Bien le bonjour lecteurs et lectrices et bonne lecture.
Ah oui j oubliais, si possible laissez des commentaires. A+
Churchill disait : " On m´a tout appris, j´ai été préparé à ça toute ma vie et voici le jour venu de mettre en oeuvre ce que je sais. "
Ce qui l´attendait c´était la guerre. Moi je m´attendais à une simple rencontre avec mon écrivain préféré. La possibilité d´accomplir mes rêves.
Alors quel est l´aboutissement de ce récit?
Moi, enfermé dans une cave sombre. Un cinglé, canon scié à la main, posté devant un écran de télé diffusant de vieux épisodes de Beverly Hills.
Je l´entends chantonner le générique avec sa voix de crécelle.
Mais putain, qu´il ferme sa gueule...
Et comment je vais encore me sortir de ce foutoir?
Voilà donc la situation mise en place, ici le flash-back serait le plus appropié. Et comme dans tout bon film, la caméra se rapprocherait de mon visage puis de mes yeux. Finalement elle terminerait par un flou puis un long travelling arrière partant de mon regard. Volte face et voici la caméra qui passerait au dessus de mon épaule et me filmerait en train de tapper sur l´ordinateur. Un sous-titre apparaîtrait alors en bas de l´écran et stipulerait Quelques jours plus tôt.
Me voici donc de dos, je scrute le carré blanc et vous décelez que mon index frotte le fond de ma narine droite ( ce premier abord avec mon personnage permettrait au spectateur de comprendre qu´il s´agit d´un jeune solitaire et rejeté, ne se souciant pas des valeurs communes, ou bien tout simplement d´un gros dégueulasse).
Comme vous avez pû le constater la réalisation est ma passion et beaucoup se prêtent à dire que dans ce domaine j´ai, comme qui dirait, un don.
Non je plaisante, enfin je crois.
La seule fois où j´ai osé présenter un court métrage à mes parents ( j´avais déboursé la moitié de mon salaire mensuel pour la location d´une bonne caméra et le développement des pellicules) et bien mon père m´a gentiment engueulé m´expliquant que je ferais mieux d´acheter des clopes que de filmer de la merde. Ma mère, s´est alors approché de moi. Etrange, elle n´a pas pour habitude de me consoler. Je tends alors mes bras et reçois une gifle monumentale en récompense.
Les yeux boursouflées par les pleurs elle me dit : " C´est ça que tu veux faire fils indigne? Tu crois que l´on t´a nourri toutes ces années pour ça? Quelle honte... Pourquoi tu me fais ça à moi?
Madame Anderson ( pour dire vrai elle s´appelle Mme Bernard mais ce n´est pas très cinématographique), elle en a de la chance si tu savais. Son beau garçon travaille sagement au Mac Donald et tous les mois lui rapporte de l´argent. Alors que moi, qu´est ce que j´ai? Un débile, qui, à dix-neuf ans, n´est pas encore parti de la maison et a pour but de faire du cinéma alors qu´il n´a aucun talent! "
Autant vous dire que je les ai remercié de leur objectivité.
Malgré tout je prie tous les jours de percer dans le milieu et j´y crois. Le salaire de mon boulot au vidéo club m´empêche de partir à Hollywood, rencontrer les plus grands producteurs. J´attends donc d´accumuler assez d´argent pour présenter le fameux court-métrage et réaliser mon rêve.
Pour patienter j´ai un autre projet : l´écriture d´un livre. Et oui, c´est moi le nouveau type impertinent, philosophe et adulé de tous ( en plus je vais faire des films, incroyable hein?).
Malheureusement mon premier livre n´a pas eu le succès escompté. Pour tout vous dire il n´a pas été publié sinon vous en auriez entendu parler, assurément. Il s´agissait, comme je l´écrivais à chaque fois que j´´envoyais un exemplaire à un éditeur, d´un polar grandiloquent et épique. La première réponse que je reçûs était brève mais directe, une phrase simple : Est-ce une blague?
Seule une deuxième maison d´édition a répondu mais cette fois ci la réponse était bien plus argumentée :
Merci de ne plus nous envoyer vos manuscrits. Même un lecteur assidu de SAS n´oserait pas ouvrir quelque chose d´aussi mauvais. Et nous sommes encore très méchants avec les lecteurs de ces romans de gare. Nous ne vous parlons pas de l´orthographe ( si il n´y avait que ça...). Nous nous interrogeons surtout sur le sujet du livre. Un agent secret de quatre ans abandonné dans une jungle près de New York, c´est étrange non? Mais qu´en plus il apprenne à voler avec une famille de moineaux, vous allez très loin. Vous aurez donc compris que votre histoire de 007 luttant dans les airs contre des hélicoptères munis d´ogives nucléaires ne nous intéresse pas au plus haut point. Merci tout de même de nous avoir fait rire. Bonne chance.
Quel dommage, la scène avec les hélicos était la meilleure du bouquin. L´agent Mc Naley, après avoir éviter une ogive qui s´écrase en Chine, entre dans le cockpit et tire le second missile sur le deuxième engin volant. La secousse projette l´appareil au sol. Il prend alors le manche et tire de toutes ses forces. Bloqué! Il décroche le téléphone et hurle : " Roger 1, ici Mc Naley, les commandes ne répondent pas. Je répète, les commandes ne répondent pas.". Pas de réponse. Si j´avais été le réalisateur de l´adaptation du bouquin j´aurais fait un gros plan sur la goutte de sueur glissant le long de son oeil. Puis j´aurais enchaîné avec une vue sur le sol se rapprochant à une vitesse vertigineuse.
Retour enfin sur Mc Naley qui réfléchit avec une lueur d´espoir dans son regard. Il s´éjecte juste avant de s´écraser et vole. Une fois au sol il explique à sa jeune amie dénudée que dans un éclair de lucidité il s´est souvenu de sa capacité au vol. Ils s´embrassent et un noir vient accueuillir le générique de fin. Ce serait parfait. Un rebondissement pour terminer un film, il n´y a pas mieux.
Enfin bon, revenons à mon récit principale. Nous nous retrouvions donc quelques jours avant que l´on me séquestre et je m´active devant mon ordinateur. Je suis en train de.................
C´est ici que le premier épisode se termine. Je m´en vois désolé mais tout vient à point à qui sait attendre ( oui c´est de moi... ou peut être de Churchill).
Je concluerai donc par : To be continued.