Salut !
Bonne lecture !
Et oui il y a une suite !
:p
( je sais pas si je vais changer cette partie, p'tet bien, dans ce cas je reposterais )
Chapitre 1 :
La lune, perchée au dessus du clocher, chassait les ténèbres de son éclat d'argent. Autour d'elle, un amas de nuages gris dansait au gré du vent. Les derniers rayons du soleil avaient maintenant disparu, emportant leur précieuse chaleur avec eux.
Spencer errait dans les ruelles de Reever, les mains fourrées dans les poches de son grand manteau noir, et les oreilles plongées sous son col. Une bise glaciale l'effleura, et il frissonna en claquant des dents. Elle avait beau être douce et subtile, cette légère bourrasque était affreusement glacée.
En bref, Spencer se les gelait et cela l'agaçait fort bien. L'abominable odeur de charbon émanant des usines fut portée par le vent jusqu'aux narines du jeune homme. Il enfonça un peu plus sa tête dans son col pour épargner son pauvre nez et pressa le pas.
Il finit par s'arrêter devant un grand bâtiment en briques, nommé Orphelinat Pominc par ses néons violacés. Une grande barrière cuivrée protégeait un petit jardin fort mal entretenu. Les quelques tulipes étaient fanées et les mauvaises herbes bien trop présentes.
Il poussa un profond soupir qui ne présageait rien de bon pour la suite de l'inspection. Bien évidemment, Spencer n'était pas venu muni de son calepin pour relever le fruit de l'insalubrité de l'orphelinat. Il était venu les mains vides, comme toujours, pour rendre visite à sa petite sœur.
Spencer prit une profonde inspiration avant de pousser la barrière et de toquer à la grande porte en bois. Il retint son souffle et tendit l'oreille, espérant entendre un cliquetis signant le déverrouillage de la porte. Il attendit un court instant et alla jeter un coup d’œil par la fenêtre. La vitre était granuleuse et opaque mais il lui sembla apercevoir une silhouette se mouvant dans une vivacité extraordinaire. Il était encore en train de guetter lorsque la porte s'ouvrit brusquement et claqua derrière une jeune femme à la mine dépitée.
« Oh c'est vous Mr. Oxwell ! » dit-elle dans un souffle.
Spencer rougit, honteux qu'on l'eut surpris à épier par la fenêtre. Il voulut s'excuser mais il se contenta de sourire, même s'il savait bien que sa tête à demi enfoncée dans son col ne laissait paraître que ses grands yeux verdoyants.
« Bonsoir Constance. Est-ce qu'Ellie...
— Oh, elle va très bien, je peux vous l'assurer ! Elle a chanté toute la matinée, une vraie merveille pour nos oreilles ! C'est une vraie petite diva. Elle vient de finir son repas, vous avez de la chance qu'elle ne soit pas encore au lit. Entrez. »
Elle rouvrit la porte dans un geste si vif que Spencer en fut très perturbé. La femme ne s'attarda pas à l'accueil, elle lança juste un bref coup d’œil à l'énorme horloge en bronze qui occupait facilement le quart de la pièce. Elle indiquait non seulement l'heure et la date, mais aussi la température, de part un petit thermomètre disposé à l'horizontal sous les aiguilles. C'était le 14 octobre 1915, il était 20 heures 34 et il faisait 12 degrés à l'intérieur. Spencer suivit Constance dans un dédale de couloirs mal éclairés, sans même dire un mot sur les énormes fissures qui zébraient les murs. Il eut une expression effarée lorsqu'un gros rat lui passa entre les pieds, puis il chancela, faillit s'écrouler et se retint à une poignée de porte. Constance, impassible, flanqua un violent coup de pied au rongeur qui valdingua quelques mètres plus loin. Spencer brisa le silence.
« Vous êtes sûre que ça va ?
— Mais ça va à merveille Spencer, et vous, comment allez-vous ? »
C'était bien la première fois qu'elle l'appelait Spencer, il en fut tout retourné et ne trouva rien à répondre.