Bon voilà, j´ai pu le retrouver...mon prologue ainsi que les premières pages...:
Ce carnet est l’histoire d’un homme. D’un homme unique et exceptionnel, d’un homme qui a changé ma vie, comme il a changé celle de milliers d’individus. Ces derniers ne se rendent peut-être pas compte de l’ampleur de la tâche qu’il a accomplie, mais moi je la ressens, je la ressens jusqu’au plus profond repli de mon âme.
J’aimais cet homme, et je l’aime toujours.
Je sais qu’on se souviendra de lui jusqu’à l’extinction de notre race. Je ferais en sorte qu’on se souvienne de lui. Parce qu’il en valait la peine.
Il était mon premier amour et il sera certainement mon dernier. Comment aimer un autre après avoir éprouvé tant de choses avec cet être si doux, si généreux, si intelligent, si talentueux.
Il était unique. Parfait? Non il n’était pas parfait. Personne ne l’est. C’est lui-même qui le disait. Un jour, il m’ avait crié ainsi qu’ aux milliers de soldats qui lui faisait face:
« La perfection n’existe pas chez l’Homme, mais elle existe parfois dans ses intentions! Et quelles sont nos intentions? Nous battre! Oui, nous allons nous battre et nous allons gagner ! Quand vous reviendrez dans cette salle, vous vous direz: « nous avons gagner. Nous ne sommes que des hommes et pourtant nous nous sommes battus comme des Dieux. » Seul les Dieux sont parfaits…alors soyons meilleur qu‘eux! Prouvez à l‘Univers tout entier qu‘il ne faut jamais, mais jamais sous-estimer la force et le courage des Hommes!»
Je me souviens que la foule l’avait ovationnée. Le discours qu’il avait fait résonna dans le cœur de tous ceux présents dans la vaste salle de l’Ouragan. La bouffée de courage qui s’en suivit se propagea dans toute la Deuxième Flotte. Les soldats hurlaient, brandissant les poings. Ils s’étaient tous précipités par la suite à leur poste, scandant à pleine voix, le nom de leur commandant. Mon commandant. Mon amour. Beaucoup avaient péri par la suite. Trop. De jeunes gens, des hommes et des femmes qui s’étaient sacrifiés pour leurs pays, pour leurs nations, pour leurs planètes.
Quoi qu’il en soit, c’est la fin maintenant, la fin d’une ère et le commencement d’une nouvelle. Peut-être sera-t-elle moins trouble que la précédente, mais j’en doute. Derrière cette façade qu’est la paix, le mal attend toujours, prêt à resurgir pour frapper l’humanité. Aucune grande période de l’histoire des Hommes ne s’est écrite sans guerres, sans batailles et affrontements, sans pleurs et douleurs, sans cris et désespoir. Cette nouvelle ère, qui s’étend déjà sous nos pieds, sera certes couronnée de joie et d’émerveillement. Mais je la traverserai rongée par le remord, la mélancolie et la tristesse, car je la traverserai seule.
Seule, sans mes amis, ni mon amour. Sans cet homme avec qui j’aurais pu passer le restant de mes jours, confrontée au bonheur et à l’enchantement que procure l‘ivresse et la fierté d‘être vivante.
Lui n’est plus, mais moi, Moly Taban, j’honorerais sa mémoire au travers de son carnet.
Ce carnet est l’histoire d’un homme. Ce carnet est l’histoire d’un héros.