2)
-« Voici votre nouveau contrat Monsieur. »
-« Où ? Quand ? »
-«Tout est écrit. »
Je partais immédiatement pour le Nigeria , avec comme seul compagnon, mon fusil de précision M-200 noir, que j'avais enfin pu m'offrir grâce à quelques petits boulots supplémentaires. Mais aujourd'hui,c'était différent. Le Président du Nigeria donnait un discours pour remercier un citoyen d'un acte héroïque qu'il aurait accompli,mais cela m'importait peu. Car la cible,c'était sa fille. Selon les renseignements, elle serait présente ce jour là, et il m'avait trouvé une position de tir sur une terrasse, au 4ème d'une vieille maison.
Arrivé au Nigeria , il me restait encore quelques heures avant le discours. Je décidai donc d'aller boire un café , histoire de me détendre un peu. C'est alors que je la vis. Elle était magnifique , et elle s'approchait de moi.
-«Puis-je m'assoir ici ? »
Je tirais vite le sac de sport dans lequel j'avais planqué le M-200, et, par je ne sais quelle folie, je répondit oui.
Après avoir papoté pendant plusieurs heures , elle regarda sa montre, et, hâtive, me dis au revoir, avant de partir en vitesse. J'en fis de même en voyant que le discours du président allait commencer dans moins de 15 minutes. Je pris mon sac, et je vis alors un bout du canon dépasser. Elle ne l'avait probablement pas vu.
Il faisait une chaleur étouffante, et mon arme était brûlante. Les drapeaux qui étaient sur la scène m'indiqueraient avec précision la direction et l'intensité du vent. J'étais prêt. C'est alors que le président entra en scène. Des milliers de personnes étaient là pour l'acclamer. Il ne se doutait pas que ce jour allait être le pire de sa vie.
Ensuite vint la fille , et ses deux gardes du corps. Je positionnais mon arme, et approchai mon oeil de la lunette.
Mon souffle se coupa d'un coup ! C'était cette fille ! Celle que j'avais rencontré au café! Les mêmes chaussures, son visage , sa petite tresse sur le côté... Il n'y avait aucun doute ! Je ne su que dire ni que faire... J'ai pensé à fuir et à la laisser,bien entendu, mais ceux pour qui je travaille me retrouveraient , et je connaissais parfaitement la suite. Mon doigt était encore sur la détente. Soudain, après avoir pesé le pour et le contre, et dans un moment de délire, mon doigt la pressa. Le coup de feu parti en furie, et c'est à ce moment précis,qu'elle avait tourné la tête vers moi... Comme si elle avait deviné que c'était moi, moi qui venais de commettre cet acte monstrueux !
Pourtant,du sang sur les mains, j'en avais... Mais le sien,c'était celui de trop... Je l'aimais profondément, et je venais de la tuer de sang froid... Je criai. Après avoir longuement pleuré , et hurlé, tout comme la foule présente à l'événement , je saisi mon arme de poing , sous mon long manteau de cuir, je l'armai , pressai l'arme sur ma tempe, et puis plus rien. Je restai comme ça une longue minute, à réfléchir. Le coup parti avant même que je n'y pense. Je ne pouvais vivre sans elle, mais la laisser en vie aurait,en quelque sorte , été tout aussi douloureux. Seul ma mort me paraissait possible , et l'option moins lourde à supporter.