▶ Chapitre II
Alors j'ai compris, mon esprit s'est élevé et j'ai tout compris, il avait choisi cette manière de vivre, une vie basée sur l'attente de la mort.
Tout était clair maintenant, il tuait le temps, attendant patiemment que ce soit au tour du temps de le tuer, tout ce qu'il faisait, chacune de ses actions, tout n'était que remplissage de vide, il avait souffert de quelque chose.
En avançant vers le grillage, qui était, au fil des années, devenu la sortie commune de l'hôpital, je vis un post-it gris pâle, je remarquais qu'on l'y avait mis avec légèreté en constatant que le côté droit était totalement décollé, mon esprit n'avait encore pas demandé la permission à mon cerveau d'agir que ma curiosité tenait déjà le bout de papier entre ses doigts :
« Un jour, je partirai, ou un soir plutôt, la nuit devra être blanche car ce soir là je voudrai voir des étoiles briller aux milles coins du ciel.
Je voudrai voir des étoiles car ce soir là sera mon dernier, je partirai par le chemin où les gens rient le jour et tremblent la nuit, ce long chemin en bord de mer, j'arriverai sur cette plage et je marcherai jusqu'à sentir la fraîcheur de l'eau de mer pénétrer mes pieds.
Alors je continuerai, ce sera la seule fois de ma vie où j'aurai marché droit, jusqu'au bout, bientôt mon corps sera trempé, mais je continuerai, bientôt mon corps sera noyé, et là je m'arrêterai. »