Bonsoir,
Je n´ai jamais posté d´histoires sur ce forum, écrivant peu.
J´ai cependant besoin de quelques avis sur cette brève histoire que je viens d´achever.
Et si vous voyez des fautes, n´hésitez pas, je ne les aime pas...
Merci d´avance.
Acheter la folie ? Est-ce bien raisonnable ? La vouloir, l’aimer, la protéger, certes mais l’acheter ?
Que ne demanderions-nous pas pour monter dans ce bus L ? Lui, il y monta. Balayant l’assemblée d’un regard, il décida de s’asseoir à côté des technopunks, moins stables qu’autrui. Il fallait qu’il mette rapidement son plan à exécution s’il voulait voir l’Autre surgir rapidement. Il sortit donc du lait de son sac et commença à le boire tout en se questionnant sur la manière dont il allait aborder le chauffeur. Doucement ? Plus durement ? Hautainement ? Naturellement ? Oui, c’est ce qu’il avait de mieux à faire. La panique monterait d’elle même, autant qu’elle soit la plus tardive. Il déglutit sa dernière gorgée lactée, se leva et se dirigea naturellement vers le chauffeur du bus. A sa hauteur, il commença à lui exposer brièvement la situation : il avait une arme, plusieurs grenades, de la digitaline . Le chauffeur, scrutant une mimique de son interlocuteur pour y trouver une trace d’humour, ne savait pas trop quoi penser. Il roula encore quelques centaines de mètres avant de s’apercevoir qu’il ne rigolait pas : un pistolet, discret, était déjà pointé vers lui. On lui indiqua, d’une voix naturelle, la route à emprunter, tout en lui demandant de ne pas utiliser sa radio. Il s’exécuta. Certains passagers commencèrent à s’agiter, connaissant le chemin habituel, ils s’étonnaient de ce changement de parcours.
Il du donc leur signifier, présentant à leurs yeux une grenade, qu’il comptait les garder quelque temps, pour lui permettre de régler certains problèmes. Après plusieurs kilomètres, il indiqua au chauffeur de faire une halte dans un petit chemin, bordant une forêt, pour y déposer le corps d’un des technopunks, effectivement un peu agités. Naturellement, depuis ce sinistre évènement, tout le monde s’était tu. Il respirait le silence car il avait conscience que ça n’allait pas durer.
Après plusieurs kilomètres, le chauffeur immobilisa le bus L dans une clairière suffisamment éloignée du monde humain.
Tout le monde attendait Sa réaction. Il les fit s’aligner dans le bus et leur expliqua qu’il ne pouvait plus tenir dans son esprit étroit, qu’il voulait la folie, qu’il devait l’acheter.
Sans ordre précis il commença par exécuter les passagers : au premier, il injecta une dose de digitaline. La vue de ce cadavre ne lui inspirait rien : il devait pousser un peu plus.
Il abattit les suivants avec son pistolet, ne lésinant pas sur les balles utilisées : il avait prévu large. Certains pleuraient, imploraient, s’évanouissaient, vomirent : peu importe, il continua.
Et c’est seulement après avoir abattu le dernier technopunk, dernier vivant, que la vue du sang, dans lequel ils pataugeaient, lui et ses vêtements, le fit Le sentir. L’Autre, excité par le sang, bouillait en lui. Il noya peu à peu son esprit par Son emprise quasiment irréversible. Il s’évanouit quelques secondes pour se réveiller avec ce nouvel esprit fou. Il sortit du bus, fit quelques pas peu sûrs, et dans sa folie s’arracha la vie d’une balle précise.