Voilà une petite fable cosmique et nihiliste en attendant une nouvelle plus consistante que je posterais prochainement.
C'est court, donc tout le monde peut lire et commenter
Les Cyclopes Célestes
Perché sur son observatoire pyramidal, Oeil-de-Vautour aperçut une sphère lumineuse, bien au delà des étoiles. Elle ne cessait de grossir au fil des soleils et des lunes. Était-ce ces bienfaiteurs de l'espace qui descendaient pour diffuser le savoir et la connaissance, ces anges vêtus d'armures, armés d'éclairs, les mêmes que les anciens dessinaient sur les roches ? Le mystère demeurait total.
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A bord du chariot de feu qui fendait l'espace évoluaient deux cyclopes nommés Hiiglaskiik et Hirvitava. Tandis que les quatre licornes argentées qui les escortaient jusqu'à la Terre poursuivaient leur route sans se préoccuper de la réalité du vide, les cyclopes calculaient la distance qu'ils devaient encore parcourir. La technologie qui leur permettaient d'établir des relations de distance spatiales correctes en les mariant aux notions temporelles propre à l'infini échapperait à toute tentative d'interprétation humaine, de par sa complexité.
Ces grand cyclopes venaient d'une planète au nom imprononçable dont la circonférence était vingt-un millions six cent mille fois plus importante que celle de la Terre. Hiiglaskiik mesurait environ quinze mètre de haut. Hirvivata quant à lui, ne dépassait pas les douze mètres.
Le ministère des affaires intergalactiques, dirigé d'une main de fer par le président du parti radical, avait jugé bon de remettre l'Humanité à sa place, dans le néant. Le problème n'était pas tant leurs prouesses technologiques et leurs progrès notable dans tous les domaines connus, mais plutôt leur incapacité à s'élever dans une harmonie naturelle. Pour cela, deux cyclopes méritants avaient été sélectionné.
« La Terre, avait déclaré le président, est rongé par un mal terrible : L'homme. Depuis la nuit des temps, nous surveillons son évolution, ses aspirations et surtout, sa décadence. Oui, mes chers confrères, de tous les adjectifs que nous pourrions utiliser pour définir l'Homme d'une manière générale, « décadent » est celui qui conviendrait le mieux. En quatre cent années d'existence, je n'ai jamais observé une race aussi belliqueuse, aussi auto-destructrice et aussi vile ! Malgré leur intelligence, ils se refusent à appréhender leur espèce comme une minuscule particule du cosmos - ce qu'ils sont - et se bornent à imaginer qu'ils représentent Tout, au lieu de Rien ! Nous ne pouvons tolérer encore quelques siècles que ces sous-être salissent la terre qui leur a été offerte par le Tout-Puissant en toute impunité. Nous ne pouvons continuer à faire de la misère humaine le divertissement principal de nos chaînes télévisées. C'est pourquoi, en accord avec la majorité, obtenue au suffrage universelle et, sous la tutelle du Patriarche, je décrète l'annihilation immédiate des habitants de la planète Terre... »
Hiiglaskiik avait assisté au débat rediffusé sur la chaîne politique et il approuvait à cent pour cent les idées du président. Dans sa famille, on votait pour le parti radical depuis plusieurs générations et il ne dérogeait pas à la règle. En effet, il détestait les hommes, les considérant comme petit, fourbe et très négligeable. Il tenait cette haine viscérale du genre humain de son père Hiiglaskiik deuxième du nom, qui la tenait lui-même de son père, Hiiglaskiik premier du nom. Tous deux avaient été d'éminents militants du parti et d'orgueilleux représentants du peuple cyclopéen et Hiiglaskiik III suivait le même chemin, il ressentait de la fierté et de l'amour pour les siens. Au loin la planète bleue grossissait à vue d’œil. Le voyage avait duré plusieurs années terriennes. Pour lui, c'était l'accomplissement de toute une vie, la quintessence d'une dynastie de cyclopes conquérants, droits et justes. Alors qu'Hirvivata ordonnait au vaisseau de ralentir la cadence à l'approche d'un champ d’astéroïde, Hiiglaskiik se souvint d'une discussion qu'il avait entretenu avec son paternel, il y a fort longtemps.
« ...Les humains ont peut-être deux yeux mais cela ne signifie pas qu'ils peuvent voir plus loin que le bout de leur nez, bien au contraire. La preuve : lorsqu'on leur en crève un, ils ne voient plus rien du tout ; ils deviennent aveugle.
- Ce sont des insectes ?
- Non, mon fils. Les insectes sont des êtres répugnants et c'est bien la seule caractéristique que ces deux espèces ont en commun. Les insectes ne sont ni violent, ni menteur et ils ne s'attaquent pas entre eux, ils ne sont pas stupide.
- Oui, mais ils sont petits comme des insectes. Tu as déjà écrasé un être humain ?
- Non, mon fils. Aujourd'hui, les gens ne sont pas prêt à voir la vérité en face. Mais un jour, la roue tournera et cela deviendra le jeu le plus prisé des cyclopes. Peut-être auras-tu la chance de vivre ce jour, mon fils, je l'espère.»
Songeant à cela, il sentit son œil se remplir de liquide, l'aveuglant. Mais il devait rester fort, comme le lui avait apprit son défunt père. Se risquant à interrompre cette sympathique séquence nostalgique, Hirvivata se racla la gorge.
« Hiiglaskiik, je peux te parler ?
- Requête acceptée.
- Tu peux me suivre sur le ponton ?
- Proposition validée. »
En réalité, Hirvivata détestait son équipier, comme il détestait tous ceux du bord politique auquel il s'opposait farouchement. Lui, il était l'un de ces progressistes, l'un de ceux qui croyaient en l'homme et le trouvaient semblable aux cyclopes, sentiment renforcé depuis que le parti radical gouvernait les terres cyclopéennes d'une façon impitoyable, éradiquant tous les peuples résidents sur les planètes voisines. Malin, Hirvivata avait passé les contrôles grâce à la falsification de son dossier. Dissident notoire agissant dans le secret le plus total, il visait la dissolution d'une assemblée faussement démocratique établie par les radicaux. A l'instar d'Hiiglaskiik, ses descendants avaient œuvré pour la cause qui leur semblait la plus juste. Quelques années après le coup d'état orchestré par le parti, son père avait été décapité pour cause de trahison et pour le venger, Hirvivata était prêt à donner sa vie. Pour passer incognito, il fut contraint à raser sa barbe rousse, symbole de l'idéologie humaniste des cyclopéens.
Les deux cyclopes marchèrent jusqu'au ponton. Là-bas, la vue qui s'offrait à eux était magnifique. L'immensité de l'espace s'étendait sous leur œil respectif. Partout des planètes, des satellites, des roches, des étoiles en rotation, les licornes mécaniques qui galopaient à toute blinde, crachant du feu par leurs arrière-train et tout au fond, la planète bleue.
« C'est magnifique, n'est-ce pas ?
- Oui. C'est un rêve qui se réalise. Papa serait fier de moi.
- Pour moi également. J'ai voué mon existence à cela, et j'ai enfin réussi.
- Ne t'avance pas trop, fit Hiiglaskiik en frappant l'épaule de son camarade, nous n'y sommes pas encore.
- Si, justement, nous y sommes. J'ai voulu que nous descendions au ponton pour que tu puisses apprécier le spectacle à sa juste valeur. »
Hirvivata pointa le lointain du doigt. Intrigué, Hiiglaskiik leva l’œil et poussa un cri d'horreur : Le vaisseau fonçait droit devant, sur un astéroïde.
« A la gloire des dissidents !»
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Œil-de-Vautour eut un frisson ; la sphère avait disparu après avoir brillé plus intensément que jamais. Il était épuisé, après avoir veillé quatre lunes pour apprécier ce phénomène cosmique et cette brève conclusion le laissa blême. Pour célébrer les dieux, il allait sacrifier au moins dix vierges.
Salut !
J'ai beaucoup aimé. C'est très drôle, vertigineux parfois, globalement bien écrit et très bien rythmé. Pour un si petit texte (c'est un challenge pour moi) tu arrives à délivrer une histoire finie et aboutie.
Il y a juste ce paragraphe que j'ai trouvé terriblement disgracieux et qui m'a un peu hérissé le poil : "Songeant à cela, il sentit son œil se remplir de liquide, l'aveuglant. Mais il devait rester fort, comme le lui avait apprit son défunt père. Se risquant à interrompre cette sympathique séquence nostalgique, Hirvivata se racla la gorge."
Personnellement je trouve la première phrase moche, tant dans le rythme que le choix des mots. Un simple "pleurer" ou équivalent aurait été plus simple et plus sincère, et pour le coup peut-être plus rigolo. Le "sympathique" ne produit pas l'effet comique escompté, ça dénote un peu trop.
Il y a aussi ça qui est contradictoire : "Dissident notoire agissant dans le secret le plus total" C'est pas difficile d'agir dans le secret quand on est célèbre ?
Et ça j'adore, je trouve ça beau : "les licornes mécaniques qui galopaient à toute blinde, crachant du feu par leurs arrière-train et tout au fond, la planète bleue."
En tout cas du bon boulot. Si tu parviens à garder ce rythme un peu cassant, tantôt bavard, tantôt incisif, sur quelque chose de plus long, j'adhèrerai. ![]()
salut 24bits, merci pour le commentaire, je suis à peu près d'accord avec tout ce que tu as dis, je m'en vais de ce pas corriger les passages que tu as pointés du doigt.
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j'approuve ce texte
Bah merci bien
rien a ajouter ? ![]()
Chef, me voilà, chef !
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Alors, alors... Sans nul doute que c'est sympa et bien écrit. Comme 24bits, j'avais tiqué sur le "il sentit son œil se remplir de liquide".
Mis à part ça j'ai vraiment rien à redire.
Pour ce qui est d'en "prendre de la graine", j'attends que tu développes un peu plus, haha. ![]()
Pour le "prends en de la graine" je pense que c'est la faute à ma critique positive. Il se sent plus. Faut pas faire attention. :p
Ah okay c'est pour ça ! ![]()
merci pour ce commentaire constructif truc mush ![]()
Jeu de mots tout pourri, en plus ça se prononce "Meush". ![]()
Ouais bah c'est quand même assez Meush... :p
Oh, mais ça suffit les jeux de mots débiles oui ! ![]()
Mon cher Psiikkhlhoo (vu qu'apparemment tu aimes les noms à la con
), c'est un texte fort intéressant. C'est court, mais tu arrives à tout dire en un si bref temps. Mis à part les noms que tu prends un malin plaisir à répéter, c'est fluide et ça se lit tout seul, peut-être juste un peu trop de détails politiques et pas assez sur le passé des deux cyclopes. Et deux représentants de cette espèce, est-ce suffisant pour détruire tous les humains? Tout dépend de l'époque, mais là nous n'avons pas d'indication technologique, la seule, c'est l'indien, donc c'est laaaarge. J'aime pas la fin, mais bon, elle est bien amenée. Tu aurais du les laisser détruire l'humanité! ![]()
Le peau-rouge qui va sacrifier ses vierges à la fin! ![]()