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Mes samedi soirs

Elnanar
Elnanar
Niveau 8
26 mars 2005 à 13:41:48

Nouvelle pour la poule 2 avec pour . ..

THÈMES: Vous êtes sous l´effet d´une drogue. Racontez ce que vous voyez, vos souvenirs, vos réflexions…

Bonne lecture

On était un samedi soir, celui qui précédait les vacances, en plein automne. J’étais seul chez moi et j’attendais quelques amis dans mon salon. Une petite horloge accrochée au mur m’indiquait dix huit heures et vingt minutes. Sur la table se trouvaient disposée quelques bouteilles d’alcools, des verres et bien à part trois gélules.

J’étais assis confortablement dans le canapé en cuir face la télévision. Deux épées étaient accrochées au mur blanc juste à côté du téléviseur, deux tableaux décoraient la pièce. Je me levais alors pour aller ranger le jeu d’échecs posé sur le buffet.

Puis je revins dans le sofa, puis je fixais les pilules. J’hésitais longuement, ensuite je me décidais d’en prendre une. Elle était dans mes mains que j’avais levé au dessus de moi, je regardais attentivement avec fascination cette substance. Je la faisais glisser, rouler, frotter et danser à travers mes frêles doigts. Soudain je fermai ma main et j’apportai à ma bouche la pastille. Aussitôt elle se retrouva au fond de mon estomac tandis que j’examinais l’écran qui distillait les informations du jour.

Le temps défilait comme l’eau courait les ruisseaux, sans en avoir conscience. Alors mon cœur se mit à battre avec un rythme grandissant et le sang irriguait mon corps avec de forts et rapides à-coups. Mon esprit s’éveillait, ma vision devenait brume du navigateur perdu. Mon corps se métamorphosait en un exosquelette pesant, et devenait une gauche marionnette de mon âme chétive et évasive.

Les notions de temps et d’espace s’évadèrent à grandes enjambées de mon enveloppe charnelle fluette. L’instant présent était perçu avec une lenteur maladive et tout les tracas s’étaient dispersés de ma conscience. L’impression de vivre, d’avoir une expérience réelle dans un rêve trouble, empli de poésie, d’imaginaire, d’exubérance et de folie.

J’observais les deux cachets qui restaient sur un bout de table et mon esprit se bloqua dessus pendant un temps inconnu, sûrement très long.

Inopinément, un homme de grande taille entra dans la pièce par la porte menant à la cuisine. Il avait une sorte de grande toge blanche, des cheveux blonds recouvrant ses larges épaules, des yeux bleu clair divinement éblouissants et une démarche lente. Arrivé au milieu de la pièce, tandis que je le fixais de mes yeux, absolument surpris et sans qu’un seul mot puisse sortir de ma gorge nouée, il se saisit alors d’une des armes, un cimeterre, qui trônait sur le mur immaculé par une blancheur soudaine.

Des gouttes de sueur commençaient à se former sur mon front plissé par l’angoisse ambiante, alors que mon pouls s’accentuait encore plus en intensité.

La peur prenait d’assaut mon âme, je sentais le danger proche de mon être, des présences mystiques. Je sursautais au moment où un homme se leva de mon canapé dans lequel j’étais assis. Il était vêtu d’une longue robe noire, ses cheveux bruns étaient hérissés vers les cieux, ses yeux verts brûlaient d’une ardeur démoniaque et sa carrure semblait être svelte. Son pas pressé l’emporta non loin du poste de télévision et il s’empara du katana restant.

Le blond se jeta spontanément sur son délétère belligérant tout en brandissant sa lame immolatrice en direction de sa cible. Le brun esquiva le geste avec agilité grâce à un saut vers le côté. Aucun des deux ne bougeaient, chacun était stoïque et concentré. La fine et ténébreuse ombre, emplie de haine, se mit en marche vers le visage angélique tout en accélérant son pas au fur et à mesure. Ensuite il se jeta à travers les airs en faisant tournoyer sa maléfique nature matérialisée par cette lame étincelante.

Les bruits des combats avaient rempli avec violence mes oreilles et aveuglé ma vue, en affolant mon esprit ralenti. Les événements se déroulaient plus vite que ma pensée ne pouvait les analyser, j’étais un simple spectateur du destin et de la vie, les subissant tout les deux sans aucun pouvoir.

L’homme en robe noir enchaînait les coups avec une vélocité foudroyante, tels que son adversaire ne pouvait pas contrer une attaque qui lui transperça l’abdomen. Il l’acheva en pourfendant le corps tombant en martyr, puis il marcha en direction de la cuisine.

J’étais face à ce corps, sans vie, vidé de son essence divine, tandis que je percevais un bruit métallique dans la cuisine. Il avait du lâcher le katana sur le sol couvert de carreaux blancs.

L’effroi avait saisi mon âme et l’étranglait avec une auguste force, les liens de mon esprit avec mon corps étaient dissous. Une pensée m’envahit tout à coup, oui, je me rappelais de ma réflexion précédent ce massacre ignoble et surprenant.

Je me demandais si j’allais prendre une deuxième gélule, et l’homme brun apparu devant moi. Il me faisait signe de la prendre, avec un grand sourire et me salua. Le corps au sol s’éveilla en poussant des gémissements. On pouvait lire sur ses lèvres un « non » fortement appuyé tandis que je me penchais sur les cachets.

Une force obscure me poussait vers cette substance, j’en voulais encore plus. Je gobais sans plus attendre une nouvelle pastille tout en m’asseyant dans mon canapé.

Je me rappelais que je devais attendre des amis, je plongeais mon regard alors vers l’horloge qui m’indiquait vingt trois heures et dix minutes. Le son de la sonnette n’avait pas éveillé mes tympans…

Les effets du deuxième comprimé se faisaient ressentir dans tout mon corps, le cœur s’emballait, le sang fusait avec violence et mon esprit s’évaporait. Les murs, la table, la télévision et tout la pièce disparaissaient au fur et à mesure. L’impression que mes yeux roulaient comme des billes folles dans mes orbites était à la frontière du réel et de mon imaginaire.

Soudain, un sentiment d’angoisse s’immisça dans mon obscure âme, le sentiment que mon cœur allait exploser était présent et mon corps fut recouvert d’une transpiration surréelle. Mon enveloppe charnelle glissa sur le divan et je m’effondrais face au sol.

Ma bouche était grande ouverte, la respiration produisait une musique répétitive témoin de mes difficultés à m’oxygéner. Je perdais chacun des sens pour finalement l’être moi-même.

Ma vision restait brumeuse, j’étais ébloui, perdu et mon estomac me faisait atrocement souffrir. Je pouvais apercevoir deux hommes au milieu de la pièce. Ils étaient tout les deux assis sur des sièges blancs en bois, une table en marbre les séparait.

Plusieurs personnes se baladaient le long des murs, la pièce devait être immense. Mon crâne me torturait par la douleur ignoble qu’il me causait, j’avais beaucoup de peines à me concentrer et à conserver les yeux ouverts.

Les deux personnes au milieu jouaient aux échecs, le plus jeune avait une carrure frêle, un visage fin, un petit nez et des cheveux châtains. Il paraissait nerveux dans son grand acabit blanc et avait une main posée sur un cavalier. Son adversaire était tout habillé en noir avec un grand chapeau, noir lui aussi. Son visage était carré, ses cheveux grisonnants et longs, ses yeux bleus et son corps dans les normes et il devait avoir cinquante ou bien soixante ans.

J’avais l’impression que des tambours géants résonnaient dans mes oreilles, alors que c’était juste mon afflux sang et mon esprit qui devenaient fou. Je regardais la scène comme un spectateur figé, ne comprenant les événements que longtemps après qu’ils ne s’étaient déroulés.

La partie d’échecs continuait au centre, je ne voyais pas le jeu mais simplement les gestes. J’avais compris plusieurs retournements de situation, trahis par les visages des joueurs. Les hommes qui marchaient autour de moi dans un silence religieux étaient très attentifs à la partie, tout en étant terrifié.

J’étais toujours sur le sol, froid, avec un corps inerte rempli de produits chimiques en train de détruire mon organisme. Qu’est-ce que je faisais ici ? Je réussis alors à appeler un des hommes qui se déplaçait lugubrement afin de lui demander l’heure et le lieu.

Sa réponse me renvoya dans les méandres de mes délires chatoyants, «Dans cette salle, le temps est une notion absurde car il existe autant que ce lieu. ». La phrase se répéta d’elle-même dans mon crâne jusqu’à saturer inexorablement toutes mes pensées. Elle me rendait fou, imprégnait mon corps dans sa globalité.
La fascination pour cette salle me gagnait, elle dégageait une ambiance totalement indescriptible. Soudain, je fus pris de violente convulsions, ma tête s’enfuyait dans les ténèbres et l’obscurité prit possession de mon âme.

Je ne savais pas combien de temps s’était écoulé depuis que j’avais perdu connaissance, mais je discernais le plus jeune des joueurs s’avançant vers une des personnes me jouxtant.

« La partie est finie. J’ai fait tout mon possible pour vous. J’en suis désolé mais la victoire n’est pas mienne. Je vous pris, avec beaucoup de regret et de compassion, de passer la porte ouverte qui mène aux enfers, comme les règles le stipulent. ». Après ces mots la personne était totalement désemparée, puis se résigna à aller à la porte indiquée par l’autre joueur. L’homme aux cheveux châtain me regarda fixement puis fit un geste de la main droite vers le plafond.

J’avais une souffrance atroce dans cette foutu boite crânienne, mes yeux étaient hypnotisés par la lumière bestial qui les frappait. Je me retournais pour voir mon réveil posé sur ma table de chevet, j’étais étrangement dans mon lit. La soirée était spéciale, les souvenirs étaient témoins de tout mes délires divers et variés. Encore un rêverie gore et monstrueuse. Il était midi et trente deux minutes, je sortais du lit avec des jambes lourdes.

Je passais rapidement sur l’ordinateur afin de voir les derniers commentaires sur mes textes. Un des lecteurs me demandait d’où me venait cette inspiration. Je me contentais de répondre que dans mes textes il n’y avait aucune inspiration, ma sensibilité et parfois mon vécu y étaient exprimés. La faim grondait dans mon frêle corps, mon estomac réclamait son quotidien travail avec acharnement.

Arrivé dans le salon je trouvais le jeu d’échec sur la table, j’en étais surpris mais je continuais mon chemin vers la cuisine. N’etant pas très bien réveillé, j’avais manqué de marcher sur mon katana ! Je me demandais bien ce que j’avais pu faire pendant mon état second de la nuit dernière, mais j’étais résolu à mettre sur le papier les univers qui s’étaient éveillé à mon âme.

SkySoft
SkySoft
Niveau 10
26 mars 2005 à 19:36:25

Badaboum!

Du nanar, ça fait plaisir, ça faisait longtemps qu´on avait pas eu un inédit.

On sent que le sujet t´es imposé, tu ne le maitrises pas autant que tes textes persos.
Mais ça reste tres bon, un lecture agréable mais un peu heurté ( je sais pas pourquoi... en tout cas j´ai été comme dérangé dans ma lecture...), pas de fautes, des descriptions peut-être trop vagues et courtes, sauf celles des persos qui sont parfaites.
Des actions bien décrites et qui marquent bien l´ambiance, même si tout va peut-être un peu vite.
Un bon texte néanmoins, du bon travail, c´est bien mon Kunkun!

Tama
Tama
Niveau 5
26 mars 2005 à 19:37:32

pas touche à mon kunkun ! !! :-p

bon moi je l´avais déjà lu avant, hein ^^

SkySoft
SkySoft
Niveau 10
26 mars 2005 à 19:38:56

Lol, je ne rentre pas en concurrence^^.

J´avais aussi eu le privilège d´entrapercevoir ce texte dans la mesure où j´avais lu une version non-finalisée... Celle-ci est meilleure^^.

Elnanar
Elnanar
Niveau 8
18 mai 2005 à 20:54:12

up

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
26 août 2005 à 12:26:12

:up:

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
26 août 2005 à 14:35:06

C´est quoi l´intérêt de faire un up si tu ne postes pas de commentaire?

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
26 août 2005 à 16:33:42

je n´est aucun commentaire a poster, étant donné que j´adore ce genre de fics.... :) mais c´est vrai, j´aurais du le mentionner...

Elnanar
Elnanar
Niveau 8
03 novembre 2005 à 21:31:15

up

dior
dior
Niveau 4
04 novembre 2005 à 10:28:40

ba euh!!! :sarcastic:
j´ai bien aime, je suis rentre facilement,et me suis retrouve a eprouver de la douleur quand le personnage prend la deuxieme gellule!
preuve que pour ma part je trouve cela bien ecrit, j´ai pas vu de fautes !
bref je sais que je suis pas difficile mais j´ai apprecie!! :oui:

Elnanar
Elnanar
Niveau 8
29 novembre 2005 à 21:38:50

up

chocobo3
chocobo3
Niveau 10
30 novembre 2005 à 19:51:27

Lol spécial dirons nous!
C´est bien , j´ai aimé :)
J´avais déja lu le millieu de l´intrigue dans une de tes autres nouvelle, que j´avais elel aussi déviorer de part en part :fou:

Mais comme a dis sky, on sent que le thème t´as été imposée, c´est moins fluide que d´habitude j´ai trouvé.

Enfin exepté ca, c´est du ton bon, comme d´hab :ok:

Elnanar
Elnanar
Niveau 8
08 janvier 2006 à 11:27:12

up

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