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Journal d'exploration

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 28 novembre 2013 à 19:56:58

Bonjour tout le monde,

Je m'étais déjà présenté comme nouveau venu sur le topic dédié, je ne vais donc pas ressortir les mêmes conneries deux fois d'affilées.
Je vous poste la première histoire du journal d'exploration de Baltazar NiveGate. Si vous voulez en apprendre un peu plus sur qu'est-ce que c'est que ce truc là, d'où ça vient, de quoi ça s'agit, j'en passe et des moins bonnes, il vous suffit de cliquer ici même: http://leschroniquesarene.unblog.fr/

Maintenant place à ce que vous pourriez voir en cliquant sur le lien situé plus haut, juste avant en fait. La phrase d'avant, si, si, si...(assez de cette publicité de débile, stop ça!)

Bonne lecture, la mise en page est pas folichone, mais j'ai pas le temps de gérer ça :)

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Journal d'exploration, premier jour, année de la Lune Double

Ceci est la première ligne de mon journal.

Je ne sais pas trop par où commencer pour tout vous dire. Peut-être devrais-je me présenter... mais c'est tellement classique, tellement attendu. Quoi que si j'en crois les paroles de mon père, je ne suis qu'un bon à rien qui mourra de façon sûr dans le village voisin. Et dans ce cas autant me présenter à vous, vous qui avez dû trouver mon cadavre et ramasser ce livre. J'espère juste que vous n'êtes pas celui qui m'a transformé en cadavre.

Hmmm... Mon nom est Baltazar NiveGate, et je suis le premier explorateur de GrindeSel.

Bon....disons qu'aujourd'hui est le jour de mon départ. Il est prématuré de me considérer comme explorateur. En vérité, je viens d'avoir 23 ans et je n'en peux plus de ce village de pêcheur. Mais je ne sais pas comment vous faire comprendre ma lassitude. Ils sont tous tellement stupides..., le mieux serait peut-être de vous décrire une journée type chez les GrindeSelois.

Levée 5h00 du matin. Les quelques étoiles encore courageuses brillent dans le ciel qui tourne au violet. La grande lune argentée perce la fin de la nuit, accompagnée par la petite lune blanche qui tourne autour d'elle. L'aube est proche. Au petit-déjeuner du poisson...de la veille...du moins les arêtes des poissons de la veille. Une soupe de carcasse répondant au doux nom de Glubr. Un truc puissant en bouche qui ferait réveiller un mort pour le tuer aussitôt une seconde fois. Si on est pas du coin, inutile de dire que le corps apprécie moyennement la chose.

5h30, sur la jetée à deux pas de nos petites cahutes, les GrindeSelois attendent sur ce qu'ils osent appeler le quai. J'appellerais ça des planches de bois maladroitement disposées, donnant l'illusion d'un estrade au bord de l'eau, mais un genre d'estrade qui moisi. Le village est d'ailleurs assez représentatif de cette architecture, des cabanes en bois de pins qui puent l'humidité et les produits de la mer. Devant nous l'Océan du Ciel. Il paraît que c'est le plus grand Océan de Telluria, notre terre. Il s'étend à perte de vue. Pour résumer on est une bande de clodos des mers.

Les marins montent dans leurs embarcations, mon père Baltus à leur tête. Il s'agit d'un homme grand, au bras large et à la barbe hirsute. Ses longs cheveux gras tombent sur de fortes épaules. Il est en quelque sorte le chef, même si tout cela n'a jamais été défini clairement. Mon parfait opposé en somme.

Mais parlons un peu plus des embarcations. Elles sont si frêles qu'un simple tronc d'arbre balancé à la flotte serait un bien plus fiable moyen de transport. Chacun des pêcheurs n'oublie pas leurs filets, l'élément essentiel, pilier de voûte de notre grande technicité.

6h00, au large. Notre technique de pêche est d'une stupidité si affligeante qu'il m'en coûte rien qu'à la décrire. Les Grinde Selois disposent leurs barques en cercle. Et dans un unique mouvement, symbole communautaire, ils lancent leur filet en même temps au centre de ce même cercle.

L'un des points négatifs de cette idée de débile est la fréquence agaçante à laquelle s'emmêlent notre matériel. Et non content de l'avoir endommagé, les rares cordages de lins encore utilisables n'ont pas été accrochés au bateau et s'en iront sombrer dans les abysses de l'Océan du Ciel.

Ah oui... j'aurais dû commencer par là. Nous devons être le seul village de pêcheur de Telluria à ne rien pêcher. C'est en quelque sorte notre grande spécialité.

10h00, de retour au village. Et rien dans nos paniers d'osiers. Naturellement. Oh, en de rares occasions il nous arrive de récupérer quelques poissons, mais les gens en sont si fier qu'ils préfèrent les garder en souvenir. Mon père a d'ailleurs conservé un magnifique spécimen de sardienne. Elle nous sert maintenant de table à manger.

Et qu'imaginez-vous que nous fassions le reste de la journée ? On tisse des filets de pêche. Toute la journée ! Et ensuite on en vend une partie aux deux villages voisins contre du poisson. Et le reste des filets sera sacrifié le lendemain aux fonds marins. Stupide, non ? Si, si ça l'est. J'ai bien essayé de raisonner mon père par la logique. Ma démonstration visait à le convaincre de tourner notre activité principale vers la conception de cordage, mais il tenait trop à la pêche pour l'abandonner.

Donc c'est décidé. Je pars. Je pars explorer Telluria. J'y consacrerai le reste de mon existence. Puisque je suis sûr d'une chose, n'importe quel endroit sera de toute façon le reflet de plus d'intelligence que ce ramassis d'abrutis.

Il est 4h30 ce matin. Les étoiles scintillent courageusement dans le ciel noir, la lune double éclaire les courageux êtres de Telluria tel un phare. Je remplis mes poumons de cet air salé si familier. L'odeur du varech me donne un ultime haut-le-cœur.

Adieu famille, adieu village, adieu filets !

Bonjour à toi, l'aventure !

Baltazar NiveGate

Scarytaupinet
Scarytaupinet
Niveau 10
28 novembre 2013 à 23:14:38

C'est marrant, j'dois dire :noel:

Tu construis une atmosphère légère, un truc qui nous fait doucement sourire. C'est assez rafraichissant, c'est sympa à lire

Mais tout ça est en quelque sorte gâché par les maladresses stylistiques, par un personnage un tantinet trop hautain pour être sympathique, par des petits détails qui font froncer des sourcils. Déjà le "hmmm" dans un journal, j'vois mal le mec écrire ça. Pareil pour les points de suspension, personne n'en écrit autant à part dans un roman. Et puis "clodos des mers", c'est trop aussi.

J'ai pas vu d'erreurs sinon, ça reste fluide et facile à lire. Bon, applique-toi un peu plus sur l'aspect journal et j'pense que tu tiendras un truc bien sympathique :oui:

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 29 novembre 2013 à 09:48:13

Merci bien, c'est vrai que j'écris beaucoup de point de suspension, mais je viens de terminer un roman de 500 et quelques pages donc j'ai assez de mal à pas en mettre :)
Pour le style hautain du personnage, c'est voulu qu'il est cet air là au début, il va changer au fur et à mesure de son voyage, il sera plus attachant, il va comprendre des choses qui transformeront sa personnalité et en feront un être moins orgueilleux :)
Globalement je ferais en sorte de plus m'imprégner du style journal d'exploration pour suivre tes conseils.

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 29 novembre 2013 à 22:07:02

Allez, je poste la suite pour celles et ceux que ça pourrait éventuellement intéresser :)

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6ème Jour, Année de la Lune Double

Je n'en peux plus. Je n'en peux juste plus.

Plusieurs jours se sont écoulés depuis mon départ. J'ai longé la côte Azurienne depuis le Sud vers le Nord-Est. Une épaisse forêt de pin m'empêche d'aller plus profondément dans les terres. Oui, ça peut paraître spécial mais j'ai une peur panique de la forêt, et des pins en particulier. Vous vous rendez compte que ce sont des arbres équipés de pommes de pin. Des trucs lourds comme des pierres qui tombent de plusieurs mètres pour venir vous fracasser le crâne. Désolé, je trouve ça parfaitement effrayant.

En tout cas, force est de constater que si mon village ne regroupe pas les esprits les plus brillants de Telluria, je ne puis qu'avouer que les villages voisins ont eux aussi leurs lots de tarés.
En longeant cette magnifique côte aux plages de sable noir, j'ai d'abord traversé le village le plus proche de celui de GrindeSel. De gentils pêcheurs de thon blanc m'ont offert un succulent repas et m'ont rempli mon sac à dos de victuailles. Fort agréable, je serais bien resté plus longtemps mais partir de mon village pour atterrir dans celui voisin me semblait peu convenir à la définition d'aventure.

Les hameaux suivants étaient peuplés d'hommes et de femmes analphabètes, au demeurant gentils mais bien incapable de m'expliquer leurs traditions.

J'ai donc continué mon périple toujours plus vers le Nord. Une succession de maisonnettes abandonnées me fit froid dans le dos. La seule et unique chose que recelaient ces habitations étaient des cadavres d'hommes et de femmes. Ils avaient toujours la même façon de se tenir, les mains sur l'estomac et le visage figé en une expression de douleur terrible.

Je ravalai ma salive et me dirigea vers de la fumée qui flottait dans les airs quelques centaines de mètres plus loin. Encore un village de pêcheurs. Décidément, ma région avait beaucoup de mal à se renouveler.

En me rapprochant, je me rendis compte qu'il ne s'agissait pas vraiment de pêcheurs mais d’ostréiculteurs. Si seulement j'avais pu prédire ce qui allait m'arriver plus après, j'aurais clairement contourné ce village de malades.

Toujours est-il qu'on m'expliqua la technique d'élevage des huîtres. De larges cages en bois délimitaient un espace proche de l'eau. De temps en temps, un des villageois jetait des miettes de poissons aux bancs d’huîtres accrochés aux rochers.

On me proposa en suite de partager leur repas, et c'est là que les choses se sont... gâtées. J'aurais sûrement mieux fait de refuser, mais il était délicat de vexer ces braves gens, surtout les adultes mâles, dont l'épaisseur des mains se rapprochait curieusement de celles de mes cuisses.

On apporta un plateau de fruit de mers qui semblaient ne pas avoir vu la mer depuis longtemps, du moins si on se référait à l'agglutinement de mouches collées sur les huîtres ouvertes.

Après ce repas, je passais la nuit les mains accrochées sur l'estomac, à voir ma vie défilée devant mes yeux. C'est à dire moi tissant des filets. Je me rappelais les pauvres cadavres qui eux aussi avaient probablement dégusté les produits du village. La douleur était terrible. Aigu, si violente...

Le lendemain, le froid mordant de la côte me fit rouvrir les yeux. J'étais vivant. J'avais certes vomi toute l'eau de mon corps mais j'étais vivant.
La perplexité me gagna quand j'aperçus que j'étais vêtu uniquement d'une culotte de coton, sans sac à provisions, sans rien d'autre que ce maudit journal, seul témoin de cette pitoyable et grotesque farce.
Je me relevai difficilement, les jambes flageolantes. La sueur coulait le long de mon dos. Heureusement que je suis habitué au Glubr de mon village natal, sans quoi je ne pense pas que j'aurais survécu à ce « délicieux » repas.

Après une courte visite des lieux, je n'avais plus de doute. On avait tenté de m'empoisonner pour me voler. Et l'ENSEMBLE du village avait plié les gaules.

Le plus fou, c'était que ce même village avait décidé de ne pas bouger trop loin, probablement pour rester en contact du vivifiant air marin, puisque je pouvais voir mes agresseurs à cinq cent mètres tout au plus. Ils avaient même pris la peine de construire une petite dizaine de cabanes dans la nuit. Deux hommes me saluèrent de la main et je crois qu'ils tentèrent de prendre de mes nouvelles.
Ma réaction fut assez héroïque puisque j'eus la force de m'enfuir profondément dans la forêt qui bordait justement la nouvelle ville fantôme.

A l'heure actuelle où j'écris ces lignes, je suis à moitié nu, sur un rondin de bois, à me geler le cul dans une forêt de pins. Et j'ai l'étrange impression que même les arbres se foutent de ma gueule.

Je veux rentrer chez moi ! Je déteste l'aventure !

Baltazar NiveGate

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 02 décembre 2013 à 17:56:03

La suite :)

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7ème Jour d'exploration, Année de la Lune Double

Une journée entière perdu dans cette forêt. Nu. Sans manger, ni boire. Si l'aventure a un nom, je dirais « attrape-couillon ». Si l'on rajoute à cette situation le fait que j'ai viscéralement peur des pins, autant dire de suite que je vais mourir dans les jours qui viennent.

C'est ce que je m'étais dit avant de faire une rencontre qui me fit réviser mon jugement, passant ma survie de quelques jours à quelques heures.

Je déambulais dans la masse végétale depuis un bon moment, tachant d'éviter les pommes de pin qui risquaient à tout moment de m'éclater la boîte crânienne. Les aiguilles de ces arbres de malheur me rentraient dans la plante des pieds, ajoutant une douleur continue à mon confort déjà pourtant bien diminué. Le vent marin s'engouffra dans les feuilles et sembla me dire quelque chose.

– Excusez-moi... Excusez moi, mais ça fait 15h37 que vous vagabondez dans notre domaine, et avec mes compagnons, on est tombé d'accord sur le fait que vous devriez rajouter une ou deux couches de feuillage, histoire de préserver les plus jeunes d'entre nous de la laideur saisissante dont vous nous faites la démonstration !

Plusieurs autres voix approuvèrent ces dires, ce qui me fit penser que le vent n'avait malheureusement rien à voir là-dedans.

– Qu'est-ce que... ça y est je deviens fou, avais-je commenté tout haut.

– Vous n'êtes pas fou, me réconforta la même voix, vous êtes juste un exhibitionniste parfaitement laid.

– Je ne suis pas d'accord, répondit une seconde voix plus rauque, laid n'est pas le terme le plus approprié. Il est plutôt moche, non ?

– Ah non, ah non, ah non ! fit une troisième. En ce cas il faut trouver un autre terme , moche c'est uniquement un synonyme moins élégant de laid. A ce compte-là j'opterais plus pour...

Un long silence fit place alors que j'essayais désespérément de trouver des branches pour me cacher de ces êtres invisibles.

– Bon, alors ! On a pas toute la journée non plus ! Ça fait quoi là, 5 bonnes secondes que tu réfléchis, j'aurais déjà eu le temps de faire une fois le tour du domaine ! s'énerva le premier, impatient.

– Repoussant ! C'est repoussant que je cherchais !

Une vingtaine de voix s'élevèrent dans les airs, certaines d'accord, d'autres moins.

– Bon... on va pas non plus y passer trente ans, donc ceux qui sont pour repoussant secouent leur feuillage... Hum, donc repoussant est le nouveau qualificatif. Je préférais laid, mais bon, la communauté a parlé.

– Mais vous êtes qui à la fin ? Vous vous cachez où ? M'exclamai-je un peu vexé qu'un débat se soit organisé pour définir si j'étais laid ou repoussant.

Une explosion de rire semblable à une tempête me fit sentir encore plus mal à l'aise que je ne l'étais déjà.

– Nous sommes des ArbriVants, des arbres vivants si vous préférez ! Mais on préfère le premier terme, plus court, plus concis, plus rapide en sorte.

– Des arbres...

Un bruit de déracinement vint confirmer la réponse. Devant moi se mirent à bouger deux dizaines de pins marins. Leurs racines sortaient de terre, se tendaient puis perçaient le sol et se rétractaient, faisant avancer ces colosses. Et si le processus semble long à décrire, je peux vous assurer qu'ils se déplacent vite, très vite.

Les branches faisant la liaison entre la base du tronc et la cime s'emmêlèrent en de complexes rosaces jusqu'à former des têtes de barbus. L'un deux se baissa et me proposa le plus amicalement du monde :

– Prenez quelques-unes de mes branches, et cachez donc ce ridicule morceau de chair, jeune... jeune quoi d'ailleurs ?

– Jeune... humain, je suis un humain ! Répondis-je, dérouté.

– Un humain ! cria-t-il alors que les autres reculèrent. Ces racines tapèrent violemment à terre, me faisant trébucher. Un cri terrible sortit de sa bouche de rameau. Les autres aussi hurlèrent. J'entendis des : « Écrase-le avant qu'il disparaisse ! »

Je savais que c'était fini, une nouvelle fois. J'allais me faire aplatir par un ArbriVant. C'était peut-être un peu plus classe que de mourir empoisonné. Je fermai les yeux, résigné, mes deux mains en l'air dans un vain signe de protection.

– Regardez ! Che n'est pas un humain ! Il n'a pas de membres d'achiers ! expliqua un petit buisson à l'accent particulier.

– Ah... ah bah oui tiens, d'habitude les humains n'ont pas cet aspect !

– Et dire que j'allais écraser cette pauvre créature stupide et repoussante, rigola le plus grand des ArbriVants.

– Ah non, je ne suis pas d'accord ! Nous n'avons pas parler de stupidité pour le définir jusqu'à présent ! Je demande qu'on organise un débat autour de cette idée !

A l'heure actuelle où j'écris ces lignes, je suis toujours à moitié nu, de nouveau assis sur un rondin de bois qui je l'espère n'est pas vivant. Et j'attends que l'on me trouve un qualificatif nouveau qui viendra compléter celui de repoussant. Mais une question me brûle les lèvres : est-ce qu'ils vont finir par me manger ?

Baltazar NiveGate

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