« Et si on s’organisait un petit week-end dans les Ardennes ? ». Cette phrase résonna dans le living de Denis. Tout le monde le regardait.
« C’est pas une bonne idée ? Mon oncle possède justement un chalet, là-bas. »
Ils se regardèrent tous, puis se tournèrent vers Denis et acquiescèrent. Tous sauf Sandy.
« Sandy, tu n’aimes pas les Ardennes ? lui demanda Denis »
« Non, c’est pas ça, répondit-elle tristement, mais ma cousine vient chez moi à ce moment-là. »
« Ta cousine ? Celles qui était à ton anniversaire ? »
« Oui, c’est elle. »
« Elle peut venir aussi. Elle est sympathique, de plus, on a déjà tous fait connaissance avec elle. »
Cette proposition rendit le sourire à Sandy. Tandis que Denis repensait à cette soirée d’anniversaire, c’est là qu’il avait rencontré Isabelle, la cousine de Sandy. Il lui avait parlé un très long temps, il l’avait vraiment apprécié. Il éprouvait même une certaine attirance pour elle. Depuis ce soir-là, il avait souvent pensé à elle, ressentant comme un manque. Mais il ne se faisait pas de fausses idées, Isabelle était trop bien pour lui, trop belle pour lui. Elle avait tellement de charme qu’elle pourrait réveiller un mort d’un simple battement de cil. Et même s’il n’avait aucun espoir, la perspective de la revoir pendant ce week-end faisait battre son cœur. Il ne savait pas s’il fallait redouter ou attendre ce séjour avec impatience.
Le jour du départ venu, il ferma ses bagages, prit les clefs du chalet et quitta son appartement. En ouvrant la porte, il eut une vision : Isabelle était apparue devant lui. Il se frotta les yeux, mais ce n’était pas une apparition, c’était bien Isabelle.
« T’as une poussière dans l’œil ? »
« Euh… non, non, je suis juste étonné de te voir »
« Sandy devait venir te chercher, non ? Eh bien, comme elle n’a pas trouvé de place où se garer, elle m’a demandé de monter te dire que l’on était là. »
Ils descendirent pour rejoindre, mais, dans la précipitation, Isabelle trébucha et fut rattrapé par Denis qui était devant elle. Elle s’agrippa à lui. Cet instant aurait pus durer des heures tant il plaisait à Denis. Mais, aussi vite, ils continuèrent leur route.
Ils embarquèrent dans la voiture de Sandy. Celle-ci ne parait jamais quand elle était au volant, elle était trop stressée par la route pour faire attention à quelque chose d’autre. Sur la banquette arrière, Isabelle et Denis en profitaient pour savoir ce que chacun devenait depuis qu’ils s’étaient vus. Mais Denis ne dit presque rien. Il était fixé soit sur les yeux, soit sur les lèvres de son interlocutrice. Elle interrompait de temps en temps ses phrases par « Mais je ne fais que parler de moi. Si tu parlais un peu de toi. », ce à quoi il répondait « Je n’ai rien d’assez intéressant à dire que pour être à ton niveau ». C’est ainsi que la route se poursuivi, Denis était comme un petit bébé découvrant une merveille de la nature et bercé par les paroles de cette beauté.
Arrivés au chalet, les autres étaient déjà présents. Chacun se salua. Etaient présents : Eric ( le meilleur ami de Denis), Renaud et Camille ( le petit couple du groupe) et Jimmy ( le petit comique du groupe). La journée venait de commencer, ils partirent donc en randonnée. Denis, connaissant bien le coin, devint leur guide. De temps en temps, il se retournait et regardait dans la direction d’Isabelle. Soit elle riait avec Jimmy, soit elle regardait admirativement Eric, qui était une playboy musclé et basané. Qui part à la chasse, perd sa place. Peu à peu, il ralentissait. Ce n’était pas la fatigue, mais le dépit qui en était la cause. Ils terminèrent la journée et la soirée autour d’un feu à chanter et rigoler. Ils rentrèrent tard au chalet et s’endormirent en un coup.
Isabelle était la première levée, elle avait préparé une table pour le petit déjeuner. Denis arriva ensuite, décoiffé mais visiblement heureux. Il la salua et la remercia pour ce petit déjeuner.
« Mais dis-moi, l’interrogea Isabelle, pourquoi affiches-tu une mine aussi réjouie ? »
« J’ai fait un rêve fabuleux, ça m’a filé la pêche pour le journée. »
« Oh ! Ça m’intéresse, raconte ».
« Si tu insistes. Je me promenais en rue, tout le monde se parlait. La haine semblait avoir disparue : plus de disputes, plus de journaux télévisés, plus rien de mauvais. Même les chiens ne faisaient plus leurs besoins sur le trottoir. Un monde parfait. »
« Mais encore… »
« Oh ! Rien d’autre »
« Ah si ! Je vois dans ton œil qu’il y a un détail que tu ne m’as pas dit. »
« Oui, mais c’est plus personnel, là »
« On est que nous deux, tu peux bien me le dire. Ça ne sortira pas d’ici »
Denis baissa les yeux et dit : « Ce rêve se terminait en apothéose. Tu arrivais devant moi, sortant de la lumière tel un ange qui avait amenée ce bonheur sur terre. Tu t’approchais de moi et me disait que tu m’aimais…Enfin, ça ne restera qu’un rêve et ce dernier détail semble le moins facile à réaliser »
Il y eut un long silence, Denis n’osait pas la regarder et Isabelle restait stoïque. Puis elle dit :
« C’est beau de rêver… »
Et elle se leva. Denis la suivit des yeux, puis la voyant s’éloigner rebaissa le regard. Puis, il senti une main sous son menton qui lui leva la tête. Il était maintenant face à Isabelle qui lui dit :
« …Mais la réalité est parfois plus belle »
Et elle l’embrassa.
Le rêve de Denis se réalisa entièrement : Isabelle l’aimait et cet amour lui faisait voir le monde d’un tout autre regard. Un monde beau, un monde bon, un monde parfait produit de l’ange de ses rêves.