voila le début d´une nouvelle ( qui prend peu à peu les proportions d´un roman)
c´est de la fantasy à la sauche Pratchett en gros
soyez indulgents avec le début, il date de pas mal de temps, ça s´améliore après quelques pages.
A noter que les * renvoient à des parenthèses en fin de message ; )
bonne lecture :
Au premier jour, les Dieux posèrent leurs valises.
Au deuxième jour, ils créèrent les miroirs afin de flatter leur ego
Au troisième jour, ils pendirent la crémaillère et inventèrent l’alcool par la même occasion..
A la troisième nuit, les Dieux Storm, Blizz, Typh et Quake s’amusaient tellement qu’ils créèrent le monde : de l’eau, quatre îles, une pour chacun d’entre eux.
La troisième nuit, un peu plus tard, ils créèrent les hommes pour qu’ils les vénèrent, et les dispersèrent au hasard. Puis ils séparèrent les îles par un nuage qu’ils baptisèrent Defed.
Au quatrième jour, ils dormirent
Au cinquième jour, ils ne se souvenaient plus de rien.
CHAPITRE 1
« Quel temps de chien ! »
Cela faisait déjà plus d’une demi-heure que l’on pouvait entendre les grognements d’une silhouette sombre et déformée par les jets saccadés de lumière provenant du seul lampadaire encore en état de marche de la rue des rats blancs. On ne peut pas dire que l’entretien et la maintenance de la cité ait toujours été la priorité du Délégué de Storm Island. Il devait déjà s’occuper de la reconstruction des quartiers résidentiels et de son propre manoir. Pourquoi se soucierait-il d’une pauvre rue, perdue quelque part dans la toile que constitue le Bahdlend. Le Délégué ne se préoccupait guère de ce quartier. A vrai dire, tous les dossiers qui touchaient de près ou de loin à cette partie de la cité disparaissaient mystérieusement derrière une étagère ou se suicidaient dans le broyeur à papier. Si on lui demandait ou se trouvait la rue des rats blancs, il répondrait « Pas sur mon île en tout cas ! » Le Bahdlend est un sac poubelle extrêmement sale dans une benne à ordure déjà bien garnie de déchets en tout genre. On ne parlait pas de melting pot par ici, mais bel et bien de dépôt d’ordures. Ici, on ne trouve pas de personnes honnêtes, ni de malhonnêtes d’ailleurs. Cela va bien au-delà de la conscience, seuls les êtres dépourvus d’une âme en bonne et due forme peuvent séjourner plus d’une heure dans le Bahdlend. Ceci dit, l’hygiène de vie n’était pas si mauvaise, aux dires des habitants. Les rats ne manquaient pas, les flanboues non plus, et la saison des pluies apportait de quoi être plus hydratée qu’une algue, alors pourquoi se plaindre ?
« Encore cinq minutes et après je me barre ! Putain, ce qu’il pleut ! J’ai pas vu ça depuis au moins six ou sept jours. A moins que ce ne soit huit… »
La silhouette sombre parlait seule, à haute voix. En d’autres lieux, on l’aurait crue folle ou plongée dans une désespérante solitude. Or, ici, cette coutume était relativement habituelle car elle permettait d’oublier que la Mort peut venir vous chercher d’une minute à l’autre. La Mort… peut-être est-ce elle qui approche lentement* mais inexorablement vers une victime offerte sur un plateau. Désormais, la rue des rats blancs appartient à deux individus, l’un médite à haute voix, l’autre s’approche furtivement. N’importe quel spectateur d’une pareille scène aurait psalmodié une rapide prière pour le futur cadavre avant de s’enfuir à toutes jambes. L’assistance à personne en danger était une notion assez abstraite dans les environs. La nuit avalait les quelques encablures de brume lourde et opaque qui séparaient les deux ombres. Plus que trois pas, deux, un…
« SALUT THANY ! »
- AAAAAAAAAAAAAH Pu…Putain ! t’es con Kritch ! faut pas me faire peur comme ça ! ! Tu veux ma mort ou quoi ?
- Ben, pas maintenant en tout cas, rétorqua l’agresseur entre deux éclats de rire.
Kritch était très fier de sa plaisanterie. Certes, elle était de mauvais goût et il frapperait quiconque lui ferait la même, mais cela ne l’empêchait pas de s’essuyer les larmes du revers de la main.
Thanat, Thany pour les intimes, sentait son cœur battre tellement fort qu’il s’attendait à le voir jaillir de sa poitrine et prendre ses ventricules à son cou.
« Tu trouves ça malin ? Continua-t-il de gémir en agitant son doigt sous les yeux de son assaillant qui avait toutes les peines du monde à maîtriser son fou rire.
- Ben ouais, un peu. Si t’avais pu voir ta tête, s’esclaffa Kritch avant de sautiller dans la ruelle, dans une dernière tentative pour se calmer. Si tu avais vu ta putain de tête ! !!
Une mâchoire en moins le ramènerait sans doute à la raison pensait Thanat.
- Bon, ça suffit, arrête tes conneries, sinon on va vraiment se faire buter.
Enfin, La victime avait réussi à calmer les ardeurs de Kritch qui déglutit discrètement. Un rapide constat de la situation, deux types louches, un qui sursaute et l’autre qui fait des bonds, ce n’est pas ça qui impressionnerait une horde d’orques affamés.
« Oui, tu as raison. Allons-y ! »
( *Il est juste de se demander pourquoi un assassin n’éprouve jamais le besoin de hâter le pas pour aller tuer quelqu’un. Un colloque organisé par le professionnel Jasonfredi a démontré que tout résidait dans une bonne gestion de l’emploi du temps au détriment de quelques grasses matinées)
Les deux compères traversaient rapidement le Bahdlend sous une pluie torrentielle. La saison des pluies allait bientôt s’achever, après deux années d’une intensité aussi rare qu’imprévisible. Ainsi livrait-elle ses dernières gouttes afin de mouiller avec satisfaction les quelques rares personnes qui auraient été épargnées jusqu’alors. Ce qui n’était pas le cas de Thanat et de Kritch qui avaient pris pour habitude de défier la tempête. Il faut bien avouer qu’une telle douche boueuse et nauséabonde ferait battre en retraite le plus téméraire des malfaiteurs. Cependant, à défaut d’être courageux, le duo savait se montrer opportuniste. Tous deux savaient pertinemment qu’un climat aussi épouvantable leur permettait de mener à bien leurs petites affaires.
Thanat était pensif. Sa chevelure, naguère blonde, avait laissé la place à une masse difforme provenant d’un mélange de boue et d’après shampooing bon marché. Tandis qu’une grosse goutte coulait entre ses yeux qui inspiraient encore plus confiance qu’une visite surprise de contrôleur fiscal, il cherchait à comprendre comment il en était arrivé là. Même si les résultats à l’école n’avaient jamais été à la hauteur des espoirs que portaient en lui ses parents, aucune ligne de son destin ne le prédisposait à opter pour une vie de bandit de grand chemin. « De grand chemin » ricana-t-il. Il était davantage devenu un « bandit ayant perdu de vue le grand chemin ». Il fallait bien se rendre à l’évidence, il ne croulait pas sous l’or, n’avait pas une multitude de femmes éparpillées sur l’île et n’avait pas à ses ordres quelques trolls bien bâtis. Non lui était contraint de braver la pneumonie chaque nuit pour tenter de voler un…
« Au fait, qu’est ce qu’on va se faire aujourd’hui ?
- Un bibelot sans grande importance que m’a demandé le Maître, rétorqua Kritch en enfonçant ses mains dans son long manteau inondé.
- Ah…
« Le Maître a des idées étranges ces temps-ci, songea Thanat à voix haute
- mouais… Bah je m’en fous moi, tant que je touche ma part du butin, je peux même aller voler ta sœur.
- Mon poing dans ta gueule ça te tente ?
- C’est bon ! Relax je déconne, assura Kritch en faisant mine de baisser le son d’une chaîne stéréo. Bon je t’explique, on va aller au Ciment pour retrouver un autre gars. Le Maître m’a dit qu’il était bizarre mais surtout susceptible. Alors on se moque pas de lui ok ?
- Ok !
- Ce mec devrait nous mener jusqu’à l’objet qu’on doit ramener, et c’est tout.
- Ok !
- Ça paraît simple !
- Ok ! euh je veux dire ouais.
Tellement simple que ça en devenait agaçant, songeait Kritch. Dernièrement tout paraissait simple. Finis les cambriolages et les attaques de shoopufs blindés. Il se contentait d’aller dérober en douce quelques objets inutiles dans les musées et dans les boutiques d’antiquaires.
Kritch était un jeune homme sombre et svelte. Ses yeux noirs perçants laissaient présager une personne renfermée et solitaire. Un garçon gentil, qui ferait pas de mal à un moustique* disaient toujours les femmes âgées qu’il croisait sur les chemins de l’école quelques années plus tôt. Aux moustiques effectivement il ne faisait rien, mais c’était sur le patrimoine de ces insectes qu’il pouvait avoir la main leste. Une crise de cleptomanie aiguë l’avait attaqué sournoisement un matin dans une épicerie et depuis lors, il n’avait eu de cesse de s’attribuer tout et n’importe quoi.
- Nous y voilà, triompha Thanat de façon à sortir Kritch de ses rêveries.
- Ou… Oui, en effet
La Taverne du Ciment était un lieu de relaxation comme l’on en trouvait plus beaucoup sur Storm Island. La moyenne de tués par jour dans le bar n’était que de 3.43, soit une des meilleures moyennes de toute l’île. Les bagarres n’intervenaient qu’après l’autorisation officielle donnée par le Patron. C’était d’ailleurs ceux qui transgressaient ces règles de bienséance qui recevaient la hache du Patron entre les omoplates. Faut pas plaisanter avec le Patron.
La porte était grande ouverte, cela pouvait signifier deux choses : soit le ménage venait d’être fait, soit il allait être fait d’une seconde à l’autre. Aussi, Kritch jeta un coup d’œil hésitant dans la taverne pour s’assurer qu’aucun projectile humain n’allait mettre en danger son intégrité capillaire. Avec les efforts qu’il avait fait pour être présentable, il n’avait pas envie d’être chiffonné par un ivrogne volant. Dès que la zone fut sécurisée, le duo entra d’un pas ferme et décidé dans le Ciment.
Il n’y avait pas foule ce soir, ils purent donc distinguer assez rapidement une créature imposante dans le fond de la taverne. Plus ses pas l’approchaient du monstre, plus Thanat l’examinait sous toutes ses coutures. Il ressemblait à un gigantesque lézard qui aurait fui le soleil depuis sa naissance et qui serait vraisemblablement devenu obèse et alcoolique. Une longue cuirasse s’étendait de son crâne jusqu’au bout de sa queue qu’il agitait comme un fouet. Les recommandations du Maître étaient bien inutiles, personne n’avait envie de rire devant un truc pareil.
Le reptilien, voyant arriver ses invités, redressa son long cou et fixa les arrivants l’un après l’autre. Il remarqua la surprise sur les visages des deux hommes, et décida donc d’entamer la conversation :
« Chui un Vouivre ! »
Kritch avait imaginé la créature la plus abominable au monde, à base de tentacules et autres ventouses aguicheuses mais il n’avait à aucun moment pu penser que cette chose pourrait se présenter lui-même.
« Euh… ben salut le Vouivre
- Faites pas les peureuses les mecs ! Je bouffe pas les gamins comme vous », continua le Vouivre en se forçant à s’exprimer d’une voix tellement rauque qu’il en avait déjà mal à la gorge.
« Ok les mecs. Le Maître m’a dit qu’il lui fallait l’Oeil du Grand Mi. Je sais où il est mais il faudra être discret. Vu que je n’ai pas le pas d’un petit rat de l’opéra, ce sera sans doute à l’un de vous deux d’aller prendre le truc là. »
Thanat et Kritch étaient encore quelque peu abasourdis. Pourtant, des bizarreries comme celles-ci, ils en voyaient tous les jours. Néanmoins, chacune d’entre elles ajoutait une goutte d’eau dans le vase de la santé mentale. Encore quelques aberrations de ce genre, et les deux hommes sombreraient corps et bien dans la folie.
Thanat fut le premier à sortir de sa torpeur.
« OK » Ce sont les deux seules lettres qui furent capables de sortir d’une bouche transformée pour l’occasion en pot de pâte à tartiner.
Le Vouivre se dressa et se dirigea vers la sortie. Il se ravisât quand il s’aperçut que ses collègues étaient toujours lobotomisés par la vision de l’endroit où le lézard se tenait quelques secondes auparavant.
« Bon vous venez les gamins ? » Vociféra-t-il pour les sortir de leur coma collectif.
Il y avait bien une chose que Thanat ne supportait pas, se faire traiter comme un enfant. Cependant, on ne pouvait que le constater. Ses joues roses bonbons, son visage juvénile et ses traits innocents, tout cela nous interdisait de penser que ce jeune premier pouvait ne pas être le gendre idéal. Ayant entendu l’insulte qu’il haïssait le plus au monde, Thanat eu l’envie de riposter juste avant que son réalisme prenne le dessus sur ses pulsions et qu’il se rende compte que c’était un vouivre qu’il était sur le point de menacer.
« On arrive » lança t-il hypocritement. « On arrive… .
( * Les délires masochistes du climat de Storm Island avaient eu des répercussions sur la faune locale et notamment sur les moustiques qui ont subitement décidé de mesurer un mètre cinquante d’envergure, et de gober toutes les mouches de l’île. Afin de ne pas disparaître sur ce genre de futilités, l’expression courante s’est légèrement modifiée.)
la suite + tard ![]()
Wow ! L´intro est GRANDE ![]()
Je n´ai pas encore lu le texte en entier, pour cause d´obligations scolaires demain matin, mais j´ai parcouru du regard et ça a l´air d´être de l´excellent boulot. Tu peux quasiment déjà me compter dans les lecteurs suivis^^
( Fais gaffe à ne pas poster trop vite, il arrive que ça refoule les gens d´avoir de trop gros textes devant les yeux
)
ouais je vais essayer de couper au maximum mes posts, moi non plus je n´aime pas vraiment les pavés ![]()
je posterai sans doute la suite demain soir
ciao
voici la suite !
Il était bien difficile de passer incognito dans les rues dangereuses de Storm Island en temps normal. Cela l’était encore bien plus lorsque la discrétion est mise entre les pattes d’un gros lézard à la mine patibulaire, dont chaque pas arrache un hurlement de douleur aux pavés qui jonchent le sol de l’avenue du Musée. La tension ressentie à la taverne s’estompait peu à peu et quelques tentatives d’entames de conversation étaient à l’étude. Kritch était un jeune homme supportant aisément la solitude d’ordinaire. Une journée à observer la déchéance de la cité depuis une des collines de l’Oerb était pour lui « une journée idéale ». Cependant, toutes ses passions s’évanouissaient dès lors que l’odeur du larcin se faisait sentir. A ce moment précis, une éruption d’extériorisation jaillissait du plus profond de son être pour faire de ce garçon si renfermé un véritable boute-en-train. Lui-même ne parvenait pas à trouver les mots pour expliquer ses pulsions lorsqu’un verrou cède sous la pression de ses outils, ou lorsque ses yeux scintillent à la vue de l’or. C’était donc avec difficulté qu’il s’interdisait momentanément de faire l’andouille, de peur de s’attirer les foudres du Vouivre. Kritch se racla la gorge avant de demander avec le tact d’un acteur de série Z :
« Comment on doit t’appeler ? M.Vouivre ?
- Chez les vouivres, on a pas de prénom. Je suis le Vouivre 104832. Libre à vous de m’appeler comme ça. Ou alors…
Le Vouivre avait déjà trop parlé. C’était une manie chez cette espèce. Il y avait d’ailleurs un dicton qui disait « Il faut tourner 7 fois ses 3 langues dans sa gueule avant de parler, et attention de ne pas les emmêler ». Ici encore, deux mots étaient venus détruire le mur de respect et de crainte qu’avait bâti le Vouivre autour de lui. « Ou alors ». Il savait pertinemment que des précisions allaient être demandées, mais une part de lui espérait que l’on éluderait le sujet. Mais non
« Ou alors quoi ? , demanda Kritch, sa curiosité un tantinet éveillée
- Mon parent* m’appelait Vivi quand je n’avais que 400ans », geint timidement le colosse reptilien avec un air si attendrissant qu’il aurait arraché une larme à un rondin.
C’est à ce moment précis, lorsque les zygomatiques menaçaient de catapulter les mâchoires à des kilomètres, que des yeux crispés se devinaient derrière un hublot larmoyant et que des visages pâles viraient soudainement au cramoisi, oui c’est à ce moment là qu’a décidé de se dresser fièrement le Musée de Storm.
En tant que bâtiment relativement récent, le musée avait la chance de bénéficier des matériaux les plus résistants que l’Ile connaissait. Tellement résistant que quelques poutres tenaient encore debout au milieu des débris engendrés par la tempête. Sur Storm Island, la situation est simple, cinq ans pour construire, deux pour subir et une année pour constater les dégâts. Tel était le cycle funeste auquel était livrée l’Ile depuis la nuit des temps. La période du constat n’étant pas encore proclamée, il était encore trop tôt pour pleurer sur son sort. Le musée était dans un piteux état, mais il semblait toujours vivant, comme s’il hurlait « même pas mal » en direction des cieux.
« Y’a encore un truc à voler là-dedans ? s’inquiéta Kritch. J’ai l’impression qu’on est pas les premiers à faire une petite visite. Il désigna successivement du doigt les carreaux brisés, la grappin qui traînait sur le toit, la corde qui pendait négligemment et les crochets et autres passe-partout laissés à l’abandon dans les environs.
- Tu en es sur ? se moqua Vivi. Ce qu’est certain en revanche, c’est qu’y en qui se sont donné du mal pour entrer !
Thanat ricana.
« Oui, beaucoup de mal… Surtout qu’il n’y a jamais eu de porte d’entrée… »
En effet, suite à une étude rapide, le Délégué s’était aperçu qu’acheter une nouvelle porte blindée toutes les semaines coûtait plus cher que de remplacer deux ou trois croûtes et bibelots qui étaient jetés sur les étagères du musée.
« Bon on entre ? » Kritch trépignait comme un chat à qui on aurait promis du lait.
Thanat acquiesça et enjamba quelques gravats pour emboîter le pas de Kritch qui gambadait joyeusement devant lui. Vivi, peu préoccupé par la douleur de la pierre, écrasa quelques briques et pénétra sous le dôme.
( *Le mode de reproduction Vouivre est fascinant. Etant asexué, le vouivre peut pondre un œuf sans aucune aide extérieure. Le seul problème, c’est que l’on ne sait jamais où ni quand. Ceci explique le refus catégorique des vouivres de manger épicé et de pratiquer l’escalade.)
A l’autre bout de la rue, une silhouette courbée et abritée sous l’éventail poisseux d’une boutique ésotérique observait la scène d’un œil intéressé, un sourire en coin.
« Voilà les derniers. Le compte est bon », siffla une voix usée, provenant de trous béants que des aventures antérieures avaient engendrées dans la dentition. Le vieil homme se colla un mégot de cigarette sur le coin de la bouche, gratta une allumette, tira une bouffée, rabattit sa capuche au maximum et marcha droit devant lui avec assurance, droit dans un lampadaire.
Le musée était enfouit dans le sol, comme pour légitimer les inondations sempiternelles. L’architecte qui l’avait conçu était vraisemblablement ambitieux. Et étranger, car n’importe quel Stormiens aurait refusé de financer un projet sur du long terme. Toujours est-il que le musée possédait un semblant de classe, de beaux couloirs marbrés, de grandes salles arrondies, animaux empaillés, gargouilles, fantômes et quelques colonies de termites amatrices d’art contemporain.
Kritch et Thanat descendaient les escaliers menant à la galerie principale et ne tardèrent pas à se retrouver dans l’eau jusqu’aux genoux. Un grognement les firent sursauter
« Elle est froide, gémit timidement Vivi, avant de reprendre d’une voix plus virile, ouais enfin traînez pas trop la-dedans les enfants. »
Les deux jeunes hommes s’échangèrent un regard et ouvrirent plusieurs fois la bouche sans qu’aucun son ne sorte. Thany secoua la tête pour chasser l’image d’un gros lézard frileux qui lui faisaient des recommandations de grand-mère et bouscula son compère pour l’obliger à reprendre leur avancée.
Les deux hommes avançaient désormais sans tenir compte des règles élémentaires de tout bon cambriolage. Il faut dire qu’avec le raffut que faisait Vivi quelques pas derrière, passer inaperçu était devenu une ineptie. Le Vouivre n’avait guère souvent l’occasion de venir visiter un musée. Et, étant donné que l’occasion ne se représenterait certainement pas de si tôt, il ne voulait rien laisser au hasard, commentant chaque tableaux et sculptures avec élégance et raffinement. Il interpella Thanat :
« Wah quel pâté ! P’tain ! Non mais vous avez vu ce truc ?
- Chut !
- Ça ressemble vaguement à mon cousin Duduche quand je penche la gueule à droite
- Ah…
- Oui
Kritch leur fit signe de se taire. Il avait entendu du bruit. Il fit quelques gestes rapides en direction de Thanat qui approuva d’un air entendu, et disparu dans l’ombre d’un corridor. Vivi agrippa Thany:
“Qu’est ce qu’il a voulu dire ? »
- Aucune idée…mais ça lui fait tellement plaisir »
Oui, Kritch aimait ça. Dans une autre vie, il serait devenu agent secret, il en était certain ! Mais il aurait fallu que la chirurgie esthétique soit plus perfectionnée et surtout effectuée dans des locaux décents.* Toutes ses tentatives pour entrer dans les services secrets de l’armée Stormienne s’étaient heurtées au même constat de refus : « avec une tronche pareille, tu passeras jamais inaperçu ». Il n’y pouvait rien si à sa naissance, on lui avait donné os et épidermes mais pas ce qu’il devrait y avoir entre ces deux couches. Mais être aussi maigre qu’un pangolin avait aussi ses avantages. Les cheminées se révélaient une excellente porte vers l’effraction. Et lorsqu’il était sur le point d’être repéré, il lui suffisait de revêtir sa cape et personne ne faisait la différence entre un bandit dissimulé et un porte-manteaux.
Cette astuce allait justement peut-être lui servir alors qu’il escaladait un muret qui dominait la pièce centrale du musée. Ils n’étaient pas seuls, il en avait la certitude maintenant. Il rampa jusqu’à pouvoir jeter un regard panoramique sur l’activité du niveau inférieure. Il y avait effectivement plusieurs personnes autour d’un objet dans une cage de verre. Quatre personnes au total, aucune n’appartenant visiblement au gardiennage et à la sécurité du musée. D’ailleurs y’en avait-il ?
« Ça sent pas bon cette affaire, se dit-il pour lui-même, je vais aller prévenir les autr…Kritch se figea. Enfin pas matériellement parlant. Disons qu’il eut une vision d’horreur lui livrant la panoplie complète du blocage psychologique. Alors que l’un des inconnus en contrebas aiguisait un cimeterre contre la statue d’un quelconque dieu antique, dans son dos, un lézard de deux mètres de long hurla et se mit à mettre des coups de cornes contre un distributeur de lait chaud.
( *La chirurgie esthétique existe depuis la nuit des temps à Storm Island. Le seul problème, c’est que personne n’a jamais pu constater le résultat d’une telle opération, les patients mourrant systématiquement défigurés et dans d’atroces souffrances)
première partie achevée. Y a bon.
Il y a très peu de fautes d´orthographe, pour un texte de cette taille, et le petit côté caustique que tu donnes à ton écriture promet beaucoup. Continue comme ça
Bien sûr, il reste quelques problèmes, notamment sur la fluidité, dans deux passages, qui est à revoir. Mais je vais pas te faire chier avec ça sur le forum, tu aurais pas msn ? Je pourrais être plus précis et j´encombrerai pas le topic^^
Côté scénario, classique mais intéressant à suivre. Rien de précis à ajouter pour l´instant. Beaucoup de potentiel, je vais faire un peu de pub
Au sujet des notes de bas de page, tu ferais mieux d´abandonner la mise en forme word et de les mettre toutes en fin de partie postée, ça donnerait beaucoup mieux question mise en forme^^
Le style se veut léger, comme tu le précises au début du topic en citant Pratchett.
C´est très plaisant à lire, assez marrant.
Le texte ne se veut pas sérieux, et c´est tant mieux.
Je n´ai pas grand-chose à dire...Xbq a bien résumé. ( Quelques fautes, quelques passages mal écrits...)
Niveau présentation, tu devrais faire davantage de paragraphes. ( Espacés si possible.^^)
Je te conseille aussi de lire les fics d´autrui, tu attireras probablement du monde.
Très bonne surprise que ce texte. ![]()
je fais des copier/coller via word, donc effectivement, la mise en page laisse un peu à désirer.
je laisse mon msn, si vous voulez me parler en privé, n´hésitez pas
et sinon, comme je vous avais prévenu, le début est quelque peu laborieux car il date d´assez loin. Mais ce qui arrivera demain soir est plus récent
Note humoristique par moments, sujet bien développé, pas trop de fautes non plus, rafraîchissant même!
Le musée était redevenu calme. Sept âmes étaient assises en cercle dans un coin de la grande salle. L’ambiance était celle d’une rentrée scolaire, les piaillements de la maîtresse en moins. Un sifflement raisonna mais s’éteint bien vite. Le champ de vision de chacun était limité à la distance qui séparait l’un de leur pied à son homologue. Personne ne s’était présenté. La seule certitude collective était que cette rencontre nocturne n’était pas le fruit du hasard. Ils avaient été conviés. L’objet de cette invitation était au centre de toutes les pensées et inquiétudes de la communauté. Thanat se pencha légèrement vers Vivi qui donnait de grands coups de langues frénétiques dans un gobelet bien mal en point.
« Au fait, qu’est ce qui t’as pris tout à l’heure ? »
- Ça voulait pas me rendre la monnaie. »
Thany restait dubitatif. Apres quelques secondes d’hésitation, il osa poser une seconde question.
« Mais je peux savoir où tu ranges tes pièces ? »
Vivi tourna la tête lentement en froissant ses écailles dorsales, tenta sans succès de faire un clin d’œil et susurra : « tu tiens vraiment à le savoir »
A l’entrée du musée, le vieil homme attendait toujours, scrutant les halos de lumières qui se propulsaient contre les murs pour y dessiner un portrait éphémère. Des sabots se firent entendre au bout de la rue adjacente. « Enfin » soupira-t-il.
Un cheval noir fendit la brume et s’arrêta net. Du cavalier qui descendait de sa monture, de petits soupirs discrets s’échappaient malgré une volonté nette de les dissimuler.
« t’en as mis du temps pour ramener tes fesses, cracha immédiatement le vieil impatient
- Tu verras quand t’auras de l’arthrose !
- bah j’ai déjà des furoncles.
- Combien ?
- Cinq.
- moi huit.
- Impressionnant.
- Merci.
Alors que le dernier arrivé s’apprêtait à sortir une pommade miracle qu’il avait achetée aux puces, le vieux l’invita à le suivre d’un mouvement laborieux du bras.
Ils suivirent le corridor en silence et débouchèrent sur la salle principale où ils hélèrent à l’unisson :
« Hey ! »
Thanat fut le premier à réagir et à porter la main à sa dague. Il se ravisa :
« Maître ? M. Le Délégué ? Mais qu’est ce que ça veut dire ? »
Personne ne fit attention à lui. Le silence plomba de nouveau l’assemblée avant d’être brisé par la voix usée du Maître
« Vous devriez être huit, ou est le dernier ? »
Des regards incrédules lui répondirent en chœur.
« Putain mais je l’ai pourtant vu arriver et monter sur le toit cet abruti ! »
Comme pour mettre fin à ces interrogations, une corde se déplia et toucha le sol. Puis tout s’enchaîna, un bruit de scission, un hurlement déchirant quoique bref, un gros choc sourd qui raisonna comme une montagne de cristal effritée, quelques ricanements et la voix d’un lézard qui commentait « Putain le con, il s’est pas raté ! »
Nouveau silence, plus bref et chaleureux que les précédents. L’ambiance était passée au stade supérieur dans l’échelle de la complicité post-stupidité mortelle.
« Nan mais on a pas idée de faire le cacou comme ça.
- Ta gueule Vivi, coupa le Maître, on a un truc à vous dire. Tant pis pour lui. Vas-y Délégué*
- Oui, vous avez du vous apercevoir que tout cela n’est pas le fruit du hasard…
- C’est qui Azaar ?
- Vivi !
- Je disais donc, reprit le Délégué, à peine perturbé, que vous avez du vous rendre compte que…que nous avions comme qui dirait programmé cette petite réunion. Nous estimons que vous êtes l’élite de la cité. »
Un petit sentiment de fierté embauma la pièce avant de retomber comme un soufflé. Le maître intervint
« Oui bon pas la peine de les lécher, de toute manière, ils ont pas le choix, ils vont devoir la faire, cette mission.
- Oui, vous allez en baver les mecs.
- Et cet objet là ?
- On s’en fout, juste un prétexte pour vous regrouper et voir si vous aviez du cran, parce que vous allez en avoir besoin, j’vous l’dis. »
Bizarrement, personne n’était à l’aise. Thanat eut même l’impression qu’un dragon était venu faire la sieste sur son dos et qu’il en avait rajouté en déclarant que plusieurs de ses congénères allaient le rejoindre dans la foulée. Le Délégué prit une décision radicale afin de détendre l’atmosphère.
« Allez présentez-vous tous l’un après l’autre devant l’assemblée ! »
( * La famille royale Stormienne, las de trouver des prénoms monarchiques adéquat à ses rejetons avait décidé d’appeler les potentiels Délégués…Délégué)
![]()
Délégué examinait l’assemblée en faisant rouler ses yeux d’un convive à l’autre. C’était Vivi qui avait rompu le silence en s’avançant vers le centre du cercle. Il se racla le gouffre qui lui servait officiellement de gorge et se lança :
« Salut, je m’appelle…euh ben Vivi » Il menaça tout le monde d’un regard qui ne laissait aucune place au sourire et reprit « je m’appelle Vivi, je suis un vouivre et…je n’ai aucune idée de qui est Azaar. »
Par ses simples mots, il avait fait l’effet d’un décapsuleur. La terreur ambiante s’était évaporée et les autres purent enchaîner.
« Moi c’est Thanat, je suis un voleur tout ce qu’il y a de plus habile. Kritch ? »
Kritch était manifestement très intéressé par un insecte invisible qui devait vaquer à ses petites affaires près de ses orteils.
« Kritch, euh je suis assistant-cambrioleur. J’ai été embauché par le Maître y’a quelques temps.»
Silence. Puis une silhouette encapuchonnée se leva. Une voix qui forçait sur les graves tonna.
« Bonsoir, je m’appelle Melancholia. Mes parents avaient visiblement de grands projets lorsqu’ils m’ont donné ce nom. M’enfin… vous pouvez m’appeler Mel.
- Oh une femelle, sursauta Vivi
- Une fille qu’on dit », le réprimanda Thanat qui essayait de distinguer quelque chose d’intéressant sous la longue peau de bête qui recouvrait la jeune femme.
Mel voulu répondre à cette question télépathique et rabattit sa capuche et dégagea une musculature qui broya les mâles aux aguets. Une longue chevelure blonde raide pendait nonchalamment jusqu’aux reins.
« Balèze, conclu Thanat avec une perspicacité qui l’étonna lui-même
- Je m’entretiens mon p’tit gars.
- Ouais. »
Le Maître était imperturbable, enfin il le laissait paraître. Il donna un coup de bâton à un jeune homme qui combattait contre sa langue qui avait une forte envie de se déplier et de lécher le sol.
« Euh…je m’appelle Sein…euh non je veux dire Glayr, dit-il avec assurance. Je suis raconteur professionnel et je n’ai absolument aucune idée de ce que je fais ici. Mais je peux toujours vous en raconter une bien bonne ! »
Un mouvement bref d’une main ridée le fit taire.
Un corps cabossé se leva tant bien que mal. Il n’était pas vieux. Pas tout à fait. Tout juste rassis ou avarié. On aurait dit qu’il avait voulu connaître la sensation d’être âgé avant l’heure. Toujours est-il qu’un gros corps bringuebala en tintant, souffla bruyamment, tituba et déclara quelque chose comme « hmpf Nov Rrrrrrrrr ». Il s’était assoupi droit comme un I. Un I en italique évidemment.
Délégué jugea bon d’apporter une petite précision. Nov, c’était vraiment son nom, était très doué dans la maintenance et la réparation des petits tracas du quotidien. L’alcoolisme extrême n’était qu’un détail.
« Ca reste à voir ça, pensa Thany alors que le Maître reprenait la parole
- Maintenant que vous vous êtes tous présentés…hein ?
- Il reste un type là, l’interrompit Mel en désignant une sorte d’arbuste difforme qui s’agitait nerveusement en faisant légèrement remuer ses… branches.
- Ah oui, ben lui on sait pas trop qui c’est. Il parle pas, il fait juste des petits gestes et des bruits étranges. »Il acheva sa phrase en grimaçant de manière à faire participer l’assemblée à sa légère inquiétude.
« Mais qu’est ce qu’il fout là ? » C’était Thanat qui posait la question tout en fixant l’homme qui était désormais parfaitement calme, si on excepte le fait qu’il balançait ses bras en direction de Nov et qu’il braillait des choses comme « GYAAAAA ».
Le Maître semblait désabusé :
« Il me suit depuis deux jours comme ça. Ça doit être un coup du destin ou d’une saloperie dans ce genre. »
Les autres opinèrent malgré une incertitude qui les démangeait. Glayr proposa d’appeler le légume apocalyptique « Le Mou ». Il ne reçut aucune désapprobation. Il sut donc qu’il avait baptisé un homme, et qu’il pourrait le faire graver sur son épitaphe. Voilà déjà une bonne chose de faite.
Vraiment sympa, drôle et sérieux en même temps.
Pas de doute, tu es bien dans le sillon de Pratchett.
La présentation n´est pas parfaite. Une meilleure disposition des paragraphes serait la bienvenue.
Voilà.^^
merci
là je suis très crevé, mais au prochain post, promis, je ferai un effort de présentation. Là c´était un copier/coller barbare depuis word, désolé ![]()
Et bien voilà un texte d´une qualitè rare venant d´un nouveau.
La trame du récit ne s´est pas encor dévoilè mais promet quelques chose de palpitant, les personage sont prèsentè mais encore un peu trop " inconnu" a mon goût.
Sinon ben l´humour est très prèsent dans ce texte et j´apprècie vraiment, deux truc m´on fait rire: le coup du Azaar et les parenthèse à la fin des textes, c´est génial
Sinon c´est dur à lire j´ai trouver, quelques phrase rebute un peu et certain mot sont dur à capter dans le contexte mais rien de très grave.
En clair du tout bon! continue ![]()
oui c´ est pas mal pour un nouveau. Bonne imagination et humour.Continue.
Dommage ça ne donne pas envie de lire moi même j´ ai du faire un effort pour le lire. Fais un effort de présentation stp
OUF ! Je sort d´une LONGUE lecture et j´avoue que je ne le regrette pas !
J´ai bien rit ma foi ! Les personnages sont marrants et les trucs genres ( ) et Azzar sont bien trouvé. L´humour n´est pas lourd et la texte est assez fluide.
Ca se lit très facilement et vraiment c´est un texte bien sympa.
Il y a cependant un détail qui me chiffone. Le monde est plutôt genre médiaval, année 50, futur déchu ou . .. les 3 . .. éclaire nous car on arrive pas trop à le distinguer.
J´ai entamer la lecture de cette fic et j´avoue ne pas le regretter
T´as un style qui me plait bien et c´est agréable a lire.
Je lirais la suite tantot^^
je vais vous poster la suite
pour vos questions :
- l´univers est assez médieval effectivement, avec quelques anachronismes volontaires, pour l´instant tout du moins
- les persos, j´avoue c´est pas mon fort de faire de longues descriptions, y´en a un peu, y´en aura plus par la suite
- pour les mots difficiles à capter, c´est sans doute les faunes et flores locales, c´est pas grâve de pas comprendre le truc, faut laisser l´imagination faire son travail ![]()