je vais te dire comment tu t´appelles. Tu es Celui Qui A Des Serpents Dans Les Yeux, tu es Celui Qui A des Armes Dans Le Coeur, tu es Celui Dont Les Paroles Tuent."

Puis il est parti.
Et moi, j´ai attendu. Et puis, à mon tour, je suis parti.

Teen_Spirit
Teen_Spirit
Niveau 10
28 juin 2005 à 02:27:45

Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes courut très longtemps. La ville de métal était si rouillée qu´il sentait qu´elle allait fondre. En miettes ou en larmes, ça, il ne savait pas. Il ne savait pas non plus ce qu´il avait fui, ni pourquoi. Et il s´interrompit. Il approchait d´une frontière, du haut de ses dunes il le voyait. Alors il se dit que c´était le bon moment pour s´arrêter de courir, et réfléchir, et puis commencer à s´acclimater. Il ne savait pas ce qui l´attendait mais l´air était différent, les sons étaient différents. Il prêta oreille. Il eut du mal à choisir laquelle. Il mit longtemps à prendre cette décision. Et puis il se dit qu´il ne voulait pas que cette oreille soit tout de suite trop franche, de peur qu´elle soit trop brutale. Il la prêta enfin. Et se dit qu´il avait bien fait. Parce qu´elle fut assez brutale. Ca ne le fit pas sursauter, il fut un peu surpris mais à peine. Elle était brutale mais enveloppée, assez grossièrement, avec quelques lambeaux, mais de doux lambeaux. Confortables en plus, au niveau de la forme. Bref, il avait bien fait et se dit " tant mieux".
Cela faisait donc très longtemps qu´il courait, mais pas assez néammoins pour qu´il sorte complètement de la torpeur dans laquelle il était bel et bien complètement tombé. C´est pourquoi il se questionna sur les raisons de sa course loin de la ville de métal, et non sur son passé. Son passé d´avant la ville. Sinon, il y aurait repensé.
Alors il se posa des questions, très maladroitement au départ. Enchainées sans alinéas, sans même points d´interrogation, il se questionna presque de manière agressive. Il courait toujours un peu dans sa tête. Il se laissa gratter par les grains de sable, comme des araignées qui lui seraient montées du bas vers le milieu du dos. Presque à s´en faire peur. Il se remit les idées en place, en quelque sorte. Sa tête étant encore trop mouvementée, il se dit que plutôt que d´y entrer directement par les yeux, il devrait y entrer par les dunes. Ses baskets. Et déjà, son oreille lui parut moins brutale. Et quand elle gagnait un peu en force, même s´il appréhendait toujours ces petites explosions, elles lui paraissaient presque être porteuses d´espoirs.
Il questionna d´abord ses dunes. Il entra par le bout de ses pieds, remonta par ses jambes, se reposa un peu dans le ventre, parce que mine de rien, cette escalade était difficile, mais agréable. Amusante. Et il escalada, escalada. Il arriva finalement jusqu´à la tête. Le chemin fut plus enrichissant que la destination en elle-même.
Car une fois arrivé, même s´il se doutait que les réponses étaient là... . ..il se dit que c´était plus la peine. Ouais, il avait retrouvé son calme maintenant, c´était OK, et puis la question valait pas tellement le coup. L´était pas intéressante, quoi. Il avait agi comme ça parce qu´il était devenu subitement fou, surtout, il croyait. Y´avait eu un moment où il aurait obéi à la première injonction de son cerveau, et puis peu importe. Et il avait couru. Il voulait pas y retourner. Ca l´intriguait ce que devenait la ville, mais il voulait pas y retourner. Pas parce qu´il avait peur. Il redoutait rien là-bas. Mais il se dit que c´était trop tôt. Ca lui ferait rien, justement. Valait mieux garder ça pour plus tard, parce que là, peut être que ça lui ferait ressentir quelque chose, quand il serait plus vieux. Ouais, quand il serait plus vieux. Pour l´instant il était là, et puis c´était tout. Il avait beaucoup couru, il était à une frontière; et il avait envie d´aller voir. Ca serait ptetre juste un petit passage en coup de vent. Le désert était grand, il voulait l´explorer encore plus, essayer de trouver d´autres villes. Mais il devait encore attendre. Alors il attendit. Comme s´il avait pris de l´avance dans son escalade, fallait qu´il attende que les autres aient fini. Parce qu´à ce moment là, ça lui avait plu de se dire qu´ils étaient plusieurs à la frontière de la ville. Et peut-être qu´il avait raison.
Il attendit, et puis la nuit, l´unique, laissa place à un jour ordinaire. Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes devint gris. Il regarda autour de lui, fit quelques pas et entra. Il se retouva dans une chambre. Il savait et ne savait pas ce qu´était une chambre. Comme s´il en avait déjà vu, mais par les yeux de quelqu´un d´autre. Enfin bon. Il était bien trop grand pour la chambre, il devait se plier en deux. Il inonda la petite pièce de sable. Il dut se coucher et jouer des bras pour passer la porte. il dit ramper dans les escaliers. Plein de sable partout. Il paniquait pas. Ca le faisait pas sourire non plus, en fait il s´en foutait. Il alla dans la salle à manger, ouvrit les placards un a un en saisissant leurs toutes petites poignées. Juste comme ça, pour voir et pour s´amuser un peu aussi. Et puis il sortit. Il arriva dans une rue. Les immeubles étaient grands. C´était une ville en métal avec comme sol du goudron. En métal mais vraiment différente. Et puis il y avait de la pierre aussi. Il eut envie de rire, de rire bien fort. C´était du n´importe quoi. Depuis quand on mariait la pierre et le métal? Ces deux là peuvent pas se voir, c´est bien connu. En tout cas les deux se taisaient. Il régnait entre la pierre et le métal, et entre la pierre et la pierre et entre le métal et le métal, un silence total. Total... Avec des T qui claquent, bien méprisants. Se détestaient tellement qu´ils faisaient comme s´ils étaient morts, alors qu´ils étaient juste agonisants. Pour faire comme s´ils étaient personne. Comment dire... Comme s´ils n´était pas animés. Comme c´était étrange. Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes sauta, sauta, à pieds joints, de long, en large de la rue, mit ses baskets sur les murs, et tout, et tout. Il fit naître des milliards de petits grains de sable. Plein de petits milliards partout dans cette rue là. Le sable entretient avec la pierre une grande amitié; et entre le métal et le sable règne une assez drôle courtoisie, presque complice. La pierre et le métal essayèrent, bien sûr, de continuer à faire les morts. Mais ça marchait pas comme ça. Bientôt tout ça parlait bien haut bien fort tous ensemble. La pierre et le métal se disputaient, le métal et le sable discutaient, la pierre et le sable s´amusaient. Et assis au mileu de la rue, Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes regardait en riant les jeux qui s´organisaient sur son buste. Le sable et la pierre se faisaient des courses de ci de là sur des planches verticales de métal. Il y eut même du bois et de l´herbe, un peu, pour venir dans la rue, et, bien qu´aucun des deux ne s´entendent vraiment avec les éléments déjà en présence, ils s´amusèrent aussi. Des expéditions furent organisées un peu partout dans la ville, des petites excursions en petits groupes... Bientôt, toute la ville fut par terre et sans dessus dessous. Une grande fête. Et la nuit tomba. Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes redevint bleu glace. Alors il se leva, et, applaudi par tout le monde, il se mit à danser. Ca dura longtemps, longtemps... Et puis finalement, quand le jour commenca à se relever, une foule apparut à l´horizon. Des créatures étranges, presque toutes pareilles. Il se rappelait qu´on appelait ça des humains. A leur tête marchait un petit, un petit gosse, avec un cartable. Quand il furent presque à l´entrée qui n´était plus tellement visible, alors que tout le monde ou presque dormait derrière lui, Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes s´approcha, et s´accroupit juste devant le gosse. Même comme ça il était facilement deux fois plus grand que lui. Le gosse regarda la ville, puis leva les yeux à la verticale vers Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes, qui était encore bleu glace.

" Mais... T´as tout détruit?"
Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes leva un sourcil.
" Ah nan... Merde, faut que je change d´image."
Et puis toute la foule d´humains disparut. Et là, Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes prit sa couleur grise.

yuna6901
yuna6901
Niveau 5
28 juin 2005 à 02:34:34

j´ai pas encors lut, je suis sur ma fic( un fic sur stars wars), mais il y a une bonne présentation ( essaye d´espacer un peu plus pour que sa fasse moin gros qui peut décourager à lire) et l´orthographe à l´ai d´etre correcte. Allez, je me lance dans la lecture

yuna6901
yuna6901
Niveau 5
28 juin 2005 à 02:43:27

j´ai vite décrocher, le début est assez lourd. Je suit pas très bien dès les première ligne. Relie-toi

Mon jugement est personnel

Teen_Spirit
Teen_Spirit
Niveau 10
28 juin 2005 à 03:33:31

C´est relu plusieurs fois, depuis longtemps. Et c´est laissé tel quel. Sinon ça n´a plus aucun intérêt.

C´est " fait exprès". Entre guillemets parce qu´il n´y a justement rien de fait exprès. Quasiment aucun filtre de la tête à la main. Alors c´est comme si c´était une langue étrangère. C´est presque mon langage à moi, le plus primitif qui soit. Que même moi, dans mon état normal, j´aurais du mal à comprendre. C´est des idées mises en attente, assemblées, puis mises en action, les actions qu´elles veulent.

Le tout début c´est une sorte de présentation de tous les personnages, et c´est vrai que c´est lourd, j´ai trouvé aussi. C´est un bouchon " fait exprès", pour que les idées s´entassent et s´emboitent. Carambolage. Et puis après la route se débloque et " l´histoire" se met à avancer.

Teen_Spirit
Teen_Spirit
Niveau 10
23 août 2005 à 01:25:14

Il est devenu vieux. Sa démarche était déjà lourde ; elle l’est restée. Il fait toujours aussi bien avec, ceux qui le trouvent maladroit ne le connaissent pas. N’était-ce pas lui qui avait rallié les éléments, et s’était sorti de leur mauvais assemblage que les humains appelaient Maison ?
Il est devenu vieux. Il a plus d’expérience, pourtant il sourit moins. Le monde, au final, a perdu de son charme, quand il s’est mis à mieux le connaître. Il n’a toujours pas compris ce qui se cachait derrière les frontières, mais il l’imagine.
Le désert est devenu chaud et éprouvant. Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes s’est beaucoup endurci pourtant. Il est devenu plus dur, infiniment plus dur que la glace. Il a du vivre des choses, je sais pas encore ; peut-être qu’il me les racontera ; quand il sentira qu’il va perdre, ou quand il aura gagné. Ou peut-être pas.
Peut-être qu’il m’a raconté ce que je vous dit, ou alors peut-être que je l’observe à son insu. Ce que je ne vous souhaite pas. Toujours est-il que quelque chose tire à sa fin. Il livre un combat contre le désert. Il ne le voulait pas, il ne sait pas de qui ça vient, mais ils se sont éloignés. Ils étaient pourtant vitaux l’un à l’autre ; ça, ils ne s’en sont rendus compte que bien trop tard. Il leur fallait déjà vaincre l’autre pour espérer survivre. Il aurait presque préféré qu’ils meurent chacun de leur côté, mais le désert avait entamé les hostilités. A partir de ce moment, il ne pouvait plus faire comme si de rien n’était. Leur amitié était révolue. Ils n’étaient plus amis, non. Plus de famille. Ils n’étaient pas ennemis ni étrangers pour autant… C’était comme ça.
Mais cette dispute n’était pas uniquement leur faute, leur affaire. Quelque chose, comme une maladie, s’était insinué dans leur atmosphère. Par une porte mal fermée, par un concours de circonstances et une curiosité malsaine ; ils ne savaient pas.
C’était une guerre d’usure désormais entre lui et le désert. Une fois seuls, ils espéraient pouvoir voir ce qui n’allait pas. Ils ne connaissaient pas la communication ; c’était quelque chose qui n’avait pas de sens dans leur monde. Quelques créatures en étaient, bien sûr, dans le temps, dotées. Comme une amie aux voix multiples qu’il avait eue, il y a longtemps. Mais c’était loin d’être une chose répandue. C’était un caractère propre à certains, comme celui de faire naître des dunes sous ses pieds, ou de porter des computers. Chacun sa part de magie.
Il marche, juste pour le plaisir, pour faire passer le temps aussi. Parce qu’il sait que bientôt, il pourra peut-être plus le faire. Il s’arrête. Il s’arrête. Il s’arrête. Il pense il trouve il voit. Soudain…
Devant lui se dresse une créature. Dire qu’elle serait étrange n’aurait aucun sens dans son monde. Et dans le notre, cette créature n’aurait tout simplement rien d’étrange.
Elle se tient, immobile, fichée dans le sable. Deux longues jambes lui montent jusqu’aux épaules. Elle n’a pas de coup, pas de tête. Simplement un corps plat qui relie les deux jambes, à partir des genoux jusqu’au bassin, bassin qui est à la fois épaules.
C’est la maladie. Il le sait. Et elle communique. Elle n’est pas obligatoirement méchante… mais elle est stupide. Stupide et folle. Elle ne communique pas vraiment à vrai dire, pas comme son ancienne amie, elle utilise une forme primitive de communication, sans magie.
C’est un panneau publicitaire.
Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes sait qu’il ne peut rien faire. Dans son monde, dans son désert, on respire du silence. Ni lui, ni le désert n’ont d’oreilles, ils ne pouvaient pas se rendre compte. Ils étaient étouffés à petit feu, le silence se raréfiait.
Il faut fuir. Il faut fuir loin, là où il y a encore du silence. Il doit creuser des trous et enterrer du silence.

Teen_Spirit
Teen_Spirit
Niveau 10
17 septembre 2005 à 23:28:47

Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes commença à fuir. Il avait peur du panneau. Il en avait d’autant plus peur qu’il savait que les ravages qu’il provoquait pouvaient l’atteindre à tout moment… Il s’arrêta de courir.
Durant ses voyages, Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes avait acquis quelques facultés de destruction. Il n’avait pas eu à s’en servir souvent mais il se dit que contre le panneau publicitaire, il n’avait pas le choix. C’était on ne peut plus vrai. Il ne percevait que trop bien le danger que représentait le panneau. Il avait tellement peur que son corps ne lui obéissait plus, il était irrémédiablement poussé à détruire la créature.
Le panneau était comme une porte. Un œil pouvait regarder au travers. Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes avait peur qu’à ce moment, l’œil choisisse de regarder par le panneau…
Peur.
En silence, les grains de sable autour de lui commencèrent à se trémousser. La suite se passa très rapidement. Le sable jaillit vers le panneau, transperça son corps d’une infinité de trous. Puis il s’empara des jambes de la créature et les lui broya.
Le désert avait senti la peur de Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes. Il brûlait de colère de savoir qu’il avait été parasité, mais la maladie avait été éradiquée… Tels étaient les sentiments du désert.
Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes était à la fois content et très triste. Il sentait très bien que la maladie était toujours dans le corps du désert. Il avait toujours peur.
L’œil n’avait pas eu le temps de regarder à travers le panneau. Pas le temps… Il devait être occupé à regarder autre chose… par une autre porte. Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes ne doutait pas que bien d’autres panneaux étaient fichés dans la peau du désert.
Lui et le désert étaient à présent réconciliés. Il choisit de cacher ses pensées au désert. Il ne voulait pas gâcher ce bonheur que son ami retrouvait, même s’il ne le partageait pas.

Quand le désert fut endormi de nouveau et que Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes se fut reposé, il se remit en marche. Une fois en mouvement, il se sentit ragaillardi. Il avait enfin une destination, comme autrefois, lorsqu’il sillonnait le désert de long en large. Et il espérait. Sans doute pourrait-il reprendre ses explorations, s’il triomphait des panneaux publicitaires et de l’œil derrière eux.
Il retourna à la ville de métal.

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
18 septembre 2005 à 12:08:19

j´avoue que je n´est lu que le début du premier chapitre, et j´ai arrêté au début de la description de Celle Qui A des Cheveux a la place des doigts ou un truc comme ca.
je compreds pas trop, le décor, l´endroit, et malgré le fait que l´on avraiment l´impression que tu décris, on arrive pas a s´imaginer le personnage...
le début est lourd, comme le dit yuna...et puis en parcourant vite fait sans lire les autres chapitres, je vois que tu ne donnes pas de noms au perso, et que ca continue a être celui qui a des dunes au baskets (enfin je crois :) )
trouve un nom a tes perso pasque la les noms sont lourds.

sinon, le style est bien, bien écrit et tout et tout.
mais bon, ceci est mon avis personnel, et sache que je me trompe très souvent...
continue a écrire dans ce style, car tes tournures et tout et tout sont biens :ok:
:o))

tohru
tohru
Niveau 10
19 septembre 2005 à 12:34:50

Mouah j´ai complètement adhéré, que ce soit au niveau du scénario, qu´au niveau de la mise an scène ou de l´écriture en elle-même... Enfin tu l´auras compris, j´adore =)

Teen_Spirit
Teen_Spirit
Niveau 10
23 septembre 2005 à 23:12:44

Pourquoi retourner à la ville de métal ? Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes avait fui la ville, autrefois, car il avait eu peur. Et il avait fui le panneau parce qu’il avait eu peur du panneau. Il était néanmoins revenu vers le panneau, pourquoi alors ne pas revenir vers la ville ?
Il fut bien évidemment attristé par ce qu’il vit. La ville était toute rouillée. Alors qu’elle étincelait autrefois avec douceur sous la lueur des étoiles, elle était aujourd’hui d’une couleur ocre et terne. Ce n’était rien d’ étonnant, le désert lui-même s’était beaucoup assombri, et Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes était sûr que, dans la nuit, plusieurs étoiles manquaient à l’appel depuis longtemps. Cependant, le silence qui régnait en ce lieu plaisait à Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes. Il était pesant quelque part, et même épais, mais semblait simplement paresseux, comme si l’atmosphère était endormie, tranquille… Et à bien y réfléchir, il était vrai que l’atmosphère avait du avoir la vie dure, à l’époque où lui et ses amis étaient ici.
Il retrouvait d’anciennes dunes, d’anciens paysages, il revenait, les mains comme dans les poches s’il en avait eu, au lieu de ça elles ballottaient presque gaiement au rythme de ses pas. Presque, car bien sûr, cela le touchait profondément de revoir la ville, la ville sans ses amis. Mais, quelque part, le fait qu’elle avait changé de visage l’aidait. Il avait vécu, les choses étaient différentes maintenant. Il s’était réellement endurci.
Il passa enfin sous l’arche rouillée, fit quelques pas et regarda autour de lui. Il se décida vite quant à l’endroit précis où se diriger. Il y avait peu de choses à voir au final. Il alla voir le pilier de métal contre lequel Celui Qui Portait Des Computers s’était bloqué lors de son non-retour. Il avait continué à marcher, le front collé au pilier, balayant le sable de ses pas traînants. Il avait creusé au fil du temps un trou d’une profondeur inimaginable. Il était peut-être même encore entrain de creuser inconsciemment, à l’heure qu’il était. Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes voulait aller voir. Il descendit donc dans le trou.
Combien de temps descendit-il ? Il arrêta bien vite de compter. Le pilier de métal semblait infini, s’enfonçant éternellement, toujours plus profond dans le sol. Le trou qui y était adossé suivait sa parfaite verticalité, une minuscule tâche de nuit était visible en levant la tête. Celui Qui Portait Des Computers n’avait jamais dévié d’un seul cheveu, comme s’il était profondément enclenché dans le pilier de métal. Ce devait être un monde étrange que le sien, se disait Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes, où un disque de nuit devenait un soleil et où il était toujours midi. Celui Qui Portait Des Computers ne devait pas vraiment s’en soucier.
Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes arriva finalement au fond du trou. Il arriva juste dans le dos de Celui Qui Portait Des Computers. Ce dernier avait le regard vide de ses derniers jours qui duraient éternellement. Il n’avait pas changé. Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes se perdit quelques temps dans la contemplation de ce visage, alors qu’en retour il ne lui était témoigné aucun signe d’attention. Puis il détourna ses yeux et, au bout d’un couloir dans le dos de Celui Qui Portait Des Computeurs, il vit une porte de métal. Il s’y dirigea et l’ouvrit. Il entra dans un couloir un peu plus large, en fer, tout gris. Il entendait comme des sons très lointains, étouffés. Il avança très lentement dans ce couloir, pas à pas. Il voyait une autre porte, droit devant. D’autres couloirs annexes partaient sur les côtés parfois, mais Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes ne voulait pas se perdre, et s’en tint donc à suivre une ligne droite. Il arriva devant l’autre porte. Les sons étaient désormais plus proches. Il posa sa lourde main sur la poignée, tourna, poussa. Encore du métal. Il referma la porte derrière lui.
Le son ne pouvait être plus proche, et pourtant il était toujours étouffé. Mais étouffé n’était pas le mot qui convenait. C’était comme si Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes se trouvait à l’intérieur du son. Sur les murs étaient accroché du papier, qui voletait au gré d’un vent imperceptible. Les feuilles s’envolaient parfois, et disparaissaient par une fente dans le mur. D’autres arrivaient d’une autre fente, qui se trouvait en dessous de deux carrés d’une matière très étrange que Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes avait parfois rencontrée dans ses voyages. Une matière sans vie, du sable vide, dépossédé, du verre. Il savait que le verre ne changeait pas à chaque instant d’apparence, il était bien trop mort pour cela ; il laissait passer la vue à travers lui. A travers les carrés de verre, Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes vit quelque chose qui ressemblait aux mondes qu’il avait vus parfois lorsqu’il franchissait des frontières.
C’était comme d’être derrière les yeux, et entre les tympans de quelqu’un d’autre.
Il ne voulait pas être hypnotisé par cette vision qui ne lui appartenait pas. Il fit demi-tour, rouvrit la porte, la referma derrière lui. Il remonta jusqu’à la ville de métal après avoir jeté un autre regard sur Celui Qui Portait Des Computers.

Teen_Spirit
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Niveau 10
30 septembre 2005 à 19:21:53

Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes sillonna la ville ; chaque pas stimulait sa mémoire, il retrouvait des choses au fond de lui, qui n’avaient certes pas beaucoup d’utilité. Il se prit cependant à replonger dans son passé, il sentait presque ses amis sur le dos de ses dunes. Il voyait chaque détail très clairement. Ces réminiscences étaient loin de le blesser. Il avait fait le deuil de ses amis depuis bien longtemps, petit à petit au fil de ses voyages. Peut-être cela le rendait-il triste, mais il avait acquis beaucoup de force morale et de contrôle de lui-même, et au final c’était comme s’il ne se rendait pas compte. Ca le surprenait presque, de passer outre sa tristesse sans même qu’elle ne l’affecte… Cela faisait tellement longtemps qu’il n’avait rien ressenti qu’il n’avait pas eu jusqu’alors la possibilité de découvrir sa résistance aux assauts des sentiments.
Mais il se rappelait néanmoins la panique qui l’avait assailli lorsqu’il avait dévisagé le panneau publicitaire ; sans doute que la peur l’aurait anéanti s’il n’avait pas eu cette faculté de protection.
Une tâche noire dans le sable l’extirpa de ses pensées. Il pencha son long corps et ramassa le petit objet à demi enseveli. Il s’agissait de ses lunettes de soleil, qu’il avait autrefois l’habitude de porter. L’un des verres était brisé, mais Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes s’amusa quand même à regarder les étoiles à travers le verre restant, que le temps avait laissé intact. Puis il retourna les lunettes, et vit quelque chose qui l’amusa beaucoup moins. Il vit son reflet.
Il avait vieilli. Il le savait, il le sentait depuis longtemps ; mais la vision que lui offrirent les lunettes le surprit. Il ne s’attendait à rien, il avait croisé cette image comme par hasard, et elle le prenait totalement au dépourvu, s’insinuait d’un seul coup en lui. Dans sa tête, ce fut comme si un gong glauque avait retenti.
Même en faisait abstraction du noir du verre, il s’était beaucoup assombri. Son visage était devenu plus dur, mais il avait complètement perdu l’éclat jovial de sa jeunesse. Il semblait fatigué, il semblait avoir vu trop de choses, il semblait presque malade et fou, irrité, érodé, rouillé par le temps… Un peu comme son ami le désert qui dérivait doucement vers la mort. Peut-être même que Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes était lui aussi infecté par un quelconque parasite, fiché quelque part dans son corps, sans qu’il puisse sans apercevoir ?
Ses amis dans ses souvenirs avaient gardé leur visage de jadis, et même Celui Qui Portait Des Computers, au fond de son trou, n’avait pas changé. Ils étaient tous partis avant que leur monde ne commence à s’écrouler, avait que le désert ne commence à s’effriter… Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes avait continué à le sillonner de long en large, et avait perdu au fil du temps cette lumière que ses amis et lui avaient tous autrefois en eux. Oui, sans s’en rendre compte, il s’était laissé affecter par la lente agonie du désert.
Et s’il avait eu tort ?
Il garda ses lunettes en main, monta sur un des bâtiments métalliques, et s’assit.

Teen_Spirit
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Niveau 10
14 octobre 2005 à 23:07:51

Cela faisait longtemps qu´il observait cette tâche verte au loin. Vert... La couleur du végétal. Il avait vu en ville quelques végétaux, mais il ne lui semblait pas en avoir jamais vu autant d´un coup. Et c´était, à vue d´œil, un vert uniforme, végétaux entre végétaux, sans aucun parasite métallique ou minéral. Et il marchait vers elle, depuis longtemps. La tâche verte grossissait vite, Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes marchait à grands pas. Il était le plus grand des marcheurs, ce sable qui aurait vite fatigué la créature la plus endurante était un précieux allié pour lui ; son ombre ondulait dans la nuit, suivant le jeu des dunes, comme le plus doux et le plus léger des tapis. Chaque grain de sable semblait sourire à sa venue et le saluer. De même, Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes leur témoignait toute sa bienveillance.
Il arrivait à destination. Ce n´était pas une frontière comme pour entrer en ville, c´était un lieu qui était directement là, parfaitement intégré au désert. C´était une jungle épaisse, à la fois endormie et pleine de vitalité. Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes y entra doucement, silencieusement... Pas comme un voleur, simplement comme quelqu´un qui ne voulait pas déranger. Il fut surpris de l´accueil de la jungle. Elle sembla ouvrir un œil, se rendre compte de sa présence, et se mit à frémir. Ce n´était pas pour lui faire peur, c´était plutôt une invitation ; la jungle l´invitait à la découvrir. Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes accepta, et, en remerciement, s´ouvrit à la jungle en même temps qu´elle s´ouvrait à lui. Son corps se teinta d´une magnifique couleur verte, et il eut l´agréable sensation de sentir, à partir de la plante de ses pieds, des lianes lui pousser à l´intérieur, lui monter dans les jambes et jusqu´au bout de ses doigts. Et sa conscience s´était diffusée de la racine des plantes les plus profondes à la plus haute cime des arbres de la jungle, il voyait dans des directions multiples, il surplombait le désert tout en ayant les pieds dans la terre douce, il se sentait à la fois éphémère comme une fleur sauvage et était investi de la longévité des arbres.
Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes continuait d´avancer plus profond dans la jungle. Il arriva finalement, en son centre, à une clairière. La jungle se retira en partie de lui, et lui retourna à son corps. Pas complètement. Ils étaient encore attachés par un lien qui les rendait tous deux heureux. Mais la jungle avait voulu rendre à Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes une partie de lui-même pour lui présenter son cœur.
Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes vit le reflet frétillant des étoiles, agité par un vent d´une douceur exquise, à la surface d´un lac merveilleux.

Teen_Spirit
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Niveau 10
02 novembre 2005 à 02:12:35

Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes se releva du toit, lentement... Comme pour ne pas brusquer son retour et risquer de rompre quelque chose. Il voulait laisser le chemin de cette évasion en parfait état, c´est pourquoi il prenait d´infinies précautions et ne revenait que très lentement à lui. Son corps n´avait pas besoin de tant de temps et lorsque Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes eut repris totalement conscience, la ville rouillée n´était plus qu´un point ocre à l´horizon, dans son dos. Il voulait retourner à la jungle et au lac. Il ne les avait pas revus depuis fort longtemps, et s´inquiétait de leur état de santé. Il espérait que cela lui donnerait des indices à la fois sur la gravité du mal du désert, et peut-être aussi sur sa propre santé, à lui.

Sur sa trajectoire le désert semblait retrouver un éclat depuis longtemps perdu. Les grains de sables, bien qu´ils aient toujours été bienveillants, avaient au fil des errances de Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes, été envahis d´une certaine lassitude. Mais à cet instant c´était différent. Il marchait droit et vite, son regard était fixé vers sa destination. Oui, c´était ça, de nouveau il avait un but, il marchait vers quelque chose, et son visage semblait retrouver un semblant de jeunesse. Et les grains de sable se passaient le mot, tout le désert se réveillait et se tournait vers les dunes mouvantes, comme si rien n´avait changé. A cet instant, c´est ce qu´on aurait pu croire : tout était comme avant.

Mais ce fut de courte durée. Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes sentit, bien avant de voir la tâche verte à l´horizon, la surprenante vitalité qui émanait de la jungle. Il en fut d´abord heureux mais cela ne dura pas. A mesure qu´il s´approchait il sentait que cette vie n´était plus la même qu´avant. Ce n´était pas simplement du au vieillissement. Il percevait comme des multitudes de voix qui ne s´accordaient absolument pas, qui faisaient vibrer l´air de manière complètement insensée. Dans l´air et dans le sol résonnait un vrombissement malsain qui pulsait à partir de la jungle... Une cacophonie aux limites du supportable, un flux continu de folie et de dégénérescence qui obstruait l´esprit de Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes. Il avait peine à penser, et il s´arrêta. Il devait aller voir plus près, et il était déterminé à le faire, mais il devait se concentrer pour ne pas se laisser envahir par ce terrible chant. Il mobilisa toute cette résistance et cette dureté qu´il avait apprises et s´en servit pour construire une barrière solide autour de son esprit.
Puis il se mit à courir vers la jungle sans l´ombre d´une hésitation. Le chant s´amplifia, s´amplifia encore comme il s´approchait, mais grâce à sa protection, il tint bon. Il courut et traversa la jungle. Rien ne l´arrêtait. Les branches se brisaient, les lianes se coupaient, les plantes étaient noyées par les grandes dunes qu´il laissait dans son sillage. Il transperça la végétation jusqu´au centre de la jungle, jusqu´au lac.

Ce qu´il vit le stupéfia. Des humains comme il en avait vus autrefois étaient allongés, assis, debout, se promenaient, parlaient, riaient, jouaient... Des humains par dizaines de dizaines... Et surtout, des panneaux publicitaires tout aussi nombreux étaient fichés ça et là, répandant leurs ondes. Mais le pire, c´était que la jungle était parfaitement docile, et participait même aux jeux. Elle recevait les ondes des panneaux et les retransmettait... Quelques humains avaient remarqué Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes, et le regardaient d´un air ébahi. Sa barrière mentale céda. Non pas sous les assauts du chant fou, mais sous la vague implacable d´une colère extraordinaire qui la brisa de l´intérieur. Totalement hors de contrôle, il fondit vers les humains qui le regardaient et les écrasa sous ses dunes avant qu´ils aient pu comprendre. Un vent de panique s´empara des autres, et ils se mirent à courir en tout sens. Leur chant était encore plus fou et bien plus puissant qu´auparavant, mais les ondes de colère qui déferlaient de l´esprit de Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes auraient repoussé un chant mille fois plus fort encore. Il chargea les humains, leur lança leurs panneaux publicitaires, il tua et détruisit tout ; il était devenu une furie hors limites et hors contrôle. Lorsqu´il eut fini, il voulut s´adresser à la jungle... Mais elle ne lui répondit pas. Ou peut-être qu´elle essaya de lui répondre, mais son langage contaminé n´était plus compréhensible. La jungle avait trahi Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes et le désert lui-même. Elle avait véhiculé la maladie en eux. Et ce qui blessait Celui Dont Les Baskets Dont Des Dunes, ce qui attisait sa colère, c´était de se rendre compte qu´il était, et ce depuis longtemps, bel et bien seul.

Il laissa déborder une nouvelle vague. De ses dunes se mit à grandir une sorte d´ouragan de grains de sable tournoyants, qui allèrent creuser des millions de petits trous dans la végétation. Il entendait clairement ce qui, dans ce langage dégénéré, devait être des gémissements de douleur. Mais cela ne suffirait pas. La jungle saurait réparer ces plaies.
Alors, Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes sauta très, très haut. La jungle cria. Puis deux dunes immenses vinrent combler le lac et le noyer. C´était le cœur de la jungle. Tout autour, la végétation se grisa, se recroquevilla sur elle-même, se fana. Le cri de la jungle perdit en intensité jusqu´à s´éteindre totalement.

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