Salut, j’ai prévu d’écrire un roman. J’ai déjà le schéma narratif et l’univers est pratiquement en place. Je suis donc sur le point de commencer l’écriture à proprement parler.
Seulement je ne sais pas ce que vaut mon style. Je vous fais donc part d’un essai d’écriture.
Vous pouvez juger la forme et le fond mais gardez à l’esprit que cet extrait ne sera peut-être pas dans le récit final. Il se situe dans le premier tiers de l’histoire, c’est donc normal que vous ne compreniez pas tout.
Merci d’avance pour vos remarques.
Calum était rentré machinalement chez lui. Bouleversé par ce qui venait de se passer, il n’était plus lui-même. Sa porte d’entrée c’était ouverte avec un bruit de métal et il avait passé la soirée sur son vieux fauteuil.
Il se sentait stupide de ne pas avoir compris plus tôt. Tout concordait, et pourtant il n’avait rien vu. La vérité lui sautait au visage. Dalek était son père. Il répétait à voix haute cette affirmation comme s’il essayait de s’en convaincre. Il ne faisait pas partie des dominants. Pourtant ses gènes criaient l’inverse, Dalek était bien son père. Il avait du mal à réaliser. Mais tout concordait. C’était une évidence, au fond de lui il l’avait toujours su. Mais son esprit détruit par la maladie n’arrivait pas à se souvenir. Décidant que la nuit porte conseil, Calum se leva du fauteuil usé, bût un peu d’eau et partit se coucher son esprit assaillit de questions.
Dans un état second, voyageant d’un songe à l’autre, il se focalisa sur un rêve plus net que les autres : Il était seul, enfant, en cavale, dans le hall d’un bâtiment cubique. Soudain une figure paternelle apparu à ses côtés. Il ne voyait pas son visage mais la figure s’approchait toujours plus.
“Put your dreams away for another day
And I will take their place in your heart
Wishing on a star never got you far
And so it's time to make a new start”
Calum sursauta, il était en sueur, rien ne semblait réel. Les stores s’ouvrirent mécaniquement laissant les éclats du soleil pénétrer dans la pièce. Il ne voyait rien, ébloui et hagards, il mit plusieurs minutes à retrouver ses esprits. Il se sentait comme un vieillard. Son corps le faisait souffrir atrocement. Il comprit qu’il était l’heure de se lever. Il se redressa avec grand peine et mis ses pieds sur le sol. La musique s’arrêta jugeant que Calum ne risquait pas de se rendormir. Il frotta ses yeux un instant et tenta de se souvenir du rêve avant qu’il ne soit perdu dans son esprit. Un mal de crane fulgurent l’empêcha de se concentrer.
Il fixa le portrait de Dalek accroché au mur, ce portrait qu’il avait admiré chaque jour prenait une nouvelle dimension. Protecteur et rassurant. C’était son père, il ne l’oublierait plus. Mais pour lui Dalek avait toujours joué le rôle de la figure paternelle, pour lui comme pour tous les autres.
Réussissant péniblement à se lever et à préparer du café. Il avait éparpillé sur la table en verre tous les objets qu’il possédait en rapport avec Dalek. Cette révélation virait à l’obsession, il devait recoller les morceaux. Comment était-il possible de n’avoir aucuns souvenirs de cette période? Portraits, figurines, hologrammes et affiches étaient sous ses yeux. Mais aucuns souvenirs ne faisaient surface. Un sentiment d’impuissance s’empara de Calum, dépité, il avala une gorgée de café espérant que son mal de tête diminue.
Il posa instinctivement sa main sur sa poche et sentit un morceau de papier à travers le tissu. Il le sorti et se rappela qu’il avait gardé le registre des naissances. Il sauta sur l’occasion pour le lire à nouveau. Il ne savait pas ce qu’il cherchait sur ce bout de papier chiffonné, mais il prit la peine de l’examiner en détail. Il ne trouva rien, « ça aurait été trop simple » se dit-il.
Il se releva et failli tomber à la renverse, il s’accrocha de justesse aux rebords de la table. Son mal de tête c’était transformé en douleur insupportable et le sol tanguait dangereusement. Un voile blanc masqua la vision de Calum qui s’écroula sur le sol.
EEEEEEEXTERMINATE
J'ai plutôt apprécié la lecture ! Mais je pense qu'elle manque de rythme. Hésite pas à montrer d'avantage la peur qu'il ressent et ses diverses émotions.
" Calum sursauta ! Il était en sueur et rien, ne semblait réel "
C'est pas grand chose mais je trouves ( avis perso ) que la phrase ainsi rythmé nous fait mieux ressentir ce qu'il ressens. Après je peu me tromper mais je trouve juste ton texte un peu plat.
De plus, pourquoi avoir mit un passage en anglais ? Je trouve que cela casse vraiment immersion. Mais bon, je lirais la suite avec plaisir
Oh ! Encore un commentaire magnifique et très intelligent de Mr.Borodin ![]()
Pour le passage en anglais, c'est un extrait de la chanson "Put your dream away" de Franck Sinatra. C'était probablement pas très clair. Là ça fait un peu tâche au milieu.
Enfaite c'est son réveil et au lieu d'un "DRING", il passe du Franck Sinatra.
Après, c'est possible que le rythme soit trop lent, j'ai beaucoup de mal à faire passer des émotions.
As-tu un autre exemple de passages où je pourrais améliorer le rythme? ![]()
Je ne connaissais pas, surement pour cela que cette partie m'a perturbée.
Sinon, c'est surtout un manque de point d'exclamation je trouves.
" La vérité lui sautait au visage ! Dalek était son père. "
On monte en puissance sur l'action et on retombe avec la révélation.
De la SF ?
Il FAUT QUE JE LISE CA
!
Pas beaucoup plus à rajouter par rapport au commentaire de Dark. Assez propre (mais quelques fautes bêtes et vraiment moches, sans doute de inattention), mais une vrai problème de rythme.
Enfin ... IL EST OU LE COTE SF LA ? C'est très gênant de filer à lire ce que tu nommes "SF" Alors que rien ne semble venir y faire ne serait-ce qu'une allusion ... Bref, faudrait corriger ça également.
Bon pour les problèmes de rythme, j'ai compris le message.
En ce qui concerne le manque de science-fiction dans ce passage,c'est vrai.
Mais la science-fiction ce n'est pas que vaisseaux spatiaux et androïdes à toutes les pages. Oui cet extrait en particulier n'est pas très représentatif du genre, mais j'ai l'intention d'en poster d'autres.
Pour ceux qui voudraient la suite, le but de ce topic n'est pas de vous proposer une histoire complète et structurée. Seulement des passages que j’écris pour m’imprégner de mon univers et améliorer mon style.
Merci pour vos commentaires ça m'aide.
Les stores s'ouvrent tout seuls, la musique "juge" qu'il ne devrait plus s'endormir... Tout ça, c'est des petits éléments qui me font dire que c'est le genre de SF que j'aime
j'ai pas trouvé de problème de rythme, ça prend son temps et ça fait du bien. Le mec vient d'apprendre l'identité de son père, vaut mieux pas le claquer en 5 lignes.
Bref, y a effectivement des fautes d'inattention, quelques phrases qui font tiquer mais dans l'ensemble, j'ai vraiment bien aimé ![]()
T'aurais pu attendre mon post avant de répondre, goujat ![]()
Salut, je vous met un nouveau passage de mon futur roman.
Il se situe au tout début de l'histoire, avant le premier que j'ai posté. J'espère qu'il vous plaira. Je pense que le côté SF ressort mieux dans celui-là.
Merci de prendre le temps de le lire et de commenter pour que je puisse m'améliorer. Toutes les critiques sont bienvenues.
Je posterai la suite direct de ce nouvel extrait.
La route rectiligne s’étendait à perte de vue. La voiture roulait sans bruit. Aucun autre véhicule n’était visible et Calum n’en avait pratiquement pas croisé de la journée. Il choisissait précisément les moments de faible fréquentation pour prendre la route. Le soleil ne brillait qu’à moitié et des nuages semblaient se masser dans le ciel. Calum était détendu. Cette visite au musée de l’évolution l’avait revigoré. Fixant la route, il imaginait à quoi ressemblait cette région au 21ème siècle. Sans doute y avait-il une forêt verdoyante peuplée par quelques fermiers. Amusé par cette idée, Calum éclata de rire.
Le changement était nécessaire. Cette région oubliée du monde avait retrouvé de la croissance et épousé les standards de la modernité grâce à Dalek. La publicité était omniprésente. Des panneaux longeaient le bord de la route et des annonces étaient diffusées dans les hauts-parleurs de la voiture à intervalle régulier. Une musique d’ascenseur, suivie d’une voix de femme, essayait de convaincre Calum d’acheter une boisson énergisante. S’amusant à répéter mot pour mot les phrases de la publicité qu’il avait mémorisé, il réalisa que sa gorge était desséchée.
Les nuages épais cachaient désormais entièrement la lumière du jour. La météo s’était montrée imprévisible ces derniers temps. Calum commençait à s’en vouloir d’être parti si loin. Il n’aimait pas conduire par mauvais temps. Il avait toujours été bon pilote, mais sa concentration s’était détériorée dernièrement. Le ciel s’était assombri davantage et un éclair tomba non loin de là. Les phares de l’engin augmentèrent en intensité. Calum perdit un peu de son entrain. Mais il savait exactement quoi faire pour retrouver sa bonne humeur. « Allez, tu conduiras une autre fois… » Pensa-il.
– Film, La rivière rouge, lança Calum d’une voix rauque.
Une voix synthétique envahit l’habitacle recouvrant celle de la publicité.
– Demande incorrect.
Calum, ennuyé, se racla la gorge.
– Film, La rivière rouge, répéta-il distinctement.
– Recherche en cours. Activation du mode autonome.
Le côté droit du pare-brise devint instantanément opaque. Calum lâcha Le volant qui se raidit et s’enfonça contre la paroi. Il n’avait plus à se soucier de la route et du mauvais temps. Il tenait absolument à conduire par lui-même pour se prouver qu’il en était capable. Mais il aurait été fort imprudent de continuer dans de pareilles conditions. Il était vivement conseillé de laisser en permanence le pilotage automatique sur les vieux modèles, il n’était d’ailleurs plus désactivable dans les véhicules récents. Une raison supplémentaire qui poussait Calum à préférer les anciennes voitures. Malgré sa santé défaillante, il avait, peu après sa mise à pied, acheté ce vieil engin et l’avait modifié pour qu’il réponde parfaitement à ses exigences.
Le bolide totalement autonome continua de rouler parfaitement malgré la brume diminuant la visibilité.
– Procédez au scan rétinien.
Obéissant, Calum avança son visage.
– Identité confirmée, 5 visionnages restants.
La partie opaque du pare-brise s’illumina et la publicité s’interrompit, la diffusion du film pouvait commencer. Le siège conducteur se décala sur la droite avec vacarme et Calum se retrouva face à l’écran.
La rivière rouge était un grand western, son préféré. C’était une des rares choses à le mettre systématiquement en joie. Calum vouait un véritable culte à John Wayne. Il avait toujours été là pour lui. Il connaissait par cœur les moindres répliques de son idole.
Calum était absorbé par le film. Lorsque la pluie se mit à tomber, il y prêta à peine attention. La voiture continuait à suivre la route monotone avec une précision chirurgicale. Elle passait maintenant entre des installations électriques. Des antennes de plusieurs mètres en forme de croix s’étendaient jusqu’à l’horizon. Une des centrales alimentant la zone 59 se trouvait dans les parages. John Wayne, lui, réglait ses comptes dans les plaines sauvages, enchainant les instants de bravoure. Plus rien ne pouvait détourner les yeux de Calum. La pluie violente tambourinait la vitre sans lui donner de répit. Alors que John Wayne donnait une nouvelle leçon de morale, les phares et l’écran s’éteignirent pendant une fraction de seconde. Interloqué, Calum voulu vérifier, par prudence, si tout fonctionnait correctement. Il tendit sa main et appuya son doigt contre l’interface tactile.
Calum tressaillit. Une violente explosion détonna! Son cœur faillit sortir de sa poitrine! Une gigantesque boule de feu apparut, ravageant le ciel à quelques mètres de la voiture! Elle avait jailli des installations électriques. Emportée par l’onde de choc, le véhicule se déporta sur la droite! Des éclairs bleus se joignirent au cataclysme, éventrant le ciel dans un bourdonnement terrifiant.
L’habitacle s’illumina en rouge, l’écran et les phares s’éteignirent. Le choc de l’explosion avait fait disjoncter l’unité centrale. L’engin incontrôlable, roulant à grande vitesse, glissait dangereusement sur la route inondée. Calum, le cœur palpitant, se pencha sur sa gauche pour atteindre le volant. Il le tirait frénétiquement mais il était resté bloqué. Tout à coup, dans un éclair de lucidité, il poussa de toutes ses forces la poignée entre ses jambes! Le volant se dégagea et les pédales se remirent à fonctionner. Calum avait à nouveau le contrôle. La pluie torrentielle et la fumée masquait tout. Il enfonça son pied sur le frein. Prêt à encaisser le choc. La voiture se mit à vriller! Calum empoignant le volant, le tournait dans tous les sens dans l’espoir vain d’influencer la trajectoire! Un bruit sourd de tôle froissée mit violemment fin au mouvement. Sous le choc, mais encore en vie, Calum mit plusieurs minutes à reprendre ses esprits. La voiture avait percuté la barrière de sûreté. Il fallait agir rapidement.
Je viens de lire les deux (le deuxième extrait en premier, for some reason). J'aime bien, c'est sympa, le deuxième extrait (celui du 5 Novembre) est mieux à mon sens. Le rythme me parait bien géré dans l'ensemble. Il y a de petits trouvailles agréables. Le style colle bien au genre, science-fiction/jeunesse, et à la littérature dominante.
Je n'ai rien d'autre de très constructif à dire, mais j'en profite pour critiquer un peu les points d'exclamation, que je hais. Déjà, il y en a trop et ils ne collent pas forcément au sens.
Ensuite, ils cassent tout simplement le rythme : le point d'exclamation suggère une intonation montante et une accentuation. Tout l'inverse de ce qui fait un rythme rapide. Les placer au cœur de l'action est donc mal venu. Le fait de voir la ponctuation aller au rebours de l'intonation naturelle est désagréable.
Sauf exception, je suggère de les garder pour les propos rapportés. Un point, c'est le meilleur moyen de ne pas se tromper et de laisser le lecteur entendre l'intonation naturelle. (bon j'ai un peu abusé de l'occasion que tu me donnais, parce qu'on voit ça top souvent, désolé).
Quoi qu'il en soit, continue ! ![]()
Merci pour ton commentaire Derhek. Je pense également que le deuxième extrait est meilleur. J'y ai passé plus de temps.
Après pour ce qui est des points d'exclamation, je n'ai pas l'habitude d'en mettre, j'ai essayé pour voir, mais ça ne me vient pas naturellement, ça fait forcé. Pour la suite je n'en mettrai plus, ça n'est vraiment pas mon style.
En parlant de suite, je vous la mettrait aujourd'hui ou demain. Ce sera la seule, je pense me mettre à écrire pour de bon et depuis le début. Mais je vous ferai surement part de mon avancement. ![]()
Bon courage ![]()
Voilà la suite promise. Désolé pour le retard. Ce nouvel extrait est la suite direct du précédent.
J'espère qu'il vous plaira, n'hésitez pas à me faire part de vos critiques aussi bien sur la forme que sur le fond. Merci d'avance.
Calum avait les yeux écarquillés, ses mains figées sur le volant qu’il ne voulait plus lâcher. Il n’en revenait pas, il n’avait jamais rien vécu de tel. Mais il savait que ce qui s’était passé n’avait rien d’un accident ; une explosion de cette envergure aurait été impossible, c’était un attentat. Il ne fallait pas rester dans les parages. Il pouvait y avoir d’autres explosions. « Garde ton calme! Arrête de trembler ! » Il fallait redémarrer la voiture au plus vite. Mais la batterie principale avait grillé lors de l’accident. Calum devait donc relancer l’unité centrale en se connectant à la batterie de secours. Il était possible que les deux soient inutilisables mais Calum devait tenter sa chance. Il ouvrit le boîtier en face de lui et détacha un câble noir volumineux. La lumière rouge s’éteignit, Calum se retrouva dans le noir. La pluie continuait de se déchaîner. La porte de la voiture s’ouvrit et Calum en sortit.
Le véhicule faisait peine à voir, il avait glissé sur plusieurs mètres et était désormais en travers de la route. La barrière de sécurité était complétement enfoncée et toute la partie droite de la voiture était difforme. Quelques étincelles sortaient des installations électriques et des flammes brulaient à leur pied. Il était impossible de savoir d’où était partie l’explosion. Il régnait une atmosphère de confusion indescriptible. Calum avait du mal à garder son sang-froid. Trempé, tremblotant, il marcha vers l’arrière de la voiture. Il toussait, la fumée l’obligeant à mettre sa main contre sa bouche. Son chapeau faisait rempart à la pluie. Il ouvrit le coffre, dégagea quelques affaires et enleva le faux fond qui cachait un assemblage de fils et de métal. La pluie tombant de son chapeau lui gelait les mains. Il vissa un tuyau blanc apparent et tourna une vanne. Un tube transparent s’illumina et un liquide jaune se mis à circuler. La deuxième batterie était opérationnelle. L’habitacle et les phares s’illuminèrent. Calum reprit espoir. Il ne fallait plus perdre de temps.
Se dirigeant vers la porte, un bourdonnement inhumain lui fit lever la tête. La cavalerie était déjà là. Les drones, avions triangulaires sans pilote, se déplaçant dans les airs, quadrillant les alentours. Calum en compta cinq mais il y en avait sans doute plus. Les appareils de reconnaissance envoyaient des flashs aveuglants et filmaient chaque recoin pour trouver les responsables. Les rotors créaient de fortes rafales. Calum ouvrit la porte de la voiture en tenant son chapeau de peur qu’il ne s’envole.
Le moteur ne démarrerait pas sans l’unité centrale. Calum rebrancha le câble noir, attendit et lança un cri de soulagement ; l’unité centrale fonctionnait à nouveau. La voix de synthèse se mit à parler comme un tourne-disque rayé.
– Batterie principale débranchée, Batterie secondaire à pleine capacité.
Les ondulations inhabituelles de la voix, la rendait plus inhumaine encore.
– Active le démarrage.
Les drones survolaient la voiture. Calum était rassuré par leur présence. Les risques étaient diminués par leur présence. Le moteur rugit. Il fallait maintenant se dégager de la barrière de sécurité. La carcasse recula y laissant quelques morceaux mais la voiture fonctionnait miraculeusement. Il prit la route, décidé à laisser son cauchemar derrière lui.
Les haut-parleurs de la voiture avaient été endommagés par l’explosion, leur grésillement rendait l’écoute très pénible. Mais Calum voulait connaitre les détails de l’attaque. Il distinguait certains mots du commentateur: Une terrible explosion… électricité… patrouille de gardien… sur place… nouvelles chaussures pour seulement 60 dollars.
Calum avait compris l’essentiel. Les gardiens étaient en route, la première patrouille avait surement déjà atteint le lieu de l’explosion.
Mais il ne réalisait que maintenant qu’il n’y avait plus du tout d’électricité. Les lumières, sensées éclairer la route, étaient toutes éteintes, ainsi que les panneaux publicitaires. Il n’y avait qu’une explication possible, l’attaque avait touché la centrale électrique. Cette pensée glaça Calum d’effroi.
Calum avait roulé pendant une heure et il allait bientôt rejoindre son secteur. Pour cela il devrait passer le point de contrôle qui n’était plus qu’à quelques mètres. La pluie s’était enfin calmée et la nuit commençait à tomber. D’autres automobilistes étaient présents. Une file de voitures s’était formée, pratiquement à l’arrêt, tous souhaitant quitter la zone. Quatre points de contrôle fixes entouraient chaque zone du bloc Atlantiste, d’autres mobiles étaient placés à l’intérieur du périmètre de chaque secteur. Ils pouvaient être montés en moins d’une demi-heure et il était impossible de savoir où et quand. L’effet de surprise était assuré. Ces contrôles servaient à sécuriser le territoire. Grâce à eux, on avait amélioré la traque des criminels et des terroristes. Ce système très efficace faisait la fierté de Dalek.
Toutes les voitures allaient dans le même sens. Chacune devait passer sous le portique de métal qui scannait le véhicule et les passagers. Le passage était gardé par 4 gardes habillés d’un uniforme gris. Ils se tenaient sous un abri de verre au-dessus duquel flottait le drapeau du bloc Atlantiste. Des projecteurs auto-alimentés avaient été installés des deux côtés de la route pour pallier à la coupure de courant.
Un véhicule d’intervention apparut. Il roulait et s’approchait rapidement du point de contrôle. Les gardes avancèrent sur la route et firent signe au conducteur de s’arrêter. Un des gardes s’approcha de la barrière. Le blindé venait dans le sens inverse et se rendait probablement sur les lieux de l’attentat. Ce genre de véhicule était utilisé pour transporter les troupes de gardiens, les forces spéciales au service de Dalek, chargés de lutter contre la terreur, se déployant au sol dans les secteurs attaqués pour y maintenir la sécurité.
Le véhicule imposant s’arrêta face à la barrière. La porte latérale du blindé s’ouvrit et un gardien en sortit. Le garde recula et la barrière se leva. Le véhicule repartit aussitôt, poursuivant sa route à vive allure. Il éclaboussa les voitures sur son passage. La rapidité des forces d’intervention était légendaire. Chaque seconde comptait.
C’était enfin au tour de Calum. Il avança jusqu’au portail. Le gardien se tenait à quelques mètres de lui. Il avait rejoint le groupe de gardes et semblait en avoir pris le commandement. Son apparence contrastait avec le reste du groupe. Il portait une armure épaisse de couleur noire. Son casque lui recouvrait tout le visage et une épée était dessinée en son centre. L’emplacement des yeux était illuminé en blanc, une caméra était positionnée sur le côté du casque et une cape noire était attachée à l’armure. Un poignard allongé, un pistolet électrique et un fusil mitrailleur venaient compléter sa panoplie. Tout cela lui donnait un air de chevalier des temps modernes.
La voiture était maintenant devant le portail d’acier. Calum s’arrêta. Le scan commença. Le portail se mit à reculer lentement, passant par-dessus la voiture. Au bout d’une minute le scan fut terminé. Le gardien fixait Calum avec intérêt. Un des gardes s’avança. Il s’arrêta devant l’écran indiquant le résultat de l’analyse, puis, imperturbable, marcha vers la voiture. Calum ouvrit la fenêtre.
– Calum Goodwin, nos fichiers montrent que vous avez eu un accident à 17h56 dans le secteur 4 de la zone 59. Votre voiture est endommagée, vous avez 24 heures pour la faire réparer. Vous me comprenez ? La voix du garde était profonde et peu amicale.
– C’est compris.
– Avancez jusqu’à la barrière.
– Activation du démarrage. Dit Calum à l’unité centrale.
Le moteur se mit en marche. Mais quelque chose d’imprévu se passa. Un bruit semblable à un coup de feu sortit du capot.
Le garde, qui avait en permanence une main sur son arme, dégaina et mit instantanément Calum en joue. Calum, surpris, leva ses mains pour éviter tout débordement. Le gardien qui avait vu toute la scène ne bougea pas. Le garde s’avança avec prudence.
– Veuillez sortir du véhicule avec vos mains bien en évidence sur la tête.
Calum ouvrit la porte et sortit. Les autres automobilistes étaient probablement agacés par cette attente supplémentaire. Mais une telle situation n’était pas inhabituelle. Il était normal que les gardes soient sur la défensive. Pourtant le gardien s’approcha du garde et appuya sur son arme pour qu’il l’abaisse.
– Laissez-le partir. La voix du gardien était amplifiée par son casque et résonnait.
– Mais, la procédure…
– Obéissez, je suis en charge.
Le garde se tourna vers Calum.
– Retournez dans votre véhicule et circulez.
Calum s’exécuta. Content de pouvoir reprendre sa route. Il n’avait rien à se reprocher et était épuisé. Heureusement, son secteur était encore alimenté en électricité. Cet évènement avait du bon, il l’avait conforté dans son soutien à Delek. Il fallait se donner les moyens de combattre le mal.
Vous en pensez quoi?