Merci a vous tous. Encore désolé pour ceux qui attendaient " Journal sans faim". Désolé. Ceci n´´st pas une tres bonne nouvelle, elle est tres banale. Désolé
Son regard a fini par croiser le mien. J´ai bien essayé de l´ignorer, mais je n´y suis pas parvenu. Mon fils Paul et moi venons de franchir le portail magnétique, pendant que l´homme en uniforme nous dévisageait, comme si nous avions été suspects. Une de mes craintes a toujours été que le portail se mette a sonner et que l´homme touche a mon fils pour le fouiller. Je ne le supporterais pas.
C´est fou le nombre de controles auxquels nous devons nous soumettre pour rentrer dans cette zone. Nous devons faire vite : c´est bientot l´heure du couvre-feu.
C´est plus fort moi. Voir toutes ces armes orientées vers nous, ca m´impression meme si je commence a m´habituer, depuis le temps que ca dure. Vraiment, quel exemple pour nos enfants ! Dire que c´est ca, l´environnement dans lequel ils aurontgrandi. Un monde envahi par la guerre, les armes, la terreur… Connaitront-ils un jour un monde dans lequel la paix regnera? J´en doute.
Plus nous avons, et plus ils sont nombreux. j´essaye de les ignorer, mais ils sont bien la. Je nous sens observé, je sens leur regard converger vers Paul et moi. Un frisson me parcourt, ma main se crispe. Ma grosse main serre celle de Paul. Je relache mon entreinte, je vois une grimace apparaitre sur son visage.
Malgré moi, j´essaie de rester indifférent, de paraitre impassible, mais c´est dur…
Une femme pleure car elle a perdu son enfant. Un attroupement se forme autour d´elle. Je l´entends gémir
-" Oh guillaume, mon petit Guillaume…"
Certaines tentent de la réconforter, mais rien n´y fait. J´ai de la peine pour elle.
Paul me regarde d´un air attristé. Nous avons ralenti. Son regard se pose sur les hommes en uniforme autour de nous ; il semble comme atteri par eux, il n´arrive pas a décrocher les yeux de leurs armes. On dirait qu´il est fasciné par la quantité d´"accessoires" qu´ont sur eux les militaires. Je le vois qui les détaille de la tete aux pieds, s´arretant sur chaque élément : il commence par la casquette, puis son regard descend au niveau de l´insigne du badge pour ensuite glisser ou le revolver brille. Enfin, il tend l´oreille pour essayer d´entendre quelques bribes de conversation a l´émetteur radio de l´homme. Mais moi, quand je les regarde, je ne vois qu´une chose : les armes pointées vers nous.
Ah, 8 ans, quel bel age ! On est encore bien loi de ce qui se passe autour de soi ! Quelle inconscience ! Paul est encore si jeune…
Nous marchons toujours. J´apercois alors la caméra. Depuis le début elle est au meme endroit, le plus stratégique, c´est a dire la ou nous nous trouvons. A chaque fois que nous passons, je la sens qui m´observe, ca me met vraiment mal a l´aise. Ca y est, elle est tourné. Quelques scondes plus tard, elle se recadre sur nou. J´accélere, pour la dépasser le plus vite possible. Les pieds de Paul commence meme a décoller du sol.
Quelques instants apres, nous avons dépassé la caméra. Je me sens mieux. Mais voila qu´une sonnerie retentit. A notre droite, deux hommes interpellent une jeune femme. Paul se rapproche de moi, a cause de la tonalité inquiétante de la sonnerie. La femme est emmenée. Probablement pour " détention illégale d´armes". Que va t´il lui arriver? Je prefere meme pas y penser
Apres quelques minutes, nous nous retrouvons face a un char, que nous devons contournner. Pendant que je m´éfforce de garder mon sang-froid en évitant de le regarder,Paul passe a coté sans le quitter des yeux, il le fixe. Je crois que si je ne le tenais pas fermement par la main, il irait le voir encore plus pres, voire s´il pouvait, je crois qu´il n´hésiterait pas a rentrer pour admirer l´intérieur. A cet insant, nous passons juste devant le canon de l´engin. Je n´aime pas ca du tout. J´accélere, mais Paul traine un peu les pieds. Meme quand nous l´avons dépassé, il continue a le regarder en tournant la tete en arrière.
Nous avons alenti. Nous arrivons a la hauteur d´une femme, vétue d´un habit rayé, qui semble a bout de forces. Son front est en sueur, elle se tient debout et se passe la main dans le dos, en grimacant de douleur. A ses cotés se trouvent un balai, ue serpillère et un seau d´eau. Les gens qui passent a coté d´elle ne la regarde meme pas, comme si elle n´existait pas. Mais moi, je la vos. Chaque jour.. Parfois nos regards se croisent.
C´est a ce moment qu´il est appara. Un homme de la cinquantaine, d´une carrure assez imposante, marche a pas réguliers, la tete droite. A son passage, les hommes semblent redoubler de concentration a leur travail. Tout le monde s´affaire autour de lui, il provoque comme un tourbillon de mouvements. Mais personne n´ose lever les yeux vers lui. Il semble etre leur supérieur. Lorsque il a disparu, les choses reprennent alors un rythme régulier. Apparement, il doit etre craint par ceux qui le connaissent, je n´aimerais vraiment pas avoir a m´adresser a lui.
Nous devons nous depecher, Alice doit nous attendre a la maison, et elle a surement fini de préparer le diner, je suis sur qu´elle s´impatience. Et puis, il commence a faire nuit, alors ca va fermer. L´endroit se vide petit a petit. Paul et moi nous dirigeons également vers la sortie.
C´est alors qu´une voix féminine surgit de nulle part, déclare :
-"Le petit Guillaume est attendu a l´accueil par sa Maman, le petit Guillaume…"
Et paul de me montrer un des nombreux militaires ; je regarde sous la boite, et sur l´étiquette je lis " 19,80 euros"