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Petite fiction...

[[Ness
[[Ness
Niveau 5
02 avril 2005 à 15:03:56

Le jeune voleur courait sur les toits. Rien ne le pressait, mais la fine brise du matin sur ses joues imberbes le vivifiait.
Il s´arrêta. En effet, il avait entendu le bruit caractéristique que faisait les lourdes bottes des gardes sur le dallage. La main crispée sur sa dague, Garett attendit. En tant que professionnel, il évitait au maximum de tuer. Il avait commencé a voler à 12 ans, a la mort de sa mère. Il vivait alors a Cervelholm, une bourgade trop petite pour être une ville, trop grande pour être un village. Mais c´était avant que le ville volante n´eut atterrit près de de chez lui...

Plus un bruit. Garett se détendit. 10 ans plus tard, il volait toujours, non plus par nécessité, mais par goût de l´aventure. Considérant les toits trop dangereux, cette partie de la ville étant délabrée , et les tuiles trop instables, il s´ élança dans le vide. En chutant , il eut un aperçu du paysage qui se déroulait sous la masse imposante de la ville. Des forêts, sombres et épaisses, d´où s´envolaient de nombreux oiseaux exotiques lorsque l´ombre de la ville s´étendait sur les cimes. Bercé par le vent qui lui giflait le visage et par le bourdonnement sourd et soporifique du générateur qui maintenait dans les airs, il faillit s´endormir...
Mais, il se ressaisit, et, affirmant sa prise sur son grappin qui pendait a sa ceinture, il tira instinctivement sur le plancher de la maison la plus proche au dessus de son corps. La boule métallique heurta le bois avec un bruit mat, et des myriades de filaments souples s´incrustèrent dans tous les orifices de la matière, ce qui provoqua un choc qui se répercuta dans tous le corps de Garett. Malgré la douleur, il activa le ré enrouleur jusqu´à se propulser les pieds contre le plancher, la tête en bas. Là, il poussa un levier sur ses bottes. Dans un grondement assourdissant, la gravité fut inversée, dans un champ entourant le voleur. Il détacha son grappin, et se mit à courir.

En effet, le jour commençait à pointer, et il fallait faire vite. Sautant de planchers en planchers, toujours la tête en direction du sol, il atteignit rapidement le centre-ville. Il planta son grappin, puis désactiva le champ de gravité. Il resta accroché quelques minutes, a la force de ses bras, le temps de reprendre ses esprits. Puis, ayant opéré un balancement, il se déhancha et s´accrocha au bord du trottoir. Il récupéra son grappin, puis se mit a observer le décor.
A première vue, on aurait pu se croire dans une ville ordinaire : Les boulangers des environs se levaient, pour prépares leurs étals... Les lampadaires électriques diffusaient une lumière sourde dans l´aube naissante. Ce n´était qu´en y regardant ( et écoutant) de plus près que d´infimes détails nous détrompaient : LA bise, qui soufflait en permanence, n´était présente que dans les hauteurs, de même que les nuages qui masquaient le ciel et la lune. De plus, le bourdonnement perpétuel du générateur, qui résonnait dans toute la ville, était unique au monde.

L´église, qui contenait le calice convoité par Garett, était un bâtiment massif : elle tenait plus de la caserne que du lieu saint... de même que ses occupants : guerriers fanatiques, les Carolystes détenaient de nombreux objets «sacrés» d´une valeur inestimable en leur sein.
Mais, toute forteresse qu´il soit, le lieu n´était pas exempts de failles. Garret en trouva une en faisant le tour du bâtiment. Un vitrail, à quelques mètres du sol, sur la façade Nord. Il représentait une scène de combat, ou plutôt de massacre : des guerriers, armés d´énormes marteaux de guerre, mettaient en déroute une poignée de magiciens, reconnaissables à leurs robes bleues couvertes de signes cabalistiques.
Tout le monde savait que les magiciens avaient disparus. Certains n´y croyaient même plus...

Voila, un petit texte très inspiré de Dark Project :rire:

LA suite plus tard

vierax-fan-ff
vierax-fan-ff
Niveau 10
02 avril 2005 à 17:40:22

Trop court pour être jugé, pas trop de faute repéré ni d´erreur syntaxique. J´attend la suite pour un commentaire plus poussé.

FFrules3
FFrules3
Niveau 10
02 avril 2005 à 18:13:14

C´est vrai qu´il y a peu de texte, mais je peux d´ores et déjà dire que j´aime le style. Bon niveau de langue, peu de fautes, bonnes tournures, lecture fluide et par dessus tout, j´adore Dark Project 1 et 2 ( pas le 3 non), donc forcément sa aide.
Alors, un grand et vif " LA SUITE"

[[Ness
[[Ness
Niveau 5
03 avril 2005 à 13:42:38

J´ai deja ecrit la suite, mais sur papier ^^

MAis ce n´etait justeq que´un prologue, la quite sera plus longue

AshEnke
AshEnke
Niveau 6
17 avril 2006 à 19:16:13

Oula ça faisait longtemps :(

[Croustibat]
[Croustibat]
Niveau 6
18 avril 2006 à 15:47:50

Bah j´ai lu et j´aime bien
Je sais que personne me répondra, que l´auteur est partie d´puis un an mais j´ai pas pu m´en empecher.

AshEnke
AshEnke
Niveau 6
18 avril 2006 à 16:31:37

L´auteur c´est moi :(
C´est pour ça que je l´ai uppé...

En fait brusquement j´ai voulu continuer, mais j´ai perdu mon manuscrit papier (y´avait une cinquantaine de feuillets recto-verso), et ce qui est ici est la seule chose que j´avais tapé.

J´ai vraiment pas le courage de tout refaire...

[Croustibat]
[Croustibat]
Niveau 6
18 avril 2006 à 16:32:20

Ah hin bin mince, essaye quand même, je lirai xD

AshEnke
AshEnke
Niveau 6
18 avril 2006 à 16:33:32

J´ai passé les droits a ma petite soeur :)

[Croustibat]
[Croustibat]
Niveau 6
18 avril 2006 à 16:36:10

xD je lirai quand même :-p

AshEnke
AshEnke
Niveau 6
18 avril 2006 à 16:38:16

Et ben tiens :-p

Chapitre I

Tania contempla avec inquiétude le soleil qui se levait, promettant une belle matinée d’automne. Il n’était toujours pas arrivé, et elle allait bientôt devoir partir d’ici. Si les habitants de la grande cité de Jadira voyaient une jeune fille perchée sur le toit de la plus haute maison de la ville, ils alerteraient le guet. Un instant, Tania douta. Il lui avait pourtant bien donné rendez-vous ici. Un rayon de soleil lui fit plisser les yeux et la décida : elle devait partir. Tant pis pour lui, il l’avait fait attendre toute la nuit, elle ne l’attendrait pas plus. Elle sauta prestement, et ses souple bottes claquèrent contre le sol lorsqu’elle atterrit. Elle se mit à courir dans les rues silencieuses de Jadira, écoutant ses talons claquer. Elle s’arrêta devant l’auberge où elle avait attaché Danaël, son cheval, le détacha, posa une main sur son encolure, appuya l’autre sur la selle, et se hissa sur le dos de son destrier. Elle saisit les rênes et mit Danaël au pas. L’auberge était juste à côté des portes nord de la ville, que les gardes commençaient à ouvrir. Dès qu’elle le put, elle se faufila entre les deux gardes, et sortit au grand galop de la cité entourée de collines. Elle se retourna sur sa selle et regarda Jadira qui s’éveillait. Ayant enfin détourné le regard, il tomba sur la sacoche qu’elle portait à la ceinture. Elle vérifia fébrilement que tous les bijoux de sa mère étaient là, puis, une fois rassurée, elle appuya sa tête contre l’encolure de Danaël qui connaissait le chemin, et tenta de se reposer.
Elle se réveilla sans se souvenir de s’être endormie. Sa tête frottait contre les poils rêches de l’encolure de Danaël. Elle aperçut au loin, entre les collines, les toits des quelques maisons qui composaient son village natal. Se souvenant soudain de la raison qu’elle avait donné à sa mère pour justifier son absence, elle plongea la main dans les fontes de la selle, et en sortit son arc et son carquois, qu’elle passa au-dessus de sa tête. Au fond de son cœur, elle était soulagée que le sous-fifre de l’Homme ne soit pas venu. L’Homme, Tania ne l’avait jamais vu, car elle trouvait toujours sous sa paillasse les messages indiquant la date et l’heure de ses rencontres avec son serviteur. Cela faisait deux ans qu’il lui demandait de l’argent, deux ans qu’il avait enlevé sa sœur, deux ans que Tania se laissait faire, étant même parfois obligée de voler pour satisfaire son maître chanteur.
Un cri interrompit ses mornes pensées.
- Tania Kaladrya !
La jeune fille se retourna sur sa selle et aperçut Jiu qui courait vers elle. Il portait deux lapins en travers de ses épaules. Saisissant les rênes qu’elle avait laissés lâches jusque là, elle tira dessus. Danaël s’immobilisa tant bien que mal, tandis que le jeune garçon accourait vers eux. Dès qu’il fut assez près pour qu’elle l’entende sans qu’il ait besoin de crier, il lui dit avec un clin d’œil :
- La chasse n’a pas été bonne pour toi, Tania Kaladrya ? Moi, j’ai pourtant touché un daim, et beaucoup de lapins se sont laissés prendre dans mes pièges, mais je ne peux pas tout
porter. J’ai tout caché là-bas, pour que personne ne me vole mes prises. Pourrais tu m’aider à porter tout ça au village ?
- Pourquoi pas… Montre moi le chemin !
Cela faisait aussi deux ans que Jiu était le complice de Tania, et qu’il chassait pour elle lorsqu’elle devait se rendre à ses rencontres. Cela lui coûtait cher, car elle insistait pour le payer, mais c’était une question d’honneur, et Tania attachait beaucoup d’importance à l’honneur, à la fierté. Seulement, Jiu croyait que la jeune fille avait une aventure avec un jeune homme du village voisin, et ses clins d’œil ou ses sourires entendus agaçaient Tania.
Le garçon conduisit son amie vers sa cachette, où reposaient un daim et une dizaine de lapins. Tania descendit de cheval, se pencha pour ramasser les lapins, mais la main de Jiu l’arrêta. Il en était venu à aimer l’argent, et le réclamait maintenant, au lieu de se faire prier pour le recevoir. Tania soupira, sortit une pièce de sa bourse et la lui lança. Puis, elle se pencha, ramassa les lapins, les installa dans les fontes de sa selle, souleva la dépouille du daim et le posa en travers du dos de Danaël. Elle remercia Jiu, puis repartit en tirant son cheval derrière elle. Elle prit en sifflotant le chemin qui menait au village, heureuse. A l’entrée du village, il n’y avait pas de gardes, aucunes murailles n’entouraient les maisons, et les enfants jouaient inconsciemment dans les rues. C’était la paix, et les gens en profitaient. Tania traversa le village de part en part. La nuit tombait, et les paysans revenaient chez eux. Elle aperçut Jiu qui dévalait le chemin, sur la colline, effrayé par le noir tombé si soudainement. Arrivée devant la dernière maison du village, elle laissa Danaël, son chargement sur le dos, devant, et pénétra dans la chaumière.
- C’est moi ! claironna-t-elle.
- Que nous a ramené notre chasseresse, aujourd’hui ? demanda sa mère, depuis le coin de l’unique pièce de la maison qui tenait lieu de cuisine.
- Un daim, et une dizaine de lapins !
Elle salua sa petite sœur, Lizzie, qui jouait avec un bout de bois sur sa paillasse, et son frère, Karos, qui installait des assiettes en terre cuite sur la table en bois grossier. Elle prit un tablier posé négligemment par terre, puis sortit pour ôter le chargement de viande du dos de Danaël. Elle posa le daim et les lapins par terre, s’empara de la longe du cheval, et l’emmena un peu plus loin, de l’autre côté de la maison, où poussait le potager de sa mère et où l’herbe était meilleure. Elle attacha le cheval à un arbre, puis retourna sur le seuil de la maison. Elle observa la scène à l’intérieur, sa mère faisant la cuisine, son frère mettant la table, et sa petite sœur… Son cœur se serra en pensant à Tin, son autre petite sœur, que toute sa famille semblait avoir oubliée.
- Ben alors, elle arrive cette viande ? Faut que ton père s’en occupe quand il reviendra, et tu vas pas laisser les lapins dehors à traîner dans la poussière ?
Tania chargea le daim sur ses épaules, prit les lapins et entra. Sa mère se tourna vers elle, plissa les yeux en regardant la viande.
- Et alors ? Tu les as pas lavés ? J’t’ai mis un baquet dehors. Et qu’est ce qu’tu m’amène c’te horreur dans la maison ! Allez, bouge-toi de là ! Reste pas comme ça la bouche ouverte !
Tania ressortit, et remarqua enfin le baquet d’eau installé près la porte de la chaumière. Elle posa le daim de l’autre côté de la porte. Elle plongea d’abord les lapins dans l’eau chaude, qui devint vite rose de sang, sortit son couteau accroché à sa ceinture, prit un des lapins dans le baquet et l’ouvrit en deux, du cou jusqu’aux pattes. Elle fit la même chose pour chaque lapin, puis les replongea tous dans le baquet, qui était maintenant rouge foncé, rouge sang. Elle les secoua un moment, arrosant son tablier et le sol autour d’elle d’un mélange d’eau et de sang, puis les essuya dans son tablier et les amena à sa mère. Elle ressortit, vida le baquet et son affreuse eau à côté de la porte, puis rentra définitivement dans la maison, laissant le daim devant la porte : son père s’en occuperait à son retour des champs, où après le repas. Elle alla aider sa mère pour préparer les lapins, mais celle-ci la renvoya d’un geste :
- J’y arriverais bien toute seule, y sont pas bien gros. Vas plutôt voir ce qu’a Lizzie, elle est toute bizarre, aujourd’hui. Allez, va, j’te dis !
La jeune fille n’insista pas, et s’installa sur la paillasse de sa sœur à côté d’elle.
- Ben alors, Lizzie, ça va pas ? Qu’est ce qu’t’as aujourd’hui ? T’es toute pâlotte !
- C’est Gontran, aujourd’hui, qui m’a raconté une histoire bizarre… Ca parlait d’une ville volante qui s’pose que pour s’ravitailler…
- Une ville qui vole ? Mais ça existe pas, ma p’tite ! C’est Gontran qui t’a raconté des salades ! Allez, on va aider m’man à préparer les lapins !

Du haut de ses quatorze ans, Tania faisait office d´assistante de sa mère, à la maison. Elle avait l´impression d´être plus une nourrice qu´une soeur pour ses plus petits frères et soeurs, et rien du tout pour son plus grand frère. Celui-ci l´ignorait totalement, où la traitait comme une ancienne nourrice dont on a plus besoin. Elle était plutôt jolie, avec ses cheveux bruns le plus souvent noués en une longue tresse, son petit visage fin. Un peu banale, certes, mais elle avait du charme. Pourtant, sa famille la traitait comme une servante, et elle avait souvent songé à quitter son village, pour découvrir le monde par elle-même. Elle ne se sentait pas chez elle, ici, elle était dégourdie et elle trouverait facilement du travail ailleurs.

:d) Bon, c´est pas a la hauteur de mon superbe style ( :sarcastic: ), mais elle a lu les memes choses que moi, donc on a les memes influences :o))
Elle a au moins le mérite de ne pas (trop) avoir honteusement repompé des noms :)

AshEnke
AshEnke
Niveau 6
18 avril 2006 à 16:38:49

PS : C´ets qu´un chapitre d´intro, un prologue :)

[Croustibat]
[Croustibat]
Niveau 6
18 avril 2006 à 16:45:41

j´aime bien => dsl t´avoir fait attendre mais faut lire
sinon elle à quel age ta soeur?
sinon bah j´aime bien, par remarquer de fautes... attend la suite pr en dire plus

AshEnke
AshEnke
Niveau 6
18 avril 2006 à 16:48:18

Ma soeur?
12 ans :)
Elle est plus spécialisée dans les romans d´amour (enfin les projets de romans d´amour, telle soeur tel frere ^^), mais je lui ai demandé de faire dans la fantasy...
pas de scenar, qu´elle me répond.
Alors moi ni une ni deux, je cherche le forum Fanfictions ou j´avais posté le debut de la cité volante, et paf, je lui file ça...
Esperons qu´elle le continue un peu plus loin :)

[Croustibat]
[Croustibat]
Niveau 6
18 avril 2006 à 16:49:22

Moa j´ai bientôt 12 ans, le 7 mai xD

AshEnke
AshEnke
Niveau 6
18 avril 2006 à 16:50:53

Moi j´ai eu 15 ans le 11 avril :fete: :)
Je vais la supporter mentalement qu´elle finisse le récit :)
Sur ce, au revoir :)
Le travail m´appelle :)

[Croustibat]
[Croustibat]
Niveau 6
18 avril 2006 à 16:52:46

AH ben mince j´allais te proposer le ´pic blabla Oo

AshEnke
AshEnke
Niveau 6
18 avril 2006 à 16:53:29

Une autre fois :-)))
Je reviendrais poster la suite de totue façon :)

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 24 mai 2006 à 17:03:01

La suite :)

Elle fut interrompue dans ses pensées par la porte qui s´ouvrit violemment sous la poussée de son père. Instinctivement, elle rentra les épaules et tenta de se faire la plus petite possible. Mais, comme elle était restée au milieu de la pièce, plongée dans ses pensées, difficile de passer inaperçue. Son père la bouscula et entra dans la pièce d’une démarche titubante. Il était saoul, comme toujours.
- A boire, femme ! Et à manger, aussi !
- P´pa, tu crois pas qu´t´as d´ja assez bu comme ça ?
Le père regarda son fils sans le reconnaître. Celui-ci préféra battre en retraite, par crainte du fouet. Lizzie, en revanche, qui n´avait toujours pas le réflexe de s´aplatir devant leur père, alla s´asseoir à côté de lui, et commença de lui raconter sa journée. Curieusement, devant le babillage de l´enfant, le regard du père sembla s´adoucir. Mais il se reprit lorsque sa femme posa la chope sur la table, devant lui. Il la vida goulûment, puis la reposa bruyamment sur la table en bois.
- Du vin ! Encore du vin !
- Mais... objecta la mère.
- Pas de mais, du vin ! J’ai soif !
A ce moment là, interrompant la scène de famille, la fenêtre s’ouvrit en grinçant. Giral, le petit frère de Tania, entra, sans faire de bruit, mais tous les regards étaient tournés vers lui. Même la petite fille interrompit son babillage incessant. Le petit avait sûrement essayé d’entrer discrètement, mais c’était raté. Cela faisait trois jours qu’il avait disparu, pourtant sa famille n’avait pas fait grand-chose pour le retrouver. Tania songea avec amertume, qu’avant, elle vivait avec une famille non pas aimante, mais du moins unie. Depuis deux ans, depuis que Tin avait disparu, son père buvait, et était saoul du matin au soir. Depuis deux ans, ses enfants avaient peur de lui, et il sortait son fouet à la moindre occasion. Depuis deux ans, sa mère faisait seulement son travail à la maison et ne s’occupait plus de ses enfants. Depuis deux ans, Karos et Tania élevaient quasiment leurs petits frères. Il y deux ans, la vie de cette simple famille avait été bouleversée. Pourtant, ils essayaient d’oublier, et un simple visiteur n’aurait pas perçu le chagrin que Tania et sa famille ressentaient.
On pourrait se dire que la plupart des familles perdaient des enfants, mais entre perdre un enfant et perdre Tin, il y avait une grande différence. Tin aurait été la seule chose, la seule personne qui aurait pu retenir Tania. Tin était une seconde mère pour tout le monde, toujours douce, toujours aimable et gentille, toujours à l’écoute. Elle était le centre du village, le pilier de la famille, et personne ne s’en était aperçut jusqu’à sa disparition. Tania se surprit à pleurer, et détourna les yeux de son frère, pour que personne ne la voie. Mais elle se rendit compte que personne ne faisait attention à elle. Son père et sa mère hurlaient après le petit Giral, Lizzie se terrait dans un coin, la tête basse, et Karos s’était allongé sur sa paillasse. En tournant les yeux vers lui, Tania se rendit compte que lui aussi pleurait, et elle se sentit soudain plus proche de lui qu’elle ne l’avait jamais été. Elle alla s’agenouiller à côté de lui, et il la regarda en silence, les yeux rouges. Lentement, un doigt sortit de sous ses couvertures, et il traça trois lettres dans la poussière : T I N. Puis brusquement, les chandelles s’éteignirent, et la jeune fille comprit qu’il était l’heure de dormir. Elle se rendit à tâtons jusqu’à sa couchette, adressa un pauvre sourire à Karos, puis plongea dans un profond sommeil peuplé de cauchemars.
Le lendemain, la vie habituelle repris son cours, mais Tania craignait de trouver un message sous sa paillasse, et en devenait maladroite. Elle tressaillait lorsque quelqu’un lui adressait la parole, sursautait au moindre bruit, et redoutait l’heure de se coucher. Par sa maladresse, elle s’attira les foudres de son père, et - comme celle-ci faisait toujours la même chose que son mari, pour ne pas le contrarier - celles de sa mère. Elle se fit battre plusieurs fois dans la semaine qui suivit, fut privée de repas, injuriée ; et tout cela faisait monter dans son cœur de la haine. Haine pour ses parents, pour ses frères et sœurs qui n’osaient rien dire, pour le village qui ne se révoltait pas, pour les larmes de pitié qu’elle voyait souvent couler et qu’elle n’acceptait pas, pour sa fierté froissée, brisée, par le fouet de son père. Et surtout haine pour le monde. Plusieurs fois, Tania fugua, mais elle revint toujours à la maison, exaspérée par sa mauvaise connaissance des environs. Exaspérée aussi parce que ses parents ne faisaient rien pour la retenir, pour la retrouver. Exaspérée parce qu’elle croyait que ses frères et sœurs l’aimaient tout de même assez pour partir à sa recherche. Mais elle était seule au monde, et plus rien ne la rattachait à ce village ingrat. Même la pensée de Tin ne calmait pas sa colère. Elle en venait à haïr sa petite sœur de s’être montrée si imprudente et d’avoir fait entrer tous ces soucis dans la petite vie bien rangée de Tania.
Et puis, un jour, alors qu’elle aidait sa mère à la maison pendant que son père et Karos travaillaient aux champs, Lizzie et Giral entrèrent en courant dans la maison.
- Venez, vite ! Dehors... dehors !
Les pauvres petits, hors d’haleine, n’arrivaient pas à s’exprimer. La mère continua à éplucher les carottes, mais Tania défit son tablier et sortit avec les enfants. Elle ne demanda pas l’autorisation de sa mère, et celle-ci ne la rappela pas. Elles avaient toute deux jugé cela inutile. Dehors, c’était la pagaille. Les hommes revenaient des champs, courant et hurlant, les femmes et les enfants sortaient des maison, les unes inquiètes, les autres amusés. Partout, on hurlait, et Tania ne comprenait pas pourquoi. Enfin, elle leva les yeux, et ils s’écarquillèrent. Au-dessus des champs, une immense ombre noire. Elle se rapprochait du sol à une vitesse hallucinante, et on ne voyait plus de bleu, dans le ciel, l’ombre recouvrait tout. Partout, des suggestions fusaient.
- Le ciel nous tombe sur la tête ! Nos ancêtres nous l’avaient prédit !
- Mais non, idiot, c’est des nuages ! Nous avons offensé les dieux, et ils se vengent !
- Mais nous n’avons rien fait pour offenser les dieux...
- Moi, j’sais...
Tania se retourna. Gontran, l’ami de Lizzie, se tenait à l’écart des villageois, et il ne semblait pas avoir peur. Lorsqu’il reprit, la jeune fille entendit Lizzie prononcer à voix basse, avec lui, la fin de sa phrase :
- ...c’est la cité volante...
Il l’avait dit tellement bas, que seuls Tania, Lizzie, et Giral, qui semblait très agité, l’avaient entendu. Soudain, Giral lui tira la manche :
- J’sais pas c’que c’est, mais ça va s’poser, et dans les champs...
- C’n’est donc pas la colère des dieux, qui fond sur nous ! Le ciel non plus, peut pas s’poser.
- Donc, repris Gontran à voix basse, tu es d’accord avec moi ? C’est la cité volante, j’te dis !
- Une cité volante, ça existe pas. Mais c’est sans doute plus probable qu’la colère des dieux ou l’ciel qui nous tombe sur la tête.
Elle s’approcha des champs, pour essayer de mieux voir ce qui causait toute cette agitation. Effectivement, cela se posait. Et effectivement, cela ressemblait à une cité. Et ça volait. Était-ce finalement la cité volante ? Soudain, de ce qui semblait être une des portes de la ville, surgirent trois hommes, désarmés. Ils ressemblaient à des marchands. Ils regardèrent autour d’eux, puis s’exprimèrent dans une langue que personne ici ne connaissait. Tania était la plus près d’eux, et ils se tournèrent naturellement vers elle. Ils tentèrent de s’exprimer dans une autre langue, mais Tania secoua la tête. Ils tentèrent plusieurs autres langues, puis essayèrent le latin, sans grande conviction. De nouveau, la jeune fille secoua la tête. Il n’y avait pas de clercs où d’érudits, dans ce petit village. Enfin, ils s’exprimèrent en Far, la langue de la région. Tania acquiesça et tenta de comprendre ce qu’ils voulaient dire. Enfin, elle se retourna, et, ayant aperçut le chef du village, Tachi, elle lui cria :
- Ils veulent de l’eau et des provisions pour leur ville. Ils demandent si quelqu’un pourrait leur vendre ça.
- Dis-leur qu’y a pas d’marchands par ici ! S’ils veulent s’ravitailler, qu’ils aillent à Jadira, c’est la ville la plus proche ! Moi, j’veux pas me mêler de ça...
La jeune fille répéta aux étrangers ce qu’avait dit Tachi, en employant des mots simples qu’ils pouvaient comprendre.
- Mais qui conduire nous Jadira ? Nous pas connaître région... Nous besoin guide.
- Moi, je veux bien...
Tania se retourna. Jiu s’avançait vers les étrangers, bousculant les villageois qui formaient un cercle autour d’eux. Elle, avant, elle aurait conduit les étrangers dans la cité, mais maintenant... elle avait trop peur. Malgré le courage qu’elle tentait d’afficher, elle se sentait comme une enfant apeurée.
- Je connais assez bien la cité... et puis je peux vous accompagner en allant chasser.
Il lui adressa un de ses sourires entendus qui exaspéraient tant la jeune fille, puis se tourna vers les étrangers et parlementa un moment avec eux. Tania, elle, était retournée vers sa sœur et subissait une remontrance de sa mère. Giral avait à nouveau disparu. Tania ne le chercha même pas. Il était comme elle, il reviendrait. Elle profita d’un moment où le regard de sa mère tombait sur Lizzie pour s’éclipser discrètement. Comme son petit frère, elle aimait la liberté, et ne pouvait rester plantée près de sa mère, bien sage, les yeux baissés, comme, disait sa mère, il convenait aux jeunes filles. Elle courut dans les champs, se roulant dans l’herbe, jouant avec un épi de blé, profitant que l’attention des adultes soit tournée vers l’étrange cité pour faire ce qu’elle ne faisait pas d’habitude. Elle joua dans les champs, comme l’enfant qu’elle était au fond de son cœur, puis revint vers la maison en folâtrant.

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 24 mai 2006 à 17:03:13

Elle fut accueillie par des cris et des coups, comme d’habitude.
- Alors, tu fréquentes les étrangers, maint’nant ? Moi j’dis, faut rester loin d’eux, on se portera mieux... Et puis tu nous fausse compagnie ? Tu profites qu’on te regarde pas pour t’en aller, comme ton frère ! Tiens, où qu’il est, celui-là ?
Son père cessa de la frapper et regarda autour de lui. Ne voyant pas Giral, il se défoula sur sa femme. Il la saisit par le col et la secoua.
- Où qu’il est, ton fils, hein ? Où qu’il est ?
Il finit par la jeter à terre, brutalement, et se tourna vers son fils.
- Et toi, bon à rien. Qu’est ce qu’t’as fait, aujourd’hui ? Tu trouves toujours un moyen de faire tout de travers, alors avoue, qu’est ce qu’t’as fait ?
Il le repoussa sur les paillasses, ce qui amortit le choc, puis se tourna vers la petite fille. Mais son regard s’adoucit en se posant sur elle, et il tomba sur Tania. Celle-ci, pressentant le danger, plongea au sol lorsque son père frappa, et tomba sur son frère, l’écrasant contre le sol. Elle se releva, épousseta ses robes, marmonna un mot d’excuse pour son frère, puis bondit par la fenêtre si promptement que personne ne pu la retenir. Elle attrapa Danaël au passage, sauta sur son dos et ils galopèrent, galopèrent. Elle faisait confiance à son destrier, et ferma les yeux. Lorsqu’elle les rouvrit, ils étaient devant la porte de la ville volante. Elle sauta de cheval, le laissa là : il se débrouillerait seul ; et pénétra dans la ville, dont la porte était ouverte. Le soleil couchant éclairait faiblement la ville, qui était bien plus grande que toutes celles que la jeune fille avait vues jusqu’alors. Elle explora la ville, prenant des repères, repérant une place ici, une belle maison là, ... Au centre de la cité se dressait une immense tour, sur une plate-forme. Quatre ponts, lourdement gardés, qui devaient s’élancer au-dessus du vide jusqu’à quatre autres plates-formes, surplombaient pour l’instant la verte prairie. Des maisons et des rues se tenaient sur chacune de ces plates-formes, reliées à d’autres plates-formes par d’autres ponts. Cet ensemble formait un carré, entouré par des murailles, elles aussi reliées aux plates-formes qui soutenaient les maisons par des ponts. Elle passa la nuit dans la ville, marchant inlassablement. La jeune fille se demanda comment cette cité pouvait voler. Etait-ce par magie, ou alors simplement portée par le vent ?
Elle découvrait un monde nouveau pour elle : le monde de la liberté. Lorsqu’elle sortit enfin du dédale de rues, de places, de maisons, et qu’elle enfourcha Danaël, la matinée était déjà bien avancée. Elle savait que les réprimandes de son père tomberaient sur elle dès qu’elle aurait franchi le seuil de leur chaumière, mais elle s’en moquait : elles glisseraient sur elle sans la toucher, car elle avait appris, en une nuit passée loin de lui, à ne plus avoir peur de son père. En effet, son père lui tomba dessus lorsqu’elle entra. Mais voyant que ses coups et ses cris ne lui faisaient rien, il la laissa tranquille. La jeune fille jeta un regard autour d’elle. Karos n’était pas là, il devait déjà être aux champs. Son père s’apprêtait à partir, il l’avait sûrement attendue pour la battre, il devait être bien déçu... Sa mère était déjà devant les « fourneaux », en réalité un petit four ; elle passait la moitié de sa journée à faire la cuisine, l’autre moitié à faire le ménage. Lizzie n’était pas là, elle vagabondait peut-être dans le village, ou était occupée à faire les quatre cent coups avec sa bande d’amis. Giral, lui, était rentré. Il était allongé sur sa paillasse, et semblait dormir. Tania alla s’asseoir près de lui, elle le regarda dormir et ne se retourna pas lorsque la porte de la petite chaumière claqua. Son père était partit. Tant mieux. Aujourd’hui, Tania n’aiderait pas sa mère, elle ferait ce qu’elle voudrait, ne fut-ce qu’une seule fois dans sa vie. Elle réfléchissait à ce qu’elle pouvait faire dans la journée, lorsqu’un cri retentit dans la maison. La mère était sortie chercher de l’eau au puit du village, et Tania comprit rapidement que Giral avait poussé ce cri. Il s’agitait dans son sommeil, transpirait, et respirait très fort.
- Non, j’ai pas d’argent ! Puisque je vous dis que j’ai pas d’argent ! Et puis d’abord, où qu’elle est, ma sœur... Qui m’dit que vous l’avez vraiment ? Et puis qui c’est, l’Homme ? Non, me battez pas, d’accord, j’vous amènerais de l’argent... J’vous en prie, me faites pas de mal... Lui faites pas de mal... NON !
Le petit se réveilla en sursaut, tremblant de frayeur. Voyant le visage de sa sœur au-dessus de lui, il lui tourna le dos, mais la jeune fille l’entendit sangloter. Elle ne fit rien pour le réconforter, mais, tirant la couverture sur le petit corps de son frère, elle le borda, puis sortit en fermant la porte derrière elle. Elle avait oublié tous ses projets pour la journée, et ne pensait qu’à cela : l’Homme ne la faisait pas seulement chanter, l’argent qu’elle lui rapportait ne lui suffisait pas, il fallait aussi qu’il en soutire à son frère. Peut-être même à Karos, à Lizzie, à leur père et leur mère, aux amis de Tin... Réflexion faite, ni Karos, ni Lizzie ne s’absentaient comme le faisaient leur frère et leur sœur. Curieusement, elle ne ressentait plus de chagrin. Cela ne lui faisait pas de peine que Giral soit dans le même cas qu’elle, car elle avait appris à ne jurer que par elle-même, et que la pitié et la tristesse n’étaient d’aucune utilité. Désormais, plus rien ne la rattachait ici, et elle voyait déjà ses projets d’évasion se réaliser. Elle avait découvert que, même si elle payait, cela ne sauverait pas sa sœur, sa seule attache à ce village, à cette vie.
En regardant autour d’elle, elle se rendit compte que ses pas l’avaient dirigée dans l’étrange cité. Elle marcha dans la ville, découvrit de nouveaux lieux qu’elle n’avait pas vus la fois précédente, et passa toute la journée dans cette mystérieuse cité. Cela lui prodigua du réconfort, et elle y revint chaque jour après cela.
Certains habitants de la ville connaissaient quelques mots de Far, et cela permettait à Tania de dialoguer avec eux. Elle apprit même quelques rudiments de leur langue, dont elle ne connaissait pas le nom. Elle ne parlait pas très bien, et avec un horrible accent, mais, au bout de huit jours, elle comprenait la majorité de ce qui se disait. C’était une langue plutôt simple, chantante et étrangement musicale. A côté de cela, le Far apparaissait comme une langue barbare à la jeune fille.

Huit jours plus tard, donc, Tania n’avait toujours pas reçu de réprimande pour avoir mené la vie qu’elle voulait, et cela lui semblait étrange. C’était une soirée d’automne, et son père était de méchante humeur. La jeune fille se taisait et restait effacée, de peur que le regard de son père tombe sur elle. Hélas, c’est toujours ceux qui restent à l’écart que l’on voit, et les réprimandes tombèrent ce soir là. Son père les avait contenues neuf jours d’affilée, et c’est sans doute pour cette raison qu’elles furent neuf, voire dix, fois plus fortes. Effrayée, en larmes, la jeune fille sortit en trombe, dédaigna Danaël qui la reniflait au passage, et courut le long du chemin qui menait à la cité volante. Les habitants de la cité s’étaient habitués au passage de la jeune fille, la seule du village à oser pénétrer dans la ville. Ils ne s’étonnèrent pas qu’elle y vienne une fois de plus. Ils ne la prévinrent pas, ils pensaient qu’elle savait. Elle ne savait pas, mais elle n’allait pas tarder à savoir...
La jeune fille se réfugia dans l’angle d’une ruelle près de la porte de la ville, s’écroula par terre, et pleura de tout son saoul. Elle entendit soudain le grincement de la porte qui se refermait. Elle se releva péniblement et alla vérifier. En effet, les battants de la porte se rejoignaient. Ils étaient restés ouverts depuis que la cité s’était posée. La réalité parvint enfin à l’esprit de Tania, mais elle n’eut pas le courage de l’affronter, de lutter : elle était enfermée dans la cité !
La jeune fille s’écroula par terre, épuisée d’avoir tant pleuré, épuisée par la peur qui venait de lui serrer le ventre. Elle était sur le point de s’endormir là, sur le sol pavé, lorsqu’un tremblement parcouru le sol, et Tania devina qu’il devait parcourir toute la cité. Un étrange vrombissement retentit sous les pavés, la jeune fille ne savait pas d’où il pouvait venir Son estomac se retourna, elle entendit un craquement, quelque part, sous ses pieds, les volets des maisons se refermèrent, elle entendit des gardes crier que personne ne devait rester dans les rues, que c’était trop dangereux. La jeune fille ne comprenait pas. En quoi rester dans les rues pouvait être dangereux ? Soudain, une main agrippa son poignet, et elle se retrouva au chaud, sur le sol d’une maison. Le sol s’ébranlait toujours, mais moins qu’à même les pavés. La jeune fille ne réfléchit pas. Elle s’endormit, sur le sol d’une maison inconnue, dans une cité volante, et, étrangement, elle était sereine, sûrement pour la première fois de sa vie.

Maintenant, elle savait. La cité venait de décoller…

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