PEINE CAPITALE
Ouverture de la scène.
Un couloir d’une blancheur immaculée. Au bout de ce couloir, une double porte rouge sang. Il règne dans ce couloir un calme serein, presque surnaturel. Le silence de la mort puis l’agitation, un bruit sourd se rapproche à grande vitesse. Soudain, les portes s’ouvrent dans un fracas du Diable. La lumière du Soleil crée un éblouissement qui envahit toute sa surface. Des silhouettes se définissent bientôt, des personnes s’afférant autour d’un brancard vêtues d’habits verts et de blouses blanches. Un Hôpital, l’hôpital St Gabriel.
Un homme, probablement un secouriste au vu de sa tenue, prend alors la parole :
« Homme, âge indéterminé, retrouvé nu à quelques pâtés de maisons avec larges entailles au niveau des omoplates. Aucun signe distinctif, tension stable mais pouls très faible ».
« Cause des blessures ? », demande alors une jeune femme médecin.
Ses cheveux bruns mi-longs flottent dans l’air à cause de la précipitation. Elle a un visage d’une beauté angélique, ses profonds yeux verts amplifiant cette beauté irréelle.
« On en sait rien. Il a juste été retrouvé baignant dans son propre sang au milieu d’une église non loin d’ici », répond le jeune secouriste.
« Très bien, on l’amène au bloc opératoire numéro quatre en urgence. Je veux tous les examens et faites venir un chirurgien sur le champ », poursuit la jeune femme.
Un infirmier acquiesce d’un hochement de tête et quitte le cortège. Pendant ce temps, elle tente de s’adresser au blessé grave :
« Monsieur, monsieur vous pouvez m’entendre ? ».
Soudain les yeux du patient s’ouvrent, il semble en état de choc. Les yeux écarquillés, à la limite de la révulsion, il voit les lumières aveuglantes du plafond défiler sous ses yeux telle la bobine d’un film.
« On dit que l’on revoit toute sa vie défiler comme au cinéma lorsque l’on est sur le point de mourir, cela doit être mon cas », se dit-il intérieurement.
« Ne vous inquiétez pas, tout ira bien maintenant, vous êtes à l’hôpital et nous allons vous soigner », dit-elle en se penchant sur lui.
Il s’affole alors, sa respiration s’emballe. Il tente de se dégager mais sent des entraves à ses poignets et ses chevilles. Il ne comprend plus ce qui se passe, une douleur insoutenable le martèle. Il s’évanouit alors, fin de la scène.
Il se réveille quelques heures plus tard. L’agitation a laissé place au calme, il se sent plus libre. En essayant d’ouvrir les yeux, il est ébloui par les lumières de l’hôpital.
« Je suis vivant… »
Il distingue alors deux silhouettes et perçoit des sons. Il s’agit de deux femmes discutant entre elles.
« L’intervention s’est bien déroulée. L’hémorragie a vite été stoppée et nous avons pu opérer ses blessures », lance l’une d’elles.
« Quelle est l’origine de ses blessures justement ? », s’interroge l’autre.
« Impossible à déterminer, je n’avais rien vu de semblable auparavant. On semble lui avoir arraché quelque chose mais j’ignore quoi ».
« Je l’interrogerai quand il sera réveillé. Quand sera-t-il complètement guéri ? ».
« Dans un mois ou deux il aura complètement cicatrisé. S’il n’y a pas de complication, il pourra sortir d’ici trois semaines ».
« Très bien on va le garder en observation alors ».
Sur ces paroles, l’une des deux femmes sort de la pièce, laissant l’autre avec le patient. Elle se rapproche alors de lui. Il sent son parfum enivrant, la douce chaleur de ses mains le toucher délicatement. Il ouvre alors les yeux pour contempler celle qui s’est assisse à son chevet. Il a déjà vu cette personne auparavant. Son regard croise alors le sien et un flash lui remémore des souvenirs : une douce sensation de légèreté, de bien être profond. Un nom résonne dans sa tête avec mélancolie :
« Misamiel, Misamiel mon amour je t’aime… ».
« Je . .Je m’appelle Claire ».
Cette voix gracieuse et réconfortante l’extirpe de ses pensées.
« Où… Où suis-je ? », balbutie-t-il.
« Vous êtes à l’hôpital St Gabriel, vous avez été retrouvé grièvement blessé hier. Ne vous inquiétez pas, vous êtes hors de danger désormais et vous allez vite vous rétablir », le rassure-t-elle.
« Je suis désolé de vous avoir appelée ainsi, en vous voyant ce nom m’est venu à l’esprit », s’excuse-t-il.
« Ce n’est grave, j’ai l’habitude, je suis assez banale en fait ».
Elle sourit alors. L’homme ne saisit pas mais sourit également en guise de réponse. Ils se dévisagent un long moment, sans mot dire. Elle se décide alors à poursuivre la conversation :
« Pourrais-je connaître vote nom s’il vous plaît ? », reprend-elle. Cela ressemble plus à un interrogatoire finalement.
« Mon nom ? Je . . », il réfléchit… « Je… Je n’en ai aucune idée », répond-il finalement avec un air dépité.
« Ce n’est pas grave, cela vous reviendra. Les amnésies post-traumatiques sont très courantes, vous recouvrirez la mémoire sous peu », tente-t-elle de le rassurer avant de poursuivre, « Nous allons vous garder en observation quelques jours, cela vous laissera le temps de vous remettre et de vous remémorez vos souvenirs petit à petit ».
Le ton ferme et décidé de la jeune femme ne porte pas effet cependant, il reste sceptique mais sourit quand même pour lui faire plaisir. Il faut dire aussi qu’il la trouve très belle.
« Je dois vous laisser maintenant, j’ai d’autres patients à voir. N’ayez crainte je repasserai vous voir plus tard avant la fin de mon service. Reposez-vous maintenant, c’est la meilleure chose que vous puissiez faire », conclut-elle avant de sortir de la pièce en claquant la porte.
L’homme inconnu se retrouve alors seul, il décide de suivre son conseil et se repose. Le sommeil ne tarde pas à l’emporter, amenant avec lui son lot de rêves…et de cauchemars.
Il se retrouve dans un endroit sans paroi ni sol. Il n’est habillé que d’une simple toge de couleur blanche. Il ne semble pas poser pied au sol. Ou plutôt si, mais c’est comme si le sol n’avait pas de consistance. Devant lui se dresse un être rayonnant flottant à quelques centimètres au dessus de lui, baigné d’une lumière éclatante. Il est pourvu de deux ailes partant de son dos. Un nom résonne à nouveau dans son esprit : Misamiel.
« Misamiel, tu sais que je t’aime d’un amour qui durera éternellement, perdurera parmi les âges sans jamais faiblir ».
Il prononce ces mots avec aisance et sans complexe.
Une voix douce et fluette lui répond alors :
« Moi aussi je t’aime Alaziel. Jamais on ne trouvera un être qui t’aime autant que moi, fusse dans le passé ou même l’avenir, fusse du plus profond des abysses de l’Enfer au sommet du Paradis ».
Le corps auréolé lui faisant face cesse de s’illuminer et il peut apercevoir son visage, celui de la jeune femme médecin…enfin non, ce visage semble divinement parfait. Il s’approche d’elle et la serre dans ses bras jusqu’à sentir la chaleur de son corps contre le sien. Il ferme alors les yeux, il s’abandonne totalement en communion avec elle.
La chaleur laisse soudain place au froid, un froid glacial comme la Mort. Il sent ses membres étirés de toutes parts, quelque chose essayant de lui arracher quelque chose dans le dos. Une douleur atroce se fait ressentir, il ne peut retenir ses cris et ses pleurs…
Un ange... au pays de l´enfer...
j´aime ce texte, mais on a l´impression qu´il est inachevé...
Il l’est en effet. La suite arrivera bientôt.
le texte est bien écrit et agréable à lire mais pour l´instant rien de réellement captivant, il vaut mieux attendre la suite pour donner son avis ![]()
Généralement on me reproche de poster de trop longs extraits qui découragent les lecteurs les plus aguérris alors je voulais le faire plaisir.
Je vais poster sous peu la suite alors.
Et merci de me lire.
Fin du cauchemar, il se réveille en sursaut dans son lit d’hôpital, la jeune femme médecin le regardant d’un air effrayé.
« Vous …vous je vous connais », laisse-t-il échapper, le visage dégoulinant de sueur froide.
« Je, je dois vous laisser maintenant, ma garde est finie », hasarde-t-elle avant de quitter brusquement la pièce, le laissant à nouveau plongé dans sa solitude et soin doute.
« Son visage, il ressemble au sien… ».
A peine sortie de la chambre, elle est assaillie par deux infirmières qui observaient la scène par les vitres :
« Alors que lui est-il arrivé ? », commence l’un d’elles.
« Pourquoi hurlait-il ainsi ? On l’a entendu dans tout le service », continue l’autre.
« As-tu appris quelque chose sur lui ? il est pas mal en tous cas», enchaîne la première.
« Calmez-vous un peu les filles », stoppe le médecin sur un ton autoritaire avant de reprendre, « Il faisait un mauvais rêve et répétait toujours le même nom : Misamiel, Misamiel. Je ne le comprends pas ».
« Misamiel ? Jamais entendu ce nom là avant moi ».
« On voit pourquoi vous n’êtes que des infirmières », interrompt soudain une voix dédaigneuse provenant de derrière elles.
Elles sursautent de surprise puis se retournent vers celui qui a pris la parole. Il s’agit d’un homme de taille moyenne, le visage marqué et strict avec une calvitie avancée sur le sommet du crâne. Il est habillé d’une blouse blanche avec un badge sur lequel est inscrit : Robert Cartwight, chef de service. Les infirmières n’ont pas fière allure, elles baissent la tête. L’homme reprend alors :
« Vous connaissez la Bible au moins, non ? ».
Le ton hautain qu’il prend ne plaît pas à la jeune femme médecin qui lui rétorque :
« Si bien sûr Robert, et alors ? ».
« Et alors si vous la connaissiez, vous sauriez que Misamiel est le nom d’un ange de la caste de Chérubins. Maintenant le cours est fini, on ne vous paye pas à rien faire ici ».
Sur ce il montre du doigt l’accueil du service. Les infirmières soupirent et retournent au travail. Il se retourne alors vers elle :
« Et vous docteur, vous n’avez rien d’autre à faire ? ».
« J’ai fini ma garde Robert », rétorque-t-elle.
« Oh très bien, ne soyez pas en retard demain », grommelle-t-il.
Intriguée par cette histoire et ce que lui a dit le chef de clinique, elle quitte l’hôpital pensive et se rend directement à la bibliothèque publique la plus proche. Il s’agit de la bibliothèque municipale. Arrivée sur la place de la mairie, elle aperçoit un grand édifice datant du XIXème siècle. Une façade de marbre incendiée quelques années plutôt a fait place à une façade en verre, éclairant ainsi l’intérieur de la bibliothèque de manière naturelle, donnant une atmosphère inhabituelle pour ce genre de lieux. Elle est accueillie par une bibliothécaire fidèle à la caricature, ce qui la rassure un peu. Celle-ci lui demande si elle souhaite effectuer une recherche ou alors simplement étudier comme le font déjà quelques étudiants studieux. Elle lui explique qu’elle souhaiterai effectuer des recherches sur la Bible. Pour seule réponse, la bibliothécaire lui indique un poste informatique. Alors qu’elle va s’y asseoir, elle la rattrape par le bras et lui indique de ne pas faire de bruit.
« Normal », se dit-elle alors.
En allumant l’ordinateur, elle tombe directement sur un moteur de recherche. Elle rentre alors le nom de « Misamiel » et attends. La recherche se révèle infructueuse et elle commence à perdre patience quand soudain…
« Trouvé ! ! ».
Se rendant compte qu’elle vient de jubiler, elle se retourne pour apercevoir tous les regards se poser sur elle, surtout celui de la bibliothécaire visiblement furieuse. Qu’importe elle a trouvé ce qu’elle cherchait, c’est le plus important. Commence alors la lecture d’un passage oublié de tous…
« Misamiel, ange associé dans la hiérarchie divine à Alaziel. Pour avoir commis un pêché d’une extrême gravité, ils auraient été condamnés par Dieu à la Peine Capitale chez les anges : l’arrachement des ailes et le bannissement. »
Un frisson lui parcourt le bas du dos à la lecture de ces lignes.
« Un pêché ? lequel ? », s’intéresse-t-elle.
Malheureusement aucune mention n’est faite nulle part de la nature des faits qui auraient entraîné une telle sanction péremptoire. Ceci suscite un grand étonnement et un profond questionnement chez elle :
« L’arrachement des ailes…il avait deux plaies béantes au niveau des omoplates. Serait-ce une coïncidence ? Quand bien même s’infliger de telles blessures est assez difficile pour un personne. Serait-il ? ».
« Non ! ! ».
Ce deuxième éclat de voix de sa part a provoqué le déplacement de la bibliothécaire. Arrivant avec son air condescendant, elle lui explique que certaines personnes nécessitent le calme pour travailler. Elle s’excuse alors et explique que de toute manière elle va quitter la bibliothèque.
En sortant de l’enceinte, elle a le droit à un regard accusateur mais n’y fait pas attention, elle est plongée dans ses pensées.
« Cette histoire est tout de même assez étrange, il doit s’agir d’une personne atteinte de troubles du comportement, un fanatique. Cela se tiendrait avec le fait qu’on l’ait retrouvé dans une église. Demain je demanderai un avis de la psychologue de l’hôpital », conclut-elle.
Sur ce, elle décide de rentrer chez elle afin de dîner et de se reposer. Elle a beau essayer de se sortir cette histoire de la tête, elle la travaille quand même. Elle a beau se dire que ce n’est qu’un fou sûrement, quelque chose en elle veut lui faire savoir que ce n’est pas vrai. Elle finit quand même par trouver le sommeil vers une heure du matin. Sa nuit de sommeil se révèle courte cependant, un coup de téléphone retentissant sur les coups de sept heures du matin. Le soleil se lève timidement et éclaire très légèrement sa chambre. Etant à peine réveillée, elle passe scrupuleusement la main à tâtons sur sa table de nuit pour trouver le combiné. La sonnerie du téléphone résonne dans sa tête comme un tambour. Elle parvient enfin à saisir le combiné, décroche et le porte à son oreille :
« Allô, qui est-ce ? Vous avez vu l’heure qu’il est ? », balbutie-t-elle.
« C’est Cynthia. Désolé de te déranger mais je voulais absolument te prévenir ».
« Me prévenir de quoi ? Cela ne pouvait pas attendre, je prends ma garde dans trois heures seulement », grogne-t-elle.
« Oui je suis désolée mais je voulais te dire : ton patient s’est échappé de l’hôpital cette nuit, on ne sait pas comment il a fait. C’est comme s’il s’était évanouit dans l’air ».
« Quoi ? Comment ? ! », s’exclame-t-elle.
La nouvelle de sa disparition à sur elle un effet détonnant, sa sensation de fatigue a totalement disparue, laissant place à l’étonnement.
« Je…J’arrive dans un quart d’heure ! », dit-elle sur un ton décidé.
Sur ce elle raccroche le combiné et file hors de sa chambre…
rhhhhhhhhhaaaaa encore un autre qui aime nous laisser sur notre faim!!! argggggghh!!! ![]()
Après s’être partiellement lavée et habillée, elle sort en trombe de chez elle et attrape le premier métro qui passe. Dix minutes plus tard, elle s’éjecte avec force du métro et effectue la distance la séparant de l’hôpital à pied, ou plutôt en courant. Au bout du temps annoncé, elle arrive légèrement en sueur devant l’entrée de l’hôpital où l’attend sa collègue, éberluée.
« Bonjour. Dis-moi, je ne t’ai jamais vu te presser autant pour un homme auparavant », lui lance-t-elle sur un ton sarcastique.
« Que vas-tu imaginer là ? », l’interroge-t-elle faisant semblant de ne pas comprendre.
Sa collègue s’apprête alors à lui lancer une des remarques acerbes dont elle a le secret quand un inspecteur de police arrivant derrière elle l’interrompt :
« Bonjour mesdemoiselles, faites-vous partie du personnel de cet établissement ? ».
La voix rauque de l’inspecteur colle bien avec son physique. Il est très grand, mesurant environ un mètre quatre-vingt dix, possédant une carrure de boxeur poids lourd et un visage très marqué.
« Oui, nous sommes médecins », répondent-elles de concert.
« Très bien, pourrais-je savoir si vous êtes entrées en contact avec le fugitif à un quelconque moment dans la journée d’hier ? ».
« Il s’agit d’un de mes patients donc oui ».
« Pourriez-vous me donner des renseignements le concernant ? Son comportement vous a-t-il semblé suspect ? Aurait-il divulgué des informations permettant de le retrouver ? », l’assaille-t-il alors de questions.
« Tu m’étonnes qu’il est suspect son comportement », fait l’autre femme médecin.
« Eh bien… ».
Elle est alors interrompue par un lieutenant de police qui vient prévenir l’inspecteur :
« Monsieur, le suspect a été repéré non loin d’ici, à l’intérieur d’une église plus précisément ».
« Ne serait-ce pas là qu’il a été découvert la première fois ? ».
« Si monsieur. Le bâtiment est cerné, il n’a aucun moyen de s’échapper. Une équipe d’intervention est prête à intervenir ».
« Très bien, j’arrive. Je vous remercie de votre coopération mesdemoiselles », dit-il sobrement.
Il est sur le point de se retourner et de rejoindre sa voiture de fonction avec le lieutenant lorsqu’elle lui retient le bras :
« Monsieur, pourrais-je vous accompagner, il s’agit de mon patient ».
L’inspecteur ne semble pas convaincu mais elle revient tout de suite à la charge :
« Je lui ai déjà parlé, peut-être pourrais-je vous aider ? ».
Sous le regard insistant de la jeune femme médecin, l’inspecteur cède :
« Je veux bien dans ce cas mais vous resterez à l’intérieur de la voiture », répond-il contrarié.
Elle acquiesce et suit l’inspecteur jusqu’à sa voiture. Ils se rendent alors sur les lieux en à peine deux minutes de route. L’église qui se dresse devant leurs yeux est un imposant édifice d’une trentaine de mètres de haut pour une vingtaine de large. On peut deviner à l’architecture qu’il s’agit d’une église romane.
Sur le parterre devant l’imposante entrée sont disposées en cercle une dizaine de voitures de police derrière lesquelles fourmillent une cinquantaine de policiers en uniforme bleu nuit. L’inspecteur, suivie de près, rejoint un autre inspecteur déjà présent sur les lieux et s’informe de la situation :
« Alors du nouveau à l’intérieur ? ».
« L’homme est toujours cloîtré à l’intérieur depuis une demi-heure maintenant. On ne sait s’il retient des personnes en otage ».
« Des otages ? ! cela ne ressemble pas à cet homme », interjette la femme médecin.
«On ne peut courir le risque, prévenez l’équipe d’intervention que cela va être à eux de jouer ».
« Mais…Mais je peux essayer de lui parler ».
L’inspecteur se retourne alors :
« Vous êtes une civile, on ne peut vous envoyer là-bas, cela risquerait d’être dangereux », dit-il sur un ton ferme et décidé.
« Mais je le connais, peut-être qu’il acceptera de me parler », argumente-t-elle mais ses efforts sont immédiatement réduits à néant par l’intervention de l’autre inspecteur.
« Nous avons déjà essayé de prendre contact plusieurs fois mais sans succès jusqu’à présent ».
« Ecoutez ! », s’énerve-t-elle avant de poursuivre, « il se prend pour un ange déchu ».
Cette intervention laisse les deux inspecteurs pantois.
« Je sais que cela peut paraître étrange mais il a eu l’air de me confondre avec quelqu’un qu’il connaît, peut-être que l’on pourrait jouer là-dessus ».
« Quelle est donc cette histoire ? ».
« Il se prend pour un ange ».
« C’est donc un fou, raison de plus pour intervenir le plus rapidement possible », conclut l’inspecteur bourru en saisissant une radio, « Equipe d’intervention, préparez-vous à entrer, l’homme est un déséquilibré et peut être dangereux ».
« Equipe Alpha, attendons votre feu vert, terminé ».
« Equipe Bêta, attendons votre feu vert, terminé ».
« Attendez ! Je ne le pense pas dangereux ».
Sous la pression de la jeune femme, l’inspecteur finit par céder :
« Equipe Alpha, équipe Bêta, pénétrez dans le bâtiment et interpellez le suspect….ordre de la capturer vivant ».
« Bien reçu, procédons à l’infiltration, terminé ».
A peine la communication est-elle interrompue que des détonations résonnent à l’intérieur de l’église, ce sont heureusement des gaz lacrymogènes précise l’inspecteur afin de la rassurer. L’action se déroule très vite et au bout de deux minutes seulement, la porte principale de l’église s’ouvre, laissant s’échapper un filet de fumée blanche à l’air libre. Les membres des escouades sortent un à un, retirant leurs masques. En dernière position, deux agents transportent quelqu’un sur leurs épaules, inconscient. Le chef des équipes d’intervention arrive alors pour effectuer son rapport avec une rigueur militaire :
« Le suspect a été retrouvé agenouillé devant l’autel, il n’était pas armé et ne retenait pas d’otage. Nous l’avons neutralisé en lui administrant un tranquillisant ».
« Très bien, vous pouvez vous retirer ».
Il salue le chef et se retourne vers la femme médecin :
« Satisfaite ? ».
Cette remarque n’est pas de son goût et elle répond par un simple :
« Où allez-vous l’emmener maintenant ? ».
« Etant donné qu’il est blessé, nous le ramenons à l’hôpital St Gabriel, il y sera gardé par deux agents ».
« Puis-je l’accompagner ? ».
« Comme vous l’entendez », répond-il en faisant signe à un policier de l’accompagner jusqu’à l’ambulance.
C’est ainsi qu’elle retourne à la case départ…
Arrivés à l’hôpital, l’homme est emmené encore inconscient jusqu’à sa chambre, devant laquelle se postent deux gardes en uniformes équipés d’armes de poing. Travaillant dans l’hôpital, la jeune femme est autorisée à rentrer dans la chambre en montrant son badge de médecin. Elle attend alors patiemment qu’il se réveille, ce qu’il ne tarde pas à faire.
« Où suis-je ? », demande-t-il d’une voix fébrile, ses yeux osant à peine s’entrouvrir.
« Ils vous ont ramené à l’hôpital monsieur, c’est pour votre bien ».
Cette voix complaisante qu’il reconnaît ne le rassure cependant pas le moins du monde. L’homme tente de se débattre mais ses poignets sont retenus par des entraves légèrement trop serrées. Il en est de même pour ses jambes. La circulation de son sang ne s’effectue plus à l’extrémité de ses membres, causant une légère douleur à laquelle il ne prête pourtant pas attention. Il ressent juste un froid intérieur.
« Qu’est-ce qu’ils m’ont fait ? », s’affole-t-il.
« C’est une protection, vous vous êtes déjà enfui cette nuit, vous souvenez-vous ? ».
« Qu’on me libère et que l’on me laisse partir, je n’appartiens pas à votre monde, avez-vous une seule idée de qui je suis ? ».
« Oui, vous n’êtes pas un ange mais un homme, juste un homme… ».
Comme si cette affirmation le ramenait à la réalité, il ouvre tout à coup les yeux et regarde la jeune femme.
« Mais pourtant quand je vois votre visage, ce sentiment de nostalgie que je ressens, c’est la nostalgie d’un autre monde ».
« Pourquoi vous obstinez-vous à penser cela, vous vous faites du mal ».
« Le seul mal que j’ai, c’est celui de ma patrie, de mon amour ».
La conviction avec laquelle il s’exprime met la jeune femme mal à l’aise, tiraillée entre son incrédulité et la persuasion dont l’homme fait montre. Il semble réellement y croire de toute son âme et de tout son esprit. Elle essaie tant bien que mal de lui faire entendre raison :
« C’est à cause d’elle que vous vous êtes entaillé de la sorte ? ».
« Je n’ai aucun souvenir de mon arrivée en Asshia. Je vous en prie, laissez-moi partir ».
Devant le scepticisme de la jeune femme, il préfère alors user d’une autre stratégie. Il se tait alors.
« Reposez-vous, un psychologue viendra vous voir demain. Vous verrez, il vous aidera, aller mieux ».
Cette nouvelle nuit fut synonyme pour lui du même cauchemar, les sensations étant à chaque fois plus intenses que la précédente. Il endure cependant la souffrance, car avec elle revient sa mémoire. Le lendemain à son réveil, une délivrance ?
Non.
Les cauchemars qui hantent ses nuits envahissent ses pensées le jour. Nostalgie d’un bonheur passé, nostalgie d’un bonheur possible ?
Il en doute de plus en plus mais son attention est soudain détournée par quelque chose, ou plutôt quelqu’un. Il jette un regard à la porte équipée d’une vitre recouverte d’un store et voit deux doigts l’écarter pour faire apparaître un œil curieux. Le store se referme alors et la poignée se tourne : il s’agit de la psychologue de l’établissement. Avant même qu’elle ne se présente, il sait déjà qui elle est. Son tailleurs strict et sa paire de lunette aux épaisses montures noires la trompent. Elle s’approche fermement et se présente :
« Je suis Charlotte Séverin, psychologue de cet établissement et je suis chargée de votre évaluation. Si vous n’avez pas de questions ni d’oppositions alors nous pouvons commencer la séance ».
Le ton autoritaire qu’elle emploie malgré sa relative jeunesse ne l’impressionne guère mais il acquiesce. Elle remonte et ses lunettes et poursuit :
« Commençons par le commencement : Comment vous appelez-vous ? ».
La question ne semble pas trouver d’écho, on lui a déjà posé la question maintes et maintes fois mais la réponse était la même, il ne savait pas. Enfin ça, c’était avant. Avant ses cauchemars, avant ses visions du passé mais il ne peut rien dire.
¤Je n’ai qu’à mentir¤ « Je m’appelle Nicholas » ¤dire ce qu’elle veut entendre¤
« Nicholas comment ? Vous avez bien un nom ? ».
¤Inventer une histoire tangible¤ « Je n’en ai pas, je suis orphelin ».
Etrangement, ce mensonge paraissait venir naturellement de son esprit, comme s’il s’agissait seulement d’une répétition. Il raconta ainsi qu’il avait été abandonné à la naissance devant une église et recueilli par des sœurs d’un couvent. La psychologue échafauda immédiatement sa théorie à propos de la situation. Après un entretient d’une demi-heure, elle sortit enfin de la chambre pour expliquer ses conclusions :
« Il s’agit d’un cas typique de Delirium Tremens. Dans ses moments de lucidité, il parle et agit normalement mais ses crises sont toutefois très fréquentes. Ce traumatisme semble remonter à sa profonde enfance et être lié au fait qu’il ait été abandonné à la naissance. Rejetant sur lui la faute d’avoir été abandonné, il s’inflige des automutilations pour absoudre ce qui serait sa faute. Le fait que ce soit des religieuses qui l’aient recueilli peut expliquer ses affabulations en ce qui concerne son histoire ».
En effet cette théorie tenait parfaitement la route, c’était même la seule que leurs esprits cartésiens pouvaient retenir. Elle conclut :
« Avec un traitement adapté, il pourra sans peine guérir de ses crises. Je propose un internement d’une durée d’un an dans un établissement spécialisé ».
« Un hôpital psychiatrique donc ».
« Oui, parfaitement », acquiesça la psychologue.
Cette décision semblait naturelle pour elle aussi. Après tout, les personnes s’infligeant elles-mêmes des blessures et croyant venir d’ailleurs n’étaient pas rares. Toutefois, un doute subsistait en encore en elle. Peut-être l’envie que pour une fois son histoire soit vraie ? !
Son transfert vers l’institut d’Arkham s’effectua quelques jours plus tard.
Ayant compris qu’il n’arriverait pas à s’échapper sans être poursuivi, il avait opté pour une solution plus longue mais également plus sûre. Il se disait qu’il n’avait qu’à « purger sa peine » ici et qu’il serait ensuite libre, libre d’accomplir son dessein…
j´ai lu le chapitre 1, je lirais la suie plsutard...
pour l´instant bien écrit et les phrases sont bien tournées.Seul problème ne venant pas de toi, c´est que j´aime pas excessivement les histoires d´hôpitals
voilka et bravo!
Ils vont pas l´interner??? si??? z´ont besoin de continuer à bien le surveiller car je sens qu´il va vite prendre la poudre d´escampette!!!
Sinon je doute que la femme médecin le laisse partir ainsi...
bien sûr j´attends la suite...
« Pas trop triste de le voir partir ? », demande une infirmière à la jeune femme médecin.
« Ce n’était qu’un patient comme un autre, enfin…. ».
Toute l’ambiguïté de la situation était là. Maintenant qu’il était parti, certaines de ses paroles lui revenaient en tête. Jour après jour, sa forme diminuait, comme si elle avait perdu quelque chose, le goût de vivre. C’est alors que d’étranges rêves firent leur apparition, rendant ses nuits plus agitées les unes que les autres.
Dans ceux-ci, elle se retrouvait dans ce qu’elle pensait être le Paradis, faisant face à Lui. Elle ressentait tout d’abord une plénitude apaisante mais, bien vite, le rêve se transformait en cauchemar. Elle le voyait en effet torturé à coups de fouets par des anges sous l’œil vigilant d’une entité imperceptible, tant l’éclat de lumière qu’il projetait éblouissait le lieu. Elle voulait arrêter cette folie mais ne pouvait faire un geste, étant prisonnière de chaînes retenues par d’autres anges dont le sourire sadique lui faisait froid dans le dos. Ce spectacle morbide durait une éternité puis l’horreur atteignait son paroxysme lorsque les ailes de celui qu’elle semble aimer étaient arrachées violemment de ses omoplates. Des gerbes de sang giclaient alors et maculaient les visages fous des acteurs de la scène. Une voix puissante s’adressa alors à toute l’assemblée réunie autour de ce spectacle qui se tut instantanément :
« Contemplez sa déchéance. Voici le châtiment que l’on reçoit lorsque l’on ose me défier. Nul ne peut aimer quelqu’un plus qu’il ne m’aime moi. Et maintenant Alaziel, vois le résultat de ta folie, ton « amour » sera bannie du Paradis et condamnée à se réincarner sans cesse en Asshia, le bas monde des humains, où elle recevra à chaque fois une mort atroce ».
Sur ces paroles, une éclair la frappait alors et elle se réveillait en sursaut, le corps dégoulinant de sueur froide, les yeux de quelqu’un revenant de la mort.
« Alaziel, j’ai compris désormais », se dit-elle un soir où s’en était trop pour qu’elle puisse le supporter, « Attends moi, je te rejoindrai bientôt ».
Elle avait changé au plus profond d’elle-même. Ses collègues de travail ne la reconnaissaient plus, les préoccupations de son métier ne l’intéressaient plus. Elle finit par ne plus venir du tout, ne mangeait plus et ne dormait plus . La seule chose qu’elle souhaitait, c’était revoir son amour. Car elle l’aimait, sans même l’avoir connue, ses souvenirs de leur histoire passée lui suffisant à raviver la flamme de la passion.
Elle échafauda alors un plan pour le faire sortir de sa prison chimique et capitonnée.
Celui-ci était simple, elle arriverait sans problème à rentrer dans l’établissement, son statut de médecin l’aidant. Ensuite, elle userait d’une arme secrète pour le faire sortir , rien ne pourrait l’en empêcher.
C’est ainsi qu’elle se présenta un jour devant l’Hôpital psychiatrique d’Arkham. La façade du bâtiment était le contraire de ce à quoi l’on aurait pu s’attendre. L’aspect moderne de l’établissement ne donnait pas une impression de froideur, plutôt le contraire d’ailleurs. Cela sciait bien avec les patients qui y séjournaient car les plus dangereuses personnes sont bien souvent celles dont on ne soupçonnerait pas la folie ou la sadicité à première vue. Elle se présenta à l’accueil et après une petite recherche sur son terminal informatique, le gardien déverrouilla une porte en Plexiglas. Celle-ci s’ouvrit promptement et se referma dés son passage. Cette obstacle à priori infranchissable ne semblait pas l’inquiéter.
Elle longea alors un couloir assez large sur une vingtaine de mètres avant de tomber sur grille précédant une intersection. Elle frappa à la vitre de la cabine située sur sa gauche. Le gardien se réveilla en sursaut et se rétablit vite. Il pressa le bouton d’ouverture de la grille qui s’ouvrit dans un cri d’alarme. Sur les indications du gardien, elle tourna dans le couloir de gauche, plus sombre que les autres. Elle marcha encore une trentaine de mètres et tomba une nouvelle fois sur une grille aux larges barreaux. Il s’agissait du dernier obstacle avant d’atteindre la chambre de son destin…et de sa fin mais elle l’ignorait. Cette fois-ci, le gardien l’accompagna après lui avoir ouvert la voie.
Sa chambre portait le numéro 365. Elle se mit sur la pointe des pieds pour observer par le hublot si il se trouvait à l’intérieur. Il était assis sur son lit, le regard vide.
« Excusez-moi mais pourriez-vous nous laisser seuls s’il vous plaît ? », demanda-t-elle au gardien.
« Cet occupant n’a jamais été brutal mais je dois demander l’avis d’un médecin avant de vous permettre d’entrer », répondit le gardien.
« Je suis moi-même médecin, il a été mon patient et je le connais. Vous pouvez nous laisser seul, je vous préviendrai quand j’aurai fini », insista-t-elle.
« Je vais appeler un médecin, cela ne prendra pas longtemps ».
Il saisit alors sa radio portative mais n’eut pas le temps de presser le bouton d’appel ; la jeune femme médecin le souleva avec une facilité déconcertante et l’éjecta violemment contre un mur. Il s’affala inconscient sur le sol. Elle le fouilla et sortit d’une de ses poches un trousseau de clés. Il prit également sa radio au cas où il reprendrait conscience. Elle essaya plusieurs clés avant de trouver la bonne et d’ouvrir finalement la porte. A l’intérieur le regard vide de l’homme laissa place à une expression d’étonnement mélangée à de l’incompréhension.
« Que…que faites vous là ? », balbutia-t-il.
Pour toute réponse, elle lui posa le doigt sur la bouche et lui susurra à l’oreille qu’elle était venue là pour le délivrer.
« Mais pourquoi faites-vous ça ? », reprit-il ne comprenant visiblement pas.
« Je viens te délivrer Alaziel, je me souviens désormais ».
« Alaziel ? ! Mais de quoi me parlez-vous à la fin et qui êtes-vous d’abord ? ! ».
Ces mots la stoppèrent dans l’action. Ses paroles semblaient sincères, il ne mentait pas.
« Tu ne te souviens pas ? ! Comment est-ce possible ? Toi et moi. Oh mon amour te retrouver est un bonheur ».
« Je m’appelle Nicholas et je ne vous connais pas, que me voulez-vous à la fin ? ! ».
Elle perdait ses moyens, toute sa confiance s’effondra d’un seul coup, elle était désemparée.
« Mais je…je.. ».
« Comme tu es sotte ! ! », l’interrompit une voix provenant des murs de la chambre.
Surprise, la jeune femme scruta les alentours mais n’aperçut aucune présence physique hormis celle de Nicholas. Un flash envahit alors la pièce, la baignant dans une clarté divine. Lorsqu’elle s’estompa, le corps de Nicholas gisait au sol, inconscient. Elle s’approcha de lui pour constater qu’il n’était qu’évanoui.
« N’aie crainte, son heure n’est pas venue, il n’a pas encore assez souffert ! ! », poursuivit la même voix.
La jeune femme se releva et comprit enfin :
« Non ! ».
Une silhouette apparut alors au milieu de la chambre, flottant entre le sol et le plafond. Elle la reconnut immédiatement :
« Mariel ! ! ».
« Eh oui, c’est bien moi. Mes rêves t’ont plu dis-moi ? », ironisa le nouvel arrivant.
« Impossible ! ! Comment aurais-tu pu ? ».
« C’est bien là la différence entre un Séraphin et un Chérubins, ma pauvre ignorante », s’esclaffa-t-il.
« Je vois et que me veux-tu alors ? », ne se laissa-t-elle pas démonter.
« Moi ? Rien à part accomplir la tâche qui m’a été assignée ».
« Et quelle est donc cette tâche ? ».
« Tu vas le savoir tout de suite mais sache que les ordres viennent d’en haut, je n’agis pas SEULEMENT pour mon simple plaisir ».
« La seule chose qui te donne autant de joie, c’est tuer, alors j’imagine que tu vas t’en prendre à lui. Je ne te laisserai pas faire, je l’aime et tu ne le toucheras pas ».
« Tu fais fausse route, on m’a envoyé pour toi ».
Elle en resta bouche bée.
« Qu’y a-t-il ? Tu devrais t’en souvenir pourtant, c’est la première chose que je me suis efforcé de te rappeler ».
Cela lui revint en tête, elle avait été condamnée à ses réincarner sur Terre et à subir des morts brutales.
« Je vois que tu réalises enfin mais c’est trop tard, tu es déjà morte », sourit-il.
« Sache que tu ne m’as pas fait que retrouver la mémoire Mariel ».
« Pitoyable tentative, tu essaies de me faire peur ? Et qu’as-tu donc bien pu retrouver de plus que la mémoire ? ».
Elle sourit alors. Une aura bleutée commença à l’entourer et une puissante sensation d’énergie émanait d’elle.
« Comment est-ce possible, tu as retrouvé tes pouvoirs ? », sembla-t-il hésiter.
Elle disparut alors et réapparut instantanément derrière Mariel, passant ses bras autour de son coup et cherchant à l’étrangler. Prisonnier de l’étreinte de la jeune femme, il commençait à sentir sa nuque se briser. Le craquement se faisait de plus en plus bruyant, son cou était sur le point de céder.
« Petite idiote », lança-t-il soudain.
Elle ne l’écoutait pas. Elle serrait de toutes ses forces mais sentit soudain une pression sur son ventre.
« Qu’est-ce que c’est ? », se demanda-t-elle, « il ne faut pas que je lâche, c’est bientôt fini ».
La pression se fit plus forte et elle se retrouva alors projetée contre le mur. L’individu avait déployé ses ailes, il riait à gorge déployée.
« Me croyais-tu stupide à ce point pour ne pas avoir senti ? ».
La violence du choc l’avait à demi assommée, elle peinait à rester consciente.
« Tu viens avec moi maintenant », lui dit-il avant qu’elle ne s’évanouisse à son tour.
Sans même qu’il ne la touche, elle se souleva dans les airs et s’évapora tout comme Mariel. Seul restait ce Nicholas allongé sur le sol…
Et maintenant? elle va se réincarner? revivre pour revenir le sauver?
Il vient plein de questions... d´où sort ce Mariel et que veut-il au juste à Misamiel? Nicholas a tout oublié à cause de la médication?
Des pouvoirs? de quel type?...
Le gardien fut le premier à se réveiller, encore étourdi par la violence du choc qu’il avait reçu. Instinctivement il porta la main à sa hanche droite mais sa radio n’était pas là. En observant la chambre entrouverte devant lui, il vit le patient étendu, peut-être mort. Il se leva et courut en titubant quelque peu vers sa cabine, appuya sur le bouton d’alarme, saisit un pistolet chargé de tranquillisants et retourna prudemment vers la chambre 365. La personne responsable de son agression et peut-être du meurtre d’un des patients devait encore être ici car aucune alarme n’avait été déclenchée avant.
Pointant son arme vers le sol tel un professionnel, il longeait le mur sans bruit, effort inutile car l’alarme émettait un son strident. Arrivé à l’angle de celui-ci, il s’accroupit et jeta un coup d’œil rapide dans le couloir. Des gouttes de sueur coulaient le long de ses tempes humides, il n’était pas habitué à ce genre de situation. Se décidant enfin, il s’élança dans le couloir en pointant son arme dans le vide. Il entendit alors d’autres gardes ouvrir la grille en hurlant et s’approcher de son emplacement. Il recula un peu pour être visible des autres et leur fit signe de la main de s’approcher.
Rassuré par la présence de trois autres gardiens avec lui, il avançait vers la chambre ouverte. Le groupe entier pénétra alors à l’intérieur pour ne rien trouver d’autre que le corps inanimé de Nicholas. L’un d’eux s’approcha et posa deux doigts sur son coup.
« Il respire encore », affirma-t-il.
Les autres acquiescèrent et sortir de la chambre pour faire le tour des couloirs. La jeune femme ne pouvait pas s’être échappée, le seul accès vers l’extérieur étant la grille que les autres venaient d’ouvrir.
« Attention les gars, elle est pas normale », prévint-il.
En effet, il était peu banal pour une femme de soulever un homme de 100 kilos et de le jeter tel une marionnette contre un mur. Sa fierté d’homme en avait pris un coup, surtout lui qui avec ses 1m90 passait pour être le plus costaud des gardiens. Les possibilités de fuite étaient restreintes et le tour des couloirs fut vite effectué, sans trouver aucune trace de la jeune femme.
« Vous êtes sûrs de n’avoir rien raté les gars ? », demanda-t-il.
« Et toi pendant que tu dormais tranquillement, t’as rien vu non plus alors tais-toi », lui rétorqua-t-on.
Le groupe revint alors bredouille de sa ronde, le plus important étant que le patient n’était pas blessé.
Ce mystère ne fut jamais expliqué, Nicholas ne se souvenant plus de la scène. Il faut dire qu’avec le traitement qu’on lui administrait, plus rien n’avait de sens pour lui. Ainsi il effectua son année d’internement avant que son traitement ne soit stoppé. La mémoire lui revint rapidement mais il savait qu’il ne devait plus faire l’erreur d’en parler à quiconque. Il fut enfin relâché dans la nature, livré à lui-même et à ce qui allait être son destin, sans qu’il se sache encore.
Quitter cette prison aurait été un bonheur pour quiconque, revoir le ciel dégagé, sentir les rayons du Soleil sur soi, être libre....Mais il n’en avait cure. Tous les médicaments et traitements que les médecins avaient pu lui infliger avaient fait leur effet mais maintenant il était plus persuadé que jamais : la femme qu’il avait vu à l’hôpital en ce jour maudit était bien celle qu’il recherchait depuis toujours au fond de son cœur.
« Misamiel, je vais bientôt te rejoindre et ensemble nous serons plus heureux que jamais auparavant. Personne ne se mettra en travers de notre union, personne ».
Hélas, s’il y a avait bien une chose qui s’était mise en travers, c’était la mort et il n’allait pas tarder à s’en rendre compte.
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« Bientôt, tout se mettra en place, comme je l’avais prévu... », Fit une voix mystérieuse provenant d’un endroit sombre.
« Oui, excellence, IL va très vite se rendre compte de son erreur. Fort de sa main mise sur le pouvoir, il en a oublié jusqu’aux plus vieilles prophéties sur lesquelles lui-même n’a aucun pouvoir », lui répondit un autre individu dont le corps était éclairé par un faible faisceau de lumière sans que l’on puisse distinguer son visage pour autant.
« Il a franchi la dixième porte, il ne nous reste plus qu’à patienter un court moment. Après deux mille trois cent ans d’attente, notre avènement va enfin avoir lieu, aidé par un inconscient. Quelle ironie ! ! », Jubila l’individu toujours dans l’ombre.
« IL apprendra bientôt à goûter à son amertume ».
Sur ces mots, l’autre individu se retira en un rire sadique, le laissant seul dans la pénombre.
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Le seul endroit où il voulait se rendre était l’hôpital dans lequel il l’avait aperçu la première fois. Il se souvint du nom de cet hôpital et le retrouver ne fut donc pas une chose bien difficile. Avec le peu d’argent qu’on lui avait gracieusement offert à sa sortie de l’hôpital psychiatrique, il avait de quoi se payer un taxi.
Il se posta ainsi sur le bord de la route en attendant qu’un passe par là, ce qui ne tarda pas à arriver. Il l’appela alors et lui indiqua l’endroit où il voulait se rendre. Le trajet ne fut pas long, l’hôpital St Gabriel ne se trouvant qu’à quelques kilomètres de là.
Celui-ci n’avait pas changé depuis son passage il y avait plus d’un an. Il faut dire qu’il n’avait pas vraiment pris le temps d’admirer ce monument d’architecture classique, détruit puis rénové en hôpital.
Il se présenta directement à l’accueil mais se rappela soudain qu’il ne savait pas son prénom, ni même son nom :
« Bonjour. J’aimerai voir un docteur s’il vous plaît ».
« Tout le monde vient ici pour voir un docteur monsieur, vous pouvez être plus précis ? », lui répondit la standardiste.
« Je ne viens pas pour des soins, je viens voir un docteur en particulier, le problème étant que je connais pas son nom ».
« Vous avez un rendez-vous ? ».
« Non, non mais il faut vraiment que je la vois ».
« Nous n’avons pas beaucoup de femme médecin ici, savez-vous à quoi elle ressemble au moins ? »
Le ton peu amical et pressant que prenait la standardiste n’était pas étonnant, une petite file d’attente s’était formée derrière lui en peu de temps, le quotidien des urgences en somme. Il lui fit une rapide description qui eut le don de refroidir complètement la femme à l’accueil.
« Est-ce une plaisanterie ? Si c’est le cas je vous prierai de sortir immédiatement de cet hôpital ».
« Non, je suis très sérieux, j’ai besoin de la voir ».
« Elle est morte ».
Cette nouvelle tomba comme une bouteille à la mer. Tout son monde s’écroulait autour de lui mais il voulait comprendre.
« Quand est-ce arrivé ? Comment ? », Harcela-t-il de questions la standardiste.
« Il y a quelques mois, on l’a retrouvée sans vie au milieu d’une église non loin d’ici ».
Il comprit un instant. A ce moment-là, un flash illumina tout ce qui l’entourait, une lumière éblouissante l’obligea à fermer les yeux. Malgré toute la tristesse qui l’assaillait, il eut une sensation de soulagement et s’évanouit.
A son réveil, il sentit ses paupières humides et le goût salé des larmes fraîchement tombées sur ses lèvres. Le silence qui l’entourait était apaisant, pas de bruits propres à la vie urbaine, pas même un chant d’oiseau ne troublaient ce moment de calme et de paix sereine. En ouvrant les yeux ils comprit pourquoi ; il se trouvait au centre d’un gigantesque cratère large de plusieurs kilomètres. Des plumes blanches tombaient du ciel comme les feuilles à l’Automne. Il se souvint alors, la nouvelle, l’éclat de lumière puis le silence : c’est lui qui avait provoqué cela. Dans son dos, ils sentaient la présence membres qui l’avaient quittés depuis bien longtemps, ses trois paires d’ailes avaient repoussé.
Il leva alors les yeux vers le ciel, les flammes du mal dansaient dans son regard. Le ciel s’obscurcit alors, ses ailes devinrent sombres, noires comme la nuit. Le temps de la rébellion était venu.
A venir bientôt pour mon unique lectrice, la deuxième partie de cette nouvelle : " Furioso".
Elle n´est pas seule, j´adore aussi, mais je ne peux pas poster beaucoup de messages...
J´attends ta suite avec impatience.
toujours aussi agréable à lire et intéressante...
Saternathe tu peux poster 10 messages par jour pendant les 10 premiers jours... et je crois qu´ils sont cumulatifs si tu les as pas utilisés les jours précédents...
Et bien, voilà une fic comme je les aime, trés bien écrite, scénario intéréssant et fouillé trés bonne description... Seul point négative les oublies de lettres, j´en ai remarquer quelqu´un une
( oui il faut toujours un point négatif même futile!)
Je lirai la suite!!
Oui mon logiciel de traitement de textes ne fonctionnent plus très bien et parfois je tape trop vite pour lui, ce qui fait qu´il oublie des lettres sans que je ne le vois forcément.
En tous cas merci Vierax, la suite sera beaucoup plus dynamique comme l´indique son titre.