Salut. J´écris depuis quelques jours des morceaux de texte, selon l´inspiration. Je me suis mis à l´H-F, totalement innovant. Le premier chapitre est dans les bacs, je ne pourrai vous dire quand viendront ls suivants
Féerie.
-1-
Le roi tenait fermement l’amulette dans sa main. Les pointes de cet objet protecteur torturaient le membre déjà écorché par les précédentes batailles. Malgré cette souffrance il fallait continuer à avancer. Sa vie et celle du royaume en dépendaient.
Il avait l’impression que le sol se dérobait sous ses pieds. De fines pierres tranchantes pénétraient dans ses sabots, accentuant une douleur qui se propageait à présent à travers tout le corps.
Les pas derrière lui étaient désormais audibles. Ses assaillants gagnaient inexorablement du terrain.
Ses dernières forces l’abandonnaient. Le souffle de la vie qu’il avait peut-être pu sentir quelques minutes auparavant s’éteignait. Néanmoins Midreseth n’était pas quelqu’un de lâche. Il rassembla tout ce qu’il lui restait de courage et sortit sa flamboyante épée, qui avait été forgée par les Petits Hommes. Les magnifiques émeraudes incrustées dans le pommeau réfléchissaient les rayons du soleil qui commençaient timidement à faire leur apparition. La lame qui avait tranché tant de gorges, avait gardé un éclat de jeune première. Le roi n’eut pas à attendre longtemps pour voir une dizaine de Trolls adultes se dresser face à lui. Ils étaient terrifiants. La pâleur de leur peau contrastait avec leurs yeux, injectés de sang. Ils portaient de magnifiques armures dorées serties de fines perles. Midreseth ne prononça pas un mot. C’était probablement la dernière fois qu’il combattait. Il rangea l’amulette dans sa poche droite. Il savait ce qu’il devait faire si les choses tournaient mal.
Avec une rage hors du commun, il se rua sur un adversaire qui para son coup d’épée avec une facilité déconcertante. Le roi avait déjà entendu la forcé légendaire de ces créatures démoniaques mais ne s’attendait pas à une telle puissance. Seule la légion des Douze avait vaincu ces Trolls.
Midreseth chargea une nouvelle fois, en changeant d’ennemi mais il fut contré avec la même aisance. Un Troll s’avança, et toisa son adversaire, qui paraissait en cet instant ridicule. Un crachat sortit de sa bouche informe et il annonça :
-Donne l’amulette et nous ne te ferons aucun mal.
Le roi pâlît et répliqua :
-Me vie n’a aucune valeur à côté de cet objet. Jamais vous ne l’obtiendrez.
Les Trolls eurent un sourire malsain. Midresth eut des frissons lorsqu’il vit les veines du cou des Trolls ressortir. Ils allaient vraiment se battre. Le roi sortit l’amulette de sa poche, l’enroula autour de son cou et prononça : Parala lanite. Ces paroles ne connurent pas un effet immédiat, mais après quelques secondes, l’objet disparut. Le sourire s’effaça du visage des monstres, laissant place à un rictus irrité. Midreseth savoura quelques instants sa victoire. Il pouvait maintenant se battre et mourir en paix. Il brandit son épée et se rua sur ses adversaires, encore abasourdis par ce qui venait de se passer. Ils savaient pertinemment que leur chef ne leur pardonnerait pas d’avoir échoué. C’est pourquoi ils étaient dans l’obligation de ramener la tête du roi, peut-être que cela apaiserait le courroux de leur dirigeant. Le roi, lui, ne s’embarrassait pas de tels calculs. Il frappait de toutes ses forces, essayant d’inquiéter ces Trolls qui semblaient invincibles. Leur seul point faible était l’intelligence, qui n’était pas une chose redoutable chez ces créatures, d’ailleurs ils n’avaient pas eu l’idée d’attaquer tous en même temps ce petit être sans défense, leur suffisance leur jouait souvent des tours.
Le roi savait manier la magie, mais il avait besoin pour cela d’animaux. Son peuple était panthéiste. Les bêtes leur rendaient bien cette divination en les laissant se servir de leurs pouvoirs naturels pour utiliser le noble art qu’est la magie.
Le roi, perdu dans ses pensées, faillit se faire suspendre par un coup d’épée de Troll qui le frôla.
Midreseth était perdu si personne ne venait le secourir. Cela ne l’inquiétait nullement. L’amulette était maintenant en sécurité et son peuple savait parfaitement être autonome ; de plus, son fils prendrait sans aucun problème la relève ; mais il voulait au moins infliger des blessures à un Troll, par fierté, par orgueil.
Soudain il sentit une vive brûlure dans le dos. Cela signifiait qu’un, ou plusieurs Chevaliers amis était proche. En effet, lors de sa course, Midreseth avait envoyé un signal télépathique aux gens de son peuple pour le secourir, il pensait que son message n’avait pas été reçu, mais il s’était trompé.
Le roi n’avait plus qu’à gagner du temps, la force des Chevaliers l’aiderait probablement à se sortir de ce traquenard. Mais les Trolls ne l’entendaient pas de cette oreille. L’un d’entre eux se jeta sur le roi, lequel para la coup avec difficulté, puis riposta rapidement, espérant surprendre son adversaire. Mais l’effet de surprise était passé inaperçu et le Troll attrapa la lame de Midreseth avec la main, et l’arracha violemment du membre endolori de son propriétaire. Désormais sans défense le gouvernant du Royaume Hulis, n’avait plus qu’à espérer l’arrivée prochaine des Chevaliers. Un des ennemis du roi s’avança, et déclara férocement :
-Où est passée l’amulette ? Peut-être que si tu la ramènes, nous te laisserons la vie sauve.
Midreseth déclina sa proposition d’un simple « non ».
L’autre répondit :
-D’accord, puissent les cieux te maudire !
Et il posa la pointe de son épée sur le cou véloce du roi attendant les ordres meurtriers de son supérieur.
Qu´en dites vous ?