Salut! Je suis nouveau sur ce forum(mais pas sur les forums jv.com, je squatte le blabla 15-18 ans ^^).
J´écris une histoire médiévale-fantastique(que j´avais publié en partie sur le blabla 15-18 ans) et j´aurais apprécié d´avoir quelques avis extérieurs supplémentaires.Avant de continuer, je précise que, sauf coincidence, je n´ai pas copié les noms des personnages où que ce soit, excepté pour les dieux... les joueurs de donjons et dragons se reconnaîtront!
Alors voilà le résumé:
Dans le royaume de Trangrad-Missendra, Corellon Larethian, le dieu des elfes, a été maudit par Gruumsh, dieu des orques. Il a perdu son âme, qui est désormais prisonnière de la statuette de Gruumsh, la matérialisation de la malédiction.
Pour délivrer Corellon, un seul moyen: trouver l´élu. Lui seul brisera la statuette et sauvera Corellon Larethian. En revanche, si quelqu´un d´autre brise la statuette, Corellon Larethian disparaîtra, et tous les elfes qui peuplent la Terre mourront.
Mais cette menace n´est pas seule: à la cour du roi des elfes, un complot s´ourdit par les nains, et la guerre menace face aux orques et aux elfes noirs...
Ca vous plaît? Des questions?
hakharnlemercenaire@hotmail.com ( mon adresse mail)
J´ai prévu 3 tomes, le 1 s´appelle: " Le jour du protecteur", le 2 : " Les chroniques de l´ancienne dignité", et le 3, je sais pas
Voici déjà le premier chapitre:
1
- Qui me dérange ? tonna Malhaimor, tandis qu’on frappait à la porte du palais.
-Ce n’est que moi, Tharnkal, répondit une voix au-delà de la porte.
-Je te prierai d’être un peu plus ponctuel, Tharnkal, dit l’elfe en ouvrant au nain qui entra.
-Bien, Malhaimor. C’est que… J’ai cru que j’étais suivi. Ce n’est sûrement qu’un fruit de mon imagination, mais avec ce qui se passe dans le royaume en ce moment, j’ai préféré rester prudent.
-Ne t’en fais pas, Tharnkal, l’élite de nos archers surveille notre palais jour et nuit.
Personne ne peut entrer, sauf nous et quelques autres.
-Sauf les elfes noirs, pensa ironiquement Drandus Darkas.
-Installe-toi, Tharnkal, dit Malhaimor.
Le nain prit place sur un banc de bois massif.
En face de lui, deux autres nains.
Le premier, petit mais solidement charpenté, une longue barbe blanche ornait son visage teinté comme du cuivre.
Le deuxième était plus grand, moins corpulent, avec une barbe bleue.
- De quoi s’agit-il, cette fois ? commença Tharnkal.
-Si tu étais plus ponctuel, tu le saurais ! Répondit le grand nain à barbe bleue.
-Calme-toi, Brimdal, l’interrompit Malhaimor.
Ceci ne mène nulle part ; le royaume est en danger ! En danger mortel !
Il est de retour parmi nous.
-Il ? demanda le petit nain charpenté. Le protecteur ?
-Oui, Grilak, le protecteur, répondit solennellement Malhaimor.
Comment se fait-ce ? demanda Brimdal.
-La…LA malédiction…
Il s’interrompit, puis il reprit :
-La malédiction de celui qui ne dort jamais s’est réalisée.
-Réglons cela par la force ! hurla Grilak.
Sur ce, il dégaina sa hache. Emporté par le poids de celle-ci, il tomba à la renverse.
-Non, Grilak, lui dit doucement Malhaimor, cela ne te sera pas utile, à moins, biens sûr, que tu ne veuilles mourir dans des douleurs que personne n’a encore réussi à imaginer.
-Mais comment faire ? ?
-Mes éclaireurs m’ont rapporté que la statuette de Gruumsh serait la matérialisation de cette malédiction. Si nous la détruisons…
Il s’interrompit à nouveau.
-On n’entend rien de ce qu’ils disent, pensa Drandus Darkas.
Cela dit, il se leva de sa cachette, se plaça devant la porte du palais, et prononça une incantation :
’’Karondor Chodatrim,
Omesta Kazandum ! ’’
Soudain, il n’y eut plus que du vide autour de lui.
Quand toutes les choses qui étaient matérielles réapparurent, il était hors du palais, dans les jardins, devant la cour, sous la pluie fine et régulière, qui s’amplifiait.
-Hé ! Hé ! Dit Drandus Darkas. Sortilège de téleportation réussi…
Puis il prit l’arc accroché dans son dos, ainsi qu’une flèche, bande son arc, tira, toucha à la tête 2 elfes qui gardaient le palais et s’enfuit par la forêt qui précédait la cour. Il siffla, et son cheval, Alrak-Karanar, accourut. Holà! dit-il à son destrier. Calme-toi ! Puis il sauta en selle, cravacha sauvagement sa sombre monture, un magnifique étalon. L’elfe noir chevaucha pendant deux heures, et il arriva au beau milieu d’une plaine désolée.
Arrêtant son cheval à la sombre fourrure dans sa course, il descendit de selle.
-Attends moi-la. Je n’en ai pas pour longtemps.
Il se rendit vers un bosquet desséché, ramassa quelques feuilles mortes, les humidifia grâce à la pluie, et prononça une nouvelle incantation :
‘’Iriendum Postole,
Berhondir Kezokum ! ’’
Soudain, un éclair se mit à tomber juste sur les feuilles que Drandus Darkas avait ramassé, puis dans un flash aveuglant, un trou profond, de couleur violette, s’ouvrit, à quelques centimètres du ciel, comme en lévitation : c’était un portail.
L’elfe noir passa la main dedans, pour s’assurer qu’il pourrait passer sans encombre.
Il sourit malicieusement, puis rappela son cheval :
-Alrak-Karanar ! ! Alrak-Karanar!
Le magnifique étalon noir accourut, et quand il vit le portail, ses yeux d’une lueur de braise semblèrent flamber d’un feu de passion.
Puis Drandus Darkas franchit le portail pour gagner la dimension des elfes noirs.
La dimension des elfes noirs était surtout destiné aux âmes corrompues plutôt qu’aux voyageurs.
Pour y entrer, il fallait prononcer une incantation spécifique aux elfes noirs, et quiconque osait la révéler voyait son âme s’envoler, perdue pour toujours, dans le néant infini.
Drandus Darkas s’avança accompagné de son cheval, tenu par la bride.
D’un pas calme, serein, régulier, il jeta un œil vers la falaise abrupte qui tombait dans le puits des âmes damnées, où circulaient dans le néant toutes les âmes des elfes noirs qui avaient révélé le secret de l’accès à leur royaume.
De l’autre côté, l’elfe noir voyait, au bout d’un assez long chemin traversant une plaine désolée, menant à une grille massive, avec des pointes dressées, où des têtes d’humains étaient embrochées, les unes sur les autres, formant un spectacle peu ragoûtant.
Après la grille, qui ne s’ouvrait que sur le mot sacré des elfes noirs, ‘’hexkranakumrad’’, un petit sentier menait à une falaise abrupte où les âmes damnées des elfes noirs traîtres commençaient leur course, avant d’errer sans fin dans le puits des âmes, à l’autre bout du royaume.
Arrivé à la grille, Drandus Darkas salua deux gardes elfes noirs à l’air menaçant :
-Salut à vous, mes braves ! Hexkranakumrad ! Hexkranakumrad !
Les gardes levèrent leurs lances a la pointe maculée de sang.
La grille s’ouvrit dans un grincement sourd.
Drandus Darkas s’engagea dans l’étroit sentier, et au bout de quelques minutes de marche, il arriva, un rictus malfaisant aux lèvres, vers la bâtisse massive qui, au bord de l’autre falaise, abrupte également, dominait un panorama saisissant !
Il tambourina à la porte.
-Ouvrez ! Ouvrez ! C’est Drandus Darkas ! J’ai des informations concernant la réunion secrète de Malhaimor, le roi elfe, et de ses conseillers ! Ouvrez !
Un homme au faciès grimaçant lui ouvrit.
-Salut à toi, Stimus hâd Merandras!
-Oui, Salut à toi, d’où tiens-tu ces informations ?
-C’est bien simple, j’ai espionné la réunion secrète.
-Et qu’ont-ils dit ?
-Ils ont des doutes désormais, il faudra agir maintenant ! Et vite !
-J’ai mon plan. Entre.
-Mais, bien volontiers !
Drandus Darkas, accompagné de son hôte, rejoignit une salle cossue, où un feu pétillait vivement.
La salle était richement meublée : grandes tables en bois d’acacia, qui témoignaient d’un travail extraordinaire, armoire fines, tapisseries de bêtes, tableaux d’ancêtres conquérants, statues, bustes, sculptures, cheminées en tous genres et bien d’autres preuves de la richesse de l’elfe noir résidant dans la luxueuse bâtisse.
-N’aie pas peur, installe-toi, commença Barkhan-hâd Barknum.
Drandus Darkas s’assit dans un fauteuil, visiblement de peaux de gobelins.
-Eh bien, demanda le riche elfe noir, as-tu d’autres informations sur cette réunion ?
-Non. Quand je suis arrivé, la conversation était commencée depuis longtemps.
Mais j’ai retenu qu’ils sont au courant pour la malédiction de celui qui ne dort jamais, et pour la statuette de Gruumsh.
Barkhan-hâd Baraknum baissa la tête, réfléchit un bon moment, et, sournoisement, prit sa dague, se jeta sur Drandus Darkas, lui passa son arme sur le cou, et lui dit d’une voix ironique et glaciale :
-Merci, ces informations me suffisent.
Et il trancha la tête de l’elfe noir, son plus fidèle conseiller.
Il n’avait plus besoin de ‘’ce misérable’’, comme il l’avait souvent appelé.
Restant là, debout dans sa demeure, devant le feu mourant qui éclairait le corps sans tête de Drandus Darkas, haletant, comme s’il venait d’accomplir un exploit il éclata petit à petit d’un rire glacial.
Tharnkal frappa du poing sur la table à laquelle il était installé.
-Non, non, non, non, non, non et non ! Notre armée éveillera des soupçons si elle part en guerre, pour faire face aux elfes noirs ! Il faut gagner du temps d’une autre façon et surtout, il faudra rester discret.
C’était rare de voir une telle sagesse chez un nain.
D’habitude, ils étaient plutôt bourrus et colériques.
Les nains formaient un peuple fier, grands sculpteurs, grands mineurs, se faisant rarement des alliés elfes.
Mais ici, c’était un cas de force majeure.
Malhaimor intervint :
-J’ai oublié de vous dire : quand celui qui ne dort jamais a commencé a…
Il fut interrompu par Drenatoth, le chef de la garde du palais, qui entra en trombe dans la salle du conseil.
Il fit un bond extraordinaire en avant, mais retomba sur la table ce qui eut pour effet de lui briser le dos.
-AAAAHH… Kror… rattrapez-le…dit-il, faible.
-Attendez, on va vous enlever vos échardes, dit Brimdal.
-Non, c’est inutile…trouvez d’abord… l’élu…
-Qui est cet élu ? demanda Malhaimor.
-AAAhhh… C’est…
Il s’écroula. Malhaimor, ainsi que ses trois conseillers nains, examinèrent le corps désormais sans vie du chef de la garde.
-Hmmm…Blessure de hache nette et mortelle…Je me demande comment il a survécu si longtemps ?
Dehors, le tonnerre faisait rage, et semblait tambouriner à la porte.
Une tempête d’une pareille violence-et c’était bien connu des prophètes-annonçait la fin d’une ère et le début d’une nouvelle. Mais ici, c’était plutôt la venue d’un héros, dont le destin changerait le monde…
![]()
Tiens te voilà, toi. Bon tu connais déjà mon opinion donc je vais pas me répéter. Tu as lu mon histoire au fait?
kaim
j´aurais pû dire pareil de toi!
Non, j´ai pas lu ton histoire
mais je vais m´y mettre...
Je trouve ca pas mal du tout, meme si j´ai pas encore tout lu
je repasserai lire la suite ![]()
au fait, j´ai moi aussi commencer à ecrire une histoire: Keit´Arhan
keron
du compliment! je vais lire ton histoire aussi
Voilà j´ai tout lu, j´attends la suite ![]()
pour cette fic ![]()
keron
mais je m´en charge... oui et c´est pas une fic mais un vrai roman... enfin je dis pas qu´il va être publié mais j´aime pas ce mot, " fic" ou " fanfic" je trouve que ça a un petit côté: " ça durera pas longtemps!" ; -)
chapitre deux:
2
Le jour se levait sur la petite bourgade de deux mille âmes qu’était Bénolia : le soleil commençait à baigner la ville de ses rayons généreux.
Les coqs se levaient péniblement et chantaient à tue-tête pour tenter de réveiller les premiers artisans, boulangers et autres ‘’lève-tôt’’, pour les inciter à démarrer leur journée de dur labeur.
Pourtant, les artisans n’étaient pas les seuls à avoir été réveillés par les volatiles : Brimdolir, un elfe comme les autres, se leva aussi en ce dur matin d’hiver.
Lui était paysan, et devait commencer à travailler de bonne heure lui aussi.
Cela ne lui faisait rien : il ne trouvait plus le sommeil depuis quelques jours, et il quitta sa paillasse mangée aux mites pour se rendre sur son lieu de travail, passant par les rues encore désertes du bourg.
Il aimait sentir le bon air frais sur sa peau pâle.
A l’angle d’une petite ruelle, il aperçut un marchand d’armures, visiblement en grande discussion avec un cordonnier.
-Si, si, je vous assure, dit le marchand d’armures, il s’est échappé d’Amhâd-hum.
-Mais non, répondit l’autre, il y est encore enfermé. Heureusement pour nous.
-Ah, oui ? Et ceci, alors ? répondit le marchand d’un ton sans réplique, tout en désignant de son index fébrile une affichette clouée, qui indiquait clairement :
‘’Kror, un officier ork doté d’une sauvagerie incroyable, s’est échappé hier au soir de la prison d’Amhâd-hum.
Restez chez vous le plus possible.’’
-Mais alors, mais alors, mais alors, c’est affreux ce qui s’est passé ! Vous avez raison ! Mon dieu…
Ayant tout écouté de la conversation sans se faire voir, Brimdolir se rendit discrètement aux champs pour y quérir sa mince ration de blé, dont une grande partie revenait de droit au chef du village.
Le vent soufflait très fort ce matin-là, à tel point que de temps en temps, Brimdolir l’elfe devait s’arrêter dans son travail s’il ne voulait pas que sa récolte ne s’envole et sois perdue.
-Pourquoi faut-il que ce soit les paysans qui aient à travailler dans les conditions climatiques et horaires les plus rudes ? grommelait-il, mécontent.
Il aurait aimé être guerrier ou forgeron, n’importe quel métier où on maniait les armes diverses.
Enfin, à l’heure de nonne-trois heure de l’après midi-, et après un court arrêt dans son travail pour manger ( pain et haricots secs), il se rendit au palais du chef du bourg pour lui donner le blé qu’il avait récolté en ce dur matin d’hiver.
Sur le chemin menant au palais, il ne pouvait pas s’empêcher de se poser des questions : qui était ce Kror ? Un officier ork, soit, mais qui était-il vraiment ?
Et ce lieu ? Amhâd-hum ?
Un mélange confus d’idées, d’angoisse et d’incertitude se brouillait dans sa tête.
L’elfe tenta de récapituler : un ork, du nom de Kror, s’était échappé d’un lieu faisant vraisemblablement office de prison, et les autorités elfiques avaient du mal à lutter.
Mais quelles seraient les conséquences de cette fuite ?
Il repensa à la fin du message : ‘’Restez chez vous le plus possible.’’
Passerait-il par Benolia ?
-Non ! pensa-il. C’est invraisemblable ! Benolia est certes une belle ville du Sud de Daramroth, la province elfique du vaste monde de Trangrad-Missendra, mais ce n’est pas une ville assez digne d’intérêt pour qu’un tueur ou autre psychopathe y passe.
A moins que ? Il déposa son blé par terre et s’assit sur une souche pour réfléchir.
Mais il avait assez perdu de temps.
Et soit ! J’ai autre chose à faire ! Dit-il, en se dirigeant, cette fois décidé, vers le palais du chef du bourg.
Il ne pensait déjà plus à Kror l’ork, à Amhâd-hum et à toutes ces choses… Pourtant, Dieu sait s’il aurait le temps d’y repenser… Arrivé aux portes du palais, il se fit arrêter par deux gardes.
-Halte ! Que voulez-vous ? demandèrent-ils en chœur.
-Oh, c’est juste pour le blé, pour le chef du bourg, d’ailleurs, j’en ai pris bien plus que de coutume. , dit-il, espérant que son zèle lui vaudrait une ration hebdomadaire plus complète.
-Bien. Entrez.
Brimdolir, accompagné des deux gardes, pénétrèrent dans une salle immense, agrémentée de hautes colonnes de marbre, qui avaient dû être travaillées pendant des années.
L’elfe remarqua que le chapiteau de ces colonnes représentait le signe le plus respecté chez les elfes : Corellon Larethian, leur dieu vénéré.
Le couloir menant à la salle principale où trônait le chef du bourg semblait interminable : Brimdolir ne voyait pas encore la fin du tapis couvert de fresques, de symboles et de runes symétriques. Seuls les murs étaient un peu abîmés, faits en simple pierre, contrairement aux colonnes du palais qui faisaient l’admiration de tout le village.
Enfin, après une longue marche, l’elfe aperçut le chef du village : un bel elfe aux traits fins et aux longs cheveux noirs qui rappelaient les drows, les elfes noirs maléfiques.
-Ah ! , C’est Brimdolir, dit-il. Laissez-le.
Les deux gardes s’écartèrent et laissèrent le chef seul avec Brimdolir.
-Regardez, j’ai ramassé plus de blé que de coutume.
-Bien, répondit le chef d’une voix glaciale. Tu peux partir.
Sidéré, Brimdolir essaya humblement de demander une petite récompense :
-Mais…
-DEHORS !
Triste et déçu, Brimdolir sortit du palais.
-Je vais quitter ce bourg et changer de métier, dit-il. Ce sera mieux pour moi.
J’en ai assez de ces travaux de paysans bien tristes dans des conditions cruelles !
C’est fini. Je quitterai Benolia demain.
Il allait effectivement quitter la ville, mais pas de la manière qu’il espérait : il n’allait pas partir de Benolia dans le calme et l’espoir, mais la quête qui l’attendait était bien plus noble.
Comme il rentrait paisiblement chez lui, encouragé par ces idées de changement de vie, il trébucha sur une grosse racine sur le chemin de sa maison.
Le vent s’amplifiait de plus en plus, devenait presque une tempête.
Mais Brimdolir, affaibli par sa journée de travail et pas sa chute, essaya de se relever, mais il s’évanouit.
Il resta couché pendant au moins cinq bonnes heures allongé, inconscient.
Dans son rêve, il pouvait réellement bouger, parler comme s’il était en pleine forme.
C’est alors qu’apparut une femme au beau visage, une longue mèche brune tombant sur son front.
Le teint clair, sa peau ne présentait pas la moindre imperfection. Son nez était légèrement aquilin, sa bouche bien faite, ses lèvres minces, son corps, svelte, était en bonnes proportions par rapport à son visage : on aurait dit Aphrodite.
-Qu… qui êtes-vous ? demanda Brimdolir.
La femme éclata de rire.
-Voyons… tu ne me reconnais pas ?
-Non. Qui êtes-vous ?
-Je suis Elhonda, déesse de la forêt et je suis venue te transmettre un message.
-Eh ! bien, parlez.
La femme s’arrêta de parler, et baissa, la tête, comme honteuse. Une larme tomba de sa joue.
-Hier, Malhaimor…
-Le roi elfe ?
-Oui, lui. Eh bien, Malhaimor et ses trois conseillers, Tharnal, Brimdal et Grilak, ont laissé échapper un ork fou furieux.
-Oui, je sais, c’est écrit partout à Bénolia.
-Je vais commencer par le début. Il y a une semaine, Gruumsh a lancé une malédiction à Corellon Larethian.
Depuis lors, il est devenu un mortel errant, et même s’il voulait parler pour qu’on le délivre, il ne pourrait pas.
La seule solution de le délivrer serait de trouver l’élu, car seul lui pourrait briser la statuette de Gruumsh.
-Qu’est-ce ?
-C’est la matérialisation de la malédiction. Quand Gruumsh a lancé le sort contre Corellon, il n’a pas pu empêcher la statuette de se créer. L’âme de Corellon Larethian est à l’intérieur.
Si quelqu’un, autre que l’élu, brise cette statuette, alors…
Elle s’arrêta encore de parler, et elle chuchota, en pleurant :
-Alors Corellon Larethian mourra, et les elfes mourront.
-Mais comment sais-tu ceci ? Qu’est-ce qui me prouve que ton élu existe ?
-Dans son dernier souffle, Corellon a pu choisir un élu, qui puise le délivrer.
-Mais qui est l’élu ?
POUF !
Brimdolir s’éveilla dans son rêve brusquement, mais il n’avait rien oublié de la conversation avec la déesse de la forêt.
-Elhonda ! Elhonda ! appela-t il.
Mais quand il regarda autour de lui, il n’était plus dans sa ville. Il ne connaissait pas le lieu où il s’était réveillé.
Il aperçut une petite lueur, et se dirigea doucement vers la bâtisse qui dégageait cette lumière.
Il comprit qu’il s’agissait d’une taverne.
Il s’y rendit, et découvrit, en ouvrant la porte, une scène étonnante : une taverne vide.
Seul quelques ivrognes se racontaient leurs souvenirs, mais c’était tout.
Il demanda à l’aubergiste s’il avait vu une femme du nom d’Elhonda.
-La déesse des forêts ? demanda-t-il.
-Oui, elle. Vous l’avez vue ?
-Mais, non, je ne l’ai pas vue, ha, ha, ha, ha !
-Pourquoi riez-vous ? Je l’ai vue en rêve.
-En rêve, oui. Mais personne ne l’a jamais vue ! Allez vous-en, cette auberge n’est pas pour les fous !
Et l’aubergiste donna un violent coup de poing à Brimdolir, ce qui eut pour effet de l’assommer.
Quand il se réveilla à nouveau, très affaibli par sa journée et par ces coups et pertes de consciences, il vit qu’il était dans une grotte, et comprit que son nouvel hôte ne lui voudrait pas que du bien…
![]()
Alors, c´est pas mal du tout
Juste la fin que je trouve un peu bizarre, le gars qui l´assome juste parce que celui ci le croit fou...
Enfin, le reste est tres bien, le scénario se dévoile, et on se demande bien qui est cet élu ! ![]()
l´élu est . ....
BBBBIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIPPPP
sinon merci du compliment, le gars l´assomme parce qu´il est bourré aussi!
![]()
Lz suite maintenant, la suite , la suite ![]()
Chapitre 1 quelques corrections:
" Qui me dérange ? tonna( verbe un peu excessif, pour la situation, " demanda" suffira) Malhaimor, tandis qu’on frappait à la porte du palais.
-Ce n’est que moi, Tharnkal, répondit une voix au-delà ( "derrière", au-delà, c´est aussi un peu excessif)de la porte.
-Je te prierai d’être un peu plus ponctuel, Tharnkal, dit l’elfe en ouvrant au nain qui entra. ( dit l´elfe en laissant entrer le nain)
Voilà, pour te donner une idée " d´allégement".
pour vos remarques et conseils: " au-delà" est peut-être un peu abusif, mais pas " tonna" je peux te l´assurer!
et première partie du chapitre 3 :
3
L’illithid s’avança doucement, comme pour mieux pétrifier sa victime de terreur.
Aux traits déformés par la haine, de longs appendices tentaculaires suintaient un liquide acide et visqueux.
Dans la pénombre, épuisé, Brimdolir eut à peine l’énergie de prier pour que sa mort ne soit pas trop douloureuse, car il savait que l’illthid lui arracherait le cerveau.
La créature continuait à s’avancer, inexorablement mais lentement, le fixant de ses petits yeux noirâtres, visiblement pour lui infliger un profond traumatisme avant sa mort.
Son regard noir reflétait sa démence, sa passion de la haine et de la mort.
Encore un peu, et il serait sur sa victime. Mais il avait encore quelques pas à faire.
Il les fit. Et, crispant les mains, écartant les doigts, il commença à placer ses mains vertes et noueuses et ses appendices sur le crâne du malheureux elfe, et commença à pousser une sorte de râle. Le décervelage avait commencé.
Brimdolir, fermant les yeux, sentait ses ultimes forces l’abandonner.
-Je ne verrais pas l’élu, pensa-t-il. Je ne saurai jamais qui c’est.
Il réussit à ouvrir à nouveau les yeux, et vit un éclair de lumière aveuglant.
Cette lumière émanait d’une épée que tenait un bel homme torse nu, aux cheveux bouclés et blonds, au beau visage et aux sourcils fins et serrés, portant un pantalon de velours bleu avec une lourde ceinture de métal.
L’illithid poussa un cri affreusement strident. Il détestait la lumière : il lâcha donc prise.
L’homme à l’épée donna de violents coups d’estoc à la créature et pour finir, lui enfonça son épée, déjà maculée de bave et d’acide du monstre, dans la bouche.
La tête de l’illithid explosa en une mare de fluide cervical dégoulinant.
L’homme ayant repris son souffle, il prit Brimdolir dans ses bras et l’emmena dans un petit campement à une heure de marche de la grotte de l’illithid.
Quand Brimdolir se réveilla une fois encore, il remarqua qu’il était dans une tente.
Une tente comme dans un campement de mercenaires.
Il essaya de se relever du lit où il était couché, mais il tomba à nouveau inconscient.
En rêve, il revit la déesse de son rêve.
-Ah ! , Elhonda, commença Brimdolir. Je…
-Tais-toi ! répondit Elhonda d’une voix sèche. Tu as été très imprudent en entrant dans cette taverne. Tous ceux qui s’y rendent sont des fous, des tueurs ou des ivrognes. Et je t’ai vu avec cet illithid. On ne peut imaginer créature plus repoussante.
-Qui m’a sauvé la vie ? Qui est cet homme ?
-Ah ! Oui ! C’est mon fiancé, Pélor, le dieu du soleil.
-Mais où suis-je ? J’ai bien vu que j’étais dans une tente avant de sombrer dans le sommeil.
-Tu es à l’Est de Trangrad-Missendra, près du désert de Basmorad. Pélor t’y a amené pour que tu puisses accomplir ta destinée…
-Ma destinée ? De quoi parlez-v…Mais avant qu’il ne puisses prononcer une parole, la déesse se plaça en tailleur, le va les bras au ciel et murmura doucement :
‘’Baternoth Kana,
ulti djermitoth ! ’’
Un petit cercle d’énergie se forma autour de l’elfe, qui commença à tourner doucement, puis de plus en plus vite, regardant au ciel, les bras tendus vers l’arrière, il s’envola en tournant.
Et il se réveilla donc encore une fois, en sursaut.
-Ah ! Où es-tu, Elhonda ? cria-t il, ne réalisant pas encore qu’il était réveillé.
-Calme-toi, lui répondit un homme au visage cireux, qui était à son chevet.
-Mais où suis-je ? demanda Brimdolir, intrigué par ce personnage au visage inquiétant.
Mais il se reprit aussitôt, et, avant que l’homme ne réponde quoi que ce soit, il déclara :
-Ah ! Mais, oui, nous sommes bien à proximité de Basmorad ?
-Oui, tu es dans le campement de Zédolia, au Nord-Est Trangrad-Missendra.
-Oui, bien sûr, dit Brimdolir d’une voix distraite, repensant à Elhonda.
-Tu te sens mieux ? demande l’homme au visage inquiétant.
-Oui, oui, ça va aller, je peux marcher. Merci.
Brimdolir sortit de la tente et découvrit un campement ressemblant à une ville : chaque tente était située d’un côté ou de l’autre de petits chemins de terre qui se regroupaient tout autour d’une sorte d’estrade, où le chef de la tribu venait prononcer de grands discours lors d’événements importants.
L’homme qui avait surveillé Brimdolir à son chevet le rejoignit.
-Eh! Bien, commença-t-il, d’où viens-tu ?
-D’un petit bourg au sud d’ici.
-Comment t’appelles-tu ?
-Mon nom est Brimdolir. Quel est le tien ?
L’homme parut surpris.
-Tu ne connais pas mon nom ?
-Non, je ne te connais pas.
-Cela m’étonne, je suis plutôt célèbre. Mon nom est Hâkharn le mercenaire. Désormais, tu es sous mes ordres.
-Pourquoi ?
-Ne pose pas de questions. Concentre-toi sur l’instant présent, telle est ma théorie de guerre.
-Par quel moyen puis-je retourner à Bénolia, en vous remerciant, bien sûr, de votre hospitalité ?
-Oublie ton passé. Suis-moi dans ma tente, j’ai quelque chose d’important à dire.
Hâkharn fit signe à Brimdolir de le suivre ; l’elfe s’exécuta.
Après une petite marche entre les petits chemins de terre, Brimdolir arriva dans une tente de soie bleutée.
-Bien, dit Hâkharn. Je serais franc avec toi.
Il s’exprimait d’une voix sèche et dure, comme s’il faisait des reproches permanents.
-Nos frontières sont menacées par les elfes noirs, aussi apprendras-tu le maniement de l’épée.
-Mais…
-Tu ne peux pas refuser. Tu es désormais sous mes ordres et quiconque ne respecte pas les ordres doit périr. Désolé, mais c’est la loi en ces temps difficiles de guerre et de tourments.
-Les elfes sont en guerre ?
-Pas vraiment. Mais disons que les petits campements comme les nôtres supportent mal l’autorité que les gouverneurs des frontières croient avoir sur eux. Aussi, des escarmouches ont commencé. Cela pourrait provoquer des guerres.
-Je commence à comprendre. Il vous faudrait donc de nouveaux combattants pour mener à bien votre mission ?
-C’est tout à fait ça. Suis-moi à nouveau, je vais te montrer quelque chose.
Brimdolir et Hâkharn sortirent tous deux de la tente, et le mercenaire sortit de la frontière du camp vers une falaise abrupte a quelques pas de là, l’elfe sur les talons.
En haut de la falaise, se trouvait un petit autel sur laquelle une épée, gravée sur la lame de runes, était posée sur de petits coussins de velours.
-Tu vois cette lame qui brille de mille feux ? On dit qu’elle a appartenu à Corellon Larethian.
Puis Hâkharn montra le panorama qu’on avait du haut de la colline : la mer et une petite plage de sable fin. A un petit quai, des navires étaient amarrés.
Le mercenaire se tut, puis reprit :
-Une légende raconte que quand la mer recouvrira totalement ce camp, la lame lévitera d’elle-même dans la main du guerrier qui sera apte à la porter, par le pouvoir et la grâce de Corellon.
-Incroyable ! commenta Brimdolir.
2e
et suite et fin du chapitre 3(je sais même pas si il y a qqn qui lit ça, mais bon...)
-Ca oui, incroyable, d’ailleurs je ne crois pas un mot de ces inepties.
Maintenant tu m’excuseras, je vais dans notre temple, prier Fharlanghn.
-Vous avez un temple ?
-Oui. C’est notre fierté.
Et le mercenaire laissa sur place Brimdolir, étonné, charmé, triste et comblé en même temps.
Pendant les semaines, les mois qui suivirent, Brimdolir apprit le maniement de l’épée.
L’initiation à l’art de l’escrime et le premier cours furent catastrophiques : l’elfe mélangeait les coups d’estoc et de taille, et quand il avait voulu dégainer son épée pour la première fois, il s’était entaillé la jambe. Il mit deux semaines à se rétablir.
Au deuxième cours, Brimdolir était déjà plus sûr de lui : il arrivait à dégainer son épée correctement, bien que son mouvement fût encore tremblant.
Et enfin, le grand jour arriva. Brimdolir devait passer des petits entraînements aux travaux pratiques : il devait combattre un ork dans une arène. Au cas où l’elfe aurait le dessous, des archers tireraient sur l’ork afin de le mettre hors d’état de nuire. Brimdolir se rendit à l’arène entourée d’une clôture de bois où une petite foule l’attendait.
-Ah ! , tu es là, viens, le combat va commencer.
Brimdolir entra dans l’arène. Hâkharn lui tendit une épée au passage.
Tremblant, la main sur son fourreau, prêt à sortir son arme, l’elfe attendait le signal de début de combat.
Et soudain, il retentit.
Un champion elfe du village cria : ‘’Zendaram, Basdramar ! ’’, ce qui signifiait en elfique : ‘’combattants, en lice ! ’’
Une grille s’abaissa, et un ork sortit, l’air enragé, touts crocs dehors, portant une lance à la pointe émoussée, pour faciliter le combat de Brimdolir, mais l’elfe devait rester prudent : une lance, même émoussée, est encore dangereuse.
Brimdolir sortit son arme, une petite épée courte, au pommeau incrusté d’un petit diamant.
L’ork brandit sa lance et attaqua, mais Brimdolir eut le temps de faire un saut de côté pour esquiver. Puis ce fut ‘’son tour’’ : il attaqua l’ork, qui était sans armure, mais le manqua et l’ork en profita pour désarmer son adversaire, ce qui réussit.
L’épée voltigea en tout sens, pour atterrir au bout de l’arène.
Brimdolir recula, apeuré par la force de son ennemi, puis se reprit.
-Si tu veux montrer que tu es un vrai elfe, bats-toi ! se dit-il.
Et l’elfe chargea pour donner un violent coup de bouclier à l’ork.
Ce dernier fut projeté à genoux, poussant un grognement de douleur.
Mais l’elfe continuait de frapper avec son bouclier, le brandissant au plus haut de sa tête et le fracassant sur la tête de l’ork.
Mais le monstre n’avait pas dit son dernier mot : il riposta avec une telle violence que le bouclier du valeureux elfe s’envola lui aussi. Brimdolir n’avait plus le choix : ou il récupérait ses armes, où il pouvait estimer qu’il avait perdu le combat.
Il recula donc et contourna l’ork en courant. Il courut tellement vite qu’il dérapa sur le sable de l’arène et trébucha. L’ork avait suivi le jeune elfe et le pointa de sa lance.
‘’Himosdrak Bassendra ! ’’ Cria le champion elfe.
Aussitôt tous les archers postés autour de l’arène décochèrent leurs flèches sur l’ork, qui mourut sur le coup.
Brimdolir tomba à genoux, et se mit à sangloter comme un enfant.
Quand Hâkharn, qui avait assisté au combat, arriva, l’elfe se prit la tête entre ses mains, et souffla :
-Je n’ai pas été à la hauteur. Je ne suis pas digne de vous.
-Allons, voyons ! Ne dis pas cela. Tu vas recommencer avec un ennemi moins puissant.
-Et qu’est-ce que ça sera ? demanda Brimdolir d’une voix triste et glaciale. Un troll ? Un kraken ? Qu’est-ce que vous allez trouver pour m’humilier encore une fois ? Je vous écoute !
-Ne t’énerves pas, nous allons simplement te faire combattre un gobelin. C’est tout. Je te le jure.
-Bien. Amenez-le.
-Attends. Tu ne vas pas livrer bataille dans cet état ! Ce serait de la folie ! Je vois bien que tu es épuisé, et que tu as faim. Reposes-toi dans ma tente. Tu te sentiras mieux.
Deux heures plus tard, l’elfe était de retour, son épée et son bouclier-qu’il avait récupéré avant de quitter l’arène- à la main.
-Tu te sens prêt ? demanda Hâkharn.
Brimdolir hocha la tête, l’air grave.
-Faites entrer l’elfe dans l’arène, tonna Hâkharn à ses serviteurs.
Brimdolir n’attendit pas le signal de début de combat pour sortir son épée et son bouclier.
Il pénétra dans l’arène, où le gobelin se tenait déjà prêt. Le champion cria :
‘’Zenadram Basdramar ! ’’
L’elfe fonça sur son ennemi dès le signal, et arracha une jambe au gobelin.
Ce dernier eut tout de même le temps de faire tomber Brimdolir à l’aide de son bâton, alors que l’elfe revenait à la charge.
Le jeune guerrier elfe se précipita sur son ennemi, et lui ouvrit la gorge à l’aide de son épée, lui prit la trachée et l’enfonça dans la bouche du gobelin.
Puis il jeta son épée à terre, ouvrit la cage thoracique de son ennemi, y arracha des poumons et le fouetta avec.
-C’est bon, cria Hâkharn, il a son compte. Tu vois, tu n’as pas été humilié ! Mais je te conseille de toujours maîtriser tes émotions en combat ; et n’oublie pas ton bouclier. Il ne faut pas négliger ses défenses…
-Entendu. Je le retiendrais.
-Va te reposer à présent. Demain, je peaufinerai encore ton entraînement.
Brimdolir, cette fois satisfait du combat qu’il avait mené, se rendit dans la tente aménagée pour lui, et dormit du sommeil du juste.
Le lendemain, quand il se réveilla, tout le camp était calme. Aucun bruit. Il n’entendait rien.
Mais c’est alors qu’il comprit. Tout le camp était regroupé sur l’estrade et discutait discrètement.
Hâkharn s’approcha de lui.
-Nous n’aurons pas le temps de poursuivre ta formation de guerrier, Brimdolir, dit-il.
Son visage était grave, anxieux, interrogateur même, triste.
Le mercenaire reprit sombrement :
-Un ork fait des ravages dans les environs, et il menace notre camp. Pour tout te dire, nous sommes importants : nous sommes l’un des derniers remparts contre le mal et les invasions de par nos guerriers d’élite. Mais si ce camp est détruit, les elfes noirs auront l’opportunité d’attaquer par surprise le royaume des elfes. D’ailleurs, tout Darmorath compte sur nous. Nous sommes assez puissants pour dissuader les elfes noirs de faire une incursion dans le pays.
-Mais vous allez bien l’abattre, cet ork ?
-Il n’est pas seul. Nous sommes donc chargés, toi et moi, de partir en mission pour le trouver.
J’ai fait rassembler mes affaires de voyage. Il ne te reste plus qu’à rassembler les tiennes.
Sans mot, dire, le visage dénué de toute expression, Brimdolir s’exécuta.
Au moment où ils s’apprêtaient à quitter le village, Hâkharn fit signe à l’elfe de s’arrêter.
-Attends. Je vais aller prier Fharlanghn une dernière fois dans notre temple.
-Vas-y.
Après une demi-heure, Hâkharn revint.
-Adieu, mes chers amis. Je n’ai jamais eu le temps de bien vous connaître, dit-il.
Sans rien ajouter, Brimdolir et son compagnon quittèrent le camp en direction de l’Ouest.
En chemin, l’elfe demanda à son nouveau coéquipier :
-Dis-moi, maintenant que je connais les causes de notre départ, puis-je savoir pourquoi j’ai été choisi ?
-C’est bien simple : tu as montré ta valeur hier.
-En tuant un gobelin, répondit Brimdolir d’un ton sans réplique.
Les deux coéquipiers marchèrent sans se parler jusqu’à la tombée de la nuit.
-Bien, dit le mercenaire. Nous passerons la nuit ici.
Il montrait une masure de pierre, indiquant par un anneau de fer sur sa porte que les maîtres de maison n’étaient pas hostiles aux voyageurs, et qu’ils leur offraient l’hospitalité.
L’hôte des deux coéquipiers, un vieil homme maigre, se fit une joie de recevoir quelqu’un dans sa maison.
-Je n’ai pas reçu de visites depuis des lustres, disait-il.
La nuit se passa sans incident.
Mais au réveil, Brimdolir entendit des sabots marteler la route par laquelle il était passé la veille avant de se reposer dans le battisse. L’elfe, inquiété, prit son épée, qu’on lui avait offert le jour où il avait vaincu le gobelin dans l’arène, et sortit dehors.
Il vit des moines sur leurs chevaux qui faisait galoper leurs destriers. Il poussa un soupir de soulagement.
Mais quand il tourna la tête, il réussit à apercevoir une troupe de cavaliers dans une direction opposée à la leur.
L’elfe ne perdit pas une seconde en réflexions inutiles : il alla prévenir Hâkharn.
-Réveille-toi ! Réveille-toi !
Que se passe-t-il ? demanda le mercenaire, encore endormi.
-J’ai vu des cavaliers allant dans une direction opposée à la nôtre.
-Levons-nous.
Soudain, le vieillard entra dans la vieille chambre où avait dormi Hâkharn.
-Venez, dit-il de sa petite voix chevrotante. Je vais vous donner quelque chose.
Il les conduisit à l’arrière de la masure, et là, arracha les quelques mauvaises herbes qui infestaient son jardin. Dessous se cachait une immense trappe.
-Suivez-moi, dit le vieillard.
Les deux compagnons emboîtèrent le pas au vieil homme, pour déboucher dans une grande écurie.
C’est ici que tous mes chevaux vivent, mangent, dorment et se reposent. Je vous en offre un chacun.
-Nous ne pouvons pas accepter un tel présent, répondirent en chœur les deux aventuriers.
-Si, j’insiste. Choisissez-en un.
Brimdolir demanda, d’un ton de connaisseur :
-Avez-vous des chevaux plutôt faits pour les longs trajets ?
-Oui. Je peux vous proposer Milizam et Zeliamal.
-Bien. Nous les prenons.
-Ils sont au fond de l’étable. Venez.
Il leur montra du doigt, tout en marchant, un magnifique étalon et un superbe alezan.
-Ils sont à vous, annonça le vieillard d’une voix enjouée.
Les deux compagnons enfourchèrent leurs chevaux et, un sourire aux lèvres, ils remercièrent le vieillard.
-Ce n’est rien, disait-il, j’ai été comme vous, jeune et inconscient, un peu perdu…
Le vieillard laissa échapper un soupir.
-Bon. Le chemin est long avant de trouver l’ork qui ravage nos contrées.
- Quel ork ? demanda Brimdolir, auquel l’émotion du matin avait fait oublier sa mission.
-Tu ne te souviens pas de la raison pour laquelle nous avons quitté Zédolia ?
-Si, si, mentit Brimdolir. Je m’en souviens, à présent.
-Bien. Partons.
Les deux compagnons sortirent avec leurs nouveaux chevaux, et après avoir remercié encore le vieillard, il s’éloignèrent et disparurent bientôt de la vue du vieil homme.
-As-tu déjà vu cet ork ? demanda Brimdolir à son maître.
-Non, mais d’après les informations que j’ai eues, il est hideux et sans pitié. On rapporte même qu’après avoir pillé les villages et brûlé les fermes, il ne tue pas les habitants mais les emporte dans des cages pour les garder prisonniers et les torturer par la suite.
-A ton avis, sommes-nous loin de lui ? Combien de temps avons-nous ? Te crois-tu en mesure de le tuer, cet ork ?
-Tu es bien jeune pour poser autant de questions, répondit le mercenaire d’un ton hautain. Mais je vais quand même te répondre : il est trop tôt pour dire si nous allons le rencontrer. Aussi, sois sur tes gardes. Nous n’avons que peu de temps. Quant à moi, je suis un guerrier très puissant. J’ai affronté d’autres créatures bien plus monstrueuses.
-Ah ! Bon ? Lesquelles ?
-Des trolls, des lamies, des bodaks et même des illithids.
Le simple fait de prononcer le mot ‘’illithid’’ fit trembler Brimdolir.
-Crois-tu en Pélor, Hâkarn ? demanda l’elfe.
-Pourquoi me demandes-tu ça ?
-Pour rien. Crois-tu en Pélor ?
-Non. Mais je le respecte.
Le soleil était à son zénith quand les aventuriers arrivèrent sur un sentier étroit qui amenait à une grande vallée.
-Ah ! La plaine de Bastari. Toute ma jeunesse… disait Hâkharn d’un ton ému.
Bien. Fais attention où tu marches, ces lieux ne sont pas sûrs en ce moment. Quand le soleil se couchera, nous serons à mi-chemin.
-Allons-y.
Les deux compagnons cravachèrent leurs destriers sur une pente qui descendait sur la vallée.
Le chemin se déroulait paisiblement, le chant des oiseaux se mêlant au doux sifflement des vents qui passaient discrètement, jusqu’au moment où une trompe résonna dans le lointain.
-Des orks, dit Hâkharn. Ce doit être une patrouille de reconnaissance. Suis-moi.
Les chevaux étaient encore peu enclins à obéir et Hâkharn dût répéter plusieurs fois à son cheval qu’il fallait courir.
-Holà, destrier, disait-il. Vas-tu m’obéir ?
Les deux compagnons traversèrent la vallée pendant un long moment, avant de voir des silhouettes aux contours précis. Ils devaient être une vingtaine et avaient l’air plutôt corpulents. Hâkharn dégaina son arc.
-Ecarte, toi, petit, dit-il comme s’il ne connaissait pas Brimdolir. Tu vas assister à un tir de haute précision.
Le mercenaire banda son arc, puis décocha cinq flèches tour à tour. Trois orks moururent sur le coup, une flèche toucha la jambe d’une des créatures et la dernière flèche rata sa cible en sifflant.
-Cache-toi, dit Hâkharn.
Et le mercenaire talonna son cheval, et se jeta sur les orks en criant. Brimdolir, dévoré par la curiosité, sauta de son monture, lui fit signe d’attendre ici, et suivit discrètement le mercenaire, qui fonçait toujours sur ses ennemis.
Le combat fut violent : le mercenaire, avantagé par sa charge, commença, avec son cheval, par piétiner deux orks. Puis, pris d’un élan de rage, il dégaina un glaive à la lame d’or et trancha la tête de trois orks. Un d’entre eux réussit toucher Hâkharn au buste, ce qui le fit tomber de cheval. Brimdolir, ignorant la puissance de ces monstres, se jeta sur les orks.
Il perfora l’estomac d’un de ces derniers. Il en restait donc onze. La bataille semblait perdue.
-QUE FAIS-TU LA, MISERABLE ELFE ? JE T’AI DEMANDE DE RESTER CACHE ! hurla Hâkharn.
Ne se souciant guère des remarques de son mentor, Brimdolir réussit à planter son arme dans la tête d’un ork, avant de se faire presque embrocher de dos par un autre.
Un tocsin sonna dans le lointain et tous les orks s’enfuirent, laissant là le mercenaire et son élève elfe, à moitié mort.
-Pardonne-moi, je ne sais pas ce qui m’a pris, dit Brimdolir avant de sombrer dans l’inconscience.
Dans son rêve, il revit Elhonda.
-Alors, comment sont ces mercenaires ? demanda la déesse avant que l’elfe n’ait pu prononcer une parole.
-Ils sont sans pitié, je ne sais pas pourquoi je dois les suivre.
-Vois-tu, la race des elfes va peut-être s‘éteindre en ces temps de guerre, de tourments et de calamités.
L’elfe réfléchit un instant.
-Et puis c’est mieux que de se faire arracher le cerveau par un illithid, dit-il, encore dégoûté par le monstre.
-Bien. Veux-tu que je te réveille pour que tu réalises où tu es par toi-même ?
-Non. Attends un instant, je te prie. Alors, qui est l’élu ? Depuis toutes ces fois où tu es entrée dans mon sommeil, j’aimerais que tu me le dises. Alors, qui est cet élu ?
-Je ne le sais pas.
La douce lueur paisible de la lune qui se reflétait sur une mer en même temps lointaine et proche fût la première chose que Brimdolir parvint à distinguer en s’éveillant. Quelques lumières s’allumaient et s’éteignaient tout en se reflétant, elles aussi sur la mer. On aurait dit qu’il y avait non pas un village éclairé au loin mais deux.
-Où suis-je ? demande l’elfe.
-Ah ! , Tu t’es tout de même réveillé, dit Hâkharn.
Ce dernier était assis, à surveiller une petite marmite d’argent qui chauffait paisiblement au-dessus d’un feu maigre.
-Mais…où sommes-nous ? Que s’est-il passé ?
-J’ai dû traverser les collines de Bastari en te portant. Cela n’a pas été sans mal. En longeant le Nord, demain, nous devrions arriver à Tahem Fazaria, une petite cité accueillante.
L’elfe ne répondit rien. Il tourna la tête et regarda la lune qui restait dans le ciel, paisible.
-Ma vraie vie va commencer, se dit Brimdolir.
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