Vous pensez quoi de ma nouvelle pour ceux qui la lieront courageusement ?
Promenade mystérieuse.
Maintenant je suis seul, cent fois, je me suis repassé le film de cette étrange journée et j´essaie encore de trouver une explication logique à tout ce qui m´était arrivé. Je n´y comprends toujours rien. À peine suis-je plongé dans l´obscurité que les images défilent à nouveau dans ma tête. Je tourne et me retourne sur mon lit. Mince, je ne vais jamais pouvoir dormir. Je saute du lit et décide d´aller boire un peu d´eau dans la cuisine. Ça m´aidera à calmer cette angoisse. Je sors de ma chambre. J´arrive dans le couloir quand un bruit me fait sursauter. Un bruit de pas répétés régulièrement. Doucement, je rejoins le haut de l´escalier. Je passe la tête entre les barreaux de la rampe, recroquevillé sur les premières marches. En bas, Didier arpente le salon. il a jeté son vêtement par terre et décrit de grands cercles autour du canapé et des fauteuils. Il respire bruyamment en se raclant la gorge et s´arrête devant la porte d´entrée. Je me précipite dans les escaliers, tout est clair, c´est le moment de sortir.
Dehors il fait nuit, mais la lune ronde et lumineuse éclaire comme en plein jour. Les deux personnages longent les dernières maisons du village. Ils se dirigent vers la côte et sont d´ores et déjà loin des habitations. Des petits murs de rochers entourent le chemin envahi par la végétation. Au loin, seul le bruit des vagues se jetant sur les rochers et celui du vent transportant jusqu´à eux les embruns annoncent un calme insidieux. Ils arrivent tous les deux près de la plage et rejoignent la route qui suit le bord de la plage. La lune et son reflet dans la mer viennent de se cacher derrière un épais nuage et le brouillard les enveloppe soudainement. Des lampadaires éclairent le trottoir de la route côtière. Qui oserait s´aventurer dans un lieu si froid, si tard et si loin de toutes habitations, si loin de toutes présences humaines ?
Et bien ce chien en compagnie de son maître se sont aventurés dans ce lieu insignifiant sans qu´un seul être vivant les entendent. Le chien aime se promener la nuit si tard puisque c´est ce qui lui rappelle son passé où il courrait tous les jours pendant qu´il faisait nuit. Cette promenade nocturne lui donne donc le privilège d´avoir l´esprit vif pour le lendemain. Son maître aussi aime se promener dans de telles conditions mais s´il le fait c´est plus pour le plaisir de son chien. Ils marchent lentement sans se presser. Toutes les nuits, c´est la même ballade et comme c´est aussi tard la nuit, personne ne peut s´aventurer dans un tel lieu. C´est aussi pour cette raison que les deux personnages profitent du fait qu´aucun être vivant ne peut les apercevoir. Quand d´une voix faible pleine de désespoirs il s´interroge :
- Lorsque je regarde les lampadaires, j´ai toujours l´impression qu´ils peuvent nous observer... Soyons toutefois méfiant car c´est par une telle nuit, sous l´un de ces lampadaires, que nos esprits restèrent les mêmes alors que nos enveloppes charnelles s´inter-changèrent, s´exclame le chien en espérant qu´un nouvel instant magique se reproduise.
De TElombre. 