C'était un soir d'hiver. J'étais posé contre mon canapé, en tailleur, et je regardai un de ces talk show du soir. Je me souviens que je regardai la télévision par ennui. Je n'avais pas envie de voir les gens, et je pense que c'était réciproque. Je n'étais pas asocial non, mais juste un peu coincé. J'avais de la bonne volonté mais les sentiments n'influent pas sur les actes. Bref, c'était la fin d'une journée triste d'hiver.
Je commençais à m'endormir, je fermais les yeux. Soudain, un coup à la porte se fit entendre. J'allais devant l'oeillère et regardais qui pouvait bien venir me voir à une telle heure.
Je n'eus pas le temps d'identifier l'ombre imposante qui se dressait devant que celle-ci enfonça la porte. Je tombais par terre, mes lunettes avec. Évidemment cet être imposant eu la merveilleuse idée de les écraser. Le bruit du verre écrasé sauvagement sur le sol me fit trembler. Je détestais ce bruit, comme celui du polystyrène qu'on froisse. Je n'étais donc pas disposé à me battre, ni à opposer une quelconque résistance.
Je regardais la masse devant moi, qui ne bougeait pas. Son écharpe bougeait insensiblement, portée par le vent glacial qui pénétrait alors la bâtisse. Un foulard cachait sa bouche et son nez. Des lunettes noires très larges camouflaient elles ses yeux. Je ne pouvais pas le reconnaître.
Pétrifié de peur, torturé par le froid, et pour finir aveuglé sans mes lunettes, je restais là, sans rien faire. Lui non plus, ne bougeait pas. J'étais dans un état second, je voyais des étoiles et autres artefacts dans mon champ de vision. Tout à coup, l'homme se décida à bouger. Bouger son pied plus précisément, qu'il dirigea sans gêne dans mon visage. J'eu à peine le temps de le voir arriver que ma tête accompagnée de mon corps voltigèrent en arrière.
Le trou noir. Je ne voyais plus rien. Je sentais une sensation bizarre. En fait non, je ne sentais plus rien. Je tombais dans le vide. Pas un mur, pas une seule paroi, rien de palpable aurait pu m'indiquer où j'étais. Je chutais, sans savoir comment ni pourquoi.
Sans prévenir, je tombais à terre. Enfin, c'en fut la sensation. Je voyais la télé, j'étais adossé à mon canapé, le feu de cheminée sévissait encore, et la maison semblait calme.
Je venais de me réveiller.