Voilà, éprouvant une certaine nostalgie vis-à-vis de mes années lycées toutes proches, j'ai décidé de mettre par écrit une partie des souvenirs que j'en garde, moins des évènements que de simples images, des impressions. Ayant assez vite renoncé à en faire un récit (ma prof de français rêvait d'un roman réaliste sur le lycée, mais je doute être en capacité d'écrire un vrai roman, et surtout, comment créer à partir de mes souvenirs un personnage qui ne me ressemble pas trop, qui ne soit pas moi?) je me suis mis à écrire uniquement des descriptions, essayant de faire ressortir une atmosphère.
Je poste juste cet extrait (le premier et le seul que j'aie rédigé pour l'instant) pour vous demander votre avis sur mon style, et éventuellement recueillir vos conseils.
Voilà
Puis vient, lentement, l’automne, qui installe son ciel gris au-dessus de la ville et charge peu à peu l’air d’humidité. Progressivement, les averses se font plus fréquentes, le nuages masquent le ciel et les éclaircies deviennent assez rares pour qu’on les attende et les remarque.
Bras et jambes sont recouverts et toutes les promesses que porte le soleil –jolie vue, mais aussi tout simplement la sociabilité, dialogue, déplacement aisé, tout ce qui permet d’apprécier le temps libre autant qu’on le voudrait, seul ou avec d’autres- s’estompent jusqu’à disparaitre tout à fait, jusqu’à ce qu’on ait tiré définitivement un trait sur l’espoir insensé d’un dernier sursaut, héroique, de l’été indien, et qu’on se soit résigné tout à fait.
On ne trouve plus personne sur les pelouses, sur les bancs ou les barres de fer dont le nom m’est inconnu et qui sont disposées sur la place M.H, pas plus que sur les rebords des espaces vert surélevés ou des cages d’escaliers du parking, où l’on se place faut d’avoir trouvé un autre endroit pour profiter du moment. A présent, les gens passent sur la place seulement pour y rester quelques instants et rentrer juste après, ou simplement préfèrent aller ailleurs. La foisonnante activité des jours de soleil est rangée au placard, et on sait qu’elle ne réapparaitra que vers la fin de l’année, où l’on ne pourra en profiter qu’en sachant, dans un même temps, que tout cela s’achève bientôt, pour la joie des uns et les regrets des plus mélancoliques et compliqués parmi nous (coucou c’est moi). Reste le nuage nauséabond de fumée à l’entrée, qui lui ne s’évapore pas, et même s’amplifie (effet de l’air plus frais ou de la concentration des dits fumeurs, qui ont moins tendance à fumer en marchant ?).
Tout devient plus lourd, on se déplace moins volontiers, même si concrètement rien ne nous en empêche, à part parfois la pluie, on a plus tendance à rester à l’intérieur, à faire semblant d’apprendre sa leçon en permanence, ou à lire en diagonale un magazine d’économie (ou science, ou philosophie, ou géopolitique, rayez les mentions inutiles) au CDI.
A cela s’ajoutent deux choses :- le sol de la place MH, recouvert de je ne sais quelles sorte de terre battue , de terre jaune qui prend une texture extrêmement désagréable une fois humide, qui provoque une adhésion faible mais réelle des chaussures, et conduit à salir l’intérieur du bâtiment .
-l’année scolaire maintenant bien entamée, la charge de travail devient réelle et assez lourde. Les gens qu’on croise sont moins enclins à la conversation, le nez plongé dans leurs livres de physique-chimie, levant parfois les yeux pour faire part d’une difficulté ou d’une plaisanterie venue soudain à l’esprit, puis se perdant à nouveau dans ce terrifiant gouffre rempli de chiffres, de diagrammes et de modèles moléculaires.
Néanmoins, relativisons tout cela. La monotonie automnale n’est pas si désagréable quand on s’y habitue. On peut encore flâner dehors malgré le mauvais temps, entre deux averses. La ville a un autre charme, mais elle vaut toujours la peine d’être contemplée. Et puis on a toujours avec soi ses camarades, et puis la pâtisserie en face du lycée ne change rien à ses spécialités, le fondant au chocolat à 1,50 euros, froid ou réchauffé, nous attend toujours au bout de la place.