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Elephants

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 23 avril 2014 à 22:00:02

L'envie de hurler, là, maintenant. Impossible, évidemment, en tout cas pas en l'écrivant. Si ce n'est un manque d'inspiration certain lorsqu'il s'agit de me poser quelques minutes pour tenter d'entamer un récit, je crois que le temps de latence entre le début et la fin d'un texte est ce qui me freine le plus. Alors je chope ma guitare, et bim, bam, boum. Pas besoin de réfléchir, je me laisse simplement aller. Les notes résonnent, les accords claquent. Dix minutes ou une demi-heure, peu importe c'est à ma convenance et l'effet, à chaque fois, est immédiat. Aucune attente entre l'instant je frappe une corde et l'instant ou le son fait résonner mes tympans. Pourtant, j'aimerais écrire. De longues histoires, qui parleraient d'un tas de choses que j'ai sur le cœur à longueur de journée, à longueur d'années. Pas un jour sans que j'y pense, mais jamais je n'arrive à commencer sérieusement. Au point que j'en suis réduit à écrire ces quelques lignes sans calculer, sans réflexion, car c'est tout ce que j'arrive à produire. Je laisse les mots s'enfuir puisqu'il n'y a qu'ainsi qu'ils y arrivent. Une dizaine de lignes et déjà je sens le soufflet retomber. Suis-je donc si vide ? Ai-je si peu à raconter qu'en cinq minutes à peine mes doigts ralentissent et que les mots se cachent ? Quand je me prends à rêver éveillé, j'imagine pourtant des choses, des choses qu'il me plairait de développer, d'écrire pendant des heures, de travailler pendant des semaines. Les idées naissent, me tourmentent ou me fascinent, je les imagine achevées, je me dis que je vais commencer, et je les laisse là. Elles finissent par fermenter, manquant d'air et de mouvement, crevées. Les unes après les autres, jour après jour, formant le limon puant de mon imagination. Cimetière des éléphants, mes éléphants, dont l'odeur âcre me prend chaque fois un peu plus les narines et me soulève le cœur à mesure que j'en constate l'étendue croissante. Mortes-nées, mes idées n'auront jamais la chance d'un essai, fut-il navrant et inconsistant, et leurs cadavres blafards me fixent à chaque fois que j'y pense. Momifiées, dévitalisées, et immobiles. Je sais déjà que pour les plus anciennes, un effleurement les achèverait, elles tomberaient en poussière et n'auraient plus aucune espèce d'utilité ni ce seraient plus source d'aucune espèce d'inspiration. Alors je les laisse dans les limbes, gigantesque tombeau qu'aucune malédiction ne protège, qu'aucune intrusion ne menace.
Je vous laisse là, défuntes folies, fleurs du passé. Je vous laisse là, vous qui sombrez,
dans le cimetière des éléphants.

Habiatio
Habiatio
Niveau 10
23 avril 2014 à 22:55:32

Hum... Un PAVE au sens propre du terme... ^^
Espace un peu, s'il te plaît, c'est un petit peu fatiguant de lire toutes ces lignes collées les unes aux autres. ^^

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 23 avril 2014 à 23:31:35

Oups désolé c'est vrai qu'il est indigeste, je reposte :

L'envie de hurler, là, maintenant. Impossible, évidemment, en tout cas pas en l'écrivant. Si ce n'est un manque d'inspiration certain lorsqu'il s'agit de me poser quelques minutes pour tenter d'entamer un récit, je crois que le temps de latence entre le début et la fin d'un texte est ce qui me freine le plus. Alors je chope ma guitare, et bim, bam, boum. Pas besoin de réfléchir, je me laisse simplement aller. Les notes résonnent, les accords claquent. Dix minutes ou une demi-heure, peu importe c'est à ma convenance et l'effet, à chaque fois, est immédiat. Aucune attente entre l'instant je frappe une corde et l'instant ou le son fait résonner mes tympans. Pourtant, j'aimerais écrire. De longues histoires, qui parleraient d'un tas de choses que j'ai sur le cœur à longueur de journée, à longueur d'années. Pas un jour sans que j'y pense, mais jamais je n'arrive à commencer sérieusement. Au point que j'en suis réduit à écrire ces quelques lignes sans calculer, sans réflexion, car c'est tout ce que j'arrive à produire. Je laisse les mots s'enfuir puisqu'il n'y a qu'ainsi qu'ils y arrivent. Une dizaine de lignes et déjà je sens le soufflet retomber. Suis-je donc si vide ? Ai-je si peu à raconter qu'en cinq minutes à peine mes doigts ralentissent et que les mots se cachent ? Quand je me prends à rêver éveillé, j'imagine pourtant des choses, des choses qu'il me plairait de développer, d'écrire pendant des heures, de travailler pendant des semaines. Les idées naissent, me tourmentent ou me fascinent, je les imagine achevées, je me dis que je vais commencer, et je les laisse là. Elles finissent par fermenter, manquant d'air et de mouvement, crevées. Les unes après les autres, jour après jour, formant le limon puant de mon imagination. Cimetière des éléphants, mes éléphants, dont l'odeur âcre me prend chaque fois un peu plus les narines et me soulève le cœur à mesure que j'en constate l'étendue croissante. Mortes-nées, mes idées n'auront jamais la chance d'un essai, fut-il navrant et inconsistant, et leurs cadavres blafards me fixent à chaque fois que j'y pense. Momifiées, dévitalisées, et immobiles. Je sais déjà que pour les plus anciennes, un effleurement les achèverait, elles tomberaient en poussière et n'auraient plus aucune espèce d'utilité ni ce seraient plus source d'aucune espèce d'inspiration. Alors je les laisse dans les limbes, gigantesque tombeau qu'aucune malédiction ne protège, qu'aucune intrusion ne menace.
Je vous laisse là, défuntes folies, fleurs du passé. Je vous laisse là, vous qui sombrez,
dans le cimetière des éléphants.

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 23 avril 2014 à 23:33:06

Merde désolé fail de ma part :

L'envie de hurler, là, maintenant. Impossible, évidemment, en tout cas pas en l'écrivant. Si ce n'est un manque d'inspiration certain lorsqu'il s'agit de me poser quelques minutes pour tenter d'entamer un récit, je crois que le temps de latence entre le début et la fin d'un texte est ce qui me freine le plus.
Alors je chope ma guitare, et bim, bam, boum. Pas besoin de réfléchir, je me laisse simplement aller. Les notes résonnent, les accords claquent.
Dix minutes ou une demi-heure, peu importe c'est à ma convenance et l'effet, à chaque fois, est immédiat. Aucune attente entre l'instant je frappe une corde et l'instant ou le son fait résonner mes tympans.

Pourtant, j'aimerais écrire. De longues histoires, qui parleraient d'un tas de choses que j'ai sur le cœur à longueur de journée, à longueur d'années. Pas un jour sans que j'y pense, mais jamais je n'arrive à commencer sérieusement. Au point que j'en suis réduit à écrire ces quelques lignes sans calculer, sans réflexion, car c'est tout ce que j'arrive à produire.
Je laisse les mots s'enfuir puisqu'il n'y a qu'ainsi qu'ils y arrivent.
Une dizaine de lignes et déjà je sens le soufflet retomber. Suis-je donc si vide ? Ai-je si peu à raconter qu'en cinq minutes à peine mes doigts ralentissent et que les mots se cachent ?
Quand je me prends à rêver éveillé, j'imagine pourtant des choses, des choses qu'il me plairait de développer, d'écrire pendant des heures, de travailler pendant des semaines. Les idées naissent, me tourmentent ou me fascinent, je les imagine achevées, je me dis que je vais commencer, et je les laisse là.
Elles finissent par fermenter, manquant d'air et de mouvement, crevées. Les unes après les autres, jour après jour, formant le limon puant de mon imagination. Cimetière des éléphants, mes éléphants, dont l'odeur âcre me prend chaque fois un peu plus les narines et me soulève le cœur à mesure que j'en constate l'étendue croissante.
Mortes-nées, mes idées n'auront jamais la chance d'un essai, fut-il navrant et inconsistant, et leurs cadavres blafards me fixent à chaque fois que j'y pense. Momifiées, dévitalisées, et immobiles. Je sais déjà que pour les plus anciennes, un effleurement les achèverait, elles tomberaient en poussière et n'auraient plus aucune espèce d'utilité ni ce seraient plus source d'aucune espèce d'inspiration.
Alors je les laisse dans les limbes, gigantesque tombeau qu'aucune malédiction ne protège, qu'aucune intrusion ne menace.
Je vous laisse là, défuntes folies, fleurs du passé. Je vous laisse là, vous qui sombrez,
dans le cimetière des éléphants.

Abrahel-Meistr
Abrahel-Meistr
Niveau 8
24 avril 2014 à 00:09:19

Salut jiemel2. Je n'ai pas la chance de te connaître... Es-tu passé par le café? Si non, tu ferais bien de t'y présenter ;)

Concernant ton texte, l'idée principale est qu'il s'agit d'écriture de purge (manifestement)...
Tu as un vocabulaire qui est riche, varié et les fautes d'orthographe ne m'ont pas sauté aux yeux.

Cependant, je t'avoue que sur le fond, ces textes laxatifs m'ennuient :/ Il n'y as pas de structure (c'est l'essence même de la chose), il n'y a pas de début, de fin, de fil rouge. Et comme tu le dis si bien "Le temps de latence entre le début et la fin du texte est ce qui me freine le plus" ;)

Non pas que ton texte soit foncièrement mauvais. Mais le fond n'a simplement pas d'intérêt (selon mon humble, très humble avis).

Deux petites remarques indépendantes:

- Au point que j'en suis réduit : Cette partie de phrase m'a faite frémir !!!! Au point où!!!! j'en suis réduit.
- La guitare qui fait bim bam bam... personnellement ça m'évoque plus un instrument à percussion XD

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 24 avril 2014 à 11:27:05

Bonjour Abrahel-meistr, et merci pour ton retour. Je passerai dans le café pour m'y présenter, j'avais déjà fait un détour par ce forum il y a deux ans mais ne m'étais pas présenté.

"Texte laxatif" c'est un peu cru, mais c'est vrai que c'est tout à fait ça, et je comprends ton ennui. Sur ce point je pense que tu as parfaitement raison.

En ce qui concerne "au point que", voici ce que j'ai trouvé :

"au point que

Tellement que ; de telle manière que ; à un tel niveau que.
Les prêtres s'entendent à merveille pour procurer de riches dots aux nobles appau­vris, au point qu’on a pu accuser l’Église de considérer le mariage comme un accouplement de gentilshommes vivant en marlous et de bourgeoises réduites au rôle de marmites. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.VII, La morale des producteurs, 1908, p.340)"

Je serais curieux de savoir dans quelles circonstances "au point où" s'applique et dans quelles circonstances c'est "au point que" ^^

Le bim bam boum est un peu (beaucoup) hors de propos tu as raison.

Merci en tout cas d'avoir pris le temps de me lire, et à bientôt :) je passerai lire, si tu en as écris, un de tes texte très vite

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
24 avril 2014 à 11:38:00

Je rejoins Abra et son avis : une forme propre, un style intéressant (à défaut de me plaire / me convaincre), mais un fond en forme d’exutoire qui n'aurait pas vocation à être lu / su du public (exhibitionnisme ? ).

J'aimerai beaucoup te voir à l'oeuvre sur un texte plus conséquent et plus consistant, qui s'éloignerait de cette "purge" plus ou moins salvatrice qui a au moins le mérite d'être au monde...

-scarytaupinet
-scarytaupinet
Niveau 8
24 avril 2014 à 11:44:00

Yo

Dans la mesure où, comme tu le dis, c'est écrit à la volée, j'aurais du mal à critiquer la forme, mais sache que c'est fluide (bien qu'un peu trop soutenu parfois, ça fait trop "j'écris donc j'utilise des tournures d'écrivains wesh")

Bref, je me retrouve tellement dans le fond que c'en est troublant mais bon, j'imagine que c'est pas un mal original, qu'on est pléthore à en souffrir. Sinon, j'ai bien aimé, c'est bien tourné, ça se structure bien, c'est pas super original mais j'aime

J'aimerai bien lire qqchose de plus profond, de plus travaillé (même si t'as l'air d'être en galère avec ça)

Pour le coup, j'te proposerai de taffer sur des textes dont le sujet n'est pas de toi, genre dans le contexte de concours et tout et tout. D'ailleurs si ça t'intéresse, on pourrait essayer de relancer le concours sans fin sur le fofo, ça pourrait t'aider

Allez, bon courage

Al-Tes
Al-Tes
Niveau 10
24 avril 2014 à 18:27:27

Hello, et bienvenue à toi !

Je rejoins les commentaires précédents : texte cathartique (c'est plus gentil que le "laxatif" d'Abra, qui m'a soufflé ^^), forme à la volée, on aimerait quelque chose de plus posé et consistant.

Si je puis me permettre une correction orthographique :

« Une dizaine de lignes et déjà je sens le soufflet retomber. »

:d) Non ! Dans cette expression, c'est toujours un « soufflé » qui retombe : on n'évoque pas ici le bien connu instrument d'aération de cheminée, mais un échec culinaire sous la forme d'un truc gonflé se dégonflant.

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