J’avais cette idée en tête depuis un moment déjà, ce genre étant assez éloigné de moi.
La 25ème heure sera donc un recueil de nouvelles autour d’un même thème, le nombre de nouvelles restant à déterminer.
La première nouvelle se nomme « Contrat ».
« Saleté de journée », me dis-je en tirant une dernière latte de ma cigarette.
Je consulte ma montre, il est 22h46. Je jette ma cigarette consumée jusqu’au filtre dans une flaque d’eau jonchant le sol miteux de ce quartier pourri de la vieille ville. Je sors directement mon paquet de la poche de mon imperméable pour en allumer une autre. Le slogan « Fumer tue » écrit en caractères noirs sur fond blanc orne une façade complète du paquet.
« Si y’avait que ça… », soupirai-je.
Je ferme les yeux et lève la tête vers le ciel. Je sens une légère brise d’Eté qui balaie mes cheveux grisonnants. Je tire un zippo de l’autre poche de mon imperméable et vais pour allumer ma clope quand une main fine me devance.
« Tu sais que ça te tuera cette connerie ? », lance une voix féminine.
Je lâche une petit rictus et soulève mes paupières.
« Pas aussi sûrement que tes talons aiguilles nous feront repérer, je t’ai entendu arriver à vingt mètres », rétorquai-je.
C’est alors que je la regarde et que ma journée pourrie s’illumine.
La jeune femme d’environ vingt-cinq ans qui se dresse devant moi à tout d’un ange. Ses cheveux noirs comme la nuit flottent à la cadence du vent léger, le soleil rasant de cette fin de journée illumine ses profonds yeux verts. On peut y voit la détermination et l’excitation. Je baisse le regard pour le poser sur son corps de déesse. La combinaison noire uniforme qu’elle a enfilé je ne sais comment moule parfaitement son corps sculpté et épouse ses formes incitant au pêché de chair.
A peine a-t-elle allumée ma cigarette qu’elle approche ses lèvres des miennes, frotte son corps contre moi. Je sens son parfum divin, je ferme à nouveau les yeux et m’apprête à m’abandonner avec elle. Je lui ferais bien l’amour ici, même dans cette ruelle dégueulasse du quartier le plus mal famé de la ville. Ce n’est toutefois pas son intention puisque je sens qu’elle retire la cigarette que j’ai à la bouche. Aussitôt après l’avoir dérobée à mes lèvres, elle la porte aux siennes et me lâche une bouffé de fumée au visage.
« Qu’est-ce que tu croyais », pensai-je avant de lui répondre, « Tu sais que ça te tuera au moins ? ».
Elle sourit à son tour et poursuit : « En parlant de tuer, tu sais quelle est notre cible et où elle se trouve ? ».
Le sérieux de la situation reprend le dessus : « Mac Graf, ce gros porc de parrain de la mafia Italienne, il organise une réception dans son hôtel particulier, une soirée entre amis mafieux et politiciens ».
Elle acquiesce d’un sourire vicieux, ses yeux se sont remplis de haine lorsque j’ai prononcé le nom de celui qui allait mourir ce soir.
« On a pas beaucoup de temps, il sera bientôt 24h00 ».
« Juste le temps d’y aller et de le buter, je pourrais même pas m’amuser avec lui avant », lui dis-je sur un ton déçu.
« Tu conduis », conclut-elle sur un ton décidé.
Je n’ai pas l’habitude de me laisser commander mais pour le coup je cède. Nous prenons ainsi le volant de ma Thunderbird année 78 et partons pour l’hôtel. En route, elle ne lâche pas un seul mot, elle semble concentrée sur notre objectif. Je me décide enfin à briser la glace :
« Alors, comment tu t’appelles ? On ne m’a rien dit de toi ».
« Lenneth », répond-elle promptement.
« Je n’avais jamais entendu parler de toi dans le milieu, t’es une nouvelle je parie ».
« Pour vivre heureux, vivons cachés comme dit le célèbre adage. On gagne toujours à être moins connu, enfin c’est ce que je pense ».
« Elle me parle de discrétion alors qu’elle se ramène en talons aiguilles pour le boulot », pensai-je à priori trop fort.
« On m’entend quand j’ai envie que l’on m’entende », me lance-t-elle en appuyant son regard pour me convaincre.
« Je te crois et puis, je fais pas dans la discrétion non plus ».
Ca, elle n’a pas de mal à s’en convaincre. Il faut dire que l’homme en question n’a pas un physique qui passe inaperçu. Il mesure au moins 1m90 pour 110 Kilos, a le physique d’un boxeur. Son visage marqué par la vie la conforte dans cette hypothèse, tout comme le fait qu’il roule dans une voiture démodée.
Sur ce, la discussion s’achève pour le restant du trajet, je contemple simplement la beauté assise à côté de moi dans le siège en cuir rouge. Un quart d’heure plus tard, nous voilà devant l’hôtel. La place est bien gardée, une douzaine de gardes du corps étant postée rien que devant la porte principale.
« Je crois qu’une entrée par la grande porte est à exclure », ironise-t-elle.
Je propose alors de faire le tour de l’immeuble pour repérer une entrée plus propice. Je gare la Thunderbird quelques pâtés de maisons plus loin et nous retournons sur les lieux à pied. Le tintement de ses talons sur le macadam m’exaspère, je finis par lui lancer un regard réprobateur auquel elle répond par un rictus de satisfaction. Elle change alors de démarche et se déplace maintenant dans le silence le plus complet. Je me remémore alors sa phrase de tout à l’heure, « On m’entend quand je souhaite que l’on m’entende », elle avait raison, c’est une professionnelle. Cela me rassure car m’occuper des autres n’est pas dans mes habitudes et la perdre déjà aurait été embêtant.
Après un rapide tour d’observation, nous remarquons que la porte de derrière est également assez bien gardée. Seul, cela ne m’aurait pas dérangé de ses huit gardes du corps mais avec elle je préfère prendre des précautions, y aller en finesse.
« Tu deviens trop sentimental, tu la connais à peine mon vieux », me fustigeai-je.
Il n’empêche que son parfum hante mon esprit, son corps de déesse obnubile mes pensées.
J’essaie de penser à autre chose, je regarde alors ma montre.
23h09, le temps passe vite quand on est en bonne compagnie.
Je me retourne vers elle et lui indique l’heure. Elle semble également au courant de l’heure avancée et jette un coup d’œil pour apercevoir une entrée plus favorable. Rien.
« On dirait qu’on va être obligés de dire bonjour à nos amis devant cette porte », me lance-t-elle d’un air satisfait.
Cela m’embête qu’elle dise ça.
« Bon reste là ma jolie, je m’en occupe », lui glissai-je avant de me diriger vers un tas de poubelles entassées.
J’ai repéré l’arme parfaite pour me débarrasser d’eux, mon Smith et Wesson n’a pas de silencieux. Je récupère une barre de fer autour de laquelle j’enroule du fil barbelé trouvé là puis me dirige en silence vers le groupe d’hommes. Je dois faire vite et propre, aucun ne doit avoir le temps d’appeler des renforts sinon cela risque de compliquer la tâche. Arrivé à quelques mètres d’eux, je me colle contre le mur et observe depuis l’angle l’impasse dans laquelle ils se trouvent.
Ils ne savent pas encore ce qui va leur arriver, j’aurais aimé avoir le temps de jouer avec eux mais je suis trop pressé par le temps, tout doit être terminé avant 24h00 comme le contrat le stipule.
Je prend une profonde inspiration puis tire un paquet de cigarettes de ma poche, j’en sors une et me dirige vers le groupe d’hommes. L’un d’eux me remarque et leur indique ma présence d’un coup de tête. Tous se retournent et dégainent leur fusils à pompe, pistolets six coups, mitraillettes, une vraie petite armée miniature. Sans perdre mon calme je m’approche d’eux et leur demande du feu.
« Casse-toi de là, on a pas de feu mais si tu veux, on peut t’allumer avec autre chose », me dit l’un d’entre eux en pointant son fusil à pompe vers moi.
« T’es un marrant toi, c’est ton fusil qui te fait pousser des couilles comme ça ? », lui rétorquai-je, toujours calme.
Les autres se marrent, il se tape la honte et s’énerve alors : « J’t’ai dit de t’casser, j’hésiterai pas à te plomber ton cul d’enfoiré ».
« Allez t’excites pas, il veut juste du feu », balance un des autres types en me tendant son briquet qu’il allume.
« Bah tu vois, lui au moins il est sympa, ça va te retomber dessus d’être aussi agressif un jour mon gars ».
A ce moment-là, j’attrape le bras du type et le lui casse en deux. Le type s’apprête à hurler à la mort mais je ne lui en laisse pas le temps. D’un coup sec, je lui brise la nuque et le jette sur deux types qui s’apprêtaient à armer leurs guns. Un autre s’approche de moi en m’insultant mais je sors ma barre de dessous mon imperméable et lui la plante dans la gorge. Deux morts. Les deux autres mecs qui n’ont encore rien compris à la situation n’ont rien le temps de faire, je retire la barre de la gorge du maccabé et leur balance un unique coup à tous les deux. Le fil de fer barbelé enroulé autour de ma barre leur arrache la peau du visage, ils s’affalent au sol. Les deux autres types ont de la peine à écarter le mec à la nuque brisée, je m’approche d’eux encore au sol et écrase la tête d’un avec un coup de Rangers. Sa cervelle s’éparpille sur le sol ; encore chaude. L’autre à côté est horrifié, je lui enfonce la barre de fer dans la bouche et la fait tourner, je sens la chair s’enrouler autour, sa langue rompre, le sang gicle de sa bouche. Je me baisse alors et lui assène un coup dans la trachée, quatre morts. Sans perdre de temps, je me retourne vers les deux derniers qui se sont déjà relevés.
« Merde, ils sont résistants ceux-là », me dis-je.
Les deux sortent leurs flingues et s’apprêtent à me plomber car je vois une lame d’épée transpercer l’abdomen d’un. La lame se retire aussitôt et le sang gicle sur le visage de son compagnon qui se jette les yeux sur la lame tournoyante qui le décapite. L’action s’est déroulée très vite, en à peine deux minutes.
23h15. J’espère qu’il n’y aura pas autant de gardes à l’intérieur. On planque les cadavres des victimes de notre folie dans une benne à ordures. Nous pénétrons ensuite dans l’hôtel par la porte qu’elle crochète d’abord. Elle me lance un regard, elle sait que j’aurais défoncé la porte si elle n’avait pas été là, je serais peut-être mort si elle n’avait pas été là d’ailleurs.
L’intérieur de l’hôtel particulier est luxueux, une tapisserie rouge et blanche recouvre les murs. En entrant, elle laisse tomber sa combinaison pour laisser apparaître dessous un robe de soirée en satin noire, très courte. J’ai de plus en plus de mal à me concentrer sur la mission. Des deux côtés du couloir, des chambres aux portes en bois ornées de rayures dorées nous dressent une allée de prince. Nous marchons lentement, cela doit grouiller d’hommes de main avec la rencontre de tous ces hommes politiques et parrains de la mafia, parfois les deux en même temps. Au détour d’une allée, nous surprenons deux gardes. J’en étrangle un pendant qu’elle égorge l’autre à l’aide d’un couteau sorti tout droit de sous sa jupe.
« Comment pouvait-elle cacher un couteau là-dessous ? » , me demandai-je.
Comme auparavant, nous cachons les corps dans une des chambres pour ne pas nous faire repérer et nous poursuivons. Arrivés à un ascenseur, elle me fait signe de rentrer à l’intérieur.
« Il est au vingt-septième étage », me dit-elle.
« Tu as l’air d’en savoir plus que moi, j’étais simplement au courant de l’immeuble et de la cible ».
Elle ne répond pas, je sens que quelque chose ne tourne plus rond. Je bloque l’ascenseur entre deux étages et lui demande des explications, ça sent l’embrouille.
« Qui es-tu en réalité ? Je trouve que en connais beaucoup sur notre mission ».
« Que veux-tu que je te dise ? J’ai été engagée comme toi après un entretien au « Tina’s Bar » ».
« Joue pas à ça avec moi. J’aime pas frapper une femme mais si je sens qu’on m’entube, je peux faire une exception ».
Elle sent que je ne blague pas, il m’est déjà arrivé de tuer pour moins que ça. Elle cède finalement :
« Susan, cet enfoiré a tué ma sœur Susan alors je veux qu’il paye. C’est moi qui t’ait engagé».
« Tu crois que je vais avaler ça ? C’est un homme que j’ai rencontré au bar et qui m’a proposé le job ».
Je suis prêt à en mettre une quand elle me convainc finalement. C’est un de ses amis qui m’a engagé, elle croyait que je ne voudrais pas bosser pour elle. Elle n’a pas tord, je ne bosse jamais pour des femmes, trop d’ennuis. Elle commence alors à pleurer et me serre dans ses bras. Je veux la repousser mais son parfum m’enivre, sa peau chaude frottant contre moi m’excite. Elle m’embrasse alors et moi je ne rechigne pas, nous faisons l’amour dans cet ascenseur.
23h50. Je regarde ma montre, il faut se dépêcher. Elle remonte sa petite culotte et je reboutonne mon pantalon. L’ascenseur repart et nous arrivons à l’étage espéré. Le couloir est vide, bizarre s’il s’agit de l’étage où le boss se situe. Elle me glisse dans l’oreille que la chambre est la 2709, une suite située au bout du couloir. Je sors mon Smith et Wesson et me dirige vers la suite en vitesse, l’effet de surprise doit jouer. D’un coup de pied, je fais voler la double porte et les eux gardes postés derrière. Je leur loge chacun une balle dans la tête, pour eux, c’est fini. J’entends alors les renforts qui arrivent d’une des chambres de la suite. Je me jette derrière un canapé afin de me cacher. Trois gardes pénètrent le salon et aperçoivent les corps des deux allongés au sol. A travers le canapé, je vide mon chargeur, le remplace et déboule sur le côté gauche. Je me relève et vois que j’e ai tué un. Un autre se tortille, je l’ai atteint à l’estomac, il n’en a plus pour très longtemps. Le troisième est indemne, enfin jusqu’à ce que je l’arrose d’une balle entre les deux yeux. Tout se passe bien pour l’instant, je regarde ma montre qui affiche 23h58.
Deux minutes, c’est plus qu’il n’en faut pour rentrer dans la chambre et liquider la cible.
Trois autres gardes arrivent en renfort du couloir, je me mets derrière la porte d’entrée et les bute un par un, puis le silence s’installe. Il ne semble plus y avoir personne, hormis la cible. Je me dirige vers la chambre et ouvre la porte.
24h01. Il est trop tard. La vingt-cinquième heure, l’heure ou plus rien n’a de sens.
Vingt gardes armés de Uzi m’attendent et ouvrent le feu. Je sens au moins cinq impacts de balles me traverser le corps mais j’arrive à sortir de cet enfer. « Si tu meurs lors de la vingt-cinquième heure, tu ne te relève pas ».
Je sens mon sang fuir mon corps mais je trouve la force de dévaler le couloir vers l’ascenseur. Là Lenneth m’attend. En me voyant elle comprend. Elle n’a pas de montre mais sait qu’il est déjà 24h00 au moins.
« Faut se casser, vite.. », dis-je en m’évanouissant à moitié.
Lenneth réagit vite et nous fait descendre au rez-de-chaussée. Heureusement le couloir par lequel nous sommes arrivés est vide de toute présence. On entend cependant les gardes du corps venir au loin.
24h05. Elle me dépose dans la Thunderbird et démarre en trombe, nous sommes poursuivis par cinq voitures, plus récentes, plus puissantes. Dans chacune d’elles, trois tireurs armés de mitraillettes M4 qui criblent la caisse de balles. Elle ne tiendra pas longtemps.
« Le bouton sur le frein à main », balbutiai-je, « fais gaffe ».
Elle exécute mon ordre et appuie sur le mystérieux bouton. Immédiatement, un compteur sort du tableau de bord. La jauge qu’il représente se vide et la voiture prend de la vitesse. Un kit de nitrogène dans lequel j’ai cru bon d’investir lors de la restauration de la Thunderbird, « au cas où », m’étais-je dit à l’époque. Les voitures s’éloignent au fur et à mesure pour disparaître derrière la ligne d’horizon. Je me sens de plus en plus faible, j’ai du mal à garder les yeux ouverts.
24h15. Nous nous sommes arrêtés dans une clairière éloignée de la route. Nous avons entendu le cortège de voitures passer et normalement tout devrait être fini désormais. Je suis pris de spasmes nerveux.
« J’ai pas rempli…le contrat ma belle ».
J’ai de plus en plus de mal à parler, à respirer même.
24h20. Lenneth a tenté de stopper l’hémorragie et a même réussi je crois mais c’est trop tard. Elle aussi peut lire la fin arriver dans mes yeux. Peu à peu je me sens glisser, je ne ressens plus aucune douleur, je sombre….mais au loin j’entends des crissements de pneus… « Nonnnnnnnnn », ai-je envie de crier mais ma voix reste bloquée à l’intérieur de ma gorge. C’est trop tard.
J’entends une détonation sourde, puis deux, puis trois…un chargeur est vidé entièrement. Je ressens la vibration d’une secousse, puis un léger vent balayer mes cheveux. Lenneth est morte, je vais mourir. Tout finit ce soir à 24h53.
Trop bon!!! on embarque comme si on y était!!!
Bravo belle façon de mêler érotisme et criminalité!
Très bien raconté avec moults détails... très succulent!
« Réminiscences d’une mère ».
20h00. Un réveil sonne, l’alarme hurle d’un ton monocorde, annonçant l’heure de se réveiller. Une main apparaît, se dégageant d’une couette bleue et jaune, pour frapper violemment l’infâme gâcheur de sommeil. Il se tait alors. L’affichage à quartz rouge scintille comme dans les derniers spasmes d’une vie. Retour au silence.
20h15. Le réveil se met de nouveau à sonner. Comme précédemment, la main sort de son nid mais se pose délicatement sur le réveil cette fois-ci.
« Maintenant ».
Une balle sort de mon calibre neuf millimètres dans un crachas de flammes et emporte la main en même temps que le réveil. Un hurlement plus intense encore que l’alarme retentit, étouffé sous la couette. Celle-ci se soulève alors brutalement, laissant apparaître une femme se réveillant péniblement, à demi nue. La couette court alors dans la pièce avant de finalement tomber au sol. On aperçoit alors un homme horrifié devant son extrémité manquante, laissant place à un filet de sang chaud dégoulinant le long de son bras et salissant le parquet ciré. La jeune femme enclenche alors l’ouverture automatique des volets, effrayée par les cris de son ami.
« Qu’est-ce qui t’arrive, mon chéri ? », lui lance-t-elle sur un ton hagard.
« Ta gueule toi ! ! Ma main, ma main ? ! », Reçoit-elle pour toute réponse.
« Ce n’est pas une façon de parler à une femme, ta mère ne t’a jamais appris cela ? ! », lançai-je alors avant de lui tirer une balle dans le pied droit.
Un hurlement strident émane à nouveau de sa trop grande bouche puis il s’affale au sol, pleurant maintenant.
« Qui a parlé ? Qui est là ? !», s’affole la jeune femme.
A ce moment-là, les volets automatiques laissent le soleil orange éclairer la pièce, l’étendue de ses rayons dévalent sur le sol au rythme de leur montée. J’apparais alors à la lumière, assis sur le dossier d’une chaise en bois de chêne devant la seule et unique issue de la pièce. Je pointe mon pistolet en direction du rampant.
« Ma mère m’aurait envoyé une volée si j’avais parlé comme ça à une femme, je dois te punir », poursuis-je.
J’appuie encore une fois sur la gâchette, il reçoit la balle dans l’estomac. Il reste tétanisé, ne disant plus mot. Il devient rouge, de la sueur coule de son front. La femme court vers lui pour le secourir mais je l’en empêche en me présentant devant elle.
« Il est trop tard pour lui ma jolie, il va mourir d’ici dix minutes maintenant ».
Elle me regarde de ses yeux terrifiés, rougis. Des larmes commencent à couler le long de ses joues. Elle me rappelle ma mère, je suis soudain troublé. Je tourne le dos à ma cible sans m’en rendre compte et celui-ci en profite pour prendre une arme cachée sous ma veste. Erreur de débutant.
Il tire à trois reprises à bout portant, la douleur que je ressens dans le dos est fulgurante et je m’écroule au sol à moitié évanoui. Je me retourne et le voit se relever péniblement, sa femme émet un petit rictus de satisfaction. Elle vient alors saisir l’arme de son conjoint et l’abat sous mes yeux d’une balle en pleine tête. Il s’affale lourdement au sol, son visage baigne dans son propre sang.
« Tu étais déjà mort de toute façon », lâche-t-elle sur la dépouille encore chaude se son ex-amant.
Puis elle se retourne alors vers moi, toujours avec un sourire malsain dessiné sur son visage.
« C’était mon contrat », me lance-t-elle avant de m’envoyer un coup de pied dans la tête.
Je m’évanouis alors…
« Suis-je mort ? », m’interrogeai-je soudain.
Je vois un halo de lumière blanchâtre lointain, très lointain. Je ne sens plus aucune douleur, mon esprit est léger tout comme mon corps, je semble flotter. J’aperçois alors ma mère, le visage neutre et vide comme à son habitude.
« Réveille-toi », me dit-elle d’une voix douce.
Sa voix est faible, je ne l’entends presque pas. Elle approche alors ses mains de mon visage et semble me retirer quelque chose. Elle réitère ses propos sur un ton plus abrasif :
« Réveille-toi ! ».
Cette fois-ci, j’ai parfaitement entendu. La lumière qui se faisait lointaine auparavant semble toute proche. Elle m’agresse maintenant, j’en cligne des paupières en me frottant les yeux.
« Allez réveille-toi maintenant, tu vas être en retard si tu continues comme ça ! ».
Les images qui se présentent devant moi deviennent claires tout à coup, je me souviens de tout. La lumière qui m’éblouissait était en fait une lampe de bureau, je me suis endormi dessus.
« Mais ça veut dire ? ! Ouf j’ai eu chaud », se réconfortai-je.
Ma mère éteint mon ordinateur dans un geste machinal, comme toujours. Elle se dirige alors vers mon armoire et me jette des vêtements. Je viens de reprendre conscience mais mes réflexes ne sont pas là, je me les prends en pleine figure. Toujours dans sa lancée, semblant connaître la procédure habituelle, elle tire d’un coup sec ma chaise en arrière et me relève. Je suis comme une marionnette entre ses mains, elle fait ce qu’elle veut de moi. Elle me tourne vers une porte et m’envoie en sa direction.
« Va vite prendre une douche, tu arriveras peut-être à attraper ton bus ! », m’ordonne-t-elle sur un ton désolé marquant sa lassitude.
Cette fois-ci j’arrive à tendre mon bras et à atteindre la poignée avant de rentrer dedans. Sur les ordres de ma mère, je me lave puis m’habille. Au bout d’un quart d’heure, j’entends ma mère frapper à la porte.
« Ton bus est là, prêt ou pas j’entre », me prévient-elle avant d’ouvrir la porte.
« Je suis prêt, c’est bon maman », lançai-je avant de sortir de la salle de bains.
J’enfile mes baskets et mon manteau, attrape mon sac à dos et file dehors pour une nouvelle journée de cours morne et fade, l’habituel manège d’adolescent. Seulement aujourd’hui tout sera différent.
En plein cours de mathématiques, quelqu’un vient frapper à la porte de la classe dans laquelle je me trouve. Le professeur ne réagissant pas au départ, la jeune secrétaire frappe plus fort puis entre. Une discussion à voix basse s’engage entre les deux, le sujet ne semblant pas des plus gais. Au bout de deux minutes, le professeur aux cheveux grisonnants lance un regard triste à la secrétaire et se retourne vers la classe et plus précisément vers moi :
« Nathan, il faut que tu ailles au secrétariat, c’est urgent », annonce-t-il.
« Qu’est-ce que j’ai fait encore ? ! Vous allez encore me renvoyez parce que j’ai séché ? ! ».
« Non, ce n’est pas ça », me répond-il sur un ton calme.
Ce n’est pas son genre de parler si calmement. Il n’hésite jamais à me prendre à partie lorsque je dors en cours d’habitude mais là il est calme, presque condescendant. Un ami assis à côté de moi me charrie alors à voix haute :
« C’est peut-être ta mère, ils l’ont retrouvée à faire le trottoir et l’ont emmenée en taule ? ! ».
« Ouais, c’est ça et elle était avec ta mère. Pourquoi pas morte tant que tu y es ! Avec la tienne qui se serait assise dessus sans la voir tellement elle est grosse, c’est tout à fait possible », lui rétorquai-je tout aussi fort. Un fou rire général éclate dans la salle de cours.
« Nathan », m’interrompt alors la secrétaire, le visage grave.
Je me retourne vers elle et perçoit alors la vérité dans ses yeux rougis comme si ? Comme si elle avait pleuré ? !
Le bruissement de fond de la classe s’estompe alors, laissant place à un silence pesant. Tous ont compris comme moi. Je me lève alors de ma chaise, manquant de chanceler car mes jambes tremblent. Je ne prête plus attention à ce qui m’entoure, je sors de la classe, suivi par la secrétaire. J’accélère, elle essaie de me suivre et me lance alors :
« Elle a eu un accident de voiture, elle a été emmenée à l’hôpital mais les médecins n’ont rien pu faire…Je suis désolé », conclut-elle.
Je ne l’écoute plus, je cours maintenant mais pour aller où ? ! Pour fuir ? ! Cela va-t-il changer quelque chose ? Et fuir où d’abord ? La réponse me vient directement en tête, il n’y a qu’un endroit où je peux aller…
20h00. Je me réveille dans ma chambre. Je file directement vers ma penderie et m’habille. Mon magnum 357 et mon Uzi revêtus, je file hors de l’appartement. Le soleil, rasant comme à son habitude, a une teinte plus rouge qu’orange ce soir. Cela annonce une grande soirée, finir sur l’apothéose puis disparaître, voilà ce qui m’attend. J’enfourche sa moto et fonce sans me soucier de la circulation. Après quelques minutes, et accidents provoqués, je suis pris en chasse par une patrouille en voiture. Je n’ai pas envie de m’engager dans une course-poursuite alors je m’arrête le long d’un trottoir.
« Non, je ne fuirai pas ce soir », me dis-je avant de descendre de mon véhicule.
La patrouille s’arrête quelques mètres derrière moi. Le co-conducteur sort alors, mâchant un chewing gum tel un ruminant.
« Pourrais-je avoir vos papiers ? », me demande-t-il sur un ton suffisant.
Il a l’air content de lui, cela doit lui faire plaisir de faire chier quelqu’un. Mais pas ce soir.
Je me retourne vers lui et arme mon Magnum. Il a juste le temps de dire « Oh, putain » avant que je ne lui explose la tête d’une seule balle. Des fragments de sa cervelle éclaboussent le capot de la voiture de patrouille. L’autre agent qui a mis du temps à réagir est prêt à sortir et me plomber mais je tends mon Uzi avec la main gauche et crible la voiture de balles.
« C’est fini pour vous ce soir », lançai-je sur leurs cadavres.
Je remonte vite sur ma moto, je ne veux pas d’autres ennuis et j’ai quelqu’un à aller voir.
« Le Ugly bar, elle doit être là-bas », me dis-je.
J’accélère alors, les sirènes de police résonnent au loin mais personne ne me suit.
Arrivé devant le bar en question, je mets bien en évidence mon Magnum. Il s’agit ici d’une carte de visite, sans laquelle on ne te laisserait même pas entrer. Toute la racaille se regroupe dans ce bar délabré, c’est un repère de tueurs professionnels et de tarés psychopathes. A l’entrée, un Goliath de deux mètres de haut décide de qui rentre et quoi ne rentre pas. Il a décidé que je resterai dehors. Mais pas ce soir, JE décide. Il comprend que je vais quand même essayer de rentrer et me montre sort son fusil à pompe pour m’en dissuader. Les autres gens postés à la sortie commencent à sourire, le Goliath fait de même, croyant qu’ils l’accompagnent..
« Laisse-le, il est nouveau », lancent-ils alors.
« Tu vas pas le tuer directement quand même Kid, c’est dur de recruter ces temps-ci », poursuit un autre.
Le Goliath se retourne alors vers les autres, il commence à douter.
« Regarde devant toi plutôt », lui disent-ils en explosant de rire.
Il s’exécute et tombe nez à nez avec mon 357 braqué entre ses deux yeux.
« C’est…c’est toi Kid », me lance-t-il, comprenant enfin qui je suis.
On devient vite célèbre quand on fait bien son travail et je faisais très bien mon job. Mais cela n’avait plus d’importance maintenant. Sans sourciller, je baisse mon arme. Il commence à se rassurer mais je presse la détente, lui enlevant une partie de sa virilité. Il hurle alors un moment avant de s’affaler au sol, inconscient. Les autres présents qui riaient s’écartent maintenant de mon chemin. En pénétrant à l’intérieur du bar, j’arrive dans un autre monde.
La musique résonne à tue tête, elle a dû couvrir la détonation dehors. La foule est dense, je me faufile pour arriver jusqu’au comptoir, bousculant quelques personnes au passage. Là, je demande au barman un nom. C’est lui qui m’avait envoyé sur le coup de la nuit précédente. Il semble étonné que je lui demande ça mais lorsque je le braque de mon Uzi, il devient plus loquace.
« Erika », finit-il par me lâcher.
« Où est-elle ? », lui demandai-je en posant mon Uzi sur la tempe.
« Je lui ai refilé un nouveau contrat, sur Remington Street, au 10 ».
Ayant obtenu l’information que je cherchais, je m’en vais alors comme je suis venu. Je remarque au passage que le videur n’est plus là et que les autres se taisent à nouveau quand je repasse mais je m’en moque.
Remington Street n’est situé qu’à quelques kilomètres de là, dans les quartiers huppés situés dans les hauteurs de la ville, je m’y rends alors en dix minutes.
23h17. Je pose le pied devant le numéro 10 de la rue. Il s’agit d’une villa imposante, dont les murs blancs reflètent parfaitement la lueur émise par la Pleine lune. Un imposant portail en fer forgé muni de piques sur ses extrémités et surveillé par des caméras se dresse devant moi, je vais plutôt passer par derrière.
« Elle a dû faire pareil », pensai-je alors.
En longeant la muraille est de la villa, je remarque soudain une corde suspendue derrière un buisson épais. Je me dis qu’elle a dû monter par là et grimpe. Rendu à l’intérieur de la propriété, je me glisse jusqu’à l’arrière de la villa. J’aperçois alors une véranda en verre. Je contourne alors la piscine afin de pouvoir ensuite rentrer sans bruit dans la villa. Une porte est ouverte, elle a dû passer par là. Je monte ensuite au premier étage en prenant bien le temps de vérifier qu’il n’y a personne au rez-de-chaussée. Toutes les portes sont fermées sauf une double porte qui est entrouverte.
« Ca doit être la chambre de sa cible », en conclus-je.
Je m’approche discrètement, passe dans l’ouverture des portes et la voit alors, penchée sur le cadavre d’une femme nue, le canon de son silencieux encore fumant. Elle semble apprécier le spectacle macabre qui se présente sous ses yeux : un filet de sang s’échappe du front de la jeune victime assise sur son lit, un livre encore à la main, et coule entre ses seins avant de se faufiler entre ses cuisses. Une tâche de sang s’agrandit de plus en plus sur le drap en soie blanche recouvrant son lit.
Trop absorbée par son œuvre, la tueuse ne me sent pas arriver dans son dos. D’un geste vif j’enlace sa taille de mes bras puissants. Elle est surprise et lâche son silencieux. Elle essaie de se débattre mais je tiens bon. Au passage, je sens son doux parfum.
« Comme celui de ma mère », me dis-je.
« Qui est-ce ? Lâche moi ? », m’ordonne-t-elle vainement.
Elle se débat de plus en plus. Elle me donne alors un coup de talon sur le pied droit. Je sens la pointe pénétrer ma chair mais ne relâche pas mon étreinte.
« Maman, maman », me répétai-je.
Je sens alors qu’elle tente de se pencher, d’attraper quelque chose dans une de ses bottines . Quelques secondes plus, tard elle se relève et je sens ma peau se déchirer, me brûler au niveau de la cuisse. La douleur me fait alors lâcher prise, elle me fait reculer et se précipite sur son silencieux qu’elle braque vers moi. Elle paraît alors surprise :
« Toi ? ».
Tordu de douleur, j’arrive finalement à arracher le lame à ma chair, du sang gicle de ma plaie puis coule le long de ma jambe.
« Qu’est-ce que tu me veux ? », poursuit-elle.
« Ma mère…tu me rappelles ma mère », lui expliquai-je.
Elle semble surprise. Je regarde alors l’heure s’affichant à ma montre.
23h58.
« Encore deux minutes », soupirai-je.
Elle regarde alors à son tour sa montre.
« Ca ira pour aujourd’hui », me lance-t-elle froidement.
Puis elle ramasse son couteau et s’apprête à s’en aller.
« Pas si vite ».
Je braque mon Magnum sur elle et tire une balle qui traverse son épaule gauche. Le recul de mon arme me fait chanceler, elle tombe au sol sous la violence de l’impact quant à elle.
24h00. je me remets d’aplomb et la braque à nouveau, son air détendu s’est complètement dissipé, elle tremble.
« Attends qu’est-ce que tu fais ? T’es pas ou courant ou quoi ? », s’affole-t-elle.
« Si », répondis-je tout simplement en souriant légèrement.
Je vérifie mon barillet, elle en profite pour récupérer son arme qu’elle a lâchée quand elle a reçu la balle. Nous retrouvons alors à nous braquer tout les deux. De la sueur coule de son front, je reste calme. Je souris à nouveau et commence à presser la détente lentement. Elle réagit plus vite que moi et je sens son projectile pénétrer l’intérieur de ma boîte crânienne. La pièce a un effet de recul, je tombe doucement au sol. Je verse alors une larme et meurt sur un mot : « Maman ».
Une jeune secrétaire hien ? ![]()
Sinon c´est tres bien, j´avais deja lus le 1er sur FFXII bien qu´il n´est pas resté longtemps... ^^
Toujours aussi bien tes nouvelles
j´attend la suite ![]()
rhhhhhhhhhha souvenir tu fais des pavés à plus finir!!! mais ils sont excellents!!! prenants du début à la fin!! j´ai pas le temps pour culpabilité je repasserai...
Je suis très productif en effet en ce moment.
Et bien merci de vos compliments ^^ !
Et bien, cette dernière nouvelle m´a vraiment plut, peut être du fait qu´il y a plus d´action, que ça se passe sur internet et que le programme crée est morbide
!
Sinon ben que dire, i ya quelques erreurs de mots ou alors c´est moi qui n´ai pas compris je ne sais pas, un style toujours aussi plaisant et voilà! ^^
J´ai pas pu résister... je l´ai dévoré ce texte!!!
encore un autre prenant du début à la fin...
C´est quand même bizarre de tuer sa meilleure amie à cause d´un programme...
J´attends le suivant avec appétit!!! ![]()
Les informations vont arriver petit à petit, vous verrez que cela prendra un autre sens.
« Hacker »
« Tout ceci n’est qu’un jeu ».
Ces mots seront à jamais gravés dans mon esprit. Je me suis bien trop efforcé de les retenir pour les oublier maintenant. Je n’en avais pas eu la certitude au départ, j’ai été déstabilisé par le réalisme saisissant de cette simulation de dernière génération mais ce que j’ai pu faire m’a définitivement convaincu.
Je n’ai désormais plus besoin d’utiliser ce jeu mais je le fais quand même. Je suis finalement devenu moins puissant dans le jeu que dans la « réalité », c’est ce que j’aime.
Ma vie prend un autre sens, un autre tournant, quand je pénètre l’univers de « Shadow assassin ».
20h00. Je me réveille dans un luxueux appartement de Springs Hill, le quartier le plus chic de la ville. Je vais sur la terrasse panoramique observer le soleil orange qui continue sa course vers l’horizon, l’enflammant au passage. Après avoir goûté quelques minutes à ce spectacle factice, je retourne à l’intérieur pour me servir en armes avant de partir faire un tour en ville.
Sur ma table de salon en verre, les calibres de toutes sortes se côtoient. Mon choix est vite fait, j’ai une préférence pour le Desert Eagle. J’en saisis deux et part vers un tiroir pour retirer quelques chargeurs, j’ai envie de m’amuser ce soir. Après ça, je me dirige vers mon garage et fais mon choix en ce qui concerne mon moyen de transport, ce sera une Lexus IS 200 de couleur bleu nuit.
Je mets le contact et le bruit harmonieux du v8 m’apaise. J’allume alors mon poste et mets un cd de rap, la Bande originale de « Comme un aimant ». Les bass vont vibrer la voiture. Je sors alors une télécommande et ouvre le garage. Un prédateur est lâché dans la ville.
Pendant toute la descente de Springs Hill, je ne rencontre personne, le boulevard est calme comme à son habitude, calme et ennuyeux. Je me dirige alors de suite vers les quartiers chauds situés dans la vieille ville, repères des gangs, des mafieux et des prostitués, que du beau monde.
Au fur et à mesure que je me rapproche, l’atmosphère se fait plus tendue, j’aperçois plus de monde sur les trottoirs, les bâtiments sont moins bien entretenus. J’augmente le son, pour que l’on me remarque bien. Il couvre à présent celui d’un poste autour duquel sont postés cinq hommes peu rassurants, des dealers sûrement. Je m’arrête alors à un feu rouge et pousse le son à fond. Je sens que je gêne enfin le groupe qui commence à s’énerver, lâchant des paroles que je n’entends pas mais dont j’imagine sans problème le genre. Ils s’approchent alors, encerclant ma voiture pour ne pas me laisser la possibilité de fuir. Je n’en ai toutefois pas l’intention. L’un d’eux vient me parler, il semble être le chef de la bande, je coupe le son.
« Qu’est-ce que tu viens nous emmerder avec ton son de merde toi, tu sais pas où t’es », m’agresse-t-il alors.
« Rassure-toi, je sais très bien dans quel quartier pourri je suis », lui réponds-je gentiment.
« Venir avec une caisse comme ça ici et parler comme ça, je crois vraiment que tu sais pas où t’es tombé mec », rétorque-t-il en sortant son flingue.
Ses copains font de même, ils sont cinq en me braquer avec leurs armes. Sans me presser je sors de la Lexus.
« Tu veux l’essayer, mec ? », lui dis-je froidement.
Le mec semble étonné.
« J’allais pas te demander la permission bouffon de bourgeois, casse-toi maintenant je te laisse la vie sauve », finit-il par dire.
« Trop aimable », lui lançai-je en me reculant peu à peu.
Ses potes arrêtent de me braquer et montent avec leur chef dans ce qui est devenu leur voiture.
Ils me font des bras d’honneurs en m’insultant avant de démarrer en trombe. Les pneus crissent et laissent échapper un filet de fumée blanche avant d’adhérer au sol, la Lexus s’éloigne rapidement.
« Des pneus à 1000 Euros chacun », lançai-je abattu.
Je sors alors une petite télécommande de la poche de ma veste longue noire et tire l’antenne. dans mon autre main, je prends mon téléphone portable et compose le numéro de ma voiture.
La sonnerie retentit trois fois avant qu’un des voleurs réponde :
« Ouais qui c’est ? ! », beugle-t-il, le son de sa voix couvert par de la musique.
Il demande alors aux autres de baisser le volume et reprend :
« Tu t’es trompé de numéro mec, ahahahah ».
« Tu es dans ma voiture et c’est vous qui avez tiré le mauvais numéro ».
« Hein ? ! On t’a chourré ta caisse mec, je crois qu’on est tombé sur le bon pigeon ».
« Regarde le tableau de bord, tu vois pas un point bleu qui clignote ? ».
Il regarde alors et dit à ses potes de se calmer.
« Salut connards », conclus-je avant d’appuyer sur le bouton de la télécommande.
Le voyant bleu du tableau de bord devient rouge et clignote, les autres ont juste le temps de comprendre. La voiture explose en pleine course, elle finit en flammes dans la vitrine d’un barbier. Je suis moi-même surpris de la violence de la déflagration, les flammes se sont élevées à la hauteur d’un immeuble de six étages et j’ai ressenti le souffle de l’explosion bien que j’étais à trois cent mètres.
C’est la première fois que j’utilise une voiture piégée pour tuer, cela va me donner des points de style. Satisfait de cette nouveauté mais quand même déçu d’avoir perdu une Lexus, je poursuis ma route à pied, furetant à droite, à gauche. C’est alors que j’entends des cris de femme provenir d’un immeuble abandonné donnant sur une ruelle crasseuse et mal odorante.
En arrivant devant l’entrée, je vois que les portes en fer rouillées ont été fracturées, j’y pénètre lors.
21h37. L’intérieur de l’immeuble est à l’image de l’extérieur, en piteux état. Une forte odeur d’humidité empeste l’air ambiant, toutes sortes de sécrétions souillent les murs délabrés. Une ampoule à la lumière faiblissante éclaire le couloir en se balançant de droite à gauche, je suis surpris qu’il y ait encore de l’électricité ici. Je vois alors un gamin sortir d’une pièce en pleurant, il coure pour m’échapper mais je le rattrape sans peine.
« Non, me tuez pas », crie-t-il alors.
« T’inquiète pas, je ne vais pas tuer un gamin », lui réponds-je sur un air compatissant avant de poursuivre, « Dis, tu n’aurais pas entendu des cris ? ».
Le gamin se met à pleurer de plus belle.
« C’est le nouveau petit ami de ma mère, il nous frappe », finit-il par lâcher en sanglots.
« Montre-moi où ils sont ? », lui demandai-je en montrant mes Desert Eagle.
Le garçon est pris d’un mouvement de panique mais je le rassure tout de suite :
« C’est juste pour l’enfoiré qui bat ta mère ».
Voyant dans mes yeux que je ne mens pas, il m’indique du doigt l’escalier qui mène à l’étage supérieur en me chuchotant « troisième porte à gauche ».
Je lui fais un clin d’œil et lui demande de rester là sans bouger. J’emprunte alors l’escalier dans lequel j’ai peu confiance. Les marches craquent sous mes pas, j’ai l’impression qu’elles vont céder à chaque fois que j’en gravis une. Tentant de faire le moins de bruit possible, je finis pas arriver en haut des marches. Là les cris de la mère du petit se font plus intenses, j’entends même l’homme l’insulter et la frapper. Je sers fort mes Desert Eagle, je me promets que cet enfoiré ne passera pas la nuit. Je passe devant les deux premières portes sans bruit et arrive devant la troisième entrouverte, je peux entendre distinctement le claquement qui résonne lorsque qu’il la frappe, cela éveille ma fureur. Je respire un moment et me prépare à enfoncer la porte. J’arme mes deux fidèles compagnons et lance un grand coup de pied qui fait voler la porte en éclats. Je pénètre dans la pièce principale et analyse vite la situation : le mec est tout seul avec la femme. J’aperçois un flingue négligemment posé sur une table et vois qu’il y porte également attention. Il se déplace vite mais je réagis plus vite que lui, je lu loge deux balles dans le creux des genoux. Il s’effondre alors dans un cri de souffrance. Le visage grimaçant, il continue de ramper afin d’atteindre le pistolet. Je m’assois sur un fauteuil en cuir déchiré et assiste à la scène, amusé. La jeune femme semble encore plus effrayée qu’avant mais je la rassure :
« Va retrouver ton gosse, je m’occupe de lui ».
Elle reste là, figée malgré mes propos, elle est en état de choc.
« Bouge-toi plus vite que ça », finis-je par lui hurler dessus.
Elle s’exécute. Pendant ce temps-là, l’homme agonisant a presque atteint son objectif mais je me lève et d’un coup de pied, j’expulse la table avec le pistolet. Il se pose alors sur le dos, vociférant des insultes. Je le regarde de haut, mon regard accusateur est appuyé par mon pistolet braqué juste entre ses deux yeux. Il se calme alors, passant des insultes aux supplications. Cet instant est un moment d’extase, je le conclus par un meurtre de sang froid.
Ceci fait, je retourne voir le gamin et lui dis de prendre soin de sa mère désormais. Il acquiesce et moi je continue mon tour du quartier.
22h35. La nuit est encore jeune mais le calme s’empare petit à petit des vieux quartiers, je suis déçu de ne pouvoir plus m’amuser. Je décide finalement de quitter ce jeu à 23h07.
Retour dans le « monde réel ». Là aussi, la nuit n’en est qu’à ses prémices. J’éteins mon ordinateur et me dirige vers ma penderie afin d’avoir quelque chose à me mettre, histoire de sortir un peu. Je décide d’aller faire un tour dans le parc municipal afin de trouver l’animation. J’ai bien fait.
En effet, un groupe de skinheads organise une petite beuverie, en plein milieu du parc animé comme tous les soirs d’été. La tension monte en même temps que le taux d’alcoolémie et ce qui doit arriver arrive ; ce groupe s’embrouille avec des jeunes aux intentions plus louables que l’idéologie qui dirige leur mode de vie. Ils sont plus nombreux et j’ai envie de m’amuser, je ne résiste pas au fait d’aller mettre mon grain de sel dans l’histoire. Je reconnais alors un des membres du groupe : Alex, qui est dans le même lycée que moi.
« Je m’en occupe », lui dis-je en souriant.
Il ne cherche pas à m’en dissuader et s’en va avec les autres. Les skinheads eux s’en moquent, du moment qu’ils ont quelqu’un pour se défouler. Ils m’encerclent à présent. J’en ai dix autour de moi mais je reste calme, trop calme au goût pour l’un d’entres eux. Il s’élance vers moi le poing en avant mais, d’une prise de Taïchi, je l’envoie rejoindre un autre. Ils s’écroulent, assommés tous les deux. Un deuxième sort alors un couteau à cran d’arrêt et s’approche. Il donne un coup à gauche, à coup à droite sans m’atteindre, il commence alors à perdre patience et fonce vers moi comme le premier. Grosse erreur. Je saisis son poignet grâce à une prise de Taïjitsu et lui tord le bras. Il se retrouve à genou au sol, tentant de résister mais son bras finit par céder. Le craquement de son Cubitus est suivi d’un hurlement, il lâche son couteau. Un troisième tente de secourir son ami mais je relève l’infirme et m’en sert comme bouclier. Celui-ci reçoit un coup de poing dans le ventre qui le fait recracher sa salive. L’autre n’abandonne pas et saisit alors le couteau. Cette fois-ci je ne joue plus. Je me débarrasse de mon poids en lui envoyant un coup de pied entre les omoplates, celui-ci se retrouve expulsé du cercle. L’homme au couteau tourne autour de moi, feintant des coups. D’un coup de pied rapide et précis, j’envoie en l’air son couteau sans qu’il n’ait le temps de s’en apercevoir. J’enchaîne avec un coup de pied circulaire qui lui déboîte la mâchoire. Plié en deux, j’en profite pour prendre appui sur lui et attraper le couteau en vol. Il se relève alors et j’en profite pour lui planter le couteau en plein cœur. Aucune gerbe de sang, rien, il tombe simplement au sol, mort. Voyant leur ami décédé, les neufs restants se jettent sur moi. C’est peine perdue. Leurs coups sont prévisibles et d’une lenteur déconcertante. Je les pare uns à uns et ai même le temps de leur répondre. Je sens l’excitation monter en moi, je ne retiens plus mes coups. En deux minutes, les voilà tous au sol. Bien amochés, ils ne renoncent toutefois pas. Les deux premiers à se relever se concertent et décident de m’attaquer chacun de leur côté. Ils semblent s’y connaître en arts martiaux, moins que moi cependant. J’adopte alors mon style préféré, la Capoeira. J’entame la cadence, un pas à droite, un pas à gauche, le rythme est essentiel. Les deux se ruent sur moi. J’en accueille un avec un coup de pied dans la gorge et l’autre avec un coup de pied dans l’abdomen, le tout en même temps. Sans prendre d’appui j’envoie un deuxième coup de pied dans le visage d’un, attrape le bras de l’autre et le lui casse. Je me retrouve dans le dos de celui-là et lui saisis le deuxième bras. Je commence à les rapprocher, ses cris se font de plus en plus forts. Sa colonne vertébrale cède, il devient silencieux à jamais. Un troisième gars se relève ; j’expulse le cadavre contre lui et le frappe en plein abdomen. Je le transperce aisément et atteins l’autre aussi. Trois morts, plus que sept. Je me dirige vers un qui est encore au sol, lui saisis le menton et d’un coup sec l’éjecte dans un arbre. Son cou ne résiste pas et se brise. Quatre, plus que six.
Comprenant qu’ils n’ont aucune chance, trois s’enfuient, il en reste encore trois. L’un d’eux arrache une branche et me surprend, il m’assène un coup en pleine tête. Malheureusement pour lui, la branche cède mais pas moi. Je saisi au vol le bout de bois qui s’est rompu , me retourne et lui transperce sa gorge avec. Les autres sont effrayés, je les comprends. Ils commencent également à s’enfuir en courant mais je suis plus rapide. La course poursuite ne dure pas longtemps ; je les rattrape et effectue un bond avant de leur asséner des coups de pieds dans le dos et de les faire tomber. Ils se retourne alors et me supplient. Je les attrape tous deux par la gorge et broie leurs trachées sans peine. Reste un problème, les trois autres se sont enfuis vers le centre-ville., sûrement pour trouver du renfort. La chasse continue.
Dans les rues, le silence pesant alourdit l’atmosphère glauque de l’endroit. Il s’agit pourtant d’une petite ville de province mais elle donne un air inquiétant, enfin pas pour moi, je ne crains rien car je sais. J’entends tout à coup un fracas de vitres brisées, provenant d’une rue non loin. Cela ne peut être qu’eux et d’ailleurs je sais ce qu’il y a dans cette rue, un armurier. Evidemment, j’aurais fait comme eux aussi. Tant mieux, le challenge sera plus tentant ainsi.
Ayant en main leur arsenal, les trois skinheads restants se sentent plus confiant. Je passe discrètement derrière eux pour me choisir une arme, j’opte pour le katana. Une fois la lame acérée en ma possession, je siffle pour qu’ils se retournent.
« Vos potes vous attendent, ne les faites pas trop patienter », les provoquai-je.
Ils semblent en colère désormais et me braquent chacun de leurs armes.
« Allez venez, je vous attends ».
Ils tirent tous les trois en même temps, sans trop viser. D’un bond vertigineux j’esquive tous leurs tirs et retombe pour planter ma lame dans le cœur de l’un. La lame ressort du bas de son dos. Je retire ma lame avec dextérité et décapite celui qui se trouve à proximité. Il n’en reste plus qu’un. Il tient son fusil à canon sciée dans ses mains tremblantes, n’osant plus rien faire. Je m’approche de lui, saisis son bras, ramène l’arme vers lui et appuie sur la gâchette. Cette fois-ci du sang éclabousse mes vêtements lors de l’impact. Me voilà rassasié, je décide de rentrer chez moi en passant par les toits afin d’éviter la police qui doit être au courant désormais…
toujours aussi cool, bien glauque mais toujours ces erreurs de taper trop vite aux clavier: un exemple parmi tant d´autre : " Les bass vont vibrer" Je suppose que c´était " font" à la place.
Sinon ben rien àredire ^__^!
Raaah effectivement j´écris toujours trop vite, merci de me faire remarquer mes erreurs Vierax-fan-FF :/
C´est bien mais j´en veut encore ![]()